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L’immortalité artistique a besoin d’une mémoire, et la mémoire a besoin d’archives.
Nouvelle fiche historique.
Rising Sun
Le Rising Sun était une salle mythique de Montréal (1975–1991) fondée par Rouè-Doudou Boicel, qui y a attiré de véritables légendes du jazz et du blues, tout en ouvrant ponctuellement la scène aux courants reggae et punk/alternatif.
LES ARTS DE LA SCÈNE À MONTRÉAL
1606
Des premières représentations théâtrales en Amérique française à la scène contemporaine, Montréal s’est progressivement construite comme un véritable carrefour des arts du spectacle. Présenté en Acadie en 1606, le Théâtre de Neptune constitue l’un des premiers jalons documentés de l’histoire théâtrale en Nouvelle-France, bien que cette œuvre soit aujourd’hui relue à la lumière de son contexte colonial. Si le théâtre représente l’une des premières formes de spectacle organisées devant un public, il ouvre la voie au développement d’une riche tradition de divertissement qui englobera, au fil des siècles, les concerts, l’opéra, les cabarets, les revues, les festivals et les nombreuses formes de performances musicales qui marqueront l’histoire culturelle du Québec et de Montréal. Devenue l’une des principales métropoles culturelles d’Amérique du Nord, Montréal verra ainsi émerger un remarquable réseau de théâtres, de salles de concert, de cabarets, de clubs et de lieux alternatifs qui contribueront à façonner son identité artistique et son rayonnement international.
1774
Longtemps limitée par les réticences des autorités religieuses envers les arts de la scène, la vie théâtrale montréalaise demeure relativement discrète durant le régime français. Plusieurs membres du clergé considèrent alors le théâtre avec méfiance, le jugeant parfois incompatible avec les valeurs morales et religieuses de l’époque. Bien que certaines représentations occasionnelles aient lieu en Nouvelle-France, celles-ci demeurent rares et ne donnent pas naissance à une véritable tradition théâtrale publique. La situation évolue après la Conquête de 1760 et l’instauration du régime britannique, alors que Montréal s’ouvre progressivement à de nouvelles influences culturelles et à des formes de divertissement plus variées. Parmi les premiers jalons figure la présentation d’œuvres de Molière en 1774 au Café Dillon, un lieu mondain aménagé dans la résidence du notaire Antoine Foucher et généralement considéré comme le premier espace théâtral documenté de Montréal. Ces représentations témoignent de l’émergence d’une vie culturelle urbaine qui dépasse désormais les cadres traditionnels hérités de la Nouvelle-France. Au cours des décennies suivantes, les spectacles se multiplient et attirent un public de plus en plus diversifié, favorisant l’apparition de lieux permanents consacrés aux arts de la scène et préparant le terrain à la création des premiers grands théâtres montréalais du XIXe siècle, marquant ainsi le début d’une tradition du spectacle vivant qui contribuera durablement au développement culturel de la métropole.
1825
L’ouverture du Théâtre Royal en 1825 par John Molson marque un tournant majeur dans l’histoire culturelle de Montréal. Premier grand théâtre permanent de la ville et l’un des premiers établissements professionnels du genre au Canada, il témoigne de l’essor démographique et économique de la métropole au début du XIXe siècle. La salle accueille alors une programmation variée comprenant pièces de théâtre, opéras, concerts, conférences et spectacles de passage, contribuant à familiariser le public montréalais avec les grandes tendances artistiques du monde anglophone. Le Théâtre Royal inaugure ainsi une lignée de quatre établissements portant ce nom qui se succéderont jusqu’en 1913. Au cours de son histoire, la salle reçoit de nombreuses personnalités internationales, dont Charles Dickens, qui y participe à une représentation théâtrale amateur organisée à Montréal en 1842. Bien au-delà de sa fonction de lieu de divertissement, le Théâtre Royal contribue à établir les bases d’une vie culturelle urbaine permanente et annonce l’émergence du vaste réseau de salles de spectacle qui marquera l’histoire de Montréal au cours des décennies suivantes.
1880
Au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, Montréal connaît une croissance rapide qui s’accompagne d’une diversification de ses lieux de spectacle. Les théâtres, salles de concert et espaces de divertissement se multiplient afin de répondre aux besoins d’une population en pleine expansion et à l’intérêt grandissant du public pour les arts. Inauguré en 1880, le Queen’s Hall devient la première grande salle montréalaise conçue spécifiquement pour les concerts. Accueillant des orchestres, des récitals et des artistes de renommée internationale, il joue un rôle déterminant dans le développement de la vie musicale de la métropole et contribue à l’essor de la musique classique au Canada. Quelques années plus tard, l’ouverture du Monument-National en 1893 marque une autre étape importante. Conçu comme un lieu de rassemblement, d’éducation et de diffusion culturelle pour la communauté canadienne-française, il devient rapidement un centre névralgique du théâtre, de la musique, des conférences et des arts de la scène francophones. Ensemble, ces institutions témoignent de la maturation du milieu culturel montréalais et jettent les bases d’une tradition du spectacle vivant qui contribuera à faire de Montréal l’une des grandes métropoles culturelles d’Amérique du Nord.
1916
Au tournant du XXe siècle, Montréal connaît un véritable âge d’or de la construction de salles de spectacle. La croissance de la métropole, l’essor des loisirs urbains et les progrès technologiques favorisent l’apparition de nouveaux lieux de diffusion qui transforment profondément les habitudes culturelles de la population. En 1906, le Ouimetoscope devient la première salle de cinéma permanente au Canada, ouvrant la voie à l’essor d’une industrie cinématographique appelée à marquer durablement la vie culturelle montréalaise. Quelques années plus tôt, le Théâtre National s’était imposé comme l’un des principaux foyers du théâtre populaire francophone, contribuant à l’émergence d’une culture scénique proprement québécoise. Au cours des décennies suivantes, Montréal voit également s’élever de vastes palais du spectacle tels que le Théâtre St-Denis, le Palace, l’Impérial, le Loew’s, le Rialto et l’Outremont, dont l’architecture imposante et les équipements modernes témoignent de l’importance grandissante du divertissement dans la vie urbaine. Accueillant théâtre, vaudeville, concerts, opéras, variétés et cinéma, ces établissements font de Montréal l’un des principaux centres du spectacle en Amérique du Nord.
1940
Entre les années 1920 et 1950, Montréal s’impose comme l’un des hauts lieux du divertissement en Amérique du Nord, portée par la prohibition américaine, l’essor du jazz et le dynamisme de ses scènes francophone et anglophone. Alors que l’alcool demeure légal au Québec, une importante clientèle touristique américaine afflue vers les cabarets, hôtels et salles de spectacle de la métropole, où se produisent aussi bien des vedettes internationales du jazz que des figures marquantes de la culture populaire québécoise telles que La Bolduc, La Poune et Alys Robi. Cette effervescence contribue à forger la réputation de Montréal comme métropole nocturne vibrante et cosmopolite. L’âge d’or des cabarets s’essouffle toutefois graduellement à partir des années 1950 sous l’effet des campagnes de moralisation, des enquêtes sur le vice, de l’arrivée de la télévision et des profondes transformations culturelles qui accompagnent l’émergence du rock ‘n’ roll.
1963
L’inauguration de la Place des Arts en 1963 marque une étape déterminante dans l’histoire culturelle de Montréal. Premier grand complexe artistique multidisciplinaire du Canada, elle s’inscrit dans le vaste mouvement de modernisation qui accompagne la Révolution tranquille. Conçue comme un lieu de diffusion et de création destiné à rendre les arts plus accessibles au grand public, la Place des Arts accueille dès ses débuts les plus importantes institutions culturelles du Québec, dont l’Orchestre symphonique de Montréal, l’Opéra de Montréal et les Grands Ballets Canadiens. Au fil des décennies, ses salles deviennent le théâtre de milliers de concerts, spectacles, pièces de théâtre, galas et événements internationaux. Véritable cœur du Quartier des spectacles contemporain, la Place des Arts contribue à faire de Montréal l’une des principales capitales culturelles d’Amérique du Nord et demeure aujourd’hui l’un des plus importants pôles de diffusion artistique au pays.
1967
Avec Expo 67, Montréal entre dans une nouvelle phase de modernité et d’ouverture internationale. L’événement contribue à transformer l’image de la ville, qui s’affirme alors comme un symbole de créativité, de cosmopolitisme et d’effervescence culturelle. Des millions de visiteurs venus du monde entier découvrent une métropole en pleine expansion, portée par l’élan de la Révolution tranquille et par une jeunesse tournée vers les nouvelles tendances artistiques, musicales et sociales.
À la fin des années 1960 et durant les années 1970, les grandes salles de spectacle côtoient une nouvelle culture nocturne dominée par les discothèques, les boîtes de nuit et les bars musicaux. Montréal renouvelle alors sa réputation internationale de ville festive et culturelle, portée autant par le rock, le jazz, le folk, le disco et la chanson québécoise que par les musiques émergentes. Des lieux emblématiques deviennent des points de rencontre essentiels pour les artistes locaux et internationaux, tandis que les petits clubs servent souvent de laboratoires culturels où de nouvelles scènes prennent forme avant d’atteindre un public plus large.
Cette dynamique favorise l’émergence de plusieurs générations d’artistes québécois et canadiens. Les bars, cafés et salles alternatives jouent un rôle fondamental comme incubateurs artistiques, offrant à de jeunes musiciens, humoristes et performeurs leurs premières véritables scènes. Montréal se distingue alors par la densité et la diversité de ses lieux de diffusion, où coexistent grandes productions internationales et scènes indépendantes profondément enracinées dans les quartiers de la ville.
À partir des années 1980 et 1990, cette tradition se poursuit avec l’apparition de nouvelles salles consacrées au rock, au punk, au métal, à la musique électronique et aux cultures alternatives. Soutenue par des institutions culturelles majeures, des festivals internationaux et un réseau exceptionnel de petites salles, Montréal consolide progressivement sa place parmi les grandes métropoles culturelles d’Amérique du Nord, reconnue autant pour sa créativité que pour la vitalité de sa scène locale.
2026
Au XXIe siècle, Montréal consolide son statut de métropole culturelle grâce à une scène indépendante particulièrement dynamique, soutenue par un vaste réseau de salles, de bars, de cafés-concerts et d’espaces alternatifs. Des quartiers comme le Plateau-Mont-Royal, le Mile End ou Hochelaga-Maisonneuve deviennent des pôles créatifs où émergent constamment de nouvelles générations d’artistes, de musiciens, d’humoristes et de promoteurs.
La ville se distingue également par l’importance de ses festivals internationaux, qui attirent chaque année des artistes et des visiteurs du monde entier, tout en renforçant sa réputation comme destination culturelle majeure. Cette vitalité permet à Montréal de maintenir un équilibre remarquable entre grandes productions internationales et scènes locales indépendantes.
Même si les habitudes culturelles évoluent sous l’effet des transformations urbaines, de la hausse des coûts d’exploitation et de l’arrivée des plateformes numériques, le spectacle vivant demeure profondément ancré dans l’identité montréalaise. Les concerts, festivals et performances continuent d’occuper une place centrale dans la vie culturelle de la ville, perpétuant une tradition du spectacle qui contribue à façonner Montréal depuis le XIXe siècle.
L'histoire des grandes salles de Montréal
À partir de 1825
L’âge d’or des cabarets
1940-1960
L'émergence des discothèques montréalaises
À partir de 1962
Les salles de rock et bars alternatifs
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