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Back Door Coffee House

Actif à Montréal de 1969 à 1971, le Back Door Coffee House fut l’une des salles importantes de la scène folk anglophone montréalaise à la charnière des années 1960 et 1970. Installé au 985, rue Sherbrooke Ouest, près de l’Université McGill, ce petit coffee house étroitement associé au Yellow Door accueillit aussi bien des artistes locaux que plusieurs figures majeures du folk et du blues nord-américains, parmi lesquelles Dave Van Ronk, John Hammond, Bruce Cockburn, Ramblin’ Jack Elliott et Sonny Terry & Brownie McGhee.

1. Présentation

À la fin des années 1960, Montréal possède une scène folk particulièrement active. Aux côtés des salles de concerts traditionnelles se développe un réseau de coffee houses où chanteurs, guitaristes, auteurs-compositeurs et musiciens de blues se produisent devant des publics relativement restreints. Le Back Door Coffee House appartient pleinement à cette culture.

Son existence fut brève — environ deux années — mais sa programmation permet de mesurer son importance. Le Back Door accueille des artistes locaux et canadiens, mais également plusieurs musiciens américains déjà reconnus dans le circuit folk nord-américain.

En novembre 1969, le magazine musical canadien RPM Weekly va jusqu’à présenter le Back Door comme l’un des principaux lieux montréalais consacrés au folk, à l’occasion d’un engagement d’une semaine de Dave Van Ronk.

2. Montréal et le folk revival

Le Back Door apparaît au terme d’une décennie durant laquelle Montréal avait vu naître une succession de petites salles consacrées au folk, au blues et aux auteurs-compositeurs. Le Finjan, le Fifth Amendment, le Penelope, le New Penelope, le Montreal Folk Workshop et le Yellow Door appartiennent, à des degrés divers, à cet environnement.

Ces établissements ne constituent pas une succession institutionnelle : chacun possède ses propriétaires, son fonctionnement et son histoire. Ensemble, cependant, ils forment un réseau de lieux qui permet aux musiciens locaux de se produire régulièrement et aux artistes en tournée de trouver à Montréal des salles adaptées à l’intimité du folk et du blues acoustique.

Cette culture est particulièrement présente autour de McGill et du centre-ville ouest, où se croisent étudiants, musiciens, artistes et amateurs de folk.

3. Ouverture en 1969

Le Back Door apparaît dans le paysage musical montréalais au printemps 1969. La presse musicale canadienne fait état de la nouvelle salle au début de l’été et annonce une programmation orientée vers des artistes folk et blues reconnus.

Dès ses premiers mois, le lieu se positionne donc moins comme une simple scène ouverte destinée exclusivement aux amateurs que comme un véritable club folk capable d’accueillir des artistes professionnels en tournée.

Cette politique de programmation distingue le Back Door tout en le plaçant dans le même écosystème que le Yellow Door, dont la programmation combine elle aussi artistes locaux, nouveaux talents et invités de passage.

4. 985, rue Sherbrooke Ouest

Le Back Door était situé au 985, rue Sherbrooke Ouest, à proximité de la rue McTavish et de l’Université McGill.

L’adresse appartenait à l’ensemble historique connu sous le nom de Prince of Wales Terrace, une rangée de résidences du XIXe siècle qui bordait autrefois cette partie de la rue Sherbrooke.

Cette localisation plaçait le Back Door au cœur d’un secteur particulièrement favorable à ce genre d’établissement : à quelques pas du campus McGill et au milieu d’une population importante d’étudiants et de jeunes adultes.

5. Le lien avec le Yellow Door

L’histoire du Back Door est étroitement liée à celle du Yellow Door Coffee House, autre institution essentielle de la scène folk montréalaise.

Mike Regenstreif, qui commence à fréquenter ces établissements alors qu’il est adolescent en 1969, décrit explicitement le Back Door comme un « sister club » du Yellow Door. Il raconte d’ailleurs avoir découvert l’existence du Yellow Door lors d’un concert au Back Door, avant de s’y rendre la semaine suivante.

Les deux lieux participent ainsi au même réseau musical, permettant au public de circuler d’une salle à l’autre et aux artistes de trouver plusieurs scènes dans le centre-ville montréalais.

6. Une programmation folk remarquable

Malgré sa courte existence, le Back Door présente une programmation qui témoigne de la vitalité exceptionnelle de la scène folk montréalaise au tournant des années 1970.

À l’automne 1969, Dave Van Ronk, figure majeure du folk de Greenwich Village et mentor de plusieurs jeunes artistes new-yorkais, y effectue notamment un engagement d’une semaine, du 27 octobre au 2 novembre 1969.

Le 6 février 1970, le jeune Bruce Cockburn se produit également au Back Door. Sa présence dans la salle précède de peu la sortie de son premier album solo et témoigne du rôle que ces petits clubs jouent dans la circulation des nouveaux auteurs-compositeurs canadiens.

Des témoignages de personnes ayant fréquenté le Back Door mentionnent également Doc & Merle Watson, David Bromberg, Ramblin’ Jack Elliott, Paul Siebel, Sonny Terry & Brownie McGhee et Jerry Jeff Walker.

7. Artistes documentés

Les sources contemporaines, archives de tournées et témoignages permettent notamment d’associer les artistes suivants au Back Door :

Dave Van Ronk · Bruce Cockburn · Rosalie Sorrels · Bruce Murdoch · Doc Watson · Merle Watson · David Bromberg · Ramblin’ Jack Elliott · Paul Siebel · Sonny Terry · Brownie McGhee · Jerry Jeff Walker.

Cette liste, nécessairement partielle, montre que le Back Door s’inscrit directement dans le circuit nord-américain des coffee houses et clubs folk de l’époque.

8. Rosalie Sorrels et Travelin’ Lady

Un épisode particulièrement évocateur de l’histoire du Back Door concerne la chanteuse et auteure-compositrice américaine Rosalie Sorrels.

Mike Regenstreif se souvient l’avoir rencontrée pour la première fois lorsqu’elle effectua un engagement de quatre ou cinq soirs au Back Door, vers 1970. Selon son témoignage, c’est pendant ce séjour à Montréal que Sorrels écrivit Travelin’ Lady, chanson qui allait devenir l’une de ses œuvres emblématiques.

L’anecdote illustre bien le rôle que pouvaient jouer les coffee houses : non seulement lieux de représentation, mais également espaces de rencontre, de création et d’échanges entre artistes et publics.

9. Héritage

Le Back Door Coffee House n’a existé que brièvement, mais il appartient à une période déterminante de l’histoire musicale montréalaise. À la fin des années 1960, les coffee houses constituent l’une des principales infrastructures de la scène folk : petites salles, coûts relativement modestes et proximité exceptionnelle entre musiciens et public.

Le Back Door occupe une place particulière dans ce réseau parce qu’il combine cette intimité avec une programmation comprenant plusieurs artistes de premier plan du folk et du blues nord-américains.

Sa disparition vers 1971 ne signifie pas la disparition de cette culture. Le Yellow Door poursuit ses activités, tandis que d’autres lieux prennent progressivement le relais. À partir de 1973, notamment, le Golem Coffee House devient à son tour un lieu central de la scène folk montréalaise.

Pendant quelques années seulement, le Back Door relia Montréal au grand circuit des coffee houses nord-américains, faisant se rencontrer artistes locaux, auteurs-compositeurs canadiens et figures majeures du folk et du blues.

— Synthèse historique, Montréal Concert Poster Archive

10. Chronologie

Printemps 1969 — Apparition du Back Door Coffee House dans le paysage folk montréalais.

1969 — Le Back Door fonctionne au 985, rue Sherbrooke Ouest, près de McGill.

27 octobre – 2 novembre 1969 — Dave Van Ronk y effectue un engagement d’une semaine.

7 novembre 1969 — Le Back Door figure parmi les lieux visités dans le cadre d'activités montréalaises documentées par des archives fédérales.

6 février 1970 — Bruce Cockburn se produit au Back Door.

Vers 1970 — Rosalie Sorrels y effectue un engagement de plusieurs soirs et écrit Travelin’ Lady pendant son séjour montréalais.

1971 — Fin de la période d’activité du Back Door retenue dans cette fiche.

11. Notes & sources

  1. RPM WEEKLY, 1969.
    Usage MCPA : documentation contemporaine sur le Back Door et sa programmation folk; engagement de Dave Van Ronk du 27 octobre au 2 novembre 1969.
  2. MIKE REGENSTREIF, Folk Roots/Folk Branches, « The Yellow Door to celebrate 50th anniversary », 29 octobre 2016.
    Usage MCPA : témoignage direct d’un participant à la scène folk montréalaise; Back Door décrit comme salle sœur du Yellow Door, active de 1969 à 1971.
  3. THE COCKBURN PROJECT, archives des concerts de Bruce Cockburn.
    Usage MCPA : concert de Bruce Cockburn au Back Door Coffee House, Montréal, le 6 février 1970.
  4. MIKE REGENSTREIF, témoignages et textes consacrés à la scène folk montréalaise.
    Usage MCPA : Dave Van Ronk, Bruce Murdoch, Rosalie Sorrels et souvenirs personnels du Back Door.
  5. CKCU-FM — Stranger Songs, Mike Regenstreif, « A Tribute to Rosalie Sorrels », 30 juin 2026.
    Usage MCPA : engagement de Rosalie Sorrels au Back Door vers 1970 et composition de Travelin’ Lady durant son séjour à Montréal.
  6. WALKMONTRÉAL, « Folk Music, Demolition and Heritage! Sherbrooke & Stanley to Milton-Park ».
    Usage MCPA : localisation du Back Door au 985, rue Sherbrooke Ouest et contexte du Prince of Wales Terrace.
  7. Archives fédérales canadiennes, documentation de novembre 1969.
    Usage MCPA : présence documentée du Back Door Coffee House dans l'itinéraire montréalais du 7 novembre 1969.
  8. Témoignages de participants à la scène folk montréalaise, recueillis notamment dans les discussions historiques de Mudcat.
    Usage MCPA : Doc & Merle Watson, David Bromberg, Ramblin’ Jack Elliott, Paul Siebel, Sonny Terry & Brownie McGhee et Jerry Jeff Walker. Ces témoignages sont utilisés comme sources mémorielles et doivent être distingués de la documentation contemporaine.
  9. LA PRESSE, 4 décembre 1969, « Boîtes à chansons, boîtes à problèmes ».
    Usage MCPA : source contemporaine déjà identifiée dans les archives MCPA; à consulter pour préciser la gestion et le rôle de John Foley.
  10. LA PRESSE, 6 mai 1970, René Homier-Roy.
    Usage MCPA : source contemporaine déjà identifiée dans les archives MCPA; à consulter pour préciser le rôle de John Foley et son activité d'interprète.
DAVID KAUFMAN
DAVID KAUFMAN

Lieu: Back Door Coffee House

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