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Cabaret Frolics (Montréal)

Premier grand cabaret de variétés à Montréal — et l’un des tout premiers au Canada, le Frolics (1929–1933) a lancé l’âge d’or de la Main depuis le 2e étage du 1417, boulevard Saint-Laurent. Salle phare de l’ère de la Prohibition américaine, il attira artistes new-yorkais, mondains et curieux autour de revues flamboyantes, d’une vaste piste de danse, d’un orchestre maison et d’un éclairage ultramoderne pour l’époque. [1][2]

1. Présentation

Le Cabaret Frolics est reconnu comme la première grande boîte de nuit du boulevard Saint-Laurent et un pionnier national du cabaret de variétés. Son ouverture en 1929 est un événement mondain majeur à Montréal, marquant l’essor d’une vie nocturne qui séduit autant les locaux que les visiteurs étrangers. [1][2]

Un an plus tard, le 5 décembre 1930, la salle célèbre officiellement son premier anniversaire avec un programme spécial, des souvenirs commémoratifs et une décoration renouvelée, confirmant le succès rapide du cabaret. [3]

2. Origines & contexte (Prohibition)

Durant la Prohibition aux États-Unis (1920–1933), de nombreux artistes — surtout de New York — s’installent ou séjournent à Montréal, dopant l’animation culturelle. Dans ce contexte, les frères HILL et Charles BORDOFF investissent environ 50 000 $ pour transformer un ancien entrepôt de fourrures du 1417, boulevard Saint-Laurent en cabaret moderne. [2]

C’est aussi dans cette période que plusieurs sources situent l’entrée en scène du jeune HARRY DAVIS, immigrant juif d’Europe de l’Est déjà actif comme bookmaker et prêteur sur gages dans le Red Light. Il est présenté, selon les versions, comme co-propriétaire ou associé au Frolics, où il investit une partie de son capital naissant. Le cabaret devient pour lui à la fois une vitrine mondaine et un point de contact privilégié avec une clientèle fortunée, des artistes new-yorkais et des policiers fréquentant la Main — un premier tremplin avant de devenir l’« edge man » du jeu au centre-ville. [5]

2.1. Les frères Hill : trajectoire avant et après le Frolics

L’ouverture du Frolics en 1929 marque l’entrée spectaculaire des frères HILL — Eli, Cecil, Victor et Louis — dans le nightlife montréalais. Leur premier établissement devient immédiatement un cabaret phare de la Main et l’un des plus influents de l’époque, décrit rétrospectivement comme le point de départ de leur « empire » de clubs et de restaurants. [6]

Après la fermeture du Frolics en 1933, les Hill poursuivent leur expansion avec EL CHICO, au coin Metcalfe et Sainte-Catherine, présenté comme le premier club mexicain au Canada. Ils y importent des spectacles complets en provenance du Mexique — danseuses, musiciens et revues — renforçant leur réputation d’innovateurs capables d’amener à Montréal des formes de divertissement peu vues jusque-là. [6]

Durant les années 1940, ils lancent leur plus grand succès commercial : le CHIC-N-COOP (1939–1962), au 1196, rue Sainte-Catherine Ouest, accompagné de son lounge l’INDIAN ROOM. Inspirés par des restaurants de poulet et de côtes levées de New York, ils confient la cuisine à leur chef DILLARD « SMITTY » SMITH, qui met au point une sauce devenue célèbre et pilote une rôtissoire fabriquée sur mesure par un parent établi à Brooklyn. Les Hill rendent ainsi le poulet rôti barbecue accessible à grande échelle — « un demi-poulet pour un demi-dollar » — alors qu’il s’agissait jusque-là d’un mets coûteux réservé aux hôtels. [6]

Le succès du Chic-N-Coop entraîne l’implantation d’une usine de transformation du poulet près du marché Rachel et la collaboration d’anciens combattants, du ministère des Anciens Combattants, d’Ogilvie Mills et du Collège Macdonald pour développer l’élevage de poulets de chair. Le lieu devient un véritable carrefour montréalais : sportifs, journalistes, demi-monde, vedettes américaines, JACKIE ROBINSON (alors chez les Royaux de Montréal), CHUCK CONNORS, BIG JOHN GABBARD et même FRANK SINATRA y défilent. Autant d’éléments qui témoignent, en filigrane, de la trajectoire amorcée dès le Frolics : celle de restaurateurs-entrepreneurs capables de faire de leurs établissements des institutions à la fois populaires, mondaines et profondément ancrées dans l’imaginaire montréalais. [6]

3. Le lieu, la scène & le service

Le Frolics se distingue par une vaste piste de danse et un éclairage élaboré, un décor luxueux (tentures de soie au plafond et aux murs), et une scène permettant d’accueillir un orchestre de 15 musiciens. Le service est calibré pour la fête : deux spectacles par soir en semaine, trois le samedi, avec au menu principalement du champagne et de la bière. [2]

4. Artistes, animation & radio

L’inauguration met en vedette la New-Yorkaise TEXAS GUINAN, dont le fameux « HELLO SUCKERS! » devient le cri de ralliement des foules massées chaque soir dans la salle enfumée. La cadence soutenue des revues assoit durablement la réputation du lieu. [2]

La présence de Guinan et de troupes new-yorkaises fait du Frolics une scène d’observation privilégiée pour HARRY DAVIS, qui fréquente artistes, imprésarios, petits truands et policiers. Plusieurs auteurs voient dans ce passage au Frolics la pré-histoire de son futur empire de salles de jeux et de paris au centre-ville. [5]

4.1. Artistes vedettes de 1930–1931

Les coupures de presse de 1930 montrent que le Frolics programme une variété de numéros de danse, de chant et de comédie. Pour la soirée d’Halloween 1930, la direction annonce un « programme très attrayant » avec notamment :

  • GRAYCE SCOBELL, danseuse de spécialité, remarquée pour sa silhouette élancée et ses danses rythmiques ;
  • BYRNES & SWANSON, duo couvrant autant le moderne que le classique, avec numéros excentriques et acrobatiques ;
  • LILLIAN DALY & RAY MOORE, qui se partagent les chansons, l’une dans le registre blues, l’autre dans un style plus « high-class » ;
  • BILLY MUNRO et son « lively orchestra », chargé de l’accompagnement musical ;
  • LARRY VINCENT, maître de cérémonie infatigable, responsable du rythme de la soirée. [8]

4.2. Maître de cérémonie & orchestre résident

Plusieurs annonces confirment que LARRY VINCENT agit comme MC attitré du Frolics, présentant les attractions, enchaînant les numéros et dialoguant constamment avec le public. L’orchestre de BILLY MUNRO est décrit comme « lively » et « populaire », jouant les derniers succès de danse. Ensemble, ils structurent l’identité sonore et visuelle du cabaret. [3][8]

4.3. Le Frolics à la radio (CFCF)

À partir de 1930, le Frolics s’affiche aussi sur les ondes : les grilles de la station CFCF – Marconi Wireless mentionnent régulièrement un segment « Frolics Cabaret » ou « Danse du cabaret Frolics » en soirée, souvent à 21 h ou 22 h, encadré par des concerts de l’Hôtel Mont-Royal ou d’autres programmes musicaux. [7]

Ces émissions, qui diffusent l’orchestre de Billy Munro et une sélection de numéros du cabaret, contribuent à faire du Frolics une institution radiophonique autant qu’un lieu physique : pour beaucoup de Montréalais, le cabaret est d’abord une signature entendue à la radio avant d’être une adresse qu’on visite en personne. [7]

5. 1933 : transition vers Connie’s Inn

La fin de la Prohibition en 1933 rapatrie une partie des artistes et du public vers les États-Unis. Le 15 juin 1933, l’établissement change de propriétaires et devient un club orienté vers le jazz : Connie’s Inn. La salle reste l’une des adresses les plus fréquentées de la ville au tournant des années 1930. [2]

Dès l’ouverture du Connie’s Inn en juin 1933, la salle devient également un lieu important pour la scène jazz émergente de Montréal. C’est là que le chef d’orchestre montréalais MYNIE SUTTON et ses Canadian Ambassadors « hit the stage » peu après l’inauguration, selon un témoignage tardif du journaliste John Gilmore. Leur présence marque un tournant : le groupe est décrit comme l’un des ensembles ayant le plus contribué à sortir le jazz des arrière-salles et à le placer au centre de la scène des clubs montréalais. Leur résidence au Connie’s Inn souligne ainsi le glissement progressif du 1417, boulevard Saint-Laurent, d’un cabaret de variétés vers une vocation jazz affirmée dans les années qui suivent la Prohibition. [9]

6. Chronologie du 1417, boul. Saint-Laurent

  • 1929 — Ouverture du cabaret Frolics au 1417, boul. Saint-Laurent (2e étage). [1][2]
  • 5 décembre 1930Premier anniversaire du Frolics : programme spécial, souvenirs et décoration renouvelée. [3]
  • 1930–1931 — Diffusion régulière de segments « Frolics Cabaret » sur les ondes de CFCF. [7]
  • 1929–1933 — Cabaret Frolics (deux shows par soir en semaine, trois le samedi). [2]
  • 15 juin 1933Connie’s Inn (orientation jazz).
  • 1935Val d’Or Grill.
  • 1936–1937Casino de Parée.
  • 1939 — Retour du Val d’Or Grill.
  • 1947Au Faisan Doré, premier grand cabaret francophone du Québec.
  • 1951–1970Cabaret Montmartre.

7. Héritage & influence

Le Frolics a suscité des vocations : plusieurs propriétaires de la Main ont converti leurs établissements en night-clubs sur son modèle. La fin de la Prohibition a aussi laissé une empreinte durable : un style plus américanisé des cabarets et l’influence accrue de réseaux organisés venus des États-Unis — discussion nuancée par les sources, qui distinguent « mafia », pègre et petite criminalité, et soulignent l’absence de menace directe pour le citoyen ordinaire dans cette hiérarchie. [4]

Pour l’histoire du crime organisé montréalais, le Frolics marque également une étape importante : c’est l’un des premiers lieux où l’on voit apparaître un futur « edge man » comme Harry Davis dans un rôle mi-cabaretier, mi-gambler. Cette passerelle entre show-business, jeu et réseaux de protection annonce les structures qui, après la guerre, contrôleront les cabarets et les salles de jeux du centre-ville. La condamnation spectaculaire de Davis en octobre 1933 — dix coups de fouet et quatorze ans de bagne pour trafic de stupéfiants — illustre aussi le moment où l’État décide de faire un exemple contre cette économie parallèle issue en partie du milieu des cabarets. [5]

8. Notes & sources

  1. « The Frolics started Main’s golden era », The Gazette, 26 janvier 1963. Article rétrospectif qui présente le Frolics comme le cabaret ayant lancé l’« âge d’or » de la Main, décrit la salle, son emplacement (1417, boul. Saint-Laurent, 2e étage) et son rôle pionnier.
  2. A. Bourassa & J-M Larue, Les nuits de la Main, 1993. Ouvrage de référence sur l’histoire des cabarets de la Main : montage du Frolics dans un ancien entrepôt de fourrures, investissement d’environ 50 000 $, présence de TEXAS GUINAN, enchaînement Frolics → Connie’s Inn → Val d’Or Grill → Casino de Parée → Montmartre, description de la piste de danse, de l’éclairage et des consommations (champagne, bière).
  3. « Frolics Cabaret Will Celebrate The First Anniversary Tonight », The Montreal Star, 5 décembre 1930. Annonce du premier anniversaire du Frolics : programme spécial, distribution de souvenirs, décoration spéciale, mention de LARRY VINCENT (MC) et de l’orchestre de BILLY MUNRO. D’autres annonces similaires dans la presse anglophone confirment une ouverture fin 1929.
  4. Jean Beaunoyer, Fleur d’Alys, Éd. Leméac, p. 60–61. Réflexion sur le style américanisé des cabarets montréalais, l’influence des réseaux venus des États-Unis et la distinction entre « mafia », pègre et petite criminalité dans l’imaginaire du Red Light.
  5. Magaly Brodeur, Vice et corruption à Montréal, 1892–1970, P.U.Q.; Pierre de Champlain, Le crime organisé à Montréal, 1940–1980, Éd. Asticou; William Weintraub, City Unique: Montréal days and nights in the 1940s and ’50s, McClelland & Stewart; dossier « Harry Davis, roi de la pègre montréalaise », projet Mémoires des Montréalais (Ville de Montréal); plus l’article de La Patrie, « Dix coups de fouet et quatorze ans de bagne : sentence contre Davis », 20 octobre 1933, qui relate en détail le procès, le jugement du juge Greenshields et la liste des chefs d’accusation liés au trafic de stupéfiants. Ces travaux replacent le Frolics et le Val d’Or Café dans la trajectoire de HARRY DAVIS (pègre juive, port de Montréal, rôle d’« edge man ») et expliquent comment ses liens avec les cabarets s’articulent avec l’évolution du crime organisé à Montréal.
  6. Sur les frères Hill, El Chico & Chic-N-Coop :
    « Montreal nightlife is old as the Hills », Nick Auf der Maur, The Gazette, 23 mars 1981. Grande rétrospective sur Eli, Cecil, Victor et Louis Hill : ouverture du Frolics en 1929, lancement d’EL CHICO en 1933 (présenté comme le premier club mexicain au Canada), création du CHIC-N-COOP (1939–1962) et de l’INDIAN ROOM, anecdotes sur le poulet barbecue, la rôtissoire fabriquée à Brooklyn, le chef DILLARD « SMITTY » SMITH, la clientèle (sportifs, journalistes, demi-monde, JACKIE ROBINSON, CHUCK CONNORS, BIG JOHN GABBARD), et le rôle des Hill comme « institutions montréalaises ». – Napperon du restaurant Chic-N-Coop, Encyclopédie du MEM, Stéphanie Mondor, 13 janvier 2016. Notice sur le Chic-N-Coop (1196, Ste-Catherine Ouest), rappelant que le bâtiment fut, de 1864 à 1868, la maison de Thomas D’Arcy McGee. – Publicités « Chic-N-Coop proudly presents the Indian Room », The Gazette et The Montreal Daily Star, 29 décembre 1949, ainsi que l’annonce française dans La Presse, 27 décembre 1949, détaillant le décor conçu par WINOLD REISS, les fresques réalisées auprès des Pieds-Noirs en Alberta et la vocation du lounge. – Chronique « Ourtown », Al Palmer, The Gazette, 9 septembre 1966, qui rappelle le rôle du Chic-N-Coop et de l’Indian Room comme lieux de rendez-vous du tout-Montréal. – « Gentleman Sinatra’s aura still glows for Montreal singing star », The Gazette, 16 décembre 1990, témoignage de Norma Hutton Nichols sur la fameuse photo de FRANK SINATRA au Chic-N-Coop et sur la fréquentation du restaurant par les artistes. – « $250,000 damage in fire », Grant Johnston, The Gazette, 19 novembre 1962, ainsi que l’article équivalent de La Presse du 19 novembre 1962, sur l’incendie qui détruit Chic-N-Coop, l’Indian Room et le salon de coiffure Wanner’s. Ces sources, utilisées en complément des ouvrages de synthèse, permettent de suivre la continuité entre le Frolics (premier grand cabaret des Hill) et leurs établissements ultérieurs.
  7. Sur les émissions radio « Frolics Cabaret » (CFCF) :
    – Rubrique « Today’s Radio Programmes », The Gazette, 15 avril 1930 : la grille de CFCF indique un segment « Frolics Cabaret » à 21 h, suivi d’une « Studio party ». – Grille de programmes de CFCF publiée dans Le Devoir, 6 décembre 1930, mentionnant « Danse du cabaret Frolics » à 22 h. Ces documents montrent que le Frolics dispose dès 1930 d’une exposition régulière sur les ondes.
  8. Sur les artistes & la soirée d’Halloween 1930 :
    « Attractive Program At The Frolics Tonight To Celebrate Hallowe’en », The Montreal Star, 31 octobre 1930. Annonce détaillée du programme d’Halloween avec GRAYCE SCOBELL, BYRNES & SWANSON, LILLIAN DALY, RAY MOORE, l’orchestre de BILLY MUNRO et le MC LARRY VINCENT. – Listes de programmes radio de CFCF qui mentionnent l’orchestre du Frolics dans des segments musicaux de soirée, confirmant la notoriété du band.
  9. John Gilmore, « Montreal jazz great Sutton dies — and an era ends », The Gazette, 22 juin 1982. Portrait rétrospectif du chef d’orchestre Mynie Sutton et mention de la présence des Canadian Ambassadors au Connie’s Inn en juin 1933, soulignant leur rôle dans la mise en avant du jazz sur la Main.
1930
1er ANNIVERSAIRE DU CABARET FROLICS
1er ANNIVERSAIRE DU CABARET FROLICS

Le Cabaret Frolics, ouvert en 1929 au 1417 boulevard Saint-Laurent, fut la première grande boîte de nuit du boulevard. Aménagé dans un ancien entrepôt de fourrures, il offrait un décor luxueux, une grande piste de danse et un orchestre de quinze musiciens. Grâce à la popularité de Texas Guinan et à son ambiance festive, le club attira une foule nombreuse, mais il déclina après la fin de la prohibition en 1933. Il devint alors Connie’s Inn, puis changea plusieurs fois d’identité avant de céder la place au Faisan Doré en 1947, marquant l’évolution des cabarets montréalais sous l’influence du style américain et de la mafia.

 

Image: The Gazette, 5 décembre 1930, division Postmedia Network Inc.

Cabaret Frolics (Montreal)

First large variety cabaret in Montreal — and one of the very first in Canada, Frolics (1929–1933) launched the Main’s golden age from the 2nd floor of 1417 Saint-Laurent Boulevard. A flagship venue of the American Prohibition era, it drew New York performers, socialites, and curious onlookers to flamboyant revues, a large dance floor, a resident orchestra, and ultra-modern lighting for the time. [1][2]

1. Overview

The Frolics Cabaret is recognized as the first major night-club on Saint-Laurent Boulevard and a national pioneer of variety cabaret. Its 1929 opening was a major social event in Montreal, marking the rise of a nightlife that attracted both locals and visitors from abroad. [1][2]

One year later, on 5 December 1930, the venue celebrated its first anniversary with a special program, commemorative souvenirs and renewed décor, underscoring its rapid success. [3]

2. Origins & context (Prohibition)

During Prohibition in the United States (1920–1933), many performers — especially from New York — relocated to or made extended stays in Montreal, invigorating the city’s cultural scene. In this context, the Hill brothers and Charles BORDOFF invested roughly $50,000 to transform a former fur warehouse at 1417 Saint-Laurent Boulevard into a modern cabaret. [2]

Several sources situate the entry of young HARRY DAVIS in this period. A Jewish immigrant from Eastern Europe and already active as a bookmaker and moneylender in the Red Light district, he is described as a co-owner or associate at Frolics. The cabaret became both a social showcase and a strategic point of contact with wealthy patrons, New York performers and police officers frequenting the Main — an early foundation of the gambling empire he would later build. [5]

2.1. The Hill brothers: before and after Frolics

The 1929 opening of Frolics marked the spectacular entry of the HILL brothers — Eli, Cecil, Victor and Louis — into Montreal’s nightlife. Their first establishment quickly became a flagship cabaret on the Main and one of the most influential of the period, later seen as the foundation of their growing “empire” of clubs and restaurants. [6]

After Frolics closed in 1933, the Hills expanded into EL CHICO, located at Metcalfe and Sainte-Catherine, billed as the first Mexican club in Canada. They imported complete shows from Mexico — dancers, musicians and elaborate revues — reinforcing their reputation as innovators who brought unusual entertainment to Montreal audiences. [6]

In the 1940s they launched their most successful venture: CHIC-N-COOP (1939–1962), at 1196 Sainte-Catherine West, together with its lounge, the INDIAN ROOM. Inspired by New York chicken & ribs restaurants, they entrusted the kitchen to DILLARD “SMITTY” SMITH, who developed a celebrated sauce and operated a custom-made rotisserie built by a family member in Brooklyn. They made barbecue roast chicken widely accessible — “a half chicken for half a dollar” — at a time when it remained an expensive hotel dish. [6]

Chic-N-Coop’s success led to a chicken processing plant near the Rachel market and a collaboration between veterans, the Department of Veterans Affairs, Ogilvie Mills, and Macdonald College to develop broiler farming. The restaurant became a true Montreal crossroads: athletes, journalists, demi-monde figures, American stars, JACKIE ROBINSON, CHUCK CONNORS, BIG JOHN GABBARD, and even FRANK SINATRA were among its clientele. All of this reflects the trajectory first set in motion at Frolics: restaurateur-entrepreneurs capable of transforming their establishments into institutions that were at once popular, glamorous and deeply rooted in Montreal’s cultural memory. [6]

3. Venue, stage & service

Frolics was known for its large dance floor and elaborate lighting, its luxurious décor (silk draperies on ceiling and walls), and a stage accommodating a 15-piece orchestra. Service was designed for festivity: two shows per night on weekdays, three on Saturdays, with champagne and beer as the primary beverages. [2]

4. Acts, entertainment & radio

The opening bill featured New Yorker TEXAS GUINAN, whose trademark cry “HELLO SUCKERS!” became the rallying shout of the nightly crowds. The non-stop rhythm of the revues quickly cemented Frolics’ reputation. [2]

Guinan’s presence and the many New York troupes made Frolics an ideal observation post for HARRY DAVIS, who mingled with performers, impresarios, small-time crooks and police officers. Several authors view his time at Frolics as the pre-history of his gambling empire downtown. [5]

4.1. Featured acts, 1930–1931

Press clippings from 1930 show a broad mix of dance, vocal and comedy attractions. For the Halloween 1930 celebration, management advertised a “very attractive program” including:

  • GRAYCE SCOBELL, specialty dancer known for her lithe figure and rhythmic routines;
  • BYRNES & SWANSON, a duo spanning modern and classical dance with eccentric and acrobatic acts;
  • LILLIAN DALY & RAY MOORE, sharing the vocal program — one in blues ditties, the other in more “high-class” numbers;
  • BILLY MUNRO and his “lively orchestra” providing the musical accompaniment;
  • LARRY VINCENT, the tireless MC keeping the evening’s pacing sharp. [8]

4.2. Master of ceremonies & resident band

Multiple ads confirm that LARRY VINCENT served as Frolics’ official master of ceremonies, introducing acts and linking segments with running commentary. BILLY MUNRO’s orchestra, described as “lively” and “popular”, played the latest dance hits. Together they defined Frolics’ visual and sonic identity. [3][8]

4.3. Frolics on the air (CFCF)

From 1930 onward, Frolics also appeared on the airwaves: listings for CFCF – Marconi Wireless regularly mention a “Frolics Cabaret” segment or “Danse du cabaret Frolics” in the evening, often at 9 or 10 p.m., surrounded by Mount Royal Hotel concerts and other music programs. [7]

These broadcasts transformed Frolics into a radio institution as well as a physical venue: for many Montrealers, the cabaret was first a sound on the radio before it became a place to visit. [7]

5. 1933: transition to Connie’s Inn

The end of Prohibition in 1933 drew performers and audiences back to the United States. On 15 June 1933, the venue changed ownership and reopened as a jazz-oriented club: Connie’s Inn. It remained one of the busiest addresses in Montreal at the turn of the decade. [2]

6. Timeline of 1417 Saint-Laurent Blvd

  • 1929 — Opening of the Frolics cabaret at 1417 Saint-Laurent Blvd (2nd floor). [1][2]
  • 5 December 1930First anniversary celebrated with special program, souvenirs and new décor. [3]
  • 1930–1931 — Regular “Frolics Cabaret” segments broadcast on CFCF. [7]
  • 1929–1933 — Frolics operates (two shows on weeknights, three on Saturdays). [2]
  • 15 June 1933Connie’s Inn (jazz orientation).
  • 1935Val d’Or Grill.
  • 1936–1937Casino de Parée.
  • 1939 — Return of the Val d’Or Grill.
  • 1947Au Faisan Doré, first major francophone cabaret in Quebec.
  • 1951–1970Cabaret Montmartre.

7. Legacy & influence

Frolics inspired numerous imitators: many Main business owners converted their establishments into night-clubs following its example. The end of Prohibition left a lasting mark as well: a more Americanized cabaret style and increased influence from organized networks coming from the United States — nuanced in sources that distinguish between “mafia”, underworld and petty crime, emphasizing that the ordinary citizen was not the direct target within this hierarchy. [4]

In the history of organized crime in Montreal, Frolics is also a key chapter: it is among the first venues where future “edge man” Harry Davis appears in a role blending cabaret operator, gambler and informal power broker. This intersection of show business, gambling and protection networks foreshadowed the post-war structures that came to dominate downtown cabaret and gambling operations. Davis’s dramatic October 1933 sentence — ten lashes and fourteen years of hard labour for drug trafficking — showed a state intent on making an example of the parallel economy that had partly grown out of cabaret culture. [5]

8. Notes & sources

  1. “The Frolics started Main’s golden era”, The Gazette, 26 January 1963. Retrospective describing the cabaret, its location (1417 Saint-Laurent Blvd, 2nd floor) and its pioneering role.
  2. A. Bourassa & J-M Larue, Les nuits de la Main, 1993. Foundational account of Main cabarets: Frolics' conversion from a fur warehouse, the ~$50,000 investment, presence of TEXAS GUINAN, venue succession (Frolics → Connie’s Inn → Val d’Or Grill → Casino de Parée → Montmartre), and descriptions of décor, dance floor and beverages.
  3. “Frolics Cabaret Will Celebrate The First Anniversary Tonight”, The Montreal Star, 5 December 1930. Announcement of Frolics' first anniversary: special program, souvenirs, special décor, mention of LARRY VINCENT and BILLY MUNRO. Other anglophone newspapers confirm a late-1929 opening.
  4. Jean Beaunoyer, Fleur d’Alys, Leméac, pp. 60–61. Reflections on the Americanized style of Montreal cabarets and distinctions between organized networks.
  5. Magaly Brodeur, Vice et corruption à Montréal, 1892–1970, PUQ; Pierre de Champlain, Le crime organisé à Montréal, 1940–1980, Asticou; William Weintraub, City Unique; “Harry Davis, roi de la pègre montréalaise”, City of Montreal; plus La Patrie (20 Oct 1933) describing Davis’s trial and sentence. Together these works situate Frolics within Davis’s criminal trajectory.
  6. On the Hill brothers, El Chico & Chic-N-Coop:
    “Montreal nightlife is old as the Hills”, Nick Auf der Maur, The Gazette, 23 March 1981. – MEM Encyclopaedia placemat entry on Chic-N-Coop. – Ads for “Chic-N-Coop presents the Indian Room” (1949). – Al Palmer’s “Ourtown” column (1966). – The Gazette (16 Dec 1990) on FRANK SINATRA at Chic-N-Coop. – Fire coverage (The Gazette & La Presse, 19 Nov 1962).
  7. On CFCF broadcasts:
    – “Today’s Radio Programmes”, The Gazette, 15 April 1930. – Le Devoir, 6 December 1930 (“Danse du cabaret Frolics”).
  8. Acts & Halloween 1930:
    “Attractive Program At The Frolics Tonight To Celebrate Hallowe’en”, The Montreal Star, 31 October 1930. – CFCF listings referencing Frolics' orchestra.

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