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L'AIR DU TEMPS

Le club de jazz L'Air du Temps était un établissement emblématique de la scène jazz de Montréal. Situé dans le quartier historique du Vieux-Montréal, il offrait une atmosphère intime et chaleureuse où les amateurs de musique pouvaient apprécier des performances live de jazz. L'Air du Temps était réputé pour sa programmation variée mettant en vedette des artistes locaux et internationaux de renom. Les soirées au club étaient souvent animées par des concerts, des jam sessions et d'autres événements musicaux qui attiraient un public passionné de jazz.

Pendant vingt ans, la boîte de jazz de la rue Saint-Paul a été le lieu préféré des musiciens d’ici.

Ce texte est assemblé à partir d’archives de journaux
L’Air du Temps, 191 rue Saint-Paul Ouest, Montréal

L’Air du Temps (1978-2001) était un club de jazz situé au 191 rue Saint-Paul Ouest dans le Vieux-Port de Montréal.1,2

Paul Minuto, le propriétaire de L’Air du Temps, ne s’est pas contenté de faire trois fois le tour du monde en tant que capitaine d’un yacht privé appartenant à un millionnaire, il a aussi réalisé son rêve de fonder un endroit où le jazz de qualité pouvait être écouté dans un environnement confortable.3

Crédit photo : Claude Collerette

Avec l’aide d’un menuisier et de quelques étudiants et un investissement de $180,000, Paul Minuto, 33 ans, réussit à convertir en un an et demi un entrepôt du Vieux-Montréal datant de 1842 en L’Air du Temps. Le club naît en juin 1978 et a une capacité de 91 clients. Le style est Art-Déco, avec des boiseries, des plantes, et un perroquet appelé Norman dont le seul mot est « allô ». Le club présente d’excellents artistes comme Geraldine Hunt, originaire de Chicago, le trompettiste Steve Hold, le pianiste ragtime Billy Georgette, le saxophoniste new-yorkais Billie Robinson ainsi que Bob Mover.3

11 juillet 1979, The Montreal Star 

Lorsque la police fait une descente à L’Air du Temps à l’été 1979, le mandat indique que les autorités recherchent des « activités radicales et des armes à feu », déclare Paul Minuto, à sa grande stupéfaction. « C’est un club de jazz, un beau club de jazz propre. Personne n’a un dossier ici, personne ne porte d’armes. Tout le monde est straight. C’est quoi l’histoire? ». Charlie Biddle, alors bassiste chez Tiffany’s sur la rue Crescent, déclare qu’il croit que le raid visait à aider à mettre M. Minuto à la faillite : « Quelqu’un est là pour faire de la place, ruiner le club. Les gens recommencent à aimer le jazz, et les gens du disco sont inquiets. M. Minuto dirige un club décent, le meilleur club de jazz de la ville. »4

Pendant vingt ans, la boîte de jazz de la rue Saint-Paul a été le lieu préféré des musiciens d’ici. Quand on y pénètre, juste d’un point de vue architectural, on entre presque dans un musée. On pourrait parler des murs de briques, de l’escalier en spirale qui provient des double-deckers londoniens du début du siècle, des salons-wagons qu’utilisait jadis le premier métro de Paris, des ventilateurs au plafond, de la petite mezzanine, des lustres et abat-jour; bref, un astucieux ramassis de reliques qui donnent une âme aux quatre murs. Sauf que tout cela ne signifierait pas grand-chose sans les musiciens. Ce sont eux, les vrais meubles. Ce sont eux qu’on va voir et entendre casser leurs nouvelles compositions. Ce sont eux qui tentent des expériences, qui choisissent L’Air du Temps pour se redonner confiance, ou qui, simplement, viennent comme clients, prendre le pouls de la douce folie du moment. Et, disons-le, il s’agit du dernier établissement du genre. Fini, le Black Bottom, l’Esquire Show Bar, le Rockhead’s Paradise et le Rising Sun. « Moi, ça me fait penser au Birdland ou au Five Spot Café à New York » dit Michel Donato.5

7 mars 1992, La Presse

Victime de la récession et de l’augmentation des taxes, les propriétaires de L’Air du Temps à partir de 1987, Christian Chartier et Gilles Fortier, ont fermé les portes de l’établissement le 29 décembre 1991. Triste, lorsqu’on sait que cela coutait environ $10 pour entendre des musiciens et des bands extraordinaires : Michel Cusson, Mike Stern, Paul Brochu, Leni Stern, Lorraine Desmarais et bien d’autres. On a réussi à y faire « fitter » le band des « Têteux » avec Normand Brathwaite sur une scène minuscule avec des amplificateurs, claviers et autres instruments empilés les uns sur les autres : mémorable! Pierre Verville y a partagé son amour pour la musique brésilienne. Pat Metheny a fait quelques soirs dans le cadre d’un évènement du festival de jazz.6

18 septembre 1992, The Gazette

En 1992, L’Air du Temps rouvre en septembre grâce à la nouvelle propriétaire Lucie Thibault qui avait été barmaid sous l’ancien régime du club. Lucie Thibault organise un concert spectaculaire pour le premier week-end de la réouverture : « Sortie » un groupe All-Star dirigé par le trompettiste Denny Christianson avec le bassiste Alain Caron et le batteur Paul Brochu, tous deux du groupe Uzeb. Le groupe correspond au profil musical promu par L’Air du Temps au cours des trois années qui ont précédé sa fermeture abrupte en janvier 1992 : l’intelligence du jazz, de grandes doses d’électronique et le talent que l’on s’attend à voir dans les plus grandes salles.7

2 août 2001, The Gazette

L’Air du Temps annonce une nouvelle administration le 3 août 2001 avec une série de quatre spectacles de la pianiste et chanteuse de jazz canadienne Diana Krall à $100 le billet. Le club est alors relancé par Paul Minuto, le propriétaire d’origine qui l’a dirigé pendant huit ans avant de le vendre. Minuto, 50 ans, envisage d’en faire une vitrine pour les talents internationaux. « J’étais très jeune quand j’ai ouvert L’Air du Temps. Je n’aurais jamais dû le vendre », a déclaré Minuto à la Gazette, « Je veux établir le club comme le lieu majeur du jazz à Montréal. Je veux que les clients respectent le club. On va vous offrir un vrai set, mais on ne veut pas que les clients parlent pendant le spectacle ». Le guitariste Denis Lepage et le saxophoniste Charles Papasoff sont en tête d’affiche pour le spectacle d’ouverture et la chanteuse Marjo ouvre la semaine suivante. « J’ai toujours été amoureux de L’Air du Temps. Je ne veux pas le voir mourir. Si vous étiez toujours amoureux de votre ex-femme, combien paieriez-vous pour la reconquérir ? ». Minuto affirme que 10% des frais d’admission de chaque représentation seront versés à l’Hôpital de Montréal pour enfants.8

Le 29 juillet 2002, la Gazette annonce que le bon vieux club de jazz L’Air du Temps a fermé ses portes de manière définitive. Il y avait eu raison de croire l’année précédente que le club ouvrirait à temps pour le festival de jazz et même que Diana Krall jouerait dans la minuscule salle, une annonce qui ne s’est pas concrétisée. Hélas, les rénovations terminées, les portes sont restées solidement verrouillées.9

191 rue Saint-Paul Ouest, Montréal, Google Maps 2023
Sources
[1] A new spot in Old Montreal is a place called L’Air du Temps, The Gazette, 5 août 1978
[2] It looks like the old rickety old L’Air du Temps…, The Gazette, 29 juillet 2002
[3] Suddenly, jazz…, The Montreal Star, 24 février 1979
[4] Police raid mystifies club owner, The Montreal Star, 11 juillet 1979
[5] Les vingts ans de L’Air du Temps: nouvelle ère, Voir, 9 septembre 1998
https://voir.ca/musique/1998/09/09/les-vingts-ans-de-lair-du-temps-nouvelle-ere/
[6] L’Air du Temps, défunt bar jazz à Montréal
http://claudecollerette.com/lair-du-temps-bar-jazz-a-montreal/
[7] Return of L’Air du Temps hopeful sign for jazz clubs, The Gazette, 18 septembre 1992
[8] Claude Gagnon à la recherche de produits d’époque, La Presse, 19 octobre 1997
[9] Krall to grace reopened L’Air du Temps, The Gazette, 2 août 2001
Nous avons bricolé ce texte en utilisant les sources mentionnées ci-dessus. Nous avons traduit en français les sources provenant d’articles de journaux en anglais. Les temps de conjugaison ont parfois été modifiés pour créer une cohérence du texte dans son ensemble. 

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