El Morocco
Le El Morocco était l’un des cabarets-supper-clubs les plus célèbres de Montréal, actif de 1940 à 1967. Au cours de son histoire, l’établissement occupe trois emplacements différents au centre-ville — sur les rues Mansfield, Metcalfe et Lambert-Closse — et propose une formule complète de souper-spectacle mêlant musique, danse et variétés dans un décor élégant inspiré des grands nightclubs nord-américains. Réputé pour ses revues spectaculaires, ses orchestres maison et la présence de vedettes internationales, le club accueille notamment des artistes comme Édith Piaf, Tony Bennett et Eartha Kitt, attirant une clientèle composée de célébrités, de sportifs et de figures du monde du spectacle. L’établissement fait ainsi partie intégrante de la culture des cabarets et de la vie nocturne montréalaise du milieu du XXe siècle. Comme l’écrivait le chroniqueur Al Palmer : « With the possible exception of the Frolics, no other night club will be remembered as long, nor as fondly, as will El Morocco. »
1. Présentation
Le El Morocco est l’un des cabarets associés à l’âge d’or des nightclubs montréalais du milieu du XXe siècle. Situé au centre-ville de Montréal, l’établissement s’inscrit dans le réseau des clubs de nuit qui animaient la vie nocturne de la métropole durant les années 1940, 1950 et 1960.
Au fil des années, le cabaret est exploité ou dirigé par plusieurs figures du milieu du divertissement montréalais, notamment Arthur Davidson, puis un groupe d’associés comprenant le lutteur Yvon Robert et le promoteur Eddie Quinn. Par la suite, l’établissement est également associé à des entrepreneurs et directeurs de cabarets tels que Peter Van der North, Ron Cash et Norm Silver, qui participent à différentes périodes de son exploitation et de sa programmation.
Au cours de son histoire, le El Morocco accueille une programmation mêlant spectacles de variétés, orchestres de danse et artistes internationaux, reflétant le caractère cosmopolite de la vie nocturne montréalaise de l’époque. Parmi les artistes qui s’y produisent figurent notamment Édith Piaf, Alys Robi, Tony Bennett, Dean Martin, Ella Fitzgerald, Sarah Vaughan, The Platters, Connie Francis, Cab Calloway, Eartha Kitt, Joséphine Baker et le Sun Ra Arkestra.
Dans son ouvrage Montreal Confidential, l’auteur Al Palmer décrit le El Morocco comme l’un des nightclubs les plus célèbres de Montréal, fréquenté par une clientèle de célébrités du monde du sport et du spectacle. Selon lui, le cabaret se distinguait par « les plus jolies chanteuses, les humoristes les plus drôles, les steaks les plus épais et les boissons les plus fortes » [1].
Les trois emplacements du El Morocco
2. 127, rue Mansfield, résidence privée (1879–1912)
Bien avant l’installation de commerces et d’établissements de divertissement dans ce secteur du centre-ville, l’adresse du 127, rue Mansfield — aujourd’hui associée au 1431, rue Mansfield — apparaît dans les archives de presse dès la fin du XIXe siècle comme une résidence privée. Une annonce publiée dans The Montreal Star le 11 octobre 1879 propose ainsi une chambre avec pension dans une « famille privée » située au 127, rue Mansfield, confirmant que l’immeuble existait déjà à cette époque et servait de maison d’habitation [81].
Au cours des décennies suivantes, les annonces de journaux indiquent que la propriété est régulièrement utilisée comme maison de chambres. Plusieurs petites annonces publiées entre les années 1890 et 1910 mentionnent la location de chambres ou d’appartements au 127, rue Mansfield, souvent décrits comme des pièces meublées avec ou sans pension, situées à quelques portes de la rue Sainte-Catherine [82]. Ces mentions suggèrent qu’il s’agissait d’une maison de ville de taille respectable, comportant plusieurs pièces et partiellement destinée à la location résidentielle.
Certaines annonces témoignent également d’activités culturelles ou éducatives associées à cette adresse. À la fin des années 1880, Miss Marguerite Sym annonce dans la presse qu’elle reprend son enseignement du piano au 127, rue Mansfield, où elle offre des leçons de pianoforte à ses élèves [83]. Plus tard, au début du XXe siècle, des annonces indiquent que Miss R. Baker-Edwards utilise également cette adresse pour offrir des cours de physical culture et de littérature destinés aux jeunes femmes, illustrant le rôle que pouvaient jouer certaines résidences du centre-ville comme lieux d’enseignement privé [84].
Une notice mondaine publiée dans The Montreal Star le 5 juillet 1905 indique par ailleurs qu’un mariage est célébré à la résidence de James Patterson, située au 127, rue Mansfield. Cette mention confirme que Patterson occupait déjà la maison au début du XXe siècle [85].
Quelques années plus tard, une publicité publiée dans The Gazette le 5 avril 1912 annonce que James Patterson, fabricant de bottes et chaussures sur mesure, a transféré son commerce au 127, rue Mansfield, à son domicile [80]. Cette annonce marque une transition vers une vocation commerciale, dans un secteur qui connaît alors une transformation rapide, passant progressivement d’un quartier résidentiel à un espace de commerces, de restaurants et, quelques décennies plus tard, de cafés et de cabarets.
3. James Patterson, fabricant de bottes et chaussures (1912–1927)
Avant de devenir un secteur associé aux cafés, cabarets et salles de spectacle, le tronçon des 1431–1433, rue Mansfield s’inscrit d’abord dans l’histoire commerciale de la haute-ville montréalaise. Une publicité publiée dans The Gazette le 5 avril 1912 confirme que le marchand James Patterson, fabricant de bottes et de chaussures sur mesure, avait alors transféré son commerce au 127, rue Mansfield, tout près de la rue Sainte-Catherine [80]. L’annonce présente Patterson comme un commerçant établi depuis près de trente ans dans le secteur de la rue Notre-Dame près de la rue McGill, avant son déplacement vers la haute-ville. Ce déménagement illustre l’expansion progressive des commerces vers le nord du centre-ville au début du XXe siècle, à mesure que le secteur de la rue Sainte-Catherine s’impose comme l’un des nouveaux axes commerciaux de Montréal.
Les archives commerciales et les notices nécrologiques publiées en 1927 rappellent que James Patterson, considéré comme l’un des plus anciens marchands de chaussures de Montréal, avait exploité l’un de ses premiers magasins situés dans la haute-ville, sur la rue Mansfield [78] [79]. Né à New Glasgow (Québec), Patterson avait servi pendant neuf ans dans la police montée avant de se lancer dans le commerce de détail, d’abord sur la rue Wellington, puis sur la rue Notre-Dame, près de McGill, avant de transférer son magasin à son domicile, vers la haute-ville, dans un quartier alors en plein développement commercial [79].
L’adresse du commerce de Patterson, autrefois numérotée 127, rue Mansfield, correspond aujourd’hui au 1431, rue Mansfield, situé immédiatement en dessous du 1433, rue Mansfield [78] [80]. Cette proximité illustre bien l’évolution du secteur : dans les années 1910 et 1920, l’endroit appartient encore pleinement au paysage des commerces de détail de la haute-ville, avec ses magasins de chaussures, de vêtements et autres boutiques. Ce n’est qu’au cours des années 1930 que ces locaux commenceront à être convertis en cafés, restaurants et cabarets — transformation qui mènera éventuellement à l’ouverture de clubs comme The Embassy puis El Morocco.
4. Peate Musical (1927)
Situé juste au nord de la rue Sainte-Catherine, le 1431–1433, rue Mansfield est un immeuble commercial de trois étages dont la configuration permet de regrouper plusieurs activités distinctes. Cette disposition explique que différentes entreprises aient occupé les niveaux supérieurs de l’immeuble au fil du temps.
Les étages supérieurs du 1433, rue Mansfield seront notamment associés à plusieurs établissements de divertissement, dont les cabarets Golden Dome, St-Moritz et The Embassy durant les années 1930, le cabaret El Morocco à partir de 1940, le Café Cavendish dans les années 1950 et 1960, puis le cabaret exotique Silver Slipper au cours des années 1960.
Le rez-de-chaussée du 1431, rue Mansfield reste toutefois occupé pendant de nombreuses années par le magasin de musique Peate Musical Instrument Shop, et ce jusqu’en 1967, année où l’établissement disparaît à la suite d’un incendie.
Peate Musical Supplies Ltd.
En décembre 1927, la Peate Musical Instrument Shop et la Peate School of Music sont installées au 1431–1433, rue Mansfield [34]. L’établissement est alors présenté comme possédant l’un des plus importants inventaires d’instruments au Canada, ainsi que « la plus grande école de musique de ce genre au pays ». On y annonce la vente d’instruments de marques réputées — notamment Martin, Ludwig, Deagan et Bacon — ainsi que des cours privés et un service de réparation.
La compagnie montréalaise Peate Musical Supplies Ltd. est une entreprise familiale fondée en 1899 par George Peate, un mandoliniste originaire d’Utica, dans l’État de New York [35]. Au fil des décennies, la maison Peate s’impose comme l’un des plus importants distributeurs d’instruments de musique au Canada, offrant une grande variété d’instruments importés d’Europe, du Japon et des États-Unis et fournissant notamment des instruments aux écoles et aux orchestres.
George A. Peate commence d’abord par enseigner la mandoline à Montréal avant de vendre des instruments à ses élèves, à une époque où les orchestres de mandolines connaissent une grande popularité dans la ville [36]. Il dirige notamment l’orchestre de mandolines de la Montreal Amateur Athletic Association durant la saison 1913-1914. L’entreprise demeure entre les mains de la famille pendant plusieurs générations et est dirigée à la fin du XXe siècle par Richard Peate, président de Peate Musical Supplies Ltd., et demeure active dans la distribution d’instruments et de fournitures musicales à l’échelle canadienne.
5. British Spiritualist Church (1928–1931)
Avant de devenir un lieu associé à la vie nocturne montréalaise, le deuxième étage du 1433, rue Mansfield faisait partie de l’immeuble occupé par le commerce Peate’s Music Store, situé aux 1431–1433, rue Mansfield. Ce magasin de musique occupait alors les trois étages du bâtiment. Son Music Hall, aménagé au deuxième étage, servait de salle de réunion et d’activités publiques. Une annonce publiée dans The Montreal Star en 1928 indique que la British Spiritualist Church y tenait ses réunions, comprenant des services religieux et des rencontres animées par des médiums [39][40][41].
Ces réunions s’inscrivaient dans un contexte où le spiritualisme connaissait une certaine popularité à Montréal, tout en suscitant des débats dans la presse. Deux lettres publiées dans The Montreal Star au début des années 1930 illustrent bien ces discussions. Dans la première, Dorothy Davis Stein adopte une position critique et dénonce les abus associés à certains médiums et réunions spiritualistes payantes tenues à Montréal. Elle critique notamment les consultations privées et les démonstrations publiques monnayées, qu’elle juge trompeuses, et appelle les autorités à enquêter sur ces pratiques [43].
Dans une autre lettre publiée peu après, C. Williams, président de la British Spiritualist Church, défend le spiritualisme contre ceux qu’il considère comme de faux médiums. Il explique que les réunions spiritualistes légitimes peuvent exiger une modeste contribution afin de couvrir les frais de location d’une salle, tout en condamnant les individus qui exploitent le public sous couvert de spiritualisme [42]. Pris ensemble, ces textes montrent que le spiritualisme, bien implanté dans la ville au début des années 1930, suscitait à la fois curiosité, adhésion et controverse [42] [43].
L’ensemble de ces sources suggère que le 1433, rue Mansfield servait alors de salle de réunion ou de conférence — notamment dans un espace appelé Peate’s Music Hall — avant d’être transformé quelques années plus tard en établissement de divertissement.
6. Golden Dome (1930–1933)
Une publicité publiée dans La Patrie en juillet 1930 annonce l’ouverture du restaurant et salle de danse The Golden Dome au 1433, rue Mansfield. Présenté comme l’un des établissements les plus modernes de la ville, l’endroit est décrit comme un « Palace Oriental » consacré au dîner et à la danse. La musique y est assurée par Marcel Bernard et son orchestre Golden Dome, tandis que la danse débute chaque soir à partir de 9 h 30. L’annonce souligne également l’absence de frais de couvert, un repas spécial « Blue Plate » servi quotidiennement pour 45 cents, ainsi que la présence d’un permis de bière et de vin [44]. Un avis judiciaire publié l’année suivante indique que l’établissement était exploité par Frank Woo et Westley Woo [45].
En octobre 1933, la presse rapporte que le Golden Dome Café figure parmi les établissements dont le permis de vente de bière et de vin est révoqué lors d’une campagne de surveillance menée par la Commission des liqueurs contre certains cabarets et restaurants de Montréal [46].
7. Café St-Moritz (1933)
Un mois plus tard, une publicité publiée dans The Montreal Star en novembre 1933 annonce l’existence du Café St. Moritz au 1433, rue Mansfield, présenté dans l’annonce comme l’un des cafés importants de Montréal. L’établissement offre une formule combinant repas et danse, avec un dîner servi pour 85 cents et un déjeuner de semaine pour 55 cents. La musique est assurée par Jules Guenette and his orchestra, et la publicité souligne l’absence de frais de couvert ou de minimum, ainsi que la présence de vins et de boissons [47]. Bien que la publicité emploie un ton promotionnel typique de l’époque, cette annonce confirme qu’au début des années 1930 le 1433, rue Mansfield abritait déjà un café-restaurant offrant repas, musique et danse, quelques mois avant l’ouverture du The Embassy à cette même adresse.
La transition rapide entre le Golden Dome et le Café St. Moritz n’est pas inhabituelle dans le contexte des cabarets montréalais des années 1930. Les établissements de ce type changeaient fréquemment d’exploitant ou de nom, souvent à la suite de difficultés financières ou de problèmes de permis d’alcool, tout en conservant les mêmes installations destinées au dîner, à la danse et aux spectacles.
8. The Embassy (1934-1939)
Après avoir accueilli successivement plusieurs cafés et salles de danse au début des années 1930, le 1433, rue Mansfield poursuit sa vocation de lieu de divertissement lorsqu’un nouveau cabaret appelé The Embassy s’y installe en 1934.
Un article publié dans The Montreal Star annonce en février 1934 l’ouverture de ce nouveau cabaret au centre-ville de Montréal. Situé au 1433, rue Mansfield, l’établissement est présenté comme le plus récent cabaret de la ville et doit accueillir le public dès le vendredi de la même semaine. Le programme prévoit une formule complète de soirée comprenant un dinner dance en début de soirée, accompagné d’un orchestre entièrement féminin, suivi plus tard dans la nuit par l’introduction d’un spectacle de variétés (floor show) [33].
Une publicité publiée dans The Montreal Star du 9 février 1934 présente également The Embassy comme un cabaret-restaurant offrant à la fois repas, boissons et divertissements [32]. L’annonce décrit un lieu inspiré du modèle classique des nightclubs nord-américains de l’époque, promettant une atmosphère confortable et mondaine, des bières, vins et cocktails, ainsi qu’un programme de spectacles comprenant un orchestre, un floor show et divers entertainers [32].
The Embassy semble adopter une formule complète de soirée : le souper est servi de 6 h à 9 h, avec un menu annoncé à 75 cents, tandis que les spectacles sont présentés trois fois par soir, à 7 h 30, 11 h 30 et 1 h 30. La publicité insiste également sur l’absence de frais d’entrée ou de minimum obligatoire — « No Cover or Minimum » — une stratégie commerciale courante pour attirer la clientèle dans les cabarets montréalais de l’époque [32].
Un autre détail intéressant est la mention d’une « Special Cocktail Mezzanine », ce qui laisse croire que l’établissement possédait un aménagement relativement élaboré, possiblement avec une salle principale et un espace en mezzanine consacré à la consommation et à la détente [32].
La continuité de l’exploitation du cabaret est confirmée par plusieurs sources. En mai 1939, une annonce publiée dans Le Soleil indique que le cabaret « Embassy », toujours situé au 1433, rue Mansfield, est offert à louer « tout meublé », ce qui laisse entendre que le local conservait encore son infrastructure de cabaret à la veille de l’ouverture du El Morocco [31].
Enfin, un article judiciaire publié dans Le Canada en janvier 1941 indique qu’un établissement appelé Embassy Terrace Cabaret avait été exploité à cette même adresse entre le 1er mai 1937 et le 30 avril 1939 [30]. Pris ensemble, ces documents permettent de retracer la présence du cabaret The Embassy au 1433, rue Mansfield durant la seconde moitié des années 1930, avant son remplacement par le El Morocco en 1940.
9. El Morocco #1 (1940–1942)
La première trace connue du cabaret EL MOROCCO apparaît dans une publicité publiée dans The Gazette du 3 mai 1940, annonçant son Grand Opening Tonight au 1433, rue Mansfield (2e étage). L’annonce présente l’établissement comme un cabaret proposant un « Smart New York Floor Show », deux pistes de danse et l’orchestre de Jimmy Dunlap, avec une formule « No Minimum — No Cover », typique des stratégies d’ouverture visant à attirer la clientèle dans les clubs montréalais de l’époque [1].
Au début de l’été 1940, le Morocco est déjà mentionné dans les rubriques de divertissement de The Gazette, où l’établissement est annoncé comme présentant une « Revue », confirmant que le cabaret propose alors un spectacle de variétés typique des nightclubs montréalais de l’époque [29].
Un article publié dans La Presse le 18 juillet 1941 mentionne également le cabaret El Morocco situé au 1433, rue Mansfield. La Croydon Corporation, Limited, propriétaire de l’établissement, est condamnée par le juge Gustave Marin à une amende de 200 dollars pour avoir fourni de faux renseignements à la Commission du salaire minimum concernant les salaires versés à ses employés — une somme qui représenterait environ 4 000 dollars aujourd’hui [5].
Le cabaret El Morocco est associé plus précisément au propriétaire montréalais Arthur Davidson, figure active du milieu des cafés et des nightclubs de la métropole au milieu du XXe siècle. Davidson avait fondé la première incarnation du El Morocco sur la rue Mansfield avant de transférer l’établissement dans de nouveaux locaux, contribuant au développement du club dans la vie nocturne montréalaise [68].
Arthur Davidson
Arthur Davidson est un propriétaire de cafés, de cabarets et d’établissements de divertissement actif dans la vie nocturne montréalaise durant les années 1930 et 1940. Il est notamment associé au cabaret El Morocco, dont il aurait fondé le premier établissement sur la rue Mansfield avant que le club ne soit transféré vers d’autres adresses du centre-ville [68].
Au cours de sa carrière, Davidson est également impliqué dans le milieu des établissements de jeu clandestins qui gravitent autour des cafés et des nightclubs de la métropole. Des témoignages recueillis lors de l’enquête sur la moralité menée à Montréal au début des années 1950 décrivent plusieurs maisons de jeu (« barbotte ») associées à son nom, notamment à des adresses du centre-ville telles que le 1222 rue University, le 357 rue Sherbrooke Ouest ou encore la 537 rue Côte-Sainte-Catherine Ouest. Les témoins indiquent que Davidson exploitait généralement un seul établissement à la fois, les opérations pouvant être déplacées périodiquement vers de nouvelles adresses [69] [70] [71].
Malgré ces activités controversées, les notices publiées dans la presse au moment de son décès décrivent Davidson comme une figure bien connue de Montréal. Il était notamment reconnu dans certains milieux civiques et militaires pour sa générosité, ayant fourni à plusieurs reprises des spectacles et des divertissements destinés aux soldats dans les casernes et les hôpitaux de la région.
Né à Côte-Saint-Paul, fils de John Davidson, pionnier du quartier, Arthur Davidson meurt le 28 février 1946 à Outremont, à l’âge de 43 ans, après plusieurs mois de maladie. Les avis publiés dans la presse soulignent alors sa place dans la vie nocturne montréalaise ainsi que sa réputation de générosité envers les artistes et les militaires [68] [86].
Un article publié dans Le Petit Journal le 28 septembre 1941 présente le El Morocco comme l’un des cabarets les plus modernes et confortables de Montréal. Le comédien de Broadway Harry Rose y est engagé comme maître de cérémonies et anime les spectacles par ses réparties humoristiques. La programmation comprend notamment la chanteuse Judy Ellington, ainsi que plusieurs numéros de danse interprétés par les Moroccomaid, jeunes artistes venues de New York. Les spectacles sont accompagnés par deux orchestres, celui de Lou Clayton et celui de Peter Barry, ce dernier interprétant notamment des rythmes de rumba à la manière cubaine [6].
Des documents judiciaires publiés en 1941 indiquent que le local du 1433, rue Mansfield avait déjà abrité un établissement appelé Embassy Terrace Cabaret à la fin des années 1930, confirmant que l’adresse possédait une vocation de cabaret avant l’ouverture de l’El Morocco en 1940 [30].
10. El Morocco #2 (1942–1949)
En mars 1942, le cabaret El Morocco d’Arthur Davidson déménage au 1410, rue Metcalfe (2e étage), à Montréal, et est immédiatement présenté comme « l’un des plus modernes d’Amérique » et « le cabaret le plus chic de Montréal » [3]. L’établissement, pouvant accueillir environ 300 clients, se distingue notamment par une décoration intérieure conçue par Georges Mitchell, un artiste de Chicago ayant déjà réalisé les plans de cabarets réputés tels que le Colony Club (à New York) et le Chez Paree (à Chicago) [48]. Le décor du club est conçu dans un style moderne et épuré où dominent des couleurs vives et contrastées. Les murs de la salle principale sont recouverts de cuir rouge sombre, un motif décoratif qui se prolonge à l’entrée de l’établissement. Au-dessus de ces surfaces de cuir, certaines sections des murs sont entièrement revêtues de miroirs, produisant un effet de brillance et d’espace accentuant l’éclairage de la salle. Les plafonds abaissés sont garnis de panneaux de verre derrière lesquels diffusent des lumières rosées, créant une atmosphère feutrée et luxueuse.
Le Wedgewood Lounge, un salon adjacent, est décoré dans des tons de bleu et constitue un espace plus calme et reposant. Il est séparé de la salle à dîner par une cloison de verre, permettant aux clients d’observer le spectacle tout en demeurant dans un espace distinct. Un haut-parleur installé dans le plafond permet également d’entendre ce qui se passe dans la salle de spectacle depuis ce salon. Dans la salle à dîner, les murs sont recouverts d’une matière fluorescente et de grandes murales colorées diffusant une lumière douce derrière un revêtement de bois clair. La palette décorative combine des teintes rouge, jaune, bleu et vert, tandis que l’éclairage moderne est conçu pour mettre en valeur les spectacles présentés sur la piste. L’ensemble du cabaret est climatisé et aménagé dans un style moderne marqué à la fois par une certaine sobriété et par un sens du spectacle et de l’élégance typique des grands cabarets nord-américains de l’époque.
Par son aménagement — lounge séparé par une cloison de verre, plafonds lumineux, murs de miroirs et décoration en cuir — le cabaret s’inscrit clairement dans la tradition des supper clubs nord-américains, un modèle popularisé dans les années 1930 par les grands nightclubs de Chicago et de New York.
La soirée d’inauguration du 12 mars 1942 propose un spectacle de variétés mettant en vedette Benny Field, surnommé « Your Minstrel Boy », l’un des artistes de vaudeville les plus populaires aux États-Unis. Le programme comprend également la chanteuse française Irène Hilda, qui quittera bientôt le Canada pour Hollywood, les danseurs sud-américains Carlos et Carlita, ainsi que Robinson et Martin, spécialisés dans les danses de fantaisie. L’orchestre dirigé par Jack Denny accompagne la soirée, tandis que Al Bernie agit comme maître de cérémonie du spectacle inaugural. On y entend également la chanteuse Suzanne, tout juste revenue d’un engagement au Colony Club de Chicago, confirmant l’ambition des promoteurs de faire du El Morocco un centre de divertissement luxueux et moderne destiné à renforcer le prestige de la vie nocturne montréalaise durant les années de guerre.
Un article publié dans Le Canada le 15 mars 1947 rapporte qu’un « syndicat » dirigé par le lutteur montréalais Yvon Robert vient d’acheter le nightclub El Morocco. Dans le langage commercial de l’époque, ce terme désigne un groupe d’associés ou d’investisseurs réunis pour exploiter un établissement. Les nouveaux propriétaires annoncent la fermeture temporaire du cabaret afin d’y effectuer des travaux de rénovation, la réouverture étant prévue pour le 5 avril 1947 [9].
La participation du lutteur Yvon Robert à la direction du El Morocco s’inscrit dans une tendance fréquente dans le Montréal des années 1940, où plusieurs figures du monde sportif investissent dans les cabarets et restaurants de la ville. La popularité de la lutte professionnelle attire alors une large clientèle, et des vedettes comme Robert deviennent des personnalités publiques capables de promouvoir ce type d’établissement auprès du public montréalais [9].
Yvon Robert (1914–1971)
Né à Montréal le 8 octobre 1914, Yvon Robert est considéré comme l’un des plus grands lutteurs professionnels de l’histoire du Québec. Formé notamment à la Palestre Nationale, il amorce sa carrière dans les années 1930 et devient rapidement l’une des grandes vedettes de la lutte en Amérique du Nord. Au cours d’une carrière de plus de vingt ans, il remporte à plusieurs reprises le championnat mondial de la National Wrestling Association et attire des foules considérables dans les arènes du Canada, des États-Unis et d’Europe. À Montréal, ses combats remplissent notamment le Forum et d’autres amphithéâtres de la ville [52].
Parallèlement à sa carrière sportive, Robert s’implique dans plusieurs activités commerciales. La presse rapporte qu’il agit notamment comme agent d’immeubles et administrateur de compagnie, tout en participant à divers projets d’affaires dans la métropole, dont un investissement dans l’exploitation d’une mine d’or avec un groupe d’hommes d’affaires montréalais [53].
Il est également associé à l’exploitation de plusieurs lieux de divertissement montréalais. Parmi ceux-ci figure le Café Yvon Robert au 4558 rue Notre-Dame Est, établissement qui deviendra par la suite le Café de l’Est. Son nom est aussi lié à d’autres lieux de la vie nocturne montréalaise, dont le cabaret El Morocco, le Café La Bohème, le Yvon Robert Lounge, le Dream Lounge, l’hôtel Larry Moquin et l’établissement Chez Maurice, témoignant de son implication dans l’industrie du spectacle et de la restauration à Montréal au milieu du XXe siècle. Une chronique de 1956 souligne d’ailleurs que le lutteur était impliqué dans de nombreux projets commerciaux, notamment dans des restaurants, des cabarets et même dans le financement d’un magazine féminin intitulé American Beauty [54] [55] [56] [57].
El Morocco sous Yvon Robert
Au début d’avril 1947, dans un contexte de renouveau de la vie nocturne montréalaise après la Seconde Guerre mondiale, une publicité annonce le gala d’ouverture du nouveau El Morocco, présenté le 5 avril 1947 au 1410, rue Metcalfe. La soirée est placée sous l’égide du lutteur québécois Yvon Robert, présenté comme l’hôte de l’événement [10][11]. L’annonce promet « la plus grande revue musicale présentée jusqu’ici à Montréal » et met en vedette un programme de variétés comprenant le monologuiste Al Bernie, la chanteuse Norma Hutton accompagnée de ses Melody Men, les danseurs Myrtill et Pacaud — venus du Radio City Music Hall de New York — ainsi que le baryton André Francourt. La revue inclut également le Trio Peter Barry et une importante troupe de danseuses. L’établissement se présente alors comme un cabaret moderne et mondain, doté d’une salle climatisée, sans frais de couvert, et d’un « Foyer des Célébrités » destiné à devenir un nouveau lieu de rencontre du nightlife montréalais.
Peter Barry
Peter Barry (1915-2008) est un chef d’orchestre et musicien actif dans la vie nocturne montréalaise durant l’âge d’or des big bands et des cabarets des années 1940 et 1950. Né à Toronto sous le nom de Samuel Herbert Greisman, il arrive à Montréal durant la Grande Dépression et obtient ses premiers engagements comme batteur dans des nightclubs de la rue Stanley, au cœur du quartier des cabarets [98].
Après la Seconde Guerre mondiale, Barry fonde son propre orchestre, qui devient l’un des ensembles les plus actifs dans les clubs montréalais. Son groupe se produit dans plusieurs établissements importants du centre-ville, notamment au El Morocco, au Chez Maurice et dans divers nightclubs fréquentés par la clientèle mondaine de l’époque. Son répertoire sophistiqué et adaptable lui permet d’animer aussi bien les soirées de cabaret que les grands événements sociaux et mondains de la ville [97].
Dans les années 1950, Barry dirige un orchestre au El Morocco, notamment avec la chanteuse Norma Hutton, et accompagne également Frank Sinatra lors d’un spectacle présenté au Chez Parée en 1953 [98]. Sa musique, conçue pour plaire à la clientèle des clubs et des salles de danse, contribue à définir l’ambiance musicale des cabarets montréalais durant l’ère des grands orchestres.
Après le déclin de l’ère des big bands au début des années 1960, Barry se tourne vers l’exploitation de clubs. En 1966, il ouvre le Cock ’n’ Bull, un pub de style anglais sur la rue Sainte-Catherine Ouest, où il organise notamment des soirées de talents dans les années 1970. Il est également brièvement propriétaire d’un établissement nommé Alligator, également situé sur Sainte-Catherine [97] [98].
Dans Montreal Confidential, l’auteur Al Palmer décrit le El Morocco comme l’un des nightclubs les plus célèbres de l’histoire de Montréal, situé à l’angle nord-ouest des rues Metcalfe et Sainte-Catherine. Ouvert à l’origine par Arthur Davidson, qui aurait initialement envisagé d’aménager un espace de jeu au dernier étage, l’établissement passe ensuite aux mains d’un groupe d’associés comprenant notamment le lutteur québécois Yvon Robert et le promoteur Eddie Quinn. Sous leur direction, le cabaret attire de nombreuses célébrités et devient rapidement un lieu de rencontre réputé pour les personnalités du monde du sport, du spectacle et de la vie publique au Canada et aux États-Unis [1].
Eddie Quinn
Eddie Quinn (né à Waltham, Massachusetts) est un promoteur sportif et homme d’affaires actif dans la vie nocturne et le monde du divertissement à Montréal durant le milieu du XXe siècle. Arrivé dans la métropole en 1939 à l’invitation du directeur général des Canadiens de Montréal, Tommy Gorman, Quinn devient rapidement l’une des figures marquantes du milieu de la lutte professionnelle et de la boxe dans la ville.
Promoteur charismatique et personnalité flamboyante, il organise durant les années 1940 et 1950 de nombreux galas de lutte et de boxe au Forum de Montréal, attirant des foules importantes et contribuant à populariser ces sports auprès du public montréalais. Son sens du spectacle et sa capacité à promouvoir des événements lui permettent d’imposer Montréal comme l’un des centres importants de la lutte professionnelle en Amérique du Nord durant cette période.
Parallèlement à ses activités sportives, Quinn est également associé au nightclub El Morocco, situé sur la rue Lambert-Closse derrière le Forum de Montréal. L’établissement devient dans les années 1950 un lieu fréquenté par des athlètes, des artistes et diverses personnalités du milieu du spectacle, reflétant le mélange caractéristique de sport et de vie mondaine qui entoure les grands cabarets montréalais de l’époque [72].
Personnage coloré de la vie montréalaise, Eddie Quinn demeure associé à l’âge d’or de la lutte professionnelle et du divertissement sportif dans la métropole, où ses promotions et ses activités dans les cabarets contribuent à façonner l’atmosphère animée du centre-ville durant les années 1940 et 1950.
Palmer évoque l’atmosphère particulière du club, où il n’était pas rare de croiser des figures célèbres comme les boxeurs Jack Dempsey et Jack Sharkey, ou encore le chef d’orchestre Max Waxman. Le lieu était réputé pour ses spectacles ambitieux, ses chorus girls, ses humoristes et ses orchestres, ainsi que pour la qualité de sa cuisine et de ses boissons, l’auteur résumant la réputation du club par la formule : « The El had the prettiest chorus girls, the funniest comics, the thickest steaks and the strongest drinks » [1].
Le personnel du club comprenait également plusieurs figures connues du milieu de la restauration et du spectacle montréalais, dont l’ancien joueur de hockey de la LNH Jimmie Orlando, qui agissait comme gérant, et René Campeau, maître d’hôtel. Selon Palmer, la réputation du El Morocco reposait aussi sur la qualité de son personnel et sur la variété des artistes qui s’y produisaient, incluant plusieurs humoristes populaires de l’époque.
Jimmie Orlando
Jimmie Orlando (né à Montréal en 1917) est un joueur de hockey et entrepreneur montréalais actif dans le milieu sportif et commercial durant les années 1930 et 1940. D’origine italienne, il apprend le hockey dans l’ouest de Montréal et fait ses débuts au sein des équipes juniors associées au Forum de Montréal. En 1933, il joue pour le Victoria Junior, puis pour le Victoria Senior dirigé par Frank Carlin. L’année suivante, il évolue avec le Canadien Senior aux côtés de Babe Tapin [67].
Repéré par l’éclaireur Jim Brodeur, Orlando signe ensuite un contrat avec l’organisation des Detroit Red Wings. Après un essai avec l’équipe en 1935, il poursuit sa carrière dans différentes formations professionnelles et semi-professionnelles, notamment dans la ligue américaine et dans des clubs affiliés à Detroit. Sa carrière est toutefois marquée par plusieurs changements d’équipes et par la Seconde Guerre mondiale, période durant laquelle il est appelé par l’Armée canadienne [67].
Après la guerre, Orlando revient à la vie civile et poursuit ses activités dans le hockey senior. Il joue notamment pour les Braves de Valleyfield dirigés par Lucien Leduc. Parallèlement à sa carrière sportive, il occupe également le poste de gérant du Café El Morocco, ce qui illustre les liens fréquents entre le monde du sport et celui des cabarets dans le Montréal de l’après-guerre [67].
Par la suite, Orlando se tourne vers les affaires et devient propriétaire de son propre établissement, le Aldo’s Café Restaurant situé sur la rue La Montagne. Cette acquisition survient après la fermeture du El Morocco, dont le site doit être remplacé par une nouvelle construction. Entre hockey professionnel et gestion d’établissements de divertissement, le parcours de Jimmie Orlando témoigne de la proximité entre les milieux sportifs et la vie nocturne montréalaise au milieu du XXe siècle [67].
Dans son ouvrage City Unique: Montreal Days and Nights in the 1940s and ’50s, l’historien et journaliste William Weintraub décrit le El Morocco comme l’un des nightclubs les plus célèbres de Montréal durant les années 1940 et 1950. L’établissement faisait partie du quartier animé des cabarets situé autour de la rue Sainte-Catherine, où se concentraient plusieurs nightclubs et salles de danse fréquentés par la clientèle mondaine de la ville. Comme plusieurs supper-clubs nord-américains de l’époque, le El Morocco combinait restaurant, bar, piste de danse et spectacles de variétés dans une même salle. Les clients prenaient place à de petites tables disposées devant la scène tandis que les serveurs circulaient entre les convives qui pouvaient souper et boire des cocktails pendant les spectacles. L’orchestre maison accompagnait les floor shows, composés d’une succession de numéros mêlant chanteurs, danseurs, comiques, artistes de variétés et une ligne de chorus girls.
Weintraub décrit l’atmosphère animée de ces soirées, où les spectateurs pouvaient passer plusieurs heures à regarder la revue tout en mangeant et en buvant. La salle comportait de longs bars, une piste de danse et un espace de spectacle où se succédaient les numéros présentés par l’orchestre et les artistes invités. Les spectacles étaient souvent inspirés du modèle des nightclubs de New York et de Chicago, avec des productions élaborées et des artistes engagés pour des séjours temporaires. Les clients venaient autant pour le spectacle que pour l’ambiance mondaine du lieu, où l’on servait repas, cocktails et boissons jusque tard dans la nuit.
Le cabaret attirait également une clientèle composée de personnalités connues du monde du sport, du spectacle et des affaires. Weintraub mentionne notamment la présence des champions de boxe Jack Dempsey et Jack Sharkey, qui figuraient parmi les visiteurs célèbres du club. La danseuse burlesque Lili St. Cyr, très populaire à Montréal au cours des années 1940 et 1950, fréquentait également les nightclubs de la ville après ses performances et se rendait régulièrement au El Morocco. Selon Weintraub, ces établissements représentaient l’un des symboles de la vie nocturne montréalaise durant cette période, lorsque les cabarets, les orchestres et les spectacles de variétés faisaient de Montréal l’une des capitales du divertissement en Amérique du Nord [51].
Weintraub souligne que les soirées dans ce type de nightclub s’étendaient souvent sur plusieurs heures : les clients arrivaient pour souper, assistaient aux différents numéros de la revue, puis se levaient pour danser entre les segments du spectacle pendant que l’orchestre continuait de jouer. Cette alternance entre dîner, spectacle et danse constituait l’une des caractéristiques typiques des supper-clubs nord-américains de l’époque [51].
Weintraub souligne également que Montréal occupait alors une place importante dans le circuit nord-américain des artistes de nightclubs. De nombreux chanteurs, danseurs et artistes de variétés venant de New York, Chicago ou d’autres grandes villes américaines faisaient escale dans les cabarets montréalais lors de leurs tournées. Cette circulation constante d’artistes contribuait à maintenir un niveau de spectacle élevé dans les établissements de la ville et expliquait pourquoi des clubs comme le El Morocco pouvaient présenter des productions comparables à celles des grands nightclubs américains [51].
Le El Morocco se distingue également par certaines activités philanthropiques : ses propriétaires organisent à l’occasion des spectacles dans des hôpitaux pour anciens combattants et soutiennent diverses œuvres de charité. Malgré sa popularité, l’établissement n’opère toutefois que quelques années. Au printemps 1949, le bail arrive à échéance et l’immeuble situé à l’angle des rues Sainte-Catherine et Metcalfe, dans le quartier des affaires de Montréal, est démoli afin de permettre la construction d’un nouvel édifice pour la Banque Canadienne Nationale [1] [12]. Le bâtiment abritait plusieurs commerces au rez-de-chaussée, tandis que le cabaret occupait l’étage supérieur. Le projet prévoit l’érection d’un immeuble bancaire de cinq étages, s’étendant de la rue Sainte-Catherine jusqu’à la place Mont-Royal, avec une succursale de la banque au niveau du trottoir et des bureaux aux étages supérieurs.
Selon Al Palmer, les derniers jours du El Morocco sont marqués par une ambiance à la fois festive et mélancolique. Lors de la soirée d’adieu précédant la démolition du bâtiment en 1949, la fête se prolonge jusqu’au matin, alors même que les équipes chargées de démanteler l’immeuble commencent leur travail. Palmer précise que Rocky Goldberg, responsable du backstage bar, et Hickey, qui s’occupait du projecteur des spectacles, refusent de quitter les lieux avant d’être convaincus qu’un nouveau El Morocco rouvrirait bientôt ailleurs. Cette anecdote illustre bien l’attachement du personnel à l’établissement au moment de sa fermeture [1].
La disparition du El Morocco s’inscrit ainsi dans le vaste mouvement de modernisation du centre-ville de Montréal à l’après-guerre, période durant laquelle plusieurs édifices commerciaux et lieux de divertissement de la rue Sainte-Catherine et des artères avoisinantes sont démolis ou transformés pour faire place à de nouvelles constructions. Comme bien d’autres cabarets de cette époque, l’établissement disparaît donc au moment même où le paysage urbain et la vie nocturne montréalaise commencent à entrer dans une nouvelle phase de leur évolution.
1410 rue Metcalfe — Évolution du site (1926–1950)
L’enquête sur la moralité à Montréal
Au début des années 1950, la vie nocturne montréalaise fait l’objet d’un examen attentif de la part des autorités municipales et de la presse. Dans le cadre de ce que l’on appelle alors l’enquête sur la moralité, plusieurs témoignages sont recueillis concernant l’industrie du divertissement, les cabarets et les établissements de nuit de la métropole. Ces débats publics reflètent les inquiétudes d’une partie de l’opinion face à la prolifération des clubs, aux liens présumés avec certains milieux criminels et à l’influence grandissante de la culture des nightclubs dans la société montréalaise.
Un article publié dans Le Devoir en novembre 1952 évoque notamment les activités commerciales de l’entrepreneur du spectacle Eddie Quinn, figure active du milieu des cabarets montréalais. Le texte aborde ses relations d’affaires avec différents acteurs du monde nocturne et replace ces activités dans le contexte plus large de l’économie du divertissement à Montréal [66].
Ces discussions illustrent le climat particulier dans lequel évoluent les cabarets montréalais de l’époque. Malgré les controverses et les enquêtes publiques, les grandes boîtes de nuit continuent d’attirer une clientèle nombreuse et de présenter des spectacles réunissant chanteurs, danseurs, orchestres et vedettes internationales. Dans le domaine du cabaret, Montréal continue d’être considérée, au cours de l’année 1953, comme l’une des villes les plus importantes d’Amérique : New York et Las Vegas occupent alors les deux premières places, tandis que Montréal se classe au troisième rang [99].
11. El Morocco #3 (1954–1967)
Cinq ans après avoir disparu du paysage montréalais, le cabaret El Morocco refait son apparition en 1954, cette fois sur la rue Lambert-Closse, derrière le Forum de Montréal. Une publicité publiée dans Le Petit Journal annonce notamment l’ouverture de la saison le 1er mai, présentée comme celle du « plus fabuleux cabaret au Canada » [4]. L’annonce met en vedette, pour la première fois à Montréal, le chanteur et artiste de variétés Pat Morrissey, accompagné du comédien-chanteur Jerry Coe, ainsi que de Maury Kaye et de ses « Marocains ».
La publicité laisse également entrevoir la configuration complexe du cabaret, qui semble comprendre plusieurs espaces distincts destinés au spectacle et à la danse. Les clients sont notamment invités à danser dans la salle « Can Can », tandis qu’un autre espace, appelé le « Kit Room », accueille les prestations du pianiste et compositeur Eddy Snyder. Cette organisation en différentes salles correspond au modèle des grands cabarets nord-américains de l’époque, où se côtoient restaurant, spectacle de variétés et piste de danse.
L’annonce insiste également sur l’aspect gastronomique de l’établissement, invitant la clientèle à goûter « les plus délicieuses spécialités culinaires » préparées et servies sous la direction de Rubinato. Les réservations peuvent être effectuées auprès de « Rudy » au 1445, rue de la Montagne (Closse), en face du Forum de Montréal, ce qui confirme l’importance de ce secteur du centre-ville dans la géographie des grands cabarets montréalais de l’époque.
La publicité elle-même utilise un imaginaire graphique fortement inspiré de l’Orient. L’illustration présente une silhouette stylisée composée de minarets, de coupoles et de palmiers, évoquant une ville orientale imaginaire, au-dessus de laquelle apparaissent une lune croissante et des étoiles. Ce décor nocturne renforce l’atmosphère de mystère et d’exotisme associée au nom du cabaret, El Morocco. Ce type d’imagerie orientaliste est alors très courant dans la promotion des nightclubs et des supper clubs nord-américains, où les références à des palais, des jardins ou des villes fantasmées du Moyen-Orient servent à évoquer le luxe, l’évasion et la sophistication de la vie nocturne.
Le graphisme adopte également une typographie spectaculaire : le nom El Morocco apparaît en diagonale dans une forme sombre rappelant un ciel nocturne, tandis que les noms des artistes — notamment Pat Morrissey — sont imprimés en caractères très larges destinés à capter immédiatement l’attention du lecteur. L’ensemble compose une publicité dynamique qui associe spectacle, danse et gastronomie, illustrant bien l’image que le cabaret cherchait à projeter dans les années 1950 : celle d’un établissement luxueux, cosmopolite et résolument moderne.
La direction du El Morocco est assurée par Peter Van Der North, figure active du milieu du spectacle montréalais. Une chronique publiée dans The Gazette en 1954 indique qu’il doit rentrer de Floride à temps pour l’ouverture du cabaret et de son établissement voisin, le Key Club, suggérant l’existence d’un petit complexe de divertissement dans ce secteur situé près du Forum [62] [64].
Le nightclub El Morocco, situé sur la rue Lambert-Closse derrière le Forum de Montréal, faisait partie du même écosystème de divertissement que les grands événements sportifs présentés dans l’aréna voisin. Co-propriétaire du club, le promoteur Eddie Quinn organisait au Forum de nombreux galas de lutte et de boxe qui attiraient des foules considérables durant les années 1940 et 1950. Le nightclub servait ainsi de lieu de rencontre pour les athlètes, les promoteurs et les artistes de passage en ville, créant un lien étroit entre le monde du sport professionnel et la vie nocturne montréalaise. Des artistes populaires comme Billy Daniels et Eartha Kitt se produisaient notamment dans les spectacles présentés au club, contribuant à sa réputation comme l’un des lieux mondains du quartier du Forum durant l’âge d’or des cabarets montréalais [73].
La programmation du club reflète alors le caractère cosmopolite de la vie nocturne montréalaise. Une chronique publiée dans Le Petit Journal en 1954 mentionne notamment la présence du chanteur Jerry Coe, retenu pour plusieurs semaines consécutives, aux côtés de Helen Philips et John Alden. Van Der North y affirme vouloir inviter périodiquement des chanteuses françaises, afin de séduire à la fois la clientèle francophone et anglophone [63].
La même chronique rapporte également qu’une entente conclue entre la Guilde des artistes variétés et l’Union des musiciens permet désormais aux propriétaires de cabarets d’engager sous contrat des vedettes de la comédie et de la danse. Van Der North se réjouit de cette évolution qui lui permet de structurer davantage la programmation du club. L’article mentionne notamment la présence du spectacle hawaïen de Johnny Pineapple [65].
Une chronique de la même période souligne également la popularité du cabaret auprès d’une clientèle variée. La revue hawaïenne de Johnny Pineapple y connaît un succès notable, et le club devient un rendez-vous fréquenté par de nombreux sportsmen de la métropole [13].
Dans Une histoire du jazz à Montréal, l’historien John Gilmore évoque également le rôle du El Morocco dans l’écosystème des clubs de jazz et de spectacle de la métropole. Au début des années 1950, l’établissement fait partie des boîtes de nuit importantes de la haute-ville montréalaise et emploie un orchestre maison dirigé par le pianiste et chef d’orchestre Maury Kaye, musicien qui deviendra l’une des figures marquantes du milieu musical de la ville [50].
Maury Kaye
Le pianiste et chef d’orchestre montréalais Maury Kaye (né Morris David Kronick) compte parmi les figures marquantes de la scène jazz de Montréal durant les années 1950. Dans Une histoire du jazz à Montréal, l’historien John Gilmore rappelle que le nightclub El Morocco faisait alors partie des principales boîtes de nuit de la haute-ville montréalaise et qu’il y dirigeait l’orchestre maison du club [50].
Né à Montréal le 29 mars 1932, Kaye reçoit une formation musicale classique dans sa jeunesse, notamment au Conservatoire de l’Université McGill. Très tôt attiré par la musique populaire, il forme dès l’adolescence un petit orchestre de danse qui lui permet d’obtenir ses premiers engagements dans les clubs de la ville. À l’âge de dix-neuf ans, désormais connu sous le nom de Maury Kaye, il dirige déjà son propre ensemble et travaille dans plusieurs orchestres de danse montréalais [50].
Au début des années 1950, il devient chef d’orchestre dans plusieurs nightclubs du centre-ville avant de prendre la direction de l’ensemble maison du El Morocco. Son orchestre se développe progressivement, passant d’un trio à une formation plus importante pouvant compter jusqu’à sept musiciens ou davantage lors des grandes soirées. Durant ces années, Kaye se forge une solide réputation comme arrangeur, accompagnateur et directeur musical, travaillant avec plusieurs artistes internationaux de passage à Montréal, dont Josephine Baker, Tony Bennett, Sammy Davis Jr., Edith Piaf et Mel Tormé [16].
Selon Gilmore, le musicien se distingue également par sa grande polyvalence. Outre le piano, il maîtrise plusieurs instruments, dont la trompette, le trombone à pistons et le cor d’harmonie. Parmi les musiciens ayant fait partie de ses formations figurent notamment le trompettiste Guido Basso, le saxophoniste alto Bob Roby et le contrebassiste Fred McHugh, formant l’un des ensembles de club les plus solides de la scène montréalaise [50].
Durant les années suivantes, Kaye continue de diriger différents groupes et de collaborer avec de nombreux musiciens de la scène locale et internationale. Des témoignages publiés après sa mort évoquent notamment ses collaborations avec des artistes comme Pepper Adams, P.J. Perry, Bob Mover et la chanteuse Barbara Reney, ainsi que ses premiers engagements au Esquire Showbar. Plusieurs musiciens rappellent également l’enthousiasme manifesté par Sammy Davis Jr. à l’égard de l’un de ses orchestres [22].
Considéré par certains commentateurs comme un « géant méconnu » du jazz canadien, Maury Kaye poursuit parallèlement une carrière d’enseignant, d’arrangeur et de compositeur. Hospitalisé à partir de 1981 en raison de problèmes respiratoires, il continue à jouer et à écrire de la musique jusqu’à peu avant sa mort, survenue à Montréal le 5 février 1983, à l’âge de cinquante ans [16][76].
Comme dans plusieurs nightclubs de l’époque, les musiciens du El Morocco se produisaient chaque soir vêtus d’un costume formel – ce que les musiciens appelaient un B-flat suit. Le propriétaire du club exigeait notamment que l’orchestre porte un costume bleu foncé accompagné d’une cravate rouge, afin de maintenir une image élégante et professionnelle. Gilmore rapporte également une anecdote illustrant l’attention presque obsessionnelle portée par la direction à l’apparence des musiciens : lorsque les projecteurs éclairaient la scène, on pouvait parfois apercevoir les chaussettes de couleurs variées portées par les membres de l’orchestre, ce qui irritait le propriétaire au point qu’une petite rampe et un rideau furent installés devant la scène afin de dissimuler leurs pieds au regard du public [50].
Édith Piaf (1955–1956)
Au milieu des années 1950, le cabaret devient également un lieu de spectacles important capable d’attirer des vedettes internationales. Une publicité publiée dans les journaux annonce notamment la venue de la célèbre chanteuse française Édith Piaf, qui se produit au club à raison de deux spectacles par soir, avec une représentation supplémentaire le samedi [14].
Un article du journal The Gazette souligne l’enthousiasme du public montréalais devant cette artiste déjà considérée comme l’une des grandes figures du cabaret international. La musique du spectacle est assurée par l’orchestre de Maury Kaye, formation associée au club durant cette période [58].
La venue d’Édith Piaf suscite un vif intérêt dans la presse. Une chronique du Photo-Journal rapporte que le directeur du club, Peter Van der North, met en place un nouveau système de réservation de tables afin de répondre à la forte demande du public souhaitant assister aux spectacles de la chanteuse française, dont l’engagement à Montréal ne doit durer qu’une semaine [59].
Un article publié dans Le Droit en janvier 1956 offre un témoignage détaillé de l’ambiance qui règne au cabaret El Morocco lors du passage de la célèbre interprète. Le journaliste Victor Vicq raconte qu’il se rend au club pour assister à l’un de ses spectacles et obtenir une entrevue. À son arrivée, toutes les tables de la salle sont occupées par un public impatient d’entendre la chanteuse. Lorsque les lumières du cabaret s’éteignent et que les projecteurs s’allument, Piaf fait son entrée sur scène vêtue d’une simple robe noire et d’un petit châle, son apparition étant immédiatement accueillie par une longue ovation.
Pendant près d’une heure, la chanteuse interprète plusieurs de ses chansons devant une salle attentive et silencieuse, où le public semble suspendu à chacune de ses paroles. Le journaliste souligne la puissance expressive de sa voix et l’intensité dramatique de son interprétation, qui transforment la scène du cabaret en véritable théâtre d’émotions. Après plusieurs rappels et de longs applaudissements, Piaf quitte la scène sous les acclamations de la foule [75].
Le reportage décrit également les coulisses de la visite de la chanteuse au club. Après le premier spectacle, le maître d’hôtel conduit le journaliste au sous-sol de l’établissement, où Piaf se repose avant de remonter sur scène pour la représentation suivante. Lorsqu’elle apparaît finalement, elle salue les visiteurs avec simplicité et serre la main du journaliste. Celui-ci remarque la petite taille de la chanteuse — à peine plus de quatre pieds — mais aussi la présence intense qui se dégage d’elle.
Sur scène, Piaf interprète plusieurs chansons qui ont fait sa réputation internationale, dont « Les trois cloches », « La vie en rose », « Johnny, tu n’es pas un ange », « Bravo pour le clown » et « Les gars de la marine ». La performance se termine sous de longs applaudissements et plusieurs rappels du public, confirmant l’immense popularité de la chanteuse auprès du public montréalais [75].
À la fin des années 1950, Peter Van Der North demeure une personnalité bien connue du milieu du spectacle montréalais. Une chronique publiée dans Radiomonde et Télémonde note avec une pointe d’ironie que le directeur du El Morocco n’hésite pas à solliciter les journalistes francophones lorsqu’il souhaite donner de la visibilité à un spectacle, mais qu’il devient beaucoup plus difficile d’obtenir des réservations lorsque certaines vedettes — comme Eartha Kitt — attirent déjà les foules [60]. Une autre source indique également que Van Der North agit alors comme juge à l’émission télévisée Pick the Stars, poursuivant parallèlement son rôle de promoteur et de découvreur de talents dans son cabaret [61]. Ces témoignages confirment l’importance du El Morocco dans la vie nocturne montréalaise des années 1950, où se succèdent artistes locaux, vedettes nord-américaines et interprètes internationaux dans une programmation typique des grands cabarets de l’époque.
Un tournant se dessine toutefois au début des années 1960. Un article publié dans The Gazette en janvier 1964 révèle que l’établissement est alors passé sous la direction d’un nouveau propriétaire, Ron Cash. Celui-ci est photographié aux côtés d’Angelo Varvaro au moment de signer une série de contrats totalisant 50 000 $, soit environ 206 000 $ en dollars de 2026 [26]. L’investissement vise l’engagement d’une série de vedettes internationales — parmi lesquelles Al Martino, Joe E. Lewis, Arthur Lee Simpkins, Jack Carter et Lili St. Cyr — dans l’espoir de repositionner le club dans le marché du spectacle montréalais.
La publicité décrit alors le cabaret comme « Montreal’s First Theatre Restaurant » [26], signe d’une transformation importante de son modèle de fonctionnement. Alors que le El Morocco des années 1940 et 1950 reposait sur la formule classique du nightclub — orchestre maison, revues, danse et vedettes invitées — le club adopte désormais une formule de dîner-spectacle, mettant davantage l’accent sur la présentation de productions scéniques structurées et de têtes d’affiche clairement identifiées. Ce repositionnement reflète l’évolution plus générale des cabarets montréalais au début des années 1960, alors que plusieurs établissements cherchent à s’adapter à de nouvelles habitudes de consommation du divertissement.
La publicité insiste également sur la présence de l’actrice hollywoodienne Yvonne De Carlo, ainsi que sur une politique de prix réduits sur la nourriture et les boissons [26]. Cet accent mis à la fois sur les vedettes, sur l’offre gastronomique et sur une stratégie commerciale agressive laisse croire que le cabaret tente déjà de répondre à un contexte plus difficile. À cette époque, les grandes boîtes de nuit de Montréal subissent en effet les effets combinés de la télévision, de l’augmentation des coûts de production et de la transformation des goûts du public.
Dans ce contexte, Ron Cash expérimente également de nouvelles formes de divertissement dans le secteur du Forum de Montréal. Une chronique publiée dans The Gazette en février 1964 mentionne ainsi l’ouverture sur la rue Closse d’un petit établissement appelé le Casbah, décrit comme une « miniature pleasure dome » proposant un spectacle d’inspiration orientale. La revue comprend notamment des danseuses de harem accompagnées par les musiciens George Sawaya et Gordon Boutzar, tandis que la vedette de la soirée est la danseuse Jamira, artiste formée au ballet classique qui incorpore certains éléments de cette discipline à ses danses dites « semi-orientales ». Selon la chronique, Jamira aurait quitté Budapest lors de l’insurrection hongroise de 1956 avant de poursuivre sa carrière en Europe puis en Amérique du Nord [27].
Malgré ces tentatives de diversification, l’établissement traverse bientôt une crise majeure. Au début de l’été 1964, un article de La Presse annonce que la Régie des alcools du Québec suspend le permis d’alcool du cabaret en raison du non-paiement de taxes et d’impôts dus au gouvernement provincial [17]. La dette atteindrait près de 29 700 $, soit environ 299 000 $ en dollars de 2026. Malgré ces difficultés financières, le journal décrit encore le El Morocco comme le plus grand cabaret de Montréal, preuve que l’établissement occupe toujours une place importante dans la vie nocturne de la métropole [17].
La même année, un article publié dans The Montreal Star à la suite de la mort du promoteur sportif Eddie Quinn rappelle le rôle central qu’il avait joué dans l’industrie du divertissement montréalais. Le texte souligne notamment que Quinn fut l’un des principaux promoteurs de lutte et de boxe au Forum de Montréal et qu’il avait été partenaire avec Léo Dandurand dans l’établissement du nightclub El Morocco sur la rue Metcalfe [74].
Après une fermeture d’environ un an, le cabaret rouvre finalement ses portes à l’automne 1965 sous une nouvelle direction. Un article de La Presse annonce la présentation d’un grand spectacle de variétés intitulé « Festival de gaieté », réunissant une vingtaine d’artistes — principalement des danseuses et des mannequins (« showgirls ») — ainsi qu’un mime et une chanteuse. La production est accompagnée par l’orchestre dirigé par le musicien montréalais Lee Gagnon [18]. La nouvelle direction annonce également vouloir privilégier une formule de spectacle collectif plutôt que le système du « one star show » [18].
Lee Gagnon
Lee Gagnon (né le 2 septembre 1934 à Amqui, au Québec) est un saxophoniste, arrangeur, compositeur et chef d’orchestre associé à la scène du jazz canadien et à la télévision québécoise durant les années 1960 et 1970. Formé au Conservatoire de musique et d’art dramatique de la province de Québec, où il étudie le saxophone et la clarinette, il poursuit ensuite des études en harmonie et en contrepoint à la faculté de musique de l’Université de Montréal [109] [110].
Son nom commence à circuler plus largement à Montréal au début des années 1960, notamment à la suite de ses prestations lors du Festival de Montréal de 1962. Au cours des années suivantes, il dirige le Lee Gagnon Jazz Ensemble et multiplie les concerts, émissions de radio et apparitions publiques, ce qui contribue à faire de lui l’un des musiciens de jazz canadiens les plus visibles de sa génération [107] [109].
Comme plusieurs musiciens de jazz actifs à Montréal au milieu du XXe siècle, Gagnon évolue dans un milieu musical étroitement lié à la culture des cabarets et des orchestres de variétés. Durant cette période, les grands nightclubs montréalais — tels que le El Morocco, le Casa Loma ou la Jazzthèque — constituent des lieux importants de diffusion pour les musiciens de jazz, avant que plusieurs d’entre eux ne se tournent vers la radio et la télévision.
Parallèlement à ses activités de musicien, Gagnon s’impose comme compositeur et arrangeur pour la télévision et la scène. Il agit notamment comme chef d’orchestre de l’émission Zoom en liberté et collabore à plusieurs productions de variétés. Au début des années 1970, ses compositions sont également interprétées à la télévision par des artistes populaires comme Nicole Martin, Céline Lomez et Ginette Reno, dans le cadre de l’émission Tempo diffusée à Radio-Canada [107] [108].
Reconnu comme saxophoniste, chef d’orchestre et compositeur, Lee Gagnon occupe ainsi une place notable dans l’histoire du jazz canadien et dans l’évolution de la musique de variétés au Québec durant la seconde moitié du XXe siècle [108] [110].
En 1966, le cabaret El Morocco tente une nouvelle transformation. Selon un article de La Presse, l’établissement est entièrement rénové afin d’offrir une formule de cabaret-théâtre combinant restaurant, spectacle et comédie musicale. La programmation annoncée comprend plusieurs productions inspirées des grandes scènes de Broadway, dont My Fair Lady, West Side Story, Guys and Dolls et Gypsy, mises en scène par le producteur new-yorkais Tommy Finnam III [20].
Cependant, une chronique publiée dans The Gazette à l’automne 1966 rapporte que cette nouvelle formule ne rencontre pas le succès espéré. Le journaliste Peter Diome écrit que l’expérience du cabaret-théâtre s’est révélée « a gamble that didn’t pay off », et qu’une production de West Side Story annoncée pour « les trois derniers jours » ne reste finalement à l’affiche que deux jours [105].
Quelques semaines plus tard, une publicité annonce l’arrivée au El Morocco d’un nouveau spectacle présenté comme une exclusivité montréalaise : « Abstract Nudes A Go-Go » [106]. La revue met en scène des danseuses exécutant leurs performances dans des cages cylindriques dans une ambiance de go-go show, accompagnée d’une discothèque et de soirées dansantes. Cette annonce reflète l’évolution du cabaret vers une programmation plus spectaculaire et provocante, symptomatique de la transformation de la vie nocturne montréalaise à la fin des années 1960.
1445 rue Lambert-Closse — Évolution du site (1953– )
12. Chez Guilda (1967)
Au début de l’année 1967, le cabaret El Morocco change de propriétaire lorsque l’artiste montréalais Guilda acquiert l’établissement avec plusieurs actionnaires. Selon un article de Télé-Radiomonde, la vedette de music-hall souhaite transformer le club en véritable quartier général de ses spectacles et y présenter régulièrement des revues de variétés [21]. L’ouverture officielle sous cette nouvelle direction est annoncée pour le 25 mars 1967, date à laquelle le lieu doit être relancé sous le nom Chez Guilda.
Une publicité publiée dans The Gazette confirme l’inauguration du spectacle “Guilda Follies”, présenté comme une revue musicale fastueuse inspirée des célèbres Folies Bergère de Paris. Le spectacle met en vedette Guilda accompagnée d’une distribution d’une quinzaine d’interprètes, dont Cha Cha Cook, Nadege, John Montgomery, Lajos et Kathy Molnar. La chorégraphie est assurée par John Montgomery, tandis que la direction musicale est confiée à Jacques Brunelle [101].
Avec cette nouvelle formule, l’établissement tente de renouer avec la tradition des grandes revues de cabaret qui avaient longtemps caractérisé la vie nocturne du quartier du Forum de Montréal. L’arrivée de Guilda marque ainsi une nouvelle étape dans l’évolution du lieu, qui connaîtra au fil des décennies plusieurs incarnations successives au gré des tendances du divertissement montréalais.
Guilda
Guilda (1924-2012), de son vrai nom Jean Guida de Mortellaro, est un artiste de cabaret et transformiste né en France qui devient l’une des figures les plus marquantes de la vie nocturne québécoise au cours de la seconde moitié du XXe siècle. Après avoir amorcé sa carrière en Europe au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, il s’installe en Amérique du Nord au début des années 1950 et connaît rapidement le succès dans les cabarets montréalais, où ses spectacles mêlant music-hall, imitation et revue burlesque attirent un large public [102].
Inspiré par les grandes vedettes du cinéma et de la chanson — notamment Marlene Dietrich, Rita Hayworth ou Édith Piaf — Guilda se distingue par des numéros spectaculaires mêlant costumes, plumes, perruques et chorégraphies. Son personnage scénique, glamour et théâtral, s’inscrit dans la tradition du music-hall international tout en s’adaptant à la culture des cabarets montréalais, où les revues de variétés et les spectacles nocturnes connaissent alors un immense succès [103].
Au fil des décennies, Guilda devient l’une des grandes attractions de la scène de cabaret au Québec. Ses spectacles, présentés dans plusieurs établissements de Montréal et ailleurs dans la province, contribuent à populariser l’art du transformisme auprès d’un public beaucoup plus large que celui des milieux spécialisés. Plusieurs observateurs ont par la suite souligné que sa carrière avait joué un rôle important dans l’évolution de la perception des artistes de travestissement dans la culture populaire québécoise [102] [103].
Au-delà de son succès artistique, Guilda demeure associé à l’histoire des cabarets montréalais, dont il incarne l’une des figures les plus emblématiques. Sa carrière s’étend sur plusieurs décennies, faisant de lui un témoin privilégié de l’âge d’or des nightclubs de la métropole et de l’évolution des spectacles de variétés au Québec.
13. Your Father’s Mustache (1967-1987)
À la fin des années 1960, plusieurs cabarets autrefois emblématiques de la vie nocturne montréalaise disparaissent progressivement. Dans un article publié dans The Gazette en 1970, le journaliste Dane Lanken rappelle que des établissements comme le Tic-Toc, le Bellevue Casino et l’ancien cabaret El Morocco ont fermé leurs portes, symbolisant la fin de l’époque des grands clubs de variétés qui avaient dominé la scène nocturne de la métropole durant les années 1940 et 1950 [19]. L’article précise également que le bâtiment du El Morocco, situé près du Forum de Montréal, a été acquis vers la fin des années 1960 par le propriétaire de clubs montréalais Norm Silver, associé notamment au Mustache Club, illustrant la transformation du quartier et le passage d’une génération de cabarets à une nouvelle culture de clubs et de salles de spectacle orientées vers la musique rock et la scène populaire contemporaine [19].
Lors de son ouverture le 14 juillet 1967, le club Your Father’s Mustache adopte une formule inspirée de l’ambiance nostalgique des « Gay Nineties », avec des soirées de sing-along et de drink-along animées par des musiciens jouant du banjo et invitant le public à chanter avec eux [87]. Le succès initial du club conduit rapidement à l’ouverture d’une deuxième succursale le 19 octobre 1967, installée au Motel Metropole sur le boulevard Métropolitain Est [88].
Un article publié dans The Gazette en 1969 évoque également le rôle du diplômé de droit de l’Université McGill, Bob Cooper, qui participe durant l’été de l’Expo 67 à l’ouverture et à l’exploitation d’un établissement sur la rue Closse connu sous le nom de Norm Silver’s Mustache. Le club devient rapidement populaire pour son atmosphère honky-tonk et ses soirées participatives où les clients chantent et boivent ensemble [90].
Au début des années 1970, le club Norm Silver’s Mustache devient également un lieu de rencontre pour les musiciens de la scène locale. Un article publié dans The Montreal Star en 1972 décrit les jam sessions du dimanche après-midi ouvertes aux chanteurs, auteurs-compositeurs et instrumentistes de styles variés — du folk et du blues au country et au rock [91]. Un autre article la même année présente le Club Mustache comme un lieu fréquenté par une clientèle jeune attirée par son ambiance décontractée et sa programmation rock [92].
Le propriétaire Norm Silver observe d’ailleurs que l’abaissement de l’âge légal pour consommer de l’alcool de 20 à 18 ans au Québec en juin 1971 aurait contribué à augmenter l’achalandage du club [92].
Un article publié dans The Gazette en 1974 souligne la vitalité de la scène musicale des bars montréalais et mentionne notamment Norm Silver’s Mustache, où se produisent régulièrement des groupes émergents [95].
La même année, un reportage du The Montreal Star décrit le fonctionnement interne du club Your Father’s Mustache et le rôle de ses portiers et agents de sécurité, dont certains anciens militaires ou athlètes chargés de maintenir l’ordre dans un établissement très fréquenté [94].
Norm Silver
Norm Silver est l’une des figures marquantes de la vie nocturne montréalaise de l’après-guerre. Actif comme exploitant de clubs et programmateur musical durant les années 1950 à 1970, il joue un rôle important dans l’évolution des nightclubs du centre-ville et dans la diffusion de nouvelles formes de musique populaire dans la métropole.
Silver est surtout associé à l’Esquire Show Bar, situé sur la rue Stanley dans le secteur du Forum de Montréal. Ouvert en 1940, ce cabaret devient sous sa direction l’un des lieux emblématiques du quartier, réputé pour sa programmation musicale éclectique mêlant jazz, blues, rhythm and blues et musique populaire. Au fil des années, de nombreuses vedettes internationales s’y produisent, dont Little Richard, Count Basie, Buddy Rich, Chubby Checker, Bo Diddley et Wilson Pickett, illustrant le rôle du club dans le circuit nord-américain du spectacle [96].
À la fin des années 1960, alors que le modèle traditionnel des cabarets commence à décliner, Silver participe également à l’émergence de nouvelles formes de clubs musicaux. Il est associé au lancement du Norm Silver’s Mustache sur la rue Closse, établissement inspiré des bars honky-tonk et des pubs musicaux où la participation du public — notamment à travers des soirées sing-along et des jam sessions — devient un élément central de l’expérience [91] [92].
Une nécrologie publiée en 1980 rappelle enfin le rôle de l’impresario montréalais Norm Silver dans l’industrie des nightclubs de la ville, notamment à travers son travail au Esquire Show Bar et son implication dans plusieurs clubs du secteur du Forum de Montréal [23].
Cette transition entre les anciens cabarets et les nouveaux clubs s’inscrit dans une évolution plus large de la scène musicale montréalaise. Selon un article de La Presse en 2014, les origines du heavy metal québécois remontent à la fin des années 1970 et au début des années 1980. Le chercheur Félix B. Desfossés y mentionne notamment le bar Mustache parmi les lieux associés aux débuts de cette scène musicale émergente.
14. Transformation
Durant les années 1940 à 1960, le secteur situé autour du Forum de Montréal — notamment les rues Sainte-Catherine, Stanley et Lambert-Closse — forme l’un des principaux pôles de la vie nocturne montréalaise. Plusieurs cabarets importants y attirent une clientèle locale et internationale, dont El Morocco, Tic Toc, Chez Parée et l’Esquire Show Bar. Ces établissements présentent des spectacles de variétés, des orchestres et des artistes de renom, contribuant à faire de ce quartier un centre majeur du divertissement dans la métropole.
À partir du milieu des années 1960, cependant, le déclin progressif du modèle des grands cabarets — provoqué notamment par l’évolution des goûts du public, la popularité croissante de la télévision et la transformation de l’industrie du spectacle — entraîne la fermeture ou la reconversion de plusieurs de ces salles. Dans une chronique publiée dans The Gazette en juillet 1968, le journaliste Al Palmer observe que les grands floor shows qui avaient dominé les nightclubs montréalais depuis la fin des années 1920 — avec leurs vedettes, leurs humoristes et leurs lignes de danseuses — semblent désormais appartenir au passé [89].
Palmer rappelle que Montréal avait autrefois occupé une place importante dans le circuit nord-américain du spectacle, grâce à des impresarios et exploitants tels que Phil Maurice, Carol Grauer et Harry Holmok, qui avaient contribué à faire de la ville un centre majeur du divertissement. Plusieurs artistes qui deviendront plus tard des vedettes de la télévision et du cinéma — notamment Dean Martin, Jackie Gleason, Jerry Lewis et le duo Rowan and Martin — étaient ainsi passés par les nightclubs montréalais au début de leur carrière [89].
À la fin des années 1960, toutefois, les goûts du public s’orientent vers des formes de divertissement plus simples et plus informelles. Palmer note notamment la popularité croissante d’établissements inspirés de l’atmosphère des pubs britanniques ou irlandais, où la musique participative, les chansons à répondre et l’ambiance décontractée remplacent les grandes productions de cabaret. Le succès de Your Father’s Mustache, exploité par Norm Silver, illustre bien cette évolution, avec ses soirées sing-along et drink-along accompagnées au banjo et au piano honky-tonk [89].
Au tournant des années 1980, la plupart des anciens nightclubs du secteur appartiennent déjà au passé. Un article paru dans The Gazette en 1990 rappelle que les établissements associés au quartier de Lambert-Closse, longtemps animés par des impresarios comme Norman Silver, avaient autrefois contribué à faire de ce secteur l’un des centres de la vie nocturne montréalaise avant de disparaître avec la transformation urbaine du centre-ville [24].
La réhabilitation de certains bâtiments historiques du quartier témoigne néanmoins de l’importance culturelle qu’ont eue ces lieux dans l’histoire de la vie nocturne montréalaise, rappelant le rôle majeur joué par les cabarets dans l’évolution du spectacle et du divertissement à Montréal au milieu du XXe siècle.
15. Conclusion
Ségrégation et discrimination dans les clubs montréalais
Bien que le Canada n’ait jamais adopté de lois de ségrégation raciale comparables à celles du sud des États-Unis, plusieurs témoignages et sources historiques indiquent que des formes de discrimination ont existé dans certains établissements de divertissement de Montréal au milieu du XXe siècle. Des musiciens noirs ont parfois été confrontés à des restrictions informelles concernant l’accès à certains clubs, hôtels ou restaurants, malgré leur présence sur les scènes de la métropole [28] [100].
Le pianiste de jazz montréalais Oscar Peterson, qui a grandi dans le quartier de Little Burgundy, a lui-même évoqué les obstacles rencontrés par les artistes noirs durant cette période. Bien que Montréal ait été un important centre du jazz nord-américain, la réalité sociale de l’époque demeurait marquée par des pratiques discriminatoires dans certains lieux publics et dans l’industrie du spectacle [28] [100].
Malgré ces difficultés, la ville a également vu émerger des clubs où les musiciens de différentes origines pouvaient se produire et se rencontrer, contribuant à faire de Montréal l’un des pôles majeurs du jazz au Canada au milieu du XXe siècle.
Notes & sources
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PALMER, Al. Montreal Confidential.
Montréal : Véhicule Press, 2009, p. 55-58.
Chapitre « The Fabulous El ». L’auteur décrit le El Morocco, situé à l’angle nord-ouest des rues Metcalfe et St. Catherine, comme l’un des nightclubs les plus célèbres de Montréal. Ouvert à l’origine par Arthur Davidson, l’établissement est ensuite exploité par un groupe d’associés comprenant notamment le lutteur Yvon Robert et le promoteur Eddie Quinn. Le texte évoque la réputation du cabaret, fréquenté par des célébrités comme Jack Dempsey et Jack Sharkey, ainsi que ses spectacles mettant en vedette des humoristes et des chorus girls. Palmer souligne également le rôle philanthropique du club et relate la fermeture du bâtiment en 1949, démoli pour faire place à une banque. Illustration provenant du Al Palmer fonds, Concordia University Archives (scrapbook, 23 juillet 1955). -
THE GAZETTE, 3 mai 1940, p. 3.
Publicité annonçant l’ouverture du cabaret EL MOROCCO, situé au 1433, rue Mansfield à Montréal. L’annonce mentionne une « Grand Opening Tonight » et présente l’établissement comme un cabaret offrant un « Smart New York Floor Show » avec deux pistes de danse et l’orchestre de Jimmy Dunlap. La publicité indique également la présence de bière, cocktails, vin et repas, et précise la politique « No Minimum — No Cover », une formule destinée à attirer la clientèle lors de l’ouverture du club. -
LE CANADA, mars 1942.
Article annonçant l’inauguration du cabaret El Morocco, présenté comme « l’un des plus modernes d’Amérique » et « le cabaret le plus chic de Montréal ». L’établissement ouvre ses portes ce soir-là et propose un spectacle de variétés avec plusieurs artistes, dont Benny Field, vedette de vaudeville américaine, la chanteuse française Irène Hilda, ainsi que les danseurs sud-américains Carlos et Carlita, Robinson et Martin. Le texte mentionne également le retour à Montréal de Jack Benny et de son orchestre. La décoration intérieure du club est attribuée à Georges Mitchell, artiste de Chicago ayant également travaillé sur des cabarets tels que le Colony Club et le Chez Paree. -
LE PETIT JOURNAL, 9 mai 1954.
Annonce publicitaire du cabaret El Morocco annonçant l’ouverture le 1er mai du « plus fabuleux cabaret au Canada ». La publicité présente en vedette le chanteur et artiste de variétés Pat Morrissey, annoncé « pour la première fois à Montréal », accompagné du comédien-chanteur Jerry Coe et de Maury Kaye et ses « Marocains ». L’annonce mentionne également la présence d’une salle de danse intitulée « Can Can », tandis que dans le « Kit Room » se produit le pianiste et compositeur Eddy Snyder. Le texte souligne aussi la dimension gastronomique de l’établissement, invitant les clients à goûter des spécialités culinaires préparées sous la direction de Rubinato. Les réservations peuvent être faites auprès de « Rudy » au 1445, rue de la Montagne (Closse), en face du Forum de Montréal. -
LA PRESSE, 18 juillet 1941.
« Un cabaret condamné à une amende de $200 ». — La Croydon Corporation, Limited, propriétaire du cabaret El Morocco, situé au 1433, rue Mansfield, est condamnée par le juge Gustave Marin à une amende de 200 dollars et aux frais pour avoir fourni de faux renseignements à la Commission du salaire minimum concernant le taux des salaires versés à ses employés. -
LE PETIT JOURNAL, 28 septembre 1941.
« Un maître de la comédie au café-cabaret El Morocco ». — L’article annonce la présence du comédien de Broadway Harry Rose, engagé comme maître de cérémonies au café-cabaret El Morocco. Le texte souligne que l’établissement, récemment rénové, est considéré comme l’un des endroits les plus modernes et confortables de Montréal. Le programme comprend notamment la chanteuse Judy Ellington, ainsi que plusieurs numéros de variétés et de danse présentés par les Moroccomaid, jeunes danseuses venues de New York. La soirée est accompagnée par deux orchestres, celui de Lou Clayton et celui de Peter Barry, ce dernier interprétant notamment des rythmes de rumba d’inspiration cubaine. -
WIKIPÉDIA, « El Morocco ».
Article décrivant le cabaret montréalais El Morocco, situé au 1445, rue Lambert-Closse, près du Forum de Montréal. L’établissement est présenté comme l’un des cabarets les plus prestigieux et fréquentés de la ville durant les années 1940 et 1950. Parmi les figures associées au club figurent notamment le promoteur de lutte et de boxe Eddie Quinn, copropriétaire du cabaret, ainsi que le gérant Jimmy Orlando. L’article mentionne également que plusieurs célébrités de passage à Montréal fréquentaient l’établissement, dont des athlètes professionnels et des vedettes de spectacle source. - La Casa Nostra, GRC, 26 mars 1965.
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LE CANADA, 15 mars 1947.
« À l’El Morocco », chronique « Sur tout et de tout ». — L’article rapporte qu’un syndicat dirigé par le lutteur montréalais Yvon Robert vient d’acheter le nightclub El Morocco. Les nouveaux propriétaires annoncent la fermeture temporaire de l’établissement afin d’y effectuer des travaux de rénovation. La populaire boîte de nuit doit rouvrir ses portes quelques semaines plus tard, la réouverture étant prévue pour le 5 avril 1947. -
LA PATRIE, 3 avril 1947.
Annonce publicitaire pour le gala d’ouverture du nouveau El Morocco, présenté le samedi 5 avril 1947 au 1410, rue Metcalfe. L’événement est organisé par le lutteur québécois Yvon Robert, présenté comme l’hôte de la soirée. Le spectacle d’ouverture annonce « la plus grande revue musicale présentée jusqu’ici à Montréal » et met notamment en vedette le comédien et commentateur américain Al Bernie, la chanteuse Norma Hutton accompagnée de ses Melody Men, les danseurs Myrtill et Pacaud venant du Radio City Music Hall de New York, ainsi que l’artiste canadien André Francourt. L’annonce mentionne également la présence du Trio Peter Barry et d’une importante troupe de danseuses. Le cabaret est présenté comme un nouveau lieu mondain de la vie nocturne montréalaise, comprenant notamment un « Foyer des Célébrités », décrit comme un nouvel espace de rencontre destiné à la clientèle et aux vedettes. -
MONTRÉAL-MATIN, 10 avril 1947.
« Excellents débuts du nouveau El Morocco ». — Compte rendu des premières soirées du El Morocco, récemment repris par le lutteur québécois Yvon Robert. L’article souligne que l’établissement se compare avantageusement à certains des meilleurs clubs américains et décrit un décor élégant et moderne, avec un bar luxueux, une atmosphère intime et un parquet de danse spacieux. Le spectacle d’ouverture comprend notamment le comédien Al Bernie, dont les monologues humoristiques enchaînent les répliques et provoquent de nombreux éclats de rire, le duo de danseurs Myrtill et Pacaud, dont le numéro chorégraphique est qualifié d’original et spectaculaire, ainsi que le baryton André Francourt. La chanteuse Norma Hutton est également mentionnée comme une hôtesse charmante, remplissant son rôle avec aisance et distinction, tandis que Jane Mackie et les danseuses du El Morocco complètent le programme de variétés présenté au club. -
LA PRESSE, 4 mai 1949.
« Édifice de la B.C.N. sur le site de “l’El Morocco” ». — Article annonçant la démolition d’un immeuble situé à l’angle des rues Sainte-Catherine et Metcalfe afin de permettre la construction d’un nouvel édifice pour la Banque Canadienne Nationale. Le bâtiment abritait jusqu’alors plusieurs commerces, dont le café El Morocco installé à l’étage. L’article précise que six établissements commerciaux situés au rez-de-chaussée seront également déplacés, dans le cadre d’un vaste mouvement de modernisation des artères commerciales du centre-ville de Montréal à l’après-guerre. -
LE PETIT JOURNAL, 14 novembre 1954, p. ?.
« La boîte à vedettes ». Chronique consacrée à l’actualité des cabarets et salles de spectacle montréalais. L’article mentionne notamment que la revue hawaïenne de Johnny Pineapple obtient alors un succès au café El Morocco. Le texte souligne que l’établissement est devenu depuis quelque temps le lieu de rendez-vous privilégié de nombreux sportsmen de la métropole, illustrant la popularité du club dans la vie nocturne montréalaise du milieu des années 1950. -
THE GAZETTE, 9 décembre 1955, p. 14.
Publicité annonçant la présentation de la chanteuse française Edith Piaf au El Morocco, situé au 1445, rue Closse, en face du Forum de Montréal. L’annonce précise que l’artiste doit se produire chaque soir à 9 h 30 et 23 h 30, avec un troisième spectacle le samedi à 1 h 30. Cette publicité illustre la programmation internationale du club dans les années 1950 et confirme que le El Morocco de la rue Closse accueillait alors des vedettes majeures de la chanson et du spectacle [14]. -
THE GAZETTE, 15 janvier 1957.
Publicité annonçant la venue de la chanteuse française ÉDITH PIAF au cabaret EL MOROCCO, situé au 1445, rue Closse, en face du Forum de Montréal. L’annonce précise que la vedette se produit chaque soir à 9 h 30 et 23 h 30, avec une troisième représentation le samedi à 1 h 30. Le club se présente dans la publicité comme « Montreal’s Smartest Café ». -
THE GAZETTE, 5 février 1983, p. D-4.
« Montreal jazz pianist Maury Kaye dies at 50 ».
Avis de décès du pianiste et chef d’orchestre montréalais Maury Kaye (né Morris Kronick), décrit comme l’un des grands pianistes bebop, compositeurs et arrangeurs de jazz au Canada. L’article rappelle qu’il est surtout connu comme chef d’orchestre du spectacle band du nightclub El Morocco de Montréal durant les années 1950, où il accompagne notamment des artistes comme Josephine Baker, Tony Bennett, Sammy Davis Jr., Edith Piaf et Mel Tormé. Formé à la musique classique, Kaye dirige également ses propres ensembles et enseigne le piano. Hospitalisé depuis 1981 pour des problèmes respiratoires, il continue de jouer et de composer jusqu’à peu avant sa mort au Montreal Chest Hospital. -
LA PRESSE, 2 juin 1964.
« La RAQ suspend le permis du cabaret El Morocco ».
Article rapportant que la Régie des alcools du Québec suspend le permis de vente d’alcool du cabaret El Morocco, situé au 1445, rue Closse, après que l’établissement ait refusé de payer certaines sommes dues au gouvernement provincial, notamment la taxe de 6 % sur les hôpitaux. La dette s’élèverait à environ 29 700 $, dont 28 000 $ liés à cette taxe et 1 700 $ d’impôt provincial. L’article précise également qu’une demande de faillite est déposée contre le cabaret et que ses dirigeants présentent leur bilan financier, empêchant ainsi la poursuite des activités de l’établissement. -
LA PRESSE, 17 novembre 1965.
« Réouverture demain soir de l’El Morocco ».
Article annonçant la réouverture du cabaret El Morocco, situé près du Forum de Montréal, après une fermeture d’environ un an liée notamment au renouvellement de son permis auprès de la Régie des alcools. Placé sous une nouvelle direction, l’établissement rouvre ses portes avec un spectacle de variétés intitulé « Festival de gaieté » réunissant une vingtaine d’artistes, principalement des danseuses et des mannequins (« showgirls »), ainsi qu’un mime et une chanteuse. Le spectacle, présenté comme bilingue, est accompagné par un orchestre dirigé par le musicien montréalais Lee Gagnon. L’article précise que la salle prévoit être ouverte sept soirs par semaine, avec trois spectacles le samedi, un le dimanche et deux les autres soirs. -
THE GAZETTE, 27 juin 1970, p. 40.
« Rock ’n’ roll and mustaches », article de Dane Lanken consacré à l’évolution de la vie nocturne montréalaise et à la transition entre les anciens cabarets et les nouveaux clubs rock de la fin des années 1960. Le texte évoque la disparition progressive de plusieurs établissements célèbres de la métropole, dont le Tic-Toc, le Bellevue Casino et l’El Morocco. L’auteur mentionne que ce dernier, autrefois un cabaret très populaire situé près du Forum de Montréal, est alors fermé depuis plusieurs années et appartient désormais à Norm Silver, propriétaire du Mustache Club, qui en a fait l’acquisition au moment de sa fermeture vers la fin des années 1960. -
LA PRESSE, 13 septembre 1966.
« L’El Morocco devient cabaret-théâtre ».
Article annonçant la transformation du cabaret El Morocco en restaurant-cabaret-théâtre. L’établissement, entièrement rénové, prévoit offrir sous un même toit la possibilité de prendre l’apéritif, de dîner et d’assister à une comédie musicale de Broadway. La programmation doit être assurée par le producteur, metteur en scène et chorégraphe new-yorkais Tommy Finnam III, avec des spectacles inspirés de productions populaires telles que My Fair Lady, West Side Story, Guys and Dolls et Gypsy. Chaque production doit rester à l’affiche environ quinze jours. La nouvelle saison doit débuter le 27 septembre 1966 avec My Fair Lady. L’article précise qu’il y aura une représentation chaque soir du mardi au dimanche, avec deux représentations le vendredi et le samedi, ainsi qu’une revue musicale de variétés présentée certains soirs après la comédie musicale. -
TÉLÉ-RADIOMONDE, 4 mars 1967.
« Guilda achète le El Morocco ».
Article annonçant que l’artiste montréalais Guilda (Jean Guida de Mortellaro), célèbre travesti et vedette de music-hall, acquiert avec plusieurs actionnaires le cabaret El Morocco. L’établissement doit devenir la nouvelle base des spectacles de Guilda, qui prévoit y présenter régulièrement des revues de music-hall. Selon l’article, l’ouverture officielle du cabaret sous cette nouvelle direction est prévue pour le 25 mars 1967. Le texte souligne également que la nouvelle attire l’attention dans le milieu des spectacles montréalais, plusieurs artistes et habitués du cabaret se réjouissant déjà de cette reprise des activités. -
THE GAZETTE, 10 février 1983.
LEN DOBBIN, « Friends bid farewell to great Maury Kaye ».
Article rendant hommage au pianiste et chef d’orchestre montréalais Maury Kaye (né Morris Kronick), décédé à l’âge de 50 ans. Le texte souligne l’importance de Kaye dans la communauté jazz de Montréal et rappelle qu’il dirigea durant les années 1950 des orchestres au El Morocco et au Bellevue Casino, réunissant plusieurs des meilleurs musiciens de la ville. L’article mentionne notamment l’enthousiasme de Sammy Davis Jr. à l’égard de l’un de ces ensembles. On rappelle également la diversité de sa carrière, incluant des collaborations avec des artistes comme Pepper Adams, P.J. Perry, Bob Mover et la chanteuse Barbara Reney, ainsi que ses premières expériences musicales au Esquire Showbar dans les années 1950. L’hommage évoque aussi sa formation classique, son travail comme compositeur et arrangeur, et le respect que lui portait la communauté musicale montréalaise. -
THE RECORD, 18 mars 1980.
« Norm Silver dead at 69 ».
Nécrologie consacrée à l’impresario montréalais Norm Silver, figure influente du milieu des boîtes de nuit et des spectacles à Montréal. L’article rappelle que Silver avait fait son entrée dans l’industrie des nightclubs dans les années 1940, notamment en transformant le Esquire Show Bar en une salle de spectacles reconnue pour la présentation d’artistes de musique contemporaine. Le texte souligne également son rôle important dans la promotion de plusieurs générations de musiciens et dans le développement de la vie nocturne montréalaise au milieu du XXe siècle. -
THE GAZETTE, 1 septembre 1990, p. 94.
« A pocket of sanity on Lambert Closse St. », article d’Aline Gubbay consacré à un projet de réhabilitation architecturale sur la rue Lambert-Closse, à l’emplacement d’un ancien nightclub montréalais. Le texte rappelle que ce site fut pendant plusieurs décennies un important lieu de divertissement, associé notamment à l’impresario Norman Silver, dont les clubs — dont le Mustache Club — ont animé la vie nocturne de Montréal durant de nombreuses années. L’article souligne que le bâtiment de briques, datant de la fin du XIXe siècle, fut restauré dans les années 1980 afin de préserver son caractère historique tout en l’adaptant à de nouveaux usages. Cette réhabilitation est présentée comme un exemple d’intégration réussie entre patrimoine architectural et développement urbain dans le centre-ville de Montréal. -
LA PRESSE, 3 mars 2014, p. 5 (Arts).
« Survivants recherchés », par Jean-Christophe Laurence.
Article consacré aux origines du métal québécois et aux efforts du journaliste Félix B. Desfossés pour documenter cette scène musicale encore peu étudiée. Le texte évoque plusieurs groupes pionniers de la fin des années 1970 et du début des années 1980, dont Voivod, Oblivion, Ourguts, D.B.C., Gorguts et Damnatia. Il souligne notamment le rôle du groupe montréalais D.D.T., formé en 1979, considéré comme l’un des premiers groupes de heavy metal au Québec. -
THE GAZETTE, 14 janvier 1964.
« Ron Cash Signs Contracts for $50,000 ».
Article annonçant que Ron Cash, nouveau propriétaire du El Morocco, signe une série de contrats totalisant 50 000 $ afin d’amener plusieurs vedettes internationales au nightclub montréalaise. La photographie montre Cash en compagnie de Angelo Varvaro après la signature des ententes. La programmation annoncée comprend notamment Al Martino (24 au 31 janvier), Joe E. Lewis (8 au 15 février), Arthur Lee Simpkins (16 au 22 février), Jack Carter (4 au 11 avril) et Lili St. Cyr (date prévue du 18 au 25 avril). L’article mentionne également la présence de l’actrice hollywoodienne Yvonne De Carlo parmi les artistes apparaissant au cabaret, présenté comme le « Montreal’s First Theatre Restaurant ». -
THE GAZETTE, 14 février 1964, p. 30.
HAROLD WHITEHEAD, « Night Beat ».
Chronique décrivant un nouveau divertissement inauguré par Ron Cash sur la rue Closse, près du El Morocco. L’auteur mentionne l’ouverture d’un petit établissement appelé le Casbah, décrit comme une « miniature pleasure dome », où se déroule un spectacle d’inspiration orientale avec danseuses de harem et musique arabe interprétée par George Sawaya et le percussionniste Gordon Boutzar. Le numéro principal met en vedette la danseuse Jamira, présentée comme une artiste ayant une formation en ballet classique et qui incorpore certains éléments de cette discipline à ses danses dites « semi-orientales ». L’article souligne également que Jamira, d’origine hongroise, a quitté Budapest pour Vienne lors de l’insurrection hongroise de 1956 avant de poursuivre sa carrière en Amérique du Nord. La chronique situe ce spectacle dans le contexte des nouvelles formes de divertissement offertes dans les nightclubs montréalais au début des années 1960. -
RED BULL MUSIC ACADEMY DAILY, 2016.
« Montreal Jazz Feature » — article consacré à l’histoire du jazz et de la vie nocturne à Montréal, publié sur la plateforme éditoriale de la Red Bull Music Academy. Le texte revient sur l’importance historique de la métropole comme centre majeur du jazz en Amérique du Nord et évoque plusieurs clubs et salles qui ont marqué la scène musicale montréalaise au milieu du XXe siècle, période souvent associée à l’âge d’or des cabarets et nightclubs de la ville lire l’article. -
THE GAZETTE, 8 juin 1940, p. 5.
Rubrique des cabarets montréalais indiquant simplement « MOROCCO — Revue ». Cette mention confirme que le cabaret Morocco présente alors une revue de variétés, format typique des spectacles offerts dans les nightclubs montréalais de l’époque. L’établissement est listé aux côtés d’autres cabarets du centre-ville, notamment le Normandie Roof, le Tic Toc, le Esquire et le Samovar. -
LE CANADA, 10 janvier 1941.
Article portant sur la valeur juridique des permis délivrés par la Régie des alcools et relatant un litige impliquant George Peate et M. Dettner. Le texte indique que Dettner exploitait auparavant un établissement appelé Embassy Terrace Cabaret au 1433, rue Mansfield à Montréal, entre le 1er mai 1937 et le 30 avril 1939. Cette mention confirme que l’adresse qui accueillera plus tard le cabaret El Morocco abritait déjà un club de divertissement à la fin des années 1930. -
LE SOLEIL, 13 mai 1939.
Annonce indiquant que le cabaret et club de nuit “Embassy”, situé au 1433, rue Mansfield à Montréal, est offert à louer « tout meublé ». L’annonce, placée par M. Peate, confirme l’existence d’un cabaret à cette adresse à la fin des années 1930, avant l’ouverture du El Morocco l’année suivante. -
THE MONTREAL STAR, 9 février 1934, p. 15.
Publicité annonçant l’ouverture du cabaret-restaurant The Embassy, situé au 1433 Mansfield Street à Montréal. L’annonce présente l’établissement comme un lieu offrant dîner, cocktails et divertissements, avec orchestre, « floor show » et spectacles quotidiens. La publicité mentionne également un dîner servi de 6 à 9 heures pour 75 cents et précise « No Cover or Minimum ». Cette source confirme l’existence d’un cabaret à cette adresse dès le milieu des années 1930, bien avant l’ouverture du El Morocco en 1940. -
THE MONTREAL STAR, 6 février 1934, p. 8.
Article annonçant l’ouverture imminente du cabaret The Embassy, présenté comme le plus récent cabaret de Montréal. L’établissement doit ouvrir le vendredi de la même semaine au 1433 Mansfield Street. Le programme prévoit notamment un orchestre entièrement féminin, un « dinner dance » en début de soirée et un « floor show » présenté plus tard dans la nuit, illustrant la formule typique des cabarets nord-américains des années 1930. -
THE MONTREAL STAR, 13 décembre 1927, p. 17.
Publicité pour la PEATE MUSICAL INSTRUMENT SHOP et la PEATE SCHOOL OF MUSIC, situées au 1431-1433 Mansfield Street, juste au-dessus de la rue Sainte-Catherine. L’annonce présente l’établissement comme possédant l’un des plus importants inventaires d’instruments au Canada et « la plus grande école de musique de ce genre au pays ». Elle indique également que la maison Peate agit comme agent montréalais pour plusieurs marques d’instruments réputées, dont Martin, Ludwig, Deagan et Bacon, tout en offrant des cours privés et un service de réparation pour instruments à vent, à cordes et de percussion. -
THE GAZETTE, 20 février 1984, p. 30.
Article intitulé « This family has made music for 85 years » consacré à l’entreprise montréalaise Peate Musical Supplies Ltd.. Le texte rappelle que la compagnie a été fondée en 1899 par George Peate, un mandoliniste originaire d’Utica (New York), et qu’elle est demeurée une entreprise familiale pendant plusieurs générations. L’article souligne que la firme est devenue l’un des plus importants distributeurs d’instruments de musique au Canada, offrant des centaines de modèles provenant d’Europe, du Japon et des États-Unis, et fournissant notamment des instruments aux écoles et aux orchestres. En 1984, l’entreprise est dirigée par Richard Peate, président de Peate Musical Supplies Ltd. -
THE GAZETTE, 16 août 1999, pp. 49-50.
Article intitulé « A bit of pluck » retraçant l’histoire de l’entreprise montréalaise Peate Musical Supplies Ltd. à l’occasion de son centenaire. Le texte rappelle que la compagnie a été fondée en 1899 par George A. Peate, un mandoliniste originaire d’Utica (New York), qui commence par enseigner le mandolin à Montréal avant de vendre des instruments à ses élèves. L’article évoque notamment la popularité des orchestres de mandolines au début du XXe siècle, dont celui de la Montreal Amateur Athletic Association, dirigé par George Peate. Il souligne également que l’entreprise, toujours dirigée par la famille Peate à la fin du XXe siècle sous la présidence de Richard Peate, est devenue un important distributeur canadien d’instruments et de fournitures musicales. -
LA PRESSE, 9 novembre 1967.
Article intitulé « Les flammes ont fait rage durant cinq heures au cœur de Montréal » relatant un important incendie survenu dans un immeuble commercial situé aux 1431 et 1433, rue Mansfield, entre les rues Sainte-Catherine et Maisonneuve. Le feu, qui aurait débuté au sous-sol, se propage rapidement au rez-de-chaussée, où se trouve le magasin Peate Musical Co., ainsi qu’aux étages supérieurs occupés par le cabaret Silver Slipper. Environ 150 pompiers sont mobilisés pour combattre l’incendie pendant plusieurs heures. Plusieurs personnes sont incommodées par la fumée, dont des employés du magasin de musique et des pompiers, mais aucun blessé grave n’est signalé. -
LA PRESSE, 21 novembre 1967.
Brève publiée dans la rubrique « Cambriolages » mentionnant qu’un établissement récemment ravagé par un incendie a été victime d’un vol. Les propriétaires du magasin Peate Musical, situé au 1431, rue Mansfield, voisin du cabaret Silver Slipper au 1433 Mansfield, signalent que des cambrioleurs ont forcé les panneaux cloués sur les vitrines depuis l’incendie et ont dérobé plusieurs instruments, dont sept amplificateurs et des guitares, pour une valeur estimée à plus de 5 900 dollars. -
THE MONTREAL STAR, 4 août 1928.
Annonce indiquant que la British Spiritualist Church tenait des réunions publiques au 1433 Mansfield Street à Montréal. Les rencontres avaient lieu le dimanche soir à 19 h 30, avec des messages spirituels présentés par la médium Mrs. Jean Tank, ainsi qu’une réunion publique le jeudi soir. Cette mention montre que l’adresse servait de salle de réunion religieuse ou associative à la fin des années 1920, bien avant l’ouverture du cabaret The Embassy en 1934. -
THE MONTREAL STAR, 2 août 1930.
Annonce de la British Spiritualist Church indiquant que ses réunions se tiennent au 1433 Mansfield Street, « over Peat’s Music Store ». Les services publics ont lieu le dimanche soir à 19 h 30 et comprennent des conférences et des « spiritual messages » présentés par différents médiums, dont Mrs. Lees, Mrs. Ritchie et Mr. Williams. Des rencontres publiques sont également organisées le jeudi soir. Cette mention confirme que le bâtiment abritait des réunions spiritualistes à la fin des années 1920 et au début des années 1930, avant sa conversion en cabaret quelques années plus tard. -
THE MONTREAL STAR, 21 mars 1931.
Annonce de la British Spiritualist Church indiquant que ses réunions se tiennent au 1433 Mansfield Street, dans Peate’s Music Hall. L’annonce mentionne un service public le dimanche soir à 19 h 30, avec conférence de Mr. C. A. Williams, ainsi qu’un cercle spirituel et des activités de psychométrie dirigées par Mrs. Hudson. Cette source confirme que le bâtiment abritait encore des réunions spiritualistes au début des années 1930, avant sa transformation en cabaret quelques années plus tard. -
THE MONTREAL STAR, 12 septembre 1931.
Lettre publiée sous le titre « Fake Mediums Disowned » dans laquelle C. Williams, président de la British Spiritualist Church, critique les « faux médiums » qui exploitent le public sous couvert de spiritualisme. Williams explique que les réunions spiritualistes légitimes nécessitent parfois la location d’une salle et que de modestes frais peuvent être demandés pour couvrir ces coûts. Cette lettre confirme l’activité du groupe spiritualiste à Montréal au début des années 1930, dont les réunions se tenaient notamment au 1433 Mansfield Street. -
THE MONTREAL STAR, 4 septembre 1931.
Lettre publiée sous le titre « Duping the Public » dans laquelle Dorothy Davis Stein critique les pratiques de certains médiums qu’elle considère frauduleuses. L’auteure évoque l’existence de réunions spiritualistes payantes à Montréal et appelle les autorités à enquêter sur ces activités. Ce texte illustre les débats et controverses entourant le mouvement spiritualiste dans la ville au début des années 1930, période durant laquelle des groupes comme la British Spiritualist Church tenaient également des réunions publiques. -
LA PATRIE, 9 juillet 1930.
« Pour annoncer la grande ouverture du restaurant The Golden Dome » — publicité annonçant l’ouverture du restaurant et salle de danse The Golden Dome au 1433, rue Mansfield. L’annonce présente l’établissement comme un « Palace Oriental » moderne consacré au dîner et à la danse à Montréal. La musique est assurée par Marcel Bernard et son orchestre Golden Dome, et la danse est offerte chaque soir à partir de 9 h 30. La publicité souligne également l’absence de frais de couvert, un menu « Blue Plate » servi quotidiennement pour 45 cents, ainsi que la présence d’un permis de bière et de vin. -
LA PRESSE, 30 juin 1931.
Avis judiciaire publié par la Cour supérieure du district de Montréal concernant Z. Limoges et C. Frank Woo & Westley Woo, exploitant le Golden Dome Restaurant au 1433, rue Mansfield. Le document annonce qu’à la suite d’un jugement rendu le onzième jour de juillet 1931, le commerce et les biens associés à l’établissement — incluant débuts de salle à dîner, meubles, etc. — doivent être vendus par autorité de justice afin de satisfaire les créanciers des défendeurs. -
LA PRESSE, 30 octobre 1933.
« La vente des liqueurs étroitement surveillée ». Article indiquant que la police de la Commission des liqueurs poursuit sa campagne contre certains cabarets et restaurants ne respectant pas les règlements entourant la vente de bière et de vin. Le texte précise que plusieurs permis ont été révoqués, dont celui du Golden Dome Café, mentionné parmi les établissements visés par ces mesures disciplinaires. -
THE MONTREAL STAR, 7 novembre 1933.
Publicité pour le Cafe St. Moritz, situé au 1433 Mansfield Street, présenté comme l’un des cafés importants de Montréal. L’annonce met de l’avant une formule combinant repas et divertissement, avec dîner servi pour 85 cents et déjeuner de semaine pour 55 cents, ainsi qu’un menu complet comprenant hors-d’œuvre, plats principaux et desserts. La musique est assurée par Jules Guenette and his orchestra, et l’établissement souligne l’absence de frais de couvert ou de minimum. La publicité mentionne également la présence de vins et de boissons, ainsi que des installations pouvant accueillir des réceptions privées. -
THE MONTREAL STAR, 7 mars 1942, p. 22.
Article intitulé « New Club To Open » annonçant l’ouverture prochaine du cabaret El Morocco, présenté comme l’un des night clubs les plus spectaculaires de Montréal. L’établissement doit ouvrir le 12 mars 1942 et pourra accueillir au moins 300 personnes. Le texte décrit un décor moderne composé de murales colorées à finition fluorescente, de cuirs rouges à l’entrée, de murs recouverts de miroirs aux étages supérieurs et de plafonds vitrés produisant des effets lumineux. Un salon adjacent est décoré dans des tons de bleu et l’ensemble de l’établissement est climatisé. L’article annonce également que Jack Denny dirigera l’orchestre du club, tandis que Al Bernie agira comme maître de cérémonie lors du spectacle d’inauguration. -
MARRELLI, Nancy. Stepping Out: The Golden Age of Montreal Night Clubs.
Montréal : Véhicule Press, 2004, p. 72.
Court passage consacré au El Morocco, décrit comme l’un des nightclubs les plus importants de Montréal durant l’âge d’or des cabarets. L’auteure mentionne que le club, qui partageait son nom avec le célèbre établissement new-yorkais El Morocco, présentait des floor shows, une ligne de chorus girls et des spectacles d’artistes populaires, accompagnés dans les années 1950 par l’orchestre dirigé par Maury Kaye. Marrelli précise également que le nom El Morocco fut utilisé pour trois établissements distincts à Montréal, dont le premier se trouvait au 1433, rue Mansfield, dans un bâtiment qui avait auparavant accueilli plusieurs clubs et cabarets, dont le Washington Club, le Embassy, le Golden Dome, le Cavendish et le Silver Slipper. -
GILMORE, John. Une histoire du jazz à Montréal.
Montréal : Lux Éditeur, 2009, p. 225-227.
L’auteur évoque le rôle du El Morocco dans la vie nocturne montréalaise et mentionne notamment l’orchestre dirigé par le pianiste et chef d’orchestre Maury Kaye, figure importante du milieu musical montréalais des années 1950. Gilmore décrit la formation de Kaye comme l’un des ensembles maison les plus réputés des nightclubs de la ville, réunissant plusieurs musiciens de jazz locaux. Le texte souligne également le caractère discipliné et professionnel de l’orchestre, dont les membres se produisaient chaque soir en tenue formelle et accompagnaient les spectacles présentés dans le club. L’auteur rappelle enfin que le El Morocco de la rue Mansfield fut le premier établissement montréalais à porter ce nom, avant que d’autres clubs appelés El Morocco n’ouvrent plus tard à Montréal, notamment près du Forum [50]. -
WEINTRAUB, William, City Unique: Montreal Days and Nights in the 1940s and ’50s,
Montréal, McClelland & Stewart, 1996 (2e impression), p. 120-123, 126-127.
L’auteur décrit le El Morocco comme l’un des nightclubs les plus célèbres de Montréal durant les années 1940. Selon Weintraub, le club était réputé pour ses chorus girls, ses spectacles de variétés et ses floor shows présentés sur scène devant une salle remplie de petites tables où les clients prenaient repas et cocktails pendant les spectacles. L’établissement possédait également de longs bars et une piste de danse où l’orchestre maison accompagnait les performances. Weintraub souligne que le cabaret attirait une clientèle mondaine et de nombreuses célébrités du monde du sport et du spectacle, dont les boxeurs Jack Dempsey et Jack Sharkey, ainsi que la célèbre danseuse Lili St. Cyr, qui fréquentait régulièrement l’établissement lors de ses séjours à Montréal. -
LA PRESSE, 13 juillet 1971, p. B3.
André Trudelle, « Le Québec perd un grand champion en Yvon Robert ».
Article publié au lendemain du décès du lutteur montréalais Yvon Robert, mort à l’âge de 56 ans à la suite d’une crise cardiaque. Le texte retrace les grandes étapes de sa carrière, rappelant qu’il remporta à plusieurs reprises le championnat mondial de la National Wrestling Association et qu’il fut l’une des plus grandes attractions de la lutte professionnelle au Canada. L’article souligne également l’immense popularité de Robert à Montréal, où ses combats attiraient des foules considérables, notamment au Forum et au stade Delorimier [92]. -
LE DROIT, 27 février 1948.
« Yvon Robert dans les mines ».
Brève mentionnant les activités d’affaires du célèbre lutteur québécois Yvon Robert. L’article indique que Robert, qui devient alors agent d’immeubles, est également propriétaire d’un cabaret et administrateur d’une compagnie privée. Le texte rapporte qu’il s’associe à un syndicat d’hommes d’affaires de Montréal dans le but d’acquérir la mine d’or Southvue, située dans la même région que la mine Golyue, illustrant l’implication du lutteur dans divers projets commerciaux à la fin des années 1940. -
LE MONDE OUVRIER (THE LABOR WORLD), 11 mars 1944.
Publicité pour le CAFÉ YVON ROBERT Ltée, présenté comme « le plus chic café dans l’est ». L’annonce indique que l’établissement, situé au 4558 rue Notre-Dame Est (entre les rues Aird et Bennett), offre repas, bière, vins, danse et liqueurs de toutes sortes. La direction est attribuée à Yvon Robert, président, avec Maurice Robert comme vice-président et Armand Robert comme secrétaire-gérant. -
LE DROIT, 27 février 1948.
« Yvon Robert dans les mines ».
Brève mentionnant les activités d’affaires du célèbre lutteur québécois Yvon Robert. L’article indique que Robert, qui devient alors agent d’immeubles, est également propriétaire d’un cabaret et administrateur d’une compagnie privée. Le texte rapporte qu’il s’associe à un syndicat d’hommes d’affaires de Montréal dans le but d’acquérir la mine d’or Southvue, située dans la même région que la mine Golyue, illustrant l’implication du lutteur dans divers projets commerciaux à la fin des années 1940. -
DIMANCHE-MATIN, 6 mai 1956, p. 18.
Jacques Francoeur, « Fourré partout même si ça vous choque ».
Chronique mentionnant les nombreuses activités d’affaires du lutteur montréalais Yvon Robert. L’auteur affirme que Robert est impliqué dans divers secteurs, notamment dans des restaurants, des cabarets et d’autres entreprises commerciales, illustrant la présence étendue du champion dans le monde des affaires et du divertissement à Montréal au milieu du XXe siècle. -
LE PETIT JOURNAL, 13 novembre 1949.
Brève indiquant que le lutteur montréalais Yvon Robert et le promoteur de lutte Eddie Quinn viennent de faire l’acquisition du cabaret Chez Maurice. La note précise qu’il est alors envisagé que l’établissement prenne éventuellement le nom de « El Morocco », en souvenir d’un cabaret montréalais du même nom ayant existé auparavant. -
THE GAZETTE, 14 décembre 1955, p. 18.
« Edith Piaf Heard At El Morocco ». Article consacré à la prestation de la chanteuse française Edith Piaf au El Morocco de Montréal. Le texte souligne que l’artiste, déjà reconnue comme l’une des plus grandes vedettes du cabaret international, présente alors un engagement rare dans la métropole. L’article décrit l’accueil enthousiaste du public montréalais et met en avant l’intensité émotive de son interprétation. Il mentionne également que la musique du spectacle est assurée par l’orchestre de Maury Kaye, formation associée au club durant cette période [58]. -
PHOTO-JOURNAL, 17 décembre 1955.
« La ronde de minuit ». Brève consacrée à l’actualité des cabarets montréalais. L’article mentionne que le directeur du El Morocco, Peter Van der North, met en place un nouveau système de réservation de tables à l’occasion de l’engagement de la chanteuse française Edith Piaf. Les admirateurs de la vedette, surnommée la « môme de Paris », peuvent ainsi se présenter directement au club pour acheter leurs billets et s’assurer une place. La chronique précise également que la présence de Piaf à Montréal ne doit durer qu’une semaine. -
RADIOMONDE ET TÉLÉMONDE, 25 janvier 1958.
Chronique évoquant le directeur du El Morocco, Peter Van der North. L’auteur souligne avec une pointe d’ironie que Van der North fait volontiers appel aux journalistes de langue française lorsqu’il souhaite obtenir de la publicité pour un spectacle dont le succès n’est pas assuré. Toutefois, lorsqu’un artiste attire déjà les foules — l’article mentionne notamment l’engagement de la chanteuse Eartha Kitt — le directeur devient difficile à joindre et l’accès aux réservations peut s’avérer compliqué, le club affichant alors complet [60]. -
LE PETIT JOURNAL, 30 décembre 1956.
Brève mentionnant Peter Van Der North, propriétaire et directeur du El Morocco. L’article indique qu’il agit alors comme juge à l’émission télévisée Pick the Stars. La chronique souligne également son sens du spectacle et son rôle dans la découverte et la promotion de plusieurs artistes au El Morocco. Le texte fait aussi référence à un article du magazine américain Variety consacré à la popularité des danseuses dans les cabarets montréalais et rappelle, dans le même contexte, un raid de la moralité ayant visé le café New Orleans [61]. -
LE PETIT JOURNAL, 24 janvier 1954.
« La boîte à vedettes ». Chronique consacrée à l’actualité des cabarets montréalais. L’article annonce l’ouverture prochaine du café Chez Van, situé près du Forum de Montréal, dont les propriétaires sont Eddie Quinn et Peter Van Der North, également associés au El Morocco. Le texte précise que le nouvel établissement doit devenir un lieu de rencontre privilégié des sportifs et qu’il est présenté comme l’une des salles les plus luxueuses de la métropole [62]. -
LE PETIT JOURNAL, 16 mai 1954.
« La boîte à vedettes ». Chronique consacrée à l’actualité des cabarets et salles de spectacle de Montréal. L’article mentionne notamment que le chanteur Jerry Coe poursuit son engagement pour une troisième semaine au El Morocco, où l’on peut également voir la chanteuse Helen Philips et John Alden. Le texte précise aussi que Peter Van Der North, propriétaire de l’établissement, souhaite inviter de temps à autre des chanteuses françaises afin de donner à son cabaret un caractère international et de plaire à la fois à la clientèle francophone et anglophone de Montréal. -
THE GAZETTE, 16 avril 1954.
« Person to Person ». Brève mondaine indiquant que Peter Van Der North doit revenir de Floride la semaine suivante à temps pour l’ouverture du El Morocco et de son établissement voisin, le Key Club. Cette mention confirme que Van Der North dirige alors les destinées du cabaret et qu’il prépare la réouverture saisonnière de ces deux lieux de la vie nocturne montréalaise. -
LE PETIT JOURNAL, 21 novembre 1954.
« La boîte à vedettes ». Chronique consacrée à l’actualité des cabarets montréalais. L’article mentionne l’artiste Johnny Pineapple et sa revue d’inspiration hawaïenne présentée au El Morocco. Le texte rapporte également une déclaration de Peter Van Der North, propriétaire du cabaret, affirmant que les propriétaires de salles peuvent désormais engager sous contrat des vedettes de la comédie et de la danse, à la suite d’une entente conclue entre la Guilde des artistes variétés et l’Union des musiciens. Cette entente marque un moment important pour l’organisation des spectacles dans les cabarets de Montréal au milieu des années 1950. -
LE DEVOIR, 13 novembre 1952.
« Le "red light" était inconnu de M. Quinn en 1936 » — article publié dans le contexte de l’enquête sur la moralité menée à Montréal au début des années 1950. Le texte évoque notamment les activités commerciales de Eddie Quinn, figure du milieu des cabarets et des spectacles montréalais, et aborde ses relations d’affaires dans le secteur du divertissement. L’article mentionne également ses liens avec différents acteurs du milieu nocturne de la métropole et replace ces activités dans le contexte plus large de l’industrie des cabarets et de la vie nocturne montréalaise de l’époque. -
GAZETTE DE VALLEYFIELD, 19 janvier 1950, p. 15.
« Jimmie Orlando est des... ». Article retraçant la carrière du joueur de hockey montréalais Jimmie Orlando (né en 1917), ancien joueur du Victoria Junior, du Victoria Senior et du Canadien Senior, repéré par l’organisation des Detroit Red Wings. Après la Seconde Guerre mondiale, il joue notamment pour les Braves de Valleyfield avant de devenir gérant du Café El Morocco à Montréal puis propriétaire de l’Aldo’s Café Restaurant sur la rue La Montagne. -
THE GAZETTE, 1 mars 1946, p. 14.
« Arthur Davidson Dies; Prominent Cafe Owner ». Nécrologie d’Arthur Davidson, figure connue de la vie nocturne montréalaise et propriétaire du Montreal El Morocco. L’article rappelle qu’il avait fondé le café original sur la rue Mansfield, avant de transférer l’établissement dans de nouveaux locaux. -
THE GAZETTE, 27 octobre 1950, p. 3.
« Boxman Said Usually Man Nabbed Though Barbotte Owner Present ». Article portant sur l’enquête sur la moralité à Montréal. Un témoin affirme que Arthur Davidson exploitait un établissement de jeu (« barbotte ») et mentionne plusieurs adresses associées à ces activités, notamment le 1222 rue University. -
LE DEVOIR, 26 octobre 1950, p. 1.
« Ls-Philippe Plante, longtemps croupier pour Davidson, commence à rendre témoignage ». Article relatant un témoignage présenté devant la commission d’enquête sur la moralité à Montréal, où plusieurs témoins décrivent les activités de jeu associées à Arthur Davidson. -
LE DEVOIR, 7 octobre 1950, p. 1.
« Le croupier Litwick donne un “cours” sur la barbotte ». Article décrivant des témoignages présentés à la commission d’enquête sur la moralité. Le texte mentionne le 1222 rue University comme faisant partie du « domaine d’Arthur Davidson et de Max Shapiro ». -
THE GAZETTE, 19 novembre 2010, p. 25.
« Promoter Quinn was one of a kind », par Red Fisher.
Article consacré au promoteur sportif montréalais Eddie Quinn. Le texte rappelle que plusieurs personnalités du monde du spectacle et du divertissement fréquentaient le nightclub El Morocco, situé sur la rue Closse en face du Forum de Montréal, établissement associé à Quinn durant les années 1950. -
THE GAZETTE, 16 avril 2005, p. 58.
« Promoter Quinn was unforgettable », par Red Fisher.
Article rétrospectif consacré au promoteur montréalais Eddie Quinn, figure marquante du monde de la lutte professionnelle et de la boxe à Montréal pendant plus de deux décennies. Le texte rappelle que Quinn, installé à Montréal à partir de 1939, fut longtemps associé aux galas de lutte et de boxe présentés au Forum de Montréal. L’article évoque également ses activités dans la vie nocturne montréalaise, mentionnant le nightclub El Morocco, situé sur la rue Closse en face du Forum, dont Quinn fut propriétaire durant les années 1950. Plusieurs artistes et personnalités du spectacle — dont Billy Daniels et Eartha Kitt — y auraient notamment été présentés. -
THE MONTREAL STAR, 15 décembre 1964, p. 57.
« The Death of Eddie Quinn ».
Article annonçant la mort soudaine du promoteur sportif montréalais Eddie Quinn, figure majeure de la lutte professionnelle et de la boxe à Montréal durant plusieurs décennies. Le texte rappelle que Quinn fut l’un des principaux promoteurs des galas présentés au Forum de Montréal et qu’il fut associé à plusieurs personnalités du milieu sportif, dont Roland Beaudry et Léo Dandurand. L’article précise également que Quinn et Dandurand furent partenaires dans l’établissement du nightclub El Morocco situé sur la rue Metcalfe. -
LE DROIT, 28 janvier 1956, cahier 2, p. 10.
« Édith Piaf », article de Victor Vicq.
Entrevue avec la chanteuse française Édith Piaf réalisée lors de son passage à Montréal. Le texte mentionne que l’artiste se produit alors au cabaret El Morocco, décrit comme l’un des restaurants-cabarets fréquentés de la ville, où elle présente une série de spectacles durant son séjour montréalais. -
BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES NATIONALES DU QUÉBEC (BAnQ).
« The Maury Kaye Quartet, groupe de musique jazz », photographie de Gaby (Gabriel Desmarais), [vers 1951].
Photographie montrant le Maury Kaye Quartet, avec le pianiste montréalais Maury Kaye (né Morris David Kronick). L’image documente l’un des ensembles dirigés par Kaye au début des années 1950, période où il s’impose comme l’un des musiciens actifs de la scène jazz de Montréal.
Sujets : Groupes musicaux ; Jazz.
Référence : P795, S1, D1262.
Collection : Fonds Gabriel Desmarais (Gaby).
Lieu de conservation : Archives nationales à Montréal, Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).
Disponible en ligne : https://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/2856148 . -
THE GAZETTE, 14 janvier 1964.
« Ron Cash Signs Contracts for $50,000 ».
Article annonçant que Ron Cash, nouveau propriétaire du El Morocco, signe une série de contrats totalisant 50 000 $ afin d’amener plusieurs vedettes internationales au nightclub montréalaise. La photographie montre Cash en compagnie de Angelo Varvaro après la signature des ententes. La programmation annoncée comprend notamment Al Martino (24 au 31 janvier), Joe E. Lewis (8 au 15 février), Arthur Lee Simpkins (16 au 22 février), Jack Carter (4 au 11 avril) et Lili St. Cyr (date prévue du 18 au 25 avril). L’article mentionne également la présence de l’actrice hollywoodienne Yvonne De Carlo parmi les artistes apparaissant au cabaret, présenté comme le « Montreal’s First Theatre Restaurant ». -
THE MONTREAL STAR, 2 mai 1927, p. 3.
« Old Merchant Dies in 74th Year ».
Notice nécrologique consacrée au marchand montréalais James Patterson, né à New Glasgow (P.Q.) et décédé à l’âge de 74 ans. Ancien membre de la Royal North-West Mounted Police, Patterson se lance ensuite dans le commerce de détail et ouvre un magasin de bottes et de chaussures sur la rue Wellington avant d’étendre ses activités vers le centre-ville. L’article précise qu’il exploita notamment un commerce sur la rue Mansfield, dans le secteur commercial en expansion de la haute-ville montréalaise. Les archives commerciales indiquent que son magasin était situé au 1431, rue Mansfield (anciennement 127 Mansfield), à proximité immédiate de l’emplacement où seront plus tard établis plusieurs cafés et cabarets, dont ceux du 1433 Mansfield Street. L’article rappelle également que Patterson demeurait associé à la compagnie James Patterson Reg., dont un magasin se trouvait sur la rue Sainte-Catherine Ouest. -
THE GAZETTE, 3 mai 1927, p. 7.
« James Patterson Dead ».
Notice nécrologique consacrée au marchand montréalais James Patterson, décrit comme l’un des plus anciens marchands de chaussures de la ville. Né à New Glasgow (Québec), Patterson sert pendant neuf ans dans la Royal Canadian Mounted Police dans sa jeunesse avant de se lancer dans le commerce. Il ouvre d’abord un magasin de bottes et chaussures sur Wellington Street, puis exploite pendant plusieurs années un commerce sur Notre-Dame Street, près de McGill. Par la suite, il déménage son magasin sur la rue Mansfield, dans le secteur commercial en pleine expansion de la haute-ville montréalaise. Patterson est également associé à la compagnie James Patterson Reg., dont un commerce est situé sur la rue Sainte-Catherine Ouest. L’article mentionne également qu’il fut past master de la Prince Consort Lodge, A.F. & A.M. -
THE GAZETTE, 5 avril 1912, p. 3.
Publicité de James Patterson, fabricant de bottes et de chaussures sur mesure. L’annonce indique que Patterson, établi depuis près de trente ans près de l’angle des rues Notre-Dame et McGill, vient de déplacer son commerce au 127 Mansfield Street, « à deux pas de la rue Sainte-Catherine ». Cette adresse correspond aujourd’hui au 1431, rue Mansfield, immédiatement adjacent au 1433 Mansfield Street, où s’installeront plus tard plusieurs cafés, cabarets et nightclubs du centre-ville montréalais. -
THE MONTREAL STAR, 11 octobre 1879, p. 1.
Annonce de location mentionnant une chambre avec pension dans une « private family » située au 127 Mansfield Street. Cette petite annonce constitue l’une des premières occurrences connues de cette adresse dans la presse montréalaise et confirme l’existence du bâtiment à la fin du XIXe siècle, alors utilisé comme résidence privée offrant des chambres avec pension. -
THE MONTREAL STAR, diverses annonces publiées entre
1891 et 1910.
Plusieurs petites annonces de location mentionnent des chambres ou appartements à louer au 127 Mansfield Street, souvent décrits comme des pièces meublées avec ou sans pension, situées à quelques portes de la rue Sainte-Catherine. Ces annonces suggèrent que l’immeuble fonctionnait alors comme maison de chambres ou résidence locative dans un secteur encore principalement résidentiel de la haute-ville montréalaise. -
THE MONTREAL STAR, 15 septembre 1888, p. 4;
18 septembre 1889, p. 1.
Annonces publiées par Miss Marguerite Sym indiquant qu’elle reprend son enseignement du pianoforte au 127 Mansfield Street. Les annonces précisent qu’elle offre des leçons de piano et accepte des débutants, illustrant l’utilisation de certaines résidences du centre-ville comme lieux d’enseignement musical privé à la fin du XIXe siècle. -
THE MONTREAL STAR, 24 septembre 1906, p. 10;
30 septembre 1907, p. 12; 8 octobre 1908, p. 3;
24 septembre 1908, p. 9.
Annonces publiées par Miss R. Baker-Edwards mentionnant le 127 Mansfield Street comme adresse de contact. Elle y propose des cours de physical culture (culture physique) et des classes de littérature pour jeunes femmes, ce qui témoigne de l’utilisation de la résidence comme lieu d’enseignement privé au début du XXe siècle. -
THE MONTREAL STAR, 5 juillet 1905, p. 5.
Article mondain relatant un mariage célébré à la résidence de James Patterson, située au 127 Mansfield Street. La notice mentionne que la cérémonie a lieu chez Patterson, confirmant qu’il occupait déjà cette adresse au début du XXe siècle, plusieurs années avant l’installation officielle de son commerce de bottes et chaussures sur mesure à cet endroit. -
LE CANADA, 1er mars 1946.
« M. A. Davidson est décédé hier » — avis de décès mentionnant Arthur Davidson, fondateur et propriétaire du café El Morocco. L’article indique qu’il avait ouvert le premier établissement portant ce nom sur la rue Mansfield avant de le transférer quelques années plus tard à un autre emplacement. Davidson est également décrit comme une figure bien connue de Montréal, impliquée dans les milieux militaires et reconnue pour sa générosité envers les soldats et les artistes, à qui il offrait régulièrement des divertissements dans les casernes et les hôpitaux. -
THE GAZETTE, 14 juillet 1967, p. 22.
Publicité annonçant l’ouverture du club Your Father’s Mustache, situé au 1413 rue Lambert-Closse, en face du Forum de Montréal. L’annonce présente un spectacle inspiré de l’ambiance des « Gay Nineties » avec le groupe Levee Loungers, décrit comme « The World’s Worst Banjo Players », et met de l’avant une formule participative de sing-along et drink-along. La publicité précise également l’absence de frais de couvert ou de minimum et souligne la proximité de l’établissement avec la station de métro Atwater. -
THE GAZETTE, 20 octobre 1967.
Publicité annonçant l’ouverture d’une deuxième succursale du club Your Father’s Mustache au Motel Metropole, situé sur le Metropolitan Boulevard East. L’annonce met de l’avant la formule caractéristique de l’établissement — « come-a-long, sing-a-long and drink-a-long » — animée par Johnny Di Mario et son orchestre Dixieland. Cette publicité confirme l’expansion rapide du concept de Your Father’s Mustache à Montréal peu de temps après l’ouverture du premier établissement près du Forum de Montréal [87]. -
THE GAZETTE, 8 juillet 1968.
« Our Town — Transition », chronique d’ Al Palmer consacrée à l’évolution de la vie nocturne montréalaise. Palmer y évoque la disparition progressive des grands spectacles de cabarets — avec leurs orchestres, leurs humoristes et leurs lignes de danseuses — qui dominaient les nightclubs de Montréal des années 1920 aux années 1950. Il souligne que la tendance de la fin des années 1960 s’oriente plutôt vers des atmosphères de pubs et des formes de divertissement plus informelles, citant notamment le succès du style sing-along accompagné au banjo dans des établissements comme le Your Father’s Mustache de Norm Silver. -
THE GAZETTE, 2 juin 1969, p. 13.
« Graduate leaves mark on law school », article de David Stein consacré à Bob Cooper, diplômé de la faculté de droit de l’Université McGill. Le texte évoque notamment son rôle dans l’ouverture, durant l’été de l’Expo 67, du club Norm Silver’s Mustache sur la rue Closse, établissement devenu populaire pour son ambiance honky-tonk et ses soirées participatives. L’article souligne également le parcours universitaire remarquable de Cooper et ses recherches sociologiques sur les conditions de logement à Montréal. -
THE MONTREAL STAR, 18 mars 1972, p. 29.
« Jam in the Mustache », chronique de Dick MacDonald décrivant les jam sessions du dimanche après-midi au Norm Silver’s Mustache, situé sur la rue Closse en face du Forum de Montréal. Ces rencontres ouvertes réunissent chanteurs, auteurs-compositeurs et musiciens de la scène locale, dans une atmosphère informelle mêlant folk, blues, country et rock. -
THE MONTREAL STAR, 8 août 1972, p. D-1.
« Alcohol is at the centre for ‘new generation’ », article de Brian McKenna portant sur les habitudes de consommation d’alcool chez les jeunes adultes au début des années 1970. Le texte mentionne notamment le Club Mustache, exploité par Norm Silver sur la rue Closse en face du Forum de Montréal, présenté comme un lieu fréquenté par une clientèle jeune attirée par la musique rock et l’ambiance décontractée du club. -
THE MONTREAL STAR, 22 avril 1972, p. 36.
« No bar like the Show Bar », article de Juan Rodriguez consacré à Norm Silver et à l’histoire de l’Esquire Show Bar, cabaret situé sur la rue Stanley à Montréal. Le texte retrace l’évolution de l’établissement depuis les années 1930 et souligne le rôle de Silver dans sa programmation musicale, notamment la présentation d’artistes de blues, de jazz et de rhythm and blues, tout en évoquant les transformations du milieu des nightclubs montréalais à partir des années 1960. -
THE MONTREAL STAR, 6 avril 1974, p. E-1.
« Meet ‘The Mauler’ and his mates », article de Josh Freed consacré aux portiers et videurs (bouncers) travaillant au Your Father’s Mustache, club situé sur la rue Closse près du Forum de Montréal. Le texte décrit l’atmosphère du bar et le travail de sécurité effectué par ces employés, dont certains sont d’anciens athlètes ou militaires, chargés de maintenir l’ordre dans cet établissement populaire de la vie nocturne montréalaise [94]. -
THE GAZETTE, 27 mars 1974, p. 21.
« Local bars flourish with talent », article de Bill Mann consacré à la vitalité de la scène musicale des clubs montréalais au début des années 1970. Le texte mentionne Norm Silver’s Mustache, sur la rue Closse près du Forum de Montréal, où se produisent régulièrement des groupes émergents. L’article signale également que le propriétaire du club, Norm Silver, se remet alors d’une récente opération au cœur, tandis que la programmation musicale de l’établissement se poursuit [95]. -
THE MONTREAL STAR, 10 mars 1979, p. D-16.
« The Esquire Showbar remembered », article de Dane Lanken revenant sur l’histoire de l’ Esquire Show Bar, cabaret montréalais ouvert en 1937 et longtemps associé à l’exploitant Norm Silver. Le texte évoque le rôle du club dans la présentation d’artistes de jazz, de blues et de rhythm and blues, ainsi que son importance dans la vie nocturne du secteur du Forum de Montréal. L’article rappelle également les nombreuses vedettes qui s’y sont produites au fil des décennies, dont Jimi Hendrix, Count Basie, Buddy Rich, Chubby Checker, Bo Diddley et Édith Piaf. -
THE GAZETTE, 18 mai 1997, p. 42.
« Club serenades », par William Weintraub.
Article évoquant la vie nocturne montréalaise des années 1940 et le rôle du chef d’orchestre Peter Barry, dont le trio et l’orchestre se produisaient dans plusieurs nightclubs de la ville, notamment au El Morocco, au Chez Maurice et dans d’autres cabarets du centre-ville. Weintraub souligne que le groupe de Barry était particulièrement apprécié de la clientèle aisée des clubs montréalais, grâce à son répertoire de musique sophistiquée et à sa capacité à créer l’ambiance musicale recherchée dans les établissements mondains de l’époque. -
THE GAZETTE, 10 août 2008, p. 12.
« Bandleader shone during Montreal’s big-band era », par Alan Hustak.
Avis de décès du chef d’orchestre montréalais Peter Barry (1915-2008), figure importante de la scène des orchestres de danse durant les années 1940 et 1950. Né Samuel Herbert Greisman à Toronto, Barry arrive à Montréal pendant la Dépression et commence sa carrière comme batteur dans des clubs de la rue Stanley avant de former son propre orchestre après la Seconde Guerre mondiale. Son groupe se produit dans plusieurs nightclubs et salles de prestige de Montréal, dont le El Morocco, où il dirige un orchestre dans les années 1950 avec la chanteuse Norma Hutton. Barry accompagne également Frank Sinatra lors d’un spectacle au Chez Parée en 1953 et demeure l’un des chefs d’orchestre associés à l’ère des big bands dans la vie nocturne montréalaise. -
LE PETIT JOURNAL, 3 janvier 1954, p. 30.
« Si vous êtes noctambule… Montréal continue d’être l’une des capitales du "Show Business" en Amérique », par Roland Côté.
Article consacré à la vitalité de la vie nocturne montréalaise au début des années 1950. L’auteur affirme que, dans le domaine du cabaret, Montréal demeure l’une des villes les plus importantes en Amérique, se classant derrière New York et Las Vegas. Le texte évoque plusieurs établissements du centre-ville — notamment Chez Parée, le Casino Bellevue, le Continental, le Ritz Café et le Normandie Roof — où se produisent alors de nombreuses vedettes internationales, dont Dorothy Lamour, Lena Horne, Billy Daniels, Peggy Lee, Sophie Tucker et Nelson Eddy, illustrant l’importance de Montréal dans le circuit nord-américain du spectacle à cette époque. -
CBC ARTS, 7 février 2022.
« Growing up in a segregated Montreal set the tone for Oscar Peterson's complex relationship to Canada », article de Huda Hassan consacré au pianiste de jazz Oscar Peterson. Le texte évoque son enfance dans le quartier de Little Burgundy, centre historique de la communauté noire montréalaise, où plusieurs musiciens de jazz ont grandi. L’article rappelle également que, malgré l’absence de lois officielles de ségrégation au Canada, les musiciens noirs faisaient souvent face à des pratiques discriminatoires dans certains clubs et établissements de divertissement de Montréal au milieu du XXe siècle [100]. -
THE GAZETTE, 24 mars 1967.
Publicité annonçant l’ouverture du cabaret Chez Guilda, situé au 1445 rue Closse, en face du Forum de Montréal. L’annonce présente le spectacle “Guilda Follies”, décrit comme une nouvelle revue musicale mettant en vedette l’artiste Guilda accompagnée d’une distribution d’environ quinze interprètes, dont Cha Cha Cook, Nadege, John Montgomery, Lajos et Kathy Molnar. La publicité précise que la production est inspirée des Follies Bergère de Paris et que la chorégraphie est assurée par John Montgomery, tandis que la direction musicale est confiée à Jacques Brunelle. L’annonce indique plusieurs représentations quotidiennes et souligne que l’établissement accepte les réservations téléphoniques. -
LA PRESSE, 29 juin 2012, section Arts, p. 10.
« Jean Guilda (1924-2012) – Un précurseur de la diversité sexuelle », article de Sylvie St-Jacques publié à la suite du décès de Jean Guilda. Le texte retrace la carrière de cet artiste de cabaret né Jean Guida de Mortellaro, qui devient dès les années 1950 une figure marquante du music-hall et des cabarets québécois. Reconnu pour ses spectacles de travestissement inspirés notamment de Marilyn Monroe, Guilda s’impose comme une vedette populaire de la scène nocturne montréalaise à une époque où l’expression de la diversité sexuelle demeure rarement visible dans l’espace public. L’article souligne également son rôle de pionnier culturel et social, plusieurs observateurs considérant ses spectacles comme ayant contribué à banaliser et à rendre plus acceptable la présence d’artistes de genre non conforme dans le monde du divertissement québécois. -
LE DEVOIR, 29 juin 2012, section Week-End Culture.
« Adieu Guilda ! », article de Catherine Lalonde. Ce texte publié à la suite du décès de Jean Guilda (Jean Guida de Mortellaro, 1924-2012) retrace la carrière de l’artiste transformiste qui marqua les nuits des cabarets québécois durant plusieurs décennies. Né en France, Guilda amorce sa carrière en Europe avant de s’imposer au Québec à partir des années 1950, notamment dans les cabarets montréalais où ses spectacles inspirés du music-hall et de la tradition burlesque attirent un vaste public. Reconnu pour ses imitations de vedettes comme Marlene Dietrich, Rita Hayworth ou Édith Piaf, il devient une figure emblématique de la scène nocturne et du spectacle de transformisme au Québec. L’article souligne également l’importance culturelle de Guilda dans l’histoire des cabarets montréalais et son rôle dans l’évolution de la perception des artistes de travestissement dans la culture populaire québécoise. -
Fonds Marie-Claude Felton.
Photographie montrant Edmond Felton derrière le bar du cabaret El Morocco, à Montréal. L’image est généralement datée de la période 1945-1949, durant les dernières années d’activité de l’établissement sous sa deuxième incarnation. La photographie, conservée dans les archives familiales de Marie-Claude Felton, constitue un rare témoignage visuel de l’intérieur du cabaret et de son personnel à la fin des années 1940. -
THE GAZETTE, 25 octobre 1966, p. 16.
PETER DIOME, « Quintet At Casa Loma; El Morocco Plans A Change ». Chronique consacrée à l’actualité des nightclubs montréalais. L’article mentionne notamment les difficultés rencontrées par le cabaret El Morocco, situé au 1445 rue Closse en face du Forum de Montréal, avec sa récente formule de théâtre-cabaret. Selon l’auteur, cette orientation artistique s’est révélée être « a gamble that didn’t pay off ». Une publicité annonçant la présentation de West Side Story pour « les trois derniers jours » n’a finalement tenu l’affiche que deux jours. Le texte indique que le propriétaire Norm Silver envisage alors un changement de direction afin de ramener l’établissement vers une formule plus traditionnelle de nightclub de variétés. -
THE GAZETTE, 30 novembre 1966, p. 23.
Publicité annonçant la présentation au cabaret El Morocco du spectacle « Abstract Nudes A Go-Go », décrit comme « The World’s Newest Sense-Sation ». L’annonce présente un go-go show mettant en scène des danseuses exécutant leurs performances dans des structures cylindriques, accompagné d’une discothèque et de soirées dansantes. Le cabaret est situé au 1445 Closse Street, en face du Forum de Montréal, et la publicité invite les spectateurs à découvrir ce spectacle présenté comme une première montréalaise, avec le slogan « You Gotta See It To Believe It! ». -
LE DROIT, 26 juin 1970, cahier 2, p. 2.
« “Zoom en liberté” présente Lee Gagnon ». Article consacré au musicien montréalais Lee Gagnon, chef d’orchestre de l’émission télévisée Zoom en liberté. Le texte retrace son parcours dans le milieu du jazz montréalais et rappelle son intérêt précoce pour les grands musiciens tels que Duke Ellington, Tommy Dorsey, Benny Goodman, Dizzy Gillespie et Oscar Peterson. On y souligne également sa participation au Festival de jazz de Montréal ainsi que sa collaboration avec plusieurs émissions de variétés de la télévision québécoise. L’article annonce enfin une diffusion de l’émission le 28 juin, mettant en valeur le travail de Gagnon comme chef d’orchestre et arrangeur. -
LE COURRIER DE LA NOUVELLE-ÉCOSSE, 4 avril 1974, p. 13.
« Lee Gagnon sera à l’honneur », article de Nicole Martin. Le texte annonce une émission de la série télévisée Tempo, diffusée dans le cadre des Beaux Dimanches à la chaîne française de Radio-Canada, consacrée à la musique du compositeur et musicien de jazz Lee Gagnon. L’émission met en vedette les chanteuses Nicole Martin, Céline Lomez et Ginette Reno, qui interprètent des chansons composées par Gagnon. Originaire de Matane, Gagnon y est présenté comme l’un des musiciens de jazz réputés du Canada. L’article souligne également son travail de compositeur pour la télévision, le cinéma et la scène, notamment la musique du ballet Jérémie, ainsi que sa participation à des productions mêlant jazz, chanson et formes musicales contemporaines. -
THE GAZETTE, 7 août 1967, p. 13.
« Lee Gagnon Jazz Group ». Brève annonçant une série de concerts du Lee Gagnon Jazz Ensemble présentés du 8 au 11 août 1967 au Canada Pavilion Theatre, dans le cadre de spectacles d’une durée d’environ quatre heures débutant à 14 h 30. L’article décrit Lee Gagnon comme l’un des principaux musiciens de jazz du Canada, dont le jeu de saxophone s’est fait connaître à Montréal lors du Festival de Montréal de 1962. Originaire du Québec, Gagnon a étudié au Conservatory of Music and Dramatic Art of the Province of Quebec, où il s’est formé au saxophone et à la clarinette, avant de se spécialiser en harmonie et en contrepoint à la faculté de musique de l’ Université de Montréal. -
THE CANADIAN ENCYCLOPEDIA, « Lee Gagnon »,
Historica Canada, en ligne :
https://thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/gagnon-lee.
Notice biographique consacrée au musicien et compositeur québécois Lee Gagnon (né le 2 septembre 1934 à Amqui, au Québec). Saxophoniste ténor et alto, flûtiste, arrangeur et compositeur, Gagnon s’est imposé comme une figure importante du jazz canadien. Formé notamment au Conservatoire de musique et à la faculté de musique de l’Université de Montréal, il a mené une carrière active comme chef d’orchestre, compositeur et arrangeur, tout en participant à de nombreuses émissions de radio et de télévision ainsi qu’à divers concerts et festivals de jazz au Canada. [oai_citation:0‡The Canadian Encyclopedia](https://thecanadianencyclopedia.ca/en/article/lee-gagnon-emc?utm_source=chatgpt.com) -
BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES NATIONALES DU QUÉBEC (BAnQ).
DESILETS, Antoine, « Lee Gagnon, musicien », photographie, 1967. Fonds La Presse, notice archivistique P833,S2,D2130, conservée aux Archives nationales à Montréal. Le dossier comprend plusieurs négatifs et épreuves photographiques représentant le musicien et chef d’orchestre Lee Gagnon au cours de l’année 1967, période où il est actif sur la scène du jazz montréalais et dans diverses productions musicales et télévisuelles [107] [109]. En ligne : https://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/4049669. -
BANQ NUMÉRIQUE. Al Palmer, né Alan Douglas Palmer, journaliste. Photographie de Photo Gaby (Gabriel Desmarais), 1953.
Notice archivistique : P795, S1, D1525. Fonds Gabriel Desmarais (Gaby). Lieu de conservation : Archives nationales à Montréal.
En ligne : https://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/2857317


















































