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Sona (Montréal)

Club de nuit et after hour montréalais emblématique des années 1990–2000, situé dans le Wilder Building au 1439 rue Bleury, en face du cinéma Impérial. Orienté d’abord vers la techno et la culture rave, le Sona devient l’un des afters les plus légendaires en Amérique du Nord, marquant un tournant dans la vie nocturne et la scène électronique de Montréal. [1], [2]

1. Présentation générale

Le Sona est un club de nuit et after hour montréalais actif de 1996 à 2004, installé au 1439 rue Bleury dans le Wilder Building, en face du cinéma Impérial. Héritier direct de la culture rave des années 1990, il se spécialise d’abord dans la musique techno et devient rapidement l’un des lieux les plus influents de la vie nocturne montréalaise. [1], [2]

À son apogée, le Sona est souvent cité comme l’after hour le plus légendaire en ville, et même comme le numéro 1 des after hours en Amérique du Nord, autant pour la qualité de sa programmation que pour l’intensité de ses nuits blanches. [2]

2. Localisation & configuration des lieux

Le Sona occupe une ancienne succursale de Distribution aux Consommateurs au 1439, rue Bleury, dans le Wilder Building, juste en face du cinéma Impérial. La salle présente une capacité d’environ 700 personnes, une piste de danse en bois et des plafonds d’environ vingt pieds, idéaux pour accueillir d’imposantes installations lumineuses et un système de son très puissant. [1]

À son apogée, le club est structuré en trois salles :

  • une salle hip-hop,
  • une salle à dominante house,
  • une salle principalement axée sur la techno, cœur sonore et symbolique du Sona. [2]

Le système de son est décrit comme capable de « cracher son lot de megawatts » ; combiné aux volumes généreux du bâtiment, il participe à la réputation du Sona comme véritable temple du son pour les amateurs de musique électronique. [1], [2]

3. Origines & fondation

Le Sona est inauguré le 3 février 1996. La soirée d’ouverture met en vedette Rabbit in the Moon (Orlando, Floride), ainsi que Krista, Gant et Luv, et vise explicitement le marché des jeunes « ravers », alors en pleine effervescence à Montréal. [1]

Le club est fondé par Tiga, déjà propriétaire de la boutique de disques DNA et futur fondateur du label Turbo. Dans le contexte de la normalisation de la scène électronique, le Sona offre un point de chute légal et permanent aux publics issus des soirées rave. [2], [3]

Dès la fin des années 1990, le Sona s’impose comme « le club que tout le monde mentionnait quand on leur demandait quel était l’after hour le plus légendaire en ville ». Cette aura s’explique par sa longévité (presque dix ans), par son rôle dans le lancement de la carrière de Misstress Barbara, par l’accueil des premières soirées I Love Neon, ainsi que par une clientèle savamment choisie à la porte. [2]

Avant l’ère des réseaux sociaux, la promotion se fait de manière classique : flyers, affiches, bouche-à-oreille, ce qui contribue à renforcer le caractère initiatique et communautaire du lieu. [2]

4. Programmation, résidents & invités

Si l’accent est initialement mis sur la techno, la programmation du Sona s’élargit à la house, au hip-hop et à diverses branches de la musique électronique, réparties dans ses trois salles. Le club accueille une combinaison de DJs locaux et internationaux, devenant une étape importante pour plusieurs artistes de passage à Montréal. [2]

C’est pour ce club et ses invités que la série de compilations « Montreal Mix Sessions » est créée par le label Turbo, contribuant à fixer sur disque l’esthétique sonore de l’époque. Parmi les résidents marquants, on retrouve notamment Luc Raymond, signataire de l’un des CDs mixés les plus appréciés de la série. [2]

Dans un témoignage détaillé, Luc Raymond souligne l’effet structurant des after hours, et du Sona en particulier, sur la façon de jouer la musique en club :

« Pour moi, les afters hours et le Sona en particulier ont marqué un gros virage dans le paysage des clubs à Montréal, parce que ça permettait de continuer la soirée jusqu'au lendemain matin, ce qui n'était presque pas possible avant, contrairement à Toronto ou New York. Ça a aussi fait changer la musique, parce que ce qu'on jouait en after hour n’était pas compatible avec ce qui jouait en club, et vice versa. Plus tard dans la nuit, et avec des systèmes de son plus gros et plus puissants, ça prenait de la musique plus épurée, avec moins d'éléments mélodiques que ce qui jouait avant 3h00. On pouvait jouer davantage sur les textures et les changements d'énergie, sur de plus longs segments. Je pouvais planifier une descente d'énergie sur une heure, sans perdre mon dancefloor. J'allais jusqu'à contrôler la température dans le club en demandant qu'on ferme des trappes d'air. La température montait et montait, et l'énergie dans le club aussi. Alors quand je sentais qu'on était au plus haut possible, je droppais la toune du moment, genre Van Helden, et là, le plafond sautait. Fun times! Je suis assez nostalgique de cette époque! » [2]

Le Sona est ainsi à la fois un laboratoire pour les DJs résidents et un point de rencontre pour des figures internationales de la musique électronique, dans une période charnière pour Montréal.

5. Impact sur la scène montréalaise

Le Sona occupe une place centrale dans l’évolution de la vie nocturne montréalaise. En permettant de prolonger la fête jusqu’au lendemain matin, il rapproche Montréal des grandes capitales de la nuit comme Toronto ou New York, où ce type de format est déjà bien implanté. [2]

Ce fonctionnement en after hour entraîne également un changement profond dans la musique : progression plus lente, accent mis sur les textures, gestion de l’énergie sur de longues périodes et adaptation aux systèmes audio de grande puissance. Plusieurs acteurs de la scène électronique montréalaise des années 1990–2000 considèrent que cette période au Sona a façonné la génération suivante de clubs et de festivals électroniques. [2], [3]

La réputation du Sona dépasse les frontières du Québec : il est répertorié comme meilleur after hour en Amérique du Nord, et mentionné comme un passage obligé pour les amateurs de musique électronique de l’époque. [2]

6. Déclin & fermeture

Au début des années 2000, le fondateur Tiga se détourne progressivement de la gestion de clubs pour se concentrer sur sa carrière musicale. En 2002, il déclare : « Je me suis rendu compte que la business, c’était plate. Au début, j’avais 17, 18 ans, and I wanted to do everything. Il n’y avait pas de bon club techno? J’en ouvrais un. Ça a bien marché mais je me suis rendu compte que, sur le plan artistique, c’était plutôt limité. Le succès n’est pas une bonne raison de continuer si on n’aime plus ce que l’on fait. » [3]

Tiga vend alors ses parts du Sona au début des années 2000, tournant la page sur l’organisation d’événements et la gérance de boîtes pour se consacrer à la production et au DJing sous son propre nom. [3], [4]

Le 25 février 2004, un communiqué officiel annonce la fin du club : « C'est avec une grande tristesse que nous vous annonçons la fermeture de Sona. Après mûre réflexion et analyse du marché, les propriétaires et directeurs, les Productions 514 et Jet Management, ont décidé de mettre un terme à l'exploitation du club et ce, dès maintenant. Le club est donc fermé. » [5]

La fermeture du Sona met un terme à près de dix ans d’activités et laisse derrière elle un ensemble de souvenirs, de flyers, de compilations et de témoignages qui en font aujourd’hui un chapitre incontournable de l’histoire des clubs montréalais.

7. Chronologie rapide

  • 3 février 1996 — Ouverture du Sona au 1439, rue Bleury, dans l’ancien Distribution aux Consommateurs. Soirée inaugurale avec Rabbit in the Moon, Krista, Gant et Luv. [1]
  • Fin des années 1990 — Le Sona devient l’un des principaux afters montréalais ; lancement de la série Montreal Mix Sessions (Turbo), rôle clé dans l’essor de Misstress Barbara et accueil des premières soirées I Love Neon. [2]
  • Début des années 2000 — Tiga quitte la gestion et vend ses parts du club pour se consacrer à sa carrière musicale. [3], [4]
  • 25 février 2004 — Annonce officielle de la fermeture immédiate du Sona par les Productions 514 et Jet Management. [5]

8. Notes & sources

  1. [1] Patricia Bergeron, « Toute la ville en parle », La Presse, 1er février 1996.
  2. [2] « 5 afters qui ont marqué Montréal et dont on s’ennuie », Nightlife.ca, 2 février 2016.
  3. [3] Marie Allard, « 24 heures dans la vie de Tiga », La Presse, 8 août 2002.
  4. [4] Philippe Renaud, « Tiga à la vitesse Turbo », La Presse, 17 février 2003.
  5. [5] « Club Sona (Wilder Building) », fiche et témoignages, Urban Exploration Resource (UER), incluant le texte de fermeture du 25 février 2004.
2003
GUS GUS CRYSTAL METHOD
GUS GUS CRYSTAL METHOD

Source: Greenland

2001
JOHN FLEMING JOHN ACQUAVIVA DJ LAFLÈCHE
JOHN FLEMING JOHN ACQUAVIVA DJ LAFLÈCHE

Collection: Étienne Desormeaux

2000
RAEKWON
RAEKWON

Source: CKUT, Rickey D

1999
JOHN KELLEY JESPER DAHLBACK SHADES OF CULTURE MUZION
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Source: Marc Bider

1997
LUDWIG VON THE WOLF (JEAN LELOUP)
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Collection: Dominique Ritchot

1996
BLINK-182 BODYJAR TEN DAYS LATE THICKER
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Source: Greenland

Design: Pat Hamou

GOOD RIDDANCE TRIGGER HAPPY TILT LIFETIME WESTON GOOBER PATROL
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Source: Greenland

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