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Montréal Concert Poster Archive

GRAND CAFÉ PARISIEN

GRAND CAFÉ PARISIEN

GRAND CAFÉ PARISIEN

GRAND CAFÉ PARISIEN

GRAND CAFÉ PARISIEN

1886-1915

1886-1915

1886-1915

1886-1915

1886-1915

Selon Al Palmer, le journaliste et spécialiste de la scène nocturne montréalaise, le Grand Café Parisien fut la première boîte de nuit montréalaise.

Texte assemblé à partir d’archives de journaux
Grand Café Parisien Hôtel, rue Sainte-Catherine Est, Montréal

Le Grand Café Parisien Hôtel (1886-1915) était un hôtel de Montréal situé sur la rue Sainte-Catherine à l’angle de la rue Saint-Dominique.1 Il était le voisin du Théâtre Français (futur Metropolis de Montréal).

Selon Al Palmer, le journaliste et spécialiste de la scène nocturne montréalaise, le Parisien fut la première boîte de nuit montréalaise (nightclub). Le Parisien présentait des spectacles de variétés et était connu comme un cabaret.2

Le Parisien était ouvert jour et nuit. Il détenait une licence hôtelière qui lui permettait de vendre de l’alcool avec les repas à toute heure du jour et de la nuit, ainsi que le dimanche. Avec une licence de restaurant ordinaire, aucun alcool ne pouvait être vendu après 23 heures la semaine, ou après 19 heures le samedi, et aucun alcool ne pouvait être vendu le dimanche, le jour de Noël, le jour de l’An ou le vendredi saint.3

Le pasteur Arthur French, de l’église St-John Evangelist, avait déclaré en 1913 que le Café Parisien, auquel il s’opposait, n’était rien de plus qu’un trou nuisible d’immoralité où les prostituées étaient tolérées et un lieu qui ne devrait pas être autorisé d’exister.4 Des preuves en défense du Parisien ont été entendues à un tribunal lors d’une session par la Commission des licences. Edmond Chasse, éditeur du journal La Patrie, avait expliqué que l’endroit était un rendez-vous pour les hommes de la presse et les hommes d’affaires. Il y avait aussi vu des juges et des avocats. Chasse considérait le Parisien comme le seul endroit à Montréal où l’on pouvait bien manger. Le docteur L.N. Trudeau avait déclaré qu’il avait vu la même classe de personnes au Parisien que celle qui fréquentait le Ritz-Carlton.5

L’histoire du Café Parisien remonte à 1886 lorsque l’immeuble fut complètement remis à neuf. C’était l’endroit à Montréal où l’on pouvait retrouver une véritable cuisine française pratiquée d’après les méthodes suivies par le restaurant Grand Vatel de Paris.6 Il y avait des tables de billiards, des journaux, des revues, un dépôt de cigarettes françaises et un bureau télégraphique. Le propriétaire se nommait Louis Gaudreau.7

En 1899, Louis Gaudreau vend le Café Parisien à Joseph Gravel. L’hôtel est à nouveau remis à neuf. Le Café Parisien devient un des seuls endroits où l’on peut se procurer, à toute heure du jour ou de la nuit, des plats gourmets à des prix très modérés ainsi que des vins, liqueurs et cigares de choix.8

En 1909, Joseph Gravel vend, à son tour, le Café Parisien à John Parker (et frères) au coût de $120 000. L’établissement est complètement transformé.9

En 1911, le Café Parisien est accusé de discrimination. Un homme noir, M. Fisher First, poursuit le propriétaire puisqu’on a refusé de le servir.10 La question à savoir si un restaurant avait le droit d’exclure des gens de couleur, question qui avait souvent été soulevée aux États-Unis, était nouvelle pour les tribunaux canadiens.11 L’affaire fait les manchettes. Le Parisien gagne sa cause. Le garçon de table avait effectivement refusé de servir M. Fisher First dans la grande salle à manger, mais lui aurait demandé de se rediriger à l’entrée privée du café, rue St-Dominique. Le juge déclara qu’un propriétaire d’hôtel était libre de refuser de servir un client dans un endroit de son établissement tant qu’il offrait de le servir à un autre endroit.12

En 1914, après avoir été obligé de fermer trois semaines par la Commission des licences, quatre cabarets : le Parisien, le Arbours, le Regal’s et le Kastel’s, modifient leurs formules. Seul les orchestres jouent de la musique. Terminé le chant, terminé la danse. La règle voulant qu’une personne devait manger pour commander à boire fut renforcée.13

Montreal Herald, 8 mars 1915

Le 8 mars 1915, un incendie se déclare dans le sous-sol du Parisien. L’intérieur du bâtiment est entièrement ravagé de la cave au toit. L’incendie s’est déclaré parmi des cartons entreposés dans la cave près de l’ascenseur alimentaire par lequel les flammes avaient été attirées vers les étages supérieurs. Il n’y a aucun accident ou perte de vie mais l’immeuble est une perte totale.1,14

En 2023, au même endroit, on retrouve l’Hôtel Villa et le Café Gaufre Mignonne. Et à deux pas, la salle de spectacle MTelus. Certains soirs, la file pour entrer au MTelus s’étire sur ce même coin de rue, là où il y a plus de 100 ans, le premier nightclub de Montréal prenait vie.

Sources
[1] Fire guts Cafe Parisien, The Gazette, 9 mars 1915
[2] Montreal Confidential, Al Palmer, p.75-76
[3] New system has been inaugurated, The Gazette, 8 janvier 1913
[4] Ministers oppose Arbour licence, The Gazette, 18 décembre 1913
[5] Defence evidence in cabaret cases, The Gazette, 24 décembre 1913
[6] Grand Café Parisien, La Presse, 17 avril 1886
[7] The Grand Cafe Parisien, The Gazette, 12 mai 1888
[8] Hôtel le Grand Café Parisien, Le Canard, 11 novembre 1899
[9] Le Café Parisien vendu $100 000, La Patrie, 29 septembre 1909
[10] La question de couleur, Le Devoir, 5 septembre 1911
[11] Peut-on refuser de servir des noirs, La Patrie, 6 septembre 1911
[12] Le Café Parisien gagne sa cause, Le Canada, 15 mars 1912
[13] Decorous mirth marked cabarets, The Gazette, 10 juin 1914
[14] Parker bros did not anticipate giving up Cafe, Montreal Star, 29 mars 1915
Nous avons compilé ce texte en utilisant les sources mentionnées ci-dessus. Les extraits sont reproduits tels quels avec modifications mineures par souci de cohésion. Nous avons traduit en français les sources provenant d’articles de journaux en anglais.
Dernière mise à jour du texte: 15 février 2024
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