Salon Daomé
Fondé en 2001 par Yves Delima, le Salon Daomé est l’un des clubs indépendants les plus durables de Montréal. D’abord installé au 141, avenue du Mont-Royal Est, ce petit espace à l’étage développe progressivement une identité fortement associée à la house et aux musiques électroniques underground. Après dix-sept années sur l’avenue du Mont-Royal, le Daomé déménage en 2018 dans l’ancien Club Lambi, au 4465, boulevard Saint-Laurent, où son histoire se poursuit.
1. Présentation
Le Salon Daomé occupe une place particulière dans l’histoire de la vie nocturne montréalaise. Fondé en 2001, il traverse plus de deux décennies de transformations de la culture des clubs tout en conservant une identité associée à l’indépendance, à la proximité entre DJ et public et aux musiques électroniques underground.
Son histoire se divise en deux grandes périodes. De 2001 à 2018, le Daomé occupe un petit local situé à l’étage du 141, avenue du Mont-Royal Est. En avril 2018, il quitte cette adresse pour s’installer quelques minutes plus loin, au 4465, boulevard Saint-Laurent, dans l’ancien Club Lambi.
Mais le Daomé de 2001 n’est pas encore le club house auquel son nom sera plus tard étroitement associé. Son identité musicale se construit progressivement à travers les DJ, les résidences et les communautés qui adoptent le lieu.
2. 2001 : les origines du Salon Daomé
Le Salon Daomé est fondé en 2001 par Yves Delima. À ses débuts, l’établissement est notamment orienté vers les rythmes latins et la salsa, auxquels viennent s’ajouter certaines soirées animées par des DJ.
Cette première identité est importante pour comprendre l’évolution du Daomé. Contrairement à une lecture rétrospective qui pourrait le présenter comme un club électronique dès son ouverture, le lieu se développe progressivement au contact de plusieurs communautés musicales.
Dès les premières années, le Daomé devient ainsi un espace où peuvent cohabiter différentes formes de musique dansante, des rythmes afro-caribéens et latins jusqu’au funk, au soul et aux nouvelles formes de house qui prennent alors de l’importance dans les clubs montréalais.
3. Le 141, avenue du Mont-Royal Est
Le premier Salon Daomé est installé au 141, avenue du Mont-Royal Est, près du boulevard Saint-Laurent. Contrairement aux grandes boîtes de nuit du centre-ville, il occupe un espace relativement modeste situé à l’étage.
Cette configuration contribue directement à son caractère. Le lieu ressemble davantage à un loft ou à un véritable « salon » qu’à une discothèque conventionnelle. Le public se trouve près du DJ, la piste de danse occupe le cœur de l’espace et les frontières entre artistes, habitués et visiteurs sont réduites.
Une documentation réglementaire de l’époque indique une capacité de 160 personnes pour l’établissement du deuxième étage. Cette petite jauge aide à expliquer l’atmosphère intime qui deviendra l’une des signatures du Daomé.
Le premier Daomé
Pendant dix-sept ans, le 141 Mont-Royal Est demeure le cœur du Salon Daomé. Sa petite taille, son emplacement à l’étage et la proximité entre la cabine du DJ et le public participent directement à la réputation du club.
4. Une programmation d’abord éclectique
Au début des années 2000, la programmation du Salon Daomé est beaucoup plus large que l’image strictement house qui lui sera ensuite associée. Une chronique publiée par Voir en 2003 témoigne d’un calendrier où se croisent musique traditionnelle haïtienne, rythmes afro, jazz, funk, rock, disco, musique alternative et musique électronique.
Cette diversité reflète une période où l’identité définitive du club est encore en formation. Certaines soirées privilégient les rythmes organiques et les musiques issues de la diaspora, alors que d’autres introduisent progressivement la house et ses différentes ramifications.
Le Daomé devient ainsi moins un club défini par un genre unique qu’un espace où différentes cultures de la danse peuvent se rencontrer. C’est à l’intérieur de cette programmation ouverte que la house finit par acquérir une place dominante.
5. Soulmeka et l’essor de la house
Parmi les soirées qui contribuent le plus fortement à transformer l’identité du Salon Daomé figure Soulmeka, associée notamment à Natacha Blanchard et Ousmane Bary, alias UZI.
Soulmeka participe au développement d’une communauté autour de la house, du soul, du funk et de la musique électronique underground. Des DJ montréalais comme Fred Everything, déjà reconnu internationalement dans l’univers de la deep house, sont également associés aux soirées du Daomé durant cette période.
D’autres rendez-vous, dont la soirée deep-house Therapy, contribuent à consolider cette orientation. Peu à peu, la house cesse d’être simplement l’une des composantes du calendrier : elle devient une partie essentielle de l’identité du club.
Soulmeka
L’importance de Soulmeka dépasse celle d’une simple soirée récurrente. Elle participe à la formation d’une communauté de danseurs, de DJ et d’habitués qui contribue à associer durablement le Salon Daomé à la culture house montréalaise.
6. La construction d’une identité underground
Au fil des années 2000, le Salon Daomé s’impose comme l’un des points d’ancrage de la musique électronique underground à Montréal. Son développement correspond à une période de transformation importante de la vie nocturne de la ville.
Une partie de la culture électronique qui s’était développée autour des raves et des événements temporaires trouve progressivement refuge dans des lieux permanents. Le Daomé offre à cette communauté un espace régulier, relativement petit et indépendant des grandes discothèques commerciales.
La house, la deep house et différentes formes de musique électronique deviennent les principales signatures musicales du club, sans que celui-ci abandonne complètement l’éclectisme qui caractérisait ses débuts.
Le Daomé se construit ainsi moins autour du prestige d’une grande salle que de la fidélité d’une communauté. Les résidences, les DJ réguliers et les habitués deviennent aussi importants que les invités internationaux.
7. L’intimité comme signature
La petite taille du premier Salon Daomé constitue l’une des principales raisons de son caractère particulier. Avec une jauge documentée de 160 personnes, le club fonctionne à une échelle très différente des grandes boîtes de nuit montréalaises.
Cette proximité réduit la distance entre le DJ et la piste de danse. Plutôt que d’être présenté comme une vedette éloignée du public, le DJ fait partie de la salle et de l’expérience collective.
L’éclairage tamisé, la configuration du local et son atmosphère de loft contribuent à créer un environnement dans lequel la musique et la danse occupent le premier plan.
Cette intimité devient suffisamment associée au nom Daomé pour que l’équipe cherche à préserver cet esprit lorsqu’elle doit finalement quitter l’avenue du Mont-Royal.
8. DJ locaux et internationaux
Au cours de ses années sur l’avenue du Mont-Royal, le Salon Daomé développe une programmation reposant sur un équilibre entre artistes montréalais et invités internationaux. Cette formule contribue à son importance dans l’écosystème électronique local.
Les DJ de Montréal peuvent y développer des résidences et construire une relation durable avec le public, tandis que les invités étrangers sont présentés dans un contexte beaucoup plus intime que celui des grands clubs ou festivals.
La réputation du Daomé repose donc autant sur ses soirées récurrentes et ses communautés que sur les noms individuels apparaissant à son calendrier. Cette continuité constitue l’un des éléments qui expliquent sa longévité.
9. 2018 : la fin du premier Daomé
Après près de dix-sept années au même endroit, l’avenir du Salon Daomé est compromis par des difficultés réglementaires et juridiques avec les autorités municipales. Ces problèmes s’échelonnent sur plusieurs années et finissent par rendre le maintien du club au 141 Mont-Royal impossible.
L'établissement cesse ses activités régulières à cette adresse au début de 2018. La fin officielle de cette première incarnation est marquée par une dernière soirée au 141, avenue du Mont-Royal Est, le 8 avril 2018.
La disparition du Daomé est toutefois de très courte durée. Avant même la fermeture définitive de l’ancien local, l’équipe prépare déjà son installation dans un nouvel espace situé à quelques minutes de marche.
10. Du Club Lambi au nouveau Salon Daomé
Le nouvel emplacement choisi est le 4465, boulevard Saint-Laurent, un local déjà bien connu dans l’histoire de la vie nocturne montréalaise puisqu’il avait auparavant abrité le Club Lambi.
Le déménagement permet au Daomé de rester dans le même secteur de la ville et de conserver une grande partie de sa communauté. L’ancien et le nouveau local ne sont séparés que par quelques minutes de marche.
Le nouvel espace offre également la possibilité de repenser certains aspects techniques du club, notamment l’acoustique, tout en cherchant à préserver l’atmosphère qui avait fait la réputation du premier Daomé.
Un soft opening est organisé le 13 avril 2018. L’ouverture officielle suit le 21 avril 2018, avec une soirée mettant notamment en vedette Nathan Burns et Sunshine Jones.
11. La deuxième incarnation
Le déménagement sur le boulevard Saint-Laurent marque une nouvelle période sans provoquer de rupture fondamentale avec l’identité musicale du Salon Daomé. House, deep house, techno et autres formes de musique électronique demeurent au cœur de sa programmation.
Le défi consiste alors à transférer dans un nouveau local une culture construite pendant près de deux décennies. Le Daomé n’est plus seulement une adresse : son identité repose désormais sur une communauté de DJ, de promoteurs, de danseurs et d’habitués.
Cette continuité permet au club de survivre à un événement qui aurait pu mettre fin à son histoire. Le passage du 141 Mont-Royal au 4465 Saint-Laurent devient plutôt le début d’un deuxième chapitre.
12. Une institution de la nuit montréalaise
La longévité du Salon Daomé est remarquable dans un milieu où les clubs apparaissent, changent de nom et disparaissent fréquemment. Depuis 2001, l’établissement traverse plusieurs générations de DJ et de publics tout en demeurant associé à une conception relativement indépendante de la culture nocturne.
Son importance historique tient également à son rôle d’intermédiaire entre différentes époques de la musique électronique montréalaise. Le Daomé apparaît au moment où les cultures rave et club connaissent d’importantes transformations, puis accompagne l’évolution de la house et de la musique électronique pendant plus de deux décennies.
Pour le Montréal Concert Poster Archive, son histoire rappelle aussi que l’histoire musicale d’une ville ne se déroule pas uniquement dans les grandes salles de spectacles. Les petits clubs, les résidences de DJ et les soirées hebdomadaires peuvent jouer un rôle tout aussi déterminant dans la création et la transmission d’une scène.
13. 25 ans de Daomé
En 2026, le Salon Daomé atteint le cap exceptionnel de ses 25 années d’activité. L’anniversaire souligne la continuité entre le petit établissement ouvert sur l’avenue du Mont-Royal en 2001 et le club installé depuis 2018 sur le boulevard Saint-Laurent.
Une célébration du 25e anniversaire est organisée en juin 2026 avec notamment le DJ de Chicago Derrick Carter, figure majeure de la house américaine. Le choix d’un artiste aussi étroitement associé à l’histoire de la house correspond directement à l’identité que le Daomé a construite au fil des décennies.
Vingt-cinq ans après ses débuts, le Salon Daomé demeure ainsi l’un des rares clubs montréalais issus du début des années 2000 à poursuivre encore ses activités sous le même nom.
14. Chronologie
2001 — Yves Delima fonde le Salon Daomé au 141, avenue du Mont-Royal Est. La programmation des débuts est notamment associée à la salsa et aux musiques dansantes.
Début des années 2000 — Le calendrier se diversifie : musiques afro-caribéennes, jazz, funk, soul, disco, musique alternative et électronique se côtoient.
Début des années 2000 — Les soirées Soulmeka, associées notamment à Natacha Blanchard et UZI, participent au développement de la culture house du Daomé.
2003 — Une chronique de Voir témoigne déjà de l’éclectisme du lieu et mentionne notamment Soulmeka, Fred Everything et la soirée deep-house Therapy.
Années 2000 — La house et la deep house occupent une place croissante et deviennent progressivement des éléments centraux de l’identité musicale du club.
Années 2010 — Le Daomé demeure un point d’ancrage de la scène électronique underground montréalaise, accueillant résidences, DJ locaux et invités internationaux.
Début 2018 — Après plusieurs années de difficultés réglementaires et juridiques, le maintien du club au 141 Mont-Royal devient impossible.
8 avril 2018 — Dernière soirée de la première incarnation du Salon Daomé au 141, avenue du Mont-Royal Est.
13 avril 2018 — Soft opening du nouveau Salon Daomé au 4465, boulevard Saint-Laurent.
21 avril 2018 — Ouverture officielle du nouveau club dans l'ancien local du Club Lambi.
2018–2020s — Le Daomé poursuit sa programmation électronique au boulevard Saint-Laurent et maintient son identité fortement associée à la house underground.
2026 — Le Salon Daomé célèbre son 25e anniversaire, notamment avec Derrick Carter.
Aujourd’hui — Le Salon Daomé demeure actif au 4465, boulevard Saint-Laurent.
15. Notes & sources
-
RESIDENT ADVISOR,
article consacré au 25e anniversaire du Salon Daomé, 2026.
Usage MCPA : fondation par Yves Delima, premières orientations musicales, Soulmeka, Natacha Blanchard, UZI, évolution du club et 25e anniversaire. -
VOIR,
chronique Salon Daomé, 18 juin 2003.
Usage MCPA : programmation des premières années, diversité musicale, Soulmeka, Fred Everything et Therapy. -
RÉGIE DES ALCOOLS, DES COURSES ET DES JEUX DU QUÉBEC,
documentation relative au 141, avenue du Mont-Royal Est.
Usage MCPA : localisation du premier établissement au deuxième étage et capacité documentée de 160 personnes. -
SILO 57,
Mélodie Lamoureux,
Le Salon Daomé renaît de ses cendres,
30 mars 2018.
Usage MCPA : difficultés précédant le déménagement et annonce de la réouverture au boulevard Saint-Laurent. -
NIGHTLIFE.CA,
article consacré au déménagement du Salon Daomé,
avril 2018.
Usage MCPA : passage du 141 Mont-Royal au 4465 Saint-Laurent et ancien Club Lambi. -
WHEN WE DIP,
article consacré au nouveau Salon Daomé,
avril 2018.
Usage MCPA : transition de 2018, soft opening, ouverture officielle, acoustique et programmation. -
MONTRÉAL CONCERT POSTER ARCHIVE,
archives d’affiches et documentation de spectacles.
Usage MCPA : événements, DJ et programmation du Salon Daomé à ses deux adresses.






















































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