Skip to main content
search

Théâtre St-Denis (Montréal)

Le Théâtre St-Denis / Espace St-Denis est un grand complexe culturel du Quartier latin inauguré le 4 mars 1916, d’abord pensé pour le vaudeville et le cinéma muet, puis devenu un pilier majeur du spectacle montréalais. Au fil du XXe siècle, il alterne entre cinéma (notamment le cinéma français parlant, structuré dès 1933 sous Joseph-Alexandre De Sève et le réseau France-Film) et spectacle vivant, accueillant aussi bien de grands concerts que des vedettes populaires. Aujourd’hui, avec sa grande salle de spectacle et ses nouveaux espaces (Studio-Cabaret, les restaurants Le Molière et La Trattoria Del Teatro, ainsi que la terrasse sur le toit Le Marie-Louise), il demeure une adresse centrale pour l’humour, la chanson, les comédies musicales et les grands événements à Montréal.

1. Présentation

Construit en 1915 et inauguré le 4 mars 1916, le Théâtre St-Denis devient rapidement l’une des grandes salles de spectacle de Montréal. D’une capacité d’environ 2380 places, l’établissement est d’abord consacré au cinéma français, à la comédie de boulevard et à l’opérette. Dès les années 1920, la scène accueille plusieurs artistes et ensembles de renommée internationale, dont le ténor Hipólito Lázaro, le violoniste Jascha Heifetz et l’orchestre de la Scala de Milan dirigé par Arturo Toscanini. [33]

2. 1914 : construction

En 1914, la presse montréalaise annonce la construction d’un nouveau théâtre moderne sur la rue Saint-Denis, entre les rues Ontario et Sainte-Catherine. Estimé à près de 350 000 $ à l’époque — soit environ 6,3 millions de dollars canadiens en valeur de 2026 — le futur Théâtre St-Denis est présenté comme l’un des projets culturels les plus ambitieux de Montréal. La salle doit être consacrée principalement au théâtre français et au grand opéra, tout en pouvant accueillir également des spectacles de vaudeville et des projections cinématographiques [40].

Les plans du Théâtre St-Denis sont attribués à l’architecte Ernest Isbell Barott (1884-1966), figure importante de l’architecture montréalaise du début du XXe siècle. Né à Canastota, dans l’État de New York, Barott étudie l’architecture à l’Université de Syracuse avant de travailler au sein du prestigieux cabinet new-yorkais McKim, Mead & White, l’une des firmes les plus influentes d’Amérique du Nord à cette époque. Il s’établit à Montréal en 1911 et participe à la conception de plusieurs édifices majeurs qui marquent le développement du centre-ville. Son œuvre, inspirée à la fois du style Beaux-Arts et des innovations architecturales nord-américaines, combine un certain traditionalisme classique à l’intégration de techniques modernes. Parmi ses réalisations les plus connues figurent l’édifice Aldred sur la place d’Armes, l’immeuble Canada Cement au square Phillips et le siège social de Bell Canada, témoignant du rôle qu’il joue dans la transformation du paysage urbain montréalais au début du XXe siècle. [32] [34]

À la veille de son ouverture, le Théâtre St-Denis est présenté dans la presse montréalaise comme « le plus beau et le plus vaste théâtre au Canada ». Une publicité publiée dans La Patrie annonce la grande ouverture du samedi après-midi avec un programme continu de 13 h à 23 h. L’établissement, situé rue St-Denis au nord de la rue Sainte-Catherine, peut accueillir environ 3 000 spectateurs et est équipé d’un orgue-orchestre combiné de 67 instruments. Le programme inaugural comprend notamment les acteurs Orrin Johnson et Irene Fenwick dans Satan Sanderson, ainsi que Charles Kent et Antonio Moreno dans Kennedy Square. [31]

3. Fondation & vocation initiale (1916)

Rarement un théâtre montréalais aura connu un succès d’ouverture comparable à celui du Théâtre St-Denis, dont les portes furent ouvertes au public le 4 mars 1916. Selon la presse de l’époque, la foule prit littéralement d’assaut ce nouvel établissement de la rue Saint-Denis. Durant les premières représentations du week-end, près de 20 000 personnes se seraient présentées pour assister aux projections et découvrir ce cinéma moderne installé dans l’Est de la ville. [1]

Le théâtre devient la plus grande salle au Canada et se consacre à la présentation de vaudeville et de cinéma muet [24].

L’ouverture du théâtre venait combler un manque important dans ce secteur de Montréal. Jusqu’alors, les spectateurs désirant voir des vues cinématographiques de premier ordre dans une grande salle devaient généralement se rendre dans l’Ouest de la ville. Le Théâtre St-Denis corrigeait ainsi cette anomalie en offrant aux habitants de l’Est un établissement moderne et facilement accessible à proximité de la rue Sainte-Catherine. [1]

La direction du théâtre annonça également une innovation qui fut largement remarquée par la presse montréalaise : les programmes des représentations ainsi que les titres des films seraient présentés en français. On soulignait aussi que le personnel de l’établissement parlait français, un détail qui contribuait à rendre ce nouveau lieu de divertissement particulièrement attrayant pour le public francophone de la ville. [1]

À l’occasion de son ouverture en mars 1916, la presse anglophone de Montréal présente le Théâtre St-Denis comme l’un des nouveaux théâtres les plus impressionnants de la ville. The Montreal Star décrit l’édifice comme une « fine structure » et l’un des théâtres les plus remarquables du Canada, soulignant ses vastes dimensions et sa capacité d’environ 2 800 places. L’article insiste également sur la richesse de ses décorations intérieures et sur les innovations techniques qui en font alors l’un des établissements cinématographiques les plus modernes de Montréal. [25]

La construction du Théâtre St-Denis mobilise également plusieurs entreprises spécialisées dans les matériaux et la décoration architecturale. Une publicité publiée dans The Montreal Star en mars 1916 indique que le marbre utilisé dans l’édifice a été fourni principalement par la compagnie Missisquoi Marbles, Limited, dont les carrières se trouvent au Québec. Une partie du matériau, désignée sous le nom de « Alps Green », provenait toutefois d’Italie. L’annonce souligne notamment l’utilisation de marbre dans certains éléments architecturaux du bâtiment, dont les escaliers circulaires menant à l’auditorium. [26]

Lors de sa construction en 1916, le Théâtre St-Denis est conçu selon les normes de sécurité modernes alors en vigueur pour les grands théâtres. Une publicité publiée dans The Montreal Star souligne notamment l’installation de portes et fenêtres coupe-feu de type Kalamein, fabriquées et installées par la compagnie McFarlane-Douglas Co. de Montréal. L’annonce insiste sur le caractère « fireproof » du bâtiment, la prévention des incendies constituant alors une priorité dans l’architecture des salles de spectacle après les nombreuses catastrophes survenues dans les théâtres nord-américains au tournant du XXe siècle. [27]

Plusieurs entreprises montréalaises participent à la construction et à l’ornementation du Théâtre St-Denis en 1916. Une publicité publiée dans The Montreal Star indique que la compagnie Esty Bros. Co. obtient le contrat pour les travaux en bronze architectural, laiton et fer du bâtiment. L’annonce présente notamment des photographies du guichet de billetterie et d’un escalier intérieur décoratif, témoignant du soin apporté aux éléments ornementaux et aux détails métalliques du théâtre lors de sa construction. [28]

Une publicité publiée dans The Montreal Star en mars 1916 indique que la Durand Hardware Company, établie sur la rue St. James au centre-ville de Montréal, fournit la quincaillerie de finition utilisée dans le bâtiment, incluant serrures, charnières et autres pièces métalliques nécessaires à l’aménagement du théâtre. [29]

À son ouverture en 1916, le Théâtre St-Denis s’inscrit dans un ensemble commercial plus vaste. Une publicité publiée dans The Montreal Star indique qu’un magasin de la D’Allaird Manufacturing Company est installé dans le St. Denis Theatre Building, où l’on vend notamment des blouses féminines appelées « D’Allaird Waists ». L’annonce présente cette boutique comme l’une des attractions quotidiennes de l’édifice, illustrant la présence de commerces intégrés autour du théâtre à l’époque de son ouverture. [30]

4. Années 1920 : place aux grands concerts

Durant les années 1920, le théâtre est fréquenté par une foule nombreuse. On y accueille des noms et des troupes célèbres comme le ténor Hipolito Lazaro, l’orchestre de la Scala de Milan sous la direction de Toscanini, l’orchestre de Boston avec Vincent d’Indy comme soliste. Maurice Ravel s’arrête au Théâtre Saint-Denis en 1928 et y exécute ses propres œuvres lors d’une tournée nord-américaine [24].

5. Toscanini (1921) & Rachmaninoff (1922)

En mars 1921, le Théâtre St-Denis accueille l’une des figures les plus prestigieuses de la musique classique du XXe siècle. Le chef italien Arturo Toscanini y dirige l’orchestre de la Scala de Milan dans le cadre de sa grande tournée nord-américaine. Les concerts montréalais des 22 et 24 mars 1921 marquent la fin d’une série d’environ soixante représentations données à travers le continent. Réputé pour sa mémoire exceptionnelle et son perfectionnisme, Toscanini dirige l’ensemble du programme entièrement de mémoire, sans partition, une prouesse qui contribue à sa réputation de chef d’orchestre légendaire. Selon The Gazette, la dernière soirée attire près de 1 500 spectateurs. À l’issue de la tournée, les musiciens offrent à Toscanini une montre en or afin de souligner le dixième anniversaire de sa direction de l’orchestre[3][4].

Le 28 novembre 1922, le célèbre pianiste et compositeur russe Sergei Rachmaninoff se produit au Théâtre St-Denis lors d’un récital de piano très attendu. La presse montréalaise souligne la virtuosité exceptionnelle du musicien et la perfection de son jeu, décrivant un pianisme d’une grande clarté et d’une puissance expressive remarquable. La salle est presque pleine pour entendre l’artiste, dont l’interprétation de la Sonate « Appassionata » de Beethoven impressionne particulièrement les critiques par la profondeur et l’intensité de son interprétation. Le programme comprend également plusieurs œuvres de Chopin ainsi que des compositions du pianiste lui-même. La soirée se termine par une spectaculaire paraphrase de The Blue Danube, interprétée avec une brillante virtuosité et accueillie avec enthousiasme par le public montréalais [47][48].

6. Ravel (1928)

Le 19 avril 1928, le Théâtre St-Denis accueille l’un des compositeurs les plus importants du XXe siècle : Maurice Ravel. En tournée nord-américaine, le musicien français présente à Montréal un récital consacré en grande partie à ses propres œuvres, offrant au public le privilège rare d’entendre un compositeur interpréter lui-même sa musique. La soirée réunit également la soprano Greta Torpadie, le pianiste montréalais Léo-Pol Morin — qui avait étudié avec Ravel — et le Quatuor Dubois. Le programme comprend notamment le Quatuor en fa majeur, les Histoires naturelles, la Sonatine, ainsi que plusieurs pages de Ma mère l’Oye et de Shéhérazade. La presse montréalaise souligne la finesse et l’intelligence de cette interprétation, décrivant un Ravel au regard fascinant et au sourire ironique, longuement applaudi par l’auditoire et rappelé à plusieurs reprises sur scène. Certains chroniqueurs notent toutefois que la vaste salle du Saint-Denis n’était pas entièrement remplie — une situation attribuée en partie au mauvais temps — et qu’un cadre plus intime aurait permis de mieux apprécier les subtilités de cette musique délicate. Malgré ces réserves, les critiques s’entendent pour considérer la venue du compositeur comme un événement artistique majeur pour la vie musicale montréalaise et l’un des concerts marquants présentés au Théâtre St-Denis durant l’entre-deux-guerres [5][6][7][8].

7. Début 1929 : retour au cinéma

Après un intermède d’opéra et d’opéra-comique, on en revient à la présentation de deux films par semaine au début de 1929. C’étaient les beaux jours avant le krach à la Bourse de New York, le théâtre est fréquenté par une foule nombreuse et les coffres étaient bien garnis [2].

Le directeur du Théâtre St-Denis, Joseph Cardinal, introduit une nouvelle formule de programmation combinant cinéma et théâtre. À partir du mois de novembre, les représentations dramatiques de la troupe Barry-Duquesne sont accompagnées de projections des grands films de l’année, présentés avant et après les pièces. Les films sont projetés avec titres français et anglais, permettant au public canadien-français de suivre plus facilement les productions étrangères. Cette initiative, rendue possible par un contrat d’environ 50 000 $ avec les principales compagnies de cinéma, transforme la salle en un véritable espace hybride mêlant spectacle vivant et cinéma [38].

8. Années 1930 : naissance du film parlant

Au moment de la débâcle financière, la troupe de théâtre Barry-Duquesne, alors très populaire, vient s’installer au Théâtre St-Denis pour une période d’environ huit mois. Cette présence marque l’une des dernières grandes périodes de théâtre dramatique dans la salle avant l’arrivée du cinéma parlant. L’apparition en Amérique des premiers films sonores d’expression française transforme rapidement la vocation de l’établissement. Ainsi, en 1930, quatorze ans après l’ouverture du théâtre, le cinéma français s’y impose progressivement. Cette transition se manifeste notamment lorsque le directeur et propriétaire Joseph Cardinal présente en exclusivité la première projection en Amérique du film sonore français La Route est Belle, interprété notamment par le baryton de l’Opéra-Comique de Paris André Baugé. L’événement confirme le rôle du St-Denis comme lieu privilégié de diffusion des nouvelles productions cinématographiques françaises à Montréal [2] [39].

9. 1933 : Joseph-Alexandre DeSève

Le 5 août 1933, l’homme d’affaires et distributeur de films Joseph-Alexandre De Sève devient directeur du Théâtre St-Denis, marquant un tournant important dans l’histoire de la salle. Ambitieux et déjà influent dans le milieu du cinéma, il entreprend rapidement des travaux d’aménagement et modernise à la fois l’extérieur et l’intérieur du théâtre afin d’en faire une vitrine prestigieuse pour les grandes productions cinématographiques [24]. Sous sa direction, le St-Denis s’impose progressivement comme l’un des principaux lieux de diffusion du cinéma français à Montréal, une orientation qui annonce la création de sa compagnie de distribution France-Film, appelée à dominer ce marché pendant plusieurs décennies. Certaines annonces publicitaires de l’époque présentent d’ailleurs De Sève comme directeur du théâtre et témoignent du succès populaire de films français tels que Le Maître de Forges, dont la projection doit être prolongée en raison des nombreuses demandes du public [44]. Dans le contexte du strict Bureau de censure du Québec, De Sève développe également des stratégies ingénieuses pour adapter certains films importés d’Europe, allant parfois jusqu’à faire tourner à Montréal des scènes additionnelles jugées plus acceptables afin de permettre leur diffusion locale [43]. Par son influence et son sens des affaires, il contribue ainsi à faire du Théâtre St-Denis l’un des piliers du réseau de diffusion du cinéma francophone en Amérique du Nord [42].

10. Deuxième Guerre mondiale : retour aux spectacles

En 1942, alors que la production cinématographique est interrompue, le Théâtre St-Denis doit diversifier sa programmation. Le Metropolitan Opera de New York (qui reviendra annuellement jusqu’en 1945) vient se produire sur scène, ainsi que le ballet Bolchoï, la Comédie française et le Théâtre national de Paris. On invite aussi des orchestres symphoniques et leur chef, tels Wilfrid Pelletier et Stravinsky [2].

11. Stravinsky (1945)

Le passage d’Igor Stravinsky au Théâtre St-Denis en 1945 suscite un enthousiasme remarquable dans la presse montréalaise et particulièrement chez les jeunes musiciens et mélomanes de la ville. Le critique Jean Vallerand note qu’une génération entière vient entendre le compositeur diriger lui-même ses œuvres, attirée par l’occasion rare de découvrir l’un des grands créateurs de la musique moderne à la tête de l’orchestre. À la direction de l’Orchestre Philharmonique de Montréal, Stravinsky présente notamment L’Oiseau de feu, les Scènes de ballet et la Circus Polka. Les critiques soulignent à la fois la précision et la sobriété de sa direction, ainsi que l’effet de confiance qu’inspire la présence du compositeur lui-même à la tête de l’ensemble. L’accueil du public est particulièrement chaleureux : l’ovation finale est telle que plusieurs admirateurs accompagnent Stravinsky jusqu’à la voiture qui le ramène chez lui. Pour de nombreux jeunes auditeurs, ce concert constitue une véritable révélation artistique et confirme la place du compositeur parmi les figures dominantes de la musique contemporaine [9][45][46].

12. Vedettes de music-hall

Les plus grandes vedettes françaises et internationales défilent aussi sur la scène du Théâtre St-Denis : Maurice Chevalier, Fernandel, Tino Rossi, Luis Mariano, Yves Montand, Gilbert Bécaud, etc [2].

13. Le cinéma durant la guerre

Le cinéma n’est pas délaissé pour autant durant la 2e guerre. Faute de nouveautés, le théâtre présente des reprises de films des années 1930 [2].

14. Orgue Wurlitzer

La firme Wurlitzer y installe un orgue de cinéma de 3 claviers (sans doute un Style 35 de 15 rangs), son opus 80 [24].

15. 1948 : Compagnie France Film

En 1948, J.A. DeSève prend la direction de Compagnie France Film à la suite de la mort de son président Albert Janin. Au cours de la même année, Compagnie France Film se porte acquéreur du Théâtre Saint-Denis et demeure encore jusqu’à aujourd’hui l’unique propriétaire du théâtre [24].

16. Années 1950 : la salle la plus somptueuse

En 1950, le Théâtre St-Denis subit une reconstruction totale au coût de 500 000 $ à l’époque — soit environ 6,8 millions de dollars canadiens en valeur de 2026 —pour devenir la salle la plus somptueuse et moderne de Montréal. Plusieurs innovations sont mises de l’avant et la capacité de la salle est de 2500 sièges. Encore une fois, le Théâtre St-Denis assume son rôle de chef de file dans le domaine du divertissement [2]. On prend soin cependant de conserver la partie arrière de la façade, construite en 1916 [10].

17. 25 avril 1952 : Aurore l’enfant martyre

Le 25 avril 1952, on assiste à la première du film Aurore l’enfant martyre, qui devient le plus grand succès du cinéma québécois de l’époque [2].

18. Jusqu’à 1963 : spectacles & Place des Arts

On continue d’y présenter des spectacles de théâtre lyrique et de danse, des concerts symphoniques et du music-hall jusqu’à l’inauguration de la Place des Arts en 1963 [2].

19. Changements de vocation (1970–1977)

Au tournant des années 1970, le Théâtre St-Denis, qui avait longtemps été l’un des principaux lieux de concerts et de récitals à Montréal, sert alors surtout à la projection de films. Certains observateurs de l’époque évoquent toutefois la possibilité de voir la salle retrouver sa vocation de théâtre et de salle de spectacles. Situé au carrefour du métro et doté d’installations techniques adéquates, l’établissement pourrait à nouveau accueillir les grandes vedettes du spectacle canadien et international [41].

En 1971, la Compagnie France Film inaugure le Centre St-Denis, formé du Théâtre St-Denis et de de deux nouvelles salles de cinéma, le Chevalier et le Pierrot, renommées par la suite le St-Denis 2 et le St-Denis 3 [2].

En 1977, la direction décide de diversifier ses opérations. Constatant que Montréal avait besoin d’un grand théâtre de plus de 2000 places, elle ramène à sa première vocation la grande salle du Théâtre St-Denis. L’espace est complètement réaménagé en salle de spectacles pour mieux répondre aux besoins de la colonie artistique et du public québécois [2].

20. Beau Dommage (1977)

Le groupe Beau Dommage, que nous n’avions pas vu sur scène depuis quelque temps, refait une solide percée du 8 au 14 décembre 1977 au Théâtre St-Denis, entièrement rénové. Il retrouvait son public québécois qu’il avait énormément manqué depuis un an et demi. Beau Dommage avait pour habitude de ne pas s’en faire avec la demande pour se concentrer uniquement sur ce qu’il avait à offrir. Mais c’était une erreur. Le groupe rencontrait, pour la première fois, un Waterloo au Théâtre St-Denis. Les concerts furent de belle qualité, mais présentés devant trop peu de spectateurs. L’année 1977 marque ainsi pour le groupe une certaine érosion dans ses rapports avec son public, l’effritement d’un mythe qui n’avait pourtant pas besoin d’être restauré ni rénové [11].

21. Diane Dufresne (1978)

Au cours de l’automne 1978, le Théâtre St-Denis accueille la chanteuse québécoise Diane Dufresne, alors au sommet de sa popularité. Dans un article publié le 5 octobre 1978, Montréal-Matin décrit une première particulièrement animée, où une foule nombreuse se presse devant le théâtre dans une atmosphère festive rappelant les grandes soirées de la scène montréalaise. Le reportage souligne l’originalité et la démesure du spectacle, marqué par des costumes spectaculaires, un décor élaboré et une mise en scène flamboyante fidèle à l’univers théâtral de la chanteuse.

Dès son apparition sur scène, vêtue d’un costume spectaculaire, Dufresne déclenche une standing ovation spontanée du public, réaction qui se répétera à plusieurs reprises au cours de la soirée. Si l’artiste présente quelques nouvelles chansons, le spectacle repose surtout sur les pièces qui ont forgé sa réputation, interprétées dans un environnement scénique mêlant musique, théâtre et imagerie visuelle audacieuse. Le journal évoque également l’effervescence qui entoure la première représentation, attirant dans la salle et autour du théâtre un public varié composé d’admirateurs, de curieux et de personnalités du milieu artistique montréalais.

L’événement illustre l’importance du Théâtre St-Denis comme scène majeure de la chanson québécoise à la fin des années 1970. La présence de Diane Dufresne, figure emblématique de la culture populaire de l’époque, confirme le rôle du théâtre comme lieu privilégié pour les grandes productions musicales et les spectacles marquants de la vie culturelle montréalaise [12].

22. Paul Piché (1978)

Le 28 novembre 1978, le chanteur et auteur-compositeur Paul Piché se produit au Théâtre St-Denis devant une salle largement remplie d’un public jeune, composé en grande partie d’étudiants et de spectateurs issus des milieux collégiaux et universitaires. Dans Le Devoir, la critique Nathalie Petrowski décrit une atmosphère chaleureuse et attentive, où la simplicité de l’artiste contraste avec les productions spectaculaires alors en vogue sur certaines grandes scènes. Barbe épaisse, chemise à carreaux et allure décontractée, Piché apparaît comme une figure proche de son public, presque familière.

La journaliste insiste sur le caractère profondément naturel de sa présence scénique : sans effets inutiles ni mise en scène élaborée, le chanteur s’adresse au public avec une franchise qui crée un lien immédiat dans la salle. Ce « naturel contagieux », selon Petrowski, constitue la véritable force de l’artiste. Même lorsque l’interprétation se prolonge entre les chansons par quelques anecdotes ou commentaires, le contact avec l’auditoire demeure constant et sincère.

Musicalement, le spectacle met en valeur un répertoire inspiré des réalités quotidiennes et des préoccupations sociales de la jeunesse québécoise de la fin des années 1970. Les arrangements restent sobres et privilégient la clarté des textes, permettant aux chansons de s’imposer par leur authenticité plutôt que par la démonstration technique. Pour Petrowski, cette approche confère à Piché une dimension particulière : celle d’un artiste capable de refléter les préoccupations de sa génération tout en conservant une grande simplicité de ton.

La critique conclut que ce mélange d’honnêteté, de proximité et d’absence de prétention explique l’accueil enthousiaste réservé au spectacle et confirme la place grandissante de Paul Piché parmi les figures importantes de la nouvelle chanson québécoise de l’époque [13].

23. The Clash (1979)

À la fin des années 1970, la vague punk et new wave venue de Grande-Bretagne commence à atteindre Montréal. Le 26 septembre 1979, le Théâtre St-Denis accueille une affiche représentative de cette nouvelle scène réunissant The Clash, l’un des groupes les plus influents du punk britannique, accompagnés des Undertones et du groupe féminin The B-Girls. Selon The Gazette, le concert attire un public relativement restreint mais extrêmement enthousiaste, composé en grande partie de jeunes adeptes de cette culture musicale encore marginale dans les grandes salles montréalaises [14].

La soirée débute avec les B-Girls, quatre musiciennes vêtues de bottes blanches, de pantalons noirs et de chemises à carreaux rouges, dont la prestation est accueillie avec curiosité. Les Undertones prennent ensuite la scène avec leur style énergique et direct, incarnant une forme plus accessible du punk et de la new wave britannique. Le concert se conclut avec The Clash, mené par le chanteur Joe Strummer, dont les chansons mêlent colère urbaine, conscience sociale et arrangements légèrement plus élaborés que ceux du punk le plus rudimentaire.

Dans Le Devoir, la critique Nathalie Petrowski décrit un spectacle marqué par une intensité sonore remarquable et par une musique où la colère punk devient presque « industrielle », expression d’une révolte générationnelle et sociale. Sur scène, les guitares rapides et le rythme soutenu traduisent une énergie brute qui contraste avec les productions plus traditionnelles présentées dans les grandes salles de la ville [48].

Le véritable spectacle se déroule toutefois aussi dans le hall du théâtre, où défile une foule de jeunes adeptes vêtus de cuir, de chaînes et de colliers à clous, arborant des coiffures extravagantes parfois teintées de couleurs vives. Cette esthétique provocatrice, indissociable de la musique, témoigne de l’émergence d’une nouvelle identité culturelle où l’apparence et l’attitude rebelle comptent presque autant que les performances sur scène. Même si la salle n’est pas complètement remplie, l’énergie du public et l’enthousiasme suscité par le concert illustrent l’arrivée à Montréal d’un mouvement musical qui transformera rapidement la scène rock des années suivantes.

24. Tom Waits (1979)

Il y avait un je-ne-sais-quoi de particulier dans l’air ce soir-là, un parfum d’Halloween et de fête païenne flottant sous les capes, les plumes et les chapeaux qui se pressaient au Théâtre St-Denis le 31 octobre 1979 pour voir, entendre et vivre Tom Waits, celui qu’on attendait depuis longtemps et qui allait se révéler à la hauteur — et même au-delà — de toutes les attentes.

Le rideau s’ouvre sur un vieux thème de jazz légèrement usé. La scène est presque entièrement plongée dans l’obscurité, sauf pour un faisceau lumineux qui découpe un coin du plateau. Dans cette lumière apparaît une silhouette mince et sombre, immobile, coiffée d’un chapeau qui cache son visage. La figure allume une cigarette, laisse flotter un instant la fumée dans l’air, puis s’avance lentement vers le micro. Le geste est simple, presque banal, mais il suffit à plonger la salle entière dans une atmosphère trouble digne des vieux films d’Humphrey Bogart.

De profil, les mains agitées comme pour fendre l’air opaque, Tom Waits commence à raconter l’échec américain. Il le raconte en chansons et en monologues, en longues histoires qui sentent le whisky, la fumée et les bars de nuit. Il parle des motels fatigués, des rêves brisés, des errants et des insomniaques qui peuplent l’imaginaire de ses chansons. Sa voix rauque semble surgir des profondeurs d’un club de jazz enfumé. Chaque intonation est juste et généreuse, chaque geste précis, et les transitions entre les chansons sont si naturelles qu’elles deviennent presque invisibles.

Tour à tour clown mélancolique, conteur ironique et poète des trottoirs nocturnes, Waits transforme la scène en un véritable théâtre de la nuit. Jazz, blues et chanson narrative se mêlent dans une performance où la musique devient presque un décor pour ses histoires d’hommes perdus, de villes fatiguées et de vies cabossées.

La soirée se termine finalement en douceur sur l’air d’une valse. Tom Waits nous rassure et nous envoie nous coucher, lui qui reste debout toute la nuit [15].

À la fin des années 1970, le Théâtre St-Denis demeure l’une des grandes salles de spectacles commerciales du centre-ville de Montréal. Un article de The Gazette souligne qu’un spectacle y coûte environ 4 000 $ de location, soit près de la moitié du prix demandé à la Place des Arts, ce qui en fait une salle particulièrement attractive pour les promoteurs de tournées et les impresarios [36].

25. Roy Orbison (1980)

Le 28 juillet 1980, le légendaire chanteur américain Roy Orbison se produit devant une salle comble au Théâtre St-Denis. Pour toute une génération ayant grandi avec le rock ’n’ roll, la musique d’Orbison est indissociable de leurs souvenirs, et ce concert représente pour plusieurs l’occasion de voir si l’artiste est toujours à la hauteur de sa réputation. Selon The Gazette, la réponse ne fait aucun doute : la légende demeure intacte [16].

Vêtu d’une combinaison noire et de ses célèbres lunettes fumées, Orbison apparaît presque immobile au centre de la scène, une guitare Fender blanche attachée à la taille. Contrairement à plusieurs artistes rock de l’époque, il ne cherche pas à impressionner par des gestes spectaculaires ou des improvisations flamboyantes : il laisse plutôt les chansons parler d’elles-mêmes. Dès les premières notes de Only the Lonely, la salle est conquise. Sa voix unique, capable de franchir avec aisance plusieurs octaves, demeure aussi puissante et émotive que sur ses enregistrements originaux.

Au fil de la soirée, Orbison enchaîne les classiques qui ont marqué l’histoire du rock : Crying, interprétée avec une intensité qui pousse certains spectateurs à sortir leurs mouchoirs, Mean Woman Blues, Candy Man et Running Scared, dont les crescendos spectaculaires rappellent l’ampleur sonore qui a fait sa renommée. Il rend également hommage à Elvis Presley avant de livrer une interprétation remarquée de Blue Bayou, popularisée par Linda Ronstadt.

La soirée atteint son apogée lorsque l’artiste conclut avec Pretty Woman, déclenchant une ovation enthousiaste. Rappelé sur scène par un public en délire, Orbison reprend la chanson une seconde fois, accompagné d’un solo de guitare plus vigoureux. Lorsque les lumières se rallument finalement, il ne reste aucun doute : Roy Orbison a prouvé, une fois de plus, qu’il mérite pleinement son statut de légende du rock [16].

26. Miles Davis (1982)

Au début des années 1980, le Théâtre St-Denis demeure l’une des principales salles de spectacles du centre-ville. Lors des premières éditions du Festival International de Jazz de Montréal, plusieurs concerts majeurs y sont présentés, tandis que le quartier général de l’événement s’installe à proximité, au coin des rues Ontario et Saint-Denis [35].

Le 11 juillet 1982, le légendaire trompettiste Miles Davis se produit au Théâtre St-Denis dans le cadre du Festival International de Jazz de Montréal, où il assure le concert de clôture d’une édition particulièrement réussie de l’événement. Sa présence constitue l’un des moments les plus attendus du festival, tant l’aura entourant Davis demeure immense dans le monde du jazz. Selon The Gazette, son nom à lui seul suffit à conférer une légitimité particulière au festival et à attirer une foule considérable pour cette soirée finale [17]. De son côté, Le Devoir souligne que l’événement couronne un festival ayant attiré plus de 55 000 spectateurs aux concerts payants et près de 80 000 personnes dans l’ensemble des lieux de diffusion montréalais [49].

Après plusieurs années d’absence de la scène musicale, Miles Davis revient alors à la performance publique avec une nouvelle formation. Sur scène, le trompettiste adopte une attitude caractéristique, arpentant lentement la scène avant de lancer les phrases incisives et reconnaissables de sa trompette. Son jeu conserve ce phrasé singulier et cette sonorité immédiatement identifiable qui ont marqué l’histoire du jazz moderne.

Le concert met également en lumière l’évolution stylistique du musicien, qui poursuit l’exploration des sonorités électriques amorcée dans les années 1970. Claviers, guitares amplifiées et rythmes inspirés du jazz-rock accompagnent la trompette de Davis dans un univers musical où le jazz se mêle aux influences contemporaines. Le groupe, où figure notamment le jeune trompettiste Wynton Marsalis, impressionne par la cohésion de son jeu et par la virtuosité de ses solistes.

Si certains critiques demeurent partagés quant à la direction musicale empruntée par Davis au début des années 1980, son apparition au Théâtre St-Denis demeure l’un des moments marquants du festival. En clôturant ainsi l’événement, Miles Davis confirme une fois de plus la place centrale qu’il occupe dans l’histoire du jazz et dans la mémoire du Festival International de Jazz de Montréal [17] [49].

27. Chet Baker (1986)

Un épisode particulièrement chaotique marque le passage du trompettiste Chet Baker au Théâtre St-Denis lors du Festival International de Jazz de Montréal en 1986. Selon The Gazette, la soirée tourne rapidement au malaise lorsque Baker, visiblement affaibli, ne parvient à jouer que quelques notes mal articulées avant d’abandonner la scène. Le pianiste montréalais Paul Bley, qui devait l’accompagner, termine finalement la prestation seul au piano devant un public partagé entre stupéfaction et sympathie pour le musicien [50].

Le cofondateur du Festival International de Jazz, André Ménard, raconte une anecdote par rapport au concert de Chet Baker présenté au Théâtre St-Denis en 1986: « Chet Baker était censé se présenter la veille du spectacle à Montréal car il arrivait d'Europe. Il ne l’a pas fait. J'ai demandé au pianiste montréalais Paul Bley, qui devait l’accompagner sur la scène du Théâtre St-Denis, s'il avait un contact. Il connaissait quelqu'un à Paris qui savait où vivait Chet. Il est minuit la veille du spectacle. Alors Paul appelle l’ami de Chet, il est 6h du matin, heure de Paris. Son ami dit que Chet vit dans une pharmacie en Belgique. Une pharmacie? Merde. J'appelle et demande si Chet est là. Ils disent oui. Je dis qu’il est censé être sur un train pour Paris parce qu’il a un vol pour Montréal. Ils garantissent qu’ils le feront monter sur un train dans l’heure. D'accord. J’engage un journaliste que je connais à Paris pour escorter Chet du train à l’avion – je ne voulais pas qu’il soit en liberté à Paris. Chet se présente à Montréal avec les vêtements qu'il porte sur le dos, un sac en papier brun rempli de pilules et sa trompette – aucune valise. Au moment où Chet est censé jouer, il n’est pas en état de faire quoi que ce soit. Il essaye de souffler — bbblllggghhh ! Il était mal foutu. Il a fallu rembourser les gens et Paul Bley a joué seul au piano. Puis, à 3 heures du matin, Chet traînait dans le hall de l’hôtel avec sa trompette à la main et il voulait jouer avec les musiciens de l’hôtel. Je lui ai dit: Si tu montes sur scène, t’es foutus. J'ai raconté l'histoire à Paul. Il a ri jusqu’à en pleurer et a dit: Eh b’en, ça, c’est Chet, man. » [18]

28. James Brown (1986)

Selon The Gazette, le spectacle de James Brown présenté au Théâtre St-Denis le 4 juillet 1986 marque un retour triomphal du « Godfather of Soul » à Montréal. Le critique John Griffin rappelle que Brown avait laissé une impression plus mitigée lors de certains passages précédents, mais que le succès international de Living in America, popularisé par le film Rocky IV, relance alors puissamment sa carrière [19].

Devant une salle électrisée, Brown livre une performance d’environ 140 minutes accompagné d’un orchestre d’une douzaine de musiciens. Le spectacle s’ouvre sur un groove funk puissant, bientôt amplifié par l’entrée du saxophoniste Maceo Parker, qui parcourt les allées du théâtre au milieu du public pendant un solo frénétique. L’atmosphère devient rapidement survoltée, confirmant que la soirée prend des allures de célébration collective [19].

Apparu dans un costume turquoise très ajusté, coiffé dans son style caractéristique, James Brown enchaîne ensuite plusieurs de ses grands succès, dont Living in America, Cold Sweat, Sex Machine et It’s a Man’s Man’s Man’s World. Même si Griffin note que le chanteur se déplace un peu moins qu’à l’époque de ses années les plus explosives, il souligne que son sens du spectacle, son autorité scénique et sa capacité à soulever une foule demeurent intacts. Brown invite même des spectateurs à monter sur scène pour danser, transformant le concert en une véritable fête populaire [19].

Pour le critique, cette soirée confirme que James Brown demeure l’un des artistes américains les plus influents de son époque. Le concert du Théâtre St-Denis apparaît ainsi comme un moment fort du Festival International de Jazz de Montréal, et comme une démonstration éclatante de la vitalité retrouvée du maître incontesté de la soul [19].

29. Leonard Cohen (1988)

Le 13 novembre 1988, le chanteur, poète et auteur-compositeur montréalais Leonard Cohen se produit au Théâtre St-Denis lors d’un retour très attendu dans sa ville natale après de longues tournées en Europe et aux États-Unis. Selon The Gazette, le spectacle attire une salle comble et crée une véritable atmosphère d’enthousiasme, certains observateurs parlant même d’une forme de « Cohen-mania » dans le hall du théâtre avant le début du concert [20]. De son côté, La Presse souligne l’ascendant particulier qu’exerce Cohen sur ses admirateurs, attentifs à ses paroles et à ses traits d’esprit, dans une salle où l’on vient autant écouter ses chansons que savourer la poésie et l’humour qui ponctuent ses interventions [21].

Accompagné d’un groupe discret mais précis, Cohen livre une performance à la fois intime et intense, où l’accent est mis davantage sur la présence scénique et la profondeur des textes que sur la puissance vocale. Toujours vêtu de noir et entouré de ses musiciens et choristes, le chanteur domine la scène par sa présence calme et sa voix grave, riche en caractère plutôt qu’en amplitude. La musique, soutenue par claviers et batterie électronique, modernise subtilement plusieurs pièces de son répertoire [21].

Le programme comprend notamment Dance Me to the End of Love, I’m Your Man, Sisters of Mercy, First We Take Manhattan, Tower of Song et Everybody Knows. Plusieurs chansons plus anciennes sont également revisitées avec de nouveaux arrangements, notamment Bird on the Wire et Suzanne. Les choristes Julie Christensen et Perla Batalla apportent des harmonies marquantes, tandis que le multi-instrumentiste John Bilezikjian enrichit l’ensemble de l’oud, du violon et de la guitare [20] [21].

Au fil de la soirée, Cohen alterne chansons, anecdotes et commentaires ironiques, évoquant notamment ses débuts à New York et certains souvenirs liés au Chelsea Hotel. Ces interventions, livrées avec son humour discret et son sens de l’autodérision, provoquent régulièrement les rires et les applaudissements du public. L’ensemble crée une ambiance à la fois intime et réfléchie, confirmant la place unique qu’occupe Cohen dans la musique populaire : celle d’un artiste dont la force réside moins dans le spectacle traditionnel que dans l’intensité poétique et la tension émotionnelle qu’il parvient à créer sur scène [20] [21].

À la fin des années 1980, le secteur de la rue Saint-Denis demeure étroitement associé au Festival International de Jazz de Montréal. Un article de The Gazette publié en 1990 rappelle que la rue Saint-Denis constitue depuis plusieurs années le « heart and soul » du festival, où se concentrent concerts, bars et activités parallèles autour du Théâtre St-Denis. Le texte souligne toutefois qu’en raison des coûts élevés d’organisation — les concerts présentés sur la rue Saint-Denis l’année précédente ayant nécessité un budget d’environ 200 000 $ — la rue ne sera pas fermée à la circulation cette année-là et qu’aucun spectacle principal ne sera présenté au Théâtre St-Denis. Cette décision illustre la réorganisation progressive du festival vers d’autres espaces du centre-ville, notamment autour du Complexe Desjardins et de la Place des Arts [37].

30. Céline Dion (1990)

Au début des années 1990, le nom de Céline Dion domine de plus en plus l’actualité musicale québécoise. Le 22 octobre 1990, lors du gala annuel de l’ADISQ, la chanteuse provoque un moment marquant en refusant publiquement le Félix qui lui est attribué pour son album anglophone Unison. Dion explique alors qu’elle ne souhaite pas être considérée comme une « artiste anglophone », affirmant demeurer avant tout une chanteuse québécoise et francophone malgré le succès international de ce disque [23].

« Le public, lui, a très bien compris que je reste Québécoise et francophone même si je chante en anglais. »

— Céline Dion, La Presse, 22 octobre 1990 [23]

Le lendemain, le 23 octobre 1990, La Presse rapporte la controverse entourant cet épisode, alors que la chanteuse et son gérant René Angélil expriment ouvertement leur mécontentement face à certaines décisions de classification du gala, notamment la catégorie dans laquelle Dion avait été placée. L’article témoigne du climat tendu qui entoure alors l’ascension internationale de la chanteuse et des débats qu’elle suscite dans l’industrie musicale québécoise. Le texte mentionne également les réactions de plusieurs acteurs du milieu, dont André Ménard, figure importante de la scène montréalaise et associé à Spectra-Scène, illustrant l’ampleur médiatique de la discussion autour de la place de Dion dans la musique populaire au tournant des années 1990 [22].

31. 1990 : rénovation & reconfiguration des salles

En 1990, toujours sous l’égide de Compagnie France Film, l’édifice se refait une beauté pour honorer le spectacle vivant et redevient le Théâtre St-Denis. La conception intérieure est complètement refaite. Les deux cinémas du Centre St-Denis sont unifiés en une seule salle de spectacle –la salle 2- pouvant accueillir 933 personnes [2].

32. 26 janvier 1990 : inauguration de la salle 2

Le 26 janvier 1990, on inaugure la salle 2 avec le spectacle de Jean Lapointe [2].

33. 4 avril 1990 : reprise officielle de la salle 1

Et le 4 avril 1990, la salle 1, après d’importants travaux de rénovation, reprend officiellement du service avec le spectacle d’André-Philippe Gagnon. Elle comprend désormais 2218 sièges [2].

34. Nouvelle aventure depuis 2022

Depuis l’été 2020, la salle 2 a subi une transformation complète qui a complètement changé l’intérieur de la salle. Le lobby et la façade ont entièrement été démolis pour faire place au nouveau Studio-Cabaret qui a ouvert ses portes au mois de septembre 2022. Aménagé sur le toit du lobby du Studio-Cabaret, Le Marie-Louise est un lieu de rendez-vous prisé pour les visiteurs du Quartier latin et les spectateurs de l’Espace St-Denis. Ce nouveau bar-terrasse est d’ailleurs accessible via le complexe, avant ou après une représentation, sans avoir à mettre le pied dehors [2].

35. Rénovation annoncée (2026)

Dans le cadre d’une refonte de son image de marque et de son expérience numérique, l’Espace St-Denis a confié un mandat à l’agence créative AKUFEN. Cette démarche vise à moderniser l’identité visuelle du complexe et à harmoniser ses actions de communication afin de mieux refléter son orientation artistique et culturelle. [25]

Le projet de repositionnement marketing cherche également à consolider la place de l’Espace St-Denis comme destination culturelle et gastronomique majeure du Quartier latin, tout en proposant une expérience numérique renouvelée pour les spectateurs et visiteurs du complexe. [25]

Selon Alexandre Seers Provencher, directeur de la programmation et de la commercialisation de l’Espace St-Denis, ce partenariat marque une étape importante dans l’évolution récente de l’institution, qui souhaite moderniser son image et développer des outils numériques plus innovants pour rejoindre ses publics. De son côté, la firme AKUFEN souligne que ce mandat s’inscrit dans son engagement auprès des institutions culturelles et vise à accompagner l’Espace St-Denis dans l’atteinte de ses objectifs de développement et de rayonnement. Les résultats de cette collaboration doivent être dévoilés au cours de l’hiver 2026. [25]

Notes & sources

  1. LE CANADA, 6 mars 1916.
    « Le théâtre St-Denis est pris d’assaut ».
    Article rapportant le succès exceptionnel de l’ouverture du Théâtre St-Denis, inauguré le 4 mars 1916. Le journal indique qu’environ 20 000 personnes se sont présentées durant les premières représentations du week-end pour découvrir ce nouveau cinéma de l’Est de Montréal. L’article souligne que l’établissement venait combler un manque dans cette partie de la ville, les spectateurs devant auparavant se rendre dans l’Ouest pour assister à des projections de premier ordre. La direction annonce également que les programmes et les titres des films seront présentés en français, une innovation alors sans précédent à Montréal, et que le personnel du théâtre parle lui aussi français.
  2. GRENIER AUX NOUVELLES, « L’Espace St-Denis choisit AKUFEN pour la refonte de son image et de son expérience numérique ». Annonce du mandat confié à l’agence créative AKUFEN pour moderniser l’image de marque et l’expérience numérique du complexe culturel Espace St-Denis. Les résultats de la collaboration doivent être dévoilés à l’hiver 2026.
    https://www.grenier.qc.ca/actualites/51487/lespace-st-denis-choisit-akufen-pour-la-refonte-de-son-image-et-de-son-experience-numerique
  3. THE GAZETTE, 25 mars 1921, p. 13.
    « Toscanini Ended American Tour ».
    Article rapportant le dernier concert de la tournée nord-américaine de l’orchestre de la Scala de Milan dirigé par Arturo Toscanini. Le texte indique que la représentation finale a été donnée au Théâtre St-Denis devant environ 1 500 spectateurs, complétant une tournée d’environ soixante concerts à travers l’Amérique du Nord. L’article souligne également que l’orchestre a offert à Toscanini une montre en or pour souligner le dixième anniversaire de sa direction, et rappelle que la tournée s’est distinguée par l’exécution notamment de la Symphonie de Brahms.
  4. THE GAZETTE, 22 mars 1921, p. 3.
    « La Scala Orchestra ».
    Article annonçant la représentation de l’orchestre de la Scala de Milan dirigé par Arturo Toscanini au Théâtre St-Denis de Montréal. Le texte précise que Toscanini doit diriger le concert d’adieu de la tournée nord-américaine et que le programme comprend notamment l’ouverture de Guillaume Tell de Rossini ainsi que plusieurs œuvres de Richard Wagner, dont le prélude de Lohengrin, l’Enchantement du Vendredi saint de Parsifal, l’ouverture de Tannhäuser et le prélude de Die Meistersinger.
  5. LE CANADA, 20 avril 1928.
    « Maurice Ravel au Saint-Denis ».
    Compte rendu du récital donné par le compositeur français Maurice Ravel au Théâtre St-Denis de Montréal. Le concert réunit notamment la soprano Greta Torpadie, le pianiste Léo-Pol Morin et le Quatuor Dubois. Le programme comprend plusieurs œuvres du compositeur, dont le Quatuor en fa majeur, les Histoires naturelles, la Sonatine et des pièces de Ma mère l’Oye. Le journal souligne l’accueil enthousiaste réservé à Ravel, dont l’interprétation et la présence sur scène furent longuement applaudies par un public composé de nombreux artistes, mélomanes et personnalités montréalaises.
  6. LA PATRIE, 20 avril 1928.
    « Maurice Ravel au théâtre Saint-Denis hier soir », chronique signée Jean Nolin.
    Compte rendu du récital présenté par le compositeur français Maurice Ravel au Théâtre St-Denis dans le cadre de sa tournée nord-américaine. L’article souligne l’importance de pouvoir entendre les œuvres du compositeur interprétées par lui-même, évoquant notamment le Quatuor en fa majeur, les Histoires naturelles, la Sonatine et des pièces de Ma mère l’Oye. Le concert réunit également la soprano Greta Torpadie, le pianiste montréalais Léo-Pol Morin et le Quatuor Dubois. Le chroniqueur décrit une salle attentive et enthousiaste, saluant la finesse, l’équilibre et l’élégance de l’interprétation de Ravel ainsi que l’accueil chaleureux réservé par le public montréalais.
  7. LE CANADA, 21 avril 1928.
    « Sur toutes les scènes — Choses et autres ».
    Chronique commentant le récital donné par le compositeur et pianiste Maurice Ravel au Théâtre St-Denis. Le journaliste décrit la venue de Ravel comme l’un des événements artistiques marquants de la saison montréalaise, tout en soulignant qu’un nombre relativement restreint d’amateurs de musique a assisté au concert. L’article insiste néanmoins sur l’importance de cette visite et sur le privilège d’entendre le compositeur interpréter lui-même ses œuvres lors de cette tournée nord-américaine.
  8. LE DEVOIR, 20 avril 1928.
    « Le concert de M. Maurice Ravel », chronique de Frédéric Pelletier.
    Compte rendu du récital présenté par le compositeur français Maurice Ravel au Théâtre St-Denis de Montréal. L’article souligne le caractère exceptionnel d’entendre un grand compositeur interpréter lui-même ses œuvres et décrit un programme comprenant notamment le Quatuor en fa majeur, la Sonatine, des extraits de Shéhérazade et des pièces de Ma mère l’Oye. Le critique remarque la finesse et l’intelligence de l’interprétation, tout en notant que la grande salle du Saint-Denis n’était pas remplie, ce qui priva certains passages subtils d’un cadre acoustique idéal. La chronique souligne néanmoins la haute valeur artistique de la soirée et l’importance de la visite de Ravel à Montréal.
  9. LE CANADA, 7 mars 1945.
    « Stravinsky à Montréal », chronique de Jean Vallerand.
    Compte rendu du concert dirigé par le compositeur russe Igor Stravinsky au Théâtre St-Denis. Le critique souligne l’enthousiasme exceptionnel du public montréalais, qui acclame longuement le compositeur à la fin de la soirée. L’article décrit l’événement comme un moment marquant de la vie musicale de Montréal, permettant à une nouvelle génération de mélomanes d’entendre les œuvres de Stravinsky sous la direction du compositeur lui-même, dont la précision et la clarté de direction sont particulièrement saluées.
  10. WIKIPÉDIA, « Théâtre Saint-Denis ».
    Article encyclopédique consacré au Théâtre St-Denis, salle de spectacle située au 1594 rue Saint-Denis dans le Quartier latin de Montréal. Inauguré le 4 mars 1916 et conçu par l’architecte Ernest Isbell Barott, le théâtre devient alors l’une des plus grandes salles du Canada et présente d’abord du vaudeville et du cinéma muet. Au fil du XXe siècle, la salle accueille de nombreux artistes et ensembles internationaux et évolue progressivement vers la diffusion de spectacles vivants. Aujourd’hui intégré au complexe Espace St-Denis, le théâtre demeure l’une des principales salles de spectacles du centre-ville de Montréal lien.
  11. DIMANCHE-MATIN, 1 janvier 1978, cahier 2.
    « Les FLOPS! », par Manon Pélolet, Gaétan Chabot et Michelle Talbot.
    Article dressant un bilan critique de certains revers artistiques de l’année 1977. Le texte évoque notamment le passage du groupe québécois Beau Dommage au Théâtre St-Denis, où une série de concerts de qualité aurait néanmoins attiré un public moins nombreux qu’espéré. Le chroniqueur souligne que l’année 1977 marque pour le groupe un certain ralentissement de l’enthousiasme du public après leurs grands succès du milieu des années 1970.
  12. MONTRÉAL-MATIN, 5 octobre 1978.
    « Diane Dufresne en pleine actualité », par Christine L’Heureux.
    Article consacré au spectacle de la chanteuse québécoise Diane Dufresne présenté au Théâtre St-Denis. Le texte décrit une soirée marquée par une mise en scène flamboyante et un univers visuel spectaculaire, où la chanteuse apparaît notamment dans des costumes extravagants et reçoit une ovation debout du public. Le reportage souligne également l’atmosphère festive entourant la première du spectacle, attirant une foule nombreuse devant le théâtre et confirmant la popularité exceptionnelle de l’artiste à la fin des années 1970.
  13. LE DEVOIR, 28 novembre 1978.
    Nathalie Petrowski, « Le naturel contagieux de Paul Piché ».
    Critique d’un spectacle du chanteur québécois Paul Piché présenté au Théâtre St-Denis. L’article décrit une salle remplie principalement de jeunes spectateurs venus entendre l’auteur-compositeur, dont la présence scénique simple et directe crée un lien immédiat avec le public. Petrowski souligne le caractère spontané et chaleureux du spectacle, où l’artiste privilégie une approche dépouillée et sincère, misant sur l’authenticité de ses chansons et sur une communication naturelle avec l’auditoire.
  14. THE GAZETTE, 26 septembre 1979.
    David Sherman, « Wave of new wave hits city ».
    Article décrivant le passage au Théâtre St-Denis d’une affiche punk et new wave britannique réunissant notamment The Clash, The Undertones et le groupe féminin The B-Girls. Le reportage souligne que le concert attire un public restreint mais particulièrement enthousiaste, composé en grande partie de jeunes adeptes de la scène punk. Le journaliste décrit l’atmosphère électrique de la soirée, ainsi que l’importance croissante de la mode et de l’esthétique punk — vestes de cuir, chaînes, coiffures extravagantes — qui font alors partie intégrante de la culture musicale émergente.
  15. LE DEVOIR, 2 novembre 1979.
    Nathalie Petrowski, « Tom Waits ou le chaînon manquant », section Arts et spectacles.
    Critique du spectacle du chanteur et compositeur américain Tom Waits présenté au Théâtre St-Denis à Montréal le 31 octobre 1979. L’article décrit une prestation fortement théâtrale où l’artiste, à la voix rauque et à la présence scénique singulière, mêle jazz, blues et chanson narrative dans un univers inspiré des bars de nuit et des marges urbaines. Petrowski présente Waits comme un « chaînon manquant » reliant plusieurs traditions musicales — du jazz au rock — et souligne la dimension poétique et cinématographique de son spectacle.
  16. THE GAZETTE, 30 juillet 1980, p. 55.
    John Griffin, « Rockin’ Roy lives up to his legend ».
    Compte rendu du concert du chanteur américain Roy Orbison présenté au Théâtre St-Denis à Montréal devant une salle comble. L’article souligne que l’artiste, déjà considéré comme une légende du rock ’n’ roll, confirme pleinement sa réputation grâce à sa voix exceptionnelle couvrant plusieurs octaves et à une interprétation puissante de ses grands succès. Orbison ouvre le spectacle avec Only the Lonely, interprète notamment Crying, Running Scared, Mean Woman Blues et Candy Man, puis rend hommage à Elvis Presley. La soirée se conclut triomphalement avec Pretty Woman, reprise en rappel sous les applaudissements d’un public enthousiaste.
  17. THE GAZETTE, 12 juillet 1982, p. 27.
    John Griffin, « Miles Davis: Magic name but music not the same ».
    Critique du concert du trompettiste Miles Davis présenté au Théâtre St-Denis dans le cadre du Festival International de Jazz de Montréal. L’article souligne l’immense aura entourant Davis, considéré comme l’une des figures les plus influentes du jazz moderne, mais note également que sa nouvelle formation et son orientation musicale plus électrique divisent la critique. Griffin observe que, malgré un phrasé toujours reconnaissable et une présence scénique intacte, le groupe qui accompagne Davis ne possède pas le niveau des ensembles mythiques qui avaient marqué sa carrière dans les années 1960 et 1970, notamment avec des musiciens tels que Wayne Shorter, Herbie Hancock ou John McLaughlin. Le concert est précédé par la prestation du bassiste montréalais Michel Donato et de son quartet, gagnants du premier concours du festival pour groupes canadiens non enregistrés.
  18. THE GAZETTE, 29 juin 1990, p. 19–20.
    John Griffin, « Skeletons rattle in jazzfest’s closet ».
    Article revenant sur les coulisses du Festival International de Jazz de Montréal à travers les souvenirs de son cofondateur André Ménard. Le texte évoque plusieurs anecdotes et incidents survenus durant les premières années du festival, notamment des épisodes impliquant des musiciens tels que Jaco Pastorius, Pat Metheny, Chet Baker, Ella Fitzgerald, Sarah Vaughan, Van Morrison, John McLaughlin et Ray Charles. Parmi les histoires relatées figurent des retards spectaculaires, des problèmes de gestion, des excès liés à l’alcool ou aux drogues, ainsi que diverses situations imprévues qui ont marqué l’organisation du festival dans ses premières années. L’article souligne que derrière l’image publique très professionnelle du festival se cachent de nombreuses péripéties et défis logistiques propres à un événement réunissant des centaines de musiciens et des foules importantes au cœur de l’été montréalais.
  19. THE GAZETTE, 5 juillet 1986, p. 33.
    John Griffin, « James Brown fires up fans ».
    Compte rendu du spectacle de James Brown au Théâtre St-Denis dans le cadre du Festival International de Jazz de Montréal. L’article décrit une prestation explosive devant une salle comble, marquée par une formation de douze musiciens, la présence du saxophoniste Maceo Parker, et une série de succès dont Living in America, Cold Sweat, Sex Machine et It’s a Man’s Man’s Man’s World. Griffin souligne l’énergie scénique intacte du « Godfather of Soul », dont la performance enflamme le public montréalais.
  20. THE GAZETTE, 14 novembre 1988, p. 31.
    Mark Lepage, « Cohen a great success in homecoming ».
    Critique du concert de Leonard Cohen présenté au Théâtre St-Denis lors de son retour très attendu à Montréal après une longue tournée internationale. L’article souligne la salle comble, l’accueil enthousiaste du public et la performance intense du chanteur, dont la voix grave et la présence scénique dominent un spectacle comprenant notamment Dance Me to the End of Love, I’m Your Man, Sisters of Mercy, First We Take Manhattan, Tower of Song et Everybody Knows.
  21. LA PRESSE, 14 novembre 1988, Cahier A.
    Alain de Repentigny, « Leonard Cohen a un ascendant certain sur ses admirateurs qui goûtent ses mots d’esprit ».
    Critique du spectacle de Leonard Cohen présenté au Théâtre St-Denis. L’article décrit un concert dominé par la présence scénique du chanteur montréalais, dont la voix grave et les interventions humoristiques captivent le public. Cohen est accompagné notamment des choristes Julie Christensen et Perla Batalla, ainsi que du multi-instrumentiste John Bilezikjian. Le programme comprend plusieurs chansons marquantes de son répertoire, dont Suzanne, Sisters of Mercy, Bird on the Wire, Avalanche, Everybody Knows et Joan of Arc, interprétées dans des arrangements renouvelés.
  22. LA PRESSE, 23 octobre 1990, cahier Arts et spectacles.
    « Céline Dion – ADISQ : le ton monte ! », article de Bruno Dostie.
    Texte portant sur la controverse entourant la participation de Céline Dion au gala de l’ADISQ et sur les critiques formulées par son gérant René Angélil à propos de certaines catégories du gala. L’article rapporte notamment les tensions suscitées par la classification de Dion dans la catégorie « artiste anglophone » et les réactions du milieu de l’industrie musicale québécoise, incluant celles d’André Ménard, alors associé à Spectra-Scène. Le texte illustre le climat de débat qui entoure la carrière internationale de la chanteuse au tournant des années 1990 et témoigne de l’importance médiatique de ces enjeux dans la presse culturelle montréalaise.
  23. LA PRESSE, 22 octobre 1990, cahier A.
    « Céline Dion refuse le sien parce qu’elle n’est pas une artiste anglophone », article de Bruno Dostie.
    Compte rendu du gala de l’ADISQ au cours duquel la chanteuse Céline Dion refuse le prix Félix qui lui est attribué dans la catégorie « artiste anglophone » pour son album Unison. Dion explique qu’elle ne souhaite pas être identifiée comme une artiste anglophone malgré le succès international de cet enregistrement, affirmant demeurer une chanteuse québécoise et francophone. L’article souligne que cet épisode provoque un débat médiatique important autour de la place de l’artiste dans l’industrie musicale québécoise et de la définition des catégories du gala de l’ADISQ.
  24. ESPACE ST-DENIS, site web officiel.
    espacestdenis.com.
    Site officiel du complexe culturel Espace St-Denis, situé dans le Quartier latin de Montréal. Le portail présente l’histoire du Théâtre St-Denis, la programmation des spectacles, ainsi que les différents espaces du complexe, dont le Studio-Cabaret et les restaurants associés. L’ensemble constitue aujourd’hui un lieu majeur de diffusion du spectacle vivant, combinant salles de spectacle, expériences immersives et restauration au cœur du Quartier des spectacles [24].
  25. THE MONTREAL STAR, 4 mars 1916, p. 21.
    « New Theatres in the North and East Ends – Theatre St. Denis a Fine Structure ».
    Article publié à l’occasion de l’ouverture du Théâtre St-Denis sur la rue Saint-Denis, au nord de la rue Sainte-Catherine. Le journal décrit l’édifice comme l’un des théâtres les plus remarquables du Canada, soulignant ses dimensions (100 pieds de largeur sur 194 pieds de profondeur) et sa capacité d’environ 2 800 spectateurs. Le texte insiste également sur la richesse des décorations intérieures, l’architecture moderne du bâtiment et les innovations techniques du nouveau théâtre, considéré comme l’un des établissements cinématographiques les plus modernes de Montréal au moment de son ouverture.
  26. THE MONTREAL STAR, 4 mars 1916, p. 21.
    « Marble Work of the St. Denis Theatre » — publicité de la compagnie Missisquoi Marbles, Limited annonçant la fourniture du marbre utilisé dans la construction du Théâtre St-Denis. L’annonce précise que la majeure partie du marbre provient des carrières de Missisquoi, au Québec, tandis qu’une partie du matériau (« Alps Green ») est importée d’Italie. Elle souligne également certains éléments architecturaux de l’édifice, notamment les escaliers circulaires situés de chaque côté de l’auditorium, et met en valeur l’utilisation de matériaux canadiens dans la construction du théâtre.
  27. THE MONTREAL STAR, 4 mars 1916, p. 21.
    « Fireproof First! — The St. Denis Theatre » — publicité de la compagnie McFarlane-Douglas Co., annonçant la fourniture des portes et fenêtres coupe-feu (Kalamein doors and windows) ainsi que des travaux de toiture et de ferblanterie réalisés pour la construction du Théâtre St-Denis. L’annonce met l’accent sur les mesures de sécurité contre les incendies intégrées à l’édifice, un argument important dans la conception des grands théâtres du début du XXe siècle.
  28. THE MONTREAL STAR, 4 mars 1916, p. 21.
    « The Entire Contract for Architectural Bronze, Brass and Iron Work for the St. Denis Theatre » — publicité de la compagnie montréalaise Esty Bros. Co. annonçant qu’elle a obtenu le contrat complet pour les travaux d’ornementation en bronze architectural, laiton et fer du Théâtre St-Denis. L’annonce présente notamment des photographies du ticket booth (guichet de billetterie) et d’un escalier intérieur décoratif, illustrant certains éléments métalliques et ornementaux installés dans l’édifice lors de sa construction.
  29. THE MONTREAL STAR, 4 mars 1916, p. 21.
    « The Finishing Hardware for the St. Denis Theatre » — publicité de la Durand Hardware Company, située au 370 rue St. James (aujourd’hui rue Saint-Jacques) à Montréal, annonçant la fourniture de la quincaillerie de finition utilisée dans la construction du Théâtre St-Denis. L’annonce met en valeur la qualité des pièces métalliques installées dans l’édifice — serrures, poignées, charnières et autres éléments de quincaillerie — présentées comme typiques des bâtiments modernes récemment construits.
  30. THE MONTREAL STAR, 4 mars 1916, p. 21.
    « A Great Daily Feature at the St. Denis Theatre » — publicité de la D’Allaird Manufacturing Company annonçant la vente de blouses féminines (« D’Allaird Waists ») dans un magasin situé dans le St. Denis Theatre Building. L’annonce précise que cette boutique constitue l’une des attractions quotidiennes du nouvel édifice et indique que les vêtements peuvent y être achetés « maker to wearer prices ». Elle mentionne également la présence de plusieurs succursales de la compagnie à Montréal.
  31. LA PATRIE, 3 mars 1916.
    « Grande ouverture samedi après-midi » — publicité annonçant l’ouverture du Théâtre St-Denis à Montréal. L’annonce présente l’établissement comme « le plus beau et le plus vaste théâtre au Canada », situé rue St-Denis au nord de la rue Sainte-Catherine. Elle indique une capacité d’environ 3 000 sièges et souligne la présence d’un orgue-orchestre combiné de 67 instruments. Le programme d’ouverture comprend notamment Orrin Johnson et Irene Fenwick dans Satan Sanderson, ainsi que Charles Kent et Antonio Moreno dans Kennedy Square. Les prix d’admission varient entre 10 et 25 cents, avec des tarifs réduits pour les enfants lors des représentations de l’après-midi.
  32. RÉPERTOIRE DU PATRIMOINE CULTUREL DU QUÉBEC — « Ernest Isbell Barott », fiche biographique, Ministère de la Culture et des Communications du Québec.
    La notice indique que l’architecte américain Ernest Isbell Barott (1884-1966), installé à Montréal à partir de 1911 et associé à l’agence Barott and Blackader, est notamment l’auteur des plans du théâtre Saint-Denis, construit entre 1914 et 1915. Son œuvre, marquée par l’influence du style Beaux-Arts et par l’intégration de techniques modernes, comprend plusieurs édifices majeurs du centre-ville de Montréal, dont l’édifice Aldred, l’immeuble Canada Cement et le siège social de Bell Canada.
  33. L’ENCYCLOPÉDIE CANADIENNE, « Théâtre Saint-Denis », article consulté en ligne.
    Le Théâtre Saint-Denis est une salle de spectacle de Montréal construite en 1915 sur la rue Saint-Denis, au nord de la rue Sainte-Catherine, et inaugurée le 4 mars 1916. D’une capacité initiale d’environ 2380 places, la salle est d’abord consacrée au cinéma français, à la comédie de boulevard et à l’opérette. Au cours des années 1920, elle accueille plusieurs artistes et ensembles de renommée internationale, dont le ténor Hipólito Lázaro, le violoniste Jascha Heifetz, l’orchestre de la Scala de Milan dirigé par Arturo Toscanini et le chef Pierre Monteux avec l’orchestre de Boston.
  34. LE DEVOIR, 22 juillet 1985, p. 2.
    Alain Duhamel, « La marque d’un architecte new-yorkais à Montréal ».
    Article consacré à l’architecte Ernest Isbell Barott (1884-1966), né dans l’État de New York et formé dans de prestigieux cabinets américains dont McKim, Mead & White. Installé à Montréal au début du XXe siècle, Barott participe à plusieurs projets majeurs qui marquent le développement du centre-ville, notamment l’édifice Aldred à la place d’Armes et l’immeuble de la société Bell. L’article souligne que son architecture combine tradition Beaux-Arts et modernité technique, et qu’il joue un rôle important dans l’introduction d’une esthétique inspirée du gratte-ciel nord-américain dans le paysage urbain montréalais.
  35. THE GAZETTE, 3 juillet 1982, p. 27.
    « A year’s hard labor pays for all that jazz », article de John Griffin. Reportage consacré à l’organisation du Festival International de Jazz de Montréal. Le texte mentionne que le quartier général du festival est installé au coin des rues Ontario et Saint-Denis, à proximité du Théâtre St-Denis, identifié comme l’un des principaux lieux de concerts du festival.
  36. THE GAZETTE, 12 mai 1979, p. 23.
    « On with the show — City’s top impresarios fight changing times », article de David Sherman. Le texte indique que la location d’une salle comme la Place des Arts peut atteindre 8 000 $, tandis qu’un spectacle présenté au Théâtre St-Denis coûte environ 4 000 $, illustrant le rôle de cette salle dans le circuit des spectacles commerciaux à Montréal à la fin des années 1970.
  37. THE GAZETTE, 11 avril 1990, p. 10.
    « Jazz festival to take over section of downtown », article de Mark Lepage. L’article indique que la rue Saint-Denis est depuis plusieurs années le « heart and soul » du Festival International de Jazz de Montréal, où se concentrent concerts et activités autour du Théâtre St-Denis. Il précise également que les concerts présentés sur cette rue l’année précédente avaient coûté environ 200 000 $, raison pour laquelle la rue ne sera pas fermée à la circulation cette année-là et qu’aucun spectacle principal ne sera présenté au théâtre.
  38. LA PATRIE, 9 novembre 1929.
    « Une innovation au Théâtre Saint-Denis ». Article annonçant qu’à partir du 16 novembre 1929, le directeur du théâtre, Joseph Cardinal, met en place une programmation combinant projections cinématographiques et représentations théâtrales. Les films de l’année seront présentés avant et après les pièces de la troupe Barry-Duquesne, dans le cadre d’un contrat d’environ 50 000 $ conclu avec des compagnies de cinéma.
  39. L'AUTORITÉ, 7 septembre 1930.
    « En primeur au Théâtre Saint-Denis ». Article annonçant la première représentation en Amérique du film sonore français La Route est Belle, présenté en exclusivité au Théâtre St-Denis par son directeur et propriétaire Joseph Cardinal. Le film, production Braunberger réalisée par Robert Florey et interprétée notamment par le baryton André Baugé, est décrit comme le premier grand film français entièrement parlant et chantant présenté à Montréal.
  40. LA PRESSE, 27 novembre 1914.
    « Nouveau théâtre à Montréal ». Article annonçant la construction du Théâtre Saint-Denis sur la rue Saint-Denis, entre les rues Ontario et Sainte-Catherine. Le projet, évalué à environ 350 000 $, est présenté comme l’un des plus grands théâtres modernes du Canada et doit être consacré au théâtre français et au grand opéra, tout en pouvant accueillir également des spectacles de vaudeville et des projections cinématographiques. L’exploitation est associée à la compagnie Keith & Albee de New York.
  41. TÉLÉ-RADIOMONDE, 16 mai 1970.
    « Le Théâtre Saint-Denis reprendrait son ancienne formule de spectacles ». Article indiquant qu’après avoir servi principalement de cinéma, le Théâtre St-Denis pourrait redevenir une salle de spectacles. Le texte rappelle que le théâtre fut autrefois un lieu majeur de concerts et de récitals à Montréal et souligne ses bonnes installations techniques ainsi que sa localisation près du métro.
  42. LA PRESSE, 2 novembre 2008.
    Marc-André Lussier, « Le parcours du premier nabab québécois du cinéma ». Article consacré à Joseph-Alexandre De Sève, fondateur et dirigeant de la compagnie France-Film, qui joue un rôle majeur dans la distribution du cinéma français au Québec. Le texte rappelle qu’à partir de 1933, De Sève prend la direction du Théâtre St-Denis, contribuant à en faire l’un des principaux lieux de diffusion du cinéma français à Montréal.
  43. LA PRESSE, 24 octobre 2009.
    Marc Cassivi, « Une histoire censurée », section Mutations.
    Article retraçant l’histoire de la censure cinématographique au Québec. Le texte évoque notamment le rôle du distributeur et exploitant Joseph-Alexandre De Sève, qui, dans les années 1930, dirige le Théâtre St-Denis et fonde par la suite la compagnie France-Film. Afin de contourner certaines décisions du Bureau de censure du Québec, De Sève fait parfois tourner à Montréal des scènes additionnelles plus « acceptables » qu’il insère ensuite dans des films français importés pour leur diffusion au Québec.
  44. LE GUIDE, 8 juin 1934.
    « Le Maître de Forges au Bellevue de Sainte-Marie ».
    Annonce reproduisant un message adressé au public par J.-A. De Sève, identifié comme directeur du Théâtre St-Denis de Montréal. Dans ce texte, De Sève souligne le succès exceptionnel du film Le Maître de Forges, dont la popularité a entraîné des milliers de lettres et d’appels du public, obligeant la direction à prolonger la présentation du film au-delà de la durée habituelle d’exploitation.
  45. LA PATRIE, 6 mars 1945.
    « Igor Stravinsky avec la Philharmonique », chronique signée Dominique Sabourin.
    Compte rendu du concert dirigé par le compositeur russe Igor Stravinsky au Théâtre St-Denis, où il dirige l’Orchestre Philharmonique de Montréal dans un programme comprenant notamment L’Oiseau de feu ainsi que deux scènes de ballet et la Circus Polka. L’article souligne l’enthousiasme particulier de la jeunesse montréalaise pour ce concert très attendu, notant que la présence du compositeur exerce un prestige considérable auprès des jeunes musiciens et mélomanes. Le critique insiste également sur la sobriété et l’efficacité de la direction d’orchestre de Stravinsky, dont la maîtrise technique et l’originalité stylistique sont présentées comme caractéristiques d’un des grands maîtres de la musique contemporaine.
  46. LA PRESSE, 6 mars 1945.
    « Montréal a accueilli Igor Stravinsky avec un vif enthousiasme ».
    Compte rendu du concert présenté au Théâtre St-Denis où le compositeur russe Igor Stravinsky dirige l’Orchestre Philharmonique de Montréal. L’article souligne l’accueil enthousiaste réservé au musicien par le public montréalais, qui découvre notamment les Scènes de ballet, la suite de L’Oiseau de feu et la Circus Polka. La critique remarque la qualité remarquable de l’interprétation de l’orchestre et insiste sur l’intérêt particulier suscité par la présence du compositeur lui-même à la tête de l’ensemble, permettant au public d’entendre ses œuvres sous la direction de leur créateur.
  47. THE MONTREAL STAR, 28 novembre 1922.
    « Composer Plays Popular Pieces ».
    Compte rendu du récital donné par le pianiste et compositeur russe Sergei Rachmaninoff au St-Denis Theatre. L’article souligne que le programme du concert, conçu pour plaire à un large public, comprenait notamment des œuvres de Beethoven, Chopin et Medtner, ainsi que des pièces du compositeur lui-même. La critique insiste sur la maîtrise pianistique exceptionnelle de Rachmaninoff, décrite comme un « perfect pianism », et sur la clarté avec laquelle il communique ses idéaux musicaux à l’auditoire. Le récital se conclut notamment par une paraphrase brillante de The Blue Danube, interprétée avec une virtuosité remarquable, et plusieurs rappels salués par le public montréalais.
  48. LE DEVOIR, 28 septembre 1979.
    Nathalie Petrowski, « The Clash, ou la colère devenue industrielle ».
    Critique du concert du groupe britannique The Clash présenté au Théâtre St-Denis dans le cadre d’une soirée punk réunissant également les Undertones et le groupe féminin The B-Girls. Petrowski décrit une prestation marquée par l’intensité sonore et l’énergie brute du groupe mené par Joe Strummer, dont la musique exprime une colère sociale caractéristique du punk britannique. La journaliste souligne également la présence d’un public jeune, composé d’adeptes de la scène punk, ainsi que l’esthétique provocatrice et les attitudes rebelles associées à ce mouvement musical émergent à la fin des années 1970.
  49. LE DEVOIR, 13 juillet 1982, p. 7.
    Jacques Larue-Langlois, « Un festival réussi, clôturé avec brio par le grand Miles », section Arts et spectacles.
    Compte rendu du concert de clôture du Festival International de Jazz de Montréal présenté au Théâtre St-Denis par le trompettiste Miles Davis et son ensemble. L’article souligne le succès général du festival, qui attire environ 55 000 spectateurs aux concerts payants et près de 80 000 personnes dans l’ensemble des lieux de diffusion. Larue-Langlois décrit la prestation de Davis comme l’un des moments forts de l’événement : le musicien, jouant parfois du bugle et de la trompette amplifiée, dirige un groupe où figure notamment le jeune trompettiste Wynton Marsalis. Le critique insiste sur l’énergie et la cohésion de l’ensemble, mêlant improvisation jazz et textures électriques au piano Fender Rhodes, tout en soulignant la virtuosité des solistes et la capacité du groupe à maintenir une tension musicale soutenue tout au long du concert de clôture.
  50. THE GAZETTE, 5 juillet 1986, p. 33.
    Irwin Block, « Baker asked to leave, Bley plays solo ».
    Article relatant un incident survenu lors d’un concert tardif du Festival International de Jazz de Montréal réunissant le trompettiste Chet Baker et le pianiste montréalais Paul Bley. Selon le reportage, Baker — affaibli par ses problèmes personnels — est incapable de jouer correctement et doit quitter la scène après quelques tentatives. Bley termine alors le concert seul au piano devant un public partagé entre malaise et sympathie pour le musicien.
2026
UNDERTALE
UNDERTALE

Source: Modo Live

STING
STING

Source: Sting

STING
STING

Source: CHOM

JUANES
JUANES

Source: Expozé

JUANES
JUANES

Source: Juanes

SERGE FIORI CIRQUE ÉLOIZE
SERGE FIORI CIRQUE ÉLOIZE

Source: Cirque Éloize

SERGE FIORI CIRQUE ÉLOIZE
SERGE FIORI CIRQUE ÉLOIZE

Source: Cirque Éloize

SYLVAIN COSSETTE
SYLVAIN COSSETTE

Source: Sylvain Cossette

CELTIC WOMAN
CELTIC WOMAN

Source: Evenko

ÉRIC LAPOINTE
ÉRIC LAPOINTE

Source: Productions Bylo Nebylo

SLAVA’S SNOW SHOW
SLAVA’S SNOW SHOW

Source: Les Agents Doubles

2025
LES TROIS ACCORDS
LES TROIS ACCORDS

Source: Les Trois Accords

VILAIN PINGOUIN
VILAIN PINGOUIN

Source: Vilain Pingouin

VILAIN PINGOUIN
VILAIN PINGOUIN

Source: Vilain Pingouin

GOLDMEN HOMMAGE À JEAN-JACQUES GOLDMAN
GOLDMEN HOMMAGE À JEAN-JACQUES GOLDMAN

Source: Les Agents Doubles

EMERSON LAKE & PALMER
EMERSON LAKE & PALMER

Source: Espace St-Denis

SOFIANE PAMART
SOFIANE PAMART

Source: Sofiane Pamart

GUY MANOUKIAN
GUY MANOUKIAN

Source: Evenko

BOWIE REVISITED
BOWIE REVISITED

Source: ScenaVox Productions

LA MUSIQUE MAGIQUE D’HARRY POTTER
LA MUSIQUE MAGIQUE D’HARRY POTTER

Source: Espace St-Denis

LOVEU2
LOVEU2

Source: Espace St-Denis

ANDY & SHANI
ANDY & SHANI

Source: Espace St-Denis

QUEENS OF ROCK
QUEENS OF ROCK

Source: Espace St-Denis

LA NUIT DE LA DÉPRIME LYNDA LEMAY
LA NUIT DE LA DÉPRIME LYNDA LEMAY

Source: Lynda Lemay

BABYLONE
BABYLONE

Source: ScenaVox Productions

ZINA BABYLONE
ZINA BABYLONE

Source: Espace St-Denis

DAN BIGRAS
DAN BIGRAS

Source: Espace St-Denis

YVES LAMBERT
YVES LAMBERT

Source: Espace St-Denis

2024
ERIC LAPOINTE
ERIC LAPOINTE

Source: Eric Lapointe

LYNDA LEMAY
LYNDA LEMAY

Source: Lynda Lemay

LYNDA LEMAY
LYNDA LEMAY

Source: Lynda Lemay

LA NUIT DE LA DÉPRIME CHRISTIAN BÉGIN ANTOINE GRATTON MARIE-PIERRE ARTHUR VÉRONIQUE BÉLIVEAU ÉMILE BILODEAU FRANCE CASTEL ANNE DORVAL DOMINIQUE FILS-AIMÉ PIERRE FLYNN MONIQUE GIROUX MARIE-ÈVE JANVIER VLADIMIR KORNÉEV MARIE-JOSÉE LORD GISÈLE LULLABY JEAN MAHEUX LAURENT PAQUIN KLÔ PELGAG NATHALIE SIMARD INGRID ST-PIERRE GUYLAINE TANGUAY
LA NUIT DE LA DÉPRIME CHRISTIAN BÉGIN ANTOINE GRATTON  MARIE-PIERRE ARTHUR VÉRONIQUE BÉLIVEAU ÉMILE BILODEAU FRANCE CASTEL ANNE DORVAL DOMINIQUE FILS-AIMÉ PIERRE FLYNN MONIQUE GIROUX MARIE-ÈVE JANVIER VLADIMIR KORNÉEV MARIE-JOSÉE LORD GISÈLE LULLABY JEAN MAHEUX LAURENT PAQUIN KLÔ PELGAG NATHALIE SIMARD INGRID ST-PIERRE GUYLAINE TANGUAY

Source: Les Agents Doubles

2022
DAMIEN ROBITAILLE
DAMIEN ROBITAILLE

Source: Damien Robitaille

NICK MASON
NICK MASON

Signatures:

  • Nick Mason
  • Lee Harris
  • Guy Pratt

Collectionneur: Dave Bernier

2018
CHRIS DE BURGH
CHRIS DE BURGH

Lieu: Théâtre St-Denis

2012
GINETTE RENO
GINETTE RENO

Source: Ginette Reno

2006
ALICE COOPER
ALICE COOPER

Source: Rick Bélanger

2004
WILCO
WILCO

Source: Greenland

Design: Johnny Crap

2001
NOTRE-DAME-DE-PARIS
NOTRE-DAME-DE-PARIS

Source: La presse, 24 février 2001, D. Arts et Spectacles, BAnQ

2000
DANIEL BELANGER
DANIEL BELANGER

Source: La presse, 25 novembre 2000, D. Arts et spectacles -11, BAnQ

1995
LAURIE ANDERSON
LAURIE ANDERSON

Source: Ted Brennan

1993
EMERSON LAKE AND PALMER
EMERSON LAKE AND PALMER

Source: The Gazette, 16 janvier 1993, Postmedia Network Inc.

1991
JOE JACKSON
JOE JACKSON

Source: Ted Brennan

Lieu: Théâtre St-Denis

1986
SIOUXSIE AND THE BANSHEES
SIOUXSIE AND THE BANSHEES

Source: Dominique Ritchot

ECHO AND THE BUNNYMEN
ECHO AND THE BUNNYMEN

Source: Dominique Ritchot

ECHO AND THE BUNNYMEN
ECHO AND THE BUNNYMEN

Source: Jonathan Stein

1982
SPLIT ENZ
SPLIT ENZ

Source: The Gazette, 15 mai 1982, une division Postmedia Network Inc. Newspapers.com, une division Ancestry.

SPLIT ENZ
SPLIT ENZ

Source: Pop Rock, 24 avril 1982, BAnQ

Lieu: Théâtre St-Denis

1981
PETER TOSH
PETER TOSH

Source: Québec-Rock, septembre 1981, p.41. BAnQ

PLUME LATRAVERSE
PLUME LATRAVERSE

Source: Pop Rock, 30 mai 1981, BAnQ

Lieu: Théâtre St-Denis

GAROLOU JIM CORCORAN
GAROLOU JIM CORCORAN

Source: Pop Rock, 4 avril 1981, BAnQ

Lieu: Théâtre St-Denis

OCTOBRE
OCTOBRE

Source: Pop Rock, 21 mars 1981, BAnQ

Lieu: Théâtre St-Denis

BOOMTOWN RATS
BOOMTOWN RATS

Source: Pop Rock, 7 mars 1981, BAnQ

Lieu: Théâtre St-Denis

STARMANIA
STARMANIA

Source: Dominique Ritchot

STARMANIA
STARMANIA

Source: Dominique Ritchot

1980
RANDY HANSEN
RANDY HANSEN

Source: Pop Rock, 31 mai 1980, BAnQ

Lieu: Théâtre St-Denis

GENTLE GIANT
GENTLE GIANT

Source: Paul Senez

GARY NUMAN
GARY NUMAN

Source: Bryan Schneider

XTC FINGERPRINTZ HEAVEN 17
XTC FINGERPRINTZ HEAVEN 17

Source: Pop Rock, 26 janvier 1980, BAnQ

Lieu: Théâtre St-Denis

XTC
XTC
1979
GARLAND JEFFREYS GILLES VILLENEUVE
GARLAND JEFFREYS GILLES VILLENEUVE

Source: The Gazette, 1 décembre 1979, Postmedia Network Inc.

THE POLICE
THE POLICE

Source: The Gazette, 17 novembre 1979, Postmedia Network Inc.

Lieu: Théâtre St-Denis

STEVE FORBERT
STEVE FORBERT

Source: The Gazette, 20 octobre 1979, Postmedia Network Inc.

TOM WAITS
TOM WAITS

Source: The Gazette, 20 octobre 1979, Postmedia Network Inc.

Lieu: Théâtre St-Denis

JENNY
JENNY

Source: The Gazette, 27 octobre 1979, Postmedia Network Inc.

DAVE BRUBECK
DAVE BRUBECK

Source: The Gazette, 13 octobre 1979, Postmedia Network Inc.

JOE JACKSON THE MEMBERS
JOE JACKSON THE MEMBERS

Source: The Gazette, 6 octobre 1979, Postmedia Network Inc.

JOE JACKSON
JOE JACKSON

Source: Vince Ricci

THE CLASH
THE CLASH

Le 25 septembre 1979, The Clash, The Undertones et les B-Girls ont enflammé un Théâtre St-Denis rempli d’un public restreint mais passionné. Si les trois heures de musique punk étaient mémorables, le véritable spectacle se jouait dans le hall d’entrée, où des punks arborant tenues extravagantes et coiffures audacieuses défilaient comme sur une scène parallèle.

 

Passe: Vince Ricci

Source: The Gazette, David Sherman, 26 septembre 1979 p.41, division Postmedia Network Inc, Newspapers.com, division Ancestry

THE CLASH THE UNDERTONES B-GIRLS
THE CLASH THE UNDERTONES B-GIRLS

Source: The Gazette, 14 septembre 1979, Postmedia Network Inc.

Lieu: Théâtre St-Denis

THE CLASH THE UNDERTONES B-GIRLS
THE CLASH THE UNDERTONES B-GIRLS

Source: Paul Senez

Lieu: Théâtre St-Denis

PETER TOSH
PETER TOSH

Source: The Gazette, 10 août 1979, Postmedia Network Inc.

Lieu: Théâtre St-Denis

PLUME LATRAVERSE
PLUME LATRAVERSE

Source: Quebec rock avril 1979-33

Lieu: Théâtre St-Denis

HARRY JAMES
HARRY JAMES

Source: The Gazette, 4 mai 1979, Postmedia Network Inc.

B.B. KING
B.B. KING

Source: The Gazette, 26 janvier 1979, Postmedia Network Inc.

Lieu: Théâtre St-Denis

1978
PETER HAMMILL
PETER HAMMILL

Source: Pop Rock Jeunesse, 4 novembre 1978, BAnQ

Lieu: Théâtre St-Denis

ZACHARY RICHARD
ZACHARY RICHARD

Source: Quebec rock novembre 1978-29

Lieu: Théâtre St-Denis

PAUL PICHÉ
PAUL PICHÉ

Source: Quebec rock novembre 1978-29

Lieu: Théâtre St-Denis

UK STAR CASTLE
UK STAR CASTLE

Source: Pop Rock Jeunesse, 7 octobre 1978, BAnQ

Lieu: Théâtre St-Denis

JEAN-LUC PONTY
JEAN-LUC PONTY

Source: Pop Rock Jeunesse, 9 septembre 1978, BAnQ

Lieu: Théâtre St-Denis

1977
RAOUL DUGUAY
RAOUL DUGUAY

Source: Quebec Rock decembre 1977 p8

Lieu: Théâtre St-Denis

BEAU DOMMAGE
BEAU DOMMAGE

Source: Quebec Rock decembre 1977 p20

Lieu: Théâtre St-Denis

BEAU DOMMAGE
BEAU DOMMAGE

Source: Quebec rock novembre 1977 p3

Lieu: Théâtre St-Denis

CANO
CANO

Source: Quebec rock novembre 1977 p23

Lieu: Théâtre St-Denis

1976
DONNA SUMMER BOULE NOIRE (ANNULÉ)
DONNA SUMMER BOULE NOIRE (ANNULÉ)

Source: The Montreal Star, 9 octobre 1976 Lieu: Théâtre St-Denis

JIM ET BERTRAND CONTRACTION RAOUL DUGUAY SERGE FIORI LES SÉGUIN
JIM ET BERTRAND CONTRACTION RAOUL DUGUAY SERGE FIORI LES SÉGUIN

Source: Mainmise, 1976, juin, BAnQ

Lieu: Théâtre St-Denis

ROY BUCHANAN
ROY BUCHANAN

Source: Mainmise, 1976, janvier, BAnQ

Lieu: Théâtre St-Denis

1974
MAHOGANY RUSH
MAHOGANY RUSH

Source: Pop Rock Jeunesse, 23 février 1974, BAnQ

Lieu: Théâtre St-Denis

1964
RAY CHARLES
RAY CHARLES

Source: The Gazette 26 octobre 1964

1960
RAY CHARLES RUTH BROWN THE DRIFTERS MARV JOHNSON REDD FOXX RON HOLDN
RAY CHARLES RUTH BROWN THE DRIFTERS MARV JOHNSON REDD FOXX RON HOLDN

Source: The Montreal Star, 8 juin 1960

1921
ARTURO TOSCANINI
ARTURO TOSCANINI

Arturo Toscanini était un chef d’orchestre italien. Il fut l’un des musiciens les plus acclamés et les plus influents de son époque, réputé pour son intensité, son perfectionnisme, son oreille pour le détails et sa mémoire eidétique. Toscanini et son orchestre donnèrent deux représentations au Théâtre St-Denis les 22 et 24 mars 1921, complétant ainsi un total de soixante concerts en Amérique du Nord et clôturant une tournée au succès continu et exceptionnel. Les soixante concerts avaient été dirigés par Toscanini entièrement…de mémoire .

 

Image: The Gazette, 23 mars 1921, divisions Postmedia Network Inc.

1916
OUVERTURE DU THÉÂTRE ST-DENIS
OUVERTURE DU THÉÂTRE ST-DENIS

Le Théâtre St-Denis a ouvert ses portes le 4 mars 1916 et a rapidement comblé un manque pour les spectateurs de l’est de Montréal en proposant des films de qualité dans un cadre élégant, avec une programmation et un personnel francophones. Dans les années 1920 et 1940, il a accueilli de grands orchestres et artistes internationaux comme Toscanini, Maurice Ravel, le Metropolitan Opera de New York et Igor Stravinsky, avant de se consacrer définitivement au cinéma parlant en 1930. Après une reconstruction en 1950 qui en a fait la salle la plus moderne de Montréal, il a continué à présenter des spectacles musicaux et des concerts d’artistes renommés, notamment Beau Dommage, Diane Dufresne, The Clash, Tom Waits, Leonard Cohen et Céline Dion. Transformé en complexe de divertissement dans les années 1970, il a été entièrement rénové en 1990 et poursuit aujourd’hui son évolution avec l’ouverture du Studio-Cabaret en 2022 de l’Espace St-Denis, avec une restauration majeure en pour 2026.

 

Image: Le Canada, 4 mars 1916, BAnQ

 

Loading