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STADE OLYMPIQUE

STADE OLYMPIQUE

STADE OLYMPIQUE

STADE OLYMPIQUE

STADE OLYMPIQUE

1976-

1976-

1976-

1976-

1976-

Le Stade olympique de Montréal est un stade omnisports couvert d’une capacité de 56 000 places, pouvant être aménagé jusqu’à une capacité de 80 000 places.

Texte assemblé à partir d’archives de journaux

Conçu par l’architecte français Roger Taillibert à la demande du maire Jean Drapeau, le Stade avait pour mandat d’accueillir les Jeux olympiques d’été de 1976 dans un premier temps, puis les Expos de Montréal, qui y ont séjourné à partir de 1977 jusqu’à leur départ en 2004. Retour sur les événements musicaux marquants au Stade olympique de Montréal.

MAYNARD FERGUSON

Le 1 août 1976, le jazzman québécois Maynard Ferguson interprète une pièce de trompette en solo pour les cérémonies de clôture des Jeux olympiques d’été de Montréal.1

LA NUIT DE LA SAINT-JEAN 1977

L’un des événements les plus marquants dans la métropole est sans contredit le spectacle « La nuit de la Saint-Jean » au Stade olympique en 1977. Des artistes de la chanson québécoise comme Félix Leclerc, Diane Dufresne, Monique Leyrac, Renée Martel, Robert Charlebois et Claude Léveillée foulent la scène installée dans le Stade olympique, inauguré l’année précédente. La soprano de renommée internationale Colette Boky y montre aussi son prodigieux savoir-faire. On remarque parmi les 40 000 spectateurs des personnalités du monde politique, comme le maire Jean Drapeau et le premier ministre du Québec René Lévesque. L’événement est télévisé et plusieurs notent des avancées technologiques au sein du spectacle, telles que les caméras qui diffusent en direct l’image des artistes en gros plan sur d’immenses écrans.2 « Il fallait le faire, a dit Félix Leclerc. Il fallait que ce soit gros, on célébrait l’an 1. Je ne me faisais pas d’idées, ce stade-là, ce morceau de béton, ça ressemblait à 45 locomotives. Y’é temps, maudit, qu’on commence à se mouiller. C’est sûr que tu ne peux pas organiser une fête là, que tu ne peux pas créer d’intimité là-dedans. C’était un spectacle conçu principalement pour la télévision. J’étais content de savoir que Joe Smith, à Vancouver, regardait ça et réalisait qu’ici, il y avait un peuple, qu’ici, il se passait des choses ». Le spectacle a toutefois été considéré comme un flop à l’époque.3 On attendait plus de 70 000 personnes, mais à peine 35 000 sont venues. Les Montréalais ont fêté ailleurs qu’au Stade. Il faut cependant souligner que durant toute la journée, on avait rappelé aux gens à la télévision et à la radio de ne pas se présenter s’ils n’avaient pas déjà leurs billets. Les billets n’étant pas numérotés, ont avait craint la bousculade.4

Pink Floyd, 6 juillet 1977, Stade olympique

PINK FLOYD

En juillet 1977 80 000 personnes ont applaudi Pink Floyd lors de leur 4e visite à Montréal. Pendant la première moitié du spectacle, Pink Floyd ont présenté leur plus récent album « Animals » et en deuxième moitié, des pièces de l’album « Wish you were here ».5 Il semble que les opinions à propos de l’acoustique étaient partagés selon l’emplacement des spectateurs dans le Stade : seuls les gens situés en dessous des trois enceintes acoustiques et plus près du centre avaient réellement une bonne audition. Était-ce une des caractéristiques inhérentes du Stade olympique?6 Les gens ont jasé à peu près pendant tout le spectacle. À tel point qu’un des membres de Pink Floyd a arrêté au beau milieu d’une chanson pour dire: « Écoutez, on est en train de donner un spectacle. On chante, si ça ne vous dérange pas. D’ailleurs si ça ne vous intéresse pas, vous pouvez toujours sortir. »7 Lors du 2e rappel, la foule était devenue plutôt agitée, alors le groupe a décidé de jammer sur: « Drift Away Blues ». À ce stade, le guitariste David Gilmour en avait tellement marre qu’il a quitté la scène.8 Les gens, même s’ils n’étaient pas particulièrement chauds, n’ont pas trop mal accueilli le spectacle.9

Passe DKD pour le spectacle de Pink Floyd, 6 juillet 1977, Stade olympique. Contributeur: Vince Ricci
Billet pour le spectacle de Pink Floyd, 6 juillet 1977, Stade olympique. Contributeur: RB Dabas

EMERSON, LAKE & PALMER

En août 1977, ils étaient 80 000 pour voir le groupe prog-rock britannique Emerson, Lake & Palmer. Le trio était accompagné d’un orchestre classique de 70 musiciens. Le son, au début, a pris un certain temps avant de se placer et de s’éclaircir mais par rapport à l’effrayante cacophonie de Pink Floyd le mois précédent, l’oreille aura été cajolée et caressée avec ELP. Côté visuel, le plus beau moment du spectacle aura été au début alors que 70 000 personnes ont chacune allumée une allumette, transformant les murs de béton en gerbes de lumière donnant lieu à une atmosphère particulièrement magique. En dépit de la qualité de la musique, le spectacle a clairement démontré que le Stade n’était définitivement pas le lieu idéal pour une manifestation musicale. Parce qu’il est tellement vaste, le Stade a tendance à rendre tout le spectacle uniforme et anonyme. Reste malgré tout que l’immensité du Stade et les vibrations de la foule ont été responsable du succès de la deuxième moitié du spectacle, nettement plus réussie que la première. Le spectacle a été considéré une réussite.10 L’album intitulé « Emerson, Lake & Palmer in Concert », enregistré devant le public du Stade olympique, parait le 18 novembre 1979 sur le label Atlantic. La performance pour la pièce « Peter Gunn » est en nomination aux Grammy Awards en 1981 dans la catégorie « Meilleure prestation rock instrumentale ».11

GLORIA GAYNOR

Le 7 octobre 1977, le « Human Fly » canadien, Rick Rojatt, a tenté de sauter en moto par dessus 27 autobus scolaires au Stade olympique lors du concert de Gloria Gaynor (battant le record de saut d’Evel Knievel de 13 autobus). Bien que le cascadeur ait réussi à battre le record, il s’est écrasé en moto et a subi plusieurs blessures.12 Dans sa loge, avant le spectacle, Rojatt avait été déçu en apprenant le faible taux de spectateurs. Le saut avait été observé par 2 500 personnes. Pendant ce temps, les promoteurs s’affairaient à remplir le Stade en téléphonant aux stations de radio et en leur demandant d’annoncer que l’entrée était gratuite. Les chanteuses disco Gloria Gaynor, connu pour son succès « I will survive »,  et Alma Faye Brooks, avaient retardé leur apparition d’environ 90 minutes dans l’espoir que le Stade se remplisse. Pendant ce temps, une version psychédélique de ce qui ressemblait à de la musique funéraire jouait et donnait le ton à ce qu’un spectateur a qualifié de « show le plus stupide et la plus niaiseux que j’aie jamais vu de ma vie. »13

The Police, 3 août 1983, Stade olympique

THE POLICE

En août 1983, quelques 30 000 fans se sont déplacés au Stade pour voir The Police. Stevie Ray Vaughan et Peter Tosh avaient la tâche ingrate de réchauffer le public. Ce n’est qu’au coucher du soleil et à l’arrivée du troisième groupe, les Talking Heads, que le show a vraiment pris son envol. L’acoustique très mauvaise du gigantesque amphithéâtre a gâté une bonne partie de l’évènement. Cette série de quatre spectacles en un soir nous aura permis de découvrir le groupe américain Talking Heads, qui était à sa première présence à Montréal. Avec l’entrée en scène du chanteur Sting, du batteur Stewart Copeland et du guitariste Andy Summers du groupe The Police, l’enthousiasme du public a culminé. On les attendait depuis des heures et ça en valait la peine. On était venu faire triomphe aux Police.14

DIANE DUFRESNE

En août 1984, une foule de 55 000 personnes émerveillées et admiratives a accueilli la reine du spectacle québécois, Diane Dufresne, à son entrée sur la grande scène du Stade olympique. Première vedette québécoise à se risquer au Stade, Diane Dufresne a utilisé tous les moyens pour rejoindre son public lors du plus fastueux spectacle québécois de l’histoire intitulé: Magie Rose. Utilisant le laser pour tisser une toile d’araignée au toit, vêtue comme la Statue de la liberté, tout était magie. La sono est très acceptable et les effets visuels réussis.15 C’était la première fois qu’une artiste québécoise se produisait en solo au Stade olympique de Montréal.

Diane Dufresne, 16 août 1984, Stade olympique

CÉLINE DION

Le 10 septembre 1984, Céline Dion est choisie pour représenter la jeunesse de son pays pour la venue du pape Jean-Paul II au Stade olympique, où elle chante Une colombe devant 65 000 personnes. Nerveuse avant de chanter Céline? « J’ai même pas réussi à avaler un sandwich », confie-t-elle.16

MICHAEL JACKSON

Le 16 septembre 1984, Michael Jackson et ses frères ont fait une entrée fulgurante sur la scène du Stade olympique mais la première canadienne de la tournée Victory a vite été marquée par des problèmes techniques. Pendant toute la première moitié du spectacle, l’écran vidéo a carrément refusé de jouer son rôle. Ce qui n’a pas empêché la foule de réserver un accueil délirant à son idole qui évoluait au milieu de pièces de pyrotechnie et des rayons lasers. Le pape Jean-Paul II était déjà oublié.17

Michael Jackson, 16 septembre 1984, Stade olympique

DAVID BOWIE

Le 30 août 1987, David Bowie séduit le public du Stade olympique. La foule avait été préalablement réchauffé par Michel Pagliaro et Duran Duran. On peut regretter que le spectacle n’ai pas été présenté dans une salle moins imposante. Toutefois, cela n’a pas empêché Bowie de surprendre, de séduire, puis de conquérir la foule.18

Billet pour le spectacle de David Bowie, 30 août 1987, Stade olympique. Contributeur: Patrick Menard

U2

« C’est un bien grand stade, mais ensemble on va en venir à bout! », a déclaré Bono peu de temps après le début du spectacle de U2, le 1er octobre 1987. Devant un décor des plus sobres, une immense toile blanche sur laquelle on avait dessiné un arbre noir (référence au titre de leur microsillon The Joshua Tree), U2 a déballé son sac de chansons en commençant par « Where the streets have no name » suivi de « I will follow ». On retiendra surtout de ce spectacle l’extraordinaire magnétisme du groupe et la complicité de la foule qui a chanté a cappella « I still haven’t found what I’m looking for ». De bien beaux moments.19

Billet pour le spectacle de U2, 1 octobre 1987, Stade olympique. Contributeur: Marc Sigouin

PINK FLOYD

Environ 50 000 spectateurs ont envahi le Stade olympique le 11 mai 1988 pour voir ou revoir Pink Floyd. La formation britannique qui en était à sa seconde visite à Montréal en huit mois, a proposé sensiblement le même spectacle que lors de sa précédente visite au Forum (3 spectacles) en 1987.  Pink Floyd avait réduit le Forum aux dimensions d’un salon mais le Stade olympique était toujours un stade. Malgré l’ampleur de la salle, Pink Floyd a tiré son épingle du jeu et la magie a une fois de plus fonctionné.20,21

Invitation pour le spectacle de Pink Floyd, 11 mai 1988, Stade olympique. Contributeur: Stéphane Giroux

GEORGE MICHAEL

Le 23 août 1988, George Michael, devant une foule d’environ 30 000 personnes, a prouvé une fois pour toutes que quand on y met les moyens, un spectacle au Stade olympique peut être aussi bon qu’au Forum. Il faut reconnaître que tant du point sonore que visuel, George Michael a innové. Il faut parler de cette grande scène encadrée de rideaux noirs sur lesquels étaient projetés des faisceaux lumineux, mais aussi de ces spectaculaires éclairages au laser. Ça chante, ça danse, ça tape des mains et ça crie pour pour le sex-symbol de « I want your sex » et « I’m your man ».22

BRUCE SPRINGSTEEN

En septembre 1988, Amnistie Internationale présente le tout premier show de l’ambitieuse tournée « Human Rights Now! » au Stade olympique devant 60 000 personnes. Bruce Springsteen, Sting, Peter Gabriel, Tracy Chapman, Youssou N’Dour, Michel Rivard et Daniel Lavoie n’avaient pas à chercher longtemps pour trouver leur inspiration. Ils ont performé comme s’il s’agissait du dernier spectacle de leur vie. Le spectacle a débuté avec la chanson « Get up, stand up » de Bob Marley qui réunissaient toutes les têtes d’affiches. Youssou N’Dour a été le premier a offrir ses chansons pendant que le Stade se remplissait. Daniel Lavoie et Michel Rivard ont chanté pendant une demi heure. Rivard a mérité la première ovation debout de la soirée après une version de « Je voudrais voir la mer ». Tracy Chapman parle peu, ne bouge pas, mais chante si bien qu’elle arrive à mettre un monstre de béton dans sa poche. Il fallait voir son sourire sur l’écran géant quand on lui a réservé une longue ovation après « Fast car ». Peter Gabriel a donné un show enlevant. Tout le monde se souviendra de « Biko », son hommage au militant noir sud-africain tué en prison. Sting a présenté un show extraordinaire et Bruce Springsteen a condensé en une heure et demie toute l’énergie qu’il déploie habituellement en quatre heures. Sting est venu chanter avec lui « The River ». Le show a dû se terminer vers deux heures du matin avec toutes les vedettes chantant « Chimes of freedom » de Dylan puis reprenant « Get up, stand up » de Bob Marley. Un show du tonnerre.23

ROLLING STONES

En décembre 1989, les Rolling Stones visite Montréal pour la première fois depuis leur dernier passage au Forum en 1972. C’était une rencontre avec les dieux. La perfection dans la spontanéité. Si des milliers d’inconditionnels sont sortis du Stade en état de grâce, des milliers d’autres étaient partis longtemps avant le rappel. Toutes les raisons étaient invoquées: « C’était très bon, mais il faut aller chercher nos bébés  ». Ou encore: « On avait des billets au parterre et on pensait que ça serait bon, eh bien non, on voyait rien. » Un fan de 24 ans a résumé son expérience en disant: « Il y avait trop de monde… » Mais le spectacle valait-il $32,50 ? « Probablement. Parce que vous ne les reverrez plus jamais. »24,25

Billet pour le spectacle des Rolling Stones, 13 décembre 1989, Stade olympique. Contributeur: Louis Brousseau
Rolling Stones, 13 décembre 1989, Stade olympique

NEW KIDS ON THE BLOCK

Le 4 août 1990, le Stade olympique a vibré sous les cris des 60 000 jeunes, entre 5 et 15 ans, venus rendre hommage à leur groupe préféré, les New Kids on the Block. Dans une atmosphère chaude et humide, une foule compacte d’adolescents et d’enfants portant casquettes fluo et t-shirts de Batman ont agité frénétiquement des serpentins fluorescents. Des papas en sandales tenaient par la main des petites blondinettes hautes comme trois pommes. Les cinq bons garçons étaient au Stade à la suite de leur succès phénoménal au Forum six mois plus tôt. Dès que les lumières s’éteignent, un cri assourdissant qui donne la chair de poule fait vibrer les murs du Stade. Dès l’entrée en scène, l’hystérie atteint son paroxysme. Des rayons lasers colorés et des nuages de fumée entourent les cinq idoles qui dansent en cadence. À l’extérieur du Stade, des papas et mamans attendent patiemment que leurs enfants aient terminé leur trance collective.26

GENESIS

En 1992, ils étaient 53 000 au Stade à acclamer Genesis qui ne les avaient pas visité depuis dix ans. À 21h25, les lumières s’éteignent, celles du devant jaillissent, les briquets s’allument. Le chanteur Phil Collins, le guitariste Mike Rutherford et le claviériste Anthony Banks apparaissent. Phil Collins aura, d’entrée de jeu, interprété  « Land of confusion ». Un peu plus tard, un pot-pourri des saintes années du rock-progressif: « The lamb lies down on broadway, I know what I like, The musical box », le tout assaisonné de longs solos de guitares. Genesis aura certes comblé ses fans, reste que le groupe n’aura pas créé la magie de U2 il y a quelques années.27

METALLICA, GUNS N’ROSES

Après un accident pyrotechnique dont le chanteur de Metallica est sorti avec de graves brûlures, le départ inopiné de scène des musiciens de Guns N’Roses a déclenché une émeute au Stade olympique le 8 août 1992. La situation a si rapidement dégénérée que vers minuit, le service de police de la CUM la déclarait hors de contrôle. Près de la sortie du métro Pie-IX, une voiture de police a été démolie par les émeutiers, puis incendiée. Vers 1h30, les mécontents se défoulaient sur les panneaux de signalisation et tout ce qu’il leur tombait sous la main.28

Il était 22h10 lorsque Guns N’Roses est entré en scène. Impatients, les 55 000 fans qui avaient envahi le Stade attendaient depuis la fin abrupte du concert de Metallica, deux heures et dix plus tôt. Et ils allaient se croire récompenser par une fin de soirée magique quand inexplicablement, cette fois, les lumières se sont rallumées. Guns N’Roses disparaissait à son tour. Quand un annonceur est finalement venu dire qu’il s’agissait d’une laryngite d’Axl Rose, qui avait déjà annulé quatre spectacles au cours des dix derniers jours, la foule est sortie en chahutant, en reversant les chaises du parterre. D’autres fans allumaient un premier feu dans les gradins. Puis un autre, un autre et un autre. Une épaisse fumée envahissait le Stade.28

L’incident déclencheur est tout de même venu de la scène. À 20h, au moment où les membres de Metallica terminaient dans les pétards et les flammes, James Hetfield, le leader, chanteur et guitariste du groupe, a été brulé au troisième degré. Atteint au visage, aux cheveux, aux bras et aux mains, il a d’abord été conduit à l’infirmerie, où ayant constaté la gravité de ses blessures, on l’a aussitôt acheminé vers l’Hôpital Général de Montréal. Immense déception dans le public, bien sûr.28

Billet pour le spectacle de Guns N’ Roses, Metallica, 8 août 1992, Stade olympique. Contributeur: Patrick Menard

U2

La proximité avec le public a été une opération réussie avec U2 au Stade en 1992. Le groupe a su créer un immense courant énergétique dans une amphithéâtre encore difficile à manœuvrer. Le défi de U2 n’a pas été l’inéligibilité sonore mais bien celui de la communication. Le Zoo TV Outside Broadcast Tour nous en aura envoyé plein la gueule. Les récentes émeutes au Stade, causées par Axl Rose, ne semblent pas avoir effrayé grand monde sur place.29

MADONNA

En octobre 1993, Madonna a fait taire ses critiques et comblés ses fans. La star de la pop-érotique a rappelé qu’elle pouvait aussi se montrer généreuse d’elle-même devant un public de 54 000 personnes. Sur la gigantesque scène de 70 mètres de large, Madonna a maîtrisé à la perfection son art dans un spectacle ambitieux, tenant plus des productions de Broadway que du show rock.30 Le spectacle s’est terminé à 23h30, sans blessé, sans bagarre, bref, un show parfait.31 Mario Pelchat avait l’honneur d’ouvrir le spectacle en première partie.

Invitation pour le spectacle de Madonna, 23 octobre 1993, Stade olympique. Contributeur: Patrick Menard

PINK FLOYD

En mai 1994, 172 000 fans se sont présentés au Stade olympique étalés sur trois soirs afin d’assister au spectacle du fameux « Division Bell Tour » de Pink Floyd. Le maire Jean Doré et le député bloquiste Gilles Duceppe étaient de la foule venue applaudir le groupe britannique. Intercepté à la sortie, le député conservateur Jean Charest se disait très impressionné lui aussi par la dimension visuelle du spectacle. François Duplantie, qui avait vue Pink Floyd au Forum, à l’Autostade et au Stade Olympique en 1977, n’a pas été déçu lui non plus. « Ils ont joué toutes les meilleures tounes, ils étaient fidèles aux interprétations d’origine, le monde dans le Stade était cool…C’est ça Pink Floyd! » Le Stade, lui, était le même qu’en 1977 et 1988: inutilisable.32,33,34

ROLLING STONES

En décembre 1994, le « Voodoo Lounge Tour » prenait forme avec une gigantesque structure métallique faite de 170 tonnes d’acier et d’aluminium prenant l’air d’un monstre futuriste ou remontant à la préhistoire.35 100 000 spectateurs ont été subjugués par la magie des Rolling Stones en deux soirs et la magie opérait toujours.36 

U2

Le 2 novembre 1997, la tournée « Pop Mart » de U2 a prouvé que malgré les gadgets de scène, malgré le tape-à-l’œil technologique, les bons groupes savent toujours en mettre plein la vue. La sono? Bonne, tout de même.37

GENESIS

Le 14 septembre 2007, n’ayons pas peur des mots, Genesis a réussi l’impossible au Stade olympique. Le son était bon. Même dans leurs rêves les plus fous, les promoteurs ne s’attendaient sûrement pas à un spectacle d’une telle qualité. Et le plus beau dans tout ça, c’est que plus on était loin, mieux on pouvait admirer cette scène post-industrielle décorée par de belles projections. Un miracle signé Genesis.38

AC/DC

Il n’existe qu’un seul mot pour qualifier le passage de AC\DC au Stade en 2009: monstrueux. C’était la démesure. Une scène de 60 pieds sur 48, une passerelle de 176 pieds, des coups de canon et des boules de feu, des colonnes et des colonnes d’amplis, plusieurs écrans géants, environ 53 000 fans, et un des plus grands groupe rock de l’histoire. La sono n’était pas la catastrophe qu’on aurait pu appréhender. C’était tout de même loin d’être impeccable. Ces petits problèmes disparaissaient toutefois lors des solos du guitariste Angus Young, survoltés comme toujours.39 AC\DC ont répété l’exploit en 2015.

AC\DC, 2009, Stade olympique

ONE DIRECTION

Ils parlaient français. Ils ont crié: « Montréal! » Et ont remercié tous ceux à qui ils pouvaient penser. Deux fois. Ils ont dit que nous étions tous de belles personnes. Et les gens criaient. Les garçons de One Direction ont fait vibrer le Stade en 2015, même s’il y avait plusieurs sièges vides.40

METALLICA

Oui, Metallica était toujours en forme en 2023. Les fans de musique métal sont fidèles. Ils ne suivent pas les modes et ne se soucient pas de ce que vous pensez. Et parmi cette tribu inébranlable, 125 000 d’entre eux ont exprimé avec insistance leur dévouement pendant 2 soirs au Stade olympique.41 Même si le spectacle du vendredi présentait une performance respectable et honnête, celui de dimanche était nettement supérieur pour les amateurs de métal. Metallica aura tout de même fait beaucoup d’heureux. Pour ce qui est de la qualité du son, elle était au rendez-vous. Tant et tant commentée par tout le monde s’improvisant technicien de son en répétant les commentaires glanés sur les réseaux sociaux, elle était acceptable pour le Stade. En somme, plus de 127 000 « métalleux » ont pu assister à un festival de musique énergique, piloté par les maîtres que sont les membres de Metallica.42

Sources
[1] For Canada, no gold…but one great effort, The Gazette, Doug Gilbert, 2 août 1976
[2] Fête Nationale, Archive, Tout le monde en congé
[3] Mainmise, juin-juillet 1977, Bruno Dosti
[4] Les Montréalais ont fêtés ailleurs qu’au Stade, La Presse, Pierre Beaulieu, 24 juin 1977
[5] 80,000 personnes ont applaudi Pink Floyd au Stade Olympique, Photo-Journal, Daniel Lefebvre, 22 juillet 1977
[6] De nouveau Pink Floyd, La Presse, Robert Naud, Mireille Tremblay, 29 juillet 1977
[7] Les 80,000 fans de Pink Floyd…, La Presse, Pierre Beaulieu, 7 juillet 1977
[8] Pink Floyd-Drift away blues, YouTube channel: SwoolBean
[9] Mainmise, juin-juillet 1977, Bruno Dosti
[10] ELP font vibrer le Stade Olympique, Le Devoir, Nathalie Petrowski, 27 août 1977
[11] Wikipedia: Emerson, Lake & Palmer in Concert
[12] Wikipedia: Rick Rojatt
[13] Human fly crash lands, The Montreal Star, 8 octobre 1977
[14] Quelques 30 000 fans au stade pour voir The Police, La Presse, Denis Lavoie, 4 août 1983
[15] Le Stade Olympique en rose, La Presse, Madeleine Berthault, 17 août 1984
[16] Céline Dion est encore aux anges, La Presse, Denis Lavoie, 13 septembre 1984
[17] Michael Jackson réchauffe le stade, La Presse, Georges Lamon, 17 septembre 1984
[18] Au Stade Olympique, Bowie séduit la foule, Le Soleil, Michel Bilodeau, 31 août 1987
[19] C’est comme ça qu’on vient à bout du stade, La Presse, Alain de Repentigny, 2 octobre 1987
[20] Pink Floyd n’a pu faire éclater le stade, La Presse, Alain de Repentigny, 12 mai 1988
[21] Pink Floyd, un plaisir, Le Soleil, Michel Bilodeau, 12 mai 1988
[22] George Michael, la quasi-perfection, La Presse, Alain de Repentigny, 24 août 1988
[23] Un show du tonnerre au Stade pour Amnistie, La Presse, Alain de Repentigny, 18 septembre 1988
[24] Des lendemains plein de larmes, La Presse, Bruno Dostie, Paul Roy, 15 décembre 1989
[25] Triumphant Stones roll out of town, The Gazette, Mark Lepage, 15 décembre 1989
[26] Le Stade en trance pour les New Kids, La Presse, Anne-Marie Simard, 5 août 1990
[27] Genesis vraiment plus comme avant, La Presse, Alain Brunet, 30 mai 1992
[28] Émeute au Stade, La Presse, Bruno Dostie, Martin Pelchat, 9 août 1992
[29] U2, La Presse, Alain Brunet, 28 août 1993
[30] Madonna a fait taire ses critiques et comblés ses fans, La voix de l’Est, Philippe Zeller, 25 octobre 1993
[31] Au Stade Olympique, Madonna a comblé son public, donnant un show à sa mesure, La Presse, Alain Brunet, 24 octobre 1993
[32] Un concert pour parents et adolescents, La Presse, Alain Brunet, 24 mai 1994
[33] Pink Floyd de retour au Stade Olympique, Le Devoir, Sylvain Cormier, 21 mai 1994
[34] Pink Floyd: un gigantesque vide habillé en rose!, Le Devoir, Sylvain Cormier, 24 mai 1994
[35] Les Stones sont en ville, La Presse, 5 décembre 1994
[36] Les Stones domptent le Stade Olympique, La Tribune, Philippe Zeller, 6 décembre 1994
[37] U2 au Stade, La Presse, Richard Labbé, 3 novembre 1997
[38] Un miracle signé Genesis, La Presse, Alain de Repentigny, 15 septembre 2007
[39] AC\DC Le démesure justifiée, La Presse, Paul Journet, 10 août 2009
[40] One Direction at the Olympic Stadium, The Gazette, Clara Riga, 6 septembre 2015
[41] Metallica communes with devoted fans at the big O, The Gazette, Ian McGillis, 12 août 2023
[42] Metallica au Stade Olympique, Le Journal de Montréal, Stéphane Plante, 13 août 2023
Nous avons compilé ce texte en utilisant les sources mentionnées ci-dessus. Les extraits sont reproduits tels quels avec modifications mineures par souci de cohésion. Nous avons traduit en français les sources provenant d’articles de journaux en anglais.
Dernière mise à jour du texte: 25 novembre 2023
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