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Fiche salle — Centre-Ville

Rising Sun Celebrity Jazz Club

Salle mythique de Montréal (1975–1991 env.) fondée par Rouè-Doudou Boicel, qui y a attiré de véritables légendes du jazz et du blues, tout en ouvrant ponctuellement la scène aux courants reggae et punk/alternatif. [1]

1. Présentation

De 1975 à 1991, l’impresario Roué-Doudou Boicel fait du Rising Sun l’un des clubs phares du jazz et du blues au Canada, accueillant de nombreuses têtes d’affiche internationales tout en soutenant activement la scène locale[1].

Au fil des années 1970, la désaffection du public pour le jazz entraîne la disparition progressive de nombreux clubs à Montréal. Dans ce contexte, le Rising Sun, fondé au printemps 1975, s’impose comme l’un des derniers grands lieux de diffusion de cette musique en ville[6]. D’abord utilisé comme salle de répétition pour musiciens locaux, l’établissement évolue rapidement vers une programmation régulière et devient un important point de passage pour les artistes en tournée.

Né en Guyane française, Roué-Doudou Boicel quitte son pays natal à l’âge de 23 ans avant de passer plusieurs années en Europe, puis de s’installer au Québec en 1970[1]. Issu d’un milieu modeste, peintre, poète et ancien électricien, il développe très tôt une vision profondément humaine et sociale de la culture. Dès son arrivée à Montréal, il s’engage auprès des jeunes défavorisés en dirigeant le Centre de Visosonie de 1971 à 1975, un organisme offrant des activités artistiques aux enfants et adolescents du quartier Centre-Sud[1]. Son intérêt pour la « visosonie » témoigne déjà d’une réflexion sur la musique comme expérience sensorielle globale, accessible au plus grand nombre et affranchie des cadres élitistes traditionnels.

Photo — Doudou Boicel
Une photographie de 1978 montre Roué-Doudou Boicel devant le Rising Sun, aux côtés d’une affiche du Rising Sun Festijazz ’78, symbole de son ambition de faire de Montréal un carrefour international du jazz et du blues afro-américains[65].

Convaincu que le jazz n’a pas dit son dernier mot à une époque où plusieurs considèrent cette musique en déclin, il se donne pour mission de raviver la scène jazz montréalaise. En 1975, il ouvre le Rising Sun au 286, rue Sainte-Catherine Ouest, sous le slogan évocateur : « Jazz is not dead »[1]. Le petit club chaleureux devient rapidement un lieu de rassemblement incontournable pour les amateurs de jazz et de blues, avant d’attirer des artistes canadiens et américains de renom qui en font un arrêt obligé de leurs tournées[1]. Au fil des années, l’établissement accueille certaines des plus grandes figures du jazz et du blues afro-américains, contribuant directement à transformer Montréal en destination reconnue sur les circuits internationaux de ces musiques[1].

Son approche demeure profondément indépendante et artisanale. Conscient des réalités économiques du jazz, il reconnaît que l’exploitation d’un club repose davantage sur la passion que sur le profit. Il développe ainsi une manière de travailler intuitive et pragmatique, fondée sur une programmation cohérente, une gestion serrée et une capacité constante d’adaptation. Cette combinaison de débrouillardise, de curiosité intellectuelle et de résilience permet au Rising Sun de devenir un lieu unique dans le paysage culturel montréalais : un espace où se croisent étudiants, artistes, marginaux, professionnels, musiciens internationaux et public fidèle, dans une atmosphère chaleureuse et profondément humaine(26).

En 1978, il pousse encore plus loin son ambition en fondant le Rising Sun Festijazz, présenté sur les scènes du Rising Sun et de la Place des Arts[1]. Pendant trois ans, ce festival international de jazz et de blues connaît un succès important et réunit à Montréal plusieurs vedettes mondiales, notamment Ray Charles, Art Blakey, Taj Mahal, Muddy Waters, Buddy Guy, Sarah Vaughan, Dizzy Gillespie et Nina Simone[1]. À travers cette initiative, il cherche non seulement à produire des concerts, mais aussi à offrir une visibilité nouvelle aux musiques afro-américaines et à démontrer que Montréal peut accueillir les plus grandes figures du jazz et du blues dans un contexte respectueux de leur héritage culturel.

Son apport à la vie culturelle montréalaise est progressivement reconnu par plusieurs institutions. Lors du 20e Mois de l’histoire des Noirs en 2011, il figure parmi vingt personnalités ayant marqué Montréal et le Québec sur les plans social et culturel[1]. La même année, l’arrondissement Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce le nomme Grand Citoyen dans la catégorie Sports et culture. En 2013, la Ligue des Noirs du Québec lui remet le prix Mathieu Da Costa pour sa contribution à la société québécoise, avant qu’il reçoive en 2018 le Grand Prix Dynastie, récompensant l’engagement exceptionnel d’un membre de la communauté noire du Québec[1]. Il est également honoré à New York, en Guyane française, en Afrique du Sud et au Sénégal, témoignant de l’influence durable de son travail bien au-delà de Montréal.

2. Bar des Arts

Photo — Pare
Une photographie du 286-288 rue Sainte-Catherine Ouest montre la façade du Paree Business Training Office et du commerce Central Photo Cameras, futur emplacement du Bar des Arts puis du Rising Sun, témoignant du caractère commercial et animé du centre-ville montréalais à l’époque du Red Light. Archives de la ville de Montréal[66].

Bien avant de devenir le Rising Sun, le 286, rue Sainte-Catherine Ouest possède déjà une longue histoire liée à la vie nocturne montréalaise. Des documents judiciaires publiés dans Le Devoir en octobre 1954, dans le cadre de l’enquête Caron sur le jeu commercialisé à Montréal, identifient l’adresse parmi plusieurs établissements associés aux réseaux de paris clandestins et aux maisons de jeu du centre-ville[67]. Les textes mentionnent notamment les activités du bookmaker Harry Feldman, ainsi que plusieurs adresses de la rue Sainte-Catherine Ouest considérées par les enquêteurs comme des lieux importants du jeu organisé[67]. Ces révélations témoignent du caractère interlope et animé du secteur du Red Light montréalais bien avant l’arrivée du jazz au Rising Sun.

Au début des années 1960, le bâtiment accueille le Bar des Arts, un établissement mêlant cabaret, vie nocturne et activités culturelles. Un article publié dans Le Devoir en mars 1964 annonce notamment une soirée où le poète Gaston Miron lit plusieurs de ses textes devant le public montréalais[67]. Le journal évoque également des expositions d’art présentées dans une salle appelée « Galerie Atys », installée directement dans les locaux du club[67]. Le lieu s’inscrit ainsi dans un environnement hybride où se côtoient poésie, arts visuels, cabaret et vie nocturne.

Malgré cette vocation culturelle, le Bar des Arts demeure associé à un climat parfois instable caractéristique de certains établissements du centre-ville montréalais à la fin des années 1960 et au début des années 1970. En mars 1968, The Gazette rapporte qu’un groupe de trois individus saccage l’établissement, détruisant du mobilier et plusieurs bouteilles d’alcool pour des dommages évalués à environ 2 000 dollars[70]. Quelques années plus tard, en février 1973, le club fait de nouveau les manchettes à la suite d’une fusillade survenue vers 2 h 30 du matin[68]. Selon les journaux de l’époque, plusieurs coups de feu sont tirés à l’intérieur du cabaret avant qu’un homme armé ne prenne la fuite par la rue Jeanne-Mance en ouvrant le feu en direction des policiers intervenus sur les lieux[68]. Les policiers Jacques Cinq-Mars et Jean-Louis Hélie participent alors à l’arrestation du suspect, tandis que l’enquête évoque un possible lien avec le gang des Popeyes ainsi qu’avec le meurtre d’André Trudelle, abattu dans un taxi quelques minutes plus tard[69].

Une chronique publiée dans Le Polyscope en février 1973 confirme également que le Bar des Arts accueille alors des spectacles topless, décrivant un établissement où « un paquet de monde contemplait la p’tite topless » avant que les clients ne montent prendre une bière au troisième étage[71]. Ce témoignage illustre l’atmosphère nocturne du secteur entourant la Place des Arts au début des années 1970, à une époque où cette portion de la rue Sainte-Catherine Ouest demeure fortement associée aux cabarets, bars et salles de spectacle du Red Light montréalais.

Lorsque Roué-Doudou Boicel reprend finalement le local au milieu des années 1970 afin d’y fonder le Rising Sun, l’endroit porte encore les traces de ce passé agité. L’établissement nécessite alors d’importants travaux de nettoyage et de réaménagement afin de transformer l’ancien cabaret en salle consacrée au jazz et au blues[8]. Cette transformation marque une rupture importante dans l’histoire du bâtiment et annonce la naissance de l’un des lieux les plus emblématiques de la scène jazz montréalaise.

« À notre première visite, lorsque le propriétaire nous a remit les clés du Bar des Arts », explique Doudou, « l’atmosphère qui régnait dans cette boîte de danseuses nues était assez surprenante. On ne s’attendait pas à découvrir une place aussi sordide. Nous avons trouvé des catacombes affreuses et morbides. Cet endroit puait l’arnaque. Nous avons assez rapidement fait le ménage de l’endroit, désinfecté les lieux, changé le tapis et fabriqué une nouvelle scène. Yolande et Ève, qui travaillaient à mon restaurant végétarien, la Casa Doudou, sont venues nous aider. »

L’histoire du Rising Sun et ses légendes du jazz & blues, Les Éditions Michel Brûlé[2]

3. 1975

La fin d’un cycle et l’émergence d’un nouveau lieu

Avant l’apparition du Rising Sun, le jazz traverse à Montréal une période de recul marquée. Au début des années 1970, le paysage musical est dominé par le rock, le disco et la musique pop, reléguant le jazz à une position marginale. Les stations de radio lui accordent peu de place et les musiciens locaux disposent de rares occasions de se produire, plusieurs étant contraints de se tourner vers le travail en studio ou la publicité pour subsister. Cette situation contraste avec les décennies précédentes, où des établissements comme le Casa Loma, le Penthouse, le Saint-Michel ou le Brasil participaient activement à la vie musicale de la métropole[8].

Dans ce contexte de désaffection, l’idée de relancer le jazz s’inscrit d’abord comme une démarche volontaire, presque militante. « Le jazz n’est pas mort », affirme-t-on, dans un esprit de croisade visant à rassembler des musiciens et à recréer un espace de diffusion. Cette volonté se heurte toutefois à des réalités sociales et culturelles complexes, notamment la division des milieux musicaux entre communautés linguistiques et réseaux distincts. C’est dans ces cercles que sont repérés de jeunes musiciens anglophones montréalais, souvent regroupés autour de lieux informels où ils peuvent jouer et se rencontrer[8].

Parmi ces lieux, le Rainbow Bar & Grill (1430, rue Stanley) occupe une place significative. Héritier d’une tradition de bars ouverts à une clientèle marginale et diversifiée, l’établissement agit comme un point de convergence pour des musiciens amateurs et semi-professionnels. On y présente une variété de styles — jazz, blues, folk, bluegrass — dans un cadre informel où se croisent différentes couches sociales et origines culturelles. Cette scène parallèle témoigne d’une vitalité souterraine, à l’écart des circuits commerciaux dominants[8].

Un environnement hostile et les obstacles administratifs

L’émergence du Rising Sun ne peut être dissociée du contexte montréalais des années 1970, marqué par la présence d’activités criminelles dans le secteur des bars et des boîtes de nuit. Certains réseaux liés à la pègre exercent alors une influence sur l’exploitation de ces établissements, ce qui complique l’obtention des permis nécessaires et accentue les risques associés à toute nouvelle entreprise. Les autorités municipales et provinciales, conscientes de cette situation, mettent en place des mécanismes de contrôle plus stricts, rendant les démarches administratives particulièrement exigeantes[8].

Dans ce climat, l’obtention d’un permis d’alcool constitue une étape déterminante. Les démarches impliquent des échanges avec des avocats, des fonctionnaires et la Commission de contrôle des permis, dans un processus parfois opaque, marqué par des demandes financières douteuses et des obstacles imprévus. La nécessité de se conformer à des exigences multiples — permis d’exploitation, permis de vente d’alcool, approbations municipales — impose une rigueur et une persévérance constantes. La fondation du club ne relève donc pas d’une simple initiative artistique, mais d’un véritable parcours administratif et financier[8].

Du Bar des Arts au Rising Sun

Une mission : raviver le jazz à Montréal

Dès ses débuts, le Rising Sun se donne pour mission de redonner au jazz une visibilité et une légitimité dans la métropole. Cette ambition s’exprime dans un contexte où la musique semble avoir été abandonnée par les institutions et les médias, mais où subsiste néanmoins un public et une communauté de musiciens prêts à la faire vivre. L’établissement s’inscrit ainsi dans une dynamique de relance, reposant à la fois sur l’engagement individuel et sur la reconstitution d’un réseau artistique[8].

La création du Rising Sun apparaît dès lors comme une initiative à la fois culturelle et entrepreneuriale, née dans un environnement défavorable mais portée par une conviction forte : celle que le jazz, loin d’être disparu, demeure une force vivante capable de rassembler artistes et publics autour d’un lieu commun.

Le Rising Sun apparaît à un moment critique où le jazz semble disparaître de la scène montréalaise. Plusieurs établissements ferment leurs portes, notamment :

  • Esquire Show Bar (Norm Silver)
  • In Concert (Harry Milrot)
  • Black Bottom (Charles Burke)

Le Rockhead’s Paradise, autrefois l’un des clubs les plus populaires, demeure actif, mais principalement centré sur le rhythm & blues et le jazz local. [2]

Le succès du Rising Sun contribue à relancer la scène. Plusieurs nouveaux clubs voient le jour : L’Air du Temps, Chez Pancho, Le Milord, Café Mojo, Jazz Bar d’Ivan Symonds, Le Bijou, Monte-Carlo, Biddle’s, Le Pretzel et Mustache. Les médias recommencent alors à parler du jazz à Montréal. [2]

4. 1976 : Montréal découvre le Rising Sun

Au printemps 1976, le Rising Sun s’impose rapidement comme un lieu en pleine ascension sur la rue Sainte-Catherine Ouest. Avec une capacité d’environ 150 places, le club attire déjà un public nombreux, au point de surprendre son fondateur, Roué Doudou Boicel, qui envisage rapidement une expansion des installations. Cette popularité naissante témoigne d’un moment charnière où succès public et ambitions structurelles se rejoignent, consolidant la place du club dans la scène jazz montréalaise[13].

Dès avril, le Rising Sun est décrit comme un espace singulier, à la fois intime et chaleureux, où l’on écoute du jazz dans une ambiance feutrée, accompagnée de spécialités antillaises. Cette identité hybride — à la croisée du club, du lieu culturel et du point de rencontre communautaire — se confirme avec la tenue d’un premier festival réunissant musiciens locaux et formations new-yorkaises, dont la Multi-Stimulus Music Society. Le club s’inscrit ainsi dans un réseau alternatif de diffusion, complémentaire aux institutions comme l’Université McGill, où se développe parallèlement une scène jazz dynamique. Loin d’un genre en déclin, le jazz montréalais de 1976 apparaît en pleine transformation, nourri à la fois par les milieux académiques et les clubs indépendants[9][10].

À l’été 1976, le Rising Sun confirme cette position avec un festival d’envergure présenté du 15 au 31 juillet. La programmation, éclectique et ambitieuse, rassemble une grande diversité d’artistes locaux et internationaux, renforçant le rôle du club comme espace de diffusion, de rencontre et de renouvellement du jazz à Montréal. Cette dynamique se prolonge à l’automne, alors que l’établissement attire des figures majeures du jazz international, marquant une transition décisive vers une reconnaissance élargie[11][12].

La venue de Rahsaan Roland Kirk en septembre 1976 constitue l’un des premiers grands tournants. Présenté comme la première tête d’affiche majeure du club, il attire des salles combles et impose une expérience musicale intense et immersive. Le Rising Sun, situé au deuxième étage du 286, rue Sainte-Catherine Ouest, se distingue alors par son décor sobre et sa proximité avec le public, favorisant une interaction directe entre musiciens et auditoire. Kirk, malgré ses limitations physiques, y déploie une énergie exceptionnelle, transformant chaque prestation en rituel collectif où improvisation, engagement et émotion se confondent. Son passage, prolongé jusqu’en 1977 dans la mémoire du lieu, contribue durablement à forger l’identité du club[14][15][22].

En octobre 1976, l’arrivée d’Art Blakey et des Jazz Messengers marque une étape déterminante. Le Rising Sun entre alors pleinement dans le circuit international du jazz. Cette rencontre agit comme une véritable épreuve professionnelle pour Boicel, confronté aux exigences du milieu new-yorkais et à une gestion parfois tendue incarnée par le road manager Jim Greene. Malgré ces frictions, la présence de Blakey contribue à structurer et professionnaliser les pratiques du club, qui gagne en maturité et en crédibilité. Ce passage ne se limite pas à une série de concerts : il redéfinit les standards du lieu et confirme son intégration aux réseaux de tournée nord-américains[16][24].

Les mois suivants confirment cette montée en puissance. En novembre, le quartet de Yusef Lateef, accompagné notamment du batteur Albert « Tootie » Heath, attire des foules enthousiastes grâce à une musique riche, mêlant influences orientales, blues et improvisation moderne. En décembre, le Rising Sun accueille successivement Elvin Jones, dont la musique intense et évolutive prolonge l’héritage de John Coltrane, puis le percussionniste cubain Mongo Santamaria, dont l’afro-jazz enflamme la salle dans une ambiance festive et multiculturelle. Enfin, la chanteuse Koko Taylor impose la force du blues de Chicago, élargissant encore la palette musicale du club[18][19][20][21].

Le point culminant de cette année charnière survient le 31 décembre 1976, lorsque Dizzy Gillespie se produit au Rising Sun pour les célébrations du Nouvel An. Figure majeure du bebop, il attire une foule considérable et transforme la soirée en événement marquant. Au-delà de cette performance, la relation entre Gillespie et Boicel s’inscrit dans une dynamique plus profonde. Découvert par ce dernier dès l’adolescence en Guyane française, le trompettiste devient au fil du temps un allié fidèle du club, revenant jouer régulièrement et soutenant son développement dans les moments difficiles. Cette relation contribue à stabiliser le Rising Sun et à renforcer son rayonnement international, faisant de Gillespie non seulement une légende invitée, mais un acteur clé de l’histoire du lieu[17][23].

Ainsi, l’année 1976 marque pour le Rising Sun une transition décisive : d’un club émergent ancré dans une scène locale dynamique, il devient en quelques mois une véritable plaque tournante du jazz international à Montréal, capable d’attirer, d’accueillir et de retenir les plus grandes figures du genre.

5. 1977 : Le Rising Sun devient une institution

Le Soleil Levant, aussi connu sous le nom de Rising Sun, est décrit en 1977 comme un lieu immédiatement reconnaissable par son caractère atypique, intime et profondément humain, se distinguant nettement des salles de jazz plus institutionnelles de Montréal[48]. Loin du luxe et de l’élégance des grands établissements nocturnes de la ville, le club possède plutôt une authenticité brute qui contribue directement à sa réputation dans le milieu du jazz[49]. Dès l’entrée, les visiteurs découvrent un décor insolite : un escalier coloré mène à une salle longue et étroite, aux plafonds et aux murs peints en noir, dominée par une boîte de miroirs suspendue au-dessus de la scène, pendant que d’autres miroirs reflètent le public assis sur des chaises dépareillées[48][49]. Une musique d’ambiance accompagne l’arrivée des clients, créant une impression à mi-chemin entre un club de jazz montréalais et une boîte des Îles du Sud[48]. Malgré la simplicité du décor, du mobilier et certaines contraintes techniques — notamment au niveau de l’éclairage ou des projections visuelles — le lieu conserve un charme unique, chaleureux et sans prétention, où la proximité immédiate entre les artistes et le public donne aux concerts une dimension immersive et communautaire[48]. Les spectateurs, souvent élégamment vêtus et passionnés de jazz, fréquentent avant tout le Rising Sun pour la qualité exceptionnelle de la musique et l’expérience d’écoute attentive qu’il propose[49]. Le silence respectueux qui règne pendant les performances transforme ainsi le club en véritable lieu d’écoute, presque recueilli, où chaque nuance musicale devient perceptible[49]. Cette ambiance cosmopolite et profondément humaine reflète directement la personnalité de Roué-Doudou Boicel, qui privilégie l’authenticité, la proximité et la passion du jazz plutôt que le prestige matériel, faisant du Rising Sun un espace culturel vivant et singulier dans le paysage montréalais de la fin des années 1970[49].

Au début de 1977, le Rising Sun s’impose comme l’un des principaux pôles du jazz montréalais, prenant en quelque sorte la relève laissée vacante par la disparition du club In Concert, dont la fermeture avait illustré la difficulté d’absorber les coûts croissants liés à la présentation de grands artistes[28]. Installé au 286, rue Sainte-Catherine Ouest, ce petit club brut, enfumé et légèrement marginal reflète directement la personnalité de son fondateur, Roué-Doudou Boicel. Né à Cayenne, formé en Europe, passé par la Suisse et Paris où il étudie l’art, Boicel se définit d’abord comme peintre, tout en exerçant divers métiers — notamment celui d’électricien — avant de se tourner vers la restauration et l’exploitation de clubs[28]. Refusant de concevoir le jazz comme un simple produit commercial, il résume sa philosophie par une formule limpide : il ne pense pas « business », il pense jazz. Dans un milieu aux marges faibles et aux dépenses élevées, il mise sur la débrouillardise, les réseaux humains et la solidarité entre musiciens, débutant avec des groupes locaux comme Wintergarden avant d’attirer des figures internationales telles que Mongo Santamaria et Dizzy Gillespie[28]. Vêtu de robes africaines et prenant souvent le micro avant les spectacles pour défendre la survie du jazz à Montréal, Boicel transforme progressivement le Rising Sun en lieu de résistance culturelle, à la fois refuge pour les musiciens, laboratoire d’écoute et scène ouverte sur les grands circuits nord-américains[28].

Dès janvier, cette ambition se confirme avec la venue de Pharoah Sanders, figure majeure du courant post-coltranien. Son passage illustre la capacité du club à accueillir un jazz en pleine mutation, partagé entre lyrisme méditatif, décharges d’énergie brute et retours inattendus vers le be-bop et la ballade. La critique note que la véritable révélation de ces soirées vient aussi du pianiste de son quartet, dont le jeu inventif et expressif domine souvent l’ensemble, confirmant le Rising Sun comme un lieu où les artistes internationaux peuvent redéfinir leur langage au contact d’un public attentif[33]. Quelques jours plus tard, le club bascule dans l’univers du blues avec Muddy Waters, dont le sextette transforme temporairement l’établissement en véritable blues joint. Malgré une fatigue perceptible liée aux tournées, Waters impose une présence naturelle et puissante à travers des classiques comme Got My Mojo Working, Baby Please Don’t Go et Hoochie Coochie Man, confirmant le rôle du Rising Sun comme carrefour entre jazz et blues[34].

En février, le Rising Sun poursuit sur cette lancée avec Ron Carter, ancien pilier du quintette de Miles Davis, qui y présente une conception renouvelée de la contrebasse. Loin du simple accompagnement rythmique, son instrument devient un vecteur mélodique, harmonique et expressif, soutenu par un quartet réunissant notamment Buster Williams, Kenny Barron et Ben Riley. Dans l’intimité du club, chaque interaction devient perceptible, faisant du concert une expérience à la fois accessible et exigeante[35]. Peu après, Stan Getz, tout juste arrivé de Copenhague, y livre une prestation saluée pour la maturité de son jeu, la douceur de sa sonorité et la richesse de son quartet, où se distingue particulièrement la pianiste Joanne Brackeen, appuyée par Mike Richmond et Billy Hart[36]. Pourtant, dans le récit de Boicel, ce même passage prend une tout autre dimension : Getz disparaît à l’entracte, est retrouvé dans un bar voisin, puis revient terminer son concert dans des conditions précaires, avant de provoquer de nouvelles inquiétudes le lendemain. L’épisode révèle les réalités parfois chaotiques du métier de promoteur, entre génie artistique, imprévisibilité des vedettes et nécessité de protéger le public comme le club[37].

En mars, le Rising Sun accueille Willie Dixon, figure centrale du Chicago blues et auteur d’un répertoire devenu canonique. Ses classiques — Hoochie Coochie Man, Spoonful, Back Door Man — ont traversé les générations, influençant autant Muddy Waters et Howlin’ Wolf que les groupes rock britanniques et américains. Sur scène, Dixon alterne narration, chant et jeu de basse, transformant chaque pièce en expérience vivante et partagée[38]. Le même mois, le Bill Evans Trio offre au club l’un des moments les plus raffinés de la saison. La critique souligne la finesse du jeu d’Evans, sa capacité à redonner vie à des thèmes familiers, la virtuosité du bassiste Eddie Gomez et certaines réserves envers le batteur Eliot Zigmund, jugé parfois trop appuyé pour l’esthétique délicate du trio[40]. Dans le témoignage de Boicel, cette venue devient aussi un épisode de coulisses : Evans, inquiet dès son arrivée, interrompt une prestation en affirmant ne pas pouvoir jouer sur le piano fourni, obligeant Boicel à trouver d’urgence un nouvel instrument. Malgré ces tensions, les concerts révèlent une musique d’une intensité presque sacrée, confirmant toute la dualité du lieu : la grâce absolue de la musique et la dure réalité du métier[39].

Au printemps, une chronique sur les habitudes du public jazz montréalais décrit le Rising Sun comme un véritable « caméléon », capable de traverser les frontières entre clientèles et styles musicaux. Dans un paysage où chaque salle possède son public — L’Iroquois, le Rainbow Bar and Grill, la Place des Arts, le Musée des beaux-arts, la salle Pollack de McGill, le Plateau Hall ou l’Outremont Theatre —, le Rising Sun se distingue par sa capacité à réunir une foule jeune, diversifiée et culturellement mixte. Sa programmation ouverte, du blues au jazz contemporain, en fait un lieu hybride, flexible et inclusif, où se redéfinissent les pratiques d’écoute du jazz urbain[32]. Cette polyvalence se manifeste aussi avec John Lee Hooker, dont le passage en mai confirme la puissance d’attraction du club auprès des grandes figures du blues. Accompagné du Coast to Coast Blues Band, Hooker impose son boogie hypnotique, sa voix rugueuse et son autorité naturelle, jusqu’à faire lever une salle conquise, frappant des mains et des pieds[42]. La même période voit aussi la venue de Nat Adderley, dont le quintette fait entendre un hard bop énergique, nourri de bebop, de latin et de jazz-rock, mais traversé d’un « centre doux » fait de nuances, de cohésion et de profondeur harmonique[43].

L’été 1977 accentue encore la dimension blues du club. En juin, Lightnin’ Hopkins revient à Montréal après plusieurs années d’absence. Sa présence seule inscrit le Rising Sun dans une continuité directe avec les racines du blues, mais la soirée d’ouverture révèle aussi la fragilité de ce type de rencontre : accompagné de musiciens qui n’ont pas eu le temps de répéter, Hopkins peine à retrouver toute sa fluidité, malgré une salle comble et un public disposé à l’accueillir comme une légende[44]. En juillet, Big Mama Thornton rappelle à son tour la mémoire profonde du blues américain. Sa voix, encore forte et claire après près de quarante ans de carrière, donne à Rock Me Baby une intensité vécue, tandis que l’article souligne son rôle dans l’histoire de Hound Dog, chanson trop souvent associée à Elvis Presley plutôt qu’à son origine blues[41]. Le même mois, le Junior Wells–Buddy Guy Band livre une performance presque parfaite, incarnant la vitalité du Chicago blues électrique. Junior Wells y impose son charisme direct, tandis que Buddy Guy, plus nuancé qu’explosif, met sa guitare au service du groupe et d’un groove collectif[45].

À côté du club, l’expérience du Rising Sun se prolonge aussi par la cuisine. Le Café Créole, développé par Alex Boicel, fils de Roué-Doudou Boicel, ajoute à l’identité du lieu une dimension familiale, artisanale et culinaire inspirée de la Guyane française. Les acras, les plats épicés et les ingrédients frais ne constituent pas un simple complément, mais participent pleinement à l’atmosphère du Rising Sun, où musique, gastronomie et hospitalité se rencontrent dans une même logique de partage[27]. À l’automne, Boicel explicite davantage sa vision : ancien électricien, gestionnaire pragmatique mais profondément idéaliste, il sait qu’un club de jazz rapporte peu et coûte cher. Il insiste sur la nécessité de maintenir une programmation forte, de créer une atmosphère authentique et de fidéliser une clientèle, tout en défendant une conception inclusive du jazz. Son intérêt pour la « visosonie » traduit cette volonté de faire de la musique une expérience sensorielle globale, accessible et vivante. Malgré les difficultés financières, le Rising Sun attire alors Michel Legrand, Mose Allison, Muddy Waters, B.B. King et Dexter Gordon, confirmant son intégration aux grands circuits du jazz et du blues[26].

En septembre, le Soleil Levant accueille McCoy Tyner, ancien pilier du quartet de John Coltrane. Sa musique, décrite comme un « feu sacré », déploie une puissance physique et spirituelle rare : densité des accords, vigueur rythmique, clarté du toucher et refus de toute concession commerciale. Dans l’espace du Rising Sun, cette esthétique prend une force particulière, entraînant les auditeurs dans une expérience à la fois maîtrisée et instinctive[31]. En novembre, Dexter Gordon marque à son tour la saison. Revenu sur la scène nord-américaine après plusieurs années en Europe, le saxophoniste impose un jeu ample, chaleureux et souverain. Sa présence agit comme un point de convergence entre générations de musiciens et d’auditeurs, confirmant l’inscription du club dans un réseau transatlantique reliant Montréal, New York et l’Europe[25]. Le même automne, Eddie « Cleanhead » Vinson, favori personnel de Boicel, incarne l’esprit hybride du lieu : un blues teinté de sophistication jazz, nourri d’humour, de sensualité et d’un répertoire où figurent notamment Hold It Right There, Alimony Blues, Kidney Stew et Cherry Red[29].

La fin de l’année confirme la variété esthétique du Rising Sun. En décembre, Kenny Burrell, présenté comme le guitariste favori de Duke Ellington, incarne un jazz raffiné, subtil et profondément musical. Son jeu privilégie l’économie de moyens, la justesse du phrasé et une relation attentive avec le public, considéré comme partie intégrante de la musique[46]. Quelques jours plus tard, Jimmy Smith rappelle l’impact révolutionnaire de l’orgue dans le jazz moderne. Accompagné de Ray Crawford et Kenny Dixon, il combine virtuosité technique, intensité blues et interaction directe avec un public massé près de la scène, transformant le concert en expérience collective[47]. Enfin, à la fin de décembre, Bill Evans revient au Soleil Levant, cette fois accompagné de Michel Donato et Philly Joe Jones. Son jeu impressionniste, fluide, introspectif et harmoniquement complexe attire une salle pleine et attentive, confirmant le Rising Sun comme un espace privilégié où le jazz se déploie dans toute sa richesse, entre exigence, proximité et création vivante[30].

6. 1978 : Rising Sun Festijazz

En 1978, le Soleil Levant, aussi connu sous le nom de Rising Sun, atteint l’apogée de son influence dans le paysage culturel montréalais, passant en quelques années d’une simple salle de répétition fréquentée par des musiciens locaux à l’un des principaux pôles du jazz et du blues afro-américains au Canada[53]. Situé sur la rue Sainte-Catherine Ouest, au cœur du Quartier latin, le club se distingue par son atmosphère marginale et sans prétention : murs noirs, éclairages tamisés, tables en formica, chaises dépareillées, miroirs brouillés et décor psychédélique composent un espace intimiste loin du raffinement des grandes salles institutionnelles[53]. Cette esthétique reflète directement la personnalité de Roué-Doudou Boicel, propriétaire, programmateur et homme-à-tout-faire du lieu, qui privilégie l’authenticité, la proximité humaine et la transmission culturelle plutôt qu’une logique strictement commerciale[53]. Originaire de Cayenne et installé à Montréal après un passage par Paris et la Suède, Boicel développe une approche profondément artisanale de la diffusion du jazz, consacrant son temps à accueillir les musiciens, organiser les concerts et promouvoir la culture noire afro-américaine dans une ville où le jazz demeure encore relativement marginalisé par les grandes institutions culturelles[57].

À son apogée, le Rising Sun attire une clientèle extrêmement diversifiée composée d’étudiants, d’artistes, de professionnels, de marginaux, de riches et de pauvres, autant francophones qu’anglophones[60]. Boicel remarque toutefois un paradoxe révélateur : malgré la forte identité noire de la programmation, le public du club demeure majoritairement blanc[57]. Pour lui, le Rising Sun dépasse largement le rôle de simple boîte de jazz : il devient un véritable espace de rencontre, de solidarité et de reconnaissance culturelle où le jazz est présenté comme l’une des grandes contributions de la culture afro-américaine au monde moderne[57]. Cette philosophie attire rapidement plusieurs figures majeures du jazz et du blues comme Dizzy Gillespie, McCoy Tyner, Rahsaan Roland Kirk, Dexter Gordon, John Lee Hooker, Muddy Waters, Willie Dixon, B.B. King et Sarah Vaughan[57]. Malgré des moyens financiers limités, Boicel réussit à maintenir une programmation internationale ambitieuse, même si les cachets des artistes américains atteignent souvent entre 4 000 et 6 000 dollars américains par semaine, sans compter les frais de transport, d’hébergement et les taxes imposées aux musiciens étrangers[53].

L’idée d’un festival international de jazz et de blues prend forme après un voyage de Boicel au Vermont en 1977, où il assiste à un festival mettant notamment en vedette Rahsaan Roland Kirk, déjà passé par le Rising Sun[60]. Convaincu que Montréal peut accueillir un événement semblable, Boicel entreprend alors de créer un festival consacré aux musiques afro-américaines à la Place des Arts[50]. Au printemps 1978, vêtu de ses habits colorés et distribuant lui-même des pamphlets promotionnels à l’entrée du festival du Vermont, il cherche à convaincre le public américain que le jazz demeure vivant à Montréal grâce au Rising Sun[50]. De retour au Québec, il organise des réunions préparatoires chez lui, à Westmount, multiplie les démarches auprès des banques, des commanditaires, des médias et de la Place des Arts, tout en négociant directement avec agents, producteurs et musiciens afin de convaincre plusieurs grandes figures du jazz et du blues de participer au projet[60].

Les difficultés apparaissent toutefois rapidement. Boicel doit convaincre les dirigeants de la Place des Arts qu’un festival de blues a sa place à la salle Wilfrid-Pelletier, plusieurs responsables craignant initialement d’y voir un simple spectacle rock[60]. Les obstacles financiers demeurent constants : afin de financer le projet, Boicel hypothèque pratiquement sa maison de Westmount, contracte des emprunts importants et négocie continuellement des lignes de crédit[51]. Il critique également l’absence de soutien gouvernemental ainsi que les nombreuses taxes et contraintes administratives imposées aux artistes étrangers[50]. Au printemps et à l’été 1978, ces tensions deviennent particulièrement visibles lorsque le pianiste Horace Silver se voit initialement refuser un permis de travail pour ses concerts prévus du 13 au 18 juin au Rising Sun[54]. Les autorités fédérales estiment alors que le club n’aurait pas suffisamment tenté d’engager des musiciens canadiens[54]. L’affaire prend rapidement une dimension publique et touche aussi le Rockhead’s Paradise, où des musiciens américains accompagnant la chanteuse Jama sont également bloqués à la frontière[55]. Après révision du dossier, les autorités reconnaissent finalement certaines erreurs d’interprétation des règlements, permettant à Horace Silver d’obtenir son autorisation de travail[55].

Malgré ces obstacles, Boicel poursuit l’organisation du Rising Sun Festijazz, présenté les 21, 22 et 23 juillet 1978 à la Place des Arts[7]. Refusant de prendre des risques artistiques inutiles, il privilégie des artistes déjà établis comme Sarah Vaughan, Muddy Waters, Dexter Gordon, Hubert Laws, B.B. King, John Lee Hooker, Willie Dixon et Paul Horn[50]. Plusieurs musiciens acceptent même de participer sans recevoir les avances financières habituellement exigées, preuve du respect dont bénéficie Boicel dans le milieu du jazz et du blues[51]. Pour lui, le festival représente bien davantage qu’une série de concerts : il s’agit d’un geste culturel et politique visant à offrir une visibilité nouvelle aux musiques afro-américaines à Montréal[51].

Le succès du festival dépasse rapidement les attentes. Présenté pendant trois soirées à la Place des Arts, le Festijazz attire entre 11 000 et 15 000 spectateurs selon les sources, permettant à Boicel de récupérer près de 70 000 dollars investis dans le projet et même d’espérer un bénéfice avoisinant les 100 000 dollars[52][58]. Les performances blues provoquent des réactions particulièrement enthousiastes : B.B. King impressionne le public avec sa guitare Lucille, Muddy Waters transforme la salle en véritable temple du Chicago blues, tandis que John Lee Hooker captive les spectateurs avec son jeu hypnotique et son célèbre boogie[58]. Willie Dixon agit quant à lui comme mémoire vivante du blues américain[58]. Du côté jazz, Sarah Vaughan, Dexter Gordon, Hubert Laws et Paul Horn marquent également le festival, malgré certains problèmes techniques liés à l’acoustique et à l’éclairage de la salle Wilfrid-Pelletier[61].

Boicel garde des souvenirs particulièrement émotifs des coulisses du festival. Il raconte avoir accompagné Sarah Vaughan à l’aéroport avant de la voir se transformer complètement une fois montée sur scène[61]. Il décrit aussi la présence magnétique de Dexter Gordon, notamment lors de son interprétation de Round Midnight, qui laisse le public montréalais suspendu à chacune de ses notes[61]. Après certains concerts, les musiciens se retrouvent au Hyatt Regency ou dans des clubs montréalais comme Chez Régine, révélant une dimension beaucoup plus humaine et intime derrière les grandes figures du jazz international[61].

L’un des moments les plus légendaires du Festijazz survient après un concert à la Place des Arts lorsque B.B. King, James Cotton, Big Mama Thornton, John Lee Hooker, Willie Dixon, Buddy Guy et Big Moose Walker débarquent au Rising Sun pour improviser ensemble jusqu’aux petites heures du matin[64]. Boicel raconte qu’il ne restait alors presque plus de clients dans le club, mais que les musiciens jouaient avant tout pour le plaisir de partager un moment entre eux[64]. Les bandes de cette soirée historique seront malheureusement perdues dans l’incendie du Rising Sun en 1990[2].

À travers le Festijazz de 1978, le Rising Sun cesse définitivement d’être uniquement un petit club de jazz marginal pour devenir le noyau d’un véritable projet culturel montréalais à portée internationale[51]. Pour Boicel, le festival constitue avant tout une affirmation culturelle, sociale et identitaire : une manière de démontrer que Montréal peut accueillir les plus grandes figures du jazz et du blues afro-américains dans un contexte respectueux de leur contribution historique à la culture moderne[57]. Le succès populaire du Festijazz confirme également l’existence d’un public montréalais suffisamment vaste et passionné pour soutenir un événement international consacré au jazz et au blues[52]. Ce qui avait commencé comme un refuge marginal pour amateurs de jazz devient alors une plateforme culturelle capable de rivaliser symboliquement avec les grands festivals américains et européens[52].

7. 1979 : Le Rising Sun au cœur du renouveau jazz montréalais

En 1979, plusieurs articles de presse témoignent de l’effervescence exceptionnelle que connaît alors le jazz à Montréal. En mars, La Presse décrit une métropole où les clubs, festivals et salles de spectacles consacrés au jazz et au blues se multiplient rapidement. Le journal affirme que Montréal compte alors plus de 120 orchestres de jazz et une douzaine de lieux où entendre cette musique régulièrement, des petits clubs jusqu’à la Place des Arts. Dans ce contexte, Roué Doudou Boicel, propriétaire du Rising Sun, apparaît comme l’un des principaux artisans de cette renaissance.[75]

Le Rising Sun s’inscrit alors dans un réseau de lieux qui participent à la transformation de la vie nocturne montréalaise, aux côtés de l’Air du Temps, du Rockhead’s Paradise, du Jazz Bar et du cinéma-café Cinéma Parallèle. La scène attire autant les amateurs de clubs historiques que les étudiants, les jeunes musiciens et un nouveau public francophone plus ouvert au jazz, au blues et aux musiques afro-américaines. Le pianiste Maury Kaye observe même que les musiciens de jazz québécois peuvent désormais envisager de gagner leur vie à Montréal, une situation qu’il juge nouvelle pour la scène locale. [75]

En avril, le The Sherbrooke Record souligne le rôle joué par Alain Simard et André Ménard, alors responsables de la programmation du El Casino, établissement voisin du Rising Sun sur la rue Sainte-Catherine Ouest. Les deux promoteurs y présentent régulièrement des artistes majeurs du blues, du jazz et du rock, dont B.B. King, Dave Brubeck, Larry Coryell et John Mayall. Cette série de spectacles et d’événements constitue en quelque sorte les fondations de ce qui deviendra, dès l’année suivante, la première édition du FESTIVAL INTERNATIONAL DE JAZZ DE MONTRÉAL. La proximité entre le Rising Sun et le El Casino témoigne ainsi de l’extraordinaire concentration d’activités musicales dans ce secteur de la rue Sainte-Catherine Ouest à la fin des années 1970. [76]

Cette effervescence culmine avec la préparation du deuxième FestiJazz, organisé par Roué Doudou Boicel à la Place des Arts les 27, 28 et 29 juillet 1979. En mai, The Montreal Star annonce une programmation ambitieuse répartie sur trois soirées : B.B. King avec le Dutch Mason Blues Band, John Lee Hooker, Lightnin’ Hopkins, Clifton Chenier, Big Mama Thornton, Eddie « Cleanhead » Vinson et Oscar Peterson, présenté comme « le cadeau de Montréal au jazz international ». L’article souligne aussi la réputation déjà bien établie de Boicel, décrit comme un organisateur passionné dont les liens avec les artistes permettent de réunir une affiche exceptionnelle. [73]

Quelques jours avant l’événement, The Gazette publie un long portrait de Boicel signé David Sherman. Le journaliste y décrit les défis financiers et logistiques considérables auxquels le propriétaire du Rising Sun doit faire face pour maintenir son festival à flot. Boicel travaille alors depuis près de deux ans à développer le concept du festi-jazz, après une première édition tenue l’année précédente. Sa conjointe, Rose Matthey, participe à l’administration du festival en soirée après son emploi de jour comme travailleuse sociale, tandis que des employés du Rising Sun parcourent Montréal, les Cantons-de-l’Est et même le Vermont pour installer près de 1 000 affiches promotionnelles. [72]

L’article de Sherman met en lumière le caractère artisanal, familial et communautaire du projet. Plusieurs artistes acceptent de réduire leurs cachets ou de ne demander que leurs frais de déplacement afin de soutenir le festival. Malgré des dépenses de plus de 100 000 dollars, la pression des banques et la concurrence accrue des événements estivaux depuis Expo 67, Boicel demeure déterminé à maintenir à Montréal un festival consacré au jazz et au blues. Le portrait le présente comme un personnage idéaliste, passionné et respecté par les musiciens, au centre d’un réseau où le Rising Sun joue un rôle de point d’ancrage. [72]

Au lendemain du deuxième Festijazz, The Gazette publie un compte rendu enthousiaste des trois soirées présentées à la Place des Arts. David Sherman y décrit l’événement comme un moment marquant de l’été culturel montréalais de 1979. Oscar Peterson y est présenté comme le grand triomphateur de la soirée de clôture, capable de transformer l’ampleur de la salle en expérience intime grâce à sa virtuosité, sa maîtrise harmonique et son aisance entre improvisation et précision. Le journaliste souligne également l’impact de sa nouvelle African Suite. [74]

Le compte rendu accorde aussi une place importante aux grandes figures du blues réunies par Boicel. Big Mama Thornton impressionne par son énergie scénique, son humour et sa présence, tandis que B.B. King soulève près de 3 000 spectateurs lors de sa prestation du vendredi soir. John Lee Hooker et Lightnin’ Hopkins sont décrits comme des moments forts du festival, l’un par son blues hypnotique et minimaliste, l’autre par son jeu expressif et ses improvisations. Clifton Chenier, Eddie « Cleanhead » Vinson et plusieurs autres musiciens contribuent à donner à l’événement une atmosphère de grande célébration du blues et du rhythm and blues américain. [74]

À travers ces articles de 1979, le Rising Sun apparaît donc comme bien plus qu’un simple club : il devient un carrefour où se croisent musiciens internationaux, promoteurs indépendants, journalistes, amateurs de jazz, public francophone émergent et scène nocturne de la rue Sainte-Catherine Ouest. Le deuxième Festijazz confirme la place de Roué Doudou Boicel parmi les figures centrales du jazz et du blues montréalais de la fin des années 1970, tout en inscrivant le Rising Sun au cœur d’un moment charnière de l’histoire musicale de Montréal.

8. 1980 : Le Rising Sun entre Festijazz, Rockhead’s et afro-jazz montréalais

En 1980, Roué Doudou Boicel apparaît plus que jamais comme l’une des figures centrales du jazz et du blues à Montréal. En juin, The Gazette lui consacre un long portrait signé par le journaliste Juan Rodriguez, qui le présente à la fois comme propriétaire du Rising Sun, organisateur du Festijazz, homme d’affaires, animateur culturel et ambassadeur des musiques afro-américaines dans la métropole. Installé dans son club de la rue Sainte-Catherine Ouest, Boicel y défend l’idée d’un véritable « jazz place », comparable aux clubs de New York ou de Los Angeles, où les amateurs viennent autant pour la musique que pour l’ambiance chaleureuse et communautaire. [79]

Le portrait insiste sur l’identité très personnelle du Rising Sun, profondément marqué par les origines antillaises de Boicel. Le lieu est décoré de sculptures, de bouteilles de rhum, d’objets artisanaux et de photographies dédicacées par les musiciens de passage. Son fonctionnement quotidien repose aussi sur une logique presque familiale : les assistants participent à la réservation des artistes, à la production des affiches, à l’accueil des musiciens, à l’organisation technique des spectacles et même à la préparation des repas servis aux invités. Boicel affirme consacrer régulièrement des journées de vingt heures à son établissement, convaincu que la réussite d’un club de jazz repose autant sur l’hospitalité et la confiance que sur la programmation elle-même. [79]

Cette philosophie se reflète dans le développement du Festijazz, que The Gazette présente alors comme le plus important festival de jazz et de blues au Canada. La 3e édition de 1980, prévue du 17 au 20 juillet à la Place des Arts, réunit une affiche considérable : Nina Simone, le Gerry Mulligan Quartet, Woody Herman et son Young Thundering Herd, Taj Mahal, Sonny Terry, Brownie McGhee, Lightnin’ Hopkins, Louisiana Red, Big Mama Thornton, Luther Allison, Buddy Guy et Junior Wells. Rodriguez souligne aussi que Boicel a contribué à faire venir ou revenir à Montréal plusieurs artistes rarement vus dans la ville, dont Art Blakey, Dexter Gordon, Barney Kessel, Herb Ellis et le trio Lambert, Hendricks & Ross. [79]

Quelques semaines plus tard, Le Devoir publie une critique détaillée du troisième Festijazz, signée par Sylvaine Martin. Présenté à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts, l’événement est accueilli avec un regard plus nuancé : malgré une programmation prestigieuse réunissant plusieurs grandes figures du blues et du jazz américain, la critique estime que le festival n’a pas entièrement répondu aux attentes suscitées par sa publicité. Elle reconnaît toutefois l’importance exceptionnelle des artistes réunis par Boicel, parmi lesquels Louisiana Red, Sonny Terry, Brownie McGhee, Lightnin’ Hopkins, Taj Mahal, Nina Simone, Junior Wells, Buddy Guy, Memphis Slim, Big Mama Thornton, Luther Allison et Willie Dixon, plusieurs incarnant à eux seuls l’histoire vivante du blues américain. [80]

La critique se montre sévère envers certaines prestations, notamment celles de Louisiana Red, de Phil Guy, de Luther Allison et de Junior Wells, jugées en deçà des attentes. À l’inverse, elle salue l’exécution du duo Sonny Terry et Brownie McGhee, ainsi que les prestations de Taj Mahal, Memphis Slim et surtout Willie Dixon, dont la maîtrise musicale fait revivre les racines du blues et du jazz. Le groupe Chicago Machine-In, qui accompagne plusieurs artistes, est également remarqué pour la qualité de son soutien musical. Mais le sommet du festival demeure, selon Le Devoir, la prestation de Nina Simone, décrite comme une artiste capable de traverser les styles avec une liberté totale, du blues au jazz, du gospel aux influences africaines. Son interprétation de Ne me quitte pas de Jacques Brel est présentée comme l’un des grands moments émotionnels du festival. [80]

La même année, la rue Sainte-Catherine Ouest continue de concentrer une activité musicale intense. En juillet, The Gazette publie un article de John Griffin comparant le Rising Sun et Le Club Montréal, futur Spectrum de Montréal, deux établissements voisins capables de satisfaire des publics très différents le même soir. Au Rising Sun, Griffin assiste à une prestation du légendaire chanteur de jazz Jon Hendricks, de retour à Montréal pour la première fois depuis ses années de gloire avec Lambert, Hendricks & Ross. Malgré des contretemps à la frontière et un temps de répétition réduit, Hendricks livre un spectacle que le journaliste décrit comme un exemple remarquable de professionnalisme jazz. [77]

Hendricks est accompagné de musiciens locaux ainsi que de membres de sa famille, dont son épouse Judith Hendricks, sa fille Michelle Hendricks et un jeune Bobby McFerrin, encore peu connu du grand public. Le spectacle comprend notamment Bye Bye Blackbird, une version bluesy de Motherless Child et une reprise de It’s Sandman de Count Basie. Griffin souligne la qualité des harmonies vocales, l’humour de Hendricks, la puissance de Michelle Hendricks — qu’il rapproche du style d’Annie Ross — et l’aisance scénique déjà remarquable de Bobby McFerrin. À quelques pas de là, au Club Montréal, le même article décrit la prestation plus explosive du jeune Bryan Adams, illustrant le contraste entre jazz vocal sophistiqué, rock et pop énergique dans ce secteur de la ville. [77]

L’expansion de Boicel dépasse bientôt le seul cadre du Rising Sun. En octobre 1980, The Gazette annonce qu’il devient le nouveau propriétaire du légendaire Rockhead’s Paradise, l’un des clubs noirs les plus emblématiques de l’histoire montréalaise. Dans un article signé Irwin Block, Boicel affirme vouloir redonner vie à cet établissement de la Petite-Bourgogne après plusieurs années de déclin et une fermeture survenue peu après l’hospitalisation de son fondateur, Rufus Rockhead, alors âgé de plus de 90 ans. Situé à l’angle des rues Saint-Antoine et de la Montagne, le Rockhead’s Paradise représente pour Boicel un lieu à préserver, avec ses bars miroirés, sa piste de danse, sa configuration cabaret et son importance historique dans le divertissement montréalais. [78]

L’article rappelle que le Rockhead’s Paradise a accueilli ou vu défiler certaines des plus grandes figures du jazz et du divertissement afro-américain, dont Pearl Bailey, Sarah Vaughan, Louis Armstrong et Sammy Davis Jr.. Pour relancer le lieu, Boicel prévoit y présenter des artistes internationaux majeurs, notamment Nina Simone, Tito Puente, Eartha Kitt et Mongo Santamaria, tout en créant un espace baptisé Doudou’s Rockhead Lounge, consacré à la relève jazz locale et aux spectacles plus intimistes. Il souhaite en faire un endroit élégant et sécuritaire, axé sur les spectacles de qualité plutôt que sur la musique disco alors dominante dans plusieurs clubs montréalais. [78]

À la fin de l’année, Boicel ouvre encore une nouvelle avenue artistique. En décembre, La Presse annonce la création du Rising Sun Afro Jazz Orchestra, un ensemble destiné à fusionner les influences afro-cubaines, salsa, soul et funk-jazz dans un contexte montréalais. Dans l’article signé par Denis Lavoie, Boicel explique vouloir répondre aux critiques selon lesquelles il ferait surtout venir des artistes étrangers à Montréal. En formant un groupe local composé de neuf musiciens originaires de quatre ou cinq pays différents, il souhaite démontrer qu’une scène afro-jazz montréalaise originale peut aussi émerger au Québec. [81]

Le noyau du groupe est construit autour du trompettiste chilien Victor Duran, auquel s’ajoutent notamment Frank Ascaso, Tony Jones, Larry Bright, Celestino Fernandez, Tim Jackson, Michel Ouellet, Léon Vachier et le percussionniste cubain Sayid Abdul Al-Khabyry. Le projet mélange salsa, funk-jazz, soul, rythmes latins, cuivres et percussions, avec l’ambition de dépasser les frontières montréalaises, de se produire à New York et éventuellement d’enregistrer des disques. Alors que le Rising Sun était jusque-là surtout associé au jazz et au blues américains, cette nouvelle orientation montre la volonté de Boicel d’élargir sa vision musicale vers un afro-jazz montréalais nourri par les influences multiples de la métropole. [81]

Ainsi, l’année 1980 marque un sommet dans le parcours de Roué Doudou Boicel. Entre le Festijazz, les spectacles du Rising Sun, l’acquisition du Rockhead’s Paradise et la création du Rising Sun Afro Jazz Orchestra, il ne se contente plus de programmer des artistes : il construit un véritable réseau de diffusion, de création et de mémoire autour du jazz, du blues et des musiques afro-diasporiques à Montréal.

9. 1981 : Le Rising Sun en transition entre Rockhead’s Paradise et la fin d’une époque

En 1981, les activités de Roué Doudou Boicel connaissent une importante période de transition. Alors que le Rising Sun, devenu l’un des principaux clubs de jazz de la rue Sainte-Catherine Ouest durant la seconde moitié des années 1970, semble progressivement ralentir ses opérations, le promoteur concentre désormais une grande partie de ses efforts sur la relance du légendaire Rockhead’s Paradise dans le quartier de la Petite-Bourgogne. Cette réorientation apparaît clairement dans plusieurs articles publiés au cours de l’année, qui témoignent à la fois du prestige encore associé au nom de Boicel et des difficultés auxquelles fait face la scène jazz montréalaise au début des années 1980. [82]

En avril 1981, The Gazette publie ainsi un compte rendu enthousiaste d’un spectacle présenté au Rockhead’s Paradise, désormais dirigé par Boicel. Dans l’article signé par le journaliste John Griffin, les guitaristes Herb Ellis et Barney Kessel sont décrits comme deux des grandes figures historiques de la guitare jazz moderne, capables de livrer une performance raffinée malgré une assistance étonnamment réduite. Accompagnés notamment de Jacques Masson à la batterie et de Errol Walters à la contrebasse acoustique, les deux musiciens interprètent des standards comme Salt Peanuts et Body and Soul, tout en démontrant une complicité musicale que Griffin juge exceptionnelle. L’article révèle également un détail révélateur du repositionnement de Boicel : Ellis et Kessel croyaient d’abord devoir se produire au Rising Sun, avant d’apprendre que le spectacle avait été déplacé au Rockhead’s Paradise. Selon le journaliste, le club de la rue Sainte-Catherine est alors relativement au ralenti, Boicel concentrant désormais ses énergies sur la restauration du célèbre cabaret de la rue Saint-Antoine. [82]

Quelques mois plus tard, en septembre 1981, The Gazette annonce le décès de Rufus Nathaniel Rockhead, figure historique de la vie nocturne montréalaise et fondateur du Rockhead’s Paradise. Âgé d’environ 89 ans au moment de sa mort, Rockhead laisse derrière lui l’héritage de l’un des clubs noirs les plus importants de l’histoire du divertissement au Canada. L’article signé par Ian Mayer rappelle que le cabaret, situé à l’angle des rues Saint-Antoine et de la Montagne, accueille pendant plus d’un demi-siècle certaines des plus grandes figures du jazz et du divertissement afro-américain. Le journaliste insiste également sur le rôle social joué par Rockhead au sein de la communauté noire montréalaise, notamment en offrant du travail à de nombreuses personnes du quartier dans un contexte marqué par les discriminations raciales. Le texte rappelle enfin que l’établissement, fragilisé après l’attaque cérébrale subie par Rockhead en 1978, avait ensuite été vendu à Roué Doudou Boicel, qui tentait alors de redonner vie au célèbre cabaret montréalais. [83]

À l’automne 1981, plusieurs articles témoignent également des incertitudes entourant l’avenir du Rising Sun. En novembre, La Presse rapporte d’abord que Boicel revient sur sa décision de fermer définitivement le club afin de se consacrer entièrement au Rockhead’s Paradise. Selon le journaliste Pierre Beaulieu, le promoteur décide finalement de poursuivre les activités du Rising Sun tout en continuant parallèlement la relance du cabaret de la Petite-Bourgogne. L’article souligne que Boicel tente ainsi de préserver deux lieux importants de la scène jazz montréalaise malgré les difficultés économiques touchant plusieurs salles de spectacles au début des années 1980. [84]

Quelques jours plus tard, La Presse publie toutefois un second article révélant une certaine confusion autour de cette possible réouverture. Le journal explique que Boicel annonce publiquement son intention de rouvrir le Rising Sun afin d’y présenter de nouveaux spectacles de jazz. Or, Dominique Wilhelmy, nouvelle propriétaire du local désormais rebaptisé Songe Tropical, affirme ne jamais avoir été informée d’un tel projet. Elle précise plutôt vouloir poursuivre l’exploitation de l’établissement comme salle consacrée à la musique reggae. Cette controverse illustre les transformations rapides touchant la rue Sainte-Catherine Ouest au tournant des années 1980, alors que plusieurs clubs changent de vocation musicale au gré des nouvelles tendances et des difficultés économiques du milieu de la nuit montréalais. [85]

À travers ces différents témoignages journalistiques, l’année 1981 apparaît comme une période charnière dans l’histoire du Rising Sun. Après avoir joué un rôle central dans le développement du jazz et du blues montréalais durant les années 1970, le club amorce progressivement sa disparition tandis que Roué Doudou Boicel tente de redéployer ses activités autour du Rockhead’s Paradise. Cette transition marque aussi la fin d’une époque pour la rue Sainte-Catherine Ouest, dont plusieurs établissements historiques connaissent alors d’importantes transformations culturelles et économiques. [85]

10. 1982 : Crise financière, retour sur Sainte-Catherine et survie du Rising Sun

En avril 1982, The Gazette annonce que la compagnie Roue Dou Dou Boicel Productions déclare faillite, marquant un tournant important dans l’histoire du Rising Sun et du Rockhead’s Paradise. Le journal souligne que Roué Doudou Boicel, figure centrale du jazz montréalais depuis le milieu des années 1970, traverse alors de graves difficultés financières après plusieurs années consacrées à la présentation de concerts et à l’organisation du Festijazz. Depuis son arrivée au Canada en provenance de la Guyane française au début des années 1970, Boicel contribue pourtant à faire du Rising Sun l’un des principaux clubs de jazz de la rue Sainte-Catherine Ouest. [87]

Selon le reportage, les difficultés financières s’aggravent surtout après l’acquisition du Rockhead’s Paradise, ancien cabaret emblématique de la Petite-Bourgogne acheté environ dix-huit mois auparavant pour près de 200 000 dollars. Boicel espérait relancer le célèbre établissement fondé par Rufus Rockhead et attirer à nouveau les amateurs de jazz et les touristes américains vers le secteur de la rue Saint-Antoine. Toutefois, malgré les investissements et les efforts de programmation, le projet ne rencontre pas le succès espéré. Le déplacement du Rising Sun vers les anciens locaux du Rockhead’s Paradise contribue également à compliquer la situation : le nouveau site, situé à l’écart des principaux circuits nocturnes du centre-ville, attire moins de clientèle que l’ancien club de la rue Sainte-Catherine Ouest. Boicel tente alors de diversifier sa programmation en présentant ponctuellement des spectacles reggae avant de revenir principalement au jazz lorsque cette orientation connaît peu de succès. Malgré l’annonce de la faillite, une représentante du club affirme toutefois que plusieurs spectacles prévus, dont certaines prestations de Taj Mahal, doivent toujours avoir lieu. [87]

Quelques semaines plus tard, en mai 1982, The Gazette publie un vaste reportage intitulé “‘Paradise’ is faded but it’s not all lost”, consacré aux difficultés traversées par le Rising Sun et le Rockhead’s Paradise. La journaliste Brenda Zosky Proulx décrit un climat marqué par les dettes, les salles clairsemées et le déclin progressif de plusieurs clubs de jazz montréalais au début des années 1980. Le Rising Sun, qui attirait autrefois des foules importantes sur la rue Sainte-Catherine Ouest, connaît désormais des soirées beaucoup plus tranquilles, alors que Boicel concentre une grande partie de ses efforts sur la survie du Rockhead’s Paradise. [86]

L’article décrit l’atmosphère mélancolique du club, où quelques clients dispersés occupent parfois une salle conçue pour accueillir plusieurs centaines de personnes. Malgré cette baisse d’achalandage, Boicel demeure optimiste et affirme vouloir préserver une tradition jazz devenue fragile à Montréal. Il rappelle qu’il n’est pas lui-même musicien, mais avant tout un passionné ayant consacré sa vie à créer des espaces où les amateurs peuvent entendre les grandes figures du jazz et du blues afro-américain. Brenda Zosky Proulx revient également sur l’importance historique du Rockhead’s Paradise, autrefois dirigé par Rufus Rockhead, rappelant que le cabaret fut pendant plusieurs décennies l’un des principaux lieux de rassemblement de la communauté noire montréalaise. Le reportage souligne aussi le rôle social joué par Rockhead dans un contexte où plusieurs clubs montréalais pratiquaient encore la ségrégation raciale de manière informelle au milieu du XXe siècle. [86]

La journaliste décrit cependant un quartier de la Petite-Bourgogne profondément transformé. Les anciennes foules attirées par les clubs de jazz ont largement disparu, tandis que les changements urbains, le déplacement de la population et la fermeture graduelle de plusieurs salles contribuent au déclin de l’activité nocturne du secteur. Malgré tout, Boicel tente toujours de redonner vie au Rockhead’s Paradise en maintenant une programmation jazz et blues dans un contexte économique devenu extrêmement difficile. À travers ce reportage, The Gazette présente finalement Roué Doudou Boicel comme l’un des derniers défenseurs d’une certaine tradition des clubs de jazz montréalais, partagé entre le Rising Sun de la rue Sainte-Catherine Ouest et le Rockhead’s Paradise de la Petite-Bourgogne. [86]

En juillet 1982, The Gazette annonce finalement la réouverture de l’ancien Rising Sun de la rue Sainte-Catherine Ouest sous une nouvelle appellation : Rising Sun 1. Après plusieurs mois marqués par les difficultés financières et le déplacement des activités vers l’ancien Rockhead’s Paradise, Roué Doudou Boicel tente ainsi de redonner vie au club qui avait contribué à faire sa réputation sur la scène jazz montréalaise de la fin des années 1970. Le nouveau Rising Sun 1 doit proposer une programmation mélangeant jazz, blues et reggae. Boicel affirme alors que de nombreux amateurs associaient toujours le nom Rising Sun au local historique de la rue Sainte-Catherine plutôt qu’au cabaret de la rue Saint-Antoine, ajoutant que l’établissement original demeurait mentionné dans certains guides touristiques européens comme l’un des lieux incontournables pour entendre du jazz à Montréal. [88]

L’article souligne également que plusieurs observateurs considéraient comme une erreur le déplacement des activités vers l’ancien Rockhead’s Paradise, situé dans un secteur plus isolé que le principal quartier des clubs du centre-ville. Cette tentative de retour sur la rue Sainte-Catherine apparaît ainsi comme une volonté de reconnecter le Rising Sun avec le cœur de la vie nocturne montréalaise. Pour marquer cette relance, Boicel annonce notamment des spectacles du groupe montréalais Indigo ainsi que la venue prochaine du célèbre accordéoniste cajun Clifton Chenier et de son Red Hot Louisiana Band. [88]

Dans son livre L’histoire du Rising Sun et ses légendes jazz & blues, publié en 2008, Roué Doudou Boicel revient lui-même sur cette période difficile marquée par la réouverture du Rising Sun dans son ancien local de la rue Sainte-Catherine Ouest après les problèmes financiers liés au Rockhead’s Paradise. Il explique avoir dû repartir pratiquement de zéro afin de relancer le club, avec l’aide de ses collaboratrices et du soutien de la Banque de Montréal. Boicel affirme également que plusieurs habitués n’avaient jamais réellement suivi le déménagement vers la rue Saint-Antoine, notamment en raison de la réputation du quartier de la Petite-Bourgogne à cette époque. [102]

Boicel décrit ensuite le retour progressif du public au Rising Sun ainsi que la reprise rapide des activités du club, redevenu un lieu important du jazz montréalais au début des années 1980. Il mentionne plusieurs artistes ayant marqué cette nouvelle période du club, dont Dizzy Gillespie, Taj Mahal, Sonny Terry, Brownie McGhee, Buddy Guy, Junior Wells, Nina Simone, Joe Pass, McCoy Tyner, Stanley Turrentine, Bill Evans et John Lee Hooker. Il insiste aussi sur l’atmosphère chaleureuse du lieu ainsi que sur la fidélité d’une clientèle composée autant de passionnés de jazz que de figures connues du milieu culturel et politique montréalais. [102]

À travers plusieurs anecdotes personnelles, Boicel évoque également certains clients réguliers du club, dont Pierre-Marc Johnson, ainsi que la présence occasionnelle de personnages plus marginaux liés au milieu criminel montréalais. Le récit aborde aussi ses tensions avec la Guilde des musiciens de Montréal, qui lui reproche alors d’engager des musiciens non membres de l’organisation. À travers ce témoignage rédigé plusieurs années plus tard, Boicel présente le Rising Sun comme un lieu de rencontres humaines et culturelles ayant survécu, malgré les difficultés économiques et les transformations rapides de la vie nocturne montréalaise au tournant des années 1980. [102]

11. 1983 : Entre triomphes jazz, tensions financières et ambitions fragilisées

En janvier 1983, The Gazette publie une critique enthousiaste consacrée aux spectacles du jeune trompettiste Wynton Marsalis au Rising Sun. Dans l’article intitulé “Marsalis hot for sold-out Rising Sun shows”, le journaliste Peter Hadekel décrit des salles combles rarement vues dans l’histoire récente du club de Roué Doudou Boicel, les spectateurs débordant jusque dans les escaliers et sur la rue Sainte-Catherine Ouest afin d’assister aux prestations du quintette du musicien alors âgé de seulement 21 ans. Déjà nommé musicien jazz de l’année par le magazine DownBeat, Marsalis impressionne par un jeu désormais plus libre, intense et émotionnel que lors de son précédent passage au Festival international de jazz de Montréal. Hadekel souligne aussi la qualité exceptionnelle du groupe accompagnant le trompettiste, notamment Branford Marsalis, Kenny Kirkland, Phil Bowler et Jeff Watts, tout en présentant le Rising Sun comme l’un des principaux lieux montréalais capables d’accueillir les nouvelles grandes figures du jazz international au début des années 1980. [89]

Quelques semaines plus tard, en février 1983, The Gazette annonce le retour de Nina Simone au Rising Sun pour une nouvelle série de spectacles présentés par Roué Doudou Boicel. Dans l’article intitulé “Oh boy, Nina’s back in town”, le journaliste Thomas Schnurmacher décrit une artiste arrivée à Montréal dans une ambiance calme et détendue, accueillie au restaurant créole de Boicel avant ses représentations prévues durant toute la fin de semaine. Le texte insiste sur les liens privilégiés développés entre la chanteuse et le club au fil des années, Simone étant devenue l’une des figures internationales les plus associées au Rising Sun. Schnurmacher dresse également le portrait d’une artiste libre et excentrique, discutant autant de son admiration pour Jacques Brel et le Québec francophone que de sa vie personnelle et de ses années passées en Europe. [90]

Malgré l’enthousiasme entourant ce retour, la visite de Nina Simone tourne rapidement à la controverse. Quelques jours plus tard, The Gazette rapporte que la chanteuse interrompt brusquement sa série de spectacles après seulement une soirée à la suite d’un différend financier avec Roué Doudou Boicel. Selon l’article signé par John Griffin, Simone refuse de poursuivre son engagement tant qu’elle ne reçoit pas la somme qu’elle estime lui être due en vertu de son contrat, lequel prévoyait 80 % des recettes de la porte. Boicel affirme pour sa part vouloir attendre la fin complète des représentations avant d’effectuer le paiement. À la suite de ce désaccord, Simone quitte Montréal pour retourner à Los Angeles, obligeant le Rising Sun à rembourser les spectateurs des spectacles annulés. Cette brève controverse illustre les tensions financières auxquelles font alors face plusieurs clubs de jazz montréalais malgré la présence régulière d’artistes internationaux majeurs. [91]

En juin 1983, Le Devoir annonce finalement la contramandation d’un important concert bebop prévu à la Place des Arts et organisé par Doudou Boicel, propriétaire du club de jazz Soleil Levant (Rising Sun). Présenté comme un véritable « concert du siècle no. 2 », l’événement devait réunir plusieurs grandes figures du jazz américain, dont Dizzy Gillespie, Freddie Hubbard, Benny Carter, Slide Hampton, John Lewis, Ray Brown et Mickey Roker. Cette annulation témoigne des difficultés croissantes entourant certaines productions jazz montréalaises au début des années 1980, malgré les ambitions toujours importantes de Roué Doudou Boicel. [92]

12. 1984 : « Le Jazz N’est Pas Mort »

En février 1984, le magazine Pop Rock souligne le dixième anniversaire du Rising Sun Celebrity Jazz Club, fondé par Roué Doudou Boicel sur la rue Sainte-Catherine Ouest. Le texte rappelle qu’en 1974, Boicel avait acheté un ancien bar de danseuses sans se douter que l’endroit deviendrait quelques années plus tard l’un des clubs de jazz les plus réputés de Montréal. L’article insiste sur la capacité du Rising Sun à survivre aux nombreuses difficultés du milieu des clubs montréalais tout en accueillant plusieurs grandes figures internationales du jazz dans une salle reconnue pour son atmosphère intime et la fidélité de son public de jazzophiles. Pour souligner ce dixième anniversaire, le club annonce alors une nouvelle série de concerts internationaux et reprend le slogan utilisé lors de ses débuts en 1975 : « Le Jazz N’est Pas Mort ». [98]

Au même moment, La Presse souligne le retour du jazz et du blues au Soleil Levant après une période davantage consacrée au reggae. Le journal rappelle que, depuis près de dix ans, Doudou Boicel joue un rôle majeur dans la présence des grandes vedettes du jazz et du blues à Montréal, en les accueillant dans sa petite salle située en face de la Place des Arts. Présenté comme un artisan du jazz, un ami des musiciens et l’un des instigateurs du premier Festival international de jazz de Montréal, Boicel doit toutefois composer avec la concurrence croissante des grandes salles comme le Club Montréal, le Spectrum et le Théâtre Saint-Denis, capables d’offrir des cachets beaucoup plus élevés aux artistes. Malgré ces difficultés, le Soleil Levant revient alors à ses premières amours avec une programmation annoncée autour de Eddie « Cleanhead » Vinson, Joe Pass, Larry Coryell, Hank Jones et Dizzy Gillespie, confirmant la volonté de Boicel de maintenir vivant l’esprit jazz du club. [95]

En février 1984, Nathalie Petrowski publie également dans Le Devoir un portrait du Soleil Levant et de son propriétaire Roué Doudou Boicel à l’occasion d’une série de spectacles du saxophoniste Eddie « Cleanhead » Vinson. Le texte décrit un club vieillissant, encore décoré de miroirs récupérés du défunt Rockhead Paradise, où le public vient surtout retrouver l’atmosphère des grandes années du jazz montréalais. Petrowski rappelle que le Soleil Levant, ouvert en 1975, avait déjà accueilli plusieurs figures majeures du jazz et du blues, dont Roland Kirk, Charles Mingus, Bill Evans, Sonny Stitt et Muddy Waters. Mais au début des années 1980, le club traverse une période difficile : les dettes s’accumulent, le public se fait plus rare, le jazz devient plus commercial ailleurs et le Festival de jazz attire désormais une grande partie de l’attention médiatique et du public. [94]

L’article revient également sur les tentatives de Boicel pour sauver ses activités, notamment la relance du Rockhead Paradise, finalement jugée trop éloignée et trop coûteuse pour survivre. Replié sur sa salle de la rue Sainte-Catherine Ouest, Boicel tente encore de maintenir une programmation de jazz « live » dans un contexte devenu très difficile. Petrowski présente ainsi le Soleil Levant comme l’une des dernières véritables boîtes de jazz de Montréal, fragile mais toujours animée par la volonté de faire revivre une tradition musicale en déclin. [94]

En mars 1984, La Presse consacre un article au saxophoniste Archie Shepp et au dixième anniversaire du Soleil Levant, décrit comme l’un des principaux clubs montréalais consacrés au jazz et au blues. Denis Lavoie rappelle que Roué Doudou Boicel continue alors d’y présenter plusieurs figures importantes du jazz américain, perpétuant une tradition amorcée depuis le milieu des années 1970. Les performances du quartette de Archie Shepp, accompagné notamment de Ken Werner, Marvin Smith et Ira Coleman, sont décrites comme particulièrement intenses et électrisantes, comparées à l’énergie d’un groupe rock malgré l’absence d’instruments électriques. Lavoie souligne également que le Soleil Levant, restauré avec certains éléments récupérés du Rockhead Paradise, demeure un lieu important du jazz montréalais malgré les difficultés économiques du début des années 1980. Le texte annonce aussi la venue prochaine de Dizzy Gillespie ainsi que le lancement d’un disque produit par Boicel à partir du concert-hommage à Charlie Parker présenté à la Place des Arts en 1980. [97]

En août 1984, Le Devoir publie un texte signé par Roué Doudou Boicel à la suite du décès de la chanteuse blues Big Mama Thornton. Intitulé « Le blues est en deuil », l’article prend la forme d’un témoignage personnel dans lequel le propriétaire du Rising Sun rend hommage à celle qu’il considère comme l’une des plus grandes voix de l’histoire du blues. Boicel rappelle que la chanteuse s’était produite au club durant plusieurs semaines en 1983 et qu’elle avait également séjourné chez lui, à Westmount, pendant près de deux mois. [93]

À travers ce texte, Boicel retrace le parcours difficile de Willie Mae Thornton, née en Alabama dans un contexte marqué par la pauvreté et la ségrégation raciale. Il revient sur ses débuts dans les revues itinérantes américaines, sa percée sur la scène blues ainsi que sa carrière auprès de plusieurs grandes figures du genre. Le promoteur évoque également le déclin progressif de nombreux artistes blues afro-américains, dénonçant l’indifférence des médias et de l’industrie musicale envers cette musique qu’il considère fondamentale dans l’histoire culturelle américaine. Il cite notamment Lightnin’ Hopkins, Muddy Waters, Howlin’ Wolf, T-Bone Walker, Freddy King, John Lee Hooker, Sonny Terry, Brownie McGhee, Clifton Chenier et Buddy Guy. Le texte se termine sur une note très personnelle, Boicel affirmant que le Rising Sun et les amateurs de blues montréalais ne conserveront « que d’heureux souvenirs » de la chanteuse. [93]

En octobre 1984, La Presse consacre enfin un article au retour du légendaire batteur Art Blakey au Soleil Levant, présenté comme la plus ancienne boîte de jazz de Montréal. Denis Lavoie décrit Blakey comme l’un des grands découvreurs de talents du jazz moderne, ayant contribué à lancer la carrière de musiciens devenus célèbres comme Freddie Hubbard, Chuck Mangione et Wynton Marsalis. L’article souligne également les liens étroits entre Blakey et Doudou Boicel, ce dernier affirmant que le musicien lui avait appris plusieurs aspects du métier de propriétaire de club de jazz au moment des débuts du Soleil Levant. Ancien collaborateur de Miles Davis, John Coltrane, Thelonious Monk, Dizzy Gillespie, Wayne Shorter, McCoy Tyner et Bud Powell, Art Blakey est présenté comme un chef d’orchestre capable de constamment renouveler les Jazz Messengers en intégrant de jeunes musiciens prometteurs à son groupe. Malgré son âge, le batteur demeure décrit comme toujours énergique et animé par la même volonté de faire évoluer le jazz. [96]

13. 1985 : Le Rising Sun entre blues, reggae et hardcore montréalais

En 1985, le Rising Sun de la rue Sainte-Catherine Ouest poursuit sa transformation en salle à la programmation de plus en plus éclectique. Dans sa section “Best Bets”, The Gazette souligne dès janvier la diversité musicale du club, annonçant autant des spectacles punk-hardcore montréalais avec Genetic Control et League of Dead Politicians qu’une soirée reggae mettant en vedette Jah Cuttah. [101]

Cette évolution marque un important changement par rapport à l’identité initiale du Rising Sun, longtemps associé presque exclusivement au jazz et au blues afro-américain sous la direction de Roué Doudou Boicel. Malgré cette diversification, le club demeure toutefois profondément lié à la scène blues montréalaise. Toujours en janvier 1985, la chronique Jazz Notes du journaliste Len Dobbin annonce la venue du chanteur et bassiste de blues “Big” Miller, accompagné du pianiste Big Moose Walker. Présenté comme une figure importante du blues nord-américain, Clarence H. Miller est alors associé à une longue carrière ayant notamment croisé celles de Jay McShann et Jon Hendricks. L’article rappelle aussi sa participation au documentaire canadien Big and the Blues produit par l’Office national du film. [98]

La chronique mentionne également que Roué Doudou Boicel vient de lancer l’album The Great Blues Immortals, regroupant des enregistrements réalisés à Montréal avec plusieurs figures du blues et du jazz afro-américain, dont Rahsaan Roland Kirk, Esther Phillips, Lightnin’ Hopkins et Big Mama Thornton, captés soit au Rising Sun, soit lors du Festijazz de 1980 à la Place des Arts. Malgré les difficultés financières traversées au début des années 1980, le club continue donc d’agir comme lieu de diffusion musicale, de production discographique et de rencontre entre artistes américains et scène montréalaise. [98]

À la fin de l’année, le Rising Sun accueille également la scène hardcore punk en pleine montée à Montréal. En décembre 1985, The Gazette publie une critique du concert des Circle Jerks présenté au club avec les groupes montréalais Asexuals et Syndicate. Dans son article intitulé “L.A. hardcore music comes to town”, le journaliste Michael Mirolla décrit l’arrivée à Montréal du hardcore californien associé à la mouvance punk radicale de Los Angeles. Il souligne notamment la présence de Keith Morris, ancien chanteur de Black Flag devenu leader des Circle Jerks, ainsi que l’ambiance extrêmement énergique du spectacle présenté devant une salle comble. [100]

Mirolla remarque également qu’une partie importante du public provenait d’un concert de Motörhead présenté le même soir au Spectrum, signe du rapprochement grandissant entre les scènes hardcore punk et heavy metal au milieu des années 1980. Le journaliste souligne aussi la place importante occupée par les groupes locaux, particulièrement Asexuals, alors considérés parmi les formations hardcore les plus marquantes de Montréal. À travers ces spectacles, le Rising Sun apparaît désormais comme une salle ouverte à une multitude de styles musicaux, allant du jazz et du blues au reggae, au punk et au hardcore, reflétant les profondes transformations de la vie nocturne montréalaise au milieu des années 1980. [100]

« Des promoteurs de musique alternative m’ont approché pour produire des spectacles. J’ai hésité à donner suite à leur demande. Ils m’avaient assuré qu’ils veilleraient à ce que tout se passe bien. J’ai pris le risque en louant les lieux à ces jeunes promoteurs anglophones de Montréal. Le nom de leur compagnie était Bad Productions. Les groupes avaient des noms représentatifs des spectacles qu’ils présentaient, entre autres Fair Warning, Me, Mom & Morgentaler, Vomit and the Zits, GBH, Corrosion of Conformity, Fatal Illness, Block Parents, Déjà Voodoo, Zak, Symphonite, The Gruesomes, Seventh Seal, Double Agent, Sons of the Desert et Vegetable. Il y avait parmi la clientèle des skinheads. Ils me respectaient tous. Je n’ai eu aucun problème avec eux. La musique était une cacophonie infernale. Les musiciens grattaient sauvagement les instruments à cordes (guitare et basse). Le batteur se défoulait sur la batterie comme un malade en pleine crise d’hystérie. Il y avait des groupes composés de femmes qui projetaient la même énergie frénétique : Seventh Seal en était un. Les jeunes dans la salle pratiquaient le slam dancing. Un groupe de danseurs bougeait comme une marée, chargeant les autres qui, à leur tour, faisaient de même. Une fille ou un garçon montait sur les gros haut-parleurs, puis se lançait dans le vide pour tomber sur les danseurs; quelques fois, ils tombaient sur le plancher et se blessaient. Il y avait un gars qui avait un rat gris qu’il laissait se promener sur sa tête. Un soir, un de ces jeunes était assis au bas de l’escalier du deuxième étage. J’ai aperçu du sang couler sur son avant-bras. Je lui ai demandé ce qui lui était arrivé. Il m’a répondu : “Il n’y a pas de problème, Doudou, tout est cool.” En vérifiant de plus près, j’ai constaté qu’une veine était sectionnée. J’ai immédiatement appelé l’ambulance, qui est venue tout de suite. Il fut transporté à l’hôpital Saint-Luc. Par la suite, j’ai appris qu’il avait subi une opération qui avait duré quatre heures. Je n’ai vraiment pas compris son geste. Un soir, deux promoteurs avaient organisé un spectacle de punk rock avec le groupe anglais GBH. Il y avait environ cinq cents jeunes dans le club, serrés comme des sardines. Les jeunes chahutaient. Ils crachaient sur la tête des gens qui entraient. Un officier de police m’a appelé pour m’avertir qu’une intervention se préparait : “Doudou, vide la salle pour éviter une descente.” J’ai immédiatement fait ce que l’officier a dit. J’ai parlé aux jeunes, qui m’ont écouté. Ils sont sortis sans causer aucun problème. La descente policière a été évitée de justesse grâce aux bonnes relations que j’avais avec les officiers de ce poste de police. J’ai mis fin à ce genre de spectacles démentiels et schizophréniques. » [103]

— Roué Doudou Boicel

14. 1986 : Le Rising Sun

En avril 1986, The Gazette annonce que Roué Doudou Boicel, propriétaire du Rising Sun de la rue Sainte-Catherine Ouest, revient d’un voyage de trois semaines en Haïti où il a été invité à organiser un festival international de jazz à Port-au-Prince prévu pour février 1987. L’article précise que Dizzy Gillespie doit assurer l’ouverture du festival, tandis que B.B. King figure également parmi les artistes confirmés. L’événement doit réunir des spectacles de jazz, de blues, de reggae et de salsa, illustrant une fois de plus la volonté de Boicel de dépasser le cadre montréalais et de développer des projets musicaux internationaux liés aux musiques afro-américaines et caribéennes. [104]

En octobre 1986, Le Devoir publie une lettre ouverte de Roué Doudou Boicel dénonçant ce qu’il considère comme une campagne de discrimination menée par la Guilde des musiciens de Montréal contre le Rising Sun (Soleil Levant). Le propriétaire du club affirme que son établissement a été inscrit sur une liste d’interdits pour avoir prétendument engagé des musiciens non membres de l’American Federation of Musicians. Boicel soutient toutefois que plusieurs accusations étaient sans fondement, mentionnant notamment des noms comme Jah Cuttah, The Absurds, Vomit and the Zits, Stephen Barry, Joe Pass et Joe Jammer Charlebois. [103]

Dans sa lettre, Boicel accuse également la Guilde d’appliquer des règles différentes au Rising Sun comparativement à d’autres salles montréalaises présentant elles aussi des spectacles rock, punk, reggae, blues et jazz avec des musiciens non membres. Il rappelle que le Rising Sun avait joué un rôle important dans l’organisation des premiers festivals internationaux de jazz à Montréal à la fin des années 1970 sous le nom de Rising Sun Festi-Jazz. À travers cette prise de position, Roué Doudou Boicel se présente comme un défenseur indépendant de la scène musicale montréalaise face aux pressions institutionnelles et syndicales du milieu culturel de l’époque. [103]

15. 1987 : Le Rising Sun

En mai 1987, The Gazette annonce la tenue d’une série de spectacles-hommages consacrés à Rufus Rockhead au Rising Sun de la rue Sainte-Catherine Ouest. Organisé par l’Association pour la Promotion et la Diffusion de la Culture Noire du Québec, dirigée par Roué Doudou Boicel, l’événement vise à rappeler l’importance historique du fondateur du légendaire Rockhead’s Paradise dans la vie culturelle montréalaise. [105]

L’article revient sur le parcours de Rufus Nathaniel Rockhead, immigrant jamaïcain devenu propriétaire de l’un des cabarets noirs les plus célèbres de Montréal. Ouvert à l’angle des rues Saint-Antoine et de la Montagne au début des années 1930, le Rockhead’s Paradise accueille au fil des décennies plusieurs grandes figures du jazz et du divertissement afro-américain, dont Billie Holiday, Sarah Vaughan, Redd Foxx, Sammy Davis Jr., Louis Armstrong et Pearl Bailey. Le texte souligne également que de nombreux artistes internationaux fréquentaient le club même sans s’y produire, simplement pour venir rencontrer Rufus Rockhead et participer à l’ambiance du lieu. [105]

Roué Doudou Boicel affirme dans l’article que Rufus Rockhead et son cabaret devraient être considérés comme une part importante du patrimoine montréalais au même titre que plusieurs lieux historiques de la ville. Le texte rappelle aussi qu’après le retour au pouvoir des libéraux québécois au début des années 1960, le club reprend ses activités avant d’être finalement vendu à Boicel en 1980. Sous le nom de Doudou’s Rockhead Paradise puis Rising Sun 2, la salle accueille encore des artistes comme Nina Simone, Eartha Kitt, Milt Jackson et Dizzy Gillespie avant sa fermeture définitive en 1982. [105]

Les spectacles-hommages présentés au Rising Sun doivent réunir plusieurs artistes montréalais, dont Kenny Hamilton, Derek Martin, Geraldine Hunt, Alma Faye Brooks, Kenny Wilson, Willy Ray, Skipper, Dennis Dean, Ivan Symonds et Jimmy Oliver. À travers cette initiative, The Gazette montre comment Roué Doudou Boicel cherche alors à préserver la mémoire des grandes institutions noires et jazz de Montréal à une époque où plusieurs de ces lieux ont déjà disparu. [105]

16. 1988 : Le Rising Sun

17. 1989 : Le Rising Sun

18. 1990 : Le Rising Sun

20. Distinctions & héritage

En 2008, plus de quinze ans après la fermeture du Rising Sun, Roué-Doudou Boicel revient publiquement sur l’histoire du club et sur son propre rôle dans le développement du jazz et du blues à Montréal, dans un contexte où il estime que cette période a été partiellement oubliée ou minimisée par les institutions culturelles et les médias[59]. À travers l’ouvrage L’Histoire du Rising Sun et ses légendes jazz & blues, Boicel cherche à rétablir ce qu’il considère comme une mémoire effacée, rappelant que le Rising Sun fut, selon lui, au cœur d’un véritable renouveau du jazz montréalais à la fin des années 1970[59]. Installé au 286, rue Sainte-Catherine Ouest, le club avait alors réussi à attirer dans un cadre intime des figures majeures comme Art Blakey, McCoy Tyner, Sarah Vaughan, B.B. King, Bill Evans, Nina Simone, Oscar Peterson, Willie Dixon, Muddy Waters et John Lee Hooker, transformant le lieu en véritable carrefour international du jazz et du blues[59]. Boicel insiste particulièrement sur le caractère exceptionnel de cette programmation dans le contexte montréalais de l’époque, rappelant qu’au milieu des années 1970, peu de clubs locaux étaient encore capables d’attirer de tels artistes de manière régulière[59]. L’article souligne également que le Rising Sun ne représentait pas seulement un lieu de diffusion musicale, mais un espace profondément humain et communautaire, où se croisaient musiciens internationaux, artistes locaux, étudiants, intellectuels et amateurs passionnés[59]. Boicel évoque avec émotion l’atmosphère du club, les relations personnelles développées avec les musiciens et les sacrifices financiers nécessaires pour maintenir une programmation ambitieuse malgré des moyens limités[59]. Il raconte notamment certains épisodes marquants, comme le retour inattendu d’Art Blakey après une dispute initiale, illustrant les liens complexes mais souvent très forts qu’il entretenait avec les artistes[59]. Le texte rappelle aussi que l’expérience du Rising Sun mène directement à la création du Rising Sun Festijazz, présenté à la Place des Arts entre 1978 et 1980, événement que Boicel considère comme le véritable premier festival international de jazz et de blues de Montréal[59]. À travers ce témoignage rétrospectif, l’héritage du Rising Sun apparaît donc comme beaucoup plus large que celui d’un simple club de jazz. Le lieu est présenté comme un espace de transmission culturelle, de résistance artistique et de valorisation des musiques afro-américaines dans un Montréal alors en pleine transformation culturelle[59]. Même après sa fermeture en 1991, le Rising Sun demeure associé à une époque où le jazz et le blues occupaient encore une place centrale dans certains quartiers du centre-ville, et où un petit club indépendant pouvait servir de point de rencontre entre Montréal, New York, Chicago et les grandes traditions musicales noires américaines[59]. À travers ses souvenirs, Boicel cherche ainsi non seulement à préserver la mémoire du Rising Sun, mais aussi à rappeler l’importance des acteurs indépendants dans l’histoire culturelle montréalaise, affirmant que sans ces initiatives souvent fragiles et peu soutenues, une partie essentielle de la scène jazz de la ville n’aurait jamais existé[59].

Boicel est honoré à de multiples reprises : 20e Mois de l’histoire des Noirs (2011), Grand Citoyen (Côte-des-Neiges–NDG, 2011), Prix Mathieu Da Costa (2013), Grand Prix Dynastie (2018), ainsi qu’à New York, en Guyane française, en Afrique du Sud et au Sénégal. [1]

12. Notes & sources

  1. Ville de Montréal, « Rouè-Doudou Boicel », Ordre de Montréal. Notice biographique consacrée à Rouè-Doudou Boicel à l’occasion de son admission à l’Ordre de Montréal en 2018. Le texte retrace son parcours depuis la Guyane française jusqu’à Montréal, où il fonde en 1975 le club Rising Sun avec le slogan « Le jazz n’est pas mort ». La notice souligne son rôle majeur dans le développement de la scène jazz et blues montréalaise entre 1975 et 1992, en attirant des artistes internationaux tels que Ray Charles, Art Blakey, Taj Mahal, Muddy Waters, Buddy Guy, Sarah Vaughan, Dizzy Gillespie et Nina Simone. Elle rappelle également la création du Rising Sun Festijazz en 1978, présenté comme l’un des premiers festivals internationaux de jazz et de blues de Montréal, ainsi que les nombreuses distinctions reçues par Boicel pour sa contribution culturelle et sociale à Montréal et à la communauté noire québécoise. [oai_citation:0‡ville.montreal.qc.ca](https://ville.montreal.qc.ca/ordre/roue-doudou-boicel?utm_source=chatgpt.com)
  2. Boicel, Doudou — L’histoire du Rising Sun et ses légendes du jazz & blues, Les Éditions Michel Brûlé (2008) : Bar des Arts, nettoyage initial, affichage « système D », festivals 1976, contexte des clubs, Art Blakey, B.B. King à la PDA, incendie 1990, Nina Simone, ouverture ponctuelle à l’alternatif/punk.
  3. Félix B. Desfossés — rôle du Rising Sun dans la diffusion hardcore/metal/alternatif à Montréal (années 1980).
  4. « Juifs d’ici : Gangsters juifs » — notice sur Harry Feldman et le contexte “Montréal ville ouverte” (jeux illégaux, contrefaçons, sanctions policières) au 286 Ste-Catherine O.
  5. Brendan Kelly, The Gazette, « 77 Montreal: an oral history of the local punk scene » (21 juillet 2017) — témoignage de Dan Webster (Panic Productions) sur DRI + Rhythm Pigs (17 juin 1986) au Rising Sun.
  6. PÉAN, Stanley, 1999, Toute la ville en jazz, Montréal, éditions Trait d’Union.
    Signalement : ouvrage de synthèse retraçant l’histoire du jazz à Montréal; passage portant sur la désaffection du public dans les années 1970 et la disparition progressive des clubs, puis sur l’émergence du Rising Sun au printemps 1975 comme lieu central de diffusion; évoque son rôle initial comme salle de répétition pour musiciens locaux et sa transformation rapide en halte incontournable pour les grandes figures du jazz et du blues en tournée, avec une programmation à portée internationale; mentionne également son implantation au 286, rue Sainte-Catherine Ouest et l’impulsion donnée par Doudou Boicel pour attirer des artistes majeurs, contribuant indirectement à la genèse du premier festival de jazz montréalais (Festijazz, 21–23 juillet 1978).
  7. BOICEL, Roué-Doudou, 2013, L’histoire du Rising Sun et ses légendes jazz & blues, Montréal, Michel Brûlé.
    Signalement : ouvrage autobiographique et documentaire consacré au Rising Sun et à son fondateur; retrace l’essor du club dans le Montréal de la fin des années 1970 et son rôle comme haut lieu du jazz et du blues; rassemble anecdotes, témoignages et photographies inédites de musiciens de premier plan; inclut un passage détaillant la genèse du Rising Sun Festijazz (21–23 juillet 1978, salle Wilfrid-Pelletier, Place des Arts), présenté comme le premier festival international de jazz et de blues de Montréal, né de l’initiative de l’auteur à la suite d’un voyage au Vermont et de rencontres avec des artistes tels que Rahsaan Roland Kirk.
  8. BOICEL, Rouè-Doudou, L’histoire du Rising Sun et ses légendes jazz & blues, Montréal, Michel Brûlé, s.d., p. 21–33.
    Signalement : décrit le déclin du jazz à Montréal au début des années 1970 au profit du rock et du disco, ainsi que la survie d’une scène marginale dans des lieux comme le Rainbow Bar & Grill; expose les difficultés d’obtention des permis d’alcool dans un contexte marqué par la pègre et le contrôle administratif; retrace la transformation du 286, rue Sainte-Catherine Ouest (ancien Bar des Arts) en Rising Sun, porté par une volonté de relance du jazz (« Le jazz n’est pas mort »).
  9. The Montreal Star, 3 avril 1976, p. 168 — « Doudou’s place ».
    Signalement : chronique décrivant l’ambiance du club Rising Sun (286 rue Sainte-Catherine Ouest) dirigé par Roué Doudou Boicel, incluant sa programmation jazz, ses influences antillaises (madou au rhum, acras) et l’annonce d’un festival avec la Multi-Stimulus Music Society de New York et Muneer Abdallah Fattah.
  10. Mainmise, mai 1976, p. 15 — « Non, le jazz n’est pas mort! ».
    Signalement : article couvrant le Festival de jazz de la salle Pollack de l’Université McGill (3–4 avril 1976), mettant en lumière la vitalité de la scène jazz montréalaise, la participation du McGill Jazz Band dirigé par Nick Ayoub et plusieurs ensembles locaux, tout en soulignant l’émergence d’une nouvelle génération de musiciens et l’importance des initiatives éducatives et indépendantes dans la survie du jazz.
  11. Le Jour, 14 juillet 1976, p. 23 — « Festival de jazz ».
    Signalement : publicité-programme annonçant un festival présenté du 15 au 31 juillet 1976 au Rising Sun / Soleil Levant (286 ouest, rue Sainte-Catherine), incluant des artistes et formations tels que Wintergarden, Maury Kaye Quartet, Johanne Desforges, Zak, Jacques Maçon, Peter Leich Quartet, Ivan Symonds, Meandre, Ron Proby, Guy Nadon et la Multi-Stimulus Music Society de New York.
  12. The Gazette, 4 septembre 1976, p. 40 — « Season of changes in local jazz scene ».
    Signalement : chronique indiquant que le Rising Sun a connu un très bon été, mentionnant Roué Doudou Boicel et les perspectives de programmation pour la nouvelle saison, incluant des artistes invités et le maintien d’une activité jazz soutenue.
  13. The Gazette, 6 mars 1976, p. 45 — « Jazzraps » (chronique de Nighthawk).
    Signalement : article mentionnant le Rising Sun (286, rue Sainte-Catherine Ouest) et son propriétaire Roué Doudou Boicel, soulignant l’achalandage important du club, sa programmation jazz régulière et les projets d’expansion incluant l’ajout d’un espace d’écoute à l’étage.
  14. The Gazette, 13 septembre 1976, p. 38 — « Kirk: A miraculous talent that can’t be destroyed ».
    Signalement : article soulignant les performances de Rahsaan Roland Kirk au Rising Sun (286, rue Sainte-Catherine Ouest), mentionnant l’achalandage important et identifiant Kirk comme la première grande tête d’affiche présentée par le club.
  15. The Montreal Star, 13 septembre 1976, p. 53 — « Kirk fits the mood at rising jazz club ».
    Signalement : article décrivant le Rising Sun (286, rue Sainte-Catherine Ouest), son aménagement intérieur et son ambiance, tout en couvrant les performances de Rahsaan Roland Kirk et en soulignant son rôle comme première grande tête d’affiche du club.
  16. The Gazette, 7 octobre 1976, p. 48 — « Blakey’s message comes through clear ».
    Signalement : critique des prestations d’Art Blakey et des Jazz Messengers au Rising Sun (286, rue Sainte-Catherine Ouest), mettant en évidence l’intensité du concert, la réaction du public et la place du club dans le circuit des tournées jazz internationales.
  17. The Gazette, 3 janvier 1977, p. 33 — « Gillespie brings in New Year at a Dizzy-ing, jazzy pace ».
    Signalement : article couvrant les célébrations du Nouvel An au Rising Sun avec Dizzy Gillespie, décrivant l’ambiance, la forte affluence et la performance du trompettiste accompagné de son groupe.
  18. The Gazette, 15 novembre 1976, p. 38 — « Lateef, quartet enjoy triumphant visit ».
    Signalement : article relatant la résidence du quartet de Yusef Lateef au Rising Sun (286, rue Sainte-Catherine Ouest), soulignant l’achalandage important, la réception enthousiaste du public et la participation du batteur Albert « Tootie » Heath.
  19. The Gazette, 1 décembre 1976, p. 41 — « Jones’ jazz jumps ».
    Signalement : article couvrant les performances du batteur Elvin Jones au Rising Sun (286, rue Sainte-Catherine Ouest), soulignant son rôle historique au sein du quartet de John Coltrane et la qualité des concerts présentés avec son groupe.
  20. The Gazette, 8 décembre 1976, p. 44 — « From Cuba with love comes Santamaria sound ».
    Signalement : article couvrant les performances de Mongo Santamaria au Rising Sun (286, rue Sainte-Catherine Ouest), soulignant l’énergie des concerts, l’accueil enthousiaste du public et l’apport des influences afro-cubaines dans la programmation du club.
  21. The Gazette, 16 décembre 1976, p. 52 — « If you want the blues, Koko’s got ’em ».
    Signalement : critique des performances de Koko Taylor et du Blues Machine au Rising Sun (286, rue Sainte-Catherine Ouest), décrivant son style vocal, le répertoire présenté et la réception du public.
  22. Roué Doudou Boicel, L’histoire du Rising Sun et ses légendes jazz & blues, Montréal, Michel Brûlé, p. 53–57.
    Signalement : récit autobiographique relatant les rencontres avec Rahsaan Roland Kirk, incluant ses passages au Rising Sun en 1976 et les souvenirs associés à ses performances, son charisme, son état de santé et son impact durable sur le club et son public.
  23. Roué Doudou Boicel, L’histoire du Rising Sun et ses légendes jazz & blues, Montréal, Michel Brûlé, p. 58–59.
    Signalement : passage consacré à Dizzy Gillespie, évoquant sa relation personnelle avec Boicel, ses prestations au Rising Sun (notamment au Nouvel An), son rôle de soutien au club ainsi que des souvenirs liés à ses collaborations ultérieures à Montréal, incluant le concert hommage à Charlie Parker à la Place des Arts.
  24. Roué Doudou Boicel, L’histoire du Rising Sun et ses légendes jazz & blues, Montréal, Michel Brûlé, p. 50–51.
    Signalement : témoignage sur le premier passage d’Art Blakey et des Jazz Messengers au Rising Sun, marquant l’entrée du club dans le circuit international et une étape clé dans sa professionnalisation.
  25. The Montreal Star, 11 novembre 1977, p. 22. L’article souligne le passage de Dexter Gordon au Rising Sun, accueilli avec une attention quasi religieuse par le public montréalais. Le saxophoniste, alors au sommet de sa maturité artistique, y livre une performance marquée par une maîtrise souveraine du tempo, un phrasé ample et une présence scénique imposante. Sa venue confirme la capacité du club à attirer des figures majeures du jazz international et à offrir un cadre intime propice à une écoute attentive, transformant chaque prestation en expérience immersive.
  26. The Montreal Star, 3 septembre 1977, p. 39. Dans l’article « Jazz is for everyone », Roué Doudou Boicel décrit le Rising Sun comme un lieu voué à rendre le jazz accessible à tous, en misant sur une atmosphère inclusive et une programmation ouverte, réunissant des musiciens locaux et internationaux dans un esprit de partage et de démocratisation culturelle.
  27. The Montreal Star, 24 septembre 1977, p. 34. Article décrivant le Café Créole adjacent au Rising Sun, opéré par Alex Boicel, fils de Roué Doudou Boicel. Le texte met en lumière la cuisine créole guyanaise (notamment les acras), l’approche artisanale du lieu ainsi que le rôle complémentaire de cette offre culinaire dans l’expérience globale du club.
  28. The Montreal Star, 8 janvier 1977, pp. 138–139. Article « Jazz joints » décrivant le Rising Sun comme un petit club intime au caractère affirmé, dirigé par Roué Doudou Boicel, originaire de Cayenne. Le texte souligne son parcours atypique (électricien, cuisinier, artiste), sa volonté de maintenir le jazz vivant à Montréal, ainsi que son rôle actif dans l’accueil de musiciens locaux et internationaux, souvent dans un esprit de solidarité au sein du milieu jazz.
  29. The Montreal Star, 23 novembre 1977, p. 54. Article « Vinson offers jazz-blues-love » soulignant la présence régulière du saxophoniste Eddie « Cleanhead » Vinson au Rising Sun, favori de Roué-Doudou Boicel, et mettant en évidence son style mêlant jazz et blues ainsi que l’impact de ses performances dans l’atmosphère intime du club.
  30. Le Devoir, 30 décembre 1977, p. 13. Article « Bill Evans : le maître de l’impressionnisme » soulignant le passage du pianiste au Rising Sun (Soleil Levant) avec son trio, et mettant en valeur son style unique, à la fois simple et complexe, ainsi que l’accueil enthousiaste du public montréalais.
  31. Le Devoir, 15 septembre 1977, p. 14. Article « McCoy Tyner au Soleil levant : un feu sacré qui ravage tout » soulignant le passage du pianiste au Rising Sun / Soleil Levant et décrivant l’intensité de son jeu, son héritage lié à John Coltrane ainsi que la puissance spirituelle et physique de ses performances.
  32. The Gazette, 5 mars 1977, p. 32. Article « Jazz fans rarely switch club tastes » décrivant le Rising Sun comme un lieu « caméléon » de la scène jazz montréalaise, attirant un public jeune et diversifié, et soulignant sa capacité à réunir différentes clientèles selon les styles musicaux présentés, notamment le blues et le jazz contemporain.
  33. The Gazette, 22 janvier 1977, p. 25. Article « Pianist shines in jazz quartet » portant sur la prestation de Pharoah Sanders au Rising Sun. Le texte souligne le caractère imprévisible et intense du saxophoniste, tout en mettant en évidence la performance remarquable du pianiste du groupe, jugé comme la véritable révélation du concert. La critique insiste également sur l’évolution du répertoire de Sanders, mêlant be-bop, ballades et influences post-coltraniennes, confirmant le rôle du Rising Sun comme lieu de diffusion d’un jazz moderne, ouvert et en transformation.
  34. The Gazette, 27 janvier 1977, p. 44. Article « Muddy Waters breathes life into the blues » décrivant le passage de Muddy Waters et de son sextette au Rising Sun, transformé pour l’occasion en véritable blues club, et soulignant l’intensité de sa présence scénique, son répertoire classique et l’énergie de son groupe.
  35. Le Devoir, 4 février 1977, p. 15. Article de Nathalie Petrowski, « Ron Carter : Une nouvelle conception de la basse », portant sur le passage du bassiste au Soleil Levant avec son quartet. Le texte met en valeur son approche novatrice de la contrebasse, son jeu raffiné et contrôlé, ainsi que sa capacité à faire évoluer l’instrument vers un rôle plus expressif et central dans le jazz contemporain.
  36. The Gazette, 9 février 1977, p. 38. Article « Jazzman Getz just gets better » consacré au passage de Stan Getz au Rising Sun avec son quartet, soulignant la maturité de son jeu, la contribution remarquable de la pianiste Joanne Brackeen et la cohésion musicale du groupe.
  37. Roué Doudou Boicel, L’histoire du Rising Sun et ses légendes jazz & blues, Montréal, Michel Brûlé, p. 65–66. Récit du passage de Stan Getz au Rising Sun, marqué par des salles combles mais aussi par des péripéties liées à son comportement imprévisible, notamment son absence temporaire en cours de soirée et son retour sur scène dans un état d’ébriété, illustrant les réalités complexes du métier de promoteur.
  38. The Montreal Star, 11 mars 1977, p. 20. Article « Blues legend rocks Rising Sun » consacré à la venue de Willie Dixon, présenté comme une figure majeure du blues dont les compositions, popularisées par Muddy Waters, Howlin’ Wolf et plusieurs groupes rock, résonnent fortement auprès du public. Le texte décrit une performance énergique et communicative, soutenue par un ensemble solide, où Dixon, à la fois chanteur, bassiste et conteur, captive une salle comble et transforme le Rising Sun en véritable temple du blues.
  39. Roué-Doudou Boicel, L’histoire du Rising Sun et ses légendes jazz & blues. Passage consacré à Bill Evans relatant ses prestations au club, marquées par des salles combles, une écoute quasi religieuse, mais aussi des tensions liées à son insatisfaction face au piano (« I can’t play with this fucking piano »), nécessitant l’intervention urgente de Boicel pour remplacer l’instrument. Le témoignage met en lumière la dualité d’Evans, entre génie musical et fragilité personnelle, ainsi que les défis concrets liés à l’accueil d’artistes de ce calibre.
  40. The Gazette, 23 mars 1977, p. 31. Article « Pianist offers treats to any fan » consacré au Bill Evans Trio au Rising Sun. La critique souligne la finesse du jeu d’Evans, caractérisé par une grande délicatesse, une richesse de variations et une capacité à redonner vie à des standards familiers. L’article met également en valeur la performance du bassiste Eddie Gomez, tout en notant certaines réserves à l’égard du batteur Eliot Zigmund, jugé trop puissant pour l’esthétique nuancée du trio.
  41. The Gazette, 20 juillet 1977, p. 29. Article « Big ole Mama singing strong » (Vadney Haynes) consacré à Big Mama Thornton au Rising Sun, soulignant la puissance intacte de sa voix après près de quarante ans de carrière, son interprétation habitée de « Rock Me Baby », ainsi que son rôle d’autrice de « Hound Dog », souvent associée à Elvis Presley, et la question de la reconnaissance des artistes blues originaux.
  42. The Montreal Star, 10 mai 1977, p. 25. Article « John Lee Hooker: King of blues boogie in full-tilt form » (David Freeston) relatant la prestation de John Lee Hooker au Rising Sun, soulignant son style boogie hypnotique, sa présence scénique imposante et la réaction enthousiaste du public, ainsi que l’accompagnement du Coast to Coast Blues Band.
  43. The Gazette, 12 mai 1977, p. 40. Article « His hard jazz has soft centre » (Dane Lanken) portant sur la prestation du trompettiste Nat Adderley au Rising Sun, décrivant un jazz énergique et tranchant mêlant bebop, latin et rock, tout en soulignant la cohésion du quintette et la richesse rythmique et harmonique de son jeu.
  44. The Gazette, 23 juin 1977, p. 46. Article « His voice, playing prove Hopkins knows the blues » (Vadney S. Haynes) portant sur le retour de Lightnin’ Hopkins au Rising Sun, soulignant son statut de légende du blues et la profondeur historique de son jeu, tout en notant les difficultés de cohésion lors de la soirée d’ouverture dues à un manque de préparation du groupe.
  45. The Montreal Star, 18 juillet 1977, p. 44. Article « Wells-Guy band keeps Chicago blues alive » (Matt Radz) décrivant la prestation du Junior Wells–Buddy Guy Band au Rising Sun, soulignant une performance quasi parfaite, l’évolution du jeu de Buddy Guy et l’énergie collective du groupe dans la tradition du Chicago blues.
  46. The Gazette, 9 décembre 1977, p. 34. Article « Duke’s favorite guitarist is unaffected by success » (Nighthawk) consacré à Kenny Burrell au Rising Sun, mettant en lumière son style subtil et raffiné, sa relation avec le public et son approche musicale empreinte de retenue et de maîtrise.
  47. The Montreal Star, 15 décembre 1977, p. 27. Article « Jimmy Smith sets the pace » (Matt Radz), décrivant la performance du célèbre organiste au Rising Sun, son influence majeure, sa virtuosité et l’intensité de son interaction avec le public montréalais.
  48. Pop Jeunesse Rock, 12 novembre 1977, p. 18. Article « Jazz : Une mise au point qui s’impose au sujet de l’unique Club de Jazz à Montréal » défendant le Soleil Levant / Rising Sun comme principal club de jazz de Montréal, tout en abordant les tensions entre promotion, presse musicale, contraintes économiques et reconnaissance du travail de Roué-Doudou Boicel.
  49. La Tribune, 19 décembre 1977. Article « Soleil levant sur jazz » consacré au Rising Sun et à son fondateur Roué-Doudou Boicel. Le texte décrit le club comme un lieu modeste et peu élégant, mais reconnu pour accueillir certains des plus grands musiciens de jazz au monde, dont Dexter Gordon, Yusef Lateef, McCoy Tyner, John Lee Hooker, Stanley Turrentine, Mose Allison, Ron Carter, Art Blakey et Dizzy Gillespie. L’article insiste sur l’atmosphère respectueuse du lieu, la diversité du public montréalais qui le fréquente, ainsi que sur la vision culturelle de Boicel, qui présente le jazz comme une musique issue de l’expérience historique afro-américaine et fondée sur le partage humain plutôt que sur la recherche du profit.
  50. Le Devoir, 27 mai 1978. Article de Nathalie Petrowski intitulé « Doudou Boicel: un premier festival de jazz à Montréal », consacré à l’organisation par Roué-Doudou Boicel du premier festival international de jazz à Montréal sous l’impulsion du Soleil Levant. Le texte retrace les démarches entreprises par Boicel, les difficultés financières liées au projet et sa volonté de faire de Montréal un carrefour international du jazz en réunissant des artistes comme Sarah Vaughan, Muddy Waters, Dexter Gordon, Hubert Laws et B.B. King.
  51. The Gazette, 14 juillet 1978. Article de David Sherman intitulé « Doudou’s stars will jazz it up for black culture », consacré à Roué-Doudou Boicel et au festival « Festijazz » présenté à la Place des Arts. Le texte décrit Boicel comme une figure engagée dans la promotion de la culture noire à Montréal, tout en abordant les risques financiers du festival, ses critiques envers l’industrie musicale et la participation d’artistes majeurs comme John Lee Hooker, Willie Dixon, Muddy Waters, Dexter Gordon, Hubert Laws, Sarah Vaughan et B.B. King.
  52. The Gazette, 26 juillet 1978. Article de David Sherman intitulé « B.B. King tells SRO house to expect ’79 jazz festival », consacré au succès du Festijazz 1978 organisé par Roué-Doudou Boicel à la Place des Arts. Le texte souligne l’important achalandage du festival, la présence de figures majeures du blues comme B.B. King, Willie Dixon, Muddy Waters et John Lee Hooker, ainsi que l’espoir d’un retour du festival en 1979 après le succès de cette première édition.
  53. Le Devoir, 27 janvier 1978, p. 22. Article de Nathalie Petrowski intitulé « D’une salle de répétition à un programme international », consacré au Soleil Levant et à Roué-Doudou Boicel. Le texte retrace l’évolution du club, passé d’une salle de répétition à une scène internationale accueillant des artistes comme Roland Kirk et Art Blakey. L’article décrit aussi l’atmosphère marginale et psychédélique du lieu, ainsi que la philosophie artisanale de Boicel, fondée sur la proximité avec les musiciens, la promotion du jazz et la persévérance malgré les difficultés financières.
  54. The Montreal Star, 1 juin 1978, p. 5. Article de Trevor Rowe intitulé « Musician denied entry to Canada », consacré au refus initial d’accorder un permis de travail au pianiste Horace Silver pour une série de concerts au Rising Sun. Le texte souligne les inquiétudes de Roué-Doudou Boicel face aux nouvelles règles d’immigration touchant les musiciens américains et aux conséquences possibles pour la programmation internationale du club et du festival jazz et blues qu’il prépare à la Place des Arts.
  55. The Montreal Star, 3 juin 1978, p. 16. Article de Trevor Rowe intitulé « Misinterpreted rules lead to permit denials », consacré aux problèmes entourant l’application des nouvelles règles canadiennes d’immigration et de permis de travail pour les musiciens américains. Le texte revient notamment sur le cas du Rising Sun et de Roué-Doudou Boicel, qui avait appris que le pianiste Horace Silver ne pourrait initialement pas entrer au Canada en raison d’interprétations erronées des règlements et de pressions liées à l’embauche de musiciens canadiens. L’article souligne les tensions entre clubs de jazz, syndicats de musiciens et autorités fédérales, tout en précisant que la décision fut finalement renversée après révision du dossier.
  56. The Gazette, 20 juillet 1978, p. 47. Article de David Sherman intitulé « Boogie king is collecting old royalties », consacré à John Lee Hooker lors de son passage à Montréal dans le cadre du Festijazz et de sa prestation au Rising Sun. Le texte revient sur la carrière du bluesman, ses nombreux enregistrements réalisés sous différents pseudonymes, ainsi que les batailles juridiques entourant les redevances de ses anciens disques. L’article souligne également l’attachement de Hooker aux performances en club et à la proximité avec le public, tout en évoquant le rôle de Roué-Doudou Boicel et du Rising Sun dans la promotion du blues et de la culture noire à Montréal.
  57. La Presse, 30 juin 1978, cahier Arts et spectacles, p. 10. Article de Bruno Dostie intitulé « Doudou Boicel ramène les beaux jours du jazz », consacré à Roué-Doudou Boicel, au Soleil Levant et au festival jazz et blues présenté à la Place des Arts en juillet 1978. Le texte souligne la volonté de Boicel de promouvoir le jazz et la culture afro-américaine à Montréal, tout en mettant en lumière la présence d’artistes majeurs comme Sarah Vaughan, Dizzy Gillespie, Dexter Gordon, John Lee Hooker, Muddy Waters et B.B. King. L’article insiste également sur le caractère cosmopolite du Soleil Levant, la popularité croissante du jazz et du blues ainsi que sur l’approche indépendante et artisanale de Boicel.
  58. La Presse, 25 juillet 1978, cahier A, p. 9. Article de Bruno Dostie intitulé « Après le succès du 1er Festijazz, on en prépare déjà un deuxième », consacré au succès du premier Festijazz organisé par Roué-Doudou Boicel à la Place des Arts. Le texte souligne que plus de 15 000 personnes assistent au festival, permettant à Boicel d’envisager immédiatement une deuxième édition encore plus ambitieuse. L’article revient sur les performances de B.B. King, Muddy Waters, John Lee Hooker, Sarah Vaughan et Dexter Gordon, tout en insistant sur la volonté de Boicel d’étendre l’événement à d’autres salles montréalaises et de poursuivre le développement du jazz et du blues à Montréal malgré les difficultés financières et organisationnelles.
  59. La Presse, 27 septembre 2008, cahier Arts et spectacles, p. 14. Article d’Alain Brunet intitulé « Le Rising Sun : Doudou se souvient », consacré aux souvenirs de Roué-Doudou Boicel sur l’histoire du Rising Sun et du Festijazz. Le texte retrace le rôle du club dans le renouveau du jazz montréalais à la fin des années 1970, rappelle la venue de nombreuses figures majeures du jazz et du blues — dont Art Blakey, McCoy Tyner, Sarah Vaughan, B.B. King, Bill Evans, Nina Simone, Oscar Peterson, Willie Dixon, Muddy Waters et John Lee Hooker — et insiste sur le fait que Boicel se considère comme le fondateur du premier festival international de jazz et de blues de Montréal. L’article souligne également ses critiques envers les médias et les institutions publiques, qu’il accuse d’avoir minimisé ou oublié son rôle dans cette période importante de l’histoire culturelle montréalaise.
  60. Roué-Doudou Boicel, L’Histoire du Rising Sun et ses légendes jazz & blues, Montréal, Michel Brûlé, 2008, p. 159-164. Dans ce chapitre consacré à l’organisation du Rising Sun Festijazz de 1978, Roué-Doudou Boicel raconte en détail la création du premier festival international de jazz et de blues de Montréal présenté à la Place des Arts les 21, 22 et 23 juillet 1978. Il y décrit les démarches entreprises pour convaincre la Place des Arts d’accueillir un festival de blues et de jazz, les difficultés financières rencontrées, ses recherches de financement auprès des banques, l’absence de soutien gouvernemental, ainsi que la logistique entourant l’arrivée et l’hébergement des musiciens américains. Le texte revient également sur la programmation du festival — réunissant notamment B.B. King, John Lee Hooker, Muddy Waters, Willie Dixon, Sarah Vaughan, Dexter Gordon, Hubert Laws et Paul Horn — et sur l’atmosphère exceptionnelle des concerts, marqués par des salles combles, l’enthousiasme du public montréalais et la volonté de Boicel de promouvoir la culture afro-américaine à travers le jazz et le blues.
  61. Roué-Doudou Boicel, L’Histoire du Rising Sun et ses légendes jazz & blues, Montréal, Michel Brûlé, 2008, p. 165-169. Dans cette section de l’ouvrage, Roué-Doudou Boicel revient sur plusieurs concerts présentés dans le cadre du Rising Sun Festijazz de juillet 1978, notamment ceux de Hubert Laws, Dexter Gordon, Sarah Vaughan et Paul Horn. Le texte mêle descriptions musicales, souvenirs personnels et anecdotes liées aux artistes, tout en soulignant l’importance culturelle et émotionnelle de ces performances pour le public montréalais. Boicel évoque également les coulisses du festival, les difficultés techniques rencontrées à la Place des Arts, les soirées mondaines entourant les concerts ainsi que les liens humains développés avec plusieurs grandes figures du jazz américain.
  62. Roué-Doudou Boicel, L’Histoire du Rising Sun et ses légendes jazz & blues, Montréal, Michel Brûlé, 2008, p. 171-172. Dans cette section de l’ouvrage, Roué-Doudou Boicel revient sur les concerts de B.B. King présentés dans le cadre du Rising Sun Festijazz de juillet 1978 à la Place des Arts. Il décrit l’impact historique de cette performance, qu’il considère comme l’un des premiers grands concerts de blues présentés à la salle Wilfrid-Pelletier, ainsi que ses rencontres personnelles avec le musicien américain. Boicel insiste sur le professionnalisme, l’élégance et la générosité de B.B. King, tout en évoquant les jam sessions improvisées tenues au Rising Sun après les spectacles avec plusieurs légendes du blues, dont Willie Dixon, John Lee Hooker, James Cotton et Big Mama Thornton.
  63. Roué-Doudou Boicel, L’histoire du Rising Sun et ses légendes Jazz & Blues, Montréal, Michel Brûlé, 2006, p. 152-157. Boicel y relate plusieurs souvenirs personnels liés à John Lee Hooker, Lightnin’ Hopkins, Big Moose Walker et Clifton Chenier. Il décrit notamment des anecdotes de tournée, des moments vécus dans les hôtels, les coulisses du Rising Sun ainsi que les relations d’amitié et de confiance qu’il entretenait avec plusieurs grandes figures du blues américain. Ces passages illustrent également le rôle du Rising Sun comme lieu d’accueil et de rencontre entre Montréal et les musiciens afro-américains du circuit blues et zydeco des années 1970 et 1980.
  64. Roué-Doudou Boicel, L’histoire du Rising Sun et ses légendes Jazz & Blues, Montréal, Michel Brûlé, 2006, p. 158. Boicel y raconte une soirée mémorable au Rising Sun durant laquelle B.B. King, James Cotton, Big Moose Walker, Buddy Guy, Big Mama Thornton, John Lee Hooker et Willie Dixon se retrouvent au club après différents concerts présentés à Montréal. Selon son témoignage, les musiciens improvisent alors une longue jam session jusqu’à l’aube, transformant le Rising Sun en lieu de rencontre privilégié des grandes figures du blues américain de passage dans la métropole.
  65. Photographie de Roué-Doudou Boicel devant le Rising Sun, accompagnée d’une affiche du Rising Sun Festijazz ’78, Montréal, 1978-1990. Cette image illustre la place centrale occupée par Boicel dans le développement du jazz et du blues afro-américains à Montréal à la fin des années 1970. Fondateur et directeur du Soleil Levant, Boicel transforme progressivement son club de la rue Sainte-Catherine Ouest en un véritable carrefour culturel international, accueillant des artistes majeurs comme B.B. King, John Lee Hooker, Willie Dixon, Sarah Vaughan, Dexter Gordon et Muddy Waters. L’affiche visible sur la photographie rappelle l’importance historique du Rising Sun Festijazz de juillet 1978, considéré comme l’un des premiers grands festivals internationaux de jazz et de blues présentés à Montréal avant la création du Festival International de Jazz de Montréal en 1980. Fonds La Presse, P833,S2,D557, Archives nationales à Montréal, Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).
    Source : Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), Fonds La Presse, P833,S2,D557, « Doudou Boicel », 1978-1990.
  66. Photographie de la façade du Paree Business Training Office et du commerce Central Photo Cameras sur la rue Sainte-Catherine à Montréal, vers les années 1950-1960. L’image témoigne du caractère fortement commercial et animé du centre-ville montréalais à cette époque, marqué par la coexistence de bureaux, commerces spécialisés, salles de spectacles et enseignes lumineuses qui définissaient le paysage urbain du Red Light et du Quartier des spectacles avant les grandes transformations des décennies suivantes. Archives de la Ville de Montréal, VM097-Y-02-D003B-0164-31.
    Source : Archives de la Ville de Montréal, Fonds Montréal (Québec). Urbanisme et habitation, VM097-Y-02-D003B-0164-31.
  67. Le Devoir, 16 octobre 1954, p. 35-36. Articles « Le jeu, érigé en système » et « Nombre effarant de maisons de jeu — Tenues “à la perfection” » issus de l’enquête Caron sur le jeu commercialisé à Montréal, associant le 286, rue Sainte-Catherine Ouest aux réseaux de paris clandestins et aux maisons de jeu du centre-ville, notamment autour du bookmaker Harry Feldman.
  68. The Gazette, 5 février 1973. Article « Officer hurt slightly while ducking bullets » rapportant une fusillade survenue au Bar des Arts, au 286, rue Sainte-Catherine Ouest, où des coups de feu sont tirés dans le club avant qu’un suspect armé prenne la fuite vers la rue Jeanne-Mance. Le détective-capitaine Jacques Cinq-Mars est légèrement blessé durant la poursuite.
  69. Le Devoir, 5 février 1973. Article « Tué dans un taxi » établissant un lien possible entre une fusillade survenue au Bar des Arts, au 286, rue Sainte-Catherine Ouest, et le meurtre d’André Trudelle quelques minutes plus tard. Le texte évoque également l’intervention des policiers Jacques Cinq-Mars et Jean-Louis Hélie, ainsi qu’un possible lien avec le gang des Popeyes.
  70. The Gazette, 16 mars 1968. Brève « Thugs Rampage » rapportant qu’un groupe de trois individus saccage le Bar des Arts, situé au 286, rue Sainte-Catherine Ouest, causant environ 2 000 dollars de dommages après avoir brisé du mobilier et détruit plusieurs bouteilles d’alcool. Aucun employé ni client n’est blessé durant l’incident.
  71. Le Polyscope, 12 février 1973, p. 6. Dans une chronique sur les sorties nocturnes montréalaises, l’auteur mentionne un passage au Bar des Arts, au 286, rue Sainte-Catherine Ouest, où « un paquet de monde contemplait la p’tite topless », confirmant la présence de spectacles topless dans l’établissement au début des années 1970.
  72. The Gazette, 21 juillet 1979, p. 35. Dans un article intitulé “His battle wins a berth for the blues”, le journaliste David Sherman dresse le portrait de Roué Doudou Boicel, propriétaire du Rising Sun, à l’occasion du deuxième Festival international de jazz et de blues de Montréal. L’article souligne le rôle central de Boicel dans l’organisation du festival, décrit le Rising Sun comme un important club de jazz et de blues de la rue Sainte-Catherine Ouest, et met en lumière son engagement envers les musiciens ainsi que la scène estivale montréalaise de la fin des années 1970.
  73. The Montreal Star, 26 mai 1979, p. 136. Dans un article intitulé “B.B. to John Lee plus Oscar”, le journal annonce la programmation du deuxième Festival international de jazz et de blues de Montréal organisé par Roué Doudou Boicel, propriétaire du Rising Sun. Le texte présente les artistes invités — dont B.B. King, John Lee Hooker, Lightnin’ Hopkins, Clifton Chenier, Big Mama Thornton, Eddie « Cleanhead » Vinson et Oscar Peterson — ainsi que les détails entourant les représentations prévues à la Place des Arts en juillet 1979.

  74. The Gazette, 30 juillet 1979, p. 35. Dans un article intitulé “A triumphant return as Oscar Peterson dazzles his audience”, le journaliste David Sherman revient en détail sur le deuxième Festival international de jazz et de blues de Montréal organisé par Roué Doudou Boicel et le Rising Sun. Le texte couvre les prestations d’Oscar Peterson, B.B. King, John Lee Hooker, Big Mama Thornton, Clifton Chenier, Eddie « Cleanhead » Vinson et Lightnin’ Hopkins, tout en soulignant le succès populaire et culturel du festival tenu à la Place des Arts.

  75. La Presse, 28 mars 1979, section « Arts et spectacles », p. 15. Dans un article intitulé « La renommée grandissante du jazz », le journal décrit l’essor du jazz et du blues à Montréal à la fin des années 1970 et met en lumière plusieurs acteurs importants de cette scène, dont Roué Doudou Boicel et le Rising Sun. Le texte souligne la multiplication des clubs de jazz, la croissance du nombre de musiciens actifs dans la métropole ainsi que l’organisation du deuxième festival de jazz et de blues de Boicel à la Place des Arts en juillet 1979.
  76. The Sherbrooke Record, 11 avril 1979, p. 17. Dans un article intitulé “A new era of jazz music engulfs Montreal”, le journal décrit l’effervescence de la scène jazz montréalaise à la fin des années 1970 et souligne l’importance grandissante de plusieurs clubs et promoteurs locaux. Le texte met notamment en lumière Roué Doudou Boicel et le Rising Sun, présenté comme un lieu central du jazz et du blues sur la rue Sainte-Catherine Ouest depuis son ouverture en 1975. L’article mentionne également les nombreux artistes internationaux ayant joué au club — dont Mose Allison, Bill Evans, Joe Pass, Milt Jackson, John Hammond, Jim Hall et Phil Woods — ainsi que l’organisation du deuxième festival de jazz et de blues de Boicel à la Place des Arts en juillet 1979.
  77. The Gazette, 31 juillet 1980, p. 17. Dans un article intitulé “Jazz fans given big treat”, le journaliste John Griffin compare la programmation du Rising Sun et du Le Club Montréal, deux établissements voisins de la rue Sainte-Catherine Ouest représentant alors des pôles distincts de la vie nocturne montréalaise. Le texte met particulièrement en valeur la prestation du chanteur de jazz Jon Hendricks au Rising Sun, accompagné notamment de Judith Hendricks, Michelle Hendricks et Bobby McFerrin, tout en soulignant l’atmosphère intimiste du club de Roué Doudou Boicel. L’article mentionne également un spectacle de Bryan Adams au Le Club Montréal, illustrant la diversité musicale présente sur la rue Sainte-Catherine Ouest au début des années 1980.
  78. The Gazette, 4 octobre 1980. Dans un article intitulé “Rockhead’s will reopen later this month”, le journaliste Irwin Block annonce l’acquisition du légendaire Rockhead’s Paradise par Roué Doudou Boicel, propriétaire du Rising Sun. Le texte décrit les projets de réouverture du cabaret de la Petite-Bourgogne, les artistes envisagés pour la programmation — dont Nina Simone, Tito Puente, Eartha Kitt et Mongo Santamaria — ainsi que la volonté de Boicel de préserver l’héritage historique et culturel du lieu.
  79. The Gazette, 28 juin 1980. Dans un article intitulé “Doudou delivers sweet sound of jazz”, le journaliste Juan Rodriguez dresse un portrait détaillé de Roué Doudou Boicel, propriétaire du Rising Sun et organisateur du Festijazz. Le texte décrit l’atmosphère du club, l’influence antillaise de Boicel, sa philosophie de programmation ainsi que l’organisation du Festijazz 1980, qui présente notamment Nina Simone, Taj Mahal, Lightnin’ Hopkins, Buddy Guy, Junior Wells et le Gerry Mulligan Quartet.
  80. Le Devoir, 21 juillet 1980, p. 6. Dans un article intitulé « Le Festijazz de la PdA ne tient pas ses promesses », la journaliste Sylvaine Martin critique le troisième Festijazz de Montréal organisé par Roué Doudou Boicel, propriétaire du Rising Sun. Le texte revient sur les prestations de plusieurs figures majeures du blues et du jazz américain, dont Nina Simone, Taj Mahal, Buddy Guy, Junior Wells, Lightnin’ Hopkins, Willie Dixon, Sonny Terry et Brownie McGhee, tout en soulignant particulièrement la performance exceptionnelle de Nina Simone.
  81. La Presse, 16 décembre 1980, cahier A, p. 15. Dans un article intitulé « Nouvel orchestre afro-jazz », le journaliste Denis Lavoie annonce la création du Rising Sun Afro Jazz Orchestra par Roué Doudou Boicel, propriétaire du Rising Sun et du Rockhead’s Paradise. Le texte décrit la formation multiculturelle du groupe, ses influences afro-cubaines, soul et funk-jazz, ainsi que les ambitions de Boicel de développer un orchestre montréalais capable de rejoindre le marché américain.
  82. The Gazette, 24 avril 1981, p. 50. Dans un article intitulé “Jazz masters spin magic”, le journaliste John Griffin rend compte d’un spectacle des guitaristes Herb Ellis et Barney Kessel au Rockhead’s Paradise. Le texte mentionne que le Rising Sun, décrit comme une « mecca » du jazz sur la rue Sainte-Catherine depuis plusieurs années, est alors relativement dormant, Roué Doudou Boicel concentrant ses énergies sur la restauration du Rockhead’s Paradise. L’article souligne également la présence de Jacques Masson à la batterie et d’Errol Walters à la contrebasse acoustique.
  83. The Gazette, 24 septembre 1981, p. 5. Dans un article intitulé “Club owner Rufus Rockhead dies”, le journaliste Ian Mayer annonce le décès de Rufus Nathaniel Rockhead, fondateur du légendaire Rockhead’s Paradise de la Petite-Bourgogne. Le texte retrace le parcours du propriétaire jamaïcain, qui dirigea pendant plus de cinquante ans l’un des clubs noirs les plus célèbres de Montréal, fréquenté autant par des célébrités internationales que par la communauté locale. L’article rappelle que des artistes comme Oscar Peterson, Billie Holiday, Ella Fitzgerald, Pearl Bailey, Louis Armstrong et Redd Foxx se sont produits ou ont fréquenté le cabaret au fil des décennies. Le journaliste souligne également le rôle social joué par Rockhead dans la communauté noire montréalaise, notamment en offrant du travail à de nombreuses personnes du quartier. Le texte mentionne enfin que le club, fermé après l’attaque cérébrale subie par Rockhead en 1978, avait ensuite été vendu à Roué Doudou Boicel, propriétaire du Rising Sun.
  84. La Presse, 12 novembre 1981, p. A15. Dans un article intitulé « Une fermeture qui n’aura surpris personne », le journaliste Pierre Beaulieu explique que Roué Doudou Boicel renonce finalement à fermer le Rising Sun afin de se consacrer exclusivement au Rockhead’s Paradise. Le texte précise que le promoteur poursuit désormais ses activités dans les deux établissements, continuant de présenter des spectacles de jazz dans les anciens locaux du Rising Sun tout en travaillant à la relance du célèbre cabaret de la Petite-Bourgogne. L’article présente cette décision dans le contexte des difficultés économiques touchant plusieurs salles de spectacles montréalaises au début des années 1980.
  85. La Presse, 14 novembre 1981, p. E1. Dans un court article intitulé « Pas de jazz au Songe Tropical », le journal rapporte que Roué Doudou Boicel avait annoncé son intention de rouvrir le Rising Sun sur la rue Sainte-Catherine Ouest afin d’y présenter de nouveaux spectacles de jazz. Toutefois, Dominique Wilhelmy, nouvelle propriétaire de l’établissement désormais renommé Songe Tropical, déclare ne jamais avoir été informée d’un tel projet et affirme que le lieu continuera plutôt à présenter des spectacles de musique reggae.
  86. The Gazette, 22 mai 1982, p. D1. Dans un article intitulé “‘Paradise’ is faded but it’s not all lost”, la journaliste Brenda Zosky Proulx dresse un portrait du déclin du Rising Sun et du Rockhead’s Paradise, alors dirigés par Roué Doudou Boicel. Le texte décrit les difficultés financières touchant les deux établissements au début des années 1980, notamment les dettes, les salles clairsemées et les transformations rapides de la vie nocturne montréalaise. L’article rappelle aussi l’importance historique du Rockhead’s Paradise sous Rufus Rockhead comme lieu majeur de la culture noire montréalaise, fréquenté par des artistes comme Billie Holiday, Ella Fitzgerald, Pearl Bailey et Louis Armstrong. Malgré les difficultés, Boicel tente toujours de préserver une programmation jazz dans un contexte où plusieurs clubs abandonnent progressivement ce type de musique.
  87. The Gazette, 12 avril 1982, p. 12. Dans un article intitulé “Doudou Boicel firm files for bankruptcy”, le journal annonce que la compagnie Roue Dou Dou Boicel Productions déclare faillite après plusieurs années d’activités au cœur de la scène jazz montréalaise. Le texte revient sur le parcours de Roué Doudou Boicel, associé au Rising Sun, au Festijazz et au Rockhead’s Paradise, rappelant qu’il a présenté à Montréal des artistes comme Muddy Waters, Nina Simone, Taj Mahal, Sonny Terry, Brownie McGhee et Woody Herman. L’article souligne également que la relance du Rockhead’s Paradise, acquis environ dix-huit mois plus tôt, n’a pas obtenu le succès espéré malgré les efforts du promoteur.
  88. The Gazette, 15 juillet 1982. Dans une brève intitulée “Original Rising Sun set to reopen tonight”, le journal annonce la réouverture de l’ancien Rising Sun de la rue Sainte-Catherine Ouest sous le nom Rising Sun 1. L’article explique que Roué Doudou Boicel souhaite relancer le club original avec une programmation mêlant jazz, blues et reggae après avoir déplacé ses activités vers l’ancien Rockhead’s Paradise. Le texte souligne également que plusieurs observateurs considéraient comme une erreur stratégique le déplacement des activités vers le secteur plus isolé de la rue Saint-Antoine.
  89. The Gazette, 24 janvier 1983, p. 23. Dans un article intitulé “Marsalis hot for sold-out Rising Sun shows”, le journaliste Peter Hadekel décrit l’enthousiasme suscité par les spectacles du jeune trompettiste Wynton Marsalis au Rising Sun. Le texte souligne que le club de Roué Doudou Boicel connaît alors l’un des plus importants achalandages de son histoire récente, les spectateurs débordant jusque sur la rue Sainte-Catherine Ouest. Âgé de seulement 21 ans, Marsalis est déjà présenté comme l’une des grandes révélations du jazz américain contemporain après avoir été nommé musicien jazz de l’année par le magazine DownBeat. L’article souligne également la qualité exceptionnelle du groupe accompagnant le trompettiste, notamment Branford Marsalis, Kenny Kirkland, Phil Bowler et Jeff Watts.
  90. The Gazette, 10 février 1983, p. 55. Dans un article intitulé “Oh boy, Nina’s back in town”, le journaliste Thomas Schnurmacher annonce le retour de Nina Simone au Rising Sun pour une série de spectacles présentés par Roué Doudou Boicel. Le texte décrit l’arrivée de la chanteuse à Montréal dans une ambiance détendue et souligne la relation privilégiée entre Nina Simone et le Rising Sun, devenu au fil des années l’un des lieux les plus associés à ses passages dans la métropole. Schnurmacher décrit une artiste calme et de bonne humeur, discutant autant de musique que de Jacques Brel et du Québec francophone.
  91. The Gazette, 17 février 1983, p. 43. Dans une brève intitulée “Angry Nina Simone cuts Montreal stint”, le journaliste John Griffin rapporte que Nina Simone interrompt abruptement sa série de spectacles au Rising Sun après seulement une soirée. Selon l’article, la chanteuse refuse de poursuivre son engagement tant que Roué Doudou Boicel ne lui verse pas une somme qu’elle estime lui être due en vertu de son contrat, lequel prévoyait 80 % des recettes de la porte. Griffin explique que Boicel refuse de payer avant la fin complète des représentations prévues, ce qui provoque le départ immédiat de Simone vers Los Angeles. Le texte souligne également que le club doit rembourser les spectateurs présents pour les spectacles annulés.
  92. Le Devoir, 18 juin 1983, p. 31. Dans une brève publiée à la section culturelle, le journal annonce la contramandation d’un important concert bebop prévu à la Place des Arts et organisé par Doudou Boicel, propriétaire du club de jazz Soleil Levant (Rising Sun). Présenté comme un véritable « concert du siècle no. 2 », l’événement devait réunir plusieurs grandes figures du jazz américain, dont Dizzy Gillespie, Freddie Hubbard, Benny Carter, Slide Hampton, John Lewis, Ray Brown et Mickey Roker. Cette annulation illustre les difficultés croissantes entourant certaines productions jazz montréalaises au début des années 1980, malgré les ambitions toujours importantes de Roué Doudou Boicel.
  93. Le Devoir, 11 août 1984, p. 22. Dans un texte intitulé « Le blues est en deuil », Roué Doudou Boicel rend hommage à Big Mama Thornton à la suite de son décès. Le propriétaire du Rising Sun rappelle que la chanteuse blues s’était produite au club durant plusieurs semaines en 1983 et qu’elle avait également séjourné à Montréal pendant près de deux mois. Boicel retrace le parcours de Willie Mae Thornton, évoquant son importance dans l’histoire du blues afro-américain ainsi que les injustices sociales et raciales ayant marqué la vie de plusieurs artistes noirs de sa génération. Le texte mentionne aussi plusieurs figures du blues associées au Rising Sun, dont Lightnin’ Hopkins, Muddy Waters, Howlin’ Wolf, T-Bone Walker, John Lee Hooker, Sonny Terry, Brownie McGhee, Clifton Chenier et Buddy Guy.
  94. Le Devoir, 13 février 1984, p. 9. Dans l’article « Le jazz mort ou vif? », Nathalie Petrowski dresse un portrait du Soleil Levant et de son propriétaire Roué Doudou Boicel à l’occasion d’une série de spectacles du saxophoniste Eddie « Cleanhead » Vinson. Le texte décrit l’atmosphère vieillissante du club de la rue Sainte-Catherine Ouest, ses miroirs récupérés du défunt Rockhead Paradise ainsi qu’un public nostalgique venu retrouver l’ambiance des grandes années du jazz montréalais. L’article revient aussi sur les difficultés financières traversées par Boicel après l’échec de la relance du Rockhead Paradise et la concurrence croissante du Festival de jazz de Montréal.
  95. La Presse, 8 février 1984, p. 1, cahier Arts et spectacles. Cette chronique consacrée au retour du jazz au Soleil Levant souligne l’importance de Doudou Boicel dans la renaissance du jazz à Montréal depuis le milieu des années 1970. Présenté comme un ami des musiciens et un artisan du jazz montréalais, Boicel est associé à la venue de nombreuses figures majeures du jazz et du blues ainsi qu’aux débuts du Festival international de jazz de Montréal. Le texte annonce un retour aux racines jazz et blues du club avec des spectacles d’Eddie « Clean Head » Vinson, Joe Pass, Larry Coryell, Hank Jones et Dizzy Gillespie.
  96. La Presse, 18 octobre 1984, p. C2, cahier Arts et spectacles. Dans un article intitulé « Du nouveau, comme toujours », Denis Lavoie souligne le retour d’Art Blakey et des Jazz Messengers au Soleil Levant. Le texte rappelle les liens étroits entre Blakey et Doudou Boicel depuis les débuts du club, ainsi que l’importance du batteur dans l’histoire du jazz moderne comme mentor de plusieurs générations de musiciens.
  97. La Presse, 29 mars 1984, p. B3, cahier Arts et spectacles. Dans un article consacré au saxophoniste Archie Shepp, Denis Lavoie souligne le dixième anniversaire du Soleil Levant et l’importance de Roué Doudou Boicel dans la présentation du jazz et du blues à Montréal depuis le milieu des années 1970. Le texte évoque également la venue prochaine de Dizzy Gillespie ainsi que la production par Boicel d’un microsillon tiré d’un concert-hommage à Charlie Parker présenté à la Place des Arts.
  98. Pop Rock, 4 février 1984. Dans un texte soulignant le dixième anniversaire du Rising Sun Celebrity Jazz Club, l’article rappelle que Roué Doudou Boicel avait acheté l’établissement en 1974, alors qu’il ne s’agissait encore que d’un ancien bar de danseuses situé sur la rue Sainte-Catherine Ouest. Le texte souligne qu’au fil des années, le Rising Sun est devenu l’un des clubs de jazz les plus connus de Montréal, accueillant plusieurs grandes vedettes internationales dans une ambiance intime et chaleureuse.
  99. The Gazette, 17 janvier 1985, p. 65. Dans sa chronique Jazz Notes, Len Dobbin annonce la présentation du chanteur et bassiste de blues “Big” Miller au Rising Sun. L’article retrace le parcours du musicien, ayant notamment travaillé avec Jay McShann et participé au spectacle Evolution of the Blues Song de Jon Hendricks au Monterey Jazz Festival de 1960. Dobbin mentionne également que Roué Doudou Boicel vient de lancer un album intitulé The Great Blues Immortals, regroupant des enregistrements réalisés à Montréal avec des artistes comme Rahsaan Roland Kirk, Esther Phillips, Lightnin’ Hopkins et Big Mama Thornton.
  100. The Gazette, 23 décembre 1985, p. 28. Dans un article intitulé “L.A. hardcore music comes to town”, le journaliste Michael Mirolla couvre un concert présenté au Rising Sun mettant en vedette les groupes hardcore californiens Circle Jerks ainsi que les formations locales Asexuals et Syndicate. Le texte souligne l’atmosphère énergique du spectacle et la présence d’un public mêlant amateurs de hardcore punk et de heavy metal, alors que la scène alternative montréalaise connaît une importante évolution au milieu des années 1980. L’article témoigne aussi de la diversification progressive de la programmation du Rising Sun, qui accueille désormais des concerts punk et hardcore en plus du jazz, du blues et du reggae.
  101. The Gazette, 11 janvier 1985, p. 40. Dans la section “Best Bets”, le journal souligne la programmation éclectique du Rising Sun de la rue Sainte-Catherine Ouest, qui accueille alors les groupes punk-hardcore Genetic Control et League of Dead Politicians avant de présenter un spectacle reggae de Jah Cutter le lendemain. Cette brève témoigne de la diversification musicale du club au milieu des années 1980, alors que le Rising Sun alterne désormais entre jazz, reggae, punk et hardcore.
  102. Roué Doudou Boicel, L’histoire du Rising Sun et ses légendes jazz & blues, Montréal, Éditions Michel Brûlé, 2008, p. 207-208. Dans ce passage autobiographique intitulé « Le Rising Sun sur la rue Sainte-Catherine ressuscite », Roué Doudou Boicel raconte le retour du Rising Sun dans son ancien local de la rue Sainte-Catherine Ouest après l’expérience difficile du Rockhead’s Paradise. Il explique avoir dû repartir pratiquement de zéro afin de relancer le club, avec l’aide de ses collaboratrices et du soutien de la Banque de Montréal. Boicel affirme que plusieurs habitués n’avaient jamais suivi le déménagement vers la rue Saint-Antoine, notamment en raison de la réputation du quartier de la Petite-Bourgogne à cette époque. Le texte évoque également la reprise rapide des activités du club et le retour d’une importante clientèle montréalaise attirée par une programmation mettant en vedette des artistes comme Dizzy Gillespie, Taj Mahal, Sonny Terry, Brownie McGhee, Buddy Guy, Junior Wells, Nina Simone, Joe Pass, McCoy Tyner, Stanley Turrentine, Bill Evans et John Lee Hooker. Boicel y partage aussi plusieurs anecdotes personnelles sur certains clients du club, dont Pierre-Marc Johnson, ainsi que sur ses conflits avec la Guilde des musiciens de Montréal au début des années 1980.
  103. Le Devoir, 14 octobre 1986, p. 9. Dans une lettre ouverte intitulée « La Guilde et le Rising Sun », Roué Doudou Boicel accuse la Guilde des musiciens de Montréal de discrimination envers le Rising Sun (Soleil Levant) pour avoir engagé des musiciens non membres de l’American Federation of Musicians. Boicel affirme que plusieurs accusations portées contre le club étaient sans fondement, mentionnant notamment des artistes et groupes comme Jah Cuttah, The Absurds, Vomit and the Zits, Stephen Barry, Joe Pass et Joe Jammer Charlebois. Il dénonce également ce qu’il considère comme un traitement inéquitable envers le Rising Sun, alors que d’autres salles montréalaises présentaient aussi des spectacles rock, punk, reggae, blues et jazz avec des musiciens non membres de la Guilde. La lettre rappelle enfin le rôle joué par le Rising Sun dans l’organisation des premiers festivals internationaux de jazz à Montréal à la fin des années 1970 sous le nom de Rising Sun Festi-Jazz.
  104. The Gazette, 30 avril 1986, p. 11. Dans une brève consacrée à Roué Doudou Boicel, le journal annonce que le propriétaire du Rising Sun revient d’un voyage de trois semaines en Haïti, où il a été invité à organiser un festival international de jazz à Port-au-Prince prévu du 5 au 15 février 1987. L’article précise que Dizzy Gillespie doit ouvrir le festival et que B.B. King figure également parmi les artistes confirmés. Le futur événement doit réunir des spectacles de jazz, de blues, de reggae et de salsa, témoignant de la volonté de Boicel d’étendre son réseau musical et ses activités de production bien au-delà de Montréal.
  105. The Gazette, 15 mai 1987, p. 8. Dans un article intitulé “Rufus Rockhead honored at Rising Sun”, le journaliste Thomas Schnurmacher annonce une série de spectacles-hommages présentés au Rising Sun en mémoire de Rufus Rockhead, figure historique de la vie nocturne montréalaise et fondateur du légendaire Rockhead’s Paradise. Organisé par l’Association pour la Promotion et la Diffusion de la Culture Noire du Québec, dirigée par Roué Doudou Boicel, l’événement vise à souligner l’importance patrimoniale de Rockhead dans l’histoire culturelle de Montréal. L’article rappelle le rôle majeur joué par le cabaret de la Petite-Bourgogne depuis les années 1930, où se sont produits ou ont séjourné des artistes comme Billie Holiday, Sarah Vaughan, Redd Foxx, Sammy Davis Jr., Louis Armstrong, Pearl Bailey, Nina Simone, Eartha Kitt, Milt Jackson et Dizzy Gillespie. Le texte mentionne également que les spectacles-hommages doivent réunir plusieurs artistes montréalais, dont Kenny Hamilton, Derek Martin, Geraldine Hunt, Alma Faye Brooks, Kenny Wilson, Willy Ray, Skipper, Dennis Dean, Ivan Symonds et Jimmy Oliver.
GUY NADON
GUY NADON

Source: Le jour, 20 mai 1976, jeudi 20 mai 1976, BAnQ

Lieu: Rising Sun

MCCOY TYNER PHAROAH SANDERS MUDDY WATERS RON CARTER STAN GETZ
MCCOY TYNER PHAROAH SANDERS MUDDY WATERS RON CARTER STAN GETZ

Source: Pop Jeunesse, 22 janvier 1977, BAnQ

Lieu: Rising Sun

STEPHEN BARRY BAND
STEPHEN BARRY BAND

Source: Pop Rock Jeunesse, 30 avril 1977, BAnQ

Lieu: Rising Sun

LIGHTNIN HOPKINS LEFTY DIZZ BUDDY GUY JUNIOR WELLS BIG MAMA THORNTON RAHSAAN ROLAND KIRK
LIGHTNIN HOPKINS LEFTY DIZZ BUDDY GUY JUNIOR WELLS BIG MAMA THORNTON RAHSAAN ROLAND KIRK
BLIND JOHN DAVIS YUSEF LATEEF MCCOY TYNER
BLIND JOHN DAVIS YUSEF LATEEF MCCOY TYNER

Source: The Montreal Star, 3 septembre 1977

Lieu: Rising Sun

BILL EVANS HAL GALPER
BILL EVANS HAL GALPER

Source: The Montreal Star, 24 décembre 1977

Lieu: Rising Sun

RISING SUN FESTIJAZZ BB KING SARAH VAUGHAN HUBERT LAWS DEXTER GORDON PAUL HORN JOHN LEE HOOKER MUDDY WATERS WILLIE DIXON
RISING SUN FESTIJAZZ BB KING SARAH VAUGHAN HUBERT LAWS DEXTER GORDON PAUL HORN JOHN LEE HOOKER MUDDY WATERS WILLIE DIXON

Lieu: Place des Arts, Rising Sun

MONGO SANTAMARIA
MONGO SANTAMARIA

Source: The Gazette, 5 janvier 1979, Postmedia Network Inc.

JAY MCSHANN
JAY MCSHANN

Source: The Gazette, 19 janvier 1979, Postmedia Network Inc.

SAYYD ABDUL AL-KHABYYR
SAYYD ABDUL AL-KHABYYR

Source: The Gazette

PHIL WOODS
PHIL WOODS

Source: The Gazette, 30 mars 1979, Postmedia Network Inc.

JAMES COTTON
JAMES COTTON

Source: The Gazette, 6 juillet 1979, Postmedia Network Inc.

Lieu: Rising Sun

RISING SUN FESTIJAZZ 2e ÉDITION
RISING SUN FESTIJAZZ 2e ÉDITION

Source: Patrick Hutchinson

Lieu: Rising Sun

CLIFTON CHENIER MILT JACKSON ANTHONY BRAXTON PHIL WOODS
CLIFTON CHENIER MILT JACKSON ANTHONY BRAXTON PHIL WOODS

Source: Patrick Hutchinson

Lieu: Rising Sun

JOE PASS
JOE PASS

Source: The Gazette, 13 octobre 1979, Postmedia Network Inc.

JOSE FAJARDO SONNY TERRY BROWNIE MCGHEE ALBERT KING KATHERINES MOSES LIGHTNIN HOPKINS DIZZY GILLESPIE SONNY GREENWICH
JOSE FAJARDO SONNY TERRY BROWNIE MCGHEE ALBERT KING KATHERINES MOSES LIGHTNIN HOPKINS DIZZY GILLESPIE SONNY GREENWICH

Lieu: Rising Sun

JOSE FAJARDO
JOSE FAJARDO

Source: The Gazette, 19 octobre 1979, Postmedia Network Inc.

SONNY TERRY BROWNIE MCGHEE ALBERT KING KATHRYN MOSES LIGHTNIN HOPKINS DIZZY GILLESPIE SONNY GREENWICH
SONNY TERRY BROWNIE MCGHEE ALBERT KING KATHRYN MOSES LIGHTNIN HOPKINS DIZZY GILLESPIE SONNY GREENWICH

Source: The Gazette, 27 octobre 1979, Postmedia Network Inc.

SONNY TERRY & BROWNIE MCGHEE ALBERT KING
SONNY TERRY & BROWNIE MCGHEE ALBERT KING

Source: Patrick Hutchinson

Lieu: Rising Sun

ALBERT KING KATHRYN MOSES LIGHTNIN HOPKINS DIZZY GILLESPIE SONNY GREENWICH
ALBERT KING KATHRYN MOSES LIGHTNIN HOPKINS DIZZY GILLESPIE SONNY GREENWICH

Source: The Gazette, 3 novembre 1979, Postmedia Network Inc.

CALENDRIER NOVEMBRE 1979 RISING SUN
CALENDRIER NOVEMBRE 1979 RISING SUN

Source: Patrick Hutchinson

Lieu: Rising Sun

LIGHTNIN HOPKINS BIG MAMA THORNTON DIZZY GILLESPIE DUTCH MASON ELLEN MCILWAINE
LIGHTNIN HOPKINS BIG MAMA THORNTON DIZZY GILLESPIE DUTCH MASON ELLEN MCILWAINE

Source: Patrick Hutchinson

Lieu: Rising Sun

LIGHTNIN HOPKINS DIZZY GILLESPIE
LIGHTNIN HOPKINS DIZZY GILLESPIE

Source: The Gazette, 17 novembre 1979, Postmedia Network Inc.

DIZZY GILLESPIE SONNY GREENWICH ELLEN MCILLWAINE DUTCH MASON BLUES BAND
DIZZY GILLESPIE SONNY GREENWICH ELLEN MCILLWAINE DUTCH MASON BLUES BAND

Source: The Gazette, 24 novembre 1979, Postmedia Network Inc.

SONNY GREENWICH ELLE MCILLWAINE BIG MAMA THORNTON
SONNY GREENWICH ELLE MCILLWAINE BIG MAMA THORNTON

Source: The Gazette, 1 décembre 1979, Postmedia Network Inc.

BIG MAMA THORNTON STEPHEN BARRY BAND DUTCH MASON
BIG MAMA THORNTON STEPHEN BARRY BAND DUTCH MASON

Source: The Gazette, 15 décembre 1979, Postmedia Network Inc.

STEPHEN BARRY BAND
STEPHEN BARRY BAND

Source: The Gazette, 22 décembre 1979, Postmedia Network Inc.

JOHN LEE HOOKER
JOHN LEE HOOKER

Source: The Gazette, 29 décembre 1979, Postmedia Network Inc.

Lieu: Rising Sun

RISING SUN
RISING SUN

Source: Pop Rock, 10 septembre 1983, BAnQ

Lieu: Rising Sun

GENETIC CONTROL UNRULED
GENETIC CONTROL UNRULED

Source: Stephen Smith

HENRY ROLLINS
HENRY ROLLINS

Source: Glenn Grant

GENETIC CONTROL GASSENHAUER FAIR WARNING
GENETIC CONTROL GASSENHAUER FAIR WARNING
ASEXUALS
ASEXUALS

Source: Charlie Brown

GASSENHAUER
GASSENHAUER

Image restaurée

DEAD END
DEAD END

Source: À déterminer

DIRECT ACTION
DIRECT ACTION

Source: Glenn Grant

NO POLICY MAKE MY DAY
NO POLICY MAKE MY DAY
TOXIC REASONS
TOXIC REASONS

Source: Charlie Brown

MY DOG POPPER LEAGUE OF DEAD POLITICIANS
MY DOG POPPER LEAGUE OF DEAD POLITICIANS
DIRECT ACTION
DIRECT ACTION

Source: à déterminer

ARTICLES OF FAITH
ARTICLES OF FAITH

Source: à déterminer

VOMIT AND THE ZITS
VOMIT AND THE ZITS
FAIR WARNING
FAIR WARNING

Source: Darryl Buote

CHARGED GBH GENETIC CONTROL
CHARGED GBH GENETIC CONTROL
BAD RESULTS
BAD RESULTS

Source:

BATTALION OF SAINTS THE NILS
BATTALION OF SAINTS THE NILS

Collection: Alain Provost

SUDDEN IMPACT
SUDDEN IMPACT

Source: à déterminer

76% UNCERTAIN
76% UNCERTAIN

Source: à déterminer

TOXIC REASONS THE FREEZE BOS THE NILS
TOXIC REASONS THE FREEZE BOS THE NILS

Collection: Elsa Cyr Simard

RHYTHM PIGS
RHYTHM PIGS

Collection: Alain Provost

BLOCK PARENTS
BLOCK PARENTS

Source: Charlie Brown

AGNOSTIC FRONT COUNTDOWN ZERO
AGNOSTIC FRONT COUNTDOWN ZERO

Collection: Elsa Cyr Simard

TERMINAL SUNGLASSES
TERMINAL SUNGLASSES

Source: Billy Mavreas

CRO-MAGS
CRO-MAGS

Source: à déterminer

EYE ON YOU PROBLEM CHILDREN THE NILS HOUSE OF COMMONS
EYE ON YOU PROBLEM CHILDREN THE NILS HOUSE OF COMMONS
7 SECONDS FAIR WARNING BLOCK PARENT
7 SECONDS FAIR WARNING BLOCK PARENT

Collection: Stephen Smith

HOUSE OF COMMONS
HOUSE OF COMMONS

Source: à déterminer

DYS
DYS

Source: à déterminer

SNFU
SNFU

Source: à déterminer

SNFU
SNFU

Source: à déterminer

HOUSE OF COMMONS
HOUSE OF COMMONS

Source: à déterminer

AGNOSTIC FRONT GASSENHAUER
AGNOSTIC FRONT GASSENHAUER
SUDDEN IMPACT
SUDDEN IMPACT

Source: à déterminer

GANG GREEN
GANG GREEN

Source: à déterminer

NECROS FAIR WARNING COUNTDOWN ZERO
NECROS FAIR WARNING COUNTDOWN ZERO
RAW POWER DECRY COUNTDOWN ZERO
RAW POWER DECRY COUNTDOWN ZERO

Collection: Elsa Cyr Simard

CORROSION OF CONFORMITY DRI UNRULED
CORROSION OF CONFORMITY DRI UNRULED

Collection: Waggy Dew

CORROSION OF CONFORMITY
CORROSION OF CONFORMITY

Source: à déterminer

DOA SCUM THE SYNDICATE
DOA SCUM THE SYNDICATE

Collection: Alain Provost

SCUM
SCUM

Source: à déterminer

CRO-MAGS THE NILS
CRO-MAGS THE NILS

Collection: Stephen Smith

SCAB ULTRA VIOLENCE
SCAB ULTRA VIOLENCE

Collection: Stephen Smith

THE DETONATORS PROBLEM CHILDREN HUMUNGOUS BLOCK PARENTS
THE DETONATORS PROBLEM CHILDREN HUMUNGOUS BLOCK PARENTS
BLACK FLAG
BLACK FLAG

Source: à déterminer

CIRCLE JERKS ASEXUALS THE SYNDICATE
CIRCLE JERKS ASEXUALS THE SYNDICATE

Image restaurée HD

COUNTDOWN ZERO BAD RESULTS
COUNTDOWN ZERO BAD RESULTS

Collection: Elsa Cyr Simard

OUTPATIENTS
OUTPATIENTS

Source: Glenn Grant

DESCENDENTS FAIR WARNING
DESCENDENTS FAIR WARNING

Source: Glenn Grant

BAB SONS OF THE DESERT
BAB SONS OF THE DESERT

Source: Pat De Bratte

PETE PNEUMONIA
PETE PNEUMONIA

Source: Charlie Brown

PSYCHO
PSYCHO

Source:

SONS OF THE DESERT
SONS OF THE DESERT

Source:

COUNTDOWN ZERO
COUNTDOWN ZERO

Source: Billy Mavreas

COUNTDOWN ZERO
COUNTDOWN ZERO

Source: Billy Mavreas

HYPE
HYPE

Source: Charlie Brown

BAD RESULTS
BAD RESULTS

Source: Daniel Cartier

UK SUBS UNRULED
UK SUBS UNRULED

Collection: Stephen Smith

BEYOND POSSESSION
BEYOND POSSESSION

Source:

FAIR WARNING
FAIR WARNING

Source: Orion Revolution Curiel

SCUM
SCUM
RESISTENCE
RESISTENCE

Source:

CHARGED GBH
CHARGED GBH

Source:

KILLDOZER CAPITALIST ALIENATION FATAL ILLNESS JOHNNY NEON BEEF
KILLDOZER CAPITALIST ALIENATION FATAL ILLNESS JOHNNY NEON BEEF
VERBAL ASSAULT
VERBAL ASSAULT

Source: Peej Kennedy

DRI RHYTHM PIGS
DRI RHYTHM PIGS

Collection: Waggy Dew

BEEFEATER
BEEFEATER

Source:

BAD RESULTS CAPITALIST ALIENATION
BAD RESULTS CAPITALIST ALIENATION

Collection: Elsa Cyr Simard

BAD RESULTS CAPITALIST ALIENATION
BAD RESULTS CAPITALIST ALIENATION

Collection: Elsa Cyr Simard

DESCENDENTS
DESCENDENTS

Source: à déterminer

TOXIC REASONS
TOXIC REASONS

Source:

TOXIC REASONS
TOXIC REASONS

Source: Charlie Brown

SLAPSHOT
SLAPSHOT

Source:

JELLYFISH BABIES ALTERNATIVE INUITS FAIL-SAFE
JELLYFISH BABIES ALTERNATIVE INUITS FAIL-SAFE

Collection: Elsa Cyr Simard

THE GRUESOMES
THE GRUESOMES

Collection: Alain Provost

COUNTDOWN ZERO
COUNTDOWN ZERO

Collection: Elsa Cyr Simard

BLOCK PARENTS
BLOCK PARENTS

Source: Charlie Brown

JERRY JERRY
JERRY JERRY

Source: Patrick Hutchinson

GANG GREEN
GANG GREEN

Source:

FAIR WARNING BLOCK PARENTS
FAIR WARNING BLOCK PARENTS
FATAL ILLNESS
FATAL ILLNESS
FAIR WARNING FAIL-SAFE
FAIR WARNING FAIL-SAFE
SUDDEN IMPACT INFAMOUS BASTURDS
SUDDEN IMPACT INFAMOUS BASTURDS

Collection: Waggy Dew

BAD RESULTS DAMNATION
BAD RESULTS DAMNATION
BAD RESULTS DAMNATION
BAD RESULTS DAMNATION

Collection: Waggy Dew

FAIR WARNING
FAIR WARNING
ASEXUALS ALTERNATIVE INUITS THE DRONES
ASEXUALS ALTERNATIVE INUITS THE DRONES

Collection: Elsa Cyr Simard

SONS OF THE DESERT
SONS OF THE DESERT

Source: Sons of the Desert

RISING SUN
RISING SUN

Source: Orion Revolution Curiel

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