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Fiche salle — Centre-Ville

L’Esquire (Montréal)

Situé au cœur du corridor festif de la rue Stanley, le Esquire Show Bar s’impose pendant plus de trois décennies comme l’un des lieux emblématiques de la vie nocturne montréalaise. À l’intérieur, la musique se déploie sans interruption, selon un principe de spectacle continu qui distingue rapidement l’établissement des cabarets traditionnels. Plus qu’un simple lieu de divertissement, l’Esquire incarne une mutation fondamentale du nightlife : le passage du dinner-show à une culture centrée sur la performance. Du début des années 1940 jusqu’à sa fermeture en 1972, le club agit comme un véritable laboratoire, où se côtoient jazz orchestral, rhythm and blues, rock ’n’ roll et soul, dans un espace où la relation entre scène et public se transforme progressivement. Sous l’impulsion de figures comme Norm Silver, il évolue vers un modèle de show bar moderne, témoin des transformations esthétiques, économiques et culturelles qui marquent Montréal au milieu du XXe siècle.

⏱ Temps de lecture : 15 minutes

1. Présentation

Ouvert le 3 mai 1940 au 1224, rue Stanley, le Esquire Show Bar s’impose pendant plus de trente ans comme l’un des lieux centraux de la vie nocturne montréalaise, devenant un véritable temple du jazz et du rock et un établissement pionnier dans la présentation de spectacles de rock & roll à Montréal. Fondé par le Gallois Sam Cleaver, l’établissement incarne d’abord, au cours des années 1940, la tradition des grands cabarets du centre-ville : revues, chanson, animation et formule de supper club, dans un contexte où Montréal figure parmi les grandes capitales du divertissement nord-américain.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l’histoire du lieu bascule avec l’arrivée de Norm Silver, qui devient le principal artisan de son évolution. Au début des années 1950, le Esquire se transforme en profondeur : abandon graduel du modèle de cabaret traditionnel, introduction du concept de show bar et adoption d’un divertissement continu, sans entracte. Inspirée des salles new-yorkaises, cette formule lui confère une identité nouvelle et durable qui marquera les décennies suivantes. Le Esquire compte parmi les derniers témoins de l’âge d’or des cabarets, ayant accueilli des vedettes comme Patti Page, Jerry Lewis, Dean Martin et Eddie Fisher, avant d’évoluer vers une programmation davantage centrée sur le jazz et le rock ’n’ roll.

Photo — Esquire facade
Photographie du célèbre Esquire Night Club de Montréal, où Tammy Terrell, alors connue sous le nom de Tammy Montgomery, se produit avec Steve Gibson and the Red Caps en novembre 1962.

Sous la direction de Silver, le Esquire devient, dans les années 1950, 1960 et début 1970, une scène incontournable du jazz, du rhythm and blues et du rock ’n’ roll. De Duke Ellington à Bo Diddley, de Muddy Waters à Wilson Pickett, en passant par Fats Domino, Little Richard et Robert Charlebois, le club accueille une succession remarquable d’artistes, s’inscrivant pleinement dans les circuits nord-américains du spectacle tout en servant de tremplin à une nouvelle génération locale. Véritable « Apollo montréalais », il constitue alors un lieu majeur de diffusion des musiques afro-américaines en ville et un point de rencontre essentiel entre artistes internationaux et scène montréalaise, faisant du Esquire un espace d’apprentissage déterminant pour plusieurs musiciens d’ici [80].

Cette trajectoire s’inscrit toutefois dans un contexte plus complexe. Dès les années 1940, le Esquire évolue dans un environnement où cabarets, réglementation municipale et réseaux informels s’entrecroisent. À partir des années 1960, les pressions administratives s’accentuent et marquent un tournant dans l’histoire du lieu. Le 5 mai 1972, une intervention policière entraîne la saisie du permis d’alcool et des stocks du bar, privant l’établissement de sa principale source de revenus.

Malgré une tentative de poursuivre les activités sans alcool pendant quelques mois, l’expérience échoue. Le 10 décembre 1972, après plus de trois décennies d’activité, le Esquire Show Bar ferme définitivement ses portes. Sa disparition incarne la fin d’une époque, celle des grands cabarets montréalais où se mêlaient proximité artistique, diversité sociale et intensité musicale, à un moment charnière où les discothèques et de nouvelles formes de divertissement redéfinissent la vie nocturne de la ville.

2. De rue résidentielle à pôle du divertissement : la transformation de la rue Stanley et du 1220–1226

Photo — Stanley Hall
Photographie du Stanley Hall vers 1910, montrant la façade de l’édifice au 1226, rue Stanley avant sa transformation en cabaret [59].

Tracée en 1845 et nommée en l’honneur d’Edward Smith-Stanley, la rue Stanley évolue d’un cadre résidentiel vers un axe majeur du divertissement montréalais. Dès la fin des années 1920, elle se distingue par ses cabarets et lieux de sociabilité, dont le Silver Slipper, le Kit Kat, le Palais d’Or et la Taverne Regent. Cette vocation se confirme avec des établissements emblématiques comme le Stanley Grill, le Lido, la Villa Maurice, le Tic Toc et le Esquire, au cœur de l’essor du dinner-and-show dans les années 1940–1950. Après le déclin des grands cabarets, la rue connaît une nouvelle phase à partir des années 1950-1960, notamment avec le cabaret Chez Parée, puis atteint un nouveau sommet dans les années 1970 avec la discothèque Lime Light, au cœur du « Gay Ghetto » Peel–Stanley. Cette évolution s’inscrit dans un contexte de fortes tensions sociales, culminant avec les descentes policières de 1977 au bar Truxx[49][50].

L’immeuble qui abrite le Esquire Show Bar (1220-1224-1226 rue Stanley) s’inscrit pleinement dans cette dynamique et présente une remarquable continuité dans ses usages liés au divertissement. Si le club occupe le 1224 à partir de 1940, l’étage accueille auparavant le Stanley Hall, une salle de danse fondée par Frank Norman, figure importante de l’enseignement de la danse à Montréal. Actif au début du XXe siècle (env. 1908–1928), le lieu sert à la fois aux cours et aux spectacles, dans la continuité des écoles de danse de la fin du XIXe siècle, avant d’être remplacé vers 1928 par le Palais d’Or, actif jusqu’en 1962, puis par le Café Lorelei. Cette superposition d’espaces — école de danse, salle de bal puis cabaret — illustre l’évolution progressive des formes de divertissement au sein d’un même édifice, où coexistent à certaines périodes différentes pratiques culturelles sur plusieurs niveaux [56], [59].

Évolution des lieux de divertissement du 1224 rue Stanley, Montréal

1929–1930
Lido-Venice
Salle de danse de la fin des années 1920.
1930–1933
Kit Kat
Cabaret marquant l’essor nocturne de Stanley.
1933–1934
Villa Maurice
Brève phase de restaurant-spectacle.
1934–1939
Dominion Club
Club nocturne précédant l’ouverture du Esquire.
1940–1972
Esquire
Cabaret emblématique, temple du rock et du jazz.
1977
Milord
Tentative de relance orientée concerts.
1978–1979
Les Filles d’Ève
Virage vers les clubs de danseuses.

3. L’Esquire : des revues de cabaret au spectacle continu

Avant même l’ouverture officielle du Esquire Show Bar en 1940, la mise en place de son cadre juridique témoigne d’une structuration réfléchie de l’entreprise. La constitution de la compagnie Esquire Club Inc. en 1937, par Sam Cleaver, Herbert E. Bell et F. Scott Plunkett, révèle un modèle hybride — à la fois club privé et établissement commercial — permettant d’offrir divertissements, restauration et services aux membres, tout en se réservant la possibilité d’exploiter un permis d’alcool. Cette forme corporative, typique des établissements nocturnes de l’époque, permettait de naviguer entre les contraintes réglementaires et les réalités économiques du nightlife montréalais, tout en assurant une certaine flexibilité dans l’exploitation des lieux et la gestion des activités sociales et récréatives [70].

Le cabaret Esquire ouvre le 3 mai 1940 au 1224, rue Stanley, succédant au Dominion Club. Fondé par le Gallois Sam Cleaver, déjà actif dans le milieu nocturne montréalais — notamment au Palais d’Or et avec des intérêts dans le Stanley Grill et le Tic-Toc —, l’établissement s’inscrit d’emblée dans la tradition des cabarets élégants de l’époque. Une annonce de The Gazette souligne une formule typique avec trois « floor revues » par soir accompagnées par Armand Meerte et son orchestre, confirmant son positionnement comme lieu de divertissement majeur du centre-ville [1], [3].

Annonce — Ouverture Esquire
Cette annonce d’ouverture du Esquire Show Bar, situé au 1224, rue Stanley, proclame « Hello Montreal » et met de l’avant ses « 3 floor revues nightly » avec Armand Meerte et son orchestre, signalant l’arrivée d’un nouveau lieu phare du divertissement montréalais [1].

Les activités de Sam Cleaver avant même l’ouverture de l’Esquire témoignent de son implantation dans le milieu nocturne montréalais. En 1939, il est identifié comme exploitant de l’Embassy Terrace Club (1433, rue Mansfield), où il est sanctionné pour infraction aux règlements sur l’alcool, illustrant à la fois son expérience et le contexte réglementaire serré dans lequel évoluent les clubs montréalais de la fin des années 1930 [42].

Durant les années 1940, l’Esquire fonctionne comme un supper club conventionnel — maître de cérémonie, chanteurs, danseurs, comédiens et numéros de variétés — attirant une clientèle diversifiée et, pendant la Seconde Guerre mondiale, un important contingent de militaires et leurs invités. L’établissement s’impose rapidement comme l’un des clubs les plus fréquentés du centre-ville, au cœur d’un nightlife où l’ambiance, la sociabilité et le spectacle priment sur la seule performance musicale [2], [22].

En 1945, Dean Martin se produit au Esquire Show Bar devant une foule nombreuse, s’imposant par une voix « light and smooth » et une présence scénique détendue, caractéristiques du crooner moderne, dans le cadre d’une revue typique du dinner-show [87]. Rémunéré 250 dollars par semaine, il n’est alors qu’un chanteur parmi d’autres sur le circuit des clubs, Montréal constituant une étape comme une autre. « Plus tard, il chantera au El Morocco et auparavant au Tic Toc, où il remplira la salle tous les soirs pendant six semaines (sauf les dimanches), mais à l’époque il prenait ce qu’il trouvait. » [22]

Annonce — Alys Robi
Dès l’après-guerre, le Esquire Show Bar s’impose comme un lieu phare du diner-spectacle, accueillant des vedettes comme Alys Robi dans des revues présentées « commençant ce soir », témoignant de son attractivité et de la richesse de sa programmation [86].

Une annonce publiée dans Montréal-Matin le 5 novembre 1945 témoigne de l’activité du Esquire, situé au 1224, rue Stanley, en présentant la chanteuse Alys Robi « en personne », alors identifiée comme vedette de la CBC et artiste associée aux enregistrements Victor. L’annonce met de l’avant une formule de dîner-spectacle offerte à 20 h 30, sans frais de couvert, combinant restauration et divertissement dans un même espace. Elle insiste également sur la qualité de la revue présentée, décrite comme un « spectacle primeur de l’année », soulignant ainsi l’ambition du lieu de se positionner parmi les établissements majeurs de la scène montréalaise de l’après-guerre. Par cette programmation et cette formule intégrée, le Esquire apparaît déjà comme un lieu structurant de la vie nocturne, où se rencontrent musique, spectacle et sociabilité [27].

Parallèlement, plusieurs sources situent l’Esquire dans un réseau lié au « milieu ». Un article du The Montreal Daily Star du 17 novembre 1948 mentionne Sam Cleaver, exploitant du Esquire Cafe (1224, rue Stanley), parmi des cabaretiers condamnés en vertu de la Lord’s Day Act [4]. Les enquêtes de Pax Plante et la commission Caron l’associent aussi au bookmaking montréalais et à un réseau impliquant Harry Feldman, Louis Dettner et Max Shapiro, révélant des liens entre cabarets et jeu clandestin [38][45], [48].

Photo — Norm Silver
Photographie de Norm Silver en 1972. Crédit : Montreal Star Collection.

Au lendemain de la guerre, Norm Silver, jeune entrepreneur également copropriétaire du restaurant branché Miss Montréal sur le boulevard Décarie, se joint à l’exploitation du club. Approché par Cleaver au milieu des années 1940, il s’impose progressivement comme le principal artisan de son évolution [2], [40].

Au début des années 1950, Silver et Cleaver ferment temporairement l’établissement afin d’en repenser le concept et introduisent une formule inspirée des newsreel theatres new-yorkais : un divertissement continu, sans entracte, où un spectacle d’environ deux heures recommence immédiatement une fois terminé [3][5].

Cette transformation est officialisée lors de la relance du Esquire Showbar le 24 mars 1951, présentée comme une innovation au Canada (« show without a stop »). La programmation combine musique, danse, comédie et animation continue, avec des artistes tels que le Frank Petty Trio, Benny Meroff, Alan Stone, les Carter Sisters et Kathleen McLaughlin, accompagnés par l’orchestre de Will Skinner et animés par le disc-jockey Lee Hamilton [23].

Annonce — Esquire Show Bar 1951
En 1951, l’Esquire inaugure sa formule de « Showbar » — un spectacle continu sans entracte — présentée comme une nouveauté au Canada et soutenue notamment par le restaurant Miss Montréal [23].

« Nous avons fait quelques voyages pour avoir des idées sur ce que nous pourrions faire de l’endroit », se rappelle Silver. « Ce que nous avons trouvé, c’est l’idée d’un show bar : un divertissement continu, sans entracte, un spectacle de deux heures qui recommence aussitôt terminé — comme les “newsreel theatres” à New York. »

Norm Silver, dans The Montreal Star, Dane Lanken, « The Esquire Showbar remembered », 10 mars 1979 [3].

À ses débuts, le Esquire s’inscrit encore dans la tradition du cabaret montréalais, combinant restauration, danse et spectacles variés. Toutefois, les bases de sa transformation sont déjà en place, annonçant les mutations plus profondes qui marqueront la décennie suivante.

4. L’Esquire Show Bar : du dîner-spectacle au rock ’n’ roll

Le véritable tournant survient au début des années 1950, alors que le Esquire abandonne progressivement le modèle du cabaret classique pour adopter une formule radicalement différente : celle du spectacle continu. Ce changement redéfinit non seulement le fonctionnement du lieu, mais aussi l’expérience même du public.

Sur le plan physique, le lieu adopte une signature distinctive : un long bar entourant une scène surélevée, un décor comprenant des palmiers en plâtre blanc et une grande scène inspirée d’un club de Boston. La cuisine reprend le menu du restaurant Miss Montréal, également exploité par Norman Silver, réputé pour sa qualité et ses prix abordables. Avec l’adoption du spectacle continu, la danse perd progressivement de son importance, laissant place à une expérience centrée sur la performance scénique.

Photo intérieur — Esquire
Cette carte postale montre l’intérieur du Esquire “Show Bar”, au 1224, rue Stanley (2e étage), avec sa vaste salle à manger aménagée autour de la scène, ses tables nappées et ses colonnes décoratives, illustrant l’élégance du lieu à l’époque de son exploitation comme restaurant-spectacle [60].

« Nous avons adopté les palmiers en plâtre blanc et emprunté l’idée de la grande scène à un club de Boston. Le menu, lui, venait de Miss Montreal. Ça a fonctionné immédiatement. Avec les spectacles en continu, il n’y avait pas de danse, et cela a été une bénédiction pour de nombreux hommes qui n’aimaient pas danser et dont les épouses leur avaient demandé de sortir. Ces hommes venaient ensuite me féliciter. Nous avons toujours utilisé deux humoristes comme maîtres de cérémonie, ce qui nous maintenait constamment à la recherche de comiques. Un jour à New York, j’ai vu un type très drôle. J’avais Roy Cooper — qui s’occupait toujours des réservations du Esquire — le faire venir. Il a travaillé plusieurs fois pour nous à 250 $ par semaine. C’était Shecky Green. Aujourd’hui, il gagne environ 50 000 $ par semaine à Las Vegas ».

Norm Silver, dans The Montreal Star, Dane Lanken, « The Esquire Showbar remembered », 10 mars 1979 [3].

Les sources des années 1950 confirment également que Cleaver demeure une figure surveillée. Un article de The Gazette en 1952 mentionne que certaines parties de l’Esquire Club sont exploitées sans permis, attirant l’attention des autorités [43]. Les enquêtes ultérieures des années 1970, notamment celles de la Commission de police du Québec, replacent ces activités dans un système structuré reliant cabarets, réseaux de paris et figures du crime organisé, incluant Vic Cotroni et d’autres acteurs influents [46], [47].

Dans l’ensemble, le Esquire a été un endroit animé pendant quelques années. Il l’était même à un point tel que Silver et son associé ont repris un second établissement, le Wonderbar-Sans Souci, situé à l’emplacement de l’ancien cabaret Chez Maurice — au-dessus du restaurant Dinty Moore’s, au 1244, rue Sainte-Catherine Ouest. Aujourd’hui, cet ancien deuxième étage est occupé par un magasin Urban Outfitters. Le lieu a connu ses grands moments, dont le plus marquant fut la semaine où Édith Piaf s’y est produite en 1952.

Annonce — Edith Piaf
En décembre 1952, Édith Piaf se produit au Wonder Bar, témoignant de l’importance du lieu dans le circuit des grandes vedettes internationales à Montréal [97].
« C’était notre plus grand succès », se souvient Silver, « et nous avions aussi quelques grandes vedettes. Les affaires allaient si bien que cela faisait les chroniques du New York. Je me rappelle : c’était en décembre, une semaine de froid extrême, mais les gens venaient quand même. La salle comptait plus de 400 places et affichait complet dès le premier spectacle chaque soir, presque aussi pour le second. Il y avait tellement de monde que nous devions placer deux hommes à la porte pour vérifier les réservations. Un soir, un type arrive et demande : “Avez-vous des réservations pour Monsieur Lemaire ?” Les hommes consultent la liste et répondent non. L’homme s’en va, puis revient cinq minutes plus tard en disant : “Vous allez refuser l’entrée au maire de Montréal ?” C’était Camillien Houde. Bien sûr, nous ne pouvions pas faire cela, mais les seules places disponibles étaient quelques sièges à l’avant, occupés par certains des plus grands “gamblers” de Montréal. Je suis allé les voir et j’ai dit : « Les gars, vous pouvez nous aider ? » et ils ont dit oui. Alors le maire de Montréal s’est assis avec ces “gamblers” et tout le monde a passé un bon moment à écouter Édith Piaf. Je sais que le maire a passé un bon moment, car il a envoyé 10 $ au chef après coup. »

Norm Silver, dans The Montreal Star, Dane Lanken, « The Esquire Showbar remembered », 10 mars 1979 [3].

Et ainsi, les vedettes allaient et venaient, et soir après soir, le Esquire et le Sans Souci faisaient salle comble. Puis la télévision est arrivée et les modes de vie ont changé. Les gens sont restés à la maison, et les clubs se sont peu à peu vidés. Le Sans Souci a été vendu, et Silver est retourné à Miss Montreal, n’ouvrant plus le Esquire que les fins de semaine pour des spectacles de variétés.

Annonce — Tnt
Cette annonce publiée dans The Gazette le 10 janvier 1956 annonce la réouverture du Esquire Showbar Dining Room avec une programmation axée sur le rock ’n’ roll, présenté comme « the current musical craze », mettant en vedette “TNT” Tribble et les Kansas City Tomcats, illustrant l’adaptation rapide du lieu aux nouvelles tendances musicales de l’après-guerre [66].

L’Esquire traverse alors une période d’incertitude, n’ouvrant parfois que les fins de semaine. Les choses ont ensuite stagné pendant quelques années. « La raison pour laquelle tout a commencé à décliner, c’est l’arrivée de la télévision. La nouveauté de la télévision gardait les gens à la maison, et beaucoup de clubs ont fait faillite. », selon Silver. [22]

En 1956, Norm Silver relance l’établissement en intégrant une nouvelle tendance : le rock ’n’ roll. Sensible à l’enthousiasme des jeunes pour cette musique, il introduit des groupes live, contribuant à faire du Esquire l’un des premiers lieux montréalais à présenter ce genre en direct. L’arrivée de TNT Tribble & His Five Sticks of Dynamite, aux côtés de formations comme The Kansas City Tomcats, marque un tournant décisif : la presse décrit une ambiance survoltée où le public, emporté par le rythme, participe activement au spectacle, révélant l’émergence d’un nouveau rapport à la musique et au divertissement [74]. À partir de ce moment, le Esquire ne se contente plus de refléter les tendances : il contribue à les façonner.

« J’entendais les jeunes en parler à Miss Montreal, raconte Silver, et je l’écoutais toujours à la radio dans la voiture. J’aimais ça. Il y avait quelque chose. C’était une musique excitante. Et bien sûr, elle s’adressait aux jeunes, ce qui représentait un nouveau marché pour les clubs. Les gens plus âgés restaient à la maison pour regarder la télévision. J’ai donc décidé d’essayer au Esquire — et c’est ainsi que j’y ai introduit le rock’n’roll en spectacle à Montréal. Au début, M. Cleaver était un peu réticent, mais je l’ai convaincu d’essayer pendant un mois et, comme vous le savez, nous n’avons jamais regardé en arrière, jamais eu de raison de changer la formule. On disait que cela durerait six mois, mais le rock’n’roll dure encore aujourd’hui. »

Norm Silver, dans The Montreal Star, Dane Lanken, « The Esquire Showbar remembered », 10 mars 1979 [3].

Dans une annonce publiée à l’occasion de la série de concerts de Bo Diddley en 1957, le Esquire Show Bar est explicitement présenté comme un établissement ayant « été pionnier dans la présentation du rock ’n’ roll à Montréal », soulignant ainsi son rôle précurseur dans l’implantation du genre sur la scène locale [89]. « C’était du vrai rock’n’roll », dit Silver. « Pas de gros haut-parleurs, juste de bons musiciens qui jouaient la vraie musique. »

Annonce — Bo Diddley
Cette annonce du 8 avril 1957 confirme la présence de Bo Diddley au Esquire Show Bar, présenté comme une figure majeure du rock ’n’ roll, et illustre le positionnement du club comme l’un des principaux lieux de diffusion du genre à Montréal [94].

Frank Motley était un habitué, avec ses groupes The Dual Trumpets et Motley Crew. Sur cette scène défilent ensuite Fats Domino — un géant des débuts du rock & roll — ainsi que Shotgun Kelly, Mudcat Grant et Little Richard, à qui l’on attribue le célèbre falsetto « wooooo », repris plus tard par les Beatles, sans oublier Dave “Baby” Cortez et son orgue « Happy ». Bill Haley & the Comets s’y produisent aussi, tout comme Jr. Walker & the All-Stars, puis une série de groupes marquants tels que The Coasters, The Drifters, The Sidewinders, The Untouchables et The Fendermen — ces derniers étant parmi les premiers à intégrer des danseuses go-go en cage à leurs prestations. Le rythme ne s’interrompt jamais : pendant que la musique se poursuit, Mike Stephens anime des entrevues avec les vedettes à l’émission Club 800, accueillant notamment Joe Tex, Ben E. King, Bill Doggett, Chubby Checker et Bill Stewart. King Curtis, le grand saxophoniste, y passe également — plus tard assassiné à New York —, « l’un des types les plus gentils du milieu ». Il s’y produit même aux côtés d’un jeune guitariste encore inconnu : Jimi Hendrix, selon Silver.

Au tournant des années 1950, l’industrie du spectacle montréalais se transforme rapidement : le rock concurrence le jazz et modifie les programmations, tandis que le strip-tease devient une attraction centrale, avec une mise en scène plus explicite du corps. Ce double glissement — musical et esthétique — redéfinit le rôle des musiciens et des danseuses et annonce le déclin du modèle classique du cabaret [57]. Cette évolution se traduit par l’abandon progressif du cabaret traditionnel au profit d’une programmation musicale continue, parfois de 21 h à 3 h du matin, où les groupes se succèdent sans interruption [2], [22]. Parallèlement, le club développe un important rayonnement médiatique. L’émission Man About Midnight, diffusée cinq soirs par semaine sur CFCF (23 h 30 – 1 h), animée par Lee Hamilton avec Russ Taylor, accueille des personnalités de tous horizons et contribue à la visibilité du lieu, dans un format comparable à un « Johnny Carson Show » radiophonique.

5. L’Esquire dans les années 1960 : entre âge d’or et premiers signes de déclin

Fort de cette nouvelle formule, le Esquire entre dans sa période la plus influente. Les années 1960 marquent l’apogée du club, qui devient une plaque tournante des musiques afro-américaines à Montréal et un lieu de rencontre entre scènes locales et internationales.

Au début des années 1960, plusieurs observateurs décrivent une vie nocturne montréalaise en déclin. Un reportage de La Patrie Magazine (septembre 1962) évoque une ville « endormie » après minuit : rues désertes, cabarets peu animés et spectacles répétitifs dominés par des formules standardisées. L’enquête souligne la déception des touristes, la faiblesse de l’offre artistique et une industrie fragilisée par la concurrence et le manque d’investissement. Malgré quelques exceptions comme le Casa Loma, Montréal apparaît alors comme une « métropole de l’ennui » en transition [58].

Annonce — The Crystals
En septembre 1962, The Crystals font leur première apparition montréalaise au Esquire Show Bar, illustrant l’importance du lieu dans la diffusion du rhythm and blues américain [98].

En 1962, un inconnu nommé Bob Dylan assiste un soir à une prestation de Bo Diddley et, entre deux engagements plus loin sur la rue Stanley, au Pot Pourri, se laisse aller à quelques notes sur scène, stupéfiant le public du Esquire[3].

Au début des années 1960, Norm Silver détient les deux tiers de l’établissement, tandis que le tiers restant appartient à Gordon McVey, gendre de Sam Cleaver. L’importance de ce dernier dans l’histoire du lieu est encore soulignée par un avis de décès publié dans The Montreal Star le 15 juillet 1964, qui présente Samuel Cleaver comme l’une des figures marquantes de la vie nocturne montréalaise. Sam Cleaver, fondateur du Esquire, était fier de son établissement et de son influence. Il affirmait que l’Esquire représentait un modèle unique dans le paysage des clubs montréalais. [3] [8]

Cette période marque malgré tout l’apogée du club. Un article rétrospectif publié dans La Presse revient sur l’année charnière de 1967 et présente le Esquire Show Bar comme une véritable « Mecque du r’n’b », où se succèdent les grandes figures de la musique afro-américaine, de Wilson Pickett à Etta James, devant un public majoritairement anglophone. L’Esquire devient alors une scène incontournable, accueillant une impressionnante diversité d’artistes : Duke Ellington, Count Basie, The Coasters, The Drifters, Joe Tex, Ben E. King, Chubby Checker, Solomon Burke, Screamin’ Jay Hawkins, The Isley Brothers, et Wilson Pickett, ce dernier battant des records d’assistance.

Certains groupes sont revenus à plusieurs reprises. Ils savaient qu’ils pouvaient obtenir une bonne paie et une certaine sécurité dans un milieu incertain. Et les fans venaient chaque soir, eux aussi, en autobus, parfois de la banlieue, risquant les dernières correspondances de nuit pour une aventure musicale. Ken Pearson, l’organiste, se souvient de nombreuses nuits passées à jouer jusqu’à l’aube, entre 21 h et 5 h. « C’était comme un village », dit-il. « L’atmosphère des vedettes. » Il s’émerveille encore aujourd’hui des grandes figures qu’il y a vues. « Il y avait toujours un sentiment de fête », ajoute-t-il. [3]

Annonce — Wilson Pickett
Une publicité de l’époque annonce la première venue montréalaise de Wilson Pickett au Esquire Show Bar, avec trois spectacles par soir, ainsi qu’une matinée spéciale à l’aréna Paul-Sauvé le 17 septembre 1967, témoignant de l’ampleur de la demande [85].

En 1967, la venue de Wilson Pickett au Esquire Show Bar confirme le statut du club comme étape majeure des tournées nord-américaines. L’artiste s’y produit à guichets fermés devant un public enthousiaste, au point que Norm Silver doit envisager des salles plus grandes, notamment l’aréna Paul-Sauvé, où un spectacle est organisé le 17 septembre 1967 afin de permettre aux plus jeunes — exclus des cabarets — d’y assister [84]. Ce succès se prolonge à la télévision, où Pickett est invité à Jeunesse d’Aujourd’hui, confirmant l’ampleur de sa popularité auprès du public québécois [81], [82].

L’impact de ces performances dépasse toutefois le moment même de leur présentation. Parmi les spectateurs marqués par le passage de Pickett figure Dan Aykroyd, qui, bien avant de créer le film culte The Blues Brothers (1980), découvre à Montréal — au Esquire Show Bar comme à Expo 67 — la puissance du rhythm and blues en direct. Ces expériences fondatrices, faites d’une énergie brute et d’une authenticité saisissante, nourriront durablement sa vision artistique et contribueront à façonner l’esthétique et l’esprit des Blues Brothers, inscrivant indirectement le Esquire dans la genèse de ce phénomène culturel majeur [83].

En 1967, Norm Silver acquiert l’ancien cabaret El Morocco et le transforme en Your Father’s Mustache, un établissement inspiré des speakeasies de l’époque de la Prohibition. L’expérience y est soigneusement mise en scène : à l’étage, un téléphone mural à manivelle permet de signaler sa présence; une trappe s’ouvre alors et une voix demande qui vous envoie, à quoi il faut répondre « Mike » pour être admis. Une fois à l’intérieur, l’illusion est complète — boissons servies dans des tasses, décor rétro et atmosphère feutrée — recréant le rituel clandestin des bars des années 1920–1930 [91].

À la fin des années 1960, le Esquire Show Bar élargit son public en ouvrant le club aux adolescents chaque dimanche après-midi, une plage horaire rendue possible par l’absence de service d’alcool, contournant ainsi les restrictions légales et morales entourant la consommation et l’accès des mineurs. Cette formule permet au lieu de rejoindre une clientèle plus jeune tout en poursuivant la diffusion du rhythm and blues auprès d’une nouvelle génération [90].

Annonce — Little Richard
En septembre 1968, une publicité de The Gazette présente Little Richard à l’Esquire Show Bar comme « Mr. Explosive » et « The Bronze Liberace », soulignant son style flamboyant et l’importance de sa venue pour une série de spectacles d’une semaine [79].

À la fin des années 1960, l’Esquire Show Bar s’impose non seulement comme une scène de premier plan pour les artistes internationaux, mais aussi comme un véritable lieu de convergence pour le milieu artistique montréalais. Lors du passage de Little Richard, dont les prestations frappent par une mise en scène volontairement excentrique — perruque, sourcils et moustache dessinés au crayon, pantalon de velours rouge orangé et moues inspirées de Marilyn Monroe, tout en conservant un répertoire résolument rock — plusieurs figures de la scène locale, dont Guy Cloutier, Jenny Rock, les Baronets et Patrick Zabé, se retrouvent dans la salle, témoignant de l’attrait du club auprès des professionnels du spectacle. L’événement est alors décrit comme une véritable « sortie de famille », illustrant le rôle du Esquire comme point de rencontre privilégié entre artistes d’ici et vedettes internationales [76][78].

En 1968, peu avant la fusion de la Sir George Williams University avec le Loyola College pour former l’Université Concordia, Norm Silver, figure centrale du Esquire Show Bar, organise la venue de Ben E. King et de son groupe dans le cadre d’une collecte de sang étudiante. Selon le témoignage d’Edward Rosenthal, l’apparition du chanteur de Stand by Me provoque un enthousiasme immédiat — « les étudiants sont devenus fous » — et permet à l’événement de battre des records de participation, illustrant à la fois l’influence de Silver et l’impact des artistes du Esquire sur la scène montréalaise [88].

Annonce — Robert Charlebois Lionel Hampton
Photographie du Stanley Hall vers 1910, montrant la façade de l’édifice au 1226, rue Stanley avant sa transformation en cabaret [59].

En 1969, l’évolution des goûts musicaux entraîne un retour des big bands, faisant de l’Esquire Show Bar une escale régulière pour ces formations en tournée, tout en servant de laboratoire à une nouvelle génération d’artistes québécois. Dans ce contexte, Robert Charlebois s’y produit durant sa période psychédélique et s’impose comme l’un des premiers artistes francophones à percer dans un univers dominé par les circuits nord-américains; un article de La Presse publié en 1969 par René Homier-Roy souligne la puissance et l’originalité de sa prestation, décrite comme une performance physique et maîtrisée, portée par une gestuelle expressive et un langage musical hybride mêlant rock, chanson et influences nord-américaines, incarnant une transition culturelle majeure entre les traditions du cabaret et l’émergence du rock québécois moderne [30][31].

Un article rétrospectif de Photo-Vedettes renforce cette lecture en situant ce passage dans « le plus gros line-up de toute l’histoire de l’Esquire ». Le texte souligne que ce dernier y « fait craquer la place », Silver allant jusqu’à affirmer : « That kid is the greatest thing that ever happened to the Show Bar ». En 1972, sur le vol de retour de Paris, Charlebois confie à Jean-Pierre Ferland que, s’il devait entreprendre une tournée, le lieu qui l’attirerait le plus serait le Esquire Show Bar, confirmant le prestige singulier du club auprès des artistes eux-mêmes et son rôle de carrefour déterminant entre vedettes internationales et scène québécoise émergente [67], [77].

« C’était comme une révolution. Les gens dansaient sur le bar. L’air était enfumé. C’était ma période psychédélique. C’était une semaine de plaisir, un très bon souvenir. »

Robert Charlebois, dans The Montreal Star, Dane Lanken, « The Esquire Showbar remembered », 10 mars 1979 [3].

Quelques semaines plus tard, un article publié dans La Presse le 10 juillet 1969, signé Paul Henry et intitulé « Duke Ellington à l’Esquire : “That’s jazz, man” », témoigne du passage de Duke Ellington et de son orchestre dans un contexte d’engouement marqué du public. Le texte met en avant la qualité exceptionnelle de l’ensemble, composé de musiciens fidèles tels que Johnny Hodges, Harry Carney, Paul Gonsalves et Cootie Williams, dont la cohésion contribue à la puissance du son ellingtonien, tout en soulignant la capacité du lieu à attirer des foules importantes et à confirmer son statut de scène majeure du jazz à Montréal [28].

Annonce — Buddy Rich Ellington Charlebois
Cette annonce de 1969 illustre l’ampleur de la programmation du Esquire Show Bar, réunissant sur une même saison des figures majeures du jazz et du rhythm and blues, confirmant son statut de scène incontournable à Montréal [95].

Mais vers la fin de la décennie, le club traverse des périodes plus difficiles. Une clientèle fidèle de fans de soul et de touristes continue de fréquenter le Show Bar en saison estivale, mais les hivers sont beaucoup plus durs. Il arrive qu’un groupe comme les Parliaments (plus tard Funkadelic) joue devant un public composé en grande partie du personnel du club.

Les serveurs du Esquire font alors partie intégrante du spectacle, au même titre que les palmiers blancs ou que Norm Silver lui-même : ils observent la salle avec attention et remplissent les verres dès qu’ils sont vides. Billy Kotsos, maître d’hôtel depuis 26 ans, était déjà en poste avant l’arrivée de Silver, et certains affirment même que Dean Martin lui donnait de l’argent avant de devenir célèbre.

Lorsque la salle est vide, le Esquire paraît sombre et morne; mais dès que la foule arrive, l’atmosphère unique du lieu reprend vie. On y vient écouter du blues et du jazz moderne : certains trouvent la musique trop intense, mais les habitués savent ce qu’ils viennent chercher. Malgré les transformations du milieu, le Esquire reste fidèle à lui-même. « Le plafond peut s’effondrer », disent Silver et son associé Gordon McVey, « nous ne changerons rien » — le Esquire doit rester le Esquire. Silver, costume ample, cigare coincé entre les dents, observe la foule avec satisfaction, discute avec les clients et s’efforce constamment de les fidéliser [22].

6. L’Esquire dans les années 1970 : prestige artistique et fin d’un mythe

Malgré son rayonnement, le Esquire ne peut échapper aux transformations du paysage nocturne. À la fin des années 1960, de nouvelles formes de divertissement émergent, tandis que les pressions réglementaires et économiques fragilisent progressivement le modèle du show bar.

Annonce — Muddy Waters
Cette annonce publiée dans The Gazette le 29 mars 1971 annonce une série de spectacles de Muddy Waters au Esquire Show Bar, confirmant le rôle du lieu comme scène majeure du blues américain à Montréal [65].

Au tournant des années 1970, un article de La Presse du 8 janvier 1970 propose une évaluation nuancée du Esquire Show Bar. Malgré un décor jugé vieillissant et une visibilité imparfaite, le club demeure l’un des rares établissements montréalais à offrir une programmation musicale continue de haut niveau, confirmant sa réputation auprès des amateurs [29].

Cette réputation est renforcée au début des années 1970 par la présence régulière de grandes figures du blues et du jazz. Un article de The Gazette du 31 mars 1971, signé Dane Lanken, décrit la prestation de Muddy Waters comme un moment d’authenticité et de puissance, accompagné notamment de Sammy Lawhorn et Pinetop Perkins, confirmant le rôle central du Esquire dans la diffusion du blues et du rhythm and blues à Montréal [26]. La programmation reflète ce statut, avec Howlin’ Wolf, John Lee Hooker, Buddy Guy, Junior Wells, ainsi que Herbie Hancock, Charlie Mingus, Stan Getz et Pharoah Sanders.

Annonce — Buddy Guy Junior Wells
Une publicité publiée en avril 1971 annonce la venue de Buddy Guy et du Junior Wells Band au Esquire Show Bar, illustrant son rôle central dans la diffusion du blues américain à Montréal [99].

En 1971, le Esquire se distingue par une organisation intérieure dense et fluide, où bar, tables et scène ne font qu’un. Cette configuration favorise une interaction constante entre artistes et public, plongés dans une musique ininterrompue propre au show bar. Une soirée avec Buddy Guy et Junior Wells illustre cette énergie : performances physiques, improvisées, débordant de la scène, devant un public compact et engagé [92].

Après des années d’incertitude, la situation bascule le 5 mai 1972, lorsque la police intervient au Esquire Show Bar, saisissant permis et stock d’alcool. L’opération, largement médiatisée, vise le cabaret du 1224, rue Stanley et entraîne la révocation des licences, notamment celles associées à Clément Stanislas Pranno [75]. Norm Silver tente brièvement de poursuivre sans alcool, mais le modèle s’avère intenable.

« Pourquoi ? » hausse les épaules Silver. « Qui sait ? Tout a commencé en 1963, lorsque le comité exécutif de la Ville a décidé de retirer les permis d’une vingtaine de clubs, dont le Esquire. Chaque année, ils encaissaient notre chèque sans jamais nous envoyer le permis. Avec un simple reçu, on obtenait quand même notre permis provincial. Cela a duré neuf ans… Puis la commission des liqueurs est intervenue, et la police a tout saisi. »

Norm Silver, dans The Montreal Star, Dane Lanken, « The Esquire Showbar remembered », 10 mars 1979 [3].

Les articles de l’époque confirment l’ampleur de l’intervention : plus de 1 000 caisses de bière et 600 bouteilles sont saisies, dans un contexte marqué par plus de 75 arrestations entre 1968 et 1971 [11], [16].

Photo extérieure — Esquire
Cette photographie du 5 mai 1972 montre l’intervention des autorités devant le Esquire Music Bar et la saisie de caisses de bière à l’entrée [61].

Malgré ce coup dur, le club demeure brièvement actif, accueillant encore Larry Coryell, Howlin’ Wolf et Charlie Mingus, mais sans alcool. Silver tente de maintenir l’activité « avec un bras en moins », sans succès [12], [35], [36], [37].

À l’automne 1972, le Esquire présente encore des artistes comme Stan Getz, dans une salle toujours vivante malgré sa fragilité administrative [32].

Annonce — Lightnin Hopkins
Cette annonce publiée dans The Gazette le 4 décembre 1972 annonce la venue de Lightnin’ Hopkins, témoignant de l’importance du blues dans la programmation du lieu [64].

Les derniers jours du club sont marqués par la présence de Lightnin’ Hopkins en décembre 1972. Le 10 décembre 1972, le Esquire Show Bar ferme définitivement ses portes, mettant fin à plus de trente ans d’activité [6].

Parallèlement, Norm Silver poursuit ses activités au Norm Silver’s Moustache, qui évolue du Dixieland vers le rock psychédélique puis le hard rock, devenant un lieu important de la scène montréalaise dans les années 1980 [3], [9].

La fermeture s’inscrit dans un climat de tensions avec les autorités. Dans Le Devoir, la Commission des permis d’alcool qualifie le club de « rendez-vous des prostituées », évoquant des années de surveillance et d’arrestations [71].

Bien que son permis municipal ait été révoqué dès 1963, le club avait continué d’opérer grâce à un permis provincial, dans une certaine tolérance. Une décision de la Cour d’appel au début des années 1970 vient finalement entériner sa fermeture [72].

Norm Silver conteste ces accusations et déplore l’absence de soutien : « Cela me coûterait plus cher d’engager un policier que de faire fonctionner mon club » [2].

« Je me soucie peu de perdre de l’argent, mais la situation est profondément humiliante. J’ai bâti ici une réputation. »

Norm Silver, dans The Montreal Star, Dane Lanken, « Going, going...? », 16 décembre 1972 [2].

Les analyses rétrospectives situent cette fermeture dans une transformation plus large de la vie nocturne montréalaise. Un article de Pop jeunesse (20 janvier 1973) souligne le paradoxe d’un lieu disparu au sommet de sa popularité, fort de 33 ans d’existence et d’une réputation internationale [68].

Plus largement, cette disparition reflète le déclin des cabarets face à la montée des discothèques et aux pressions économiques et réglementaires [18], [19], [21].

Malgré sa fermeture en 1972, des démarches administratives se poursuivent en 1973, Norman Silver demandant encore des permis sous Esquire Club Inc., signe de tentatives de relance [73].

La disparition du Esquire symbolise ainsi la fin d’une époque : celle des grands cabarets montréalais.

7. Milord : la relance éphémère d’un lieu mythique

Au printemps 1977, l’ancien Esquire Show Bar du 1224, rue Stanley est relancé sous le nom de Milord, marquant une tentative explicite de redonner vie à un lieu emblématique de la nuit montréalaise tout en l’adaptant aux réalités musicales de la fin des années 1970. L’ouverture officielle est annoncée à la fin d’avril sous une nouvelle administration, qui présente le club comme l’héritier d’un établissement autrefois associé aux plus grands noms du spectacle. La salle propose dès la deuxième semaine d’avril une programmation régulière de concerts en semaine à 21 h et 23 h 30, avec des billets variant entre 2 et 4 dollars, légèrement plus chers en fin de semaine, tandis que les consommations sont affichées à 1,25 $ la bière et 2 $ pour les spiritueux [54].

Annonce — Milord
Cette annonce publiée dans The Montreal Star le 9 avril 1977 souligne l’ouverture du Milord — anciennement le Esquire Show Bar au 1224, rue Stanley — avec une série de spectacles du groupe Offenbach, marquant la transition du lieu vers une programmation rock québécoise [63].

La grille de programmation témoigne d’une volonté claire de repositionner le Milord comme un lieu de diffusion éclectique, à la croisée du rock, du jazz et des musiques contemporaines. La série d’ouverture est marquée par la présence d’Offenbach du 12 au 17 avril 1977, suivie de George Duke et Billy Cobham, de la Scarlet Rivera Band — la violoniste associée à Bob Dylan —, puis d’Arthur Prysock. En mai, la programmation se poursuit avec Miroslav Vitous, Gary Burton et Eberhard Weber, Bim, Rough Trade et Boule Noire, ce qui révèle l’ambition du lieu de conjuguer artistes internationaux et scène locale dans un contexte de forte concurrence culturelle [54].

Dans un premier temps, le club est présenté comme étant dirigé par Arthur Dalfen, également connu comme gérant du Maples Inn à Pointe-Claire. Celui-ci affirme vouloir préserver la tradition de l’Esquire tout en modernisant son offre : le Milord conserve la scène et une partie de l’aménagement de base de l’ancien cabaret, mais réoriente la programmation vers un mélange de rock, pop et jazz destiné à une clientèle plus jeune. L’article insiste sur le fait que la salle à l’étage peut accueillir environ 700 personnes, tandis qu’un espace complémentaire permet de combiner concerts, danse et musique enregistrée. Le projet se présente ainsi comme un passage du modèle du cabaret classique vers celui d’un club de concerts adapté aux goûts de l’après-cabaret [9].

La réouverture du Milord prend une valeur symbolique particulière le 12 avril 1977, lorsque Offenbach inaugure la salle à l’occasion du lancement de son nouveau microsillon. Le récit rapporté par Mario Roy montre à quel point le lieu demeure chargé de mémoire : arrivé tôt sur place, Gerry Boulet redécouvre un décor encore largement intact, avec ses colonnes décoratives, ses rampes d’éclairage et plusieurs aménagements hérités de l’Esquire Show Bar, pendant qu’à l’étage on installe un système sonore de discothèque et que quelques employés s’affairent à nettoyer la salle et à remplir les réfrigérateurs derrière le bar. Assis au centre de la pièce, Boulet parcourt l’espace du regard et reconnaît même certains graffitis datant de l’époque de l’Expo 67. À mesure que la soirée avance, la foule se forme, mêlant proches du groupe, gens de l’industrie musicale et habitués du milieu rock, faisant de cette soirée non seulement une ouverture officielle, mais aussi un moment de réappropriation symbolique d’un lieu prestigieux par une nouvelle génération de musiciens québécois [51].

Dans les semaines qui suivent, la présence d’Offenbach contribue fortement à définir l’identité musicale du Milord. Une critique publiée en mai 1977 souligne le retour du groupe au français et insiste sur la puissance de sa prestation scénique dans cette salle de la rue Stanley. Le premier concert sert de vitrine à plusieurs nouvelles pièces, dont « Victoire d’amour », « Le blues me guette », « La voix que j’ai », « Le condamné à mort » et « Dominus Vobiscum ». L’article insiste sur le caractère plus direct, plus « heavy » et plus enraciné dans le rock et le blues du groupe, ainsi que sur le rôle central de Gerry Boulet, dont le chant et l’orgue dominent la performance, soutenus par Michel Lamothe et Roger Belval. La scène, surélevée de quelques marches et située au cœur même du bar, favorise une proximité immédiate avec le public et contribue à faire du Milord un point d’ancrage important pour le rock québécois en pleine affirmation [53].

Quelques semaines après cette relance, le club entre toutefois dans une nouvelle phase de repositionnement. À la mi-juin 1977, la direction passe entre les mains de Gary Eisenkraft, figure bien connue du milieu montréalais et fondateur du New Penelope. Son arrivée marque un changement de stratégie : plutôt que de miser principalement sur les têtes d’affiche internationales, Eisenkraft entend faire du Milord une vitrine pour les talents locaux, dans l’esprit des clubs où il avait auparavant contribué à lancer des artistes comme Gordon Lightfoot, Richie Havens ou Mother of Invention. L’article note que certaines expériences récentes — notamment la programmation de Scarlett Rivera — n’ont pas obtenu les résultats espérés, alors que des groupes locaux comme Offenbach ont davantage mobilisé le public. Eisenkraft privilégie donc une approche fondée sur le bouche-à-oreille et la découverte, tout en abaissant les prix d’entrée à environ 2 $ en semaine et 2,50 $ les fins de semaine, et en accueillant des groupes contemporains comme Fussy Cussy. Le Milord apparaît alors comme un laboratoire fragile, oscillant entre mémoire du cabaret et adaptation au marché du concert rock moderne [52].

Malgré une programmation ambitieuse, des efforts de relance répétés et une volonté réelle de faire du lieu un pôle actif de la scène musicale montréalaise, l’expérience du Milord demeure brève. Moins d’un an après sa réouverture, l’établissement a déjà disparu du paysage. En janvier 1978, Le Devoir le mentionne au passé parmi une série de lieux récemment disparus, aux côtés du Black Bottom, du New Penelope et de l’Esquire, dans un contexte de recomposition rapide de la vie nocturne montréalaise [55]. Cette fermeture précoce s’explique en partie par la difficulté de concilier programmation éclectique, rentabilité économique et mutation des publics. Le Milord apparaît ainsi comme un projet de transition avorté, révélateur des tensions qui traversent la scène montréalaise à la veille des années 1980 : déclin du modèle cabaret, montée du rock, fragmentation des clientèles et concurrence accrue entre discothèques, clubs et grandes salles de spectacles.

8. Les Filles d’Ève : du cabaret au strip club

Annonce — Filles d'Ève

Le 1er mai 1978, le 1224, rue Stanley accueille l’ouverture des Filles d’Eve, présentée comme le « newest strip club » de Montréal. Offrant un spectacle continu de midi à 3 h du matin avec 30 danseuses et go-go dancers, l’établissement illustre le virage vers une offre plus commerciale et érotisée du divertissement sur la rue Stanley à la fin des années 1970 [5].

9. Les années 1980 : la fin d’une époque

Le 17 mars 1980, Norm Silver, figure centrale du Esquire Show Bar et acteur majeur de la vie nocturne montréalaise pendant plus de trois décennies, s’éteint à l’âge de 69 ans. Reconnu pour avoir transformé le Esquire en une véritable vitrine internationale du jazz, du rhythm and blues et du rock, il laisse derrière lui un héritage durable, ayant contribué à faire du club l’un des lieux les plus influents de la scène musicale montréalaise du XXe siècle [7].

10. Héritage : mémoire et influence du Esquire Show Bar

Un article publié dans La Presse le 14 juin 2008, signé Marie-Christine Blais, revisite le Esquire Show Bar à travers sa célèbre scène en fer à cheval, rappelant son statut de lieu clé de la vie nocturne au 1224, rue Stanley. Fondé sur un modèle de divertissement continu, le Esquire incarnait un espace hybride où musique, consommation et sociabilité se confondaient sans interruption [69].

Son aménagement intime favorisait une proximité rare entre artistes et public, créant une atmosphère immersive. Grâce à une programmation mêlant vedettes internationales et talents locaux, le club s’impose comme un carrefour culturel majeur et un lieu formateur pour des artistes comme Robert Charlebois.

Évoluant dans un cadre réglementaire contraignant, le Esquire subit des pressions croissantes à partir des années 1960, reflétant les tensions plus larges qui traversent la gestion de la vie nocturne montréalaise [73].

Malgré sa fermeture en 1972, son héritage perdure. En 2008, le spectacle Esquire Show Bar — La Revue, présenté au Théâtre Corona, rend hommage à son esprit musical et réaffirme sa place comme lieu marquant de l’histoire culturelle montréalaise [80].

Plus qu’un cabaret, le Esquire demeure le symbole d’une époque vibrante — où la continuité du spectacle devenait la forme même du lieu.

11. Notices biographiques

Notice biographique

Photo du Montreal Concert Poster Archive

NORM SILVER (c. 1911–1980)

Norm Silver fut l’un des plus importants imprésarios et directeurs de clubs nocturnes de Montréal au XXe siècle. Figure incontournable de la vie nocturne montréalaise, il demeure surtout associé au ESQUIRE SHOW BAR, établissement mythique de la rue Stanley qu’il contribua à transformer, à partir du début des années 1950, en une véritable « maison de la bonne musique ». Pendant plus de vingt ans, Silver y imposa une programmation ambitieuse et éclectique qui fit du lieu une scène de premier plan pour le jazz, le blues, le rock’n’roll, le rhythm and blues et la soul. Sous sa direction, le Esquire accueillit une impressionnante succession d’artistes de renom, parmi lesquels DUKE ELLINGTON, COUNT BASIE, WOODY HERMAN, LIONEL HAMPTON, BO DIDDLEY, FATS DOMINO, LITTLE RICHARD, BILL HALEY AND THE COMETS, WILSON PICKETT, SAM AND DAVE, MUDDY WATERS, HOWLIN’ WOLF, JOHN LEE HOOKER, HERBIE HANCOCK et RAHSAAN ROLAND KIRK[3].

Né au sein d’une famille juive montréalaise et élevé dans le secteur du PARC DUFFERIN, Silver fut d’abord un sportif accompli. Élève de la BARON BYNG HIGH SCHOOL, promotion 1928, il joua et entraîna des équipes du YMHA en baseball et en basketball, menant certaines formations à des championnats municipaux et provinciaux. Après ses études, il entra brièvement dans le monde des affaires en travaillant chez GREENSHIELDS, où il inscrivait les transactions de la Bourse de New York au moment du krach de 1929. Comme beaucoup de Montréalais touchés par la GRANDE DÉPRESSION, il dut ensuite multiplier les combines et les emplois, allant des maisons de paris à diverses initiatives promotionnelles liées au sport, afin de gagner sa vie[3].

Durant la SECONDE GUERRE MONDIALE, Silver fut affecté au quartier général du camp militaire de SAINT-JEAN, tout en participant à la vente d’obligations de la victoire dans les clubs montréalais. Après la guerre, il se lança plus franchement dans la restauration et le divertissement. Il collabora avec HENRY MANELLA et JACK BLATT, notamment dans le développement de lieux devenus emblématiques comme RUBY FOO’S et surtout MISS MONTREAL, vaste drive-in érigé sur le boulevard Décarie à partir de 1947, qui allait devenir une institution populaire de l’après-guerre[3].

C’est toutefois avec le ESQUIRE que Norm Silver marqua durablement l’histoire culturelle de Montréal. Alors que le club, fondé à la fin des années 1930 par SAM CLEAVER, traversait une période difficile, Silver en reprit les rênes et y introduisit d’importants changements, dont la formule du spectacle continu (continuous performance), inspirée des ciné-journaux new-yorkais : un programme de deux heures recommençant sans interruption, permettant au public d’entrer à tout moment. Il redéfinit aussi l’identité du lieu en le faisant passer du modèle du supper club traditionnel à celui d’un show bar moderne, plus dynamique et plus musical. Cette formule connut un succès immédiat et permit au Esquire de s’imposer comme un établissement distinctif dans le paysage nocturne montréalais[22].

Visionnaire, Silver comprit également très tôt le potentiel commercial et culturel du rock’n’roll. Dès 1956, alors que plusieurs propriétaires de clubs demeuraient méfiants face à cette nouvelle musique, il choisit de l’introduire sur la scène du Esquire. Il affirmait ainsi avoir été parmi les premiers à présenter du rock’n’roll en direct à Montréal, avec des groupes comme TNT TRIBBLE AND THE FIVE STICKS OF DYNAMITE et les KANSAS CITY TOMCATS, qui se relayaient sur scène sans interruption dans le cadre de la formule maison. Au fil des années 1960, il adapta ensuite la programmation aux nouvelles tendances, intégrant le rhythm and blues puis la soul, tout en maintenant le club à l’avant-garde des courants musicaux populaires[3][22].

Silver était aussi un homme de terrain, très présent dans son établissement. Son minuscule bureau, situé près du vestiaire du Esquire, encombré de boîtes de cigares, de coupures de presse et d’archives, faisait partie intégrante de l’atmosphère du lieu. Toujours vêtu d’un costume ample, le cigare à portée de main, il réservait les artistes, observait la clientèle, discutait avec les habitués et cherchait sans cesse à comprendre l’évolution des goûts du public. Son credo tenait en une formule simple : « la musique reste la musique », peu importe son origine ou son étiquette[22].

La fermeture du ESQUIRE SHOW BAR en 1972, à la suite des conflits avec la Ville de Montréal et les autorités des permis d’alcool, fut pour lui un coup très dur. Silver considérait le club non seulement comme une entreprise, mais comme une véritable institution culturelle, qui aurait dû être soutenue plutôt que combattue. Malgré cette fermeture, il demeura actif dans le milieu en se consacrant davantage au MUSTACHE CLUB de la rue Closse, qu’il avait acquis quelques années plus tôt sous le nom de NORM SILVER’S MUSTACHE[2][3].

Norm Silver s’éteignit en 1980, à l’âge de 69 ans, au ROYAL VICTORIA HOSPITAL, au terme d’une longue maladie. Jusqu’à ses dernières semaines, il continuait encore à réserver des artistes. Sa disparition marqua la fin d’une époque, celle d’un Montréal nocturne cosmopolite, effervescent et musical, dont il fut l’un des grands artisans. Il laissa le souvenir d’un homme chaleureux, généreux, intuitif et profondément attaché à la musique vivante, qui sut faire du ESQUIRE SHOW BAR l’un des hauts lieux du divertissement montréalais du XXe siècle[93].

Notice biographique

Photo du Montreal Concert Poster Archive

ROY COOPER (1908–1996)

Roy Cooper est l’une des figures majeures du show-business montréalais du XXe siècle. Actif pendant plus de sept décennies, il est décrit dans la presse comme le « doyen des imprésarios canadiens » et comme une véritable légende du spectacle à Montréal.

Né à Montréal puis formé dans le circuit américain du vaudeville, notamment à New York et dans les Catskills, Cooper développe un vaste réseau professionnel reliant la métropole québécoise aux grands centres artistiques nord-américains. Dès les années 1930, son nom apparaît dans la programmation de cabarets du centre-ville, dont le LIDO (rue Stanley), avant l’essor des grandes boîtes d’après-guerre.

Au fil de sa carrière, il participe à la venue à Montréal d’artistes internationaux de premier plan, parmi lesquels LOUIS ARMSTRONG, BILLIE HOLIDAY, COUNT BASIE, DUKE ELLINGTON, SAMMY DAVIS JR., TONY BENNETT et EDITH PIAF. Son nom est également associé à des tentatives d’engagement de ELVIS PRESLEY, illustrant l’ampleur de son réseau.

Dans les années 1950 et 1960, Cooper joue un rôle structurant dans la circulation des artistes jazz à Montréal. Des sources rétrospectives situent son influence dans le développement du circuit qui inclut le ESQUIRE SHOW BAR et le JAZZ HOT de la CASA LOMA, contribuant à inscrire la ville dans le réseau nord-américain des grandes tournées.

Respecté pour son professionnalisme et sa capacité à maintenir des relations durables avec les artistes, Cooper incarne la transition entre l’âge d’or des cabarets, la montée des grandes productions internationales et les transformations du paysage nocturne montréalais à partir des années 1960.

Notes & sources

  1. THE GAZETTE, 3 mai 1940 — annonce d’ouverture du Esquire au 1224, rue Stanley.
    Signalement : présente l’établissement comme un nouveau lieu de rendez-vous montréalais; met de l’avant des « floor revues » offertes trois fois par soir avec Armand Meerte et son orchestre; souligne l’ouverture immédiate (« Opening Tonight »).
  2. THE MONTREAL STAR, 16 décembre 1972, « Going, going...? » — article de fond consacré à la fermeture du Esquire Show Bar et à ses relations conflictuelles avec les autorités municipales.
    Signalement : revient sur le statut du club comme l’un des principaux lieux de diffusion du blues et du jazz à Montréal, ayant accueilli des artistes tels que Muddy Waters, Howlin’ Wolf, John Lee Hooker, Herbie Hancock et Pharoah Sanders; décrit la fermeture du Show Bar à la suite de la révocation de son permis d’alcool en mai 1972, invoquant notamment des accusations liées à la prostitution et à l’exploitation sans permis municipal; précise que plusieurs arrestations ont été effectuées au fil des ans, souvent à partir d’opérations d’infiltration policière; souligne la position du gérant Norm Silver, qui conteste ces accusations et affirme que les problèmes relèvent davantage d’un manque de soutien institutionnel et d’un encadrement policier insuffisant; mentionne la poursuite partielle des activités sans alcool, avec une programmation musicale toujours active mais devant composer avec une baisse d’achalandage; met en lumière l’importance du Esquire comme lieu de rencontre interclasses et comme plateforme majeure pour les musiques afro-américaines à Montréal; insiste enfin sur les difficultés financières, juridiques et administratives ayant mené à la fermeture définitive de l’établissement, malgré sa réputation et son influence culturelle.
  3. THE MONTREAL STAR, 10 mars 1979, Dane Lanken, « The Esquire Showbar remembered » — article rétrospectif consacré à l’histoire et à l’influence du Esquire Show Bar.
    Signalement : retrace l’évolution du club depuis son ouverture en 1937 jusqu’à sa fermeture au début des années 1970; souligne son rôle comme haut lieu du jazz, du blues et du rhythm and blues à Montréal, ayant accueilli des artistes tels que Duke Ellington, Count Basie, Buddy Rich, Herbie Hancock, Aretha Franklin, Chubby Checker et Jimi Hendrix; met en lumière la direction de Norm Silver, son importance comme espace de rencontre interclasses et sa contribution à l’introduction des musiques afro-américaines auprès du public montréalais; évoque les transformations du quartier, les pressions réglementaires et les changements dans les habitudes de consommation qui ont mené à son déclin et à sa disparition.
  4. THE MONTREAL DAILY STAR, 17 novembre 1948, « Sunday Shows Result in Fines » — article portant sur l’application de la Lord’s Day Act à Montréal.
    Signalement : rend compte des amendes imposées à quinze exploitants de cabarets, salles de danse et commerces pour avoir présenté des spectacles ou permis la danse le dimanche; mentionne notamment Sam Cleaver du Esquire Cafe (1224, rue Stanley), impliqué dans plusieurs infractions; illustre le cadre réglementaire strict encadrant les activités de divertissement à Montréal à la fin des années 1940.
  5. THE GAZETTE, 1er mai 1978, p. 26 — publicité annonçant l’ouverture de Les Filles d’Eve au 1224, rue Stanley.
    Signalement : présente le club comme le « newest strip club » de Montréal, mettant en vedette 30 danseuses et go-go dancers en spectacle continu de midi à 3 h; mentionne notamment Renée Dubois et Eliza Bell.
  6. THE MONTREAL STAR, 8 décembre 1972, Juan Rodriguez, « Lightnin’ Hopkins began blues fire » — article couvrant une série de spectacles de Lightnin’ Hopkins au Esquire Show Bar.
    Signalement : souligne la présence du bluesman texan lors d’un engagement de quatre jours, présenté comme sa première visite à Montréal; décrit la performance comme un moment marquant, caractérisé par une approche intime, expressive et minimaliste du blues; mentionne la participation du groupe The Eclipse, ainsi que leur rôle d’accompagnement; insiste sur la capacité du Esquire à accueillir des artistes majeurs dans une atmosphère rapprochée; évoque enfin le contexte incertain du club, dont l’avenir apparaît compromis à la suite de la révocation récente du permis d’alcool.
  7. THE RECORD, 18 mars 1980 — « Norm Silver dead at 69 » — avis de décès de Norm Silver, impresario et ancien directeur du Esquire Show Bar.
    Signalement : présente Silver comme une figure majeure de la scène musicale montréalaise, ayant contribué à faire du Esquire un lieu de calibre international; souligne son rôle dans la transformation du club, passé d’un supper club traditionnel à une vitrine de premier plan pour les musiques contemporaines; mentionne son entrée dans le milieu des boîtes de nuit dans les années 1940 et son influence sur plusieurs générations de musiciens; insiste enfin sur son importance comme promoteur ayant marqué durablement la vie nocturne et culturelle de Montréal.
  8. THE MONTREAL STAR, 15 juillet 1964 — avis de décès de Samuel Cleaver, propriétaire du Esquire Show Bar.
    Signalement : retrace le parcours de Cleaver, figure importante de la vie nocturne montréalaise, associé au Esquire depuis la fin des années 1930; présente le club comme l’un des derniers témoins de l’âge d’or des cabarets, ayant accueilli des artistes tels que Patti Page, Jerry Lewis, Dean Martin et Eddie Fisher; souligne l’évolution du lieu, passant des revues et spectacles variés au jazz, puis au rock and roll; évoque également des éléments biographiques, dont son origine britannique, ses activités sportives et son rôle dans le milieu montréalais.
  9. THE GAZETTE, 9 avril 1977, p. 42 — article de Juan Rodriguez, « New Milord concert club aims to keep Esquire tradition ».
    Signalement : annonce la transformation de l’ancien Esquire Show Bar en Milord, un club de concerts orienté rock, pop et jazz, visant à perpétuer la tradition du lieu tout en s’adaptant à une nouvelle clientèle et aux tendances musicales contemporaines.
  10. THE GAZETTE, 13 août 1973, Dave Billington, « The Esquire Show Bar — we need it back » — article plaidoyer en faveur de la réouverture du Esquire Show Bar.
    Signalement : évoque la fermeture récente du club à la suite d’interventions policières et de pressions réglementaires, notamment la saisie d’alcool et les difficultés liées à l’obtention d’un permis; souligne la réputation du lieu comme espace majeur du jazz et du blues à Montréal; met en avant les critiques adressées aux autorités municipales et à la Commission des liqueurs; insiste sur la valeur culturelle du Esquire, présenté comme un lieu unique favorisant la rencontre entre artistes et public; mentionne les démarches entreprises pour rouvrir l’établissement, ainsi que le soutien exprimé par des journalistes, des amateurs de musique et des acteurs du milieu culturel.
  11. THE GAZETTE, 6 mai 1972 — « Police shutter Esquire Show Bar » — article annonçant la fermeture du Esquire Show Bar par les autorités.
    Signalement : rapporte la descente policière ayant entraîné la saisie de plus de 1 000 caisses de bière et 600 bouteilles d’alcool fort, ainsi que la confiscation des permis d’exploitation; précise que la fermeture est autorisée par la Commission de contrôle des permis d’alcool du Québec; énumère les motifs invoqués, dont l’exploitation sans permis municipal, des activités associées à la prostitution et le non-respect des conditions liées à la licence de bar et de salle à manger; mentionne également que d’autres établissements du même immeuble sont touchés; souligne enfin qu’au moins 75 arrestations ont été effectuées entre 1968 et 1971, contribuant à justifier la décision des autorités.
  12. THE MONTREAL STAR, 9 mai 1972, Juan Rodriguez, « Coryell playing fine music at troubled Esquire Bar » — article consacré à une performance de Larry Coryell au Esquire Show Bar, dans un contexte de crise pour l’établissement.
    Signalement : décrit la prestation du guitariste de jazz Larry Coryell, saluée pour sa sensibilité et sa maîtrise technique; souligne la qualité continue de la programmation musicale malgré les difficultés du club; évoque la récente descente policière, la révocation du permis d’alcool et les accusations portées contre l’établissement, notamment l’absence de service de restauration et des activités liées à la prostitution; rappelle le rôle du Esquire comme lieu majeur de diffusion du jazz et du blues, ayant accueilli des artistes tels que Muddy Waters, Rahsaan Roland Kirk et John Lee Hooker; met en lumière la position du gérant Norm Silver, déterminé à défendre la réputation du club; insiste enfin sur le soutien du public et du milieu culturel, certains allant jusqu’à envisager des actions pour maintenir le lieu en activité.
  13. THE GAZETTE, 28 septembre 1992, Bill Brownstein, « Gary Silver has roots in local rock legend » — article retraçant le parcours du musicien Gary Silver et l’héritage de son père Norm Silver, ancien propriétaire du Esquire Show Bar.
    Signalement : présente Gary Silver comme guitariste et chanteur actif sur la scène new-yorkaise et montréalaise; souligne l’influence déterminante de son père, associé au Esquire, décrit comme un lieu majeur du rhythm and blues et du rock à Montréal dans les années 1950 et 1960; rappelle le passage d’artistes tels que Bo Diddley, Chuck Berry, The Rolling Stones, Little Richard, Wilson Pickett et Jimi Hendrix; évoque la fermeture du club en 1972 et la tentative manquée de Gary Silver d’y lancer sa carrière; met en lumière la réputation de Norm Silver comme promoteur influent et figure respectée du milieu musical montréalais.
  14. THE GAZETTE, 16 juin 2008, Bernard Perusse, « Soul brought to stage » — article annonçant la relance du Esquire Show Bar sous forme de revue au Corona Theatre.
    Signalement : présente le spectacle The Revue, conçu par Skipper Dean, Sylvie Desgroselliers et Michael Dozier, comme une relecture contemporaine de l’héritage musical du Esquire; rappelle le rôle historique du club comme haut lieu du rhythm and blues, de la soul et du jazz dans les années 1950 et 1960, avec des artistes tels que Jackie Wilson, James Brown, Sam and Dave, Otis Redding, Fats Domino, Wilson Pickett, Bo Diddley, Little Richard, Ben E. King et Jimi Hendrix; souligne la volonté de recréer l’atmosphère du club à travers une formule scénique inspirée des revues originales; met en lumière la transmission intergénérationnelle de cette mémoire musicale, ainsi que l’importance durable du Esquire dans l’imaginaire culturel montréalais.
  15. THE GAZETTE, 22 mars 1980, Juan Rodriguez, « Lament for a Music Man » — article hommage à Norm Silver, ancien directeur du Esquire Show Bar.
    Signalement : dresse le portrait de Norm Silver comme figure centrale de la vie nocturne montréalaise, associé au Esquire pendant plus de 30 ans; retrace son rôle dans la programmation du club, mettant en valeur le jazz, le rhythm and blues et le rock and roll; rappelle les artistes marquants passés par la scène, dont Fats Domino, Little Richard, Sam Cooke, Bo Diddley, Wilson Pickett, Joe Tex, Junior Walker et Martha and the Vandellas; évoque la fermeture du club en 1972 à la suite de pressions réglementaires et de conflits avec les autorités; souligne l’influence durable de Silver sur la scène musicale montréalaise et la disparition du Esquire comme perte majeure pour la culture urbaine.
  16. THE MONTREAL STAR, 6 mai 1972 — « Police close down Esquire Show Bar » — article annonçant la fermeture du Esquire Show Bar par les autorités.
    Signalement : rapporte la saisie d’environ 10 000 $ d’alcool et la révocation des permis de plusieurs établissements liés au Esquire; précise que l’intervention est autorisée par la Commission de contrôle des permis d’alcool du Québec à la suite d’audiences tenues l’année précédente; mentionne des infractions telles que l’exploitation sans permis municipal et le non-respect des conditions d’exploitation; évoque les accusations associant le lieu à des activités de prostitution, contestées par Norm Silver; souligne la contradiction entre ces accusations et la réputation du club comme vitrine majeure du jazz et du blues en Amérique du Nord; indique enfin un historique d’arrestations et de condamnations liées à des opérations policières d’infiltration.
  17. LA PRESSE, 18 juin 1984, « Le Ritz Carlton est le seul survivant de l’époque des “grands hôtels” », dossier « La Presse : 100 ans de vie montréalaise » — article rétrospectif sur l’évolution de l’hôtellerie et de la vie nocturne à Montréal.
    Signalement : retrace l’âge d’or des grands hôtels et des lieux de divertissement montréalais du tournant du XXe siècle jusqu’aux années 1950; évoque les cabarets, restaurants et clubs emblématiques comme espaces centraux de la vie sociale et culturelle; souligne le rôle du Casino Bellevue, du Casa Loma et d’autres établissements dans le développement du divertissement urbain; met en lumière la transformation progressive des pratiques nocturnes avec l’arrivée de la télévision et les changements économiques et culturels; rappelle enfin l’importance de lieux comme le Esquire Show Bar, mentionné pour sa programmation de jazz et de rhythm and blues et pour le passage d’artistes majeurs tels que Fats Domino, Little Richard, Robert Charlebois et Johnny Hallyday, avant sa fermeture en 1972.
  18. LE QUOTIDIEN DU SAGUENAY–LAC-SAINT-JEAN, 27 juillet 1977, « Les discothèques ont éliminé les spectacles de cabarets » — article sur le déclin des cabarets au profit des discothèques.
    Signalement : analyse la transformation du paysage nocturne montréalais dans les années 1970, marquée par la montée des discothèques et la disparition progressive des cabarets à spectacles; évoque la hausse des cachets, la diminution du nombre d’artistes et les contraintes économiques comme facteurs de déclin; souligne les difficultés liées aux permis, à la fiscalité et aux coûts d’exploitation; mentionne le rôle de Norm Silver et du Esquire Show Bar, présenté comme un ancien haut lieu de la musique américaine fermé en 1972; met en évidence le déplacement des pratiques culturelles vers des modèles centrés sur la danse et la consommation plutôt que sur les performances en direct.
  19. LE DROIT, 9 août 1977 — « Les cabarets : au second plan » — article sur le déclin des cabarets face à la montée des discothèques.
    Signalement : analyse la transformation du paysage nocturne montréalais et canadien dans les années 1970, marquée par la baisse de fréquentation des cabarets à spectacles et l’essor des discothèques; évoque la hausse des cachets, la diminution du public et les contraintes liées aux permis et aux coûts d’exploitation; cite Norm Silver et le Esquire Show Bar comme exemple d’un ancien haut lieu ayant attiré de grandes figures de la musique américaine dans les années 1950 avant sa fermeture en 1972; souligne enfin le déplacement des pratiques culturelles vers des modèles plus rentables centrés sur la danse et la consommation.
  20. LA PRESSE, 14 juin 2008, Marie-Christine Blais, « La fameuse scène en fer à cheval… » — article rétrospectif consacré au Esquire Show Bar et à sa mémoire dans la culture montréalaise.
    Signalement : évoque le Esquire comme l’une des salles mythiques de Montréal jusqu’à sa fermeture au début des années 1970; décrit son aménagement distinctif, notamment sa scène en forme de fer à cheval favorisant la proximité entre artistes et public; souligne son rôle central dans la diffusion du jazz, du rhythm and blues et du rock, avec des artistes tels que John Lee Hooker, Otis Redding, Wilson Pickett, Patti LaBelle et George Benson; rapporte des témoignages d’artistes et de musiciens, dont Robert Charlebois et Jimmy Dooley, sur l’atmosphère unique du lieu; met en lumière la continuité entre le Esquire et des projets ultérieurs comme le cabaret Moustache; insiste enfin sur la place durable du club dans l’imaginaire collectif montréalais.
  21. LA TRIBUNE, 28 juillet 1977 — « La belle époque des cabarets tire à sa fin » — article sur le déclin des cabarets à Montréal et au Québec.
    Signalement : analyse la disparition progressive des cabarets à spectacles au profit des discothèques, attribuée à la hausse des cachets, à la baisse de fréquentation et aux contraintes économiques; évoque les difficultés liées à la dualité linguistique du marché montréalais; souligne l’impact des permis municipaux et des politiques de régulation; cite le Esquire Show Bar, propriété de Norm Silver, comme exemple d’un ancien haut lieu ayant attiré les grandes figures de la musique américaine dans les années 1950 avant sa fermeture en 1972; met en évidence la transition vers une culture nocturne centrée sur la danse et la musique enregistrée.
  22. THE MONTREAL STAR, 22 avril 1972, Juan Rodriguez, « No bar like the Show Bar » — article consacré au Esquire Show Bar et à son importance dans la scène musicale montréalaise.
    Signalement : dresse un portrait du Esquire comme lieu emblématique du jazz, du rhythm and blues et du rock à Montréal; retrace ses origines sous Sam Cleaver à la fin des années 1930 et son évolution vers une salle de concert de premier plan; met en avant le rôle de Norm Silver, qui transforme le club en vitrine pour des artistes majeurs tels que Muddy Waters, Buddy Guy, Bo Diddley, Junior Wells, The Modern Jazz Quartet, Herbie Hancock et Roland Kirk; souligne le caractère unique du lieu, notamment son fonctionnement continu (« continuous performance ») et son atmosphère immersive; insiste enfin sur sa réputation internationale et sur sa capacité à attirer un public diversifié, malgré les difficultés croissantes du début des années 1970.
  23. THE GAZETTE, 24 mars 1951 — « New “Showbar” Opens Tonight » — annonce publicitaire de l’ouverture du Esquire Showbar au 1224, rue Stanley.
    Signalement : annonce le lancement d’un nouveau concept de spectacle continu (« show without a stop ») présenté comme une première au Canada; met en avant une programmation variée mêlant musique, comédie, chant et danse, incluant le Frank Petty Trio, Benny Meroff, Alan Stone, les Carter Sisters et Kathleen McLaughlin; souligne la présence de l’orchestre dirigé par Will Skinner ainsi que du disc-jockey Lee Hamilton; insiste sur l’atmosphère renouvelée du lieu et sur l’expérience immersive proposée; inclut également des éléments de restauration (« Food by Miss Montreal ») et le slogan promotionnel « There’s No Bar Like Showbar ».
  24. LA PRESSE PLUS, 9 juin 1984, Maurizia Binda, « Montréal, capitale d’un jazz plutôt conservateur » — article sur la scène jazz montréalaise et ses transformations.
    Signalement : propose un portrait critique de Montréal comme centre du jazz, tout en soulignant un certain conservatisme dans les programmations; décrit la diversité des lieux — clubs, bars et scènes alternatives — et leurs clientèles; évoque des établissements comme le Biddle’s, le Bijou et d’autres lieux du Vieux-Montréal et du centre-ville; met en lumière la coexistence entre jazz traditionnel, fusion et nouvelles tendances; souligne également les difficultés économiques et structurelles affectant les musiciens et les salles; inscrit enfin cette réalité dans une évolution plus large de la vie nocturne montréalaise, marquée par la transformation des circuits musicaux depuis les années 1960 et 1970.
  25. LA PRESSE PLUS, 9 juin 1984, « De l’âge d’or des années 50 aux fatales années 70 » — article rétrospectif sur l’évolution du jazz et de la vie nocturne à Montréal.
    Signalement : retrace le passage de l’âge d’or du jazz montréalais des années 1950, marqué par une forte présence d’artistes internationaux et une vitalité des cabarets, vers le déclin progressif des années 1970; évoque l’impact des transformations économiques, des politiques municipales et des changements culturels sur les lieux de diffusion; souligne le rôle des festivals, des nouvelles tendances musicales et des mutations de l’industrie; met en lumière la transition d’un modèle centré sur les cabarets et le spectacle vivant vers des formes plus fragmentées et institutionnalisées; inscrit enfin cette évolution dans une réflexion plus large sur la place du jazz à Montréal et son adaptation aux réalités contemporaines.
  26. THE GAZETTE, 31 mars 1971, Dane Lanken, « Muddy at the Esquire — the blues of a lifetime » — article sur la prestation de Muddy Waters au Esquire Show Bar.
    Signalement : rend compte de la présence de Muddy Waters à Montréal et souligne son statut de figure majeure du blues; décrit une performance dépouillée, sans artifice, centrée sur l’authenticité musicale et l’intensité émotionnelle; met en avant les membres de son groupe, dont Sammy Lawhorn, James Madison, Pinetop Perkins, Paul Oscher et Willie Smith; évoque l’influence de Waters sur plusieurs générations d’artistes et la portée de ses compositions emblématiques; souligne enfin le rôle du Esquire Show Bar comme lieu d’accueil privilégié pour les grandes figures du blues et du rhythm and blues au début des années 1970.
  27. MONTRÉAL-MATIN, 5 novembre 1945 — annonce publicitaire du Esquire au 1224, rue Stanley.
    Signalement : annonce la présentation de la chanteuse Alys Robi « en personne », décrite comme vedette de la CBC et artiste des enregistrements Victor; met en avant une formule de dîner-spectacle à 20 h 30 sans frais de couvert; souligne l’importance de la revue proposée, qualifiée de « spectacle primeur de l’année »; témoigne du positionnement du Esquire comme lieu de divertissement de premier plan dans l’immédiat après-guerre, combinant restauration et spectacle vivant.
  28. LA PRESSE, 10 juillet 1969, Paul Henry, « Duke Ellington à l’Esquire : “That’s jazz, man” » — article sur la prestation de Duke Ellington au Esquire Show Bar.
    Signalement : rend compte du passage de Duke Ellington à Montréal et met en lumière son statut de figure majeure du jazz; souligne la qualité de son orchestre et la fidélité de ses musiciens, dont Johnny Hodges, Harry Carney, Paul Gonsalves et Cootie Williams; évoque l’enthousiasme du public et la popularité du Esquire, capable d’afficher complet et de refuser des spectateurs; présente la réflexion d’Ellington sur l’évolution de la musique, notamment face au « jazz revival » et à la montée des musiques populaires; insiste enfin sur l’importance du Esquire comme scène accueillant les grandes figures internationales du jazz à la fin des années 1960.
  29. LA PRESSE, 8 janvier 1970, rubrique « Spec by night » — « À l’Esquire Show Bar, la qualité et quelques défauts ».
    Signalement : critique du Esquire Show Bar soulignant la constance de sa programmation musicale de haut niveau malgré certaines limites matérielles; décrit un lieu fidèle à la tradition du cabaret nord-américain, où se succèdent sans interruption des spectacles de qualité; évoque un décor vieillissant, une scène basse et une visibilité imparfaite, mais insiste sur l’atmosphère, le professionnalisme des artistes et l’expérience globale jugée satisfaisante pour les amateurs de musique.
  30. LA PRESSE, 13 mai 1995, section Arts et spectacles — « 1967 : l’année de l’Ex…plosion musicale », par Marie-Christine Blais.
    Signalement : retour sur l’impact culturel de l’Expo 67 et sur l’essor des musiques soul et rhythm’n’blues à Montréal; identifie le Esquire Show Bar (1224, rue Stanley) comme la « Mecque du r’n’b » en 1967; souligne une programmation majoritairement afro-américaine (Joe Tex, Wilson Pickett, The Supremes, entre autres) et rappelle les débuts marquants de Robert Charlebois sur cette scène, notamment comme premier francophone à s’y produire, dans un contexte de transition vers le rock.
  31. LA PRESSE, 3 juin 1969, rubrique « Variétés » — « Charlebois à l’Esquire : comme une envie d’y retourner », par René Homier-Roy.
    Signalement : critique du spectacle de Robert Charlebois à l’Esquire Show Bar; souligne une performance physique, intense et maîtrisée, marquée par une forte présence scénique et une grande liberté expressive; insiste sur l’évolution artistique de Charlebois, désormais pleinement affirmé dans un langage musical hybride mêlant rock, chanson et influences nord-américaines; évoque également la réception du public et le caractère marquant du lieu comme tremplin pour une nouvelle génération d’artistes québécois.
  32. POP JEUNESSE, 21 octobre 1972 — « Stan Getz à l’Esquire ».
    Signalement : reportage sur la prestation du saxophoniste Stan Getz à l’Esquire Show Bar; met en valeur une expérience musicale immersive décrite comme « une jouissance pour l’oreille »; souligne la qualité exceptionnelle du jeu de Getz, oscillant entre puissance et sensibilité, ainsi que la virtuosité de son groupe; insiste sur l’intimité du lieu et sur la place de l’Esquire comme rendez-vous incontournable des amateurs de jazz, de blues et de rhythm’n’blues à Montréal.
  33. POP JEUNESSE, 19 février 1972 — « À l’Esquire : le “jazz avant-garde” de Pharoah Sanders », par Paul Henry.
    Signalement : reportage sur la prestation du saxophoniste Pharoah Sanders à l’Esquire Show Bar; met en lumière une approche expérimentale du jazz, marquée par l’usage de percussions multiples, de variations de rythmes et d’improvisations collectives; souligne l’intensité et la dimension spirituelle de la performance, ainsi que la capacité de Sanders à faire évoluer l’atmosphère du concert; insiste sur le rôle de l’Esquire comme lieu d’accueil pour les formes les plus avancées du jazz contemporain.
  34. POP JEUNESSE, 5 février 1972 — « C’est quoi le Modern Jazz Quartet ? ».
    Signalement : article pédagogique consacré au Modern Jazz Quartet, publié à l’occasion de son passage à l’Esquire Show Bar; vise à expliquer au grand public les fondements du jazz moderne, ses instruments et ses structures; décrit l’expérience en salle, l’interaction entre musiciens et public, ainsi que la complexité et la rigueur du style; met en évidence le rôle de l’Esquire comme lieu de diffusion et d’initiation au jazz pour une nouvelle génération d’auditeurs.
  35. THE GAZETTE, 30 mai 1972, p. 34 — Bill Mann, « The Wolf is Howlin’ at the Esquire ».
    Signalement : article consacré à la prestation de Howlin’ Wolf à l’Esquire Show Bar; décrit l’atmosphère d’une salle presque pleine malgré l’absence de permis d’alcool; mentionne la présence du propriétaire Norm Silver et souligne la continuité de la programmation blues et jazz (dont Charlie Mingus annoncé la semaine suivante); insiste sur le rôle de l’Esquire comme scène active et influente au début des années 1970, malgré les contraintes réglementaires.
  36. THE GAZETTE, 6 juin 1972, p. 18 — Bill Mann, « Mingus plays jazz ».
    Signalement : critique du concert de Charlie Mingus à l’Esquire Show Bar; souligne une salle pleine malgré un contexte difficile; décrit une performance inégale mais marquée par la virtuosité du musicien; confirme la présence continue d’artistes majeurs du jazz à l’Esquire dans les dernières semaines d’activité du club.
  37. THE GAZETTE, 25 mai 1972, p. 33 — Dane Lanken, « The old rock sounds return ».
    Signalement : article décrivant un virage temporaire vers le rock à l’Esquire Show Bar, tout en confirmant le retour imminent d’une programmation jazz et blues avec Howlin’ Wolf et Charlie Mingus; mentionne la suspension du permis d’alcool par les autorités québécoises et les difficultés économiques qui en découlent; inclut une déclaration du propriétaire Norm Silver sur la nécessité d’opérer « avec un bras en moins ».
  38. LE DEVOIR, 14 décembre 1949, p. 1 — Me Pax Plante, « Une exploitation mixte : Cabarets - Bookies ».
    Signalement : article dénonçant les liens entre le milieu des cabarets et les réseaux de jeux illégaux à Montréal; identifie Sam Cleaver comme financier lié au 1212 rue Peel et président de l’Esquire Club Inc. (1224 rue Stanley), établissant un lien direct entre l’exploitation du cabaret et des activités de bookmaking; s’inscrit dans le contexte des enquêtes sur la pègre montréalaise à la fin des années 1940.
  39. LE DEVOIR, 30 décembre 1949, p. 1 — Me Pax Plante, « Voulez-vous des billets de loterie? ».
    Signalement : article poursuivant l’enquête sur les réseaux de loteries illégales à Montréal; associe de nouveau Sam Cleaver à des opérations de jeu, notamment liées au 1212 rue Peel, tout en rappelant ses connexions avec d’autres établissements du centre-ville, dont l’Esquire; illustre l’ampleur et la structuration des activités de jeu clandestin à la fin des années 1940.
  40. THE GAZETTE, 27 juin 1970, p. 40 — Dane Lanken, « Rock 'n' roll and mustaches ».
    Signalement : article retraçant l’évolution de l’Esquire Show Bar sous la direction de Norm Silver; mentionne que Sam Cleaver, propriétaire du club dans les années 1940, aurait approché Silver pour reprendre l’établissement; souligne l’introduction d’une formule de musique continue et le virage vers le rock’n’roll à partir du milieu des années 1950; évoque la réputation durable de l’Esquire comme scène majeure à Montréal.
  41. LE DEVOIR, 6 avril 1951, p. 5 — « À l’enquête sur la moralité » (suite).
    Signalement : compte rendu de l’enquête sur la moralité publique à Montréal; mentionne Sam Cleaver comme propriétaire du Esquire Club sur la rue Stanley, tout en indiquant qu’il aurait été impliqué dans la gestion du club jusqu’en 1939, après quoi Harry Feldman et Louis Moe en auraient assuré la direction; associe également le réseau à Vic Cottroni; confirme l’imbrication entre cabarets, jeux et figures du milieu criminel montréalais.
  42. THE GAZETTE, 22 avril 1939 — article « Liquor Rules Broken — Embassy Terrace Proprietor Fined by Judge ».
    Signalement : identifie Sam Cleaver comme exploitant de l’Embassy Terrace Club (1433, rue Mansfield), reconnu coupable d’avoir vendu de l’alcool en contravention des règlements de la Commission des liqueurs du Québec; amende de 50 $ et fermeture temporaire de l’établissement.
  43. THE GAZETTE, 14 novembre 1952 — article « Police Chief’s Opinion Preferred To Press on Vice, Says Quinn ».
    Signalement : mentionne Sam Cleaver dans le cadre d’une enquête sur le vice à Montréal; indique qu’il aurait été rencontré après l’acquisition d’un immeuble sur la rue Peel et rappelle son implication dans l’Esquire Club (1224, rue Stanley), dont une partie des installations aurait été exploitée sans permis, illustrant ses liens avec des établissements surveillés par les autorités.
  44. LE DEVOIR, 18 février 1950, p. 1 — Me Pax Plante, « Voici les vrais coupables » (série Sous le règne de la pègre).
    Signalement : identifie Sam Cleaver parmi les figures liées à un réseau de cabarets, de jeux et d’activités illicites à Montréal; le texte mentionne notamment son association à l’Esquire Club Inc. (1224, rue Stanley) et ses liens avec d’autres exploitants actifs dans plusieurs établissements du centre-ville, dans un contexte d’enquête sur la moralité publique et la corruption.
  45. LE DEVOIR, 5 avril 1951, p. 1 — « À l’enquête sur la moralité ».
    Signalement : dans le cadre des audiences présidées par le juge François Caron, le témoignage de Harry Feldman mentionne Louis Detner et Sam Cleaver comme associés liés à l’Esquire Club; le document fait également référence au Tic-Toc (devenu ensuite Chez Parée) et à des intérêts communs dans plusieurs établissements du centre-ville, illustrant les interconnexions entre cabarets, maisons de jeu et réseaux d’exploitation.
  46. THE MONTREAL STAR, 7 février 1973, p. 1 et p. 3 — Richard Daignault et Paul Dubois, « Witnesses stall crime probe » et « Probe slows to crawl ».
    Signalement : dans le cadre de l’enquête de la Commission de police du Québec sur le crime organisé, des témoignages rétrospectifs identifient Sam Cleaver parmi les figures actives du milieu interlope montréalais des années 1950, aux côtés de Harry Feldman, Harry Ship et d’autres opérateurs liés aux maisons de jeu et aux cabarets; ces éléments confirment l’existence d’un réseau structuré reliant établissements nocturnes et activités criminelles.
  47. LE DEVOIR, 7 février 1973 — « Les intouchables des années 50 sont toujours là », article de Jean-Pierre Charbonneau sur l’enquête Pax Plante.
    Signalement : identifie plusieurs figures du crime organisé montréalais actives depuis les années 1940–1950, dont Sam Cleaver, aux côtés de Harry Feldman, Louis Ship et Vic Cotroni; décrit un réseau structuré mêlant cabarets, maisons de jeu et activités de bookmaking, bénéficiant d’une protection et d’une impunité relative au sein du « milieu ».
  48. LE DEVOIR, 28 mars 1951 — « À l’enquête sur la moralité » (suite de la 1re page), article lié aux audiences de la commission Caron sur le vice à Montréal.
    Signalement : mentionne Sam Cleaver parmi les exploitants associés aux maisons de jeu et de paris aux côtés de Harry Feldman, Max Shapiro et Meyer Dick; indique que plusieurs de ces figures ont fait fortune dans ces activités avant de se reconvertir dans l’exploitation de restaurants et de clubs de nuit, illustrant les liens structurels entre le milieu du jeu clandestin et celui des établissements nocturnes.
  49. Robert N. Wilkins, « Montreal’s Stanley Street, down through the years », 28 septembre 2016.
    Signalement : la rue Stanley est tracée en 1845 et nommée en l’honneur d’Edward Smith-Stanley, secrétaire d’État britannique aux Colonies; elle devient au tournant du XXe siècle un axe marqué par des institutions religieuses, puis un pôle de divertissement et de cabarets à partir des années 1920–1930. [49]
  50. Haunted Montreal, « Haunted Montreal Blog #22 – 1248 Stanley Street », février 2017.
    Signalement : situé au cœur du centre-ville, l’immeuble du 1248 rue Stanley s’inscrit dans l’histoire nocturne du secteur, notamment comme épicentre du « Gay Ghetto » Peel–Stanley dans les années 1970, avec des bars comme Le Mystique et Truxx; les descentes policières de 1977 marquent un moment charnière des luttes pour les droits civiques, tandis que le lieu conserve une réputation liée à divers événements violents et à des récits de hantise. [50]
  51. ROY, Mario, Gerry Boulet : avant de m’en aller, Montréal, Art Global, 2005, p. 238–239.
    Signalement : décrit la réouverture du Milord le 12 avril 1977 avec Offenbach; évoque l’arrivée de Gerry Boulet dans une salle encore marquée par le décor de l’ancien Esquire Show Bar, ainsi que l’atmosphère et l’importance symbolique de l’événement.
  52. THE GAZETTE, 15 juin 1977, p. — article de Juan Rodriguez, « Pink Floyd sales boom ».
    Signalement : mentionne la prise en charge du Milord par Gary Eisenkraft, ses orientations artistiques centrées sur les talents locaux, les ajustements de programmation et de prix, ainsi que les difficultés rencontrées par le club dans ses premières semaines d’exploitation.
  53. POP ROCK, 14 mai 1977 — « Offenbach : un retour en français ».
    Signalement : critique du spectacle d’Offenbach au Milord, soulignant le retour du groupe au français, la présentation de nouvelles chansons issues de leur microsillon et la puissance de leur performance scénique dans le cadre du club.
  54. POP ROCK, 30 avril 1977 — « Le Milord ouvre ses portes ».
    Signalement : annonce l’ouverture du Milord au 1224, rue Stanley, anciennement Esquire Show Bar; précise les horaires, les prix d’entrée et des consommations, ainsi que la programmation détaillée d’avril et mai 1977 incluant Offenbach, George Duke, Billy Cobham, Scarlet Rivera, Arthur Prysock, Miroslav Vitous, Gary Burton, Rough Trade et Boule Noire.
  55. LE DEVOIR, 27 janvier 1978, p. 22 — Nathalie Petrowski, « D’une salle de répétition à un programme international ».
    Signalement : mentionne le Milord parmi plusieurs lieux disparus de la scène montréalaise récente, témoignant de la fermeture rapide du club après sa réouverture en 1977 et du contexte de mutation du paysage nocturne.
  56. THE GAZETTE, 25 septembre 1930, p. 11 — « Stanley Hall Sale Recalls History ».
    Signalement : article publié à l’occasion de la vente du Stanley Hall, ancienne salle de danse située rue Stanley, à l’extrémité de la rue Cypress. Le texte rappelle que l’édifice avait été construit plus de trente ans auparavant par le maître de danse Frank Norman, figure influente du milieu montréalais, et qu’il s’agissait de sa troisième salle après le Drummond Hall et un premier Stanley Hall à l’angle des rues Stanley et Sainte-Catherine. L’article souligne le rôle de Norman dans l’enseignement de la danse à Montréal et à Ottawa, notamment sous le patronage de Lord et Lady Aberdeen, ainsi que l’implication de ses frères Charles et Fred Norman, actifs dans la formation et l’organisation de cours dans l’est du Canada. Il évoque également les spectacles annuels présentés par les élèves, parfois déplacés vers de plus grandes salles, ainsi que l’importance sociale de cette clientèle issue des milieux aisés. Retiré des affaires avant son décès en 1930, Norman laisse derrière lui un lieu déjà bien ancré dans la vie culturelle montréalaise, témoignant de l’ancienneté du site avant son association avec les cabarets et lieux de spectacle de la rue Stanley.
  57. John Gilmore, Une histoire du jazz à Montréal, Montréal, Lux Éditeur, 2009, p. 272–273.
    Analyse : Gilmore décrit la transformation des boîtes de nuit montréalaises dans les années 1950, marquée par la montée du rock, qui concurrence le jazz et entraîne une réorientation des programmations. Parallèlement, le strip-tease devient une attraction centrale, prolongeant les traditions burlesques mais avec une mise en scène plus explicite du corps. Ce double glissement — musical et esthétique — modifie le rôle des musiciens et des danseuses, désormais qualifiées d’« exotiques », et annonce le déclin du modèle classique du cabaret.
  58. LA PATRIE MAGAZINE, semaine du 13 au 19 septembre 1962, Claude Lavergne, « Montréal, la nuit : la métropole de l’ennui » et « Montréal “by night” : la déception des touristes » — reportage sur la vie nocturne montréalaise au début des années 1960.
    Signalement : décrit un déclin marqué de l’activité nocturne, caractérisé par des rues désertes, des cabarets peu fréquentés et des spectacles standardisés; souligne la déception des touristes et met en évidence des problèmes structurels tels que la concurrence accrue, la multiplication des permis et le manque d’investissement, malgré quelques exceptions comme le Casa Loma.
  59. ALBUMS MASSICOTTE, 1910 — photographie de la rue Stanley conservée à Bibliothèque et Archives nationales du Québec.
    Signalement : vue du Stanley Hall au 1226, rue Stanley, montrant la façade de l’édifice au début du XXe siècle et documentant son usage comme salle de danse avant sa transformation en Palais d’Or en 1928; notice 0002735257.
    En ligne : BAnQ — Collections numériques.
  60. BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES NATIONALES DU QUÉBEC, [19--?], « Esquire “Show-Bar” Theatre Restaurant, 1224 Stanley Street, Montréal » — carte postale.
    Signalement : document iconographique illustrant le Esquire Show Bar et son identité visuelle; exemplaire conservé dans la Collection Pierre Monette, notice 0002631471.
    En ligne : BAnQ — Collections numériques.
  61. LA PRESSE, 5 mai 1972, photographie de Pierre McCann — reportage sur la fermeture du Esquire Music Bar.
    Signalement : images montrant la façade de l’établissement et la saisie de caisses de bière lors d’une intervention des autorités; fonds La Presse, cote P833,S5,D1972-0194, Bibliothèque et Archives nationales du Québec.
    En ligne : BAnQ — Collections numériques.
  62. ESQUIRE SHOW BAR, 1969, « Esquire Show Bar Presents » — affiche promotionnelle.
    Signalement : document annonçant une programmation comprenant Robert Charlebois (2–8 juin) et Lionel Hampton (16–22 juin), illustrant la cohabitation entre artistes québécois et vedettes internationales du jazz au sein du club.
  63. THE MONTREAL STAR, 9 avril 1977, « Offenbach au Milord » — annonce publicitaire.
    Signalement : annonce l’ouverture du Milord (ancien Esquire Show Bar) au 1224, rue Stanley, avec une série de spectacles du groupe Offenbach du 12 au 17 avril 1977.
  64. THE GAZETTE, 4 décembre 1972, « Lightnin’ Hopkins » — annonce publicitaire.
    Signalement : publicité annonçant la première apparition montréalaise de Lightnin’ Hopkins au Esquire Show Bar (1224, rue Stanley), du 7 au 10 décembre, avec plusieurs représentations par soir.
  65. THE GAZETTE, 29 mars 1971, « Muddy Waters » — annonce publicitaire.
    Signalement : annonce une série de spectacles de Muddy Waters and his Orchestra au Esquire Show Bar (1224, rue Stanley), du 30 mars au 4 avril 1971.
  66. THE GAZETTE, 10 janvier 1956, « Esquire Showbar Dining Room — Reopening Fri., Jan. 13th » — annonce publicitaire.
    Signalement : publicité annonçant la réouverture du Esquire Show Bar (1224, rue Stanley) avec une programmation centrée sur le rock ’n’ roll, incluant “TNT” Tribble and His 5 Sticks of Dynamite et les Kansas City Tomcats, avec divertissement continu et sans frais d’admission minimum.
  67. PHOTO-VEDETTES, 14 juin 1975, « Pop jeunesse rock » — article de magazine.
    Signalement : texte rétrospectif sur Robert Charlebois évoquant son passage au Esquire Show Bar dans le cadre d’une programmation réunissant notamment Duke Ellington, Woody Herman, Lionel Hampton et Fats Domino; inclut des propos de Norm Silver sur l’impact de l’artiste.
  68. POP JEUNESSE, 20 janvier 1973, « Pourquoi l’Esquire a fermé ses portes » — article de magazine.
    Signalement : revient sur la fermeture du Esquire Show Bar, mettant en évidence sa réputation internationale, sa fréquentation par des artistes et célébrités ainsi que son rôle formateur pour Robert Charlebois; précise que la fermeture est liée à la perte de la licence d’alcool.
  69. LA PRESSE, 14 juin 2008, Marie-Christine Blais, « La fameuse scène en fer à cheval… » — article rétrospectif.
    Signalement : analyse l’architecture intérieure du Esquire Show Bar, son fonctionnement en spectacle continu et son importance dans la vie nocturne montréalaise; inclut des témoignages, notamment de Robert Charlebois.
  70. GAZETTE OFFICIELLE DU QUÉBEC, 16 octobre 1937 (no 42) — publication des lettres patentes constituant la compagnie Esquire Club Inc..
    Signalement : incorporation accordée le 21 septembre 1937 par le lieutenant-gouverneur de la province de Québec, en vertu de la Loi des compagnies (R.S.Q. 1925), à l’initiative de Sam Cleaver (négociant), Herbert E. Bell (comptable) et F. Scott Plunkett (dessinateur publicitaire), tous domiciliés à Montréal. L’objet de la compagnie est formulé de manière large et caractéristique des clubs privés de l’époque : promotion de la sociabilité entre membres, organisation de divertissements et d’activités récréatives, mise à disposition d’un lieu de rencontre avec privilèges et commodités, acquisition et gestion d’un immeuble destiné à ces usages, ainsi que fourniture de services de restauration, de rafraîchissements et d’hébergement. Le texte prévoit explicitement la possibilité d’obtenir un permis pour la vente de bière, de vin et d’autres boissons alcooliques « si permis par la loi », sous le nom de la compagnie. Il autorise également l’émission d’instruments financiers (billets, lettres de change), indiquant une structure corporative pleinement commerciale. La valeur des biens immobiliers est plafonnée à 50 000 $, et le siège social est fixé dans la cité et le district de Montréal.
    Cette incorporation, antérieure de près de trois ans à l’ouverture du Esquire Show Bar en 1940, suggère la mise en place d’un cadre juridique et financier préalable à l’exploitation d’un établissement de type club-cabaret, dans un contexte où la distinction entre club privé et lieu public permettait de composer avec les contraintes réglementaires entourant l’alcool et les divertissements.
  71. LE DEVOIR, 6 mai 1972 — « L’Esquire Show Bar fermé », par Jean-Pierre Charbonneau.
    Signalement : article relatant la fermeture du Esquire Show Bar après un jugement de la Commission de contrôle des permis d’alcool du Québec, qui qualifie l’établissement de « rendez-vous des prostituées ». Le texte évoque des pressions municipales continues depuis les années 1960, ainsi que l’utilisation du lieu pour le racolage et la présence de figures du milieu, dont Issac Washington. Il mentionne de nombreuses arrestations entre 1967 et 1971 et conclut à l’impossibilité pour les exploitants d’ignorer ces activités, justifiant la fermeture.
  72. THE MONTREAL STAR, 1972 — « City loses appeal against night club ».
    Signalement : article rapportant la décision de la Cour d’appel du Québec rejetant la tentative de la Ville de Montréal de poursuivre ses démarches judiciaires contre l’Esquire Club Inc.. Le jugement souligne que le permis municipal du club avait été révoqué en 1963, mais que l’établissement avait néanmoins continué d’opérer pendant plusieurs années, notamment en renouvelant son permis d’alcool auprès de la commission provinciale, avec une forme de tolérance implicite des autorités municipales.
  73. THE GAZETTE, 1973 — avis de la Quebec Liquor Permit Control Commission.
    Signalement : publication officielle listant les demandes de permis, incluant Norman Silver (Esquire Club Inc., 1224, rue Stanley), autorisé pour deux cabarets. Ce document confirme la poursuite des démarches administratives liées à l’établissement au début des années 1970, malgré les procédures judiciaires et les pressions municipales visant à en limiter ou interrompre les activités.
  74. LE PETIT JOURNAL, 22 janvier 1956 — « Ça saute avec TNT Tribble ! », par Roland Côté.
    Signalement : article décrivant l’introduction du rock ’n’ roll au Esquire Show Bar avec TNT Tribble et ses Five Sticks of Dynamite, soulignant l’enthousiasme du public et l’ambiance survoltée du club. Le texte insiste sur le caractère novateur et contagieux de cette musique, présentée comme une rupture avec le jazz traditionnel, et témoigne de l’un des premiers moments d’implantation du rock ’n’ roll en contexte de cabaret montréalais.
  75. LA PRESSE, 6 mai 1972, cahier A — reportage sur la fermeture du Esquire Music Bar.
    Signalement : article documentant l’intervention policière au 1224, rue Stanley à la suite d’une décision de la Commission de contrôle des permis d’alcool du Québec. Le texte décrit la fermeture de l’établissement et la saisie des permis, notamment ceux détenus par Clément Stanislas Pranno, ainsi que l’évacuation des caisses de bière sous la supervision des autorités. L’article souligne que le Esquire, en activité depuis 1940, faisait l’objet de pressions administratives depuis plusieurs années, dans un contexte d’allégations liées à des activités jugées incompatibles avec l’exploitation d’un cabaret.
  76. TÉLÉ-RADIOMONDE, 12 octobre 1968 — brève sur le spectacle de Little Richard au Esquire Show Bar.
    Signalement : mentionne la présence de plusieurs artistes venus assister à la prestation, dont Guy Cloutier, Jenny Rock, les Baronets et Patrick Zabé, décrivant l’événement comme une véritable « sortie de famille » au sein du milieu artistique montréalais.
  77. LA PRESSE, 2 mars 1972, cahier C (Perspective pop) — « L’Esquire Show Bar : noblesse oblige », par Georges-Hébert Germain.
    Signalement : article retraçant l’histoire et le positionnement du Esquire Show Bar comme lieu majeur du blues, du jazz et du rock à Montréal. Le texte insiste sur son rôle de point de rencontre entre musiciens et public, sa capacité à présenter des artistes internationaux de premier plan, ainsi que sur son adaptation aux transformations du marché musical, notamment avec l’intégration du rock ’n’ roll et l’évolution vers une programmation plus contemporaine.
  78. LE PETIT JOURNAL, 29 septembre 1968 — brève sur les prestations de Little Richard à l’Esquire Show Bar.
    Signalement : décrit une performance marquée par une mise en scène excentrique (perruque, maquillage, gestuelle inspirée de Marilyn Monroe), tout en soulignant que l’artiste demeure fidèle à un répertoire rock; insiste sur l’enthousiasme du public et l’importante affluence, comparable à celle de Joe Tex.
  79. THE GAZETTE, 23 septembre 1968 — publicité annonçant la venue de Little Richard à l’Esquire Show Bar (1224, rue Stanley).
    Signalement : présente l’artiste comme « Mr. Explosive » et « The Bronze Liberace », soulignant son style flamboyant et spectaculaire; annonce une série de représentations d’une semaine, dans un établissement promu comme « the house of good music », mettant de l’avant une programmation continue de danse et de divertissement.
  80. LE DEVOIR, 17 juin 2008 — Sylvain Cormier, « Esquire Show Bar — La Revue : Retour à l’Apollo montréalais ».
    Signalement : article rétrospectif situant l’Esquire Show Bar comme un équivalent montréalais de l’Apollo Theater, rappelant son rôle central dans la diffusion du rhythm and blues, du soul, du blues et du rock’n’roll; évoque notamment le passage de figures majeures comme Little Richard, Bo Diddley et James Brown, ainsi que son importance comme lieu de rencontre et de formation pour la scène musicale montréalaise.
  81. THE MONTREAL STAR, 15 septembre 1967, p. 24 — Dean Jones, « Pickett gets a bigger stage », chronique « Sounds Like Montreal ».
    Signalement : souligne la présence soutenue de Wilson Pickett au Esquire Show Bar, où il se produit pendant plusieurs soirs devant des foules importantes, interprétant notamment « In the Midnight Hour » et « Mustang Sally ». L’article insiste sur sa popularité exceptionnelle, au point où le propriétaire Norm Silver envisage de déplacer certaines représentations vers des salles de plus grande capacité, comme l’aréna Paul-Sauvé. La programmation inclut également des groupes locaux de rhythm and blues, illustrant le rôle du Esquire comme plateforme de rencontre entre artistes internationaux et scène montréalaise. Le texte témoigne enfin de l’intensité de la réception du public et du statut du club comme lieu clé du circuit musical urbain à la fin des années 1960.
  82. LE COURRIER DE BERTHIER, 21 septembre 1967 — rubrique « Potins ».
    Signalement : mentionne que Wilson Pickett fait salle comble au Esquire Show Bar et qu’il est également très bien accueilli lors de son passage à l’émission télévisée Jeunesse d’Aujourd’hui, confirmant sa forte popularité au Québec.
  83. LA PRESSE, 9 novembre 2009, cahier Arts et spectacles — « Dan Aykroyd fête le blues au Métropolis », par Alain de Repentigny.
    Signalement : dans cet entretien, Dan Aykroyd revient sur ses années de formation et sur l’influence déterminante de Montréal dans sa découverte du rhythm and blues. Il mentionne avoir vu Wilson Pickett à l’Esquire Show Bar ainsi qu’à Expo 67, expériences fondatrices qui contribuent à façonner sa passion pour la musique afro-américaine. Le témoignage insiste sur le rôle du Esquire comme lieu privilégié pour entendre, dès les années 1960, les grandes figures du r’n’b et du blues, bien avant leur reconnaissance élargie, confirmant son statut de carrefour essentiel entre la scène montréalaise et les circuits musicaux nord-américains.
  84. THE GAZETTE, 26 août 1967, p. 24 — rubrique « The Scene ».
    Signalement : annonce la venue de Wilson Pickett au Esquire Show Bar pour la semaine du 11 septembre et souligne l’enthousiasme du public, notamment des plus jeunes. Devant l’affluence anticipée et les restrictions d’âge du cabaret, une représentation est également prévue à l’aréna Paul-Sauvé le 17 septembre 1967, afin de permettre à un public élargi d’assister au spectacle.
  85. THE GAZETTE, 11 septembre 1967 — publicité pour le Esquire Show Bar.
    Signalement : annonce la première venue montréalaise de Wilson Pickett, présenté comme « The Great Recording Star », avec trois spectacles par soir au club. L’annonce confirme également la tenue d’une matinée spéciale à l’aréna Paul-Sauvé le 17 septembre 1967, illustrant l’ampleur de la demande et l’élargissement du public au-delà du cadre du cabaret.
  86. MONTRÉAL-MATIN, 5 novembre 1945 — annonce publicitaire du Esquire (1224, rue Stanley) présentant Alys Robi.
    Signalement : encart annonçant « commençant ce soir » la chanteuse Alys Robi, vedette de la C.B.C. et des enregistrements Victor, dans une revue décrite comme « le spectacle primeur de l’année ». L’annonce met en évidence le format diner-spectacle (20 h 30, sans frais de couvert), illustrant la programmation variée et l’attractivité du Esquire dans l’immédiat après-guerre.
  87. THE GAZETTE, 11 avril 1945 — « Dean Martin Here As Esquire Star ».
    Signalement : article relatant la prestation du chanteur Dean Martin au Esquire Show Bar, soulignant l’affluence du public et la popularité du crooner, alors comparé aux grandes figures du moment comme Frank Sinatra. Le texte décrit également le programme complet du cabaret, incluant maître de cérémonie, danseuses et orchestre, illustrant le format élaboré du dinner-show à cette époque.
  88. CONCORDIA UNIVERSITY NEWS, 20 avril 2022 — article sur Edward Rosenthal.
    Signalement : mentionne que Norm Silver, propriétaire du Esquire Show Bar, organise la venue de Ben E. King et de son groupe à Montréal, illustrant le rôle central du club dans la circulation des artistes soul et rhythm and blues sur le circuit nord-américain [88].
  89. THE GAZETTE, 20 avril 1957 — annonce publicitaire pour le Esquire Show Bar.
    Signalement : annonce la présence de Bo Diddley, présenté comme le « King of Rock ’n’ Roll », pour une série limitée de spectacles d’une semaine au 1224, rue Stanley; souligne le rôle pionnier du Esquire dans la diffusion du rock ’n’ roll à Montréal, ainsi que sa formule de divertissement continu et son offre de restauration.
  90. THE GAZETTE, 3 février 1968 — chronique « The Teen Beat » par Dave Bist.
    Signalement : indique que le Esquire Show Bar ouvre ses portes aux adolescents chaque dimanche après-midi, confirmant son rôle comme lieu de diffusion du rhythm and blues auprès d’un public plus jeune [90].
  91. THE GAZETTE, 12 juillet 1969 — Al Palmer, « Out after dark: Montreal still lives in the speakeasy days ».
    Signalement : article décrivant la persistance d’une culture nocturne inspirée des speakeasies à Montréal; met en lumière Norm Silver et son établissement Your Father’s Mustache, aménagé dans l’ancien cabaret El Morocco acquis en 1967, recréant une atmosphère des années 1920–1930 dans le paysage nocturne montréalais de la fin des années 1960.
  92. THE GAZETTE, 10 avril 1971, p. 37 — Herbert Aronoff, « Some nights, there’s a special magic on Stanley St. ».
    Signalement : reportage immersif sur le Esquire Show Bar, décrivant une soirée avec Buddy Guy et Junior Wells; met en lumière l’atmosphère dense du club, la proximité entre artistes et public, ainsi que le principe de musique continue caractéristique du show bar, inscrit dans l’animation nocturne de la rue Stanley.
  93. THE GAZETTE, 18 mars 1980 — nécrologie « Impresario Norm Silver, 69, brought the stars to Montreal ».
    Signalement : retrace la carrière de Norm Silver, promoteur du Esquire Show Bar, qu’il transforma dans les années 1940–1950 en vitrine majeure de la musique contemporaine à Montréal; souligne la programmation exceptionnelle du club (de Duke Ellington et Count Basie à Bill Haley, Little Richard et Fats Domino), sa transition vers le rhythm and blues et la soul au milieu des années 1960 (Sam and Dave, Wilson Pickett, Martha and the Vandellas), ainsi que son rôle dans le renouveau du jazz montréalais (dont Rahsaan Roland Kirk); évoque aussi l’émergence d’artistes locaux comme Robert Charlebois et la fermeture du Esquire à la suite d’interventions de la Régie des alcools et de la Ville de Montréal; mentionne enfin la reconversion de Silver au Mustache Club sur la rue Closse et son activité jusqu’à la fin de sa vie.
  94. THE GAZETTE, 8 avril 1957 — publicité annonçant l’ouverture (« Opening Tonight! ») d’une série d’une semaine mettant en vedette BO DIDDLEY, présenté comme « The King of Rock ’n Roll » et vedette de la télévision, de la radio et du disque.
    Signalement : l’annonce positionne le Esquire Show Bar Theatre Restaurant (1224, rue Stanley) comme un lieu central du rock ’n’ roll à Montréal, avec la présence du groupe The Top Notes and His Rock ’n Rollers en soutien; slogan « We Rock Around the Clock! » soulignant l’identité musicale continue du club.
  95. THE GAZETTE, 16 mai 1969 — publicité présentant la programmation estivale du Esquire Showbar (« Proudly presents its coming attractions »).
    Signalement : annonce une série d’artistes majeurs du jazz et du rhythm and blues, dont Buddy Rich, Robert Charlebois (« Le jazz libre du Québec »), Lionel Hampton, Duke Ellington, Count Basie, Woody Herman et Fats Domino; met en évidence le positionnement du Esquire Show Bar comme « The House of Good Music » et confirme son rôle de scène internationale au cœur de Montréal (1224, rue Stanley).
  96. Photographie — Buddy Rich, 4 mars 1969.
    Créateur : Pierre McCann.
    Genre : photographie.
    Description : le dossier porte sur Buddy Rich en spectacle au Esquire Show Bar.
    Notice détaillée : P833,S5,D1969-0133.
    Collection : Fonds La Presse.
    Lieu de conservation : Archives nationales à Montréal (BAnQ), consultation en ligne.
  97. LE CANADA, 9 décembre 1952 — publicité annonçant une série d’une semaine mettant en vedette EDITH PIAF (« Pour une semaine seulement, commençant ce soir »).
    Signalement : annonce la présence d’Édith Piaf au Café Society Room — Wonder Bar (1244 ouest, rue Sainte-Catherine), illustrant l’importance du circuit des cabarets montréalais dans l’accueil de vedettes internationales au début des années 1950; met en évidence la formule du dîner-spectacle et le positionnement du lieu comme scène majeure du divertissement urbain.
  98. THE GAZETTE, 3 septembre 1962 — publicité annonçant la première apparition montréalaise (« Opening Tonight — First Montreal Appearance! ») du groupe THE CRYSTALS, artistes du label Philles Records.
    Signalement : annonce une série de spectacles au Esquire Show Bar (1224, rue Stanley), avec Milt Buckner et son trio, ainsi que l’orchestre de J. C. Davis; met en évidence la formule de « continuous show and dancing » et le positionnement du club comme « The House of Good Music », confirmant son rôle central dans la diffusion du rhythm and blues à Montréal au début des années 1960.
  99. THE MONTREAL STAR, 10 avril 1971 — publicité annonçant « Tonight & Tomorrow » avec Buddy Guy et le Junior Wells Band.
    Signalement : l’annonce présente une série de spectacles au Esquire Show Bar (1224, rue Stanley), avec plusieurs représentations le samedi (21 h 30, 23 h 30, 1 h 30) et le dimanche (matinée à 15 h, soirées à 21 h et 23 h), ainsi que l’annonce de Ben E. King en ouverture la semaine suivante; souligne le positionnement du club comme « The house of good music » et met de l’avant la formule de divertissement continu jusqu’à 3 h du matin, caractéristique du show bar.
ESQUIRE
ESQUIRE

L’Esquire Show Bar a été ouvert du 3 mai 1940 au 10 décembre 1972 au 1224 rue Stanley à Montréal, succédant au cabaret Villa Maurice. Fondé par Sam Cleaver, l’endroit a connu une grande popularité dans les années 1940 et 1950, accueillant des artistes célèbres comme Dean Martin, Duke Ellington et Bo Diddley. En 1956, Norm Silver a introduit le rock & roll live à Montréal, un tournant majeur pour le club, avec des groupes comme TNT Tribble & His Five Sticks of Dynamite. Après plusieurs années de succès, l’Esquire a fermé en 1972 en raison de problèmes liés à son permis d’alcool, marquant la fin d’une époque pour le nightlife montréalais.

 

Image: The Gazette, 3 mai 1940, division Postmedia Network Inc.

 

A GOOD DEED INDEED AT THE ESQUIRE
A GOOD DEED INDEED AT THE ESQUIRE

Source: The Gazette, 29 mars 1941, division Postmedia Network Inc.

WE MAKE SO BOLD AS TO SAY YOU CAN’T HELP BUT ENJOY DINNER AND SHOW AT ESQUIRE
WE MAKE SO BOLD AS TO SAY YOU CAN’T HELP BUT ENJOY DINNER AND SHOW AT ESQUIRE

Source: The Gazette, 31 mars 1941, division Postmedia Network Inc.

THE BECK BROS
THE BECK BROS

Source: The Gazette, 4 avril 1941, division Postmedia Network Inc.

THE BECK BROS
THE BECK BROS

Source: The Gazette, 5 avril 1941, division Postmedia Network Inc.

NO IFS BUTS IT’S A CERTAINTY YOU’LL ENJOY DINNER + SHOW AT THE ESQUIRE
NO IFS BUTS IT’S A CERTAINTY YOU’LL ENJOY DINNER + SHOW AT THE ESQUIRE

Source: The Gazette, 7 avril 1941, division Postmedia Network Inc.

CHEF ERNEST CORMIER
CHEF ERNEST CORMIER

Source: The Gazette, 11 avril 1941, division Postmedia Network Inc.

THERE’S STILL A THRILL LEFT IN MONTREAL DINNER + SHOW AT THE ESQUIRE
THERE’S STILL A THRILL LEFT IN MONTREAL DINNER + SHOW AT THE ESQUIRE

Source: The Gazette, 14 avril 1941, division Postmedia Network Inc.

DANTE
DANTE

Source: The Gazette, 12 avril 1941, division Postmedia Network Inc.

NEED WE SAY MORE EL MOROCCO
NEED WE SAY MORE EL MOROCCO

Source: The Gazette, 18 avril 1941, Postmedia Network Inc.

THE BECK BROS
THE BECK BROS

Source: The Gazette, 18 avril 1941, division Postmedia Network Inc.

WHY NEED YOU SEARCH ELSEWHERE FOR DINNER AND SHOW IT’S THE ESQUIRE
WHY NEED YOU SEARCH ELSEWHERE FOR DINNER AND SHOW IT’S THE ESQUIRE

Source: The Gazette, 21 avril 1941, division Postmedia Network Inc.

HERE’S NEW PEP FOR YOU…ESQUIRE
HERE’S NEW PEP FOR YOU…ESQUIRE

Source: The Gazette, 25 avril 1941, division Postmedia Network Inc.

HAPPY LEWIS SHIRLEY HERMAN THE MARGO SISTERS
HAPPY LEWIS SHIRLEY HERMAN THE MARGO SISTERS

Source: The Gazette, 28 avril 1941, division Postmedia Network Inc.

BEST INVESTMENT DINNER AND SHOW ESQUIRE
BEST INVESTMENT DINNER AND SHOW ESQUIRE

Source: The Gazette, 28 avril 1941, division Postmedia Network Inc.

LUCILLE DUMONT
LUCILLE DUMONT

Source: The Gazette, 5 mai 1941, division Postmedia Network Inc.

JAY JASON TED ADAIR ARMAND MEERTE’S ORCHESTRA
JAY JASON TED ADAIR ARMAND MEERTE’S ORCHESTRA

Source: The Gazette, 19 mai 1941, division Postmedia Network Inc.

JAY JASON
JAY JASON

Source: The Gazette, 6 juin 1941, division Postmedia Network Inc.

RICHARD TYROL
RICHARD TYROL

Source: The Gazette, 13 juin 1941, division Postmedia Network Inc.

RICHARD TYROL JOEY RARDIN
RICHARD TYROL JOEY RARDIN

Source: The Gazette, 20 juin 1941, division Postmedia Network Inc.

YES IT’S A GREAT SHOW THIS WEEK AT THE ESQUIRE
YES IT’S A GREAT SHOW THIS WEEK AT THE ESQUIRE

Source: The Gazette, 8 octobre 1941, division Postmedia Network Inc.

CAPPY BARRA BOYS
CAPPY BARRA BOYS

Source: The Gazette, 13 octobre 1941, division Postmedia Network Inc.

CAPPY BARRA BOYS
CAPPY BARRA BOYS

Source: The Gazette, 13 octobre 1941, division Postmedia Network Inc.

CLIFF CONRAD DOROTHY KELLER
CLIFF CONRAD DOROTHY KELLER

Source: The Gazette, 20 octobre 1941, division of Postmedia Network Inc.

GUILI GUILI
GUILI GUILI

Source: The Gazette, 27 octobre 1941, division of Postmedia Network Inc.

BOB TOLLEY PEPPER GARRETT LAMARRE AND MARTIN JOEY DEAN GUILI GUILI ARMAND MEERTE’S ORCHESTRA ESQUIRETTES
BOB TOLLEY PEPPER GARRETT LAMARRE AND MARTIN JOEY DEAN GUILI GUILI ARMAND MEERTE’S ORCHESTRA ESQUIRETTES

Source: The Gazette, 3 novembre 1941, division Postmedia Network Inc.

PHIL LADOUCEUR
PHIL LADOUCEUR

Source: The Gazette, 13 décembre 1941, division Postmedia Network Inc.

PHIL LADOUCEUR
PHIL LADOUCEUR

Source: The Gazette, 13 décembre 1941, division Postmedia Network Inc.

BILLY ECKSTEIN PHIL LADOUCEUR
BILLY ECKSTEIN PHIL LADOUCEUR

Source: The Gazette, 15 décembre 1941, division Postmedia Network Inc.

ESQUIRE NEW YEAR’S EVE PARTY
ESQUIRE NEW YEAR’S EVE PARTY

Source: The Gazette, 19 décembre 1941, division Postmedia Network Inc.

NAN BLAKSTONE
NAN BLAKSTONE

Source: The Gazette, 23 février 1942, Postmedia Network inc.

AUNT JEMIMA
AUNT JEMIMA

Source: The Gazette, 27 juillet 1942, Postmedia Network Inc.

NAN BLAKSTONE
NAN BLAKSTONE

Source: The Gazette, 10 mai 1943, Postmedia Network Inc.

PHYLLIS SHERMAN
PHYLLIS SHERMAN

Source: The Gazette, 8 juin 1944

DEAN MARTIN
DEAN MARTIN

Source: The Gazette, 12 avril 1945, Postmedia Network Inc.

DEAN MARTIN SONNY MARS
DEAN MARTIN SONNY MARS

Source: The Gazette, 28 mai 1945, Postmedia Network Inc.

ALYS ROBI
ALYS ROBI

Source: Montréal-Matin, 5 novembre 1945, BAnQ

ALYS ROBI
ALYS ROBI

Source: Le Petit Journal, 23 février 1947, BAnQ

NOUVEL AN AU ESQUIRE
NOUVEL AN AU ESQUIRE

Source: The Gazette, 30 décembre 1947, Postmedia Network Inc.

THE FOUR KNIGHTS
THE FOUR KNIGHTS

Source: The Gazette, 9 février 1948, Postmedia Network Inc.

GOLDEN GATE QUARTET
GOLDEN GATE QUARTET

Source: The Gazette, 19 mars 1949, Postmedia Network Inc.

MAXINE SULLIVAN
MAXINE SULLIVAN

Source: The Gazette, 22 avril 1949, Postmedia Network Inc.

JOSH WHITE
JOSH WHITE

Source: The Gazette, 5 septembre 1949, Postmedia Network Inc.

PATTI PAGE
PATTI PAGE

Source: The Gazette, 22 septembre 1949, Postmedia Network Inc.

WILLIS JACKSON
WILLIS JACKSON

Source: The Gazette, 3 février 1958, Postmedia Network Inc.

FRANK MOTLEY
FRANK MOTLEY

Source: The Gazette, 6 juillet 1959, Postmedia Network inc.

BO DIDDLEY
BO DIDDLEY

Source: The Gazette, 19 juin 1961, Postmedia Network Inc.

COZY COLE
COZY COLE

Source: The Gazette, 20 novembre 1961, Postmedia Network Inc.

EARL BOSTIC
EARL BOSTIC

Source: The Gazette, 27 novembre 1961, Postmedia Network Inc.

BILLY MARTIN QUINTET
BILLY MARTIN QUINTET

Source: The Gazette 23 mars 1964

BO DIDDLEY
BO DIDDLEY

Source: The Gazette 15 juin 1964

THE CHAMPS
THE CHAMPS

Source: The Gazette 29 juin 1964

KING CURTIS
KING CURTIS

Source: The Gazette 20 juillet 1964

BILL BOYLE AND THE ENTERTAINERS
BILL BOYLE AND THE ENTERTAINERS

Source: Montreal Matin 21 août 1964, BAnQ

4 FRENCHMEN
4 FRENCHMEN

Source: The Gazette 31 août 1964

CLARENCE FROGMAN HENRY
CLARENCE FROGMAN HENRY

Source: The Gazette 7 décembre 1964

BO DIDDLEY
BO DIDDLEY

Source: The Gazette, 23 février 1966, Postmedia Network Inc.

JR WALKER AND THE ALL STARS
JR WALKER AND THE ALL STARS

Source: The Gazette, 27 mai 1966, Postmedia Network Inc.

THE COASTERS
THE COASTERS

Source: The Gazette, 27 juin 1966, Postmedia Network Inc.

RUBY AND THE ROMANTICS
RUBY AND THE ROMANTICS

Source: The Gazette, 18 juillet 1966, Postmedia Network Inc.

SCREAMIN JAY HAWKINS
SCREAMIN JAY HAWKINS

Source: The Gazette, 26 septembre 1966, Postmedia Network Inc.

BEN E KING
BEN E KING

Source: The Gazette, 12 décembre 1966, Postmedia Network Inc.

JJ JACKSON
JJ JACKSON

Source: The Gazette, 23 janvier 1967, division Postmedia Network Inc.

Lieu: Esquire

SOLOMON BURKE
SOLOMON BURKE

Source: The Gazette, 13 février 1967, division Postmedia Network Inc.

Lieu: Esquire

BILLY STEWART
BILLY STEWART

Source: The Gazette, 27 février 1967, division Postmedia Network Inc.

Lieu: Esquire

BEN E KING
BEN E KING

Source: The Gazette, 6 mars 1967, division Postmedia Network Inc.

Lieu: Esquire

JACKIE SHANE FRANK MOTLEY
JACKIE SHANE FRANK MOTLEY

Source: The Gazette, 13 mars 1967, division Postmedia Network Inc.

Lieu: Esquire

AARON NEVILLE
AARON NEVILLE

Source: The Gazette, 27 mars 1967, division Postmedia Network Inc.

Lieu: Esquire

JIMMY RUFFIN
JIMMY RUFFIN

Source: The Gazette, 3 avril 1967, Postmedia Network Inc.

Lieu: Esquire

JOE TEX
JOE TEX

Source: The Gazette, 24 avril 1967, division Postmedia Network Inc.

Lieu: Esquire

ESQUIRE SHOW-BAR
ESQUIRE SHOW-BAR

Source: The Gazette, 28 avril 1967, division Postmedia Network Inc.

Lieu: Esquire

JR WALKER & HIS BAND
JR WALKER & HIS BAND

Source: The Gazette, 1 mai 1967, division Postmedia Network Inc.

Lieu: Esquire

GENE CHANDLER
GENE CHANDLER

Source: The Gazette, 22 mai 1967, division Postmedia Network Inc.

Lieu: Esquire

FREDDIE SCOTT
FREDDIE SCOTT

Source: The Gazette, 29 mai 1967, division Postmedia Network Inc.

Lieu: Esquire

DON COVAY
DON COVAY

Source: The Gazette, 5 juin 1967, division Postmedia Network Inc.

Lieu: Esquire

MARTHA AND THE VANDELLAS
MARTHA AND THE VANDELLAS

Source: The Gazette, 12 juin 1967, division Postmedia Network Inc.

Lieu: Esquire

PATTI LABELLE
PATTI LABELLE

Source: The Gazette, 10 juillet 1967, division Postmedia Network Inc.

Lieu: Esquire

BILLY STEWART
BILLY STEWART

Source: The Gazette, 31 juillet 1967, division Postmedia Network Inc.

Lieu: Esquire

WILSON PICKETT
WILSON PICKETT

Source: The Gazette, 11 septembre 1967, division Postmedia Network Inc.

Lieu: Esquire

DYKE AND THE BLAZERS
DYKE AND THE BLAZERS

Source: The Gazette, 18 septembre 1967, division Postmedia Network Inc.

Lieu: Esquire

THE MARVELETTES
THE MARVELETTES

Source: The Gazette, 2 octobre 1967, division Postmedia Network Inc.

Lieu: Esquire

JOE TEX
JOE TEX

Source: The Gazette, 13 novembre 1967, division Postmedia Network Inc.

Lieu: Esquire

PATTI LABELLE
PATTI LABELLE

Source: The Gazette, 20 novembre 1967, division Postmedia Network Inc.

Lieu: Esquire

BEN E KING
BEN E KING

Source: The Gazette, 4 décembre 1967, division Postmedia Network Inc.

Lieu: Esquire

THE ISLEY BROTHERS
THE ISLEY BROTHERS

Source: The Gazette, 9 février 1968, Postmedia Network Inc.

Lieu: Esquire

SOLOMON BURKE
SOLOMON BURKE

Source: The Gazette, 19 février 1968, division Postmedia Network Inc.

Lieu: Esquire

PEACHES AND HERB
PEACHES AND HERB

Source: The Gazette, 8 mars 1968, Postmedia Network Inc.

Lieu: Esquire

THE DRIFTERS
THE DRIFTERS

Source: The Gazette, 25 mars 1968, division Postmedia Network Inc.

Lieu: Esquire

CHUBBY CHECKER
CHUBBY CHECKER

Source: The Gazette, 1 avril 1968, division Postmedia Network Inc.

Lieu: Esquire

KING CURTIS
KING CURTIS

Source: The Gazette, 12 avril 1968, division Postmedia Network Inc.

Lieu: Esquire

SAM & DAVE
SAM & DAVE

Source: The Gazette, 22 avril 1968, division Postmedia Network Inc

SAM AND DAVE
SAM AND DAVE

Source: The Gazette, 22 avril 1968

JOE TEX
JOE TEX

Source: The Gazette, 10 mai 1968, Postmedia Network Inc.

Lieu: Esquire

BEN E KING
BEN E KING

Source: The Gazette, 20 mai 1968, division Postmedia Network Inc.

Lieu: Esquire

ETTA JAMES
ETTA JAMES

Source: The Gazette, 15 juillet 1968, division Postmedia Network Inc.

Lieu: Esquire

ARTHUR CONLEY
ARTHUR CONLEY

Source: The Gazette, 5 août 1968, division Postmedia Network Inc.

Lieu: Esquire

RUFUS THOMAS
RUFUS THOMAS

Source: The Gazette, 12 août 1968, division Postmedia Network Inc.

Lieu: Esquire

FATS DOMINO
FATS DOMINO

Source: The Gazette, 16 août 1968, division Postmedia Network Inc.

Lieu: Esquire

BILL HALEY & HIS COMETS
BILL HALEY & HIS COMETS

Source: The Gazette, 9 septembre 1968, division Postmedia Network Inc.

Lieu: Esquire

LITTLE RICHARD
LITTLE RICHARD

Source: The Gazette, 23 septembre 1968, division Postmedia Network Inc.

Lieu: Esquire

CARLA THOMAS THE BAR-KAYS
CARLA THOMAS THE BAR-KAYS

Source: The Gazette, 25 novembre 1968, division Postmedia Network Inc.

Lieu: Esquire

BUDDY RICH
BUDDY RICH

Lieu: Esquire

BUDDY RICH ROBERT CHARLEBOIS LIONEL HAMPTON DUKE ELLINGTON COUNT BASIE WOODY HERMAN FATS DOMINO
BUDDY RICH ROBERT CHARLEBOIS LIONEL HAMPTON DUKE ELLINGTON COUNT BASIE WOODY HERMAN FATS DOMINO

Source: The Gazette, 16 mai 1969, Postmedia Network Inc.

Lieu: Esquire

ROBERT CHARLEBOIS LIONEL HAMPTON
ROBERT CHARLEBOIS LIONEL HAMPTON

Lieu: Esquire

PARLIAMENTS
PARLIAMENTS

Source: The Gazette, 31 octobre 1969, Postmedia Network Inc.

Lieu: Esquire

ELVIN JONES
ELVIN JONES

Source: The Montreal Star, 23 octobre 1971

Lieu: Esquire

HOWLIN WOLF
HOWLIN WOLF

Source: The Montreal Star, 29 mai 1972

Lieu: Esquire

CHARLIE MINGUS
CHARLIE MINGUS

Du 5 au 11 juin 1972, Charles Mingus et son sextette donnent une série de concerts marquants au Esquire Show Bar, l’une des dernières grandes visites du contrebassiste à Montréal. Malgré un club fragilisé par des descentes policières et la suspension de son permis d’alcool, Mingus offre une semaine d’une intensité musicale exceptionnelle, saluée par la presse locale…lire la suite.

Image: The Gazette, 5 juin 1972, division Postmedia Network Inc.

LIGHTNIN HOPKINS
LIGHTNIN HOPKINS

Source: The Montreal Star, 2 décembre 1972

Lieu: Esquire

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