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Café des Artistes / Le Crash (Montréal)

Le Café des Artistes, situé au 1473, boulevard Dorchester Ouest (aujourd’hui René-Lévesque Ouest), figure parmi les lieux les plus emblématiques de la sociabilité artistique montréalaise des années 1950 et 1960. Bien au-delà d’un simple restaurant, il agit comme carrefour culturel, point de ralliement médiatique, lieu d’expositions et de vernissages, et socle des discothèques établies à l’étage — dont la plus célèbre demeure Le Crash (ainsi que des établissements apparentés, dont le Chic-Choc et le Henri Club.)

1. Présentation

Le Café des Artistes appartient à la constellation des lieux montréalais de l’après-guerre où l’on vient se restaurer, tenir salon et prolonger la soirée après les spectacles. Dans la presse spécialisée du spectacle (Radiomonde, Télémonde, puis Télé-radiomonde), l’établissement apparaît comme une adresse familière : on y décrit des réceptions, des rencontres, une circulation continue d’artistes et de travailleurs des milieux de la radio et de la télévision, et un statut de “carrefour” au centre-ville.

La lecture “musée” du lieu repose sur sa superposition programmatique : un café culturel au niveau de la rue, et, au-dessus, une vie nocturne portée par des discothèques, dont Le Crash, associées à la modernité urbaine de la période.

2. Origines et implantation (Dorchester / Mackay)

Implanté à l’angle du boulevard Dorchester Ouest et de la rue Mackay, le Café des Artistes prend place au cœur d’un centre-ville en pleine mutation, à proximité immédiate de pôles médiatiques, de théâtres et d’hôtels. Cette situation stratégique favorise sa fréquentation par les milieux du spectacle et des communications. Dès la fin des années 1950, la presse et les chroniques spécialisées le décrivent comme un lieu « central », fréquenté par des artistes, des journalistes, des comédiens et de nombreux employés de Radio-Canada, notamment lorsque ceux-ci ne se retrouvaient pas au bar La Seine. Le café — et plus particulièrement sa terrasse, parmi les premières du genre à Montréal — s’impose alors comme un prolongement informel du milieu du spectacle, un espace de sociabilité où se croisent créateurs, animateurs et artisans de la radio et de la télévision.

La presse régionale (1958) documente également l’établissement sous l’angle d’une destination “d’artistes” au centre-ville, associée à Hector Tellier et sa femme Ghislaine Branchaud , et décrit le café comme une adresse déjà bien installée dans la culture populaire.

3. Ghislaine Branchaud Tellier : une femme centrale de la vie culturelle

Ghislaine Tellier occupe une place fondamentale dans l’histoire du Café des Artistes. Souvent réduite, rétrospectivement, à son rôle d’épouse, la presse de l’époque et les légendes de photos la montrent comme gestionnaire, hôtesse, animatrice — et, selon une mention explicite, comme chef-cuisinière du lieu. Sa présence incarne la dimension “maison” du Café : un endroit où l’on revient, où l’on est reconnu, et où l’on peut organiser des événements collectifs.

« C’est l’épouse de Jean-Pierre Masson, Ghislaine Tellier-Masson, qui agit comme chef-cuisinier au “Café des Artistes”. D’après les clients, elle se débrouille fort bien. »

Télé-Radiomonde, 16 décembre 1972

Re-mariée en 1972 à Jean-Pierre Masson (Acteur; rôle de Séraphin dans Les Belles Histoires des Pays-d'en-Haut), Ghislaine développe une trajectoire autonome en affaires; la presse titre explicitement sur la vente du café et met en scène, en creux, les contraintes sociales imposées aux femmes entrepreneures.

« Pour plaire à mon mari, j’ai vendu mon “Café des Artistes”. »

— Ghislaine Tellier, Télé-Radiomonde, 28 juillet 1973

4. Vernissages, expositions et vie artistique visuelle

Les archives consultées confirment l’usage du Café des Artistes comme lieu culturel au sens large : pages mondaines, réceptions, soirées, “premières joyeuses”, et ouverture d’une nouvelle salle. Dans ce contexte, il est pertinent (et conforme aux pratiques montréalaises des années 1950–1960) de documenter le Café comme espace d’accrochage et d’expositions temporaires, souvent hors institutions, où les murs servent de supports et où les soirées de lancement prennent la forme de réceptions.

5. La salle “L’Aiglon” (extension / nouvelle salle)

En janvier 1962, Radiomonde publie une page illustrée signalant que le Café des Artistes est désormais doté d’une nouvelle salle appelée « L’Aiglon », décrite comme une extension visant à rendre l’endroit plus plaisant. La légende associe explicitement cette nouveauté à Ghislaine Tellier (propriétaire) et à Jacques Labrecque, dans le contexte d’une soirée de célébration.

Cette mention constitue un repère important : elle montre que le Café se pense comme un lieu d’événements (réceptions, rencontres, possiblement présentations artistiques), et qu’il investit dans une infrastructure interne (nouvelle salle) pour accueillir davantage de public ou diversifier les usages.

6. Les discothèques à l’étage : Le Crash, Chic-Choc et la naissance de la discothèque moderne à Montréal

L’existence de discothèques à l’étage du Café des Artistes s’inscrit dans un moment charnière de l’histoire de la vie nocturne montréalaise : celui du passage du cabaret traditionnel à la discothèque moderne. Contrairement aux salles de spectacle assises ou aux cabarets à numéros, la discothèque privilégie la danse, la musique enregistrée, l’immersion sensorielle et une sociabilité plus libre, souvent associée à la jeunesse urbaine, aux milieux artistiques et médiatiques, et à une modernité cosmopolite.

Dans ce contexte, le site du 1473, boulevard Dorchester Ouest adopte une configuration typique mais encore relativement nouvelle à Montréal : un café-restaurant culturel au niveau de la rue, servant de point de rencontre diurne et d’« après-spectacle », et des établissements nocturnes à l’étage, accessibles en soirée et la nuit. Cette superposition programmatique permet une continuité entre sociabilité intellectuelle, culture, fête et danse, au sein d’un même immeuble.

Les sources permettent d’affirmer avec certitude que les discothèques ne se trouvaient pas dans le Café lui-même, mais bien au-dessus. Le Café des Artistes agit ainsi comme socle social et symbolique d’une vie nocturne plus expérimentale, dont Le Crash constitue l’exemple le plus marquant.

Chronologie attestée des enseignes (selon La Presse, 7 janvier 1971)

Une chronique Spec by night publiée dans La Presse le 7 janvier 1971 fournit un repère rare et explicite sur la succession des établissements associés aux locaux où opère Le Crash. Le texte indique clairement que Le Crash avait succédé à L’Empereur, lui-même successeur du Loup-Garou, puis précise qu’après la fermeture du Crash (survenue en septembre 1970), Ghislaine Tellier décide d’y ouvrir une nouvelle formule sous l’enseigne Le Chic-Choc (piano-bar), annoncée pour la mi-janvier 1971.16 La même chronique évoque également des affectations antérieures (notamment le Cercle des Réalisateurs, la Clef de Sol d’André Lejeune et le Petit Caporal de Raymond Lévesque), sans toutefois en préciser l’ordre chronologique ni les dates exactes.16

  • Le Loup-GarouL’EmpereurLe Crash (succession explicitement formulée)
  • Septembre 1970 : fermeture du Crash
  • Mi-janvier 1971 : ouverture annoncée du Chic-Choc (piano-bar)

Le Crash : une discothèque emblématique — Ouverture 1 août 1967 / Fermeture septembre 1970

Le Crash, autrefois l’Empereur, apparaît comme l’enseigne la plus étroitement associée à l’étage du Café des Artistes. Bien que sa documentation iconographique demeure rare, sa présence est confirmée par des recoupements de presse, des mentions indirectes et une mémoire culturelle persistante. Le Crash appartient à cette génération de clubs qui rompent avec l’esthétique du cabaret pour adopter une ambiance plus abstraite, rythmée par la musique, l’éclairage et la danse.

À l’échelle montréalaise, Le Crash s’inscrit dans une constellation de lieux nocturnes qui, au cours des années 1960, contribuent à faire de la discothèque un espace d’avant-garde culturelle, fréquenté par les artistes, designers, animateurs, travailleurs des médias et figures de la scène moderne.

Le Crash est un endroit qui n’est pas pour les âmes sensibles. D’abord, on le reconnaît rapidement grâce à la moitié d’une voiture fixée au mur extérieur. Puis, une fois à l’intérieur, on découvre des morceaux et des pièces de voitures un peu partout.

Il y a une autre carcasse de voiture au-dessus du bar ; les murs sont décorés de feux arrière clignotants, et les tables sont constituées de disques de verre ronds soutenus par des volants de direction et des colonnes.

Le Crash propose une piste de danse en métal et deux — oui, deux — stroboscopes à part entière. Si vous ne connaissez pas les stroboscopes, ce sont des lumières puissantes et clignotantes qui donnent aux danseurs l’apparence d’acteurs dans un film des années 1920. Là encore, ce n’est pas pour les yeux fragiles.

La musique est ce qui se fait de plus récent chez les groupes pop — Led Zeppelin, Chicago, et autres. Et c’est bruyant. La clientèle est principalement jeune, mais tout le monde est bienvenu ; l’atmosphère n’est pas cliquée, même si, comme dans bien des discothèques, on y retrouve un grand nombre d’habitués.

Les prix sont comparables à ceux des autres discos — 1 $ la bière, 1,50 $ les spiritueux et 1,75 à 2 $ les consommations mixtes.

« Le Crash »

« Ici, on sort de l’ordinaire. On se sent un peu perdu, on a l’impression de pénétrer par erreur dans un “party” privé. Tout le monde se connaît, s’entend. Les gens sont nettement plus jeunes.

Il y a une fille qui danse, en pantalons “mode”, cheveux longs, maquillage accentué. Elle n’a sûrement pas vingt ans. Elle va devenir professeur, en attendant elle va faire du théâtre. Elle est là parce qu’elle y rencontre des amis, des gens qui pensent comme elle.

Une autre a vingt ans, travaille dans une banque. Elle aime les chiffres, les termes excentriques… et le Crash. La façon dont les gens, les hommes en particulier, s’habillent.

Des cheveux très bouclés, des chaînes d’or autour du cou, un costume aux couleurs vives. C’est un garçon, de 22 ou 23 ans. “Ailleurs les gens rient de nous, de nos façons de nous habiller. Ici on nous apprécie, on sait que nous sommes ‘Vogue’. Je n’ai rien contre les gens qui pensent autrement, mais je suis mieux à mon aise ici.”

Il y a aussi des hommes plus âgés, de 30 à 40 ans, qui regardent avec intérêt ce qui se passe, sans trop s’y mêler. Peut-être qu’à la fin de la soirée quelqu’un va organiser un “party” quelque part… »

La Presse, 20 février 1969, Spec — article « Le Crash ».

Jean-Paul Mousseau et Le Crash : la discothèque comme œuvre-environnement

L’histoire du Crash prend une dimension déterminante lorsque l’on considère l’implication de Jean-Paul Mousseau, artiste majeur de l’art abstrait québécois et figure centrale du mouvement automatiste. Dès la fin des années 1950, Mousseau s’impose comme l’un des premiers créateurs à concevoir la discothèque non comme un simple lieu de danse, mais comme un environnement total, intégrant architecture intérieure, lumière, surfaces et circulation des corps.

Dans la presse de l’époque, Le Crash est explicitement associé à Mousseau, alors identifié comme peintre-sculpteur, confirmant que la discothèque relève d’un geste artistique et non d’une simple opération commerciale. Cette attribution place Le Crash dans la continuité directe des autres discothèques conçues par Mousseau à Montréal, où l’art abstrait quitte le cadre du musée pour investir la nuit et la culture populaire.

La démarche de Mousseau repose sur une rupture avec le décor figuratif : reliefs abstraits, textures, volumes, éclairages colorés et dynamiques participent à une expérience sensorielle globale. La musique enregistrée, la danse et la lumière ne sont plus des éléments accessoires, mais les composantes centrales d’une œuvre immersive.

Dans cette perspective, Le Crash doit être compris comme un laboratoire de modernité, où se rencontrent art automatiste, culture nocturne et nouvelles formes de sociabilité urbaine. Même en l’absence d’un inventaire visuel complet, son inscription dans l’œuvre de Mousseau permet d’en saisir la portée culturelle et esthétique.

Gilles Archambault : créateur, exploitant et figure centrale du Crash

L’histoire de la discothèque Le Crash est indissociable de la figure de Gilles Archambault, identifié explicitement dans la presse de l’époque comme créateur et animateur du lieu. Un article de fond consacré à la transformation de la nuit montréalaise, publié dans Le Petit Journal en juillet 1971, désigne Archambault comme le créateur du Crash, l’inscrivant parmi les acteurs clés de l’émergence de la discothèque moderne à Montréal.

Selon ce témoignage journalistique, Gilles Archambault fait partie de cette génération d’entrepreneurs culturels qui, au tournant des années 1960, contribuent à déplacer le centre de gravité de la vie nocturne du cabaret vers la discothèque. Son nom apparaît aux côtés d’autres figures associées aux nouvelles formes de sociabilité nocturne, confirmant son rôle actif dans la reconfiguration des pratiques de sortie, de danse et de fréquentation des clubs.

La contribution d’Archambault au Crash ne relève pas uniquement de la gestion commerciale. Il participe à la définition même de la discothèque comme espace expérimental, misant sur une rupture franche avec les codes du cabaret traditionnel : abandon du spectacle frontal, primauté de la musique enregistrée, centralité de la piste de danse, et recherche d’une atmosphère immersive fondée sur l’éclairage, le volume et le décor.

Dans cette perspective, Gilles Archambault agit comme médiateur entre l’avant-garde artistique et la culture populaire. Son rôle consiste à rendre accessibles, dans un contexte de loisir nocturne, des formes esthétiques nouvelles issues de l’art moderne et de la culture visuelle contemporaine. Cette posture explique la collaboration avec des artistes tels que Jean-Paul Mousseau, dont l’intervention transforme le Crash en véritable environnement artistique plutôt qu’en simple lieu de consommation.

Le Crash doit ainsi être compris comme le résultat d’une double impulsion complémentaire : d’une part, la vision artistique de Mousseau, qui conçoit l’espace comme une œuvre immersive, et d’autre part, l’initiative de Gilles Archambault, qui en assure la mise en œuvre, l’exploitation et l’inscription durable dans le paysage nocturne montréalais.

En ce sens, Gilles Archambault occupe une place centrale dans l’histoire du Crash, non seulement comme fondateur et exploitant, mais comme acteur structurant de la modernité nocturne, contribuant à faire de la discothèque un nouveau lieu d’expression culturelle, à la croisée de l’art, de la musique, du design et de la sociabilité urbaine.

Un jalon de la modernité nocturne montréalaise

Le Crash et les autres discothèques de l’étage du Café des Artistes doivent ainsi être compris comme un jalon essentiel de la transition entre le Montréal des cabarets et celui des clubs modernes. Ils incarnent une nouvelle manière d’habiter la nuit, fondée sur la danse, la musique, l’éclairage et la circulation libre des corps, en dialogue direct avec les mutations artistiques et sociales de l’après-guerre.

La disparition du café, et plus tard de restaurants, remplacé par des condominiums, ne fait qu’accentuer l’importance patrimoniale de ces lieux dont l’existence repose aujourd’hui sur les archives, les recoupements et la mémoire culturelle. Le Crash demeure ainsi l’un des témoins les plus éloquents de la naissance de la discothèque moderne à Montréal.

7. Déclin, dissolution et disparition du site

Le Bon Trou du Cru et la discothèque Henri

Les sources et mentions d’archives associées au site font état de plusieurs appellations successives liées aux usages nocturnes du lieu, notamment le Chic-Choc en 1971, puis, à partir de 1973, la coexistence du restaurant Le Bon Trou du Cru et de la Discothèque Henri. Cette diversité d’enseignes illustre une succession de vocations et de noms au fil du temps, phénomène caractéristique de la vie nocturne montréalaise.

Contrairement aux périodes antérieures, l’installation du Bon Trou du Cru marque toutefois une évolution notable dans l’organisation du lieu, avec la mise en place d’un restaurant gastronomique au niveau principal, doté d’une nouvelle décoration d’inspiration montmartroise, tandis que la discothèque Henri occupe l’étage supérieur. Cette superposition d’usages — restauration et divertissement nocturne — s’inscrit dans une logique de complémentarité plutôt que de simple remplacement, tout en témoignant de la capacité du site à se reconfigurer sans transformation structurelle majeure.

Les avis parus dans la Gazette officielle du Québec permettent d’établir plusieurs jalons administratifs précis : l’incorporation du Café des Artistes en 1964, la demande d’abandon de charte en 1970, puis son acceptation officielle en 1971. Ces repères documentaires marquent la fin d’un cycle et signalent la transition du commerce — et, possiblement, une reconfiguration des usages de l’immeuble. Un article rétrospectif publié dans La Presse le 9 juillet 1983 (André Robert) précise par ailleurs que Ghislaine Tellier a vendu le Café des Artistes à Henri Hudson, lequel y a ensuite exploité l’établissement sous l’enseigne Le Bon Trou du Cru.

Les adresses 1471 et 1473 sont désormais occupées par des condominiums récents, effaçant toute trace physique de ce pan majeur de l’histoire culturelle montréalaise.

8. Notes & sources

  1. RADIOMONDE (BAnQ numérique), 16 février 1957, p. 12 — page mondaine / illustrée.
    Signalement : le Café des Artistes apparaît comme lieu de réception / carrefour du milieu du spectacle; légendes de photos associées au site et à l’hospitalité du lieu.
    Usage MCPA : preuve d’usage social et culturel (réceptions, mondanités; “lieu où l’on se montre”).
  2. RADIOMONDE et TÉLÉMONDE (BAnQ numérique), 21 septembre 1957, p. 9 — article signé Mario Duliani, « Ils ne mourront plus de faim, nos artistes ! ».
    Signalement : chronique sur la condition des artistes et leurs lieux de sociabilité; mention du Café des Artistes comme repère du milieu.
    Usage MCPA : contextualisation “carrefour” (habitudes, après-spectacle, réseau).
  3. LE COURRIER DE BERTHIER (BAnQ numérique), 17 juillet 1958, p. 12 — « Au Café des Artistes ».
    Signalement : repères de localisation (Dorchester Ouest / Mackay), association au nom Hector Tellier, description du café comme adresse d’artistes au centre-ville.
    Usage MCPA : identification / localisation; continuité “Tellier”.
  4. TÉLÉ-RADIOMONDE (BAnQ numérique), 19 septembre 1959 — annonce publicitaire.
    Signalement : mention de “Jean et ANDRÉ” comme nouveaux chefs; adresse 1473 Dorchester Ouest; téléphone WE.3-0529; mise de l’avant des déjeuners et lunchs.
    Usage MCPA : preuve d’adresse + fonctionnement “restaurant” (clientèle quotidienne).
  5. RADIOMONDE (BAnQ numérique), 6 janvier 1962, p. 16 — page illustrée « Chez Rostand, les artistes ont trinqué ! ».
    Signalement : annonce / description de la nouvelle salle “L’Aiglon”; mention de Ghislaine Tellier (propriétaire) et de Jacques Labrecque.
    Usage MCPA : preuve d’extension / nouvelle salle; indice fort d’événementialisation (réceptions; ouverture de salle; possible contexte de vernissages).
  6. TÉLÉ-RADIOMONDE (BAnQ numérique), 16 décembre 1972 — mention / portrait.
    Signalement : phrase citant Ghislaine Tellier-Masson comme cheffe-cuisinière du Café des Artistes (citation reprise dans la fiche).
    Usage MCPA : rôle concret de gestion et de cuisine; confirmation de sa centralité.
  7. TÉLÉ-RADIOMONDE (BAnQ numérique), 28 juillet 1973 — entretien / portrait : « Pour plaire à mon mari, j’ai vendu mon “Café des Artistes” ».
    Signalement : repère de vente et de tournant biographique; formulation devenue emblématique du récit public autour du lieu.
    Usage MCPA : jalon de transition / fin d’une période.
  8. GAZETTE OFFICIELLE DU QUÉBEC, 21 novembre 1964incorporation : « Café des Artistes (Montréal) inc. ».
    Détails à inscrire dès validation : volume / numéro / partie / page / forme exacte du nom corporatif / administrateurs (si publiés).
    Usage MCPA : repère juridique permettant de cadrer l’histoire administrative du lieu.
  9. GAZETTE OFFICIELLE DU QUÉBEC, 16 mai 1970demande d’abandon de charte.
    Détails à inscrire dès validation : volume / numéro / partie / page / formulation exacte / raison indiquée (si publiée).
    Usage MCPA : repère de déclin / transition corporative.
  10. GAZETTE OFFICIELLE DU QUÉBEC, 18 décembre 1971acceptation de l’abandon (abandon de charte entériné).
    Détails à inscrire dès validation : volume / numéro / partie / page / mention exacte de la décision.
    Usage MCPA : jalon de fermeture administrative.
  11. BAnQ numérique — fonds et collections Radiomonde / Télémonde / Télé-radiomonde (années 1950–1970).
    Usage MCPA : dépouillement des rubriques mondaines, annonces culturelles, légendes de photos et chroniques “après-spectacle” afin d’établir un inventaire daté des réceptions, ouvertures, vernissages et expositions associés au Café (et, si applicable, à la salle “L’Aiglon”).
  12. LA PRESSE (BAnQ numérique), 9 juillet 1983, André Robert, « Que sont devenus les moteurs de nos nuits d’antan ? ».
    Signalement : article rétrospectif portant sur les hauts lieux de la vie nocturne montréalaise des décennies précédentes ; mention explicite du Café des Artistes comme lieu de rassemblement des milieux artistiques et médiatiques ; identification de Ghislaine Tellier comme propriétaire et référence à la vente de l’établissement à Henri Hudson, qui y exploite par la suite Le Bon Trou du Cru.
  13. LE PETIT JOURNAL (BAnQ numérique), 11 juillet 1971, édition du dimanche — article illustré consacré à la vie nocturne montréalaise.
    Signalement : l’article identifie explicitement Gilles Archambault comme créateur de la discothèque Le Crash, et le situe parmi les figures associées à l’émergence de la discothèque moderne à Montréal au tournant des années 1960–1970.
  14. LA PATRIE (BAnQ numérique), 6 janvier 1974, édition du dimanche — article illustré signé Manuel Maître.
    Signalement : reportage consacré au chef André Mazoyer et au restaurant Le Bon Trou du Cru, situé au 1473, boulevard Dorchester Ouest. L’article confirme l’occupation des anciens locaux du Café des Artistes par le restaurant, ainsi que son repositionnement gastronomique et son nouveau décor, au début des années 1970.
  15. LA PRESSE (BAnQ numérique), 19 janvier 1974, section Arts et lettres — chronique signée Françoise Kayler.
    Signalement : l’article « Bon trou, bon cru ! » situe explicitement Le Bon Trou du Cru au 1473, boulevard Dorchester Ouest et décrit la cohabitation d’un restaurant gastronomique et d’un établissement nocturne, attestant la présence de la discothèque Henri dans les étages supérieurs du bâtiment à cette date.
  16. LA PRESSE, 7 janvier 1971, chronique Spec by night (D. Spec) — rubrique sur les sorties nocturnes.
    Signalement : l’article énonce explicitement la succession Loup-Garou → L’Empereur → Le Crash, indique la fermeture du Crash en septembre 1970 et annonce l’ouverture d’un nouveau piano-bar, Le Chic-Choc, associée à Ghislaine Tellier.
  17. LA PRESSE, 20 février 1969, chronique Spec — reportage sur la vie nocturne.
    Référence : reportage descriptif consacré au Crash, brossant le portrait de l’atmosphère du lieu, de sa clientèle et de ses codes sociaux ; décrit le profil d’âge des habitués, les styles vestimentaires et la fonction du lieu comme espace de rencontre pour un milieu affinitaire et jeune, tout en soulignant la présence simultanée de jeunes réguliers et d’observateurs plus âgés au sein du même écosystème nocturne.
  18. PIERRE McCANN, 30 janvier 1969 — reportage photographique.
    Fonds : La Presse, Archives nationales à Montréal (BAnQ). Cote P833,S5,D1969-0055, ID 652415.
    Référence : dossier photographique consacré au reportage « Discothèques et leurs propriétaires », couvrant plusieurs établissements montréalais, dont La Licorne, Le Crash, La Mouspathèque, Chez Zou Zou, Le Cercle et Le Profmathèque ; comprend 54 photographies (négatifs 35 mm n&b) et permet d’identifier plusieurs figures publiques associées au milieu des discothèques, notamment Dominique Michel, Claude Steben et Pierre Marcotte.
  19. ARCHIVES DE LA VILLE DE MONTRÉAL — Service des affaires institutionnelles, 4 octobre 1945 — photographie (négatif n&b, 12,5 × 17,5 cm).
    Fonds : Ville de Montréal, Section des archives. Cote CA M001 VM094-Y-17-D0183-P08 (numéro original Z-184-8).
    Référence : pièce intitulée « Résidences », représentant les bâtiments situés au 1471 et 1475 rue Dorchester Ouest (aujourd’hui boulevard René-Lévesque Ouest), à l’angle de la rue Mackay. Consultable via instrument de recherche : planche-contact Z-184-8.

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