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EL CASINO GASPÉSIEN

Le El Casino Gaspésien était un établissement de divertissement populaire situé à Montréal. Ouvert en 1968, il était situé dans le quartier historique de la rue Sainte-Catherine, au centre-ville, et au dessus du cinéma Alouette (futur Spectrum). Le El Casino Gaspésien offrait une variété de divertissements, dont des spectacles musicaux, des performances de danse, et des soirées dansantes. Il était connu pour son ambiance animée et festive, attirant une clientèle variée à la recherche de divertissement nocturne. Malheureusement, le El Casino a fermé ses portes, mais il reste un souvenir nostalgique pour de nombreux Montréalais et amateurs de divertissement.

Le El Casino était le temple du rock de Montréal.

Ce texte est assemblé à partir d’archives de journaux
El Casino, 316 rue Sainte-Catherine O., Montréal (BAnQ)

Le El Casino Gaspésien (1968-1983), autrefois le Café Beaver (1940-1963), le Casino de Paris (1963-1967), et brièvement le Saloon Al Capone (1968), était situé au 316 rue Ste-Catherine Ouest à Montréal, au deuxième étage. En opération d’août 1968 à 19831,2, il était, à son ouverture, le seul cabaret à Montréal avec une administration et un personnel entièrement gaspésiens.3

(BAnQ)  Montréal-Matin 18 décembre 1969

Les Gaspésiens, en ville, se reconnaissaient au Casino Gaspésien. Ils avaient ouvert un casino bien à eux pour la danse et la fête. Là dedans, c’était presque la danse à St-Dilon…4

(BAnQ) La Patrie 9 février 1969

Le propriétaire, Phil St-Onge, ex-lutteur surnommé la Merveille masquée, est né dans la municipalité de Nouvelle en Gaspésie et la gérante, Fernande Grenier, vient de St-Godefroi dans Bonaventure, Gaspésie. Quand les violons jouaient et que la musique prenait le large, les pieds frétillaient comme des éperlans. La gérante, d’ailleurs, donnait le ton. C’était une « gigueuse »: « J’ai toujours su giguer » résume-t-elle, « je connaissais 50 à 60 danses. »4

(BAnQ), Le Soleil 2 décembre 1971

Tous les samedis soirs, quelque 250 Gaspésiens se retrouvaient pour s’échanger les dernières nouvelles…et danser. Les différentes danses carrées se succédaient aux slows et même à la musique western. Il y en avait pour tous les goûts.  Il ne s’agissait pas d’un club de l’âge d’or, loin de là. La majorité avaient entre 18 et 35 ans. Côté restauration, morues et petits poissons des chenaux frits étaient au menu, dégustés avec de la bière ou du fort. On pouvait lire, sur le fronton du dais surplombant la scène, cette phrase: « Ma belle Gaspésie ». Des peintures représentaient d’ailleurs, tout autour du cabaret, les coins les plus pittoresques de la Gaspésie. 5

(BAnQ), Le Soleil 2 décembre 1971

Le Casino Gaspésien fut rebaptisé l’El Casino à partir du 23 novembre 1977 avec un spectacle rock de Michel Pagliaro.6 Puisque les temps avaient changé, Phil St-Onge avait tenté de transformer son Casino Gaspésien en discothèque, mais sans succès. Phil St-Onge était ouvert aux nouvelles idées, même au rock, lorsque deux promoteurs, Paul Delaney et Daniel Mendreshora, approchèrent St-Onge pour tirer profit du rock live. La jeune équipe de promoteurs ont appelé un vieil ami, Pagliaro, pour inaugurer le nouveau club et, la semaine suivante, le groupe punk canadien The Viletones. 7

Québec-Rock, Novembre 1977, (BAnQ)

L’El Casino devint un club de rock ambitieux. L’acoustique était excellent. Il offrait une bonne vue de tous les angles, comprenait plus de 400 places assises et profitait d’un emplacement idéal sur la rue Sainte-Catherine, au coin de Bleury.8

Steppenwolf, The Gazette 17 juin 1978

« Les clients de Phil aimaient deux choses », se souvient Vic Vogel, le chef d’orchestre montréalais, « Ils aimaient boire et ils aimaient se battre. Chaque nuit, il y avait quatre à huit batailles et Phil s’en occupait personnellement. Une nuit, il m’a finalement dit : ‘’Vic, c’est fou. J’en ai marre de me battre. Pourquoi est-ce que je fais ça ?’’ »8  « Après les jeux de 76, personne ne m’engageait » explique Vogel « alors je suis parti pour l’Europe. À mon retour, je voulais remonter un big band et Phil avait un piano à queue, une rareté dans ce genre d’endroit. Tout le monde du showbiz venait nous voir au El Casino. C’était un happening hebdomadaire. À la fin de chaque show, il y avait un maigrichon à cheveux longs qui m’arrêtait et me disait: ‘’Aye! Man! Je veux chanter Georgia on my Mind avec ton band, s’tie!’’ Le gars s’appelait Gerry Boulet et il allait devenir la première megastar du rock québécois. »13 

Vic Vogel et Jean Beaunoyer de La Presse, 1982 (BAnQ)

Il a fallu presque un an à Phil St-Onge pour trouver le bout de l’arc-en-ciel. Les artistes qui étaient censés rapporter gros ne l’ont pas fait, certains n’ont jamais pris la peine de se présenter, et d’autres qui n’auraient pas dû faire sonner la caisse enregistreuse aussi souvent ont fait couler la bière à flot. En 1978, St-Onge était endetté de $130,000. $100,000 pour la scène, le système de son et lumière, et le reste en dépenses courantes.8

Phil St-Onge, propriétaire El Casino, 4 novembre 1978, The Gazette

Le fait que le El Casino soit demeuré ouvert est dû en grande partie à la détermination de St-Onge, un autodidacte qui avait quitté la maison à l’âge de 14 ans pour trouver gloire et fortune en travaillant dans la brousse au nord du Québec. Décrit par ses amis comme un homme d’affaires, Phil St-Onge était à son club six soirs par semaine. Amateur de musique western, il aimait aussi le rock & roll et le jazz, mais ne comprenait pas toute la nouvelle musique new wave des années 70. Le club a fait venir le groupe britannique The Stranglers. Quarante minutes après le début du spectacle, le batteur s’était évanoui sur scène et le public a commencé à lancer des bouteilles de bières. St-Onge, atterré quand on lui a dit qu’un des musiciens avait craché sur ses clients, interdit les artistes punk au El Casino8 annulant ainsi la venue des Ramones au club en mai 1978.14

Image: Devo, 24 octobre 1978, The Gazette

Le jazz et le blues étaient donc considérés comme des options curatives. Buddy Rich et Luther Allison, par exemple, remplissaient le club. Mais la nouvelle formule a porté le El Casino en concurrence directe avec le Rising Sun, le célèbre club de jazz et de blues voisin, à quelques pas du El Casino.8

Image: Québec-Rock, avril 1978, (BAnQ)

Avec le coût énorme des groupes américains, tous payés en dollars américains, il y avait des rumeurs de faillite. St-Onge a donc appelé Alain Simard, André Ménard et Denis Reid de la compagnie Spectrascene. Les hommes d’affaires ont accepté de louer le club six soirs par semaine. Ils mettaient en place le capital-risque pour l’organisation des spectacles et empochaient toutes les recettes. St-Onge s’occupait du bar et fournissait le personnel.8 « Certains soirs, nous perdions $3,000 alors que le propriétaire en gagnait $1,000 grace au bar », se souvient André Ménard qui a compris la leçon : le fruit de deux récoltes devraient aller dans le même panier.9

Image: Alain Simard et André Ménard, (BAnQ)

Avec des pertes de revenus de plus de $50,000 durant sa dernière année, le El Casino a dû fermer ses portes le 3 juin 1979.10

Image: La Presse, 23 mai 1979, (BAnQ)

Au printemps 1980, le cinéma Carrefour, au rez-de-chaussée et porte voisine du El Casino, est convertie en club de rock. Un vrai club-concert comme on en a jamais vu à Montréal et qui justement porte le nom de Club Montréal. Le Club Montréal fait partie d’un circuit de 25 clubs répartis à travers le Canada et les États-Unis. La programmation des spectacles est assuré par John Thomas assisté de Michel Sabourin et Rubin Fogel.9

Image: El Casino et le Club Montréal, 1979, (BAnQ)
Image: Le Club Montréal, 1980, (BAnQ)

Après 18 mois d’existence, le Club Montréal fait faillite et, avec un emprunt de $250,000, Alain Simard et André Ménard achètent le club et le rebaptise le Spectrum de Montréal.9

Image: Casino Gaspésien et le Spectrum de Montréal, 1983 (BAnQ)

L’El Casino, au 2è étage, reprend son nom d’origine, le Casino Gaspésien, en 1980. Terminé les mesquineries comme dans le temps où le casino suivait les caprices de la mode et accueillait des jeunes fous capables de siroter une seule bière pendant toute la soirée. Plus de niaiseries comme du temps où ce temple du rock voyant approcher sa fin, changea brusquement de vocation pour devenir un disco-club. Les années 80 étaient là.11

Image: Plume Latraverse, (BAnQ) 3 décembre 1981

Le Casino Gaspésien ferme ses portes et ressuscite l’ancien El Casino en rouvrant le 16 mars 1982 avec la présentation de trois spectacles de Walter Rossi14 Il retourne une fois de plus à son nom d’origine le mois suivant.15

Image: 6 mars 1982, The Gazette

En août 1983, le Casino Gaspésien effectue un dernier changement de dénomination et est rebaptisé le cabaret des Folies Bergères (à ne pas confondre avec le cabaret des Folies Bergères du boulevard St-Laurent (1950-1951). Le cabaret des Folies Bergères de la rue Sainte-Catherine Ouest sera en opération jusqu’à sa dissolution en 1991. Malgré tous ces changements de noms, le cabaret opérait depuis 1968 sous le même numéro d’incorporation.2,16

Sources
[1] Café-Casino Gaspésien et Acadien, Montréal-Matin, 31 août 1968
[2] Avis de dissolution éventuelle de corporations, Gazette Officielle du Québec, 11 mai 1991
[3] Vive le bon vieux temps au Casino Gaspésien, Montréal-Matin, 18 décembrembre 1969
[4] C’est presque la danse à St-Dilon au nouveau casino des Gaspésiens, La Patrie, 9 février 1969
[5] Les Gaspésiens et les Madelinots installés dans la Métropole, Le Soleil, 2 décembre 1971
[6] Pagliaro’s high-energy rock perfect for El Casino opening, The Gazette, 24 novembre 1977
[7] Punk is out at El Casino, The Gazette, 16 décembre 1977
[8] Rock clubs beats a year of discord, The Gazette, 4 novembre 1978
[9] Le Spectrum entre dans l’adolescence, La Presse, 11 octobre 1997
[10] Lady Luck runs out at El Casino, The Gazette, 24 mai 1979
[11] Le blues blanc des cowboys chromés, Le Devoir, 29 mars 1980
[12] Il chantait comme un coyote, La Presse, 7 juillet 1998
[13] El Casino crowd throws bottles, Montreal Star, 17 avril 1978
[14] $7,000 left in boys fund, The Gazette, 13 mars 1982
[15] Succès sans précédent pour Diane Dufresne, La Presse, 15 avril 1982
[16] Changement de dénomination sociale, Gazette Officielle du Québec, 27 août 1983
Nous avons bricolé ce texte en utilisant les sources mentionnées ci-dessus. Nous avons traduit en français les sources provenant d’articles de journaux en anglais. Les temps de conjugaison ont parfois été modifiés pour créer une cohérence du texte dans son ensemble. 

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