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L’immortalité artistique a besoin d’une mémoire, et la mémoire a besoin d’archives.
L’histoire des salles de spectacles de Montréal.
Rising Sun
Le Rising Sun était une salle mythique de Montréal (1975–1991) fondée par Rouè-Doudou Boicel, qui y a attiré de véritables légendes du jazz et du blues, tout en ouvrant ponctuellement la scène aux courants reggae et punk/alternatif.
L'histoire des grandes salles de Montréal
À partir de 1825
L’âge d’or des cabarets
1940-1960
L'émergence des discothèques montréalaises
À partir de 1962
Les salles de rock et bars alternatifs
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Collectionneurs
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LES ARTS DE LA SCÈNE À MONTRÉAL
1606
Des premières représentations théâtrales en Amérique française à la scène contemporaine, Montréal s’est progressivement construite comme un véritable carrefour des arts du spectacle. Présenté en Acadie en 1606, le Théâtre de Neptune constitue l’un des premiers jalons documentés de l’histoire théâtrale en Nouvelle-France, bien que cette œuvre soit aujourd’hui relue à la lumière de son contexte colonial. Si le théâtre représente l’une des premières formes de spectacle organisées devant un public, il ouvre la voie au développement d’une riche tradition de divertissement qui englobera, au fil des siècles, les concerts, l’opéra, les cabarets, les revues, les festivals et les nombreuses formes de performances musicales qui marqueront l’histoire culturelle du Québec et de Montréal. Devenue l’une des principales métropoles culturelles d’Amérique du Nord, Montréal verra ainsi émerger un remarquable réseau de théâtres, de salles de concert, de cabarets, de clubs et de lieux alternatifs qui contribueront à façonner son identité artistique et son rayonnement international.
1774
Longtemps limitée par les réticences des autorités religieuses envers les arts de la scène, la vie théâtrale montréalaise demeure relativement discrète durant le régime français. Plusieurs membres du clergé considèrent alors le théâtre avec méfiance, le jugeant parfois incompatible avec les valeurs morales et religieuses de l’époque. Bien que certaines représentations occasionnelles aient lieu en Nouvelle-France, celles-ci demeurent rares et ne donnent pas naissance à une véritable tradition théâtrale publique. La situation évolue après la Conquête de 1760 et l’instauration du régime britannique, alors que Montréal s’ouvre progressivement à de nouvelles influences culturelles et à des formes de divertissement plus variées. Parmi les premiers jalons figure la présentation d’œuvres de Molière en 1774 au Café Dillon, un lieu mondain aménagé dans la résidence du notaire Antoine Foucher et généralement considéré comme le premier espace théâtral documenté de Montréal. Ces représentations témoignent de l’émergence d’une vie culturelle urbaine qui dépasse désormais les cadres traditionnels hérités de la Nouvelle-France. Au cours des décennies suivantes, les spectacles se multiplient et attirent un public de plus en plus diversifié, favorisant l’apparition de lieux permanents consacrés aux arts de la scène et préparant le terrain à la création des premiers grands théâtres montréalais du XIXe siècle, marquant ainsi le début d’une tradition du spectacle vivant qui contribuera durablement au développement culturel de la métropole.
1825
L’ouverture du Théâtre Royal en 1825 par John Molson marque un tournant majeur dans l’histoire culturelle de Montréal. Premier grand théâtre permanent de la ville et l’un des premiers établissements professionnels du genre au Canada, il témoigne de l’essor démographique et économique de la métropole au début du XIXe siècle. La salle accueille alors une programmation variée comprenant pièces de théâtre, opéras, concerts, conférences et spectacles de passage, contribuant à familiariser le public montréalais avec les grandes tendances artistiques du monde anglophone. Le Théâtre Royal inaugure ainsi une lignée de quatre établissements portant ce nom qui se succéderont jusqu’en 1913. Au cours de son histoire, la salle reçoit de nombreuses personnalités internationales, dont Charles Dickens, qui y participe à une représentation théâtrale amateur organisée à Montréal en 1842. Bien au-delà de sa fonction de lieu de divertissement, le Théâtre Royal contribue à établir les bases d’une vie culturelle urbaine permanente et annonce l’émergence du vaste réseau de salles de spectacle qui marquera l’histoire de Montréal au cours des décennies suivantes.
1880
Au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, Montréal connaît une croissance rapide qui s’accompagne d’une diversification de ses lieux de spectacle. Les théâtres, salles de concert et espaces de divertissement se multiplient afin de répondre aux besoins d’une population en pleine expansion et à l’intérêt grandissant du public pour les arts. Inauguré en 1880, le Queen’s Hall devient la première grande salle montréalaise conçue spécifiquement pour les concerts. Accueillant des orchestres, des récitals et des artistes de renommée internationale, il joue un rôle déterminant dans le développement de la vie musicale de la métropole et contribue à l’essor de la musique classique au Canada. Quelques années plus tard, l’ouverture du Monument-National en 1893 marque une autre étape importante. Conçu comme un lieu de rassemblement, d’éducation et de diffusion culturelle pour la communauté canadienne-française, il devient rapidement un centre névralgique du théâtre, de la musique, des conférences et des arts de la scène francophones. Ensemble, ces institutions témoignent de la maturation du milieu culturel montréalais et jettent les bases d’une tradition du spectacle vivant qui contribuera à faire de Montréal l’une des grandes métropoles culturelles d’Amérique du Nord.
1916
Au tournant du XXe siècle, Montréal connaît un véritable âge d’or de la construction de salles de spectacle. La croissance de la métropole, l’essor des loisirs urbains et les progrès technologiques favorisent l’apparition de nouveaux lieux de diffusion qui transforment profondément les habitudes culturelles de la population. En 1906, le Ouimetoscope devient la première salle de cinéma permanente au Canada, ouvrant la voie à l’essor d’une industrie cinématographique appelée à marquer durablement la vie culturelle montréalaise. Quelques années plus tôt, le Théâtre National s’était imposé comme l’un des principaux foyers du théâtre populaire francophone, contribuant à l’émergence d’une culture scénique proprement québécoise. Au cours des décennies suivantes, Montréal voit également s’élever de vastes palais du spectacle tels que le Théâtre St-Denis, le Palace, l’Impérial, le Loew’s, le Rialto et l’Outremont, dont l’architecture imposante et les équipements modernes témoignent de l’importance grandissante du divertissement dans la vie urbaine. Accueillant théâtre, vaudeville, concerts, opéras, variétés et cinéma, ces établissements font de Montréal l’un des principaux centres du spectacle en Amérique du Nord.
1920-1950
Entre les années 1920 et 1950, Montréal s’impose comme l’un des hauts lieux du divertissement en Amérique du Nord, portée par la prohibition américaine, l’essor du jazz et le dynamisme de ses scènes francophone et anglophone. Alors que l’alcool demeure légal au Québec, une importante clientèle touristique américaine afflue vers les cabarets, hôtels et salles de spectacle de la métropole, où se produisent aussi bien des vedettes internationales du jazz que des figures marquantes de la culture populaire québécoise telles que La Bolduc, La Poune et Alys Robi. Cette effervescence contribue à forger la réputation de Montréal comme métropole nocturne vibrante et cosmopolite. L’âge d’or des cabarets s’essouffle toutefois graduellement à partir des années 1950 sous l’effet des campagnes de moralisation, des enquêtes sur le vice, de l’arrivée de la télévision et des profondes transformations culturelles qui accompagnent l’émergence du rock ‘n’ roll.
1963
L’inauguration de la Place des Arts en 1963 marque une étape déterminante dans l’histoire culturelle de Montréal. Premier grand complexe artistique multidisciplinaire du Canada, elle s’inscrit dans le vaste mouvement de modernisation qui accompagne la Révolution tranquille. Conçue comme un lieu de diffusion et de création destiné à rendre les arts plus accessibles au grand public, la Place des Arts accueille dès ses débuts les plus importantes institutions culturelles du Québec, dont l’Orchestre symphonique de Montréal, l’Opéra de Montréal et les Grands Ballets Canadiens. Au fil des décennies, ses salles deviennent le théâtre de milliers de concerts, spectacles, pièces de théâtre, galas et événements internationaux. Véritable cœur du Quartier des spectacles contemporain, la Place des Arts contribue à faire de Montréal l’une des principales capitales culturelles d’Amérique du Nord et demeure aujourd’hui l’un des plus importants pôles de diffusion artistique au pays.
1967
Avec l’Expo 67, Montréal atteint l’un des sommets de son rayonnement culturel au XXe siècle. Portée par la Révolution tranquille, la métropole connaît durant les années 1960 une profonde transformation marquée par l’ouverture de nouvelles institutions culturelles, l’essor des arts de la scène et une effervescence artistique sans précédent. Théâtre, musique, danse et chanson connaissent alors un développement remarquable, tandis que l’émergence des groupes à gogo et d’une nouvelle culture jeunesse contribue à renouveler le paysage musical québécois. De nouvelles salles et de nouveaux lieux de diffusion font de Montréal un important carrefour culturel en Amérique du Nord. Des millions de visiteurs venus du monde entier découvrent ainsi une ville moderne, créative et cosmopolite dont l’influence culturelle continuera de croître au cours des décennies suivantes.
1974
Le milieu des années 1970 marque une véritable révolution musicale au Québec. Portée notamment par le succès de Beau Dommage et d’Harmonium à partir de 1974, une nouvelle génération d’artistes contribue à l’essor d’une musique populaire francophone moderne qui rejoint un vaste public et transforme durablement le paysage culturel québécois.
1976
L’année 1976 marque l’un des moments les plus marquants du rayonnement culturel international de Montréal au XXe siècle. En accueillant les Jeux olympiques d’été, la métropole attire l’attention du monde entier et déploie d’impressionnantes ressources artistiques pour les cérémonies d’ouverture et de clôture. La musique de ces célébrations est notamment marquée par le travail de Vic Vogel, dont l’arrangement orchestral de O Canada devient l’une des interprétations les plus emblématiques de l’hymne national canadien. Malgré les importantes controverses financières qui marqueront l’héritage des Jeux, l’événement contribue au rayonnement international de Montréal et laisse derrière lui un important patrimoine de programmes, affiches, billets et autres documents éphémères qui témoignent encore aujourd’hui de cette période exceptionnelle.
Cette vidéo de 1979, réalisée à partir d’images de l’Office national du film du Canada, présente l’arrangement orchestral de O Canada créé par Vic Vogel pour les Jeux olympiques de Montréal de 1976, une version souvent considérée comme l’une des plus emblématiques de l’histoire de l’hymne national canadien.
1983
Les années 1980 marquent une période de transformation majeure dans l’histoire des arts de la scène à Montréal. Alors que la ville profite encore du rayonnement acquis lors des Jeux olympiques de 1976, une nouvelle génération de salles, de festivals et de producteurs contribue à diversifier l’offre culturelle. Le Spectrum, le Club Soda, les Foufounes Électriques, le Métropolis et de nombreux autres lieux deviennent des points de rencontre essentiels pour les amateurs de musique, tandis que le Festival Juste pour rire et le Cirque du Soleil renforcent la réputation internationale de la métropole. Du jazz au punk, du reggae au métal, Montréal s’impose alors comme l’une des villes les plus dynamiques et éclectiques du continent en matière de spectacle vivant.
1992
Au cours des années 1990, Montréal consolide son statut de métropole culturelle internationale grâce à la croissance de ses festivals, à la vitalité de ses salles de spectacle et à l’émergence de nouvelles scènes musicales. Du rock indépendant au hip-hop en passant par la musique électronique, la ville devient un important laboratoire de création dont le rayonnement dépasse largement les frontières du Québec.
2000
De 2000 à 2026, Montréal consolide son statut de métropole culturelle internationale grâce à la croissance de ses festivals, à la diversité de ses salles de spectacle et à une scène indépendante particulièrement dynamique. Des quartiers comme le Plateau-Mont-Royal, le Mile End et Hochelaga-Maisonneuve deviennent d’importants pôles créatifs où émergent constamment de nouvelles générations d’artistes, de musiciens, d’humoristes et de promoteurs. Malgré les profondes transformations de l’industrie culturelle provoquées par le numérique, les changements urbains et la hausse des coûts d’exploitation, la ville demeure un important centre de création où coexistent grandes institutions, événements d’envergure mondiale et scènes locales indépendantes. Les concerts, festivals et performances continuent ainsi d’occuper une place centrale dans la vie culturelle montréalaise, perpétuant une tradition du spectacle qui façonne l’identité de la métropole depuis plus d’un siècle.
Vocation
MCPA est un projet sans but lucratif, développé de manière indépendante et dédié à la préservation et à la mise en valeur de l’histoire culturelle et musicale de Montréal.
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