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La salle Les Katacombes était un lieu de musique emblématique pour les fans de punk-rock sur le boulevard Saint-Laurent à Montréal.

Située à l’angle de la rue Ontario et du boulevard Saint-Laurent depuis 2009, la coop des Katacombes avaient également occupé, de 2006 à 2009, un local situé au sud de la rue Sainte-Catherine, toujours sur le boulevard Saint-Laurent. Les fondatrices de la coopérative avaient auparavant fait leurs premières armes au sein d’une autre salle de spectacle mythique de la scène underground, l’X, fermée en 2004. Les Katacombes pouvaient d’ailleurs se targuer d’être l’un des rares lieux culturels gérés principalement par des femmes à Montréal.1

La salle à l’angle du boulevard St-Laurent et de la rue Ontario, facilement reconnaissable à son logo en forme de tête de mort et aux dizaines de têtes de mort et de chaînes qui ornent son intérieur, était une maison régulière pour de la musique live, y compris des événements organisés par les festivals Heavy Montréal et Pouzza.2

Les Katacombes ont présentés plus de 2000 spectacles devant plus de 350 000 personnes.3 Bien qu’associées surtout aux mouvements punk, rock et metal, les Katacombes ratissaient beaucoup plus largement que ces sous-cultures. En effet, on y retrouvait nombre de spectacles d’humour, des soirées de danse swing, des conférences, des tournages de film, des spectacles hip-hop, folk, ska, jazz et bien plus encore. La coopérative avait également un côté militant, accueillant beaucoup d’événements-bénéfice au profit d’organismes communautaires, de collectifs féministes ou antifascistes, de librairies anarchistes ou de groupes pour la défense des droits des animaux, par exemple.1

Janick Langlais, responsable de la programmation et membre fondatrice de la coopérative explique : « Ç’a toujours été la mission des Katacombes, d’aider la relève musicale, de créer des connexions internationales et du réseautage pour faire grandir la scène underground. »1

Après 13 ans d’activité, la salle de musique punk-rock Katacombes ferme définitivement ses portes à la fin de l’année 2019.2 Raisons de la fermeture ? « C’est vraiment une histoire de taxes municipales très élevées, qui n’arrêtent pas d’augmenter à cause de l’embourgeoisement du quartier », explique Janick Langlais, qui a cofondé cette coopérative de travail en 2006 et qui en préside le conseil d’administration.4

La fermeture de Katacombes revêt un douloureux air de déjà-vu pour Janick Langlais, qui était de l’équipe de la mythique salle punk L’X quand elle fut évincée en 2004 de ses locaux appartenant à l’UQAM, en prévision de la mise en œuvre du projet de l’îlot Voyageur. La coop Katacombes naîtra en 2006 des cendres de L’X au 1222, boulevard Saint-Laurent, avant d’être contrainte de se relocaliser coin Ontario et Saint-Laurent en 2009, afin de laisser place au projet du Carré Saint-Laurent de la Société de développement Angus.4

Janick Langlais se souvient avec nostalgie d’un centre-ville plus rugueux, refuge des marginaux de toute allégeance. « Quand j’avais 18 ans, venir au centre-ville, ça ne voulait pas dire la même affaire qu’aujourd’hui ! Il y a une autre ambiance complètement et je pense que les habitudes de notre clientèle [à la coop Katacombes] commençaient à changer parce que ça les intéressait de moins en moins de se déplacer dans un quartier qui s’aseptise, et qui se remplit de condos, de restaurants branchés et de services de proximité super chers. »4

« Un des principaux problèmes auxquels font face ces salles avec de petits revenus, c’est la spéculation immobilière », souligne le professeur au Département de communication sociale et publique de l’UQAM Martin Lussier. Si bien qu’à Montréal, comme dans bien des grandes villes d’Occident, les scènes alternatives sont de plus en plus repoussées à la marge de leur centre, dans ses quartiers périphériques.4

La coop Katacombes laisse donc dans le deuil des milliers de métalleux, dont le collaborateur au webzine Boulevard Brutal Yanick Tremblay. En fouillant sa boîte à souvenirs, le journaliste vous parlera avec le trémolo dans la voix du spectacle qu’y présentait en 2013 la formation norvégienne Kvelertak, dont les membres s’étaient amusés à grimper partout sur le mobilier constellé de têtes de mort, ou de l’édition 2017 du festival Wings of Metal, avec Voivod en tête d’affiche.4

En 2022, on annonce que ce qui était autrefois un lieu de musique emblématique pour les fans de punk rock sur le boulevard Saint-Laurent à Montréal sera transformé en logements étudiants abordables dans les années à venir, annonce l’organisme à but non lucratif qui l’a acheté. Laurent Levesque, directeur général de l’Unité de travail pour l’implantation de logement étudiant, a indiqué qu’elle pourrait être ouverte dès 2025.5

Sources
[1] LES KATACOMBES ET L’EMBOURGEOISEMENT: LA CO-PROPRIÉTAIRE DE LA COOP EXPLIQUE LES RAISONS DE LA FERMETURE, Urbania, Éric Faucher, 25 octobre 2019
[2] Montreal punk-rock venue Katacombes will close for good after Christmas, CBC, 24 octobre 2019
[3] Mort annoncée des Katacombes, mythique salle de spectacle montréalaise, Radio-Canada, 25 octobre 2019
[4] Katacombes ferme, mais l’«underground» ne meurt pas, Le Devoir, Dominic Tardif, 28 décembre 2019
[5] Old punk rock venue in Montreal to be turned into affordable housing, CBC, 12 septembre 2022
Nous avons assemblé ce texte en utilisant les sources mentionnées ci-dessus. Nous avons traduit en français les sources provenant d’articles de journaux en anglais. Les temps de conjugaison ont parfois été modifiés pour créer une cohérence du texte dans son ensemble. 
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