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Chic-N-Coop & Indian Room (Montréal)

De la fin des années 1930 au début des années 1960, le Chic-N-Coop et son lounge attenant, l’Indian Room, comptent parmi les restaurants et bars les plus célèbres du centre-ville de Montréal. Installé au 1196–1198, rue Sainte-Catherine Ouest, dans l’ancienne demeure du politicien Thomas D’Arcy McGee, le complexe des frères Hill concentre en un seul lieu l’essor du poulet BBQ montréalais, la vogue des cocktail lounges, la fréquentation d’une clientèle mêlant bourgeoisie, touristes et demi-monde, ainsi qu’un décor spectaculaire inspiré – et aujourd’hui clairement problématique – des cultures autochtones des Plaines.

1. Présentation générale

Implanté au cœur du quartier commercial de la rue Sainte-Catherine, à l’angle de Drummond et à proximité de Stanley, le complexe Chic-N-Coop / Indian Room incarne la nouvelle sociabilité urbaine de l’après-guerre : repas rapides ou festifs, cocktails après théâtre, soirées musicales prolongées, le tout dans un décor spectaculaire misant sur l’exotisme. Les publicités de l’époque présentent l’Indian Room comme « Canada’s most unusual cocktail lounge and bar », articulé au « Canada’s most unusual eating place », le Chic-N-Coop lui-même.

Le lieu sert à la fois de restaurant familial à grand débit, fréquenté jusque tard dans la nuit, et de point de ralliement nocturne pour les visiteurs de passage, les gens de théâtre, les sportifs et le demi-monde du centre-ville. À partir de 1949, la création de l’Indian Room donne au complexe une dimension supplémentaire : un lounge thématique inspiré des nations autochtones des Prairies, conçu comme une sorte de « musée vivant » selon le langage promotionnel de l’époque, mais qui relève clairement aujourd’hui de la caricature et de l’appropriation culturelle.

2. Origines : Frolics, El Chico et la famille Hill

L’histoire du Chic-N-Coop s’inscrit dans la trajectoire de la famille Hill, dynastie de restaurateurs et d’exploitants de cabarets. En 1929, les frères Eli, Cécile, Victor et Louis Hill ouvrent sur le boulevard Saint-Laurent un cabaret baptisé Frolics, décrit rétrospectivement comme le premier grand cabaret moderne de la Main. On y accueille notamment la célèbre animatrice new-yorkaise TEXAS GUINAN, dont le cri de ralliement – « Hello, suckers! » – restera associé à l’établissement.

En 1933, les Hill inaugurent l’El Chico, cabaret aux accents mexicains qui consolide leur réputation de pionniers des établissements thématiques à Montréal. C’est à partir de l’expérience accumulée dans ces lieux – autant en matière de spectacle que de restauration – qu’ils élaborent, à la fin des années 1930, le concept d’un restaurant plus accessible, centré sur le poulet et les ribs, capable de fonctionner à plein régime jour et nuit tout en conservant une aura de chic mondain.

3. Le restaurant Chic-N-Coop

Le Chic-N-Coop ouvre ses portes en 1939 au 1196, rue Sainte-Catherine Ouest, dans l’ancienne maison de Thomas D’Arcy McGee dont la façade sera progressivement avancée jusqu’à la ligne du trottoir. La formule repose sur un menu simple mais efficace : poulet BBQ, côtes levées, accompagnements abondants et desserts généreux. Le chef Dillard « Smitty » Smith, déjà actif à l’El Chico, est souvent crédité de la mise au point de la sauce signature et de la maîtrise de la rôtissoire, fabriquée à Brooklyn selon la tradition orale de la famille.

Le restaurant affiche rapidement des files jusque tard dans la nuit. Des témoignages évoquent des foules compactes jusqu’à « cinq heures du matin » les soirs de forte affluence. Durant la Seconde Guerre mondiale, les Hill participent à la structuration de la filière avicole québécoise en s’associant à des producteurs et en ouvrant une usine de transformation sur la rue Rachel, en collaboration avec des partenaires tels que Veterans Affairs, Ogilvie Mills et le Collège Macdonald.

Au tournant des années 1950, le Chic-N-Coop emploie plus de cent personnes, servant midi et soir une clientèle mêlant employés de bureaux, familles, spectateurs de théâtre et touristes. Plusieurs publicités insistent sur la rapidité du service et sur le caractère « modéré » des prix, faisant du restaurant un compromis entre accessibilité et prestige.

4. Naissance de l’Indian Room

À la fin de 1949, les Hill inaugurent, dans une extension de l’immeuble et au sous-sol, un nouveau cocktail lounge baptisé Indian Room. Une pleine page du Montreal Star et du Gazette annonce l’ouverture d’un établissement « inspiré par la saga et le romantisme des Indiens d’Amérique du Nord », doté d’un décor conçu par l’artiste germano-américain Winold Reiss. Celui-ci avait déjà séjourné dans les réserves des Blackfoot au Glacier National Park (Montana) et exécuté sur place une série de portraits et de scènes de campement.

Les fresques murales du lounge représentent des scènes de la vie quotidienne au sein de la réserve des Blackfoot : on y voit, par exemple, le chef « Middle River » recevant des visiteurs Blood Indians, des personnages nommés « Falling Over the Bank », « Yellow Kidney », « Chief Eagle Calf » ou « Swimming Under », ainsi qu’une fillette surnommée « Walking Child » et sa mère « Morning Star », décrite comme la fille de « Long Time Pipe Woman ». D’autres publicités évoquent un guerrier Kiowa effectuant une « Sun Dance » ou encore un archer autochtone exécuté en mosaïque italienne à l’entrée du lounge.

En plus des fresques, l’Indian Room se dote d’une entrée de rue spectaculaire, distincte de celle du restaurant. Un dessin promotionnel montre une façade vitrée ornée de motifs autochtones stylisés, surmontée d’une enseigne au néon « INDIAN ROOM » et du profil d’un chef en costume de plumes. La publicité précise que le nouveau lobby permet une entrée plus directe et plus élégante dans le lounge, tandis que la réputation du restaurant – « chicest foods, expertly served » – est intacte.

5. Décor, imagerie autochtone et regard contemporain

Les publicités de l’époque présentent le décor du Indian Room comme une forme d’hommage artistique aux peuples autochtones : elles insistent sur le fait que les modèles sont des « Full Blood Blackfeet Indians », que les portraits sont « peints d’après nature » par Winold Reiss, et que les mosaïques constituent des œuvres d’art originales contribuant à une « atmosphère luxueuse et relaxante ».

Du point de vue actuel, cet univers visuel relève de la représentation stéréotypée : les nations autochtones sont réduites à des figures romantiques ou guerrières figées dans un passé mythifié, utilisées comme décor pour un bar fréquenté par un public majoritairement allochone. La langue publicitaire – qui parle, par exemple, « d’Indiens de sang pur » ou qui se permet d’orthographier des formules pseudo-autochtones comme « Tamawimino Otinikawin! » pour souhaiter la bienvenue aux clients – témoigne d’une appropriation exotisante typique de l’ère des theme restaurants nord-américains des années 1940–1950.

L’Indian Room constitue ainsi un cas particulièrement parlant pour l’histoire des représentations autochtones dans la culture populaire montréalaise : il combine de véritables portraits réalisés sur le terrain par un artiste reconnu à un usage commercial intensif et souvent caricatural, sans participation des communautés concernées à la gestion du lieu ou à la narration de leur propre histoire.

6. Programmation musicale et spectacles

L’Indian Room fonctionne à la fois comme restaurant gastronomique et comme lounge musical. La configuration de la salle permet différentes expériences : dîner au calme, conversation au bar ou danse près de la scène.

Musique d’ambiance et trio mexicain

Une chronique intitulée « Pianist, Trio at Lounge » décrit l’ambiance de la salle à la fin des années 1950 : le pianiste Max Chamitov, décrit comme l’un des musiciens de lounge les plus appréciés de Montréal, joue la musique de dîner, avec un répertoire couvrant la musique populaire et le léger répertoire classique. Sa maîtrise de l’instrument et sa capacité à répondre aux demandes du public sont soulignées.

Après le dîner, la soirée se poursuit avec le trio mexicain Los Tres Compadres, qui se produit au Indian Room « depuis plusieurs mois ». La chronique insiste sur leur capacité à fonctionner à la fois comme solistes et comme ensemble soudé, offrant un programme varié qui accompagne à la fois la danse et l’écoute attentive.

Los Indios Tabajaras et la télévision américaine

Une pleine page de Le Devoir en septembre 1959 annonce la venue au Indian Room du duo guitaristique brésilien LOS INDIOS TABAJARAS, présenté comme « deux Indiens de sang pur ». Le texte rappelle qu’ils ont déjà été vus dans les émissions d’Ed Sullivan et d’Arthur Godfrey à la télévision américaine, et souligne qu’il s’agit de leur première apparition au Canada, dans ce qu’on considère comme « l’endroit le plus approprié » pour les recevoir : le célèbre Indian Room. La publicité insiste sur le fait que la salle est entièrement licenciée, sans prix minimum ni prix de couvert, invitant les clients à venir « après le théâtre ».

Basil & Harris et l’introduction d’une piste de danse

Un article daté du 6 mars 1962, intitulé « New Idea Displayed at Lounge », signale une innovation récente : une portion du plancher, près de la scène, est dégagée pour créer une piste de danse. L’initiative s’avère rapidement populaire auprès de la clientèle régulière. La musique est alors assurée par le duo piano-violon Basil & Harris, qualifié de musiciens accomplis capables d’assurer aussi bien un accompagnement pour la danse qu’un fond sonore discret pour la conversation. Le chroniqueur insiste sur la souplesse du dispositif : que l’on désire danser, écouter ou simplement parler au bar, la musique s’adapte sans jamais dominer l’espace.

7. Cuisine, service et critiques gastronomiques

Si le Chic-N-Coop devient célèbre pour son poulet et ses ribs, l’Indian Room acquiert de son côté une réputation gastronomique internationale. En 1953, le magazine américain Holiday, spécialisé dans le voyage, lui décerne un prix de Dining Distinction, le classant parmi les 75 meilleurs restaurants d’Amérique du Nord. La publicité reproduisant le certificat souligne qu’à la même occasion, Holiday désigne Montréal comme l’une des douze villes les plus excitantes du continent et adresse ses félicitations aux patrons de l’Indian Room « venant du monde entier ».

Une chronique de la série « Gourmet Guide » dans le Gazette, consacrée au thème « Dining at the Indian Room », décrit l’établissement comme un restaurant « superlatif » dont la qualité a été « scrupuleusement maintenue » depuis l’ouverture. Le critique insiste sur la varieté du menu, qui change quotidiennement : du lamb shashlik caucasian servi sur une épée flambée aux steaks et rôtis traditionnels, en passant par des plats de poulet au curry ou de crevettes à l’indienne.

Les entrées sont réputées : salade de foie de poulet haché, hareng mariné, saumon fumé, soupe à l’oignon gratinée. Les desserts font l’objet d’une mention spéciale : banane flambée, crêpes Suzette, cheesecakes, pâtisseries françaises et vaste sélection de fromages canadiens et importés. La chronique souligne l’existence d’une cave à vin bien fournie et d’un bar complet, l’Indian Room étant entièrement licencié.

8. Clientèle, sociabilités et réputation

À l’instar du Frolics et de l’El Chico, le Chic-N-Coop attire une clientèle très diverse : familles de la métropole, commerçants, touristes américains, militaires et pilotes, joueurs de baseball, journalistes, politiciens et figures du demi-monde. Les chroniques mondaines y situent volontiers les soirées de vedettes de passage et les rencontres improvisées après les spectacles des grands théâtres de la rue Sainte-Catherine.

L’Indian Room, de son côté, est présenté dans la publicité comme un lieu « dédié à l’art de mieux vivre », offrant une « atmosphère relaxante », une « excellente cuisine », des boissons de qualité et un service gracieux. Les textes insistent sur le fait que les clients y trouvent aussi bien une ambiance propice à la conversation qu’un cadre pour danser ou simplement écouter la musique. Des annonces soulignent également des avantages très concrets pour la clientèle automobiliste, comme le stationnement intérieur gratuit au garage Tilden et au garage Drummond après 17 h 30.

Avec le temps, le lieu devient également un symbole de la modernité nocturne montréalaise. Une série de publicités joue sur la formule « If you knew us when, you know us now », insistant sur la croissance spectaculaire de l’entreprise depuis ses débuts : staff de plus de cent employés, installations agrandies, mais promesse d’une qualité culinaire inchangée.

9. Le bâtiment, Thomas D’Arcy McGee et les « Irish Stones »

Le complexe Chic-N-Coop / Indian Room occupe l’ancienne demeure que des admirateurs avaient offerte, en avril 1864, au politicien irlandais et père de la Confédération Thomas D’Arcy McGee. La maison, alors située au 4, Montmorency Terrace, deviendra plus tard le 1198, rue Sainte-Catherine Ouest. Au-dessus des fenêtres du deuxième étage, une série de linteaux décorés de trèfles, rapidement surnommés les « Irish Stones », rappellent l’origine irlandaise de l’orateur et servent de point de repère aux passants pendant des décennies.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, une extension est construite pour aligner la façade sur la rue Sainte-Catherine et loger le restaurant Indian Room au rez-de-chaussée. Cette transformation enfouit partiellement les Irish Stones derrière une nouvelle devanture. Un chroniqueur d’« Ourtown » dans le Gazette raconte qu’après un grave incendie ayant ravagé l’Indian Room, l’édifice est resté à moitié abandonné jusqu’au milieu des années 1960, lorsque les Hill, désormais à la tête du Stage Coach Inn, décident de convertir l’immeuble en édifice de bureaux avec commerces au rez-de-chaussée.

Conscients de la valeur symbolique des Irish Stones, les Hill offrent alors ces pierres à Loyola College. Les blocs massifs – l’un mesurant plus de 11 pieds de long – sont soigneusement dégagés de la façade puis transportés sur le campus, où ils sont réinstallés sous forme de banc à l’entrée de la Vanier Library, accompagnés d’une plaque expliquant leur lien avec D’Arcy McGee. Deux chroniques d’Ourtown intitulées « Irish Stones » et « Homecoming » relatent ce transfert, insistant sur le fait qu’il s’agit d’un rare vestige de la présence physique de McGee au centre-ville.

10. Incendies, fermeture et reconversion

L’histoire du Chic-N-Coop / Indian Room est marquée par plusieurs incidents liés au feu. Un article de la première moitié des années 1960 mentionne qu’« il y a quelques années, un incendie a ravagé l’Indian Room, et l’édifice est resté plus ou moins abandonné jusqu’au début de cette année », ce qui laisse entendre qu’un brasier important avait déjà forcé une première fermeture partielle du lounge.

Le sinistre le plus documenté survient le samedi 17 novembre 1962. Ce soir-là, un feu se déclare vers 17 h 10 dans le sous-sol du Indian Room, 1198 Sainte-Catherine Ouest. Un premier article, titré « Store Patrons Are Rescued by Firemen », décrit un incendie à trois alarmes à l’angle de Drummond et Sainte-Catherine, qui force les clients d’une rangée de commerces à fuir dans la rue. Les pompiers doivent évacuer des dizaines de personnes depuis l’Indian Room, le restaurant Chic-N-Coop, le Playland Coffee Shop et le salon de coiffure Wanner. Quatre pompiers subissent des blessures mineures.

Un second article du Gazette, signé Grant Johnston et titré « $250,000 Damage in Fire », précise que le brasier – le troisième incendie à trois alarmes de l’année à Montréal – détruit pratiquement le Chic-N-Coop et cause des dommages considérables à l’Indian Room et aux commerces voisins. On y apprend que les dégâts sont évalués à environ 250 000 $, que la circulation sur la rue Sainte-Catherine doit être déviée durant plusieurs heures et que les pierres frappées de trèfles associées à D’Arcy McGee se trouvent encore au-dessus des fenêtres du deuxième étage au moment de l’incendie.

À la suite de ces événements, le complexe ne retrouvera jamais son lustre antérieur. Les chroniqueurs mondains signalent qu’au lieu de rouvrir le lounge, les propriétaires choisissent finalement de reconvertir l’immeuble en bureaux avec des commerces au rez-de-chaussée, mettant fin à l’histoire du Chic-N-Coop / Indian Room comme établissement de restauration et de divertissement.

11. Héritage et postérité

Le Chic-N-Coop reste associé, dans la mémoire montréalaise, à l’essor du poulet BBQ et à la naissance d’une culture de restaurant à grand débit capable d’accueillir un public massif jusqu’aux petites heures du matin. L’Indian Room, pour sa part, témoigne à la fois de la vogue des lounges thématiques de l’après-guerre, de l’internationalisation de la scène gastronomique et de l’appropriation exotisante des cultures autochtones.

Vu d’aujourd’hui, le lieu concentre plusieurs tensions de l’histoire culturelle montréalaise : désir de modernité, quête de distinction touristique, fascination pour l’« autre » et persistance de stéréotypes racialisés. La survivance matérielle la plus tangible de cette histoire réside désormais dans les Irish Stones de D’Arcy McGee, devenues banc commémoratif sur le campus de l’Université Concordia (ancien Loyola), et dans les nombreuses publicités et articles de journaux qui permettent de reconstituer l’atmosphère d’un établissement disparu, jadis présenté comme « le lieu le plus inhabituel pour manger au Canada ».

12. Notes & sources

  1. The Montreal Star, publicités et articles sur l’ouverture et le fonctionnement du Chic-N-Coop et de l’Indian Room, fin des années 1940–années 1960. Comprend notamment les annonces présentant le restaurant comme « Canada’s most unusual eating place » et le lounge comme « Canada’s most unusual cocktail lounge and bar », ainsi que les dessins de la nouvelle entrée de rue de l’Indian Room.
  2. The Gazette, diverses publicités pour l’Indian Room (années 1950). Pages illustrées montrant les portraits de « Full Blood Blackfeet Indians » peints par Winold Reiss au Glacier National Park (Montana) et reproduits dans le lounge ; images de guerriers Kiowa exécutant la « Sun Dance » ; publicité sur le panneau mosaïque de l’archer à l’entrée du lounge ; formulation pseudo-autochone « Tamawimino Otinikawin! » utilisée comme formule d’accueil.
  3. The Montreal Star, 18 juin 1953 — publicité Holiday Magazine confers its 1953 award for Dining Distinction on the beautiful Indian Room. Reproduit le certificat de Dining Distinction décerné par Holiday, qui classe l’Indian Room parmi les 75 meilleurs restaurants d’Amérique du Nord et souligne que Montréal figure parmi les 12 villes les plus excitantes du continent.
  4. The Gazette, série Gourmet Guide, années 1950 — chronique « Dining at the Indian Room ». Description détaillée du menu : mention du lamb shashlik caucasian servi sur épée flambée, des currys et crevettes, de la soupe à l’oignon gratinée, des desserts flambés et des pâtisseries françaises, ainsi que de la cave à vin et du bar complets.
  5. Le Devoir, 10 septembre 1959, p. 7 — publicité « Tendre et Sauvage » pour LOS INDIOS TABAJARAS. Annonce la première apparition canadienne du duo brésilien au restaurant Indian Room ; rappelle leurs passages aux émissions d’Ed Sullivan et d’Arthur Godfrey et souligne que la salle est entièrement licenciée, sans minimum ni prix de couvert.
  6. The Gazette, chronique signée « H.W. », Pianist, Trio at Lounge (fin des années 1950). Décrit le jeu de Max Chamitov au piano pendant l’heure du dîner, puis la prestation du trio mexicain Los Tres Compadres en soirée ; insiste sur la diversité du répertoire et la capacité des musiciens à s’adapter aux besoins de la clientèle.
  7. The Gazette, 6 mars 1962, p. 10 — article « New Idea Displayed at Lounge ». Mentionne l’aménagement d’une piste de danse près de la scène de l’Indian Room et le rôle du duo Basil & Harris, piano et violon, dans l’animation musicale ; souligne que la salle convient à la fois à la danse, à l’écoute et à la conversation.
  8. The Montreal Star, 19 novembre 1962, p. 26 — article « Store Patrons Are Rescued by Firemen ». Récit du brasier à trois alarmes survenu vers 17 h 10 dans le sous-sol du Indian Room, 1198 Sainte-Catherine Ouest ; évacuation des clients du Indian Room, du Chic-N-Coop, du Playland Coffee Shop et du salon de coiffure Wanner ; quatre pompiers blessés ; dégâts par fumée et eau aux commerces voisins.
  9. The Gazette, 19 novembre 1962, p. 3 — article de Grant Johnston « $250,000 Damage in Fire ». Détaille les conséquences de l’incendie : destruction quasi totale du restaurant Chic-N-Coop, dommages importants à l’Indian Room et aux commerces attenants ; mention de la circulation déviée sur Dorchester ; estimation des dégâts à 250 000 $ ; rappel que les pierres sculptées aux trèfles au-dessus des fenêtres du deuxième étage évoquent la maison de Thomas D’Arcy McGee.
  10. The Gazette, rubriques « Ourtown » d’Al Palmer — chroniques Irish Stones et Homecoming (milieu des années 1960). Retracent l’histoire de la maison de McGee, la construction de l’extension abritant l’Indian Room, l’incendie ayant plongé l’immeuble dans un état d’abandon, la décision des Hill de transformer le bâtiment en bureaux, ainsi que l’extraction et le transfert des Irish Stones à Loyola College, où elles deviennent un banc devant la Vanier Library.
  11. Documentation interne du Montreal Concert Poster Archive (MCPA). Recherches croisées dans les journaux anglophones et francophones de Montréal, dans les fonds numériques de BAnQ et les dossiers patrimoniaux sur la maison de D’Arcy McGee ; compilation des publicités et chroniques relatives au Chic-N-Coop, à l’Indian Room et à la famille Hill ; mise en relation avec l’histoire plus large des restaurants thématiques et des représentations autochtones dans la culture populaire nord-américaine.

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