Fiche salle — Centre-Ville
Rising Sun Celebrity Jazz Club
Salle mythique de Montréal (1975–1991) fondée par Rouè-Doudou Boicel, qui y a attiré de véritables légendes du jazz et du blues, tout en ouvrant ponctuellement la scène aux courants reggae et punk/alternatif. [1]
1. Présentation
De 1975 à 1991, l’impresario Rouè-Doudou Boicel fait du Rising Sun l’un des clubs phares du jazz et du blues au Canada, accueillant de nombreuses têtes d’affiche internationales tout en soutenant activement la scène locale[1].
Au fil des années 1970, la désaffection du public pour le jazz provoque la fermeture de nombreux clubs montréalais. Dans ce contexte, le Rising Sun, fondé au printemps 1975, s’impose rapidement comme l’un des principaux lieux de diffusion de cette musique dans la métropole, alors que plusieurs établissements disparaissent les uns après les autres[6]. D’abord utilisé comme salle de répétition pour des musiciens locaux, l’établissement évolue rapidement vers une programmation régulière et devient un important point de passage pour les artistes en tournée.
Né en Guyane française, Rouè-Doudou Boicel quitte son pays natal à l’âge de 23 ans avant de séjourner plusieurs années en Europe, puis de s’établir au Québec en 1970[1]. Issu d’un milieu modeste, peintre, poète et ancien électricien, il développe très tôt une vision profondément humaine et sociale de la culture. Dès son arrivée à Montréal, il s’engage auprès des jeunes défavorisés en fondant le Centre de Visosonie, actif de 1971 à 1975, un organisme offrant des activités artistiques aux enfants et adolescents du quartier Centre-Sud[1]. Son intérêt pour la « visosonie » reflète déjà sa volonté de rendre la musique accessible à tous en la concevant comme une expérience sensorielle globale, au-delà des cadres culturels traditionnels.
Convaincu que le jazz n’a pas dit son dernier mot à une époque où plusieurs considèrent cette musique en déclin, il se donne pour mission de raviver la scène jazz montréalaise. En 1975, il ouvre le Rising Sun au 286, rue Sainte-Catherine Ouest, sous le slogan évocateur : « Jazz is not dead »[1]. Le petit club chaleureux devient rapidement un lieu de rassemblement incontournable pour les amateurs de jazz et de blues, avant d’attirer des artistes canadiens et américains de renom qui en font un arrêt obligé de leurs tournées[1]. Au fil des années, l’établissement accueille certaines des plus grandes figures du jazz et du blues afro-américains, contribuant directement à transformer Montréal en destination reconnue sur les circuits internationaux de ces musiques[1].
Son approche demeure profondément indépendante et artisanale. Conscient des réalités économiques du jazz, il reconnaît que l’exploitation d’un club repose davantage sur la passion que sur le profit. Il développe ainsi une manière de travailler intuitive et pragmatique, fondée sur une programmation cohérente, une gestion serrée et une capacité constante d’adaptation. Cette combinaison de débrouillardise, de curiosité intellectuelle et de résilience permet au Rising Sun de devenir un lieu unique dans le paysage culturel montréalais : un espace où se croisent étudiants, artistes, marginaux, professionnels, musiciens internationaux et public fidèle, dans une atmosphère chaleureuse et profondément humaine(26).
En 1978, il pousse encore plus loin son ambition en fondant le Rising Sun Festijazz, présenté sur les scènes du Rising Sun et de la Place des Arts[1]. Pendant trois ans, ce festival international de jazz et de blues connaît un succès important et réunit à Montréal plusieurs vedettes mondiales, notamment Ray Charles, Art Blakey, Taj Mahal, Muddy Waters, Buddy Guy, Sarah Vaughan, Dizzy Gillespie et Nina Simone[1]. À travers cette initiative, il cherche non seulement à produire des concerts, mais aussi à offrir une visibilité nouvelle aux musiques afro-américaines et à démontrer que Montréal peut accueillir les plus grandes figures du jazz et du blues dans un contexte respectueux de leur héritage culturel.
Son apport à la vie culturelle montréalaise est progressivement reconnu par plusieurs institutions. Lors du 20e Mois de l’histoire des Noirs en 2011, il figure parmi vingt personnalités ayant marqué Montréal et le Québec sur les plans social et culturel[1]. La même année, l’arrondissement Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce le nomme Grand Citoyen dans la catégorie Sports et culture. En 2013, la Ligue des Noirs du Québec lui remet le prix Mathieu Da Costa pour sa contribution à la société québécoise, avant qu’il reçoive en 2018 le Grand Prix Dynastie, récompensant l’engagement exceptionnel d’un membre de la communauté noire du Québec[1]. Il est également honoré à New York, en Guyane française, en Afrique du Sud et au Sénégal, témoignant de l’influence durable de son travail bien au-delà de Montréal.
2. Bar des Arts : Le 286 Sainte-Catherine Ouest avant le Rising Sun
Bien avant de devenir le Rising Sun, le 286, rue Sainte-Catherine Ouest possède déjà une longue histoire liée à la vie nocturne montréalaise. Des documents judiciaires publiés dans Le Devoir en octobre 1954, dans le cadre de l’enquête Caron sur le jeu commercialisé à Montréal, identifient l’adresse parmi plusieurs établissements associés aux réseaux de paris clandestins et aux maisons de jeu du centre-ville[67]. Les textes mentionnent notamment les activités du bookmaker Harry Feldman, ainsi que plusieurs adresses de la rue Sainte-Catherine Ouest considérées par les enquêteurs comme des lieux importants du jeu organisé[67]. Ces révélations témoignent du caractère interlope et animé du secteur du Red Light montréalais bien avant l’arrivée du jazz au Rising Sun.
Au début des années 1960, le bâtiment accueille le Bar des Arts, un établissement mêlant cabaret, vie nocturne et activités culturelles. Un article publié dans Le Devoir en mars 1964 annonce notamment une soirée où le poète Gaston Miron lit plusieurs de ses textes devant le public montréalais[67]. Le journal évoque également des expositions d’art présentées dans une salle appelée « Galerie Atys », installée directement dans les locaux du club[67]. Le lieu s’inscrit ainsi dans un environnement hybride où se côtoient poésie, arts visuels, cabaret et vie nocturne.
Malgré cette vocation culturelle, le Bar des Arts demeure associé à un climat parfois instable caractéristique de certains établissements du centre-ville montréalais à la fin des années 1960 et au début des années 1970. En mars 1968, The Gazette rapporte qu’un groupe de trois individus saccage l’établissement, détruisant du mobilier et plusieurs bouteilles d’alcool pour des dommages évalués à environ 2 000 dollars[70]. Quelques années plus tard, en février 1973, le club fait de nouveau les manchettes à la suite d’une fusillade survenue vers 2 h 30 du matin[68]. Selon les journaux de l’époque, plusieurs coups de feu sont tirés à l’intérieur du cabaret avant qu’un homme armé ne prenne la fuite par la rue Jeanne-Mance en ouvrant le feu en direction des policiers intervenus sur les lieux[68]. Les policiers Jacques Cinq-Mars et Jean-Louis Hélie participent alors à l’arrestation du suspect, tandis que l’enquête évoque un possible lien avec le gang des Popeyes ainsi qu’avec le meurtre d’André Trudelle, abattu dans un taxi quelques minutes plus tard[69].
Une chronique publiée dans Le Polyscope en février 1973 confirme également que le Bar des Arts accueille alors des spectacles topless, décrivant un établissement où « un paquet de monde contemplait la p’tite topless » avant que les clients ne montent prendre une bière au troisième étage[71]. Ce témoignage illustre l’atmosphère nocturne du secteur entourant la Place des Arts au début des années 1970, à une époque où cette portion de la rue Sainte-Catherine Ouest demeure fortement associée aux cabarets, bars et salles de spectacle du Red Light montréalais.
Lorsque Doudou Boicel reprend finalement le local en 1974 afin d’y fonder le Rising Sun, l’endroit porte encore les traces de ce passé agité. L’établissement nécessite alors d’importants travaux de nettoyage et de réaménagement afin de transformer l’ancien cabaret en salle consacrée au jazz et au blues[8]. Cette transformation marque une rupture importante dans l’histoire du bâtiment et annonce la naissance de l’un des lieux les plus emblématiques de la scène jazz montréalaise.
« À notre première visite, lorsque le propriétaire nous a remit les clés du Bar des Arts », explique Doudou, « l’atmosphère qui régnait dans cette boîte de danseuses nues était assez surprenante. On ne s’attendait pas à découvrir une place aussi sordide. Nous avons trouvé des catacombes affreuses et morbides. Cet endroit puait l’arnaque. Nous avons assez rapidement fait le ménage de l’endroit, désinfecté les lieux, changé le tapis et fabriqué une nouvelle scène. Yolande et Ève, qui travaillaient à mon restaurant végétarien, la Casa Doudou, sont venues nous aider. »
3. 1975 : Le jazz n’est pas mort
Avant l’apparition du Rising Sun, le jazz traverse à Montréal une période de recul marquée. Au début des années 1970, le paysage musical est dominé par le rock, le disco et la musique pop, reléguant le jazz à une position marginale. Les stations de radio lui accordent peu de place et les musiciens locaux disposent de rares occasions de se produire, plusieurs étant contraints de se tourner vers le travail en studio ou la publicité pour subsister. Cette situation contraste avec les décennies précédentes, où des établissements comme le Casa Loma, le Penthouse, le Café Saint-Michel ou la Tête de l’Art participaient activement à la vie musicale de la métropole[8]. Le Rising Sun apparaît ainsi à un moment critique où plusieurs clubs ferment leurs portes, notamment le Esquire Show Bar de Norm Silver, le In Concert d’Harry Milrot et le Black Bottom de Charles Burke. Le Rockhead’s Paradise, autrefois l’un des lieux les plus populaires de la ville, demeure actif, mais se concentre alors principalement sur le rhythm & blues et le jazz local[2].
Dans ce contexte de désaffection, l’idée de relancer le jazz prend la forme d’une démarche volontaire, presque militante. « Le jazz n’est pas mort », affirme-t-on dans un esprit de croisade visant à rassembler des musiciens et à recréer un espace de diffusion. Cette volonté se heurte toutefois à des réalités sociales et culturelles complexes, notamment la division des milieux musicaux entre communautés linguistiques et réseaux distincts. C’est dans ces cercles que sont repérés de jeunes musiciens anglophones montréalais, souvent regroupés autour de lieux informels où ils peuvent jouer et se rencontrer[8]. Parmi ces lieux, le Rainbow Bar & Grill (1430, rue Stanley) occupe une place importante. Héritier d’une tradition de bars ouverts à une clientèle marginale et diversifiée, l’établissement agit comme un point de convergence pour des musiciens amateurs et semi-professionnels. On y présente une variété de styles — jazz, blues, folk et bluegrass — dans un cadre informel où se croisent différentes couches sociales et origines culturelles. Cette scène parallèle témoigne d’une vitalité souterraine, à l’écart des circuits commerciaux dominants[8].
L’émergence du Rising Sun ne peut être dissociée du contexte montréalais des années 1970, marqué par la présence d’activités criminelles dans le secteur des bars et des boîtes de nuit. Certains réseaux liés à la pègre exercent alors une influence sur l’exploitation de ces établissements, ce qui complique l’obtention des permis nécessaires et accentue les risques associés à toute nouvelle entreprise. Les autorités municipales et provinciales, conscientes de cette situation, mettent en place des mécanismes de contrôle plus stricts, rendant les démarches administratives particulièrement exigeantes[8]. Dans ce climat, l’obtention d’un permis d’alcool constitue une étape déterminante. Les démarches impliquent des échanges avec des avocats, des fonctionnaires et la Commission de contrôle des permis, dans un processus parfois opaque, marqué par des demandes financières douteuses et des obstacles imprévus. La nécessité de se conformer à des exigences multiples — permis d’exploitation, permis de vente d’alcool et approbations municipales — impose une rigueur et une persévérance constantes. La fondation du club ne relève donc pas d’une simple initiative artistique, mais d’un véritable parcours administratif et financier[8].
Dès ses débuts, le Rising Sun se donne pour mission de redonner au jazz une visibilité et une légitimité dans la métropole. Cette ambition s’exprime dans un contexte où la musique semble avoir été abandonnée par les institutions et les médias, mais où subsistent néanmoins un public et une communauté de musiciens prêts à la faire vivre. L’établissement s’inscrit ainsi dans une dynamique de relance reposant à la fois sur l’engagement individuel et sur la reconstitution d’un réseau artistique[8]. Le succès du club contribue progressivement à raviver la scène jazz montréalaise. Plusieurs nouveaux établissements voient alors le jour, dont L’Air du Temps, Chez Pancho, Le Milord, Café Mojo, le Jazz Bar d’Ivan Symonds, Le Bijou, Le Monte-Carlo, Biddle’s, Le Pretzel Enchainé et Le Mustache. Les médias recommencent graduellement à parler du jazz à Montréal, signe que la musique retrouve une place plus visible dans la vie culturelle de la ville[2].
La création du Rising Sun apparaît dès lors comme une initiative à la fois culturelle et entrepreneuriale, née dans un environnement défavorable mais portée par une conviction forte : celle que le jazz, loin d’être disparu, demeure une force vivante capable de rassembler artistes et publics autour d’un lieu commun.
4. 1976 : Montréal découvre le Rising Sun
Au printemps 1976, le Rising Sun, aussi connu sous le nom de Soleil Levant, s’impose rapidement comme un lieu en pleine ascension sur la rue Sainte-Catherine Ouest. Avec une capacité d’environ 150 places, le club attire déjà un public nombreux, au point de surprendre son fondateur, Doudou Boicel, qui envisage rapidement une expansion des installations. Cette popularité naissante témoigne d’un moment charnière où succès public et ambitions structurelles se rejoignent, consolidant la place du club dans la scène jazz montréalaise[13].
Dès avril, le Rising Sun est décrit comme un espace singulier, à la fois intime et chaleureux, où l’on écoute du jazz dans une ambiance feutrée, accompagnée de spécialités antillaises. Cette identité hybride — à la croisée du club, du lieu culturel et du point de rencontre communautaire — se confirme avec la tenue d’un premier festival réunissant musiciens locaux et formations new-yorkaises, dont la Multi-Stimulus Music Society. Le club s’inscrit ainsi dans un réseau alternatif de diffusion, complémentaire aux institutions comme l’Université McGill, où se développe parallèlement une scène jazz dynamique. Loin d’un genre en déclin, le jazz montréalais de 1976 apparaît en pleine transformation, nourri à la fois par les milieux académiques et les clubs indépendants[9][10].
À l’été 1976, le Rising Sun confirme cette position avec un festival d’envergure présenté du 15 au 31 juillet. Cette manifestation se déroule en parallèle des Jeux olympiques de Montréal (17 juillet au 1er août 1976), alors que la métropole accueille des centaines de milliers de visiteurs venus du monde entier. Dans ce contexte exceptionnel d’effervescence culturelle et touristique, la programmation, éclectique et ambitieuse, rassemble une grande diversité d’artistes locaux et internationaux, renforçant le rôle du club comme espace de diffusion, de rencontre et de renouvellement du jazz à Montréal. Cette dynamique se prolonge à l’automne, alors que l’établissement attire des figures majeures du jazz international, marquant une transition décisive vers une reconnaissance élargie[11][12].
La venue de Rahsaan Roland Kirk en septembre 1976 constitue l’un des premiers grands tournants. Présenté comme la première tête d’affiche majeure du club, il attire des salles combles et impose une expérience musicale intense et immersive. Le Rising Sun, situé au deuxième étage du 286, rue Sainte-Catherine Ouest, se distingue alors par son décor sobre et sa proximité avec le public, favorisant une interaction directe entre musiciens et auditoire. Kirk, malgré ses limitations physiques, y déploie une énergie exceptionnelle, transformant chaque prestation en rituel collectif où improvisation, engagement et émotion se confondent. Son passage, prolongé jusqu’en 1977 dans la mémoire du lieu, contribue durablement à forger l’identité du club[14][15][22].
En octobre 1976, l’arrivée d’Art Blakey et des Jazz Messengers marque une étape déterminante. Le Rising Sun entre alors pleinement dans le circuit international du jazz. Cette rencontre agit comme une véritable épreuve professionnelle pour Boicel, confronté aux exigences du milieu new-yorkais et à une gestion parfois tendue incarnée par le road manager Jim Greene. Malgré ces frictions, la présence de Blakey contribue à structurer et professionnaliser les pratiques du club, qui gagne en maturité et en crédibilité. Ce passage ne se limite pas à une série de concerts : il redéfinit les standards du lieu et confirme son intégration aux réseaux de tournée nord-américains[16][24].
Les mois suivants confirment cette montée en puissance. En novembre, le quartet de Yusef Lateef, accompagné notamment du batteur Albert « Tootie » Heath, attire des foules enthousiastes grâce à une musique riche, mêlant influences orientales, blues et improvisation moderne. En décembre, le Rising Sun accueille successivement Elvin Jones, dont la musique intense et évolutive prolonge l’héritage de John Coltrane, puis le percussionniste cubain Mongo Santamaria, dont l’afro-jazz enflamme la salle dans une ambiance festive et multiculturelle. Enfin, la chanteuse Koko Taylor impose la force du blues de Chicago, élargissant encore la palette musicale du club[18][19][20][21].
Le point culminant de cette année charnière survient le 31 décembre 1976, lorsque Dizzy Gillespie se produit au Rising Sun pour les célébrations du Nouvel An. Figure majeure du bebop, il attire une foule considérable et transforme la soirée en événement marquant. Au-delà de cette performance, la relation entre Gillespie et Boicel s’inscrit dans une dynamique plus profonde. Découvert par ce dernier dès l’adolescence en Guyane française, le trompettiste devient au fil du temps un allié fidèle du club, revenant jouer régulièrement et soutenant son développement dans les moments difficiles. Cette relation contribue à stabiliser le Rising Sun et à renforcer son rayonnement international, faisant de Gillespie non seulement une légende invitée, mais un acteur clé de l’histoire du lieu[17][23].
Ainsi, l’année 1976 marque pour le Rising Sun une transition décisive : d’un club émergent ancré dans une scène locale dynamique, il devient en quelques mois une véritable plaque tournante du jazz international à Montréal, capable d’attirer, d’accueillir et de retenir les plus grandes figures du genre.
« Ma rencontre avec le jeune promoteur Sheldon Kagan m’a permis de découvrir un groupe d’étudiants d’origine juive alors qu’ils jouaient à l’hôtel Windsor pour une soirée organisée par Sheldon. Le groupe s’appelait Wintergarden : ce fut le premier orchestre de jazz-fusion qui a donné un spectacle au Rising Sun. »
5. 1977 : Le Rising Sun devient une institution
En 1977, le Rising Sun, s’impose définitivement comme l’un des principaux pôles du jazz montréalais, prenant en quelque sorte la relève laissée vacante par la disparition du club In Concert, dont la fermeture avait illustré la difficulté croissante de présenter de grands artistes dans un contexte économique de plus en plus fragile[28]. Installé au 286, rue Sainte-Catherine Ouest, le club se distingue immédiatement des établissements plus institutionnels de la ville par son caractère brut, intime et profondément humain[48][49]. Un escalier coloré mène à une salle longue et étroite aux murs et plafonds noirs, dominée par une boîte de miroirs suspendue au-dessus de la scène, tandis que d’autres miroirs reflètent un public installé sur des chaises dépareillées[48][49]. Une musique d’ambiance accompagne l’arrivée des clients, créant une atmosphère située quelque part entre un club de jazz montréalais et une boîte des Îles du Sud[48]. Malgré la simplicité du décor et certaines limites techniques, le Rising Sun développe un charme unique, chaleureux et sans prétention, où la proximité immédiate entre les artistes et le public transforme les concerts en expériences immersives et communautaires[48]. Les spectateurs, souvent élégamment vêtus et passionnés de jazz, fréquentent avant tout le lieu pour la qualité exceptionnelle de la musique et l’écoute attentive qu’il favorise[49]. Le silence presque recueilli qui règne durant les performances contribue à faire du club un véritable sanctuaire d’écoute, reflet direct de la personnalité de son fondateur, Rouè-Doudou Boicel, qui privilégie l’authenticité, la proximité humaine et la passion du jazz plutôt que le prestige matériel[49].
Né à Cayenne, formé en Europe et passé par la Suisse ainsi que Paris, où il étudie l’art, Doudou Boicel se définit d’abord comme peintre avant d’exercer divers métiers, notamment celui d’électricien, puis de se tourner vers la restauration et l’exploitation de clubs[28]. Refusant de concevoir le jazz comme un simple produit commercial, il résume sa philosophie par une formule devenue célèbre : il ne pense pas « business », il pense jazz. Dans un milieu aux marges faibles et aux coûts élevés, il mise sur la débrouillardise, les réseaux humains et la solidarité entre musiciens, commençant par présenter des groupes locaux comme Wintergarden avant d’attirer des figures internationales telles que Dizzy Gillespie et Art Blakey[28]. Souvent vêtu de robes africaines et prenant le micro avant les spectacles pour défendre la survie du jazz à Montréal, Boicel transforme progressivement le Rising Sun en véritable lieu de résistance culturelle, à la fois refuge pour les musiciens, laboratoire d’écoute et scène ouverte sur les grands circuits nord-américains[28].
Dès janvier 1977, cette ambition se confirme avec la venue de Pharoah Sanders, figure majeure du courant post-coltranien. Son passage illustre la capacité du club à accueillir un jazz en pleine mutation, partagé entre lyrisme méditatif, décharges d’énergie brute et retours vers le be-bop ou la ballade[33]. Quelques jours plus tard, le Rising Sun bascule dans l’univers du blues avec Muddy Waters, dont le sextette transforme temporairement le club en véritable blues joint. Malgré une fatigue perceptible liée aux tournées, Waters impose une présence naturelle et puissante à travers des classiques comme Got My Mojo Working, Baby Please Don’t Go et Hoochie Coochie Man, confirmant le rôle du Rising Sun comme carrefour entre jazz et blues[34].
En février, le club poursuit sur cette lancée avec Ron Carter, ancien pilier du quintette de Miles Davis, qui y présente une conception renouvelée de la contrebasse, désormais utilisée comme instrument mélodique et harmonique à part entière[35]. Peu après, Stan Getz, tout juste arrivé de Copenhague, livre une prestation saluée pour la maturité de son jeu et la richesse de son quartet, où se distingue particulièrement la pianiste Joanne Brackeen[36]. Dans le récit de Boicel, ce même séjour prend toutefois une tournure plus chaotique : Getz disparaît à l’entracte, est retrouvé dans un bar voisin, puis revient terminer son concert dans des conditions précaires avant de susciter de nouvelles inquiétudes le lendemain[37]. L’épisode illustre les réalités parfois imprévisibles du métier de promoteur, partagé entre génie artistique, fragilité humaine et nécessité de protéger le public comme le club.
En mars, le Rising Sun accueille Willie Dixon, figure centrale du Chicago blues et auteur d’un répertoire devenu canonique, dont Hoochie Coochie Man, Spoonful et Back Door Man[38]. Sur scène, Dixon alterne narration, chant et jeu de basse, transformant chaque pièce en expérience vivante et partagée. Le même mois, le Bill Evans Trio offre au club l’un des moments les plus raffinés de la saison. La critique souligne la finesse du jeu d’Evans, la virtuosité du bassiste Eddie Gomez et certaines réserves envers le batteur Eliot Zigmund, jugé parfois trop appuyé pour l’esthétique délicate du trio[40]. Dans les coulisses, Boicel raconte qu’Evans, inquiet dès son arrivée, interrompt une prestation en affirmant ne pas pouvoir jouer sur le piano fourni, obligeant le propriétaire à trouver d’urgence un nouvel instrument[39]. Malgré ces tensions, les concerts révèlent une musique d’une intensité presque sacrée, illustrant toute la dualité du Rising Sun : la grâce absolue de la musique confrontée à la dure réalité du métier.
Au printemps, une chronique consacrée aux habitudes du public jazz montréalais décrit le Rising Sun comme un véritable « caméléon », capable de traverser les frontières entre clientèles et styles musicaux[32]. Dans un paysage où chaque salle possède son propre public, le club se distingue par sa capacité à réunir une foule jeune, diversifiée et culturellement mixte autour d’une programmation allant du blues au jazz contemporain. Cette polyvalence se manifeste notamment avec John Lee Hooker, dont le passage en mai confirme la puissance d’attraction du Rising Sun auprès des grandes figures du blues[42]. Accompagné du Coast to Coast Blues Band, Hooker impose son boogie hypnotique jusqu’à faire lever une salle conquise, frappant des mains et des pieds. La même période voit aussi la venue de Nat Adderley, dont le quintette fait entendre un hard bop énergique nourri de bebop, de latin et de jazz-rock[43].
L’été 1977 accentue encore davantage la dimension blues du club. En juin, Lightnin’ Hopkins revient à Montréal après plusieurs années d’absence. Bien qu’accompagné de musiciens ayant peu répété ensemble, ce qui nuit parfois à la fluidité de la performance, sa seule présence inscrit le Rising Sun dans une continuité directe avec les racines profondes du blues américain[44]. En juillet, Big Mama Thornton rappelle à son tour la mémoire vivante du blues, sa voix demeurant remarquablement puissante après près de quarante ans de carrière[41]. Le même mois, le Junior Wells–Buddy Guy Band livre une prestation saluée pour son énergie et son groove collectif, incarnant toute la vitalité du Chicago blues électrique[45].
À côté du club, l’expérience du Rising Sun se prolonge également par la cuisine. Le Café Créole, développé par Alex Boicel, fils de Doudou Boicel, ajoute une dimension familiale et artisanale inspirée de la Guyane française[27]. Les acras, les plats épicés et les ingrédients frais participent pleinement à l’identité du lieu, où musique, gastronomie et hospitalité se rencontrent dans une même logique de partage. À l’automne, Boicel explicite davantage sa vision : conscient qu’un club de jazz rapporte peu et coûte cher, il insiste sur la nécessité de maintenir une programmation forte, de créer une atmosphère authentique et de fidéliser une clientèle tout en défendant une conception inclusive du jazz[26]. Son intérêt pour la « visosonie » traduit cette volonté de faire de la musique une expérience sensorielle globale et accessible. Malgré les difficultés financières, le Rising Sun attire alors Michel Legrand, Mose Allison, Muddy Waters, B.B. King et Dexter Gordon, confirmant son intégration aux grands circuits du jazz et du blues.
En novembre, Dexter Gordon marque à son tour la saison par un jeu ample, chaleureux et souverain, confirmant l’inscription du club dans un réseau transatlantique reliant Montréal, New York et l’Europe[25]. Le même automne, Eddie « Cleanhead » Vinson, favori personnel de Boicel, incarne parfaitement l’esprit hybride du Rising Sun grâce à un blues teinté de sophistication jazz, nourri d’humour, de sensualité et d’un répertoire où figurent notamment Hold It Right There, Alimony Blues, Kidney Stew et Cherry Red[29].
La fin de l’année confirme enfin la remarquable diversité esthétique du Rising Sun. En décembre, Kenny Burrell, présenté comme le guitariste favori de Duke Ellington, incarne un jazz raffiné, subtil et profondément musical, fondé sur l’économie de moyens et l’attention portée au public[46]. Quelques jours plus tard, Jimmy Smith rappelle l’impact révolutionnaire de l’orgue dans le jazz moderne, combinant virtuosité technique, intensité blues et interaction directe avec une foule massée près de la scène[47]. Enfin, à la toute fin de décembre, Bill Evans revient au Soleil Levant, cette fois accompagné de Michel Donato et Philly Joe Jones. Son jeu impressionniste, fluide et introspectif attire une salle pleine et attentive, confirmant définitivement le Rising Sun comme l’un des espaces les plus importants du jazz montréalais de la fin des années 1970, à la croisée de l’exigence artistique, de la proximité humaine et de la création vivante[30].
6. 1978 : Le Rising Sun à son apogée
En 1978, le Rising Sun, aussi connu sous le nom de Soleil Levant, atteint le sommet de son rayonnement culturel à Montréal. En quelques années, l’établissement est passé d’une modeste salle de répétition fréquentée par des musiciens locaux à l’un des principaux centres du jazz et du blues afro-américains au Canada[53].
À cette époque, le Rising Sun attire une clientèle remarquablement diversifiée réunissant étudiants, artistes, professionnels, marginaux, riches et pauvres, francophones comme anglophones[60]. Boicel observe néanmoins un paradoxe révélateur : malgré la forte identité noire de sa programmation, le public demeure majoritairement blanc[57]. Plus qu’un simple club, le Rising Sun devient ainsi un lieu de rencontre, de solidarité et de reconnaissance culturelle où le jazz est présenté comme l’une des contributions majeures de la culture afro-américaine au patrimoine mondial[57]. Malgré des ressources limitées, le club parvient à maintenir une programmation internationale ambitieuse, alors que les cachets des artistes américains atteignent souvent entre 4 000 et 6 000 dollars américains par semaine, sans compter les frais de transport, d’hébergement et les taxes imposées aux musiciens étrangers[53].
L’idée d’un festival international de jazz et de blues prend forme à la suite d’un voyage de Boicel au Vermont en 1977, où il assiste à un événement mettant notamment en vedette Rahsaan Roland Kirk, déjà passé par le Rising Sun[60]. Convaincu que Montréal peut accueillir une manifestation d’envergure comparable, il entreprend de créer un festival consacré aux musiques afro-américaines à la Place des Arts[50]. Au printemps 1978, vêtu de ses habits colorés, il distribue lui-même des dépliants promotionnels à l’entrée du festival du Vermont afin de convaincre le public américain que le jazz est bien vivant à Montréal grâce au Rising Sun[50]. De retour au Québec, il organise des rencontres préparatoires à son domicile de Westmount, sollicite banques, commanditaires et médias, tout en négociant directement avec agents, producteurs et musiciens afin de réunir plusieurs grandes figures du jazz et du blues autour du projet[60].
Les difficultés ne tardent toutefois pas à se manifester. Boicel doit d’abord convaincre les dirigeants de la Place des Arts qu’un festival de blues a sa place à la salle Wilfrid-Pelletier, certains craignant alors qu’il ne s’agisse que d’un spectacle rock[60]. Les défis financiers sont tout aussi importants : pour mener son projet à terme, il hypothèque pratiquement sa maison de Westmount, contracte d’importants emprunts et négocie continuellement de nouvelles marges de crédit[51]. Il dénonce également le manque de soutien gouvernemental ainsi que les nombreuses contraintes administratives imposées aux artistes étrangers[50]. Ces tensions éclatent au grand jour au printemps et à l’été 1978 lorsque le pianiste Horace Silver se voit d’abord refuser un permis de travail pour une série de concerts prévus au Rising Sun du 13 au 18 juin[54]. Les autorités fédérales estiment alors que l’établissement n’a pas suffisamment tenté d’embaucher des musiciens canadiens[54]. L’affaire prend rapidement une dimension publique et touche également le Rockhead’s Paradise, où des musiciens américains accompagnant la chanteuse Jama sont eux aussi bloqués à la frontière[55]. Après révision du dossier, les autorités reconnaissent finalement certaines erreurs d’interprétation des règlements, permettant à Horace Silver d’obtenir son autorisation de travail[55].
Malgré ces obstacles, Boicel poursuit l’organisation du Rising Sun Festijazz, présenté les 21, 22 et 23 juillet 1978 à la Place des Arts[7]. Refusant de prendre des risques artistiques inutiles, il privilégie des artistes déjà établis comme Sarah Vaughan, Muddy Waters, Dexter Gordon, Hubert Laws, B.B. King, John Lee Hooker, Willie Dixon et Paul Horn[50]. Plusieurs musiciens acceptent même de participer sans recevoir les avances financières habituellement exigées, preuve du respect dont bénéficie Boicel dans le milieu du jazz et du blues[51]. Pour lui, le festival représente bien davantage qu’une série de concerts : il s’agit d’un geste culturel et politique visant à offrir une visibilité nouvelle aux musiques afro-américaines à Montréal[51].
Le succès du festival dépasse rapidement les attentes. Présenté pendant trois soirées à la Place des Arts, le Festijazz attire entre 11 000 et 15 000 spectateurs selon les sources, permettant à Boicel de récupérer près de 70 000 dollars investis dans le projet et même d’espérer un bénéfice avoisinant les 100 000 dollars[52][58]. Les performances blues provoquent des réactions particulièrement enthousiastes : B.B. King impressionne le public avec sa guitare Lucille, Muddy Waters transforme la salle en véritable temple du Chicago blues, tandis que John Lee Hooker captive les spectateurs avec son jeu hypnotique et son célèbre boogie[58]. Willie Dixon agit quant à lui comme mémoire vivante du blues américain[58]. Du côté jazz, Sarah Vaughan, Dexter Gordon, Hubert Laws et Paul Horn marquent également le festival, malgré certains problèmes techniques liés à l’acoustique et à l’éclairage de la salle Wilfrid-Pelletier[61].
Boicel garde des souvenirs particulièrement émotifs des coulisses du festival. Il raconte avoir accompagné Sarah Vaughan à l’aéroport avant de la voir se transformer complètement une fois montée sur scène[61]. Il décrit aussi la présence magnétique de Dexter Gordon, notamment lors de son interprétation de Round Midnight, qui laisse le public montréalais suspendu à chacune de ses notes[61]. Après certains concerts, les musiciens se retrouvent au Hyatt Regency ou dans des clubs montréalais comme Chez Régine, révélant une dimension beaucoup plus humaine et intime derrière les grandes figures du jazz international[61].
L’un des moments les plus légendaires du Festijazz survient après un concert à la Place des Arts lorsque B.B. King, James Cotton, Big Mama Thornton, John Lee Hooker, Willie Dixon, Buddy Guy et Big Moose Walker débarquent au Rising Sun pour improviser ensemble jusqu’aux petites heures du matin[64]. Boicel raconte qu’il ne restait alors presque plus de clients dans le club, mais que les musiciens jouaient avant tout pour le plaisir de partager un moment entre eux[64]. Les bandes de cette soirée historique seront malheureusement perdues dans l’incendie du Rising Sun en 1990[2].
À travers le Festijazz de 1978, le Rising Sun cesse définitivement d’être uniquement un petit club de jazz marginal pour devenir le noyau d’un véritable projet culturel montréalais à portée internationale[51]. Pour Boicel, le festival constitue avant tout une affirmation culturelle, sociale et identitaire : une manière de démontrer que Montréal peut accueillir les plus grandes figures du jazz et du blues afro-américains dans un contexte respectueux de leur contribution historique à la culture moderne[57]. Le succès populaire du Festijazz confirme également l’existence d’un public montréalais suffisamment vaste et passionné pour soutenir un événement international consacré au jazz et au blues[52]. Ce qui avait commencé comme un refuge marginal pour amateurs de jazz devient alors une plateforme culturelle capable de rivaliser symboliquement avec les grands festivals américains et européens[52].
7. 1979 : Le Rising Sun au cœur du renouveau jazz montréalais
En 1979, plusieurs articles de presse témoignent de l’effervescence exceptionnelle que connaît alors le jazz à Montréal. En mars, La Presse décrit une métropole où les clubs, festivals et salles de spectacles consacrés au jazz et au blues se multiplient rapidement. Le journal affirme que Montréal compte alors plus de 120 orchestres de jazz et une douzaine de lieux où entendre cette musique régulièrement, des petits clubs jusqu’à la Place des Arts. Dans ce contexte, Rouè-Doudou Boicel, propriétaire du Rising Sun, apparaît comme l’un des principaux artisans de cette renaissance.[75]
Le Rising Sun s’inscrit alors dans un réseau de lieux qui participent à la transformation de la vie nocturne montréalaise, aux côtés de l’Air du Temps, du Rockhead’s Paradise, du Jazz Bar et du cinéma-café Cinéma Parallèle. La scène attire autant les amateurs de clubs historiques que les étudiants, les jeunes musiciens et un nouveau public francophone plus ouvert au jazz, au blues et aux musiques afro-américaines. Le pianiste Maury Kaye observe même que les musiciens de jazz québécois peuvent désormais envisager de gagner leur vie à Montréal, une situation qu’il juge nouvelle pour la scène locale. [75]
En avril, le The Sherbrooke Record souligne le rôle joué par Alain Simard et André Ménard, alors responsables de la programmation du El Casino, établissement voisin du Rising Sun sur la rue Sainte-Catherine Ouest. Les deux promoteurs y présentent régulièrement des artistes majeurs du blues, du jazz et du rock, dont B.B. King, Dave Brubeck, Larry Coryell et John Mayall. Cette série de spectacles et d’événements constitue en quelque sorte les fondations de ce qui deviendra, dès l’année suivante, la première édition du FESTIVAL INTERNATIONAL DE JAZZ DE MONTRÉAL. La proximité entre le Rising Sun et le El Casino témoigne ainsi de l’extraordinaire concentration d’activités musicales dans ce secteur de la rue Sainte-Catherine Ouest à la fin des années 1970. [76]
Cette effervescence culmine avec la préparation du deuxième FestiJazz, organisé par Doudou Boicel à la Place des Arts les 27, 28 et 29 juillet 1979. En mai, The Montreal Star annonce une programmation ambitieuse répartie sur trois soirées : B.B. King avec le Dutch Mason Blues Band, John Lee Hooker, Lightnin’ Hopkins, Clifton Chenier, Big Mama Thornton, Eddie « Cleanhead » Vinson et Oscar Peterson, présenté comme « le cadeau de Montréal au jazz international ». L’article souligne aussi la réputation déjà bien établie de Boicel, décrit comme un organisateur passionné dont les liens avec les artistes permettent de réunir une affiche exceptionnelle. [73]
Quelques jours avant l’événement, The Gazette publie un long portrait de Boicel signé David Sherman. Le journaliste y décrit les défis financiers et logistiques considérables auxquels le propriétaire du Rising Sun doit faire face pour maintenir son festival à flot. Boicel travaille alors depuis près de deux ans à développer le concept du festi-jazz, après une première édition tenue l’année précédente. Sa conjointe, Rose Matthey, participe à l’administration du festival en soirée après son emploi de jour comme travailleuse sociale, tandis que des employés du Rising Sun parcourent Montréal, les Cantons-de-l’Est et même le Vermont pour installer près de 1 000 affiches promotionnelles. [72]
« Les affiches du Rising Sun ont créé une industrie de collage d’affiches qui n’existait pas avant à Montréal. Nos concurrents ont commencé à faire des affiches mal foutues. D’autres ont suivi. »
L’article de Sherman met en lumière le caractère artisanal, familial et communautaire du projet. Plusieurs artistes acceptent de réduire leurs cachets ou de ne demander que leurs frais de déplacement afin de soutenir le festival. Malgré des dépenses de plus de 100 000 dollars, la pression des banques et la concurrence accrue des événements estivaux depuis Expo 67, Boicel demeure déterminé à maintenir à Montréal un festival consacré au jazz et au blues. Le portrait le présente comme un personnage idéaliste, passionné et respecté par les musiciens, au centre d’un réseau où le Rising Sun joue un rôle de point d’ancrage. [72]
Au lendemain du deuxième Festijazz, The Gazette publie un compte rendu enthousiaste des trois soirées présentées à la Place des Arts. David Sherman y décrit l’événement comme un moment marquant de l’été culturel montréalais de 1979. Oscar Peterson y est présenté comme le grand triomphateur de la soirée de clôture, capable de transformer l’ampleur de la salle en expérience intime grâce à sa virtuosité, sa maîtrise harmonique et son aisance entre improvisation et précision. Le journaliste souligne également l’impact de sa nouvelle African Suite. [74]
Le compte rendu accorde aussi une place importante aux grandes figures du blues réunies par Boicel. Big Mama Thornton impressionne par son énergie scénique, son humour et sa présence, tandis que B.B. King soulève près de 3 000 spectateurs lors de sa prestation du vendredi soir. John Lee Hooker et Lightnin’ Hopkins sont décrits comme des moments forts du festival, l’un par son blues hypnotique et minimaliste, l’autre par son jeu expressif et ses improvisations. Clifton Chenier, Eddie « Cleanhead » Vinson et plusieurs autres musiciens contribuent à donner à l’événement une atmosphère de grande célébration du blues et du rhythm and blues américain. [74]
À travers ces articles de 1979, le Rising Sun apparaît donc comme bien plus qu’un simple club : il devient un carrefour où se croisent musiciens internationaux, promoteurs indépendants, journalistes, amateurs de jazz, public francophone émergent et scène nocturne de la rue Sainte-Catherine Ouest. Le deuxième Festijazz confirme la place de Doudou Boicel parmi les figures centrales du jazz et du blues montréalais de la fin des années 1970, tout en inscrivant le Rising Sun au cœur d’un moment charnière de l’histoire musicale de Montréal.
8. 1980 : Le Rising Sun entre Festijazz, Rockhead’s et afro-jazz montréalais
En 1980, Rouè-Doudou Boicel s’impose comme l’une des figures les plus influentes du jazz et du blues à Montréal. Dans un long portrait publié par The Gazette, le journaliste Juan Rodriguez le présente à la fois comme propriétaire du Rising Sun, organisateur du Festijazz et ambassadeur des musiques afro-américaines. Installé sur la rue Sainte-Catherine, Boicel rêvait de créer à Montréal un véritable « jazz place » inspiré des clubs de New York et de Los Angeles, où la qualité de l’accueil comptait autant que celle de la programmation.[79]
L’article décrit un établissement profondément marqué par les origines antillaises de son fondateur. Sculptures, objets artisanaux, bouteilles de rhum et photographies dédicacées composent un décor chaleureux, tandis que l’équipe participe autant à la production des spectacles qu’à l’accueil des artistes. Boicel affirme consacrer régulièrement des journées de vingt heures à son club, convaincu que l’hospitalité demeure au cœur du succès d’un lieu consacré au jazz.[79]
Cette philosophie se reflète dans le développement du Festijazz, alors présenté comme le plus important festival de jazz et de blues au Canada. La troisième édition, tenue en juillet 1980 à la Place des Arts, réunit notamment Nina Simone, Gerry Mulligan, Woody Herman, Taj Mahal, Sonny Terry, Brownie McGhee, Lightnin’ Hopkins, Buddy Guy, Junior Wells, Luther Allison et Big Mama Thornton. Le festival confirme la capacité de Boicel à attirer à Montréal certaines des plus grandes figures du jazz et du blues nord-américains.[79]
Quelques semaines plus tard, Le Devoir publie une critique plus nuancée du festival. Malgré certaines prestations jugées inégales, la journaliste Sylvaine Martin salue la présence exceptionnelle d’artistes tels que Sonny Terry, Brownie McGhee, Taj Mahal, Memphis Slim et Willie Dixon. Le moment fort demeure toutefois la prestation de Nina Simone, dont l’interprétation de Ne me quitte pas est décrite comme l’un des grands moments du festival.[80]
Durant l’été, The Gazette souligne également le dynamisme du secteur de la rue Sainte-Catherine Ouest. Au Rising Sun, le légendaire chanteur Jon Hendricks présente un spectacle remarqué en compagnie de son épouse Judith Hendricks, de sa fille Michelle Hendricks et d’un jeune Bobby McFerrin, encore inconnu du grand public. À quelques pas de là, le Club Montréal accueille le jeune Bryan Adams, illustrant la diversité musicale qui caractérise alors le quartier.[77]
L’année marque aussi une étape importante dans l’expansion des activités de Boicel. En octobre, il acquiert le légendaire Rockhead’s Paradise, situé au 1252 rue Saint-Antoine, institution historique de la Petite-Bourgogne fondée par Rufus Rockhead. Son objectif est de redonner vie à ce haut lieu du divertissement afro-montréalais tout en préservant son héritage. Il envisage déjà d’y présenter des artistes comme Nina Simone, Tito Puente, Eartha Kitt et Mongo Santamaria, tout en réservant une place à la relève locale.[78]
En décembre, La Presse annonce la création du Rising Sun Afro Jazz Orchestra, un ensemble montréalais réunissant des musiciens issus de diverses communautés culturelles. Mené notamment par le trompettiste chilien Victor Duran, le projet fusionne salsa, soul, funk-jazz et rythmes afro-caribéens. Boicel souhaite ainsi démontrer que Montréal peut également produire sa propre scène afro-jazz, plutôt que de dépendre uniquement des artistes invités de l’étranger.[81]
Entre le Festijazz, la programmation du Rising Sun, l’acquisition du Rockhead’s Paradise et la création du Rising Sun Afro Jazz Orchestra, l’année 1980 marque l’apogée de l’influence de Doudou Boicel. Plus qu’un simple propriétaire de club, il devient l’un des principaux artisans de la diffusion du jazz, du blues et des musiques afro-diasporiques à Montréal.[79]
9. 1981 : Le Rising Sun en transition entre Rockhead’s Paradise et la fin d’une époque
En 1981, les activités de Rouè-Doudou Boicel entrent dans une importante période de transition. Alors que le Rising Sun, devenu l’un des principaux clubs de jazz de la rue Sainte-Catherine Ouest durant la seconde moitié des années 1970, amorce un ralentissement progressif de ses activités, le promoteur consacre désormais une part croissante de son énergie à la relance du légendaire Rockhead’s Paradise, dans le quartier de la Petite-Bourgogne, qu’il rebaptise Doudou’s Rockhead Paradise. Cette réorientation apparaît clairement dans plusieurs articles publiés au cours de l’année, qui témoignent à la fois du prestige dont jouit encore Boicel et des défis auxquels se heurte la scène jazz montréalaise au début des années 1980.[82]
« Le succès du Doudou’s Rockhead Paradise attirait aussi des requins, dont Georges Durst, un puissant homme d’affaires et un fin renard. Georges était propriétaire d’un restaurant qui présentait des spectacles d’humoristes. Il était en fait un pionnier dans le monde de cet art qui est devenu très populaire. Il était aussi propriétaire de deux autres clubs, le Bijou et le Monte-Carlo qui n’ont pas été des réussites. Georges m’a toujours réservé un bon accueil. Je le voyais venir. Le succès du Rising Sun ne le laissait pas indifférent. Il lui fallait trouver une nouvelle formule pour se lancer dans le jazz. Il m’a alors fait part de son projet et ne m’a pas caché qu’il allait engager Charlie Biddle. Le resto portait le nom de Biddle. »
Quelques mois plus tard, en septembre 1981, The Gazette annonce le décès de Rufus Nathaniel Rockhead, figure emblématique de la vie nocturne montréalaise et fondateur du Rockhead’s Paradise. Âgé d’environ 89 ans, cet entrepreneur jamaïcain établi à Montréal est reconnu comme le premier Noir à avoir obtenu légalement une licence de vente d’alcool pour un établissement dans la métropole. Son club, devenu l’un des principaux centres du jazz et de la vie culturelle de la communauté noire montréalaise, lui survit comme l’un des lieux les plus importants de l’histoire du divertissement canadien.
Dans son article, Ian Mayer rappelle que l’établissement, situé à l’angle des rues Saint-Antoine et de la Montagne, a accueilli pendant plus d’un demi-siècle plusieurs des plus grandes vedettes du jazz et du spectacle afro-américain. Le journaliste souligne également le rôle social joué par Rockhead au sein de la communauté noire montréalaise, notamment en offrant du travail à de nombreux résidents du quartier dans un contexte marqué par la discrimination raciale. Il rappelle enfin qu’à la suite de l’attaque cérébrale subie par Rockhead en 1978, le cabaret avait été vendu à Boicel, qui tentait depuis de lui redonner son dynamisme d’autrefois.[83]
À l’automne, plusieurs articles témoignent également des incertitudes entourant l’avenir du Rising Sun. En novembre, La Presse rapporte que Boicel revient sur sa décision de fermer définitivement le club afin de se consacrer entièrement au Rockhead’s Paradise. Selon le journaliste Pierre Beaulieu, il choisit finalement de poursuivre les activités du Rising Sun tout en continuant la relance du cabaret de la Petite-Bourgogne. Cette décision illustre sa volonté de préserver deux institutions importantes de la scène jazz montréalaise malgré les difficultés économiques qui affectent alors plusieurs salles de spectacle.[84]
Quelques jours plus tard, un second article de La Presse révèle toutefois une certaine confusion autour de cette éventuelle réouverture. Boicel annonce publiquement son intention de reprendre les activités du Rising Sun afin d’y présenter de nouveaux concerts de jazz. Or, Dominique Wilhelmy, propriétaire du local désormais rebaptisé Songe Tropical, affirme n’avoir jamais été informée d’un tel projet. Elle précise plutôt vouloir poursuivre l’exploitation de l’établissement comme salle consacrée à la musique reggae. Cette controverse illustre les transformations rapides qui touchent alors la rue Sainte-Catherine Ouest, où plusieurs clubs changent de vocation musicale au gré des nouvelles tendances et des difficultés économiques du milieu de la nuit montréalais.[85]
À travers ces témoignages journalistiques, l’année 1981 apparaît comme un moment charnière dans l’histoire du Rising Sun. Après avoir joué un rôle central dans le développement du jazz et du blues à Montréal durant les années 1970, le club amorce progressivement son déclin tandis que Boicel redéploie ses activités autour du Rockhead’s Paradise. Cette transition marque également la fin d’une époque pour la rue Sainte-Catherine Ouest, dont plusieurs établissements historiques connaissent alors de profondes transformations culturelles et économiques.[85]
10. 1982 : Crise financière, retour sur Sainte-Catherine et survie du Rising Sun
En 1982, le Rising Sun traverse l’une des périodes les plus difficiles de son histoire. En avril, The Gazette annonce la faillite de la compagnie Roue Dou Dou Boicel Productions, révélant l’ampleur des problèmes financiers auxquels fait face Rouè-Doudou Boicel après plusieurs années consacrées à la présentation de concerts, à l’organisation du Festijazz et à la gestion de ses clubs de jazz montréalais. Depuis son arrivée au Canada au début des années 1970, Boicel a pourtant contribué à faire du Rising Sun l’un des principaux pôles du jazz de la rue Sainte-Catherine Ouest.[87]
Selon le journal, les difficultés s’accentuent surtout après l’acquisition du Rockhead’s Paradise, acheté environ dix-huit mois plus tôt pour près de 200 000 dollars. Boicel espérait relancer le célèbre cabaret fondé par Rufus Rockhead et redonner vie à la tradition jazz de la Petite-Bourgogne, mais l’établissement ne parvient pas à retrouver l’achalandage de ses années de gloire. Le transfert des activités du Rising Sun vers la rue Saint-Antoine complique également la situation : situé à l’écart des principaux circuits nocturnes du centre-ville, le club attire moins de clientèle que l’ancien local de la rue Sainte-Catherine. Boicel tente brièvement de diversifier sa programmation avec des spectacles reggae avant de revenir principalement au jazz. Malgré la faillite, plusieurs concerts annoncés, dont certaines prestations de Taj Mahal, sont maintenus.[87]
Quelques semaines plus tard, en mai, la journaliste Brenda Zosky Proulx consacre un long reportage à la situation du Rising Sun et du Rockhead’s Paradise. Elle décrit des salles clairsemées, un climat économique difficile et le déclin progressif de plusieurs clubs de jazz montréalais. Là où le Rising Sun attirait autrefois des foules importantes sur la rue Sainte-Catherine Ouest, seuls quelques clients occupent désormais une salle conçue pour accueillir plusieurs centaines de personnes. Malgré tout, Boicel demeure déterminé à préserver une tradition jazz qu’il juge menacée. Le reportage revient également sur l’importance historique du Rockhead’s Paradise, longtemps considéré comme l’un des principaux lieux de rassemblement de la communauté noire montréalaise et un refuge dans une époque où plusieurs établissements pratiquaient encore une forme de ségrégation informelle. La journaliste souligne toutefois combien la Petite-Bourgogne a changé depuis les grandes années du quartier, alors que les transformations urbaines, le déplacement de la population et la fermeture de nombreux clubs ont profondément affaibli la vie nocturne locale.[86]
En juillet 1982, Boicel tente un nouveau départ en rouvrant l’ancien local de la rue Sainte-Catherine Ouest sous le nom de Rising Sun 1. Cette relance repose sur la conviction que le public associe toujours le nom Rising Sun à son emplacement d’origine plutôt qu’au cabaret de la rue Saint-Antoine. Certains observateurs considèrent d’ailleurs le déménagement vers le Rockhead’s Paradise comme une erreur stratégique, le secteur étant devenu beaucoup moins fréquenté que le principal quartier des clubs du centre-ville. Afin de marquer ce retour aux sources, Boicel annonce une programmation mêlant jazz, blues et reggae, comprenant notamment des spectacles du groupe montréalais Indigo ainsi que la venue du célèbre accordéoniste cajun Clifton Chenier et de son Red Hot Louisiana Band.[88]
Dans son livre L’histoire du Rising Sun et ses légendes jazz & blues, publié en 2008, Boicel revient longuement sur cette période. Il explique avoir dû repartir pratiquement de zéro après les difficultés liées au Rockhead’s Paradise, avec l’aide de ses collaboratrices et du soutien de la Banque de Montréal. Selon lui, une partie importante de la clientèle n’avait jamais réellement suivi le club dans son déménagement vers la rue Saint-Antoine, notamment en raison de la réputation du quartier à cette époque.[102]
Boicel affirme néanmoins que le public revient progressivement après la réouverture du local de la rue Sainte-Catherine et que le Rising Sun retrouve rapidement sa place parmi les principaux lieux de diffusion du jazz à Montréal.[102]
11. 1983 : Entre triomphes jazz, tensions financières et ambitions fragilisées
En 1983, le Rising Sun connaît un début d’année particulièrement favorable. En janvier, The Gazette publie une critique enthousiaste des spectacles du jeune trompettiste Wynton Marsalis, alors âgé de seulement 21 ans. Dans l’article intitulé “Marsalis hot for sold-out Rising Sun shows”, le journaliste Peter Hadekel décrit des salles combles rarement vues dans l’histoire récente du club de Rouè-Doudou Boicel, les spectateurs débordant jusque dans les escaliers et sur la rue Sainte-Catherine Ouest pour assister aux prestations du quintette. Déjà nommé musicien jazz de l’année par le magazine DownBeat, Marsalis impressionne par un jeu devenu plus libre, intense et émotionnel. Hadekel souligne également la qualité exceptionnelle des musiciens qui l’accompagnent, dont Branford Marsalis, Kenny Kirkland, Phil Bowler et Jeff Watts, confirmant la réputation du Rising Sun comme l’un des principaux lieux montréalais capables d’accueillir les nouvelles grandes figures du jazz international.[89]
Quelques semaines plus tard, le club accueille à nouveau Nina Simone, l’une des artistes les plus étroitement associées au Rising Sun depuis la fin des années 1970. Dans un article intitulé “Oh boy, Nina’s back in town”, le journaliste Thomas Schnurmacher décrit une artiste détendue et volubile, discutant aussi bien de son admiration pour Jacques Brel et le Québec francophone que de sa vie personnelle et de ses années passées en Europe. Accueillie au restaurant créole de Boicel avant ses représentations, Simone semble alors entretenir une relation privilégiée avec Montréal et le club qui l’a souvent reçue.[90]
Cette visite tourne toutefois rapidement à la controverse. Quelques jours plus tard, The Gazette rapporte que la chanteuse interrompt brusquement sa série de spectacles après une seule soirée à la suite d’un différend financier avec Boicel. Selon le journaliste John Griffin, Simone réclame immédiatement la part des recettes qui lui est due en vertu d’un contrat prévoyant 80 % des revenus de la porte, alors que le promoteur souhaite attendre la fin complète de l’engagement avant de procéder au paiement. Le conflit entraîne le départ de la chanteuse vers Los Angeles et oblige le Rising Sun à rembourser les détenteurs de billets pour les représentations annulées. L’incident illustre les difficultés financières persistantes auxquelles demeurent confrontés plusieurs clubs de jazz montréalais malgré leur capacité à attirer des artistes de renommée internationale.[91]
Ces fragilités réapparaissent quelques mois plus tard. En juin 1983, Le Devoir annonce la contramandation d’un important concert bebop présenté comme le « concert du siècle no. 2 », que Doudou Boicel devait organiser à la Place des Arts. L’événement devait réunir plusieurs grandes figures du jazz américain, dont Dizzy Gillespie, Freddie Hubbard, Benny Carter, Slide Hampton, John Lewis, Ray Brown et Mickey Roker. Cette annulation témoigne des défis croissants auxquels font face les producteurs de jazz montréalais au début des années 1980. Elle contraste également avec les succès artistiques enregistrés au Rising Sun, où Boicel continue malgré tout d’attirer certaines des plus importantes vedettes du jazz mondial tout en luttant pour maintenir vivante une scène devenue de plus en plus difficile à soutenir financièrement.[92]
12. 1984 : La persévérance de Rouè-Doudou Boicel
En 1984, le Soleil Levant célèbre son dixième anniversaire dans un contexte marqué à la fois par la persévérance et les difficultés économiques. Plusieurs journaux soulignent alors le parcours exceptionnel du club fondé par Rouè-Doudou Boicel, rappelant qu’en 1974 celui-ci avait acheté un ancien bar de danseuses sans imaginer qu’il deviendrait l’un des clubs de jazz les plus réputés de Montréal. Pour marquer cet anniversaire, Boicel remet à l’honneur le slogan qui accompagnait l’ouverture du club en 1975 : « Le Jazz N’est Pas Mort ». Malgré la concurrence grandissante de salles comme le Spectrum et le Théâtre Saint-Denis, le Soleil Levant poursuit sa mission en présentant une nouvelle série de concerts mettant notamment en vedette Eddie « Cleanhead » Vinson, Joe Pass, Larry Coryell, Hank Jones et Dizzy Gillespie.[98][95]
Les portraits publiés à cette occasion dans Le Devoir et La Presse décrivent un établissement vieillissant, encore décoré d’éléments récupérés du défunt Rockhead’s Paradise, mais toujours animé par la passion de son fondateur. Alors que les dettes s’accumulent et que le Festival international de jazz de Montréal, dirigé par André Ménard et Alain Simard, capte désormais une part importante de l’attention médiatique et du public, le Soleil Levant demeure l’un des derniers lieux montréalais consacrés presque exclusivement au jazz et au blues.[94][97]
En août 1984, Le Devoir publie un texte signé par Rouè-Doudou Boicel à la suite du décès de la chanteuse blues Big Mama Thornton. Intitulé « Le blues est en deuil », ce témoignage retrace le parcours de Willie Mae Thornton, depuis son enfance dans l’Alabama ségrégationniste jusqu’à son ascension parmi les grandes figures du blues américain. Boicel rappelle que la chanteuse s’était produite au Rising Sun durant plusieurs semaines en 1983 et qu’elle avait même séjourné chez lui à Westmount pendant près de deux mois. Profitant de l’occasion pour dénoncer l’indifférence de l’industrie musicale envers plusieurs pionniers du blues, il évoque notamment Lightnin’ Hopkins, Muddy Waters, Howlin’ Wolf, T-Bone Walker, Freddy King, John Lee Hooker, Sonny Terry, Brownie McGhee, Clifton Chenier et Buddy Guy, avant de conclure que les amateurs de blues montréalais ne conserveront « que d’heureux souvenirs » de la chanteuse.[93]
Quelques semaines plus tard, en octobre, La Presse consacre un article au retour du légendaire batteur Art Blakey au Soleil Levant, alors présenté comme la plus ancienne boîte de jazz de Montréal. Denis Lavoie rappelle le rôle fondamental joué par Blakey dans l’émergence de musiciens devenus célèbres tels que Freddie Hubbard, Chuck Mangione et Wynton Marsalis, tout en soulignant les liens étroits qui l’unissent à Doudou Boicel, lequel affirme avoir beaucoup appris du batteur lors des débuts du club. Ancien collaborateur de Miles Davis, John Coltrane, Thelonious Monk, Dizzy Gillespie, Wayne Shorter, McCoy Tyner et Bud Powell, Blakey apparaît toujours animé par la même énergie et la même volonté de faire évoluer le jazz. Son passage au Soleil Levant symbolise finalement la philosophie qui anime encore Boicel dix ans après l’ouverture du club : malgré les dettes, la concurrence et les transformations du milieu, le jazz et le blues demeurent bien vivants.[96]
13. 1985 : Le Rising Sun entre blues, reggae et hardcore montréalais
En 1985, le Rising Sun de la rue Sainte-Catherine Ouest poursuit sa transformation en salle à la programmation de plus en plus éclectique. Dans sa section “Best Bets”, The Gazette souligne dès janvier la diversité musicale du club, annonçant autant des spectacles punk-hardcore montréalais avec Genetic Control et League of Dead Politicians qu’une soirée reggae mettant en vedette Jah Cuttah. [101]
Cette évolution marque un important changement par rapport à l’identité initiale du Rising Sun, longtemps associé presque exclusivement au jazz et au blues afro-américain sous la direction de Rouè-Doudou Boicel. Malgré cette diversification, le club demeure toutefois profondément lié à la scène blues montréalaise. Toujours en janvier 1985, la chronique Jazz Notes du journaliste Len Dobbin annonce la venue du chanteur et bassiste de blues “Big” Miller, accompagné du pianiste Big Moose Walker. Présenté comme une figure importante du blues nord-américain, Clarence H. Miller est alors associé à une longue carrière ayant notamment croisé celles de Jay McShann et Jon Hendricks. L’article rappelle aussi sa participation au documentaire canadien Big and the Blues produit par l’Office national du film. [98]
La chronique mentionne également que Roué Doudou Boicel vient de lancer l’album The Great Blues Immortals, regroupant des enregistrements réalisés à Montréal avec plusieurs figures du blues et du jazz afro-américain, dont Rahsaan Roland Kirk, Esther Phillips, Lightnin’ Hopkins et Big Mama Thornton, captés soit au Rising Sun, soit lors du Festijazz de 1980 à la Place des Arts. Malgré les difficultés financières traversées au début des années 1980, le club continue donc d’agir comme lieu de diffusion musicale, de production discographique et de rencontre entre artistes américains et scène montréalaise. [98]
À la fin de l’année, le Rising Sun accueille également la scène hardcore punk en pleine montée à Montréal. En décembre 1985, The Gazette publie une critique du concert des Circle Jerks présenté au club avec les groupes montréalais Asexuals et Syndicate. Dans son article intitulé “L.A. hardcore music comes to town”, le journaliste Michael Mirolla décrit l’arrivée à Montréal du hardcore californien associé à la mouvance punk radicale de Los Angeles. Il souligne notamment la présence de Keith Morris, ancien chanteur de Black Flag devenu leader des Circle Jerks, ainsi que l’ambiance extrêmement énergique du spectacle présenté devant une salle comble. [100]
Mirolla remarque également qu’une partie importante du public provenait d’un concert de Motörhead présenté le même soir au Spectrum, signe du rapprochement grandissant entre les scènes hardcore punk et heavy metal au milieu des années 1980. Le journaliste souligne aussi la place importante occupée par les groupes locaux, particulièrement Asexuals, alors considérés parmi les formations hardcore les plus marquantes de Montréal. À travers ces spectacles, le Rising Sun apparaît désormais comme une salle ouverte à une multitude de styles musicaux, allant du jazz et du blues au reggae, au punk et au hardcore, reflétant les profondes transformations de la vie nocturne montréalaise au milieu des années 1980. [100]
« Des promoteurs de musique alternative m’ont approché pour produire des spectacles. J’ai hésité à donner suite à leur demande. Ils m’avaient assuré qu’ils veilleraient à ce que tout se passe bien. J’ai pris le risque en louant les lieux à ces jeunes promoteurs anglophones de Montréal. Il y avait parmi la clientèle des skinheads. Ils me respectaient tous. Je n’ai eu aucun problème avec eux. La musique était une cacophonie infernale. Les jeunes dans la salle pratiquaient le slam dancing. Un soir, deux promoteurs avaient organisé un spectacle de punk rock avec le groupe anglais GBH. Il y avait environ cinq cents jeunes dans le club, serrés comme des sardines. Les jeunes chahutaient. Ils crachaient sur la tête des gens qui entraient. Un officier de police m’a appelé pour m’avertir qu’une intervention se préparait : “Doudou, vide la salle pour éviter une descente.” J’ai immédiatement fait ce que l’officier a dit. J’ai parlé aux jeunes, qui m’ont écouté. Ils sont sortis sans causer aucun problème. La descente policière a été évitée de justesse grâce aux bonnes relations que j’avais avec les officiers de ce poste de police. J’ai mis fin à ce genre de spectacles démentiels et schizophréniques. » [103]
Une photographie prise lors d’un concert de Black Flag au Rising Sun de Montréal en 1984 montre l’atmosphère chaotique et survoltée de la scène hardcore punk, avec une foule compacte de punks en plein mosh pit devant un imposant mur d’amplificateurs dans l’intimité brute du club; le crédit photo demeure à déterminer.
14. 1986 : Rouè-Doudou Boicel défend le Rising Sun
En avril 1986, The Gazette annonce que Rouè-Doudou Boicel, propriétaire du Rising Sun de la rue Sainte-Catherine Ouest, revient d’un voyage de trois semaines en Haïti où il a été invité à organiser un festival international de jazz à Port-au-Prince prévu pour février 1987. L’article précise que Dizzy Gillespie doit assurer l’ouverture du festival, tandis que B.B. King figure également parmi les artistes confirmés. L’événement doit réunir des spectacles de jazz, de blues, de reggae et de salsa, illustrant une fois de plus la volonté de Boicel de dépasser le cadre montréalais et de développer des projets musicaux internationaux liés aux musiques afro-américaines et caribéennes. [104]
En octobre 1986, Le Devoir publie une lettre ouverte de Doudou Boicel dénonçant ce qu’il considère comme une campagne de discrimination menée par la Guilde des musiciens de Montréal contre le Rising Sun (Soleil Levant). Le propriétaire du club affirme que son établissement a été inscrit sur une liste d’interdits pour avoir prétendument engagé des musiciens non membres de l’American Federation of Musicians. Boicel soutient toutefois que plusieurs accusations étaient sans fondement. [103]
Dans sa lettre, Boicel accuse également la Guilde d’appliquer des règles différentes au Rising Sun comparativement à d’autres salles montréalaises présentant elles aussi des spectacles rock, punk, reggae, blues et jazz avec des musiciens non membres. Il rappelle que le Rising Sun avait joué un rôle important dans l’organisation des premiers festivals internationaux de jazz à Montréal à la fin des années 1970 sous le nom de Rising Sun Festi-Jazz. À travers cette prise de position, Doudou Boicel se présente comme un défenseur indépendant de la scène musicale montréalaise face aux pressions institutionnelles et syndicales du milieu culturel de l’époque. [103]
15. 1987 : Rufus Rockhead, mémoire vivante du jazz montréalais
En mai 1987, The Gazette annonce la tenue, au Rising Sun de la rue Sainte-Catherine Ouest, d’une série de spectacles-hommages consacrés à Rufus Rockhead. Organisé par l’Association pour la Promotion et la Diffusion de la Culture Noire du Québec, dirigée par Rouè-Doudou Boicel, l’événement vise à rappeler l’importance historique de Rufus Nathaniel Rockhead, immigrant jamaïcain devenu fondateur du légendaire Rockhead’s Paradise et figure majeure de la vie culturelle montréalaise[105]. Ouvert au début des années 1930 à l’angle des rues Saint-Antoine et de la Montagne, son cabaret s’impose pendant plusieurs décennies comme l’un des lieux noirs les plus célèbres de Montréal[105].
Dans l’article, Doudou Boicel affirme que Rufus Rockhead et son cabaret devraient être reconnus comme une part importante du patrimoine montréalais, au même titre que plusieurs lieux historiques de la ville. Le texte rappelle également qu’après le retour au pouvoir des libéraux québécois au début des années 1960, le club reprend ses activités avant d’être vendu à Boicel en 1980. Sous les noms de Doudou’s Rockhead Paradise, puis de Rising Sun 2 avant sa fermeture définitive en 1982[105].
16. 1988 : Le règne du reggae au Rising Sun
En 1988, le Rising Sun s’éloigne presque complètement de sa vocation première de club de jazz pour devenir l’un des principaux lieux de diffusion du reggae à Montréal. Les chroniques culturelles de The Gazette mentionnent à de nombreuses reprises la présentation régulière d’artistes et de groupes reggae au 286, rue Sainte-Catherine Ouest, notamment lors d’un festival hommage à Bob Marley au printemps, ainsi que par la présence d’ensembles comme Swinging Relatives, Urban Bushmen, Mike Anthony and the Sons of Light, Roots Movement, Mango 3 et Jah Children. À plusieurs reprises, les journalistes décrivent même le club comme un lieu où le Rising Sun « goes reggae », soulignant la place dominante qu’occupe désormais cette musique dans sa programmation. Cette réorientation témoigne à la fois de l’évolution des goûts du public montréalais et de la volonté persistante de Rouè-Doudou Boicel de promouvoir les musiques issues de la diaspora afro-caribéenne. Si quelques concerts de blues et de jazz continuent d’y être présentés ponctuellement, l’année 1988 marque clairement l'une des périodes les plus fortement associées au reggae dans l'histoire du Rising Sun.
17. 1989 : Le combat culturel de Rouè-Doudou Boicel
En novembre 1989, The Gazette publie un important portrait de Rouè-Doudou Boicel, figure incontournable de la scène jazz, blues et reggae montréalaise depuis le milieu des années 1970. Dans l’article intitulé « Club owner boosts black culture », le journaliste Paul Wells présente Boicel non seulement comme propriétaire du Rising Sun, mais surtout comme un défenseur engagé de la culture noire à Montréal. Dès les premières lignes, celui-ci résume sa mission en déclarant : « I am an African. It is my duty to protect this culture », une affirmation qui traduit la dimension profondément culturelle et identitaire qu’il associe à son travail de promoteur et de diffuseur[106].
Le portrait revient sur l’ouverture du Rising Sun en 1975, à une époque où Montréal possède encore une vie nocturne fortement marquée par les clubs de jazz et de blues. Sous la direction de Boicel, l’établissement devient rapidement l’un des principaux lieux montréalais consacrés aux musiques afro-américaines. Plusieurs grandes figures internationales du jazz et du blues s’y produisent durant la seconde moitié des années 1970 et le début des années 1980, au point que des musiciens comme Art Blakey recommandent personnellement le club à leurs collègues américains, conscients de l’importance de soutenir un entrepreneur noir dans le milieu culturel montréalais[106].
Wells souligne également le rôle joué par Boicel dans la création des premières éditions du Festijazz de Montréal. Présenté à la Place des Arts en 1978, 1979 et 1980, l’événement constitue l’une des premières tentatives d’envergure visant à offrir à Montréal un festival international consacré au jazz et aux musiques afro-américaines. Par son travail de promoteur, Boicel contribue ainsi à faire venir des artistes de renommée internationale dans la métropole bien avant l’arrivée des grands festivals qui participeront ensuite au rayonnement culturel de Montréal à l’échelle mondiale[106].
Malgré ces succès, les années 1980 s’avèrent difficiles pour Boicel et le Rising Sun. L’article mentionne notamment la hausse importante des taux d’intérêt au début de la décennie ainsi que le boycottage imposé par la Guilde des musiciens à partir de 1982, deux facteurs qui compliquent la venue d’artistes américains et fragilisent les finances du club. Boicel refuse néanmoins d’abandonner et poursuit la présentation de spectacles de blues et de reggae dans son établissement de la rue Sainte-Catherine Ouest[106].
Le portrait prend ensuite la forme d’un questionnaire personnel qui permet de mieux saisir la personnalité et les convictions de Boicel. Né à Cayenne, en Guyane française, le 10 juillet 1938, il raconte avoir étudié à l’École des Beaux-Arts de Paris et se définit autant comme peintre, écrivain et homme de culture que comme promoteur musical. Il affirme également avoir produit plusieurs films pour Radio-Canada, dont Une place au soleil, consacré à la réalité des communautés noires au Québec[106].
Ses réponses révèlent l’étendue de ses intérêts artistiques et intellectuels. Il affirme apprécier autant Beethoven que Mozart, mentionnant particulièrement Les Noces de Figaro, tout en citant Béla Bartók et John Cage parmi les compositeurs qu’il admire. En littérature, il évoque Victor Hugo, qu’il considère comme l’un des plus grands humanistes, ainsi que Jacques Prévert et Oscar Wilde. Il exprime également son admiration pour des figures intellectuelles et politiques noires comme Malcolm X et LeRoi Jones (Amiri Baraka), qu’il considère comme des penseurs marquants de son époque[106].
Boicel aborde enfin son attachement à Montréal tout en formulant certaines critiques à l’égard de la société québécoise de l’époque. S’il décrit le Canada comme un pays libre, il estime néanmoins que plusieurs mentalités demeurent étroites face aux réalités des communautés noires. Il explique consacrer sa vie à promouvoir la culture noire « dans toutes ses dimensions » et à améliorer la situation économique et sociale des personnes noires. Cette déclaration résume bien sa conception du Rising Sun, qu’il voit non seulement comme un club de musique, mais aussi comme un espace culturel et identitaire au cœur de Montréal[106].
Le questionnaire offre également un rare aperçu de sa vie quotidienne à la fin des années 1980. Il mentionne habiter Westmount, conduire une camionnette Dodge, préférer les bâtiments anciens en pierre et aimer particulièrement les chiens. Amateur de cinéma, il cite également le réalisateur français Bertrand Tavernier. L’ensemble de ses réponses dessine le portrait d’un personnage complexe — intellectuel, militant culturel, entrepreneur et passionné de musique — qui continue, malgré les difficultés, à défendre la place des cultures noires dans la vie artistique montréalaise[106].
18. 1990 : Des cendres du Rising Sun à sa renaissance sur le boulevard Saint-Laurent
En mars 1990, le Rising Sun de la rue Sainte-Catherine Ouest est ravagé par un violent incendie qui met brutalement fin à près de quinze années d’activités dans l’un des principaux clubs de jazz, de blues et de reggae de Montréal. The Gazette décrit un brasier à quatre alarmes mobilisant entre 80 et 100 pompiers afin d’empêcher la propagation des flammes aux immeubles voisins. Aucune victime n’est signalée, mais les dommages sont considérables : l’établissement est presque entièrement détruit et plusieurs commerces du secteur subissent des dégâts causés par la fumée et l’eau[107].
La catastrophe représente bien davantage que la perte d’un commerce. Depuis son ouverture en 1975 sous la direction de Rouè-Doudou Boicel, le Rising Sun s’était imposé comme un lieu majeur de diffusion des musiques afro-américaines à Montréal. L’incendie détruit également une partie essentielle de cette mémoire : équipements de sonorisation, collection de disques, piano récent et surtout de nombreux enregistrements de concerts que Boicel considérait comme irremplaçables[107][113]. Le drame prend une dimension encore plus personnelle lorsque sa fille Aimuna, âgée de quatre ans, se trouve dans l’immeuble au moment où le feu éclate. Après quelques minutes d’inquiétude, Boicel la retrouve saine et sauve au rez-de-chaussée et quitte les lieux avec elle dans ses bras. Bien qu’aucune preuve immédiate d’incendie criminel ne soit relevée, il soupçonne néanmoins un geste volontaire dans un contexte qu’il juge tendu depuis son retour à une programmation davantage centrée sur le jazz[107][113].
Le moment est particulièrement cruel puisque le club semblait retrouver un nouvel élan. Quelques jours auparavant, un concert du saxophoniste Archie Shepp avait attiré une foule si importante que plusieurs spectateurs avaient dû être refusés à l’entrée. Convaincu que le Rising Sun possède encore une clientèle fidèle, Boicel annonce dès les jours suivant le sinistre son intention de recommencer « aussi vite que possible »[113]. Dans un article publié peu après, le journaliste Mark Lepage le décrit entouré d’affiches et de souvenirs, déterminé à reconstruire malgré l’ampleur des pertes[110].
Lepage souligne toutefois que l’incendie survient après plusieurs années déjà difficiles, marquées par les conflits avec la Guilde des musiciens de Montréal et les problèmes financiers qui fragilisent l’établissement. Pour Boicel, la disparition définitive du Rising Sun priverait de nombreux artistes d’un espace de travail essentiel et réduirait encore davantage la visibilité des musiques noires dans la vie nocturne montréalaise. Plutôt que d’y voir une fin, il présente néanmoins l’épreuve comme l’occasion d’un nouveau départ[110].
Cette relance prend forme dès l’été 1990 lorsque Le Devoir annonce que le Soleil Levant retrouve pignon sur rue au 5380, boulevard Saint-Laurent, dans l’ancien cinéma Le Milieu. Avec ses quelque 538 places, la nouvelle salle permet à Boicel de quitter l’exiguïté du local de la rue Sainte-Catherine pour s’installer dans un espace capable d’accueillir des concerts d’envergure, des festivals, des lancements de disques et des événements multidisciplinaires[109][112]. Le choix de la Main est également stratégique : au tournant des années 1990, plusieurs anciens cinémas et théâtres y sont réinvestis par des salles alternatives, des bars musicaux et des promoteurs indépendants. Boicel cherche ainsi à repositionner le Soleil Levant au cœur d’un nouveau corridor culturel montréalais[112].
La nouvelle salle lui offre aussi l’occasion d’élargir sa mission. Tout en maintenant le jazz, le blues et le reggae au centre de son identité, il souhaite ouvrir le lieu à la musique africaine, aux musiques sud-américaines, au funk, au rap montréalais émergent, aux spectacles expérimentaux, aux productions théâtrales et aux événements communautaires. Il annonce notamment la préparation d’un festival reggae et insiste sur l’importance d’offrir une scène à des artistes québécois, afro-américains, africains, européens et caribéens[109][112].
En septembre, The Gazette confirme que cette renaissance est devenue réalité. Installé entre les rues Fairmount et Saint-Viateur, le nouveau Rising Sun occupe désormais une salle d’environ 600 places, près de trois fois plus vaste que l’ancien local. Boicel reconnaît que le club de la rue Sainte-Catherine était devenu trop petit pour ses ambitions, même si ce changement d’échelle représente un risque financier important[108]. Pour soutenir cette relance, il peut compter sur un vaste réseau développé au fil de quinze années de programmation, incluant notamment l’appui d’André Ménard, cofondateur du Festival International de Jazz de Montréal, ainsi que celui de musiciens tels que Dizzy Gillespie, Buddy Guy et Taj Mahal[108]. La programmation prévoit le retour des soirées Blue Monday, des concerts de reggae, de rap, de blues, de funk et de rhythm and blues, ainsi que de nouveaux projets plus expérimentaux destinés à encourager la relève montréalaise[108].
Quelques jours plus tard, dans sa chronique Jazz Notes, Paul Wells annonce le retour de Dizzy Gillespie à Montréal pour une série de spectacles-bénéfices au nouveau Rising Sun. Ce geste hautement symbolique souligne la solidarité du milieu envers Boicel, tout en confirmant la volonté du club d’élargir sa programmation à des projets comme la série États Soniques, consacrée aux musiques improvisées et d’avant-garde[111].
À travers cette succession d’événements, l’année 1990 apparaît comme l’un des moments les plus dramatiques et déterminants de l’histoire du Rising Sun. L’incendie détruit le lieu original, ses archives et une partie de sa mémoire matérielle, mais provoque également une relance ambitieuse sur le boulevard Saint-Laurent. De club intime consacré au jazz et au blues, le projet de Rouè-Doudou Boicel évolue vers une salle plus vaste, ouverte au reggae, au funk, au rap, aux musiques expérimentales et à une grande diversité d’expressions culturelles. Malgré les pertes, les dettes et les incertitudes, le Rising Sun demeure alors un symbole de résilience culturelle au cœur de Montréal[107][108][109][110][111][112][113].
19. 1991 : Le Soleil Levant entre mémoire, résistance et survie
En 1991, le Soleil Levant apparaît à la fois comme un lieu de mémoire, un espace de diffusion culturelle et une institution fragilisée par les réalités économiques du début de la décennie. Dès février, La Presse inscrit le club de Rouè-Doudou Boicel dans les célébrations du Mois de l’histoire noire, aux côtés d’autres lieux montréalais comme le Balattou. L’article souligne l’importance grandissante des initiatives afro-montréalaises et rappelle que plusieurs artistes noirs, malgré leur influence majeure sur la vie culturelle de Montréal, demeurent encore trop peu connus du grand public québécois. Oscar Peterson, Oliver Jones, Normand Brathwaite, Boule Noire et Charlie Biddle y sont évoqués comme des figures essentielles d’un patrimoine musical encore insuffisamment reconnu[120].
Dans ce contexte, le Soleil Levant joue un rôle central. Boicel y affirme que Montréal possède une riche culture afro-montréalaise et que les autorités municipales commencent enfin à reconnaître son importance. La programmation spéciale du club illustre cette volonté de mise en valeur avec le Count Basie Orchestra, alors dirigé par Frank Foster, un spectacle de Dutch Robinson consacré à Marvin Gaye, la présence annoncée de Geraldine Hunt et un hommage à Charlie Biddle, contrebassiste et passeur culturel majeur de la scène afro-québécoise[120].
Quelques jours plus tard, The Gazette publie un vaste dossier intitulé « Black Magic », qui replace cette actualité dans une histoire beaucoup plus longue. L’article présente Montréal comme l’un des grands centres du jazz au Canada au XXe siècle, notamment grâce aux clubs de la Petite-Bourgogne et du centre-ville, dont le Rockhead’s Paradise, le Café St-Michel et le Terminal Club. Il rappelle aussi que plusieurs musiciens noirs, canadiens et afro-américains, ont trouvé à Montréal un espace de travail relativement ouvert, tout en demeurant confrontés à diverses formes de discrimination dans les hôtels, les clubs et les circuits de diffusion[115]. Dans cette continuité, Rouè-Doudou Boicel et le Rising Sun sont présentés comme les héritiers d’une longue histoire de diffusion, de résistance culturelle et de transmission musicale. Relocalisé sur le boulevard Saint-Laurent après l’incendie de 1990, le club continue alors de défendre le jazz, le blues, le reggae, les musiques haïtiennes, le zouk et les premières formes de rap montréalais[115].
En mars, cette dimension communautaire prend une forme particulièrement émouvante lors d’un concert-hommage organisé au Rising Sun à la mémoire du guitariste Ivan Symonds, décédé quelques jours plus tôt le même jour que le saxophoniste B.T. Lundy. The Gazette décrit des musiciens arrivant sous la neige fondante, instruments à la main, pour rendre hommage à l’un des leurs dans une atmosphère beaucoup plus intime que celle des grands festivals estivaux. Avant le concert, Boicel prend brièvement la parole et invite des enfants présents dans la salle à allumer une chandelle devant la scène en mémoire de Symonds[116]. Ce moment de recueillement révèle une autre réalité du jazz montréalais : celle d’un milieu fragile, composé de musiciens souvent contraints de survivre grâce à quelques contrats dispersés, loin de la visibilité offerte par les grands événements de l’été. Même devant une assistance modeste, le Rising Sun demeure un lieu de rassemblement et de solidarité, où la mémoire des musiciens locaux peut être honorée par leurs pairs[116].
Mais cette fonction culturelle ne suffit pas à protéger le club des difficultés financières. À l’été 1991, moins d’un an après sa réouverture sur le boulevard Saint-Laurent, le Soleil Levant traverse une crise majeure. La Presse rapporte l’organisation de spectacles-bénéfices destinés à soutenir l’établissement, alors menacé de fermeture. Plusieurs artistes montréalais acceptent de se produire gratuitement, dont Dutch Robinson, Willy Ray, Michelle Sweeney, Geraldine Hunt et Goldie Alexander, ainsi que des groupes reggae locaux comme J.R. Express, Jahlin et Roots Movement[119]. Cette mobilisation témoigne de l’attachement du milieu musical au club de Boicel, perçu non seulement comme une salle de spectacles, mais comme un espace communautaire où se croisent jazz, blues, reggae, rhythm and blues et musiques afro-montréalaises. La présence des Petits Tambours du Mont-Royal, dirigés par Marc Séguin, ainsi qu’une soirée blues avec le Alain Charest Blues Band, montrent aussi l’étendue de la programmation défendue par le club malgré la crise[119].
Quelques jours plus tard, The Gazette confirme la gravité de la situation : le Rising Sun doit fermer temporairement ses portes, tandis que Boicel cherche à obtenir une aide financière d’environ 150 000 dollars auprès des autorités municipales, provinciales et fédérales. Les dettes atteignent alors environ 100 000 dollars, en raison notamment du loyer élevé, des frais d’exploitation et des travaux nécessaires pour adapter l’ancien Théâtre Le Milieu aux besoins d’une salle de concerts[114]. La Presse revient à son tour sur cette fermeture dans un article intitulé « Endetté, le Soleil Levant ferme ses portes », soulignant que le club, après seize années d’existence, se retrouve étranglé par les coûts de son nouveau local, la récession et les difficultés structurelles de l’industrie du spectacle[117].
Boicel défend toutefois avec vigueur l’importance du Soleil Levant, qu’il présente comme l’un des rares lieux où plusieurs musiciens noirs montréalais peuvent travailler régulièrement. Il rappelle que la salle a accueilli au fil des années des artistes comme Muddy Waters, Willie Dixon, Buddy Guy, John Lee Hooker, Sonny Terry, Brownie McGhee, Lightnin’ Hopkins, Dizzy Gillespie, Rahsaan Roland Kirk, Art Blakey, McCoy Tyner, Yusef Lateef, Joe Pass et Archie Shepp, tout en rappelant son rôle dans l’organisation d’un festival de jazz à la fin des années 1970, avant l’arrivée du Festival International de Jazz de Montréal[117]. Malgré les conflits, les pertes financières et les obstacles accumulés depuis l’incendie de 1990, il continue ainsi de présenter le Soleil Levant comme une institution essentielle pour la diffusion des musiques noires à Montréal et pour le développement des scènes reggae, blues, R&B et afro-montréalaises[117].
Enfin, en décembre 1991, Boicel prend publiquement la parole dans La Presse avec une lettre ouverte intitulée « Montréal Blues : reportage déprimant ». Il y critique une série d’émissions de Radio-Canada qu’il juge réductrice et démoralisante pour les communautés noires montréalaises. Selon lui, le reportage associe trop souvent les Afro-Canadiens à la criminalité, à la pauvreté et à la marginalisation, sans mettre suffisamment en lumière leurs réussites professionnelles, culturelles et économiques[118]. Cette prise de position confirme que son engagement dépasse largement la gestion d’un club. En évoquant des figures comme Oliver Jones, Oscar Peterson et la famille Biddle, Boicel insiste sur l’importance de proposer aux jeunes Afro-Montréalais des modèles positifs et une représentation plus juste de leur communauté. À travers le Soleil Levant, mais aussi par ses interventions publiques, il poursuit ainsi un même combat : faire reconnaître la richesse, la complexité et la contribution des cultures noires à Montréal[118].
20. 1992 : La fin d’une époque
Publié en mars 1992 dans Le Devoir, l’article « L’ère des nouveaux rastas » s’intéresse aux transformations de la scène reggae et des discothèques tropicales montréalaises au début des années 1990, tout en revenant sur la situation difficile du Rising Sun et de son propriétaire, Rouè-Doudou Boicel[121]. Le reportage présente Boicel comme l’une des figures marquantes de la diffusion des musiques noires à Montréal depuis les années 1970. Fondateur du Rising Sun en 1975, il avait contribué à faire du club un lieu majeur du jazz, du blues et du reggae, accueillant au fil des ans des artistes internationaux comme Muddy Waters, John Lee Hooker et Buddy Guy[121]. Toutefois, les réalités économiques du début des années 1990 rendent désormais beaucoup plus difficile la survie d’un établissement consacré principalement aux musiques noires. Après l’incendie qui détruit le local de la rue Sainte-Catherine Ouest en 1990, Boicel relance le Rising Sun sur le boulevard Saint-Laurent, mais les coûts d’exploitation, les taxes, les règlements municipaux et la baisse de fréquentation compliquent rapidement cette renaissance. Selon lui, les grands festivals et les transformations du marché du spectacle ont également modifié en profondeur la place du jazz et du blues dans la vie nocturne montréalaise[121].
Dans ce contexte, l’article révèle que Boicel tente de se réinventer en reprenant le Club Sensation, situé au 316, rue Sainte-Catherine Ouest. Présentée comme une discothèque tropicale davantage orientée vers le reggae, le dancehall et les musiques afro-caribéennes populaires du début des années 1990, la salle incarne une nouvelle réalité de la vie nocturne montréalaise, davantage centrée sur la danse, l’ambiance festive et une clientèle plus large[121]. À travers cette transition, Le Devoir montre comment Boicel cherche à adapter son approche aux transformations culturelles et commerciales de Montréal. Même si le Club Sensation s’éloigne du modèle jazz et blues historiquement associé au Rising Sun, il continue d’y défendre une place importante pour les musiques noires et afro-caribéennes dans le paysage culturel montréalais[121].
21. Distinctions & héritage
Publié en juillet 1996 dans The Gazette, l’article « The incandescent Doudou Boice » du journaliste Joe Fiorito revient sur le parcours de Rouè-Doudou Boicel et sur son rôle majeur dans le développement du jazz, du blues et des musiques noires à Montréal depuis les années 1970. Originaire de la Guyane française et arrivé à Montréal après un passage par Paris, Boicel devient rapidement une figure incontournable du milieu musical grâce au Rising Sun, qui accueille au fil des ans certaines des plus grandes figures du jazz et du blues international, dont Art Blakey, McCoy Tyner, Buddy Guy, Willie Dixon, Sonny Terry, Brownie McGhee, Lightnin’ Hopkins, B.B. King, Sarah Vaughan, Bill Evans, Dizzy Gillespie et John Lee Hooker. Le club devient alors l’un des principaux carrefours des musiques afro-américaines à Montréal[122].
Fiorito revient également sur la création du Festijazz à la fin des années 1970, événement présenté à la Place des Arts et aujourd’hui considéré comme l’un des précurseurs du futur Festival International de Jazz de Montréal. Malgré le scepticisme de plusieurs intervenants culturels de l’époque, Boicel contribue à démontrer qu’un grand festival consacré au jazz peut attirer un vaste public montréalais[122]. Le journaliste rappelle toutefois les nombreuses difficultés auxquelles il est confronté au fil des années : coûts d’exploitation élevés, tensions avec certaines institutions culturelles, conflits liés à la Guilde des musiciens et manque chronique de financement. Après l’acquisition du légendaire Rockhead’s Paradise, relancé sous le nom du Rising Sun, Boicel accumule les dettes et subit finalement le dur coup de l’incendie de 1990. Malgré une dernière tentative de relance sur le boulevard Saint-Laurent, le club ne retrouvera jamais complètement la stabilité de ses meilleures années[122].
Fiorito décrit néanmoins Boicel comme une figure profondément respectée dans les milieux jazz montréalais, admirée pour sa détermination et son engagement envers la diffusion des musiques noires. Il souligne également l’importance des nombreux enregistrements réalisés au Rising Sun, notamment à travers la série Rising Sun Collection publiée par Justin Time Records, qui préserve une partie de l’atmosphère unique du club et de ses soirées musicales[122]. Dans les dernières lignes du reportage, Boicel apparaît plus personnel et nostalgique. Installé à Notre-Dame-de-Grâce où il dirige alors un restaurant créole, il affirme continuer de suivre avec affection les jeunes générations ayant fréquenté le Rising Sun. Regardant un enfant traverser la pièce, il confie : « Some of my kids were raised in the Rising Sun. I miss those days. » Il ajoute qu’il ouvrirait probablement un autre club s’il en avait encore l’énergie — et qu’il porterait sans doute encore le nom Rising Sun[122].
Quelques jours après la publication de ce portrait, une lettre ouverte du chroniqueur montréalais Jim Little nuance certains éléments historiques entourant le Festijazz. Publiée dans The Gazette, elle rappelle que Montréal avait déjà accueilli plusieurs événements d’envergure consacrés au jazz bien avant la fin des années 1970, notamment les tournées Jazz at the Philharmonic organisées par Norman Granz dès les années 1940, ainsi que divers festivals présentés au cours des années 1950 et 1960[123]. À l’échelle internationale, il est généralement reconnu que le premier festival international de jazz s’est tenu à Nice, en France, en 1948, avec Louis Armstrong parmi les principales têtes d’affiche[133]. Cette mise au point fait notamment écho à un article publié dans The Gazette en juillet 1958, consacré à ce qui était alors présenté comme le premier festival de jazz montréalais au parc Lafontaine, réunissant notamment Oscar Peterson, le Modern Jazz Quartet et le Jimmy Giuffre Three[124]. Toutefois, si le Festijazz de Rouè-Doudou Boicel ne peut être considéré comme le premier festival de jazz de l’histoire de Montréal, il ne fait aucun doute qu’il constitue le premier grand festival international de jazz et de blues présenté dans la métropole québécoise, tenu dès 1978, soit deux ans avant la création du Festival International de Jazz de Montréal, et réunissant à la Place des Arts plusieurs des plus importantes figures nord-américaines du jazz et du blues dans le cadre d’un événement d’une ampleur alors inédite[130]. Malgré ces précisions historiques, Little reconnaît néanmoins l’importance du travail accompli par Boicel dans le développement du jazz montréalais à la fin des années 1970 et dans la démonstration qu’un grand événement consacré au jazz pouvait s’implanter durablement à Montréal[123].
En 2008, plus de quinze ans après la fermeture du Rising Sun, Boicel revient publiquement sur cette aventure avec la publication du livre L’Histoire du Rising Sun et ses légendes jazz & blues. Dans un article du Le Devoir, la journaliste Caroline Montpetit présente alors le club comme une composante importante du patrimoine musical montréalais et souligne le rôle majeur joué par Boicel dans la diffusion des musiques noires au Québec[125]. À travers ses souvenirs, il cherche à préserver la mémoire d’un lieu qu’il considère comme un espace de transmission culturelle, de résistance artistique et de rencontres humaines. Il rappelle que le Rising Sun n’était pas seulement une salle de spectacles, mais aussi un point de rencontre entre artistes internationaux, musiciens locaux, étudiants, intellectuels et amateurs passionnés de jazz et de blues[125].
Même après sa fermeture, le Rising Sun demeure associé à une époque où un petit club indépendant du centre-ville pouvait encore faire le lien entre Montréal, New York, Chicago et les grandes traditions musicales noires américaines. À travers ses témoignages et les nombreuses distinctions reçues au fil des années, Boicel rappelle l’importance des promoteurs indépendants dans l’histoire culturelle montréalaise. Parmi les honneurs qui lui sont décernés figurent notamment le 20e Mois de l’histoire des Noirs en 2011, le titre de Grand Citoyen de l’arrondissement Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce la même année, le Prix Mathieu Da Costa en 2013, le Grand Prix Dynastie en 2018 ainsi que sa nomination comme Chevalier de l’Ordre de Montréal, la plus haute distinction honorifique remise par la Ville de Montréal. Son travail est également reconnu à l’international, notamment à New York, en Guyane française, au Sénégal et en Afrique du Sud[1].
12. Notes & sources
- Ville de Montréal, « Rouè-Doudou Boicel », Ordre de Montréal. Notice biographique publiée lors de l’admission de Rouè-Doudou Boicel à l’Ordre de Montréal en 2018. Le texte retrace son parcours depuis la Guyane française jusqu’à Montréal, où il fonde le Rising Sun en 1975 sous le slogan « Le jazz n’est pas mort ». La notice souligne son rôle majeur dans le développement des scènes jazz, blues et afro-américaines montréalaises entre 1975 et 1992, notamment par la présentation d’artistes internationaux comme Ray Charles, Art Blakey, Taj Mahal, Muddy Waters, Buddy Guy, Sarah Vaughan, Dizzy Gillespie et Nina Simone. Le texte rappelle également la création du Rising Sun Festijazz en 1978, considéré parmi les premiers festivals internationaux de jazz et de blues à Montréal, ainsi que les nombreuses distinctions reçues par Boicel pour sa contribution culturelle et sociale à Montréal et à la communauté noire québécoise.
- BOICEL, Doudou, L’histoire du Rising Sun et ses légendes du jazz & blues, Montréal, Les Éditions Michel Brûlé, 2008. Ouvrage autobiographique et historique consacré au parcours du Rising Sun et de son fondateur. Le livre revient sur les débuts du club au Bar des Arts, les rénovations effectuées avec des moyens limités, les premiers festivals organisés dès 1976 ainsi que le contexte des clubs de jazz montréalais des années 1970 et 1980. Boicel y évoque également plusieurs artistes marquants passés par le Rising Sun, dont Art Blakey, B.B. King et Nina Simone, l’incendie de 1990 ayant détruit le local de la rue Sainte-Catherine Ouest, ainsi que l’ouverture ponctuelle de la salle aux scènes punk, hardcore et alternatives.
- DESFOSSÉS, Félix B. Recherches et interventions publiques portant sur l’histoire des scènes hardcore, métal et alternatives montréalaises des années 1980. Ses travaux soulignent notamment le rôle du Rising Sun comme lieu important de diffusion pour les groupes punk, hardcore et crossover à Montréal, accueillant plusieurs formations locales et internationales dans un contexte parallèle aux circuits jazz et blues traditionnellement associés au club.
- « Juifs d’ici : Gangsters juifs ». Notice historique portant sur Harry Feldman et le contexte de « Montréal ville ouverte » au milieu du XXe siècle. Le texte aborde notamment les activités de jeux illégaux, de contrefaçon et les interventions policières liées au secteur du 286, rue Sainte-Catherine Ouest, futur emplacement du Rising Sun, illustrant l’environnement interlope et nocturne qui caractérise alors une partie du centre-ville montréalais.
- KELLY, Brendan, The Gazette, 21 juillet 2017. Article « 77 Montreal: an oral history of the local punk scene » consacré à l’histoire de la scène punk montréalaise. Le texte inclut notamment un témoignage de Dan Webster de Panic Productions revenant sur le concert de D.R.I. et des Rhythm Pigs présenté au Rising Sun le 17 juin 1986, illustrant l’importance du club dans le développement de la scène hardcore et crossover à Montréal durant les années 1980.
- PÉAN, Stanley, Toute la ville en jazz, Montréal, éditions Trait d’Union, 1999. Ouvrage de synthèse consacré à l’histoire du jazz à Montréal. Stanley Péan y décrit la désaffection progressive du public envers les clubs de jazz durant les années 1970 ainsi que la fermeture de plusieurs salles historiques, avant de présenter l’ouverture du Rising Sun au printemps 1975 comme un moment important du renouveau de la scène jazz montréalaise. Le livre souligne le rôle initial du club comme lieu de répétition pour musiciens locaux avant sa transformation rapide en salle reconnue internationalement pour ses spectacles de jazz et de blues. Péan mentionne également l’implantation du club au 286, rue Sainte-Catherine Ouest ainsi que l’implication de Doudou Boicel dans la création du Festijazz de Montréal de juillet 1978.
- BOICEL, Roué-Doudou, 2013, L’histoire du Rising Sun et ses légendes jazz & blues, Montréal, Michel Brûlé. Ouvrage autobiographique et documentaire consacré au Rising Sun et à son fondateur. Le livre retrace l’essor du club dans le Montréal de la fin des années 1970 ainsi que son rôle comme haut lieu du jazz et du blues montréalais. L’auteur y rassemble anecdotes, témoignages et photographies de nombreux musiciens ayant fréquenté la salle. L’ouvrage inclut également un passage détaillant la création du Rising Sun Festijazz présenté à la Place des Arts du 21 au 23 juillet 1978, décrit comme l’un des premiers festivals internationaux de jazz et de blues de Montréal, né à la suite d’un voyage de Boicel au Vermont et de rencontres avec des artistes comme Rahsaan Roland Kirk.
- BOICEL, Rouè-Doudou, L’histoire du Rising Sun et ses légendes jazz & blues, Montréal, Michel Brûlé, s.d., p. 21–33. Passage consacré au déclin progressif du jazz à Montréal au début des années 1970 face à la montée du rock et du disco, ainsi qu’à la survie d’une scène plus marginale dans certains établissements comme le Rainbow Bar & Grill. Le texte aborde également les difficultés d’obtention des permis d’alcool dans un contexte marqué par la pègre et le contrôle administratif, avant de retracer la transformation du 286, rue Sainte-Catherine Ouest — anciennement le Bar des Arts — en Rising Sun, autour du slogan « Le jazz n’est pas mort ».
- The Montreal Star, 3 avril 1976, p. 168. Article « Doudou’s place » consacré au Rising Sun du 286, rue Sainte-Catherine Ouest et à son propriétaire Roué Doudou Boicel. Le texte décrit l’ambiance du club, sa programmation jazz et ses influences antillaises, notamment à travers le service de spécialités comme le madou au rhum et les acras. L’article annonce également un festival organisé en collaboration avec la Multi-Stimulus Music Society de New York et le musicien Muneer Abdallah Fattah.
- Mainmise, mai 1976, p. 15. Article « Non, le jazz n’est pas mort! » consacré au Festival de jazz présenté à la salle Pollack de l’Université McGill les 3 et 4 avril 1976. Le texte met en lumière la vitalité de la scène jazz montréalaise, la participation du McGill Jazz Band dirigé par Nick Ayoub ainsi que plusieurs ensembles locaux, tout en soulignant l’émergence d’une nouvelle génération de musiciens et l’importance des initiatives éducatives et indépendantes dans la survie du jazz à Montréal.
- Le Jour, 14 juillet 1976, p. 23. Publicité-programme annonçant un festival présenté du 15 au 31 juillet 1976 au Rising Sun / Soleil Levant du 286, rue Sainte-Catherine Ouest. Le programme inclut des artistes et formations comme Wintergarden, Maury Kaye Quartet, Johanne Desforges, Zak, Jacques Maçon, Peter Leich Quartet, Ivan Symonds, Meandre, Ron Proby, Guy Nadon et la Multi-Stimulus Music Society de New York.
- The Gazette, 4 septembre 1976, p. 40. Article « Season of changes in local jazz scene » portant sur l’évolution de la scène jazz montréalaise. Le texte indique que le Rising Sun a connu un été particulièrement actif, mentionne Roué Doudou Boicel ainsi que les perspectives de programmation pour la nouvelle saison, incluant plusieurs artistes invités et le maintien d’une activité jazz soutenue au club.
- The Gazette, 6 mars 1976, p. 45. Chronique « Jazzraps » signée Nighthawk. L’article mentionne le Rising Sun du 286, rue Sainte-Catherine Ouest et son propriétaire Roué Doudou Boicel, soulignant l’achalandage important du club, sa programmation jazz régulière ainsi que des projets d’expansion incluant l’ajout d’un espace d’écoute à l’étage.
- The Gazette, 13 septembre 1976, p. 38. Article « Kirk: A miraculous talent that can’t be destroyed » consacré aux performances de Rahsaan Roland Kirk au Rising Sun. Le texte souligne l’important achalandage du club et présente Kirk comme la première grande tête d’affiche internationale accueillie par l’établissement.
- The Montreal Star, 13 septembre 1976, p. 53. Article « Kirk fits the mood at rising jazz club » décrivant le Rising Sun, son aménagement intérieur et son atmosphère particulière, tout en couvrant les prestations de Rahsaan Roland Kirk et en soulignant le rôle du musicien comme première grande vedette associée au club.
- The Gazette, 7 octobre 1976, p. 48. Critique « Blakey’s message comes through clear » consacrée aux concerts d’Art Blakey et des Jazz Messengers au Rising Sun. L’article met en évidence l’intensité des performances, la réaction enthousiaste du public et l’importance grandissante du club dans le circuit des tournées jazz internationales.
- The Gazette, 3 janvier 1977, p. 33. Article « Gillespie brings in New Year at a Dizzy-ing, jazzy pace » couvrant les célébrations du Nouvel An au Rising Sun avec Dizzy Gillespie. Le texte décrit l’ambiance du club, la forte affluence ainsi que la performance du trompettiste accompagné de son groupe.
- The Gazette, 15 novembre 1976, p. 38. Article « Lateef, quartet enjoy triumphant visit » relatant la résidence du quartet de Yusef Lateef au Rising Sun. Le texte souligne l’achalandage important, la réception enthousiaste du public et la participation du batteur Albert « Tootie » Heath.
- The Gazette, 1 décembre 1976, p. 41. Article « Jones’ jazz jumps » consacré aux performances du batteur Elvin Jones au Rising Sun. Le texte rappelle notamment son rôle historique au sein du quartet de John Coltrane et souligne la qualité des concerts présentés avec son groupe.
- The Gazette, 8 décembre 1976, p. 44. Article « From Cuba with love comes Santamaria sound » couvrant les concerts de Mongo Santamaria au Rising Sun. Le texte met en évidence l’énergie des performances, l’accueil enthousiaste du public ainsi que l’importance des influences afro-cubaines dans la programmation du club.
- The Gazette, 16 décembre 1976, p. 52. Critique « If you want the blues, Koko’s got ’em » consacrée aux performances de Koko Taylor et du Blues Machine au Rising Sun. L’article décrit le style vocal de la chanteuse, le répertoire présenté ainsi que la réception favorable du public montréalais.
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Roué Doudou Boicel, L’histoire du Rising Sun et ses légendes jazz & blues, Montréal, Michel Brûlé, p. 53–57.
Signalement : récit autobiographique relatant les rencontres avec Rahsaan Roland Kirk, incluant ses passages au Rising Sun en 1976 et les souvenirs associés à ses performances, son charisme, son état de santé et son impact durable sur le club et son public. -
Roué Doudou Boicel, L’histoire du Rising Sun et ses légendes jazz & blues, Montréal, Michel Brûlé, p. 58–59.
Signalement : passage consacré à Dizzy Gillespie, évoquant sa relation personnelle avec Boicel, ses prestations au Rising Sun (notamment au Nouvel An), son rôle de soutien au club ainsi que des souvenirs liés à ses collaborations ultérieures à Montréal, incluant le concert hommage à Charlie Parker à la Place des Arts. -
Roué Doudou Boicel, L’histoire du Rising Sun et ses légendes jazz & blues, Montréal, Michel Brûlé, p. 50–51.
Signalement : témoignage sur le premier passage d’Art Blakey et des Jazz Messengers au Rising Sun, marquant l’entrée du club dans le circuit international et une étape clé dans sa professionnalisation. - The Montreal Star, 11 novembre 1977, p. 22. L’article souligne le passage de Dexter Gordon au Rising Sun, accueilli avec une attention quasi religieuse par le public montréalais. Le saxophoniste, alors au sommet de sa maturité artistique, y livre une performance marquée par une maîtrise souveraine du tempo, un phrasé ample et une présence scénique imposante. Sa venue confirme la capacité du club à attirer des figures majeures du jazz international et à offrir un cadre intime propice à une écoute attentive, transformant chaque prestation en expérience immersive.
- The Montreal Star, 3 septembre 1977, p. 39. Dans l’article « Jazz is for everyone », Roué Doudou Boicel décrit le Rising Sun comme un lieu voué à rendre le jazz accessible à tous, en misant sur une atmosphère inclusive et une programmation ouverte, réunissant des musiciens locaux et internationaux dans un esprit de partage et de démocratisation culturelle.
- The Montreal Star, 24 septembre 1977, p. 34. Article décrivant le Café Créole adjacent au Rising Sun, opéré par Alex Boicel, fils de Roué Doudou Boicel. Le texte met en lumière la cuisine créole guyanaise (notamment les acras), l’approche artisanale du lieu ainsi que le rôle complémentaire de cette offre culinaire dans l’expérience globale du club.
- The Montreal Star, 8 janvier 1977, pp. 138–139. Article « Jazz joints » décrivant le Rising Sun comme un petit club intime au caractère affirmé, dirigé par Roué Doudou Boicel, originaire de Cayenne. Le texte souligne son parcours atypique (électricien, cuisinier, artiste), sa volonté de maintenir le jazz vivant à Montréal, ainsi que son rôle actif dans l’accueil de musiciens locaux et internationaux, souvent dans un esprit de solidarité au sein du milieu jazz.
- The Montreal Star, 23 novembre 1977, p. 54. Article « Vinson offers jazz-blues-love » soulignant la présence régulière du saxophoniste Eddie « Cleanhead » Vinson au Rising Sun, favori de Roué-Doudou Boicel, et mettant en évidence son style mêlant jazz et blues ainsi que l’impact de ses performances dans l’atmosphère intime du club.
- Le Devoir, 30 décembre 1977, p. 13. Article « Bill Evans : le maître de l’impressionnisme » soulignant le passage du pianiste au Rising Sun (Soleil Levant) avec son trio, et mettant en valeur son style unique, à la fois simple et complexe, ainsi que l’accueil enthousiaste du public montréalais.
- Le Devoir, 15 septembre 1977, p. 14. Article « McCoy Tyner au Soleil levant : un feu sacré qui ravage tout » soulignant le passage du pianiste au Rising Sun / Soleil Levant et décrivant l’intensité de son jeu, son héritage lié à John Coltrane ainsi que la puissance spirituelle et physique de ses performances.
- The Gazette, 5 mars 1977, p. 32. Article « Jazz fans rarely switch club tastes » décrivant le Rising Sun comme un lieu « caméléon » de la scène jazz montréalaise, attirant un public jeune et diversifié, et soulignant sa capacité à réunir différentes clientèles selon les styles musicaux présentés, notamment le blues et le jazz contemporain.
- The Gazette, 22 janvier 1977, p. 25. Article « Pianist shines in jazz quartet » portant sur la prestation de Pharoah Sanders au Rising Sun. Le texte souligne le caractère imprévisible et intense du saxophoniste, tout en mettant en évidence la performance remarquable du pianiste du groupe, jugé comme la véritable révélation du concert. La critique insiste également sur l’évolution du répertoire de Sanders, mêlant be-bop, ballades et influences post-coltraniennes, confirmant le rôle du Rising Sun comme lieu de diffusion d’un jazz moderne, ouvert et en transformation.
- The Gazette, 27 janvier 1977, p. 44. Article « Muddy Waters breathes life into the blues » décrivant le passage de Muddy Waters et de son sextette au Rising Sun, transformé pour l’occasion en véritable blues club, et soulignant l’intensité de sa présence scénique, son répertoire classique et l’énergie de son groupe.
- Le Devoir, 4 février 1977, p. 15. Article de Nathalie Petrowski, « Ron Carter : Une nouvelle conception de la basse », portant sur le passage du bassiste au Soleil Levant avec son quartet. Le texte met en valeur son approche novatrice de la contrebasse, son jeu raffiné et contrôlé, ainsi que sa capacité à faire évoluer l’instrument vers un rôle plus expressif et central dans le jazz contemporain.
- The Gazette, 9 février 1977, p. 38. Article « Jazzman Getz just gets better » consacré au passage de Stan Getz au Rising Sun avec son quartet, soulignant la maturité de son jeu, la contribution remarquable de la pianiste Joanne Brackeen et la cohésion musicale du groupe.
- Roué Doudou Boicel, L’histoire du Rising Sun et ses légendes jazz & blues, Montréal, Michel Brûlé, p. 65–66. Récit du passage de Stan Getz au Rising Sun, marqué par des salles combles mais aussi par des péripéties liées à son comportement imprévisible, notamment son absence temporaire en cours de soirée et son retour sur scène dans un état d’ébriété, illustrant les réalités complexes du métier de promoteur.
- The Montreal Star, 11 mars 1977, p. 20. Article « Blues legend rocks Rising Sun » consacré à la venue de Willie Dixon, présenté comme une figure majeure du blues dont les compositions, popularisées par Muddy Waters, Howlin’ Wolf et plusieurs groupes rock, résonnent fortement auprès du public. Le texte décrit une performance énergique et communicative, soutenue par un ensemble solide, où Dixon, à la fois chanteur, bassiste et conteur, captive une salle comble et transforme le Rising Sun en véritable temple du blues.
- Roué-Doudou Boicel, L’histoire du Rising Sun et ses légendes jazz & blues. Passage consacré à Bill Evans relatant ses prestations au club, marquées par des salles combles, une écoute quasi religieuse, mais aussi des tensions liées à son insatisfaction face au piano (« I can’t play with this fucking piano »), nécessitant l’intervention urgente de Boicel pour remplacer l’instrument. Le témoignage met en lumière la dualité d’Evans, entre génie musical et fragilité personnelle, ainsi que les défis concrets liés à l’accueil d’artistes de ce calibre.
- The Gazette, 23 mars 1977, p. 31. Article « Pianist offers treats to any fan » consacré au Bill Evans Trio au Rising Sun. La critique souligne la finesse du jeu d’Evans, caractérisé par une grande délicatesse, une richesse de variations et une capacité à redonner vie à des standards familiers. L’article met également en valeur la performance du bassiste Eddie Gomez, tout en notant certaines réserves à l’égard du batteur Eliot Zigmund, jugé trop puissant pour l’esthétique nuancée du trio.
- The Gazette, 20 juillet 1977, p. 29. Article « Big ole Mama singing strong » (Vadney Haynes) consacré à Big Mama Thornton au Rising Sun, soulignant la puissance intacte de sa voix après près de quarante ans de carrière, son interprétation habitée de « Rock Me Baby », ainsi que son rôle d’autrice de « Hound Dog », souvent associée à Elvis Presley, et la question de la reconnaissance des artistes blues originaux.
- The Montreal Star, 10 mai 1977, p. 25. Article « John Lee Hooker: King of blues boogie in full-tilt form » (David Freeston) relatant la prestation de John Lee Hooker au Rising Sun, soulignant son style boogie hypnotique, sa présence scénique imposante et la réaction enthousiaste du public, ainsi que l’accompagnement du Coast to Coast Blues Band.
- The Gazette, 12 mai 1977, p. 40. Article « His hard jazz has soft centre » (Dane Lanken) portant sur la prestation du trompettiste Nat Adderley au Rising Sun, décrivant un jazz énergique et tranchant mêlant bebop, latin et rock, tout en soulignant la cohésion du quintette et la richesse rythmique et harmonique de son jeu.
- The Gazette, 23 juin 1977, p. 46. Article « His voice, playing prove Hopkins knows the blues » (Vadney S. Haynes) portant sur le retour de Lightnin’ Hopkins au Rising Sun, soulignant son statut de légende du blues et la profondeur historique de son jeu, tout en notant les difficultés de cohésion lors de la soirée d’ouverture dues à un manque de préparation du groupe.
- The Montreal Star, 18 juillet 1977, p. 44. Article « Wells-Guy band keeps Chicago blues alive » (Matt Radz) décrivant la prestation du Junior Wells–Buddy Guy Band au Rising Sun, soulignant une performance quasi parfaite, l’évolution du jeu de Buddy Guy et l’énergie collective du groupe dans la tradition du Chicago blues.
- The Gazette, 9 décembre 1977, p. 34. Article « Duke’s favorite guitarist is unaffected by success » (Nighthawk) consacré à Kenny Burrell au Rising Sun, mettant en lumière son style subtil et raffiné, sa relation avec le public et son approche musicale empreinte de retenue et de maîtrise.
- The Montreal Star, 15 décembre 1977, p. 27. Article « Jimmy Smith sets the pace » (Matt Radz), décrivant la performance du célèbre organiste au Rising Sun, son influence majeure, sa virtuosité et l’intensité de son interaction avec le public montréalais.
- Pop Jeunesse Rock, 12 novembre 1977, p. 18. Article « Jazz : Une mise au point qui s’impose au sujet de l’unique Club de Jazz à Montréal » défendant le Soleil Levant / Rising Sun comme principal club de jazz de Montréal, tout en abordant les tensions entre promotion, presse musicale, contraintes économiques et reconnaissance du travail de Roué-Doudou Boicel.
- La Tribune, 19 décembre 1977. Article « Soleil levant sur jazz » consacré au Rising Sun et à son fondateur Roué-Doudou Boicel. Le texte décrit le club comme un lieu modeste et peu élégant, mais reconnu pour accueillir certains des plus grands musiciens de jazz au monde, dont Dexter Gordon, Yusef Lateef, McCoy Tyner, John Lee Hooker, Stanley Turrentine, Mose Allison, Ron Carter, Art Blakey et Dizzy Gillespie. L’article insiste sur l’atmosphère respectueuse du lieu, la diversité du public montréalais qui le fréquente, ainsi que sur la vision culturelle de Boicel, qui présente le jazz comme une musique issue de l’expérience historique afro-américaine et fondée sur le partage humain plutôt que sur la recherche du profit.
- Le Devoir, 27 mai 1978. Article de Nathalie Petrowski intitulé « Doudou Boicel: un premier festival de jazz à Montréal », consacré à l’organisation par Roué-Doudou Boicel du premier festival international de jazz à Montréal sous l’impulsion du Soleil Levant. Le texte retrace les démarches entreprises par Boicel, les difficultés financières liées au projet et sa volonté de faire de Montréal un carrefour international du jazz en réunissant des artistes comme Sarah Vaughan, Muddy Waters, Dexter Gordon, Hubert Laws et B.B. King.
- The Gazette, 14 juillet 1978. Article de David Sherman intitulé « Doudou’s stars will jazz it up for black culture », consacré à Roué-Doudou Boicel et au festival « Festijazz » présenté à la Place des Arts. Le texte décrit Boicel comme une figure engagée dans la promotion de la culture noire à Montréal, tout en abordant les risques financiers du festival, ses critiques envers l’industrie musicale et la participation d’artistes majeurs comme John Lee Hooker, Willie Dixon, Muddy Waters, Dexter Gordon, Hubert Laws, Sarah Vaughan et B.B. King.
- The Gazette, 26 juillet 1978. Article de David Sherman intitulé « B.B. King tells SRO house to expect ’79 jazz festival », consacré au succès du Festijazz 1978 organisé par Roué-Doudou Boicel à la Place des Arts. Le texte souligne l’important achalandage du festival, la présence de figures majeures du blues comme B.B. King, Willie Dixon, Muddy Waters et John Lee Hooker, ainsi que l’espoir d’un retour du festival en 1979 après le succès de cette première édition.
- Le Devoir, 27 janvier 1978, p. 22. Article de Nathalie Petrowski intitulé « D’une salle de répétition à un programme international », consacré au Soleil Levant et à Roué-Doudou Boicel. Le texte retrace l’évolution du club, passé d’une salle de répétition à une scène internationale accueillant des artistes comme Roland Kirk et Art Blakey. L’article décrit aussi l’atmosphère marginale et psychédélique du lieu, ainsi que la philosophie artisanale de Boicel, fondée sur la proximité avec les musiciens, la promotion du jazz et la persévérance malgré les difficultés financières.
- The Montreal Star, 1 juin 1978, p. 5. Article de Trevor Rowe intitulé « Musician denied entry to Canada », consacré au refus initial d’accorder un permis de travail au pianiste Horace Silver pour une série de concerts au Rising Sun. Le texte souligne les inquiétudes de Roué-Doudou Boicel face aux nouvelles règles d’immigration touchant les musiciens américains et aux conséquences possibles pour la programmation internationale du club et du festival jazz et blues qu’il prépare à la Place des Arts.
- The Montreal Star, 3 juin 1978, p. 16. Article de Trevor Rowe intitulé « Misinterpreted rules lead to permit denials », consacré aux problèmes entourant l’application des nouvelles règles canadiennes d’immigration et de permis de travail pour les musiciens américains. Le texte revient notamment sur le cas du Rising Sun et de Roué-Doudou Boicel, qui avait appris que le pianiste Horace Silver ne pourrait initialement pas entrer au Canada en raison d’interprétations erronées des règlements et de pressions liées à l’embauche de musiciens canadiens. L’article souligne les tensions entre clubs de jazz, syndicats de musiciens et autorités fédérales, tout en précisant que la décision fut finalement renversée après révision du dossier.
- The Gazette, 20 juillet 1978, p. 47. Article de David Sherman intitulé « Boogie king is collecting old royalties », consacré à John Lee Hooker lors de son passage à Montréal dans le cadre du Festijazz et de sa prestation au Rising Sun. Le texte revient sur la carrière du bluesman, ses nombreux enregistrements réalisés sous différents pseudonymes, ainsi que les batailles juridiques entourant les redevances de ses anciens disques. L’article souligne également l’attachement de Hooker aux performances en club et à la proximité avec le public, tout en évoquant le rôle de Roué-Doudou Boicel et du Rising Sun dans la promotion du blues et de la culture noire à Montréal.
- La Presse, 30 juin 1978, cahier Arts et spectacles, p. 10. Article de Bruno Dostie intitulé « Doudou Boicel ramène les beaux jours du jazz », consacré à Roué-Doudou Boicel, au Soleil Levant et au festival jazz et blues présenté à la Place des Arts en juillet 1978. Le texte souligne la volonté de Boicel de promouvoir le jazz et la culture afro-américaine à Montréal, tout en mettant en lumière la présence d’artistes majeurs comme Sarah Vaughan, Dizzy Gillespie, Dexter Gordon, John Lee Hooker, Muddy Waters et B.B. King. L’article insiste également sur le caractère cosmopolite du Soleil Levant, la popularité croissante du jazz et du blues ainsi que sur l’approche indépendante et artisanale de Boicel.
- La Presse, 25 juillet 1978, cahier A, p. 9. Article de Bruno Dostie intitulé « Après le succès du 1er Festijazz, on en prépare déjà un deuxième », consacré au succès du premier Festijazz organisé par Roué-Doudou Boicel à la Place des Arts. Le texte souligne que plus de 15 000 personnes assistent au festival, permettant à Boicel d’envisager immédiatement une deuxième édition encore plus ambitieuse. L’article revient sur les performances de B.B. King, Muddy Waters, John Lee Hooker, Sarah Vaughan et Dexter Gordon, tout en insistant sur la volonté de Boicel d’étendre l’événement à d’autres salles montréalaises et de poursuivre le développement du jazz et du blues à Montréal malgré les difficultés financières et organisationnelles.
- La Presse, 27 septembre 2008, cahier Arts et spectacles, p. 14. Article d’Alain Brunet intitulé « Le Rising Sun : Doudou se souvient », consacré aux souvenirs de Roué-Doudou Boicel sur l’histoire du Rising Sun et du Festijazz. Le texte retrace le rôle du club dans le renouveau du jazz montréalais à la fin des années 1970, rappelle la venue de nombreuses figures majeures du jazz et du blues — dont Art Blakey, McCoy Tyner, Sarah Vaughan, B.B. King, Bill Evans, Nina Simone, Oscar Peterson, Willie Dixon, Muddy Waters et John Lee Hooker — et insiste sur le fait que Boicel se considère comme le fondateur du premier festival international de jazz et de blues de Montréal. L’article souligne également ses critiques envers les médias et les institutions publiques, qu’il accuse d’avoir minimisé ou oublié son rôle dans cette période importante de l’histoire culturelle montréalaise.
- Roué-Doudou Boicel, L’Histoire du Rising Sun et ses légendes jazz & blues, Montréal, Michel Brûlé, 2008, p. 159-164. Dans ce chapitre consacré à l’organisation du Rising Sun Festijazz de 1978, Roué-Doudou Boicel raconte en détail la création du premier festival international de jazz et de blues de Montréal présenté à la Place des Arts les 21, 22 et 23 juillet 1978. Il y décrit les démarches entreprises pour convaincre la Place des Arts d’accueillir un festival de blues et de jazz, les difficultés financières rencontrées, ses recherches de financement auprès des banques, l’absence de soutien gouvernemental ainsi que la logistique entourant l’arrivée et l’hébergement des musiciens américains. Le texte revient également sur la programmation du festival — réunissant notamment B.B. King, John Lee Hooker, Muddy Waters, Willie Dixon, Sarah Vaughan, Dexter Gordon, Hubert Laws et Paul Horn — ainsi que sur l’atmosphère exceptionnelle des concerts, marqués par des salles combles, l’enthousiasme du public montréalais et la volonté de Boicel de promouvoir la culture afro-américaine à travers le jazz et le blues.
- Roué-Doudou Boicel, L’Histoire du Rising Sun et ses légendes jazz & blues, Montréal, Michel Brûlé, 2008, p. 165-169. Dans cette section de l’ouvrage, Roué-Doudou Boicel revient sur plusieurs concerts présentés dans le cadre du Rising Sun Festijazz de juillet 1978, notamment ceux de Hubert Laws, Dexter Gordon, Sarah Vaughan et Paul Horn. Le texte mêle descriptions musicales, souvenirs personnels et anecdotes liées aux artistes, tout en soulignant l’importance culturelle et émotionnelle de ces performances pour le public montréalais. Boicel évoque également les coulisses du festival, les difficultés techniques rencontrées à la Place des Arts, les soirées mondaines entourant les concerts ainsi que les liens humains développés avec plusieurs grandes figures du jazz américain.
- Roué-Doudou Boicel, L’Histoire du Rising Sun et ses légendes jazz & blues, Montréal, Michel Brûlé, 2008, p. 171-172. Dans cette section de l’ouvrage, Roué-Doudou Boicel revient sur les concerts de B.B. King présentés dans le cadre du Rising Sun Festijazz de juillet 1978 à la Place des Arts. Il décrit l’impact historique de cette performance, qu’il considère comme l’un des premiers grands concerts de blues présentés à la salle Wilfrid-Pelletier, ainsi que ses rencontres personnelles avec le musicien américain. Boicel insiste sur le professionnalisme, l’élégance et la générosité de B.B. King, tout en évoquant les jam sessions improvisées tenues au Rising Sun après les spectacles avec plusieurs légendes du blues, dont Willie Dixon, John Lee Hooker, James Cotton et Big Mama Thornton.
- Roué-Doudou Boicel, L’histoire du Rising Sun et ses légendes Jazz & Blues, Montréal, Michel Brûlé, 2006, p. 152-157. Boicel y relate plusieurs souvenirs personnels liés à John Lee Hooker, Lightnin’ Hopkins, Big Moose Walker et Clifton Chenier. Il décrit notamment des anecdotes de tournée, des moments vécus dans les hôtels, les coulisses du Rising Sun ainsi que les relations d’amitié et de confiance qu’il entretenait avec plusieurs grandes figures du blues américain. Ces passages illustrent également le rôle du Rising Sun comme lieu d’accueil et de rencontre entre Montréal et les musiciens afro-américains du circuit blues et zydeco des années 1970 et 1980.
- Roué-Doudou Boicel, L’histoire du Rising Sun et ses légendes Jazz & Blues, Montréal, Michel Brûlé, 2006, p. 158. Boicel y raconte une soirée mémorable au Rising Sun durant laquelle B.B. King, James Cotton, Big Moose Walker, Buddy Guy, Big Mama Thornton, John Lee Hooker et Willie Dixon se retrouvent au club après différents concerts présentés à Montréal. Selon son témoignage, les musiciens improvisent alors une longue jam session jusqu’à l’aube, transformant le Rising Sun en lieu de rencontre privilégié des grandes figures du blues américain de passage dans la métropole.
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Photographie de Roué-Doudou Boicel devant le Rising Sun, accompagnée d’une affiche du Rising Sun Festijazz ’78, Montréal, 1978-1990. Cette image illustre la place centrale occupée par Boicel dans le développement du jazz et du blues afro-américains à Montréal à la fin des années 1970. Fondateur et directeur du Soleil Levant, Boicel transforme progressivement son club de la rue Sainte-Catherine Ouest en un véritable carrefour culturel international, accueillant des artistes majeurs comme B.B. King, John Lee Hooker, Willie Dixon, Sarah Vaughan, Dexter Gordon et Muddy Waters. L’affiche visible sur la photographie rappelle l’importance historique du Rising Sun Festijazz de juillet 1978, considéré comme l’un des premiers grands festivals internationaux de jazz et de blues présentés à Montréal avant la création du Festival International de Jazz de Montréal en 1980. Fonds La Presse, P833,S2,D557, Archives nationales à Montréal, Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).
Source : Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), Fonds La Presse, P833,S2,D557, « Doudou Boicel », 1978-1990. -
Photographie de la façade du Paree Business Training Office et du commerce Central Photo Cameras sur la rue Sainte-Catherine à Montréal, vers les années 1950-1960. L’image témoigne du caractère fortement commercial et animé du centre-ville montréalais à cette époque, marqué par la coexistence de bureaux, commerces spécialisés, salles de spectacles et enseignes lumineuses qui définissaient le paysage urbain du Red Light et du Quartier des spectacles avant les grandes transformations des décennies suivantes. Archives de la Ville de Montréal, VM097-Y-02-D003B-0164-31.
Source : Archives de la Ville de Montréal, Fonds Montréal (Québec). Urbanisme et habitation, VM097-Y-02-D003B-0164-31. - Le Devoir, 16 octobre 1954, p. 35-36. Articles « Le jeu, érigé en système » et « Nombre effarant de maisons de jeu — Tenues “à la perfection” » issus de l’enquête Caron sur le jeu commercialisé à Montréal, associant le 286, rue Sainte-Catherine Ouest aux réseaux de paris clandestins et aux maisons de jeu du centre-ville, notamment autour du bookmaker Harry Feldman.
- The Gazette, 5 février 1973. Article « Officer hurt slightly while ducking bullets » rapportant une fusillade survenue au Bar des Arts, au 286, rue Sainte-Catherine Ouest, où des coups de feu sont tirés dans le club avant qu’un suspect armé prenne la fuite vers la rue Jeanne-Mance. Le détective-capitaine Jacques Cinq-Mars est légèrement blessé durant la poursuite.
- Le Devoir, 5 février 1973. Article « Tué dans un taxi » établissant un lien possible entre une fusillade survenue au Bar des Arts, au 286, rue Sainte-Catherine Ouest, et le meurtre d’André Trudelle quelques minutes plus tard. Le texte évoque également l’intervention des policiers Jacques Cinq-Mars et Jean-Louis Hélie, ainsi qu’un possible lien avec le gang des Popeyes.
- The Gazette, 16 mars 1968. Brève « Thugs Rampage » rapportant qu’un groupe de trois individus saccage le Bar des Arts, situé au 286, rue Sainte-Catherine Ouest, causant environ 2 000 dollars de dommages après avoir brisé du mobilier et détruit plusieurs bouteilles d’alcool. Aucun employé ni client n’est blessé durant l’incident.
- Le Polyscope, 12 février 1973, p. 6. Dans une chronique sur les sorties nocturnes montréalaises, l’auteur mentionne un passage au Bar des Arts, au 286, rue Sainte-Catherine Ouest, où « un paquet de monde contemplait la p’tite topless », confirmant la présence de spectacles topless dans l’établissement au début des années 1970.
- The Gazette, 21 juillet 1979, p. 35. Dans un article intitulé “His battle wins a berth for the blues”, le journaliste David Sherman dresse le portrait de Roué Doudou Boicel, propriétaire du Rising Sun, à l’occasion du deuxième Festival international de jazz et de blues de Montréal. L’article souligne le rôle central de Boicel dans l’organisation du festival, décrit le Rising Sun comme un important club de jazz et de blues de la rue Sainte-Catherine Ouest, et met en lumière son engagement envers les musiciens ainsi que la scène estivale montréalaise de la fin des années 1970.
- The Montreal Star, 26 mai 1979, p. 136. Dans un article intitulé “B.B. to John Lee plus Oscar”, le journal annonce la programmation du deuxième Festival international de jazz et de blues de Montréal organisé par Roué Doudou Boicel, propriétaire du Rising Sun. Le texte présente les artistes invités — dont B.B. King, John Lee Hooker, Lightnin’ Hopkins, Clifton Chenier, Big Mama Thornton, Eddie « Cleanhead » Vinson et Oscar Peterson — ainsi que les détails entourant les représentations prévues à la Place des Arts en juillet 1979.
- The Gazette, 30 juillet 1979, p. 35. Dans un article intitulé “A triumphant return as Oscar Peterson dazzles his audience”, le journaliste David Sherman revient en détail sur le deuxième Festival international de jazz et de blues de Montréal organisé par Roué Doudou Boicel et le Rising Sun. Le texte couvre les prestations d’Oscar Peterson, B.B. King, John Lee Hooker, Big Mama Thornton, Clifton Chenier, Eddie « Cleanhead » Vinson et Lightnin’ Hopkins, tout en soulignant le succès populaire et culturel du festival tenu à la Place des Arts.
- La Presse, 28 mars 1979, section « Arts et spectacles », p. 15. Dans un article intitulé « La renommée grandissante du jazz », le journal décrit l’essor du jazz et du blues à Montréal à la fin des années 1970 et met en lumière plusieurs acteurs importants de cette scène, dont Roué Doudou Boicel et le Rising Sun. Le texte souligne la multiplication des clubs de jazz, la croissance du nombre de musiciens actifs dans la métropole ainsi que l’organisation du deuxième festival de jazz et de blues de Boicel à la Place des Arts en juillet 1979.
- The Sherbrooke Record, 11 avril 1979, p. 17. Dans un article intitulé “A new era of jazz music engulfs Montreal”, le journal décrit l’effervescence de la scène jazz montréalaise à la fin des années 1970 et souligne l’importance grandissante de plusieurs clubs et promoteurs locaux. Le texte met notamment en lumière Roué Doudou Boicel et le Rising Sun, présenté comme un lieu central du jazz et du blues sur la rue Sainte-Catherine Ouest depuis son ouverture en 1975. L’article mentionne également les nombreux artistes internationaux ayant joué au club — dont Mose Allison, Bill Evans, Joe Pass, Milt Jackson, John Hammond, Jim Hall et Phil Woods — ainsi que l’organisation du deuxième festival de jazz et de blues de Boicel à la Place des Arts en juillet 1979.
- The Gazette, 31 juillet 1980, p. 17. Dans un article intitulé “Jazz fans given big treat”, le journaliste John Griffin compare la programmation du Rising Sun et du Le Club Montréal, deux établissements voisins de la rue Sainte-Catherine Ouest représentant alors des pôles distincts de la vie nocturne montréalaise. Le texte met particulièrement en valeur la prestation du chanteur de jazz Jon Hendricks au Rising Sun, accompagné notamment de Judith Hendricks, Michelle Hendricks et Bobby McFerrin, tout en soulignant l’atmosphère intimiste du club de Roué Doudou Boicel. L’article mentionne également un spectacle de Bryan Adams au Le Club Montréal, illustrant la diversité musicale présente sur la rue Sainte-Catherine Ouest au début des années 1980.
- The Gazette, 4 octobre 1980. Dans un article intitulé “Rockhead’s will reopen later this month”, le journaliste Irwin Block annonce l’acquisition du légendaire Rockhead’s Paradise par Roué Doudou Boicel, propriétaire du Rising Sun. Le texte décrit les projets de réouverture du cabaret de la Petite-Bourgogne, les artistes envisagés pour la programmation — dont Nina Simone, Tito Puente, Eartha Kitt et Mongo Santamaria — ainsi que la volonté de Boicel de préserver l’héritage historique et culturel du lieu.
- The Gazette, 28 juin 1980. Dans un article intitulé “Doudou delivers sweet sound of jazz”, le journaliste Juan Rodriguez dresse un portrait détaillé de Roué Doudou Boicel, propriétaire du Rising Sun et organisateur du Festijazz. Le texte décrit l’atmosphère du club, l’influence antillaise de Boicel, sa philosophie de programmation ainsi que l’organisation du Festijazz 1980, qui présente notamment Nina Simone, Taj Mahal, Lightnin’ Hopkins, Buddy Guy, Junior Wells et le Gerry Mulligan Quartet.
- Le Devoir, 21 juillet 1980, p. 6. Dans un article intitulé « Le Festijazz de la PdA ne tient pas ses promesses », la journaliste Sylvaine Martin critique le troisième Festijazz de Montréal organisé par Roué Doudou Boicel, propriétaire du Rising Sun. Le texte revient sur les prestations de plusieurs figures majeures du blues et du jazz américain, dont Nina Simone, Taj Mahal, Buddy Guy, Junior Wells, Lightnin’ Hopkins, Willie Dixon, Sonny Terry et Brownie McGhee, tout en soulignant particulièrement la performance exceptionnelle de Nina Simone.
- La Presse, 16 décembre 1980, cahier A, p. 15. Dans un article intitulé « Nouvel orchestre afro-jazz », le journaliste Denis Lavoie annonce la création du Rising Sun Afro Jazz Orchestra par Roué Doudou Boicel, propriétaire du Rising Sun et du Rockhead’s Paradise. Le texte décrit la formation multiculturelle du groupe, ses influences afro-cubaines, soul et funk-jazz, ainsi que les ambitions de Boicel de développer un orchestre montréalais capable de rejoindre le marché américain.
- The Gazette, 24 avril 1981, p. 50. Dans un article intitulé “Jazz masters spin magic”, le journaliste John Griffin rend compte d’un spectacle des guitaristes Herb Ellis et Barney Kessel au Rockhead’s Paradise. Le texte mentionne que le Rising Sun, décrit comme une « mecca » du jazz sur la rue Sainte-Catherine depuis plusieurs années, est alors relativement dormant, Roué Doudou Boicel concentrant ses énergies sur la restauration du Rockhead’s Paradise. L’article souligne également la présence de Jacques Masson à la batterie et d’Errol Walters à la contrebasse acoustique.
- The Gazette, 24 septembre 1981, p. 5. Dans un article intitulé “Club owner Rufus Rockhead dies”, le journaliste Ian Mayer annonce le décès de Rufus Nathaniel Rockhead, fondateur du légendaire Rockhead’s Paradise de la Petite-Bourgogne. Le texte retrace le parcours du propriétaire jamaïcain, qui dirigea pendant plus de cinquante ans l’un des clubs noirs les plus célèbres de Montréal, fréquenté autant par des célébrités internationales que par la communauté locale. L’article rappelle que des artistes comme Oscar Peterson, Billie Holiday, Ella Fitzgerald, Pearl Bailey, Louis Armstrong et Redd Foxx se sont produits ou ont fréquenté le cabaret au fil des décennies. Le journaliste souligne également le rôle social joué par Rockhead dans la communauté noire montréalaise, notamment en offrant du travail à de nombreuses personnes du quartier. Le texte mentionne enfin que le club, fermé après l’attaque cérébrale subie par Rockhead en 1978, avait ensuite été vendu à Roué Doudou Boicel, propriétaire du Rising Sun.
- La Presse, 12 novembre 1981, p. A15. Dans un article intitulé « Une fermeture qui n’aura surpris personne », le journaliste Pierre Beaulieu explique que Roué Doudou Boicel renonce finalement à fermer le Rising Sun afin de se consacrer exclusivement au Rockhead’s Paradise. Le texte précise que le promoteur poursuit désormais ses activités dans les deux établissements, continuant de présenter des spectacles de jazz dans les anciens locaux du Rising Sun tout en travaillant à la relance du célèbre cabaret de la Petite-Bourgogne. L’article présente cette décision dans le contexte des difficultés économiques touchant plusieurs salles de spectacles montréalaises au début des années 1980.
- La Presse, 14 novembre 1981, p. E1. Dans un court article intitulé « Pas de jazz au Songe Tropical », le journal rapporte que Roué Doudou Boicel avait annoncé son intention de rouvrir le Rising Sun sur la rue Sainte-Catherine Ouest afin d’y présenter de nouveaux spectacles de jazz. Toutefois, Dominique Wilhelmy, nouvelle propriétaire de l’établissement désormais renommé Songe Tropical, déclare ne jamais avoir été informée d’un tel projet et affirme que le lieu continuera plutôt à présenter des spectacles de musique reggae.
- The Gazette, 22 mai 1982, p. D1. Dans un article intitulé “‘Paradise’ is faded but it’s not all lost”, la journaliste Brenda Zosky Proulx dresse un portrait du déclin du Rising Sun et du Rockhead’s Paradise, alors dirigés par Roué Doudou Boicel. Le texte décrit les difficultés financières touchant les deux établissements au début des années 1980, notamment les dettes, les salles clairsemées et les transformations rapides de la vie nocturne montréalaise. L’article rappelle aussi l’importance historique du Rockhead’s Paradise sous Rufus Rockhead comme lieu majeur de la culture noire montréalaise, fréquenté par des artistes comme Billie Holiday, Ella Fitzgerald, Pearl Bailey et Louis Armstrong. Malgré les difficultés, Boicel tente toujours de préserver une programmation jazz dans un contexte où plusieurs clubs abandonnent progressivement ce type de musique.
- The Gazette, 12 avril 1982, p. 12. Dans un article intitulé “Doudou Boicel firm files for bankruptcy”, le journal annonce que la compagnie Roue Dou Dou Boicel Productions déclare faillite après plusieurs années d’activités au cœur de la scène jazz montréalaise. Le texte revient sur le parcours de Roué Doudou Boicel, associé au Rising Sun, au Festijazz et au Rockhead’s Paradise, rappelant qu’il a présenté à Montréal des artistes comme Muddy Waters, Nina Simone, Taj Mahal, Sonny Terry, Brownie McGhee et Woody Herman. L’article souligne également que la relance du Rockhead’s Paradise, acquis environ dix-huit mois plus tôt, n’a pas obtenu le succès espéré malgré les efforts du promoteur.
- The Gazette, 15 juillet 1982. Dans une brève intitulée “Original Rising Sun set to reopen tonight”, le journal annonce la réouverture de l’ancien Rising Sun de la rue Sainte-Catherine Ouest sous le nom Rising Sun 1. L’article explique que Roué Doudou Boicel souhaite relancer le club original avec une programmation mêlant jazz, blues et reggae après avoir déplacé ses activités vers l’ancien Rockhead’s Paradise. Le texte souligne également que plusieurs observateurs considéraient comme une erreur stratégique le déplacement des activités vers le secteur plus isolé de la rue Saint-Antoine.
- The Gazette, 24 janvier 1983, p. 23. Dans un article intitulé “Marsalis hot for sold-out Rising Sun shows”, le journaliste Peter Hadekel décrit l’enthousiasme suscité par les spectacles du jeune trompettiste Wynton Marsalis au Rising Sun. Le texte souligne que le club de Roué Doudou Boicel connaît alors l’un des plus importants achalandages de son histoire récente, les spectateurs débordant jusque sur la rue Sainte-Catherine Ouest. Âgé de seulement 21 ans, Marsalis est déjà présenté comme l’une des grandes révélations du jazz américain contemporain après avoir été nommé musicien jazz de l’année par le magazine DownBeat. L’article souligne également la qualité exceptionnelle du groupe accompagnant le trompettiste, notamment Branford Marsalis, Kenny Kirkland, Phil Bowler et Jeff Watts.
- The Gazette, 10 février 1983, p. 55. Dans un article intitulé “Oh boy, Nina’s back in town”, le journaliste Thomas Schnurmacher annonce le retour de Nina Simone au Rising Sun pour une série de spectacles présentés par Roué Doudou Boicel. Le texte décrit l’arrivée de la chanteuse à Montréal dans une ambiance détendue et souligne la relation privilégiée entre Nina Simone et le Rising Sun, devenu au fil des années l’un des lieux les plus associés à ses passages dans la métropole. Schnurmacher décrit une artiste calme et de bonne humeur, discutant autant de musique que de Jacques Brel et du Québec francophone.
- The Gazette, 17 février 1983, p. 43. Dans une brève intitulée “Angry Nina Simone cuts Montreal stint”, le journaliste John Griffin rapporte que Nina Simone interrompt abruptement sa série de spectacles au Rising Sun après seulement une soirée. Selon l’article, la chanteuse refuse de poursuivre son engagement tant que Roué Doudou Boicel ne lui verse pas une somme qu’elle estime lui être due en vertu de son contrat, lequel prévoyait 80 % des recettes de la porte. Griffin explique que Boicel refuse de payer avant la fin complète des représentations prévues, ce qui provoque le départ immédiat de Simone vers Los Angeles. Le texte souligne également que le club doit rembourser les spectateurs présents pour les spectacles annulés.
- Le Devoir, 18 juin 1983, p. 31. Dans une brève publiée à la section culturelle, le journal annonce la contramandation d’un important concert bebop prévu à la Place des Arts et organisé par Doudou Boicel, propriétaire du club de jazz Soleil Levant (Rising Sun). Présenté comme un véritable « concert du siècle no. 2 », l’événement devait réunir plusieurs grandes figures du jazz américain, dont Dizzy Gillespie, Freddie Hubbard, Benny Carter, Slide Hampton, John Lewis, Ray Brown et Mickey Roker. Cette annulation illustre les difficultés croissantes entourant certaines productions jazz montréalaises au début des années 1980, malgré les ambitions toujours importantes de Roué Doudou Boicel.
- Le Devoir, 11 août 1984, p. 22. Dans un texte intitulé « Le blues est en deuil », Roué Doudou Boicel rend hommage à Big Mama Thornton à la suite de son décès. Le propriétaire du Rising Sun rappelle que la chanteuse blues s’était produite au club durant plusieurs semaines en 1983 et qu’elle avait également séjourné à Montréal pendant près de deux mois. Boicel retrace le parcours de Willie Mae Thornton, évoquant son importance dans l’histoire du blues afro-américain ainsi que les injustices sociales et raciales ayant marqué la vie de plusieurs artistes noirs de sa génération. Le texte mentionne aussi plusieurs figures du blues associées au Rising Sun, dont Lightnin’ Hopkins, Muddy Waters, Howlin’ Wolf, T-Bone Walker, John Lee Hooker, Sonny Terry, Brownie McGhee, Clifton Chenier et Buddy Guy.
- Le Devoir, 13 février 1984, p. 9. Dans l’article « Le jazz mort ou vif? », Nathalie Petrowski dresse un portrait du Soleil Levant et de son propriétaire Roué Doudou Boicel à l’occasion d’une série de spectacles du saxophoniste Eddie « Cleanhead » Vinson. Le texte décrit l’atmosphère vieillissante du club de la rue Sainte-Catherine Ouest, ses miroirs récupérés du défunt Rockhead Paradise ainsi qu’un public nostalgique venu retrouver l’ambiance des grandes années du jazz montréalais. L’article revient aussi sur les difficultés financières traversées par Boicel après l’échec de la relance du Rockhead Paradise et la concurrence croissante du Festival de jazz de Montréal.
- La Presse, 8 février 1984, p. 1, cahier Arts et spectacles. Cette chronique consacrée au retour du jazz au Soleil Levant souligne l’importance de Doudou Boicel dans la renaissance du jazz à Montréal depuis le milieu des années 1970. Présenté comme un ami des musiciens et un artisan du jazz montréalais, Boicel est associé à la venue de nombreuses figures majeures du jazz et du blues ainsi qu’aux débuts du Festival international de jazz de Montréal. Le texte annonce un retour aux racines jazz et blues du club avec des spectacles d’Eddie « Clean Head » Vinson, Joe Pass, Larry Coryell, Hank Jones et Dizzy Gillespie.
- La Presse, 18 octobre 1984, p. C2, cahier Arts et spectacles. Dans un article intitulé « Du nouveau, comme toujours », Denis Lavoie souligne le retour d’Art Blakey et des Jazz Messengers au Soleil Levant. Le texte rappelle les liens étroits entre Blakey et Doudou Boicel depuis les débuts du club, ainsi que l’importance du batteur dans l’histoire du jazz moderne comme mentor de plusieurs générations de musiciens.
- La Presse, 29 mars 1984, p. B3, cahier Arts et spectacles. Dans un article consacré au saxophoniste Archie Shepp, Denis Lavoie souligne le dixième anniversaire du Soleil Levant et l’importance de Roué Doudou Boicel dans la présentation du jazz et du blues à Montréal depuis le milieu des années 1970. Le texte évoque également la venue prochaine de Dizzy Gillespie ainsi que la production par Boicel d’un microsillon tiré d’un concert-hommage à Charlie Parker présenté à la Place des Arts.
- Pop Rock, 4 février 1984. Dans un texte soulignant le dixième anniversaire du Rising Sun Celebrity Jazz Club, l’article rappelle que Roué Doudou Boicel avait acheté l’établissement en 1974, alors qu’il ne s’agissait encore que d’un ancien bar de danseuses situé sur la rue Sainte-Catherine Ouest. Le texte souligne qu’au fil des années, le Rising Sun est devenu l’un des clubs de jazz les plus connus de Montréal, accueillant plusieurs grandes vedettes internationales dans une ambiance intime et chaleureuse.
- The Gazette, 17 janvier 1985, p. 65. Dans sa chronique Jazz Notes, Len Dobbin annonce la présentation du chanteur et bassiste de blues “Big” Miller au Rising Sun. L’article retrace le parcours du musicien, ayant notamment travaillé avec Jay McShann et participé au spectacle Evolution of the Blues Song de Jon Hendricks au Monterey Jazz Festival de 1960. Dobbin mentionne également que Roué Doudou Boicel vient de lancer un album intitulé The Great Blues Immortals, regroupant des enregistrements réalisés à Montréal avec des artistes comme Rahsaan Roland Kirk, Esther Phillips, Lightnin’ Hopkins et Big Mama Thornton.
- The Gazette, 23 décembre 1985, p. 28. Dans un article intitulé “L.A. hardcore music comes to town”, le journaliste Michael Mirolla couvre un concert présenté au Rising Sun mettant en vedette les groupes hardcore californiens Circle Jerks ainsi que les formations locales Asexuals et Syndicate. Le texte souligne l’atmosphère énergique du spectacle et la présence d’un public mêlant amateurs de hardcore punk et de heavy metal, alors que la scène alternative montréalaise connaît une importante évolution au milieu des années 1980. L’article témoigne aussi de la diversification progressive de la programmation du Rising Sun, qui accueille désormais des concerts punk et hardcore en plus du jazz, du blues et du reggae.
- The Gazette, 11 janvier 1985, p. 40. Dans la section “Best Bets”, le journal souligne la programmation éclectique du Rising Sun de la rue Sainte-Catherine Ouest, qui accueille alors les groupes punk-hardcore Genetic Control et League of Dead Politicians avant de présenter un spectacle reggae de Jah Cutter le lendemain. Cette brève témoigne de la diversification musicale du club au milieu des années 1980, alors que le Rising Sun alterne désormais entre jazz, reggae, punk et hardcore.
- Roué Doudou Boicel, L’histoire du Rising Sun et ses légendes jazz & blues, Montréal, Éditions Michel Brûlé, 2008, p. 207-208. Dans ce passage autobiographique intitulé « Le Rising Sun sur la rue Sainte-Catherine ressuscite », Roué Doudou Boicel raconte le retour du Rising Sun dans son ancien local de la rue Sainte-Catherine Ouest après l’expérience difficile du Rockhead’s Paradise. Il explique avoir dû relancer le club presque à partir de zéro avec l’aide de ses collaboratrices et du soutien de la Banque de Montréal. Le texte évoque également le retour rapide de la clientèle montréalaise grâce à une programmation réunissant des artistes comme Dizzy Gillespie, Taj Mahal, Sonny Terry, Brownie McGhee, Buddy Guy, Junior Wells, Nina Simone, Joe Pass, McCoy Tyner, Stanley Turrentine, Bill Evans et John Lee Hooker. Boicel y partage aussi plusieurs anecdotes sur les habitués du club ainsi que sur ses conflits avec la Guilde des musiciens de Montréal au début des années 1980.
- Le Devoir, 14 octobre 1986, p. 9. Dans une lettre ouverte intitulée « La Guilde et le Rising Sun », Roué Doudou Boicel accuse la Guilde des musiciens de Montréal de discrimination envers le Rising Sun (Soleil Levant) pour avoir engagé des musiciens non membres de l’American Federation of Musicians. Il affirme que plusieurs accusations étaient sans fondement et mentionne notamment des artistes et groupes comme Jah Cuttah, The Absurds, Vomit and the Zits, Stephen Barry, Joe Pass et Joe Jammer Charlebois. Le texte rappelle également le rôle du Rising Sun dans l’organisation des premiers festivals internationaux de jazz à Montréal sous le nom de Rising Sun Festi-Jazz.
- The Gazette, 30 avril 1986, p. 11. Dans une brève consacrée à Roué Doudou Boicel, le journal annonce que le propriétaire du Rising Sun revient d’un voyage de trois semaines en Haïti, où il a été invité à organiser un festival international de jazz à Port-au-Prince prévu en février 1987. L’article précise que Dizzy Gillespie doit ouvrir le festival et que B.B. King figure également parmi les artistes confirmés. L’événement doit réunir des spectacles de jazz, de blues, de reggae et de salsa.
- The Gazette, 15 mai 1987, p. 8. Dans un article intitulé « Rufus Rockhead honored at Rising Sun », le journaliste Thomas Schnurmacher annonce une série de spectacles-hommages présentés au Rising Sun en mémoire de Rufus Rockhead, fondateur du légendaire Rockhead’s Paradise. Organisé par l’Association pour la Promotion et la Diffusion de la Culture Noire du Québec dirigée par Roué Doudou Boicel, l’événement vise à souligner l’importance patrimoniale de Rockhead dans l’histoire culturelle de Montréal. Le texte rappelle également les nombreux artistes associés au club au fil des décennies, dont Billie Holiday, Sarah Vaughan, Louis Armstrong, Pearl Bailey, Nina Simone, Eartha Kitt, Milt Jackson et Dizzy Gillespie.
- The Gazette, 12 novembre 1989, p. 1. Dans un portrait intitulé « Club owner boosts black culture », le journaliste Paul Wells présente Roué Doudou Boicel comme l’une des figures importantes de la promotion de la culture noire à Montréal. L’article revient sur l’ouverture du Rising Sun en 1975 et sur le rôle joué par Boicel dans la diffusion du jazz, du blues et du reggae sur la rue Sainte-Catherine Ouest. Le texte souligne également sa participation à la création des premières éditions du Festijazz de Montréal entre 1978 et 1980, tout en évoquant ses origines en Guyane française, ses études aux Beaux-Arts de Paris et son désir de promouvoir la culture noire « dans toutes ses dimensions ». [106]
- The Gazette, 20 mars 1990, p. 3. Article « Fierce fire guts Rising Sun » consacré à l’incendie majeur qui détruit presque entièrement le Rising Sun de la rue Sainte-Catherine Ouest après près de quinze années d’activités. Le texte rappelle l’importance historique du club dans la diffusion du jazz, du blues et du reggae à Montréal, mentionnant des artistes comme Muddy Waters, James Cotton, Big Mama Thornton, John Lee Hooker, Bill Evans, Dizzy Gillespie et Joe Pass. L’article rapporte également les importantes pertes matérielles subies par Roué Doudou Boicel, notamment une vaste collection d’enregistrements réalisés au club depuis son ouverture, ainsi que les soupçons d’incendie criminel évoqués après un concert à guichets fermés d’Archie Shepp.
- The Gazette, 6 septembre 1990, p. 3. Dans un article intitulé « Boicel bounces back: Rising Sun emerges from ashes », le journaliste Mark Lepage rapporte la réouverture du Rising Sun quelques mois après l’incendie qui avait détruit le club de la rue Sainte-Catherine Ouest en mars 1990. L’article décrit comment Roué Doudou Boicel relance l’établissement dans un nouveau local situé au 5380 boulevard Saint-Laurent, anciennement le Théâtre Le Milieu. Le texte souligne également la volonté de Boicel d’élargir la programmation du Rising Sun en y présentant du jazz, du blues, du reggae, du funk et du rap montréalais émergent, avec des artistes comme Dizzy Gillespie, Buddy Guy et Taj Mahal.
- Le Devoir, 24 juillet 1990, p. 7. Dans un article intitulé « Le Soleil levant retrouve pignon sur la branchée rue Saint-Laurent », la journaliste France Lafuste annonce la réouverture du Soleil Levant quelques mois après l’incendie ayant détruit le club de la rue Sainte-Catherine Ouest au printemps 1990. Le texte décrit l’installation du nouveau Soleil Levant au 5380, boulevard Saint-Laurent, dans l’ancien cinéma Le Milieu, une salle de près de 600 places située au cœur d’un secteur alors en pleine transformation culturelle et commerciale. L’article revient sur le parcours de Roué Doudou Boicel et sur l’importance du club dans la diffusion du jazz, du blues, du reggae et des musiques afro-américaines à Montréal depuis les années 1970, mentionnant des artistes comme B.B. King, Sarah Vaughan, Dexter Gordon, John Lee Hooker, Lightnin’ Hopkins et Archie Shepp. Boicel y affirme vouloir préserver la réputation du Soleil Levant tout en élargissant sa programmation à des spectacles expérimentaux, à des événements culturels et à des artistes issus de diverses communautés montréalaises. Le texte souligne également les ambitions économiques du promoteur, qui prévoit organiser un festival reggae et entreprendre une campagne de financement afin d’assurer l’avenir du club.
- The Gazette, 22 mars 1990, p. 47. Dans un article intitulé « The Sun will rise again, Boicel vows », le journaliste Mark Lepage rapporte les réactions de Roué Doudou Boicel quelques jours après l’incendie ayant détruit le Rising Sun de la rue Sainte-Catherine Ouest. Malgré les importantes pertes matérielles et la destruction d’archives sonores irremplaçables contenant des enregistrements d’artistes comme Dizzy Gillespie, Nat Adderley, Lightnin’ Hopkins, Sonny Terry, Brownie McGhee, Buddy Guy, Junior Wells, McCoy Tyner et Mose Allison, Boicel affirme sa volonté de rouvrir rapidement le club. L’article revient également sur l’importance historique du Rising Sun dans le développement du jazz à Montréal depuis 1975 ainsi que sur le rôle joué par Boicel dans l’organisation du Festijazz à la Place des Arts entre 1978 et 1980. Le texte souligne enfin les difficultés financières et syndicales rencontrées par le promoteur au cours des années 1980, tout en présentant le Rising Sun comme une institution culturelle essentielle pour plusieurs musiciens noirs montréalais.
- The Gazette, 14 septembre 1990, p. 28. Dans sa chronique Jazz Notes, le journaliste Paul Wells souligne le retour de Dizzy Gillespie à Montréal pour une série de concerts-bénéfices présentés au nouveau Rising Sun de Roué Doudou Boicel, désormais installé au 5380 boulevard Saint-Laurent après l’incendie ayant détruit le club original de la rue Sainte-Catherine plus tôt la même année. L’article décrit cette relance comme une tentative ambitieuse de transformer la catastrophe en nouveau départ pour le célèbre club de jazz montréalais. Wells rappelle également l’importance historique du Rising Sun dans la scène jazz montréalaise des années 1970 et 1980 ainsi que les liens étroits unissant Gillespie et Boicel depuis plusieurs années. Le texte souligne enfin les défis liés à la nouvelle salle, beaucoup plus vaste que l’ancien local, tout en présentant le club comme un lieu toujours essentiel à la diffusion du jazz, du blues, du reggae et des musiques alternatives à Montréal.
- La Presse, 29 juillet 1990, p. C3, cahier « C. Détente ». Dans un article intitulé « Le Soleil Levant se relève… », le journal annonce la réouverture du Soleil Levant quelques mois après l’incendie ayant détruit le club de la rue Sainte-Catherine Ouest en mars 1990. Installé désormais au 5380 boulevard Saint-Laurent, dans l’ancien cinéma Le Milieu, le nouveau Soleil Levant est présenté comme une salle beaucoup plus vaste pouvant accueillir environ 538 personnes. L’article souligne la volonté de Roué Doudou Boicel de relancer le club en diversifiant sa programmation avec du jazz, du blues, du reggae, des musiques afro-américaines et antillaises ainsi que des spectacles expérimentaux et communautaires. Le texte rappelle également l’importance historique du Soleil Levant dans la diffusion des musiques noires à Montréal depuis les années 1970, mentionnant des artistes comme B.B. King, Sarah Vaughan, Dexter Gordon, John Lee Hooker, Lightnin’ Hopkins et Archie Shepp.
- La Presse, 21 mars 1990, p. B4, section « Informations nationales ». Dans un article intitulé « Boicel compte sur les amateurs de jazz pour relancer le Rising Sun », le journaliste Denis Lavoie rapporte les lendemains de l’incendie ayant détruit le Rising Sun de la rue Sainte-Catherine Ouest après près de quinze années d’activités. Le texte présente Roué Doudou Boicel tentant déjà d’organiser la relance du club malgré la perte complète de la salle, de nombreux enregistrements de concerts, d’une importante collection de disques ainsi que d’équipements de sonorisation et d’un piano. L’article souligne également que le Rising Sun connaissait alors une importante période de popularité, notamment après un concert d’Archie Shepp ayant attiré une foule considérable quelques jours avant l’incendie. Boicel y affirme vouloir poursuivre la présentation de spectacles de jazz, de blues et de reggae avec l’aide du public montréalais et des amateurs de musique ayant fréquenté le club depuis les années 1970.
- The Gazette, 31 juillet 1991, p. 9. Dans un article intitulé « Rising Sun closes, owner seeks grant », le journaliste Mark Lepage rapporte la fermeture temporaire du Rising Sun du boulevard Saint-Laurent moins d’un an après sa réouverture à la suite de l’incendie de mars 1990. Confronté à des dettes importantes estimées à environ 100 000 dollars, Roué Doudou Boicel demande alors une aide financière des gouvernements municipal, provincial et fédéral afin d’assurer la survie du club. L’article rappelle le rôle historique du Rising Sun dans la diffusion du jazz, du blues et du reggae à Montréal depuis 1975, mentionnant des artistes comme Dizzy Gillespie, Nat Adderley, Lightnin’ Hopkins, McCoy Tyner, Buddy Guy, Mose Allison, Taj Mahal, Art Blakey, B.B. King et Chet Baker. Le texte souligne également que Boicel présente le Rising Sun comme une institution culturelle importante pour la communauté noire montréalaise et pour plusieurs musiciens locaux ayant longtemps trouvé au club un espace de diffusion essentiel.
- The Gazette, 10 février 1991, p. 39. Dans un dossier spécial intitulé « Black Magic », la journaliste Susan Semenak retrace l’importance historique des musiciens noirs et des clubs montréalais dans le développement du jazz au Canada durant le XXe siècle. L’article revient notamment sur des lieux emblématiques comme le Rockhead’s Paradise, le Café St-Michel, le Terminal Club et le Rising Sun, tout en abordant les réalités de discrimination raciale auxquelles plusieurs artistes noirs montréalais ont été confrontés au fil des décennies. Le texte évoque des figures majeures comme Oscar Peterson, Oliver Jones, Lou Hooper, Johnny Holmes, Louis Metcalf, Charlie Biddle et Gene Lees, ainsi que l’importance des communautés noires de la Petite-Bourgogne dans l’histoire musicale montréalaise. L’article souligne également le rôle joué par Roué Doudou Boicel dans la diffusion des musiques noires à Montréal depuis les années 1970 à travers le Rising Sun, présenté comme un important lieu de diffusion du jazz, du blues, du reggae, du zouk, de la musique haïtienne et du rap montréalais émergent. [115]
- The Gazette, 25 mars 1991, p. 1. Dans un article intitulé « Blues for Sunday », le journal couvre un concert-hommage présenté au Rising Sun à la mémoire du guitariste montréalais Ivan Symonds, décédé quelques jours plus tôt le même jour que le saxophoniste B.T. Lundy. Organisé par Roué Doudou Boicel, l’événement réunit musiciens, proches et amateurs de jazz dans une ambiance intime marquée par des prestations musicales et une cérémonie symbolique en hommage à Symonds. L’article souligne également le rôle du Rising Sun comme important lieu de rassemblement pour la communauté jazz montréalaise au début des années 1990. [116]
- La Presse, 30 juillet 1991, cahier Arts et spectacles, p. C3. Dans un article intitulé « Endetté, le Soleil Levant ferme ses portes », le journaliste Alain Brunet annonce la fermeture du Soleil Levant après seize années d’activités. Le texte explique que malgré la réouverture du club sur le boulevard Saint-Laurent après l’incendie de 1990, les difficultés financières, les coûts d’exploitation élevés et la récession du début des années 1990 fragilisent gravement l’établissement. Roué Doudou Boicel affirme alors avoir besoin d’une aide financière importante afin d’éviter la disparition définitive du club. L’article revient également sur le rôle majeur joué par le Soleil Levant dans la diffusion du jazz, du blues, du reggae et des musiques noires à Montréal depuis les années 1970, rappelant le passage de nombreuses figures internationales comme Muddy Waters, Buddy Guy, John Lee Hooker, Dizzy Gillespie, Rahsaan Roland Kirk, Art Blakey, McCoy Tyner, Yusef Lateef, Wynton Marsalis, Joe Pass et Archie Shepp. Le texte souligne enfin l’importance culturelle du Soleil Levant, présenté comme l’un des rares grands clubs montréalais dirigés par un promoteur noir et comme une institution importante de la vie musicale montréalaise. [117]
- La Presse, 3 décembre 1991, section Informations nationales. Dans une lettre ouverte intitulée « Montréal Blues : reportage déprimant », Roué Doudou Boicel critique vivement la série d’émissions Montréal Blues et la Parole aux Noirs diffusée à Radio-Canada en novembre 1991. Il reproche au reportage de présenter une image négative et stéréotypée des communautés afro-montréalaises en associant principalement les Noirs à la criminalité, à la pauvreté et à la marginalisation sociale. Boicel affirme plutôt que l’émission aurait dû mettre davantage en valeur les réussites professionnelles, culturelles et économiques des communautés noires de Montréal. Il mentionne notamment des personnalités comme Oliver Jones, Oscar Peterson, Charlie Biddle ainsi que plusieurs entrepreneurs et professionnels afro-canadiens. La lettre témoigne également de l’engagement constant de Boicel en faveur de la représentation culturelle et sociale des communautés noires montréalaises au début des années 1990. [118]
- La Presse, 26 juillet 1991, p. C1, section « Week-end ». Dans un article intitulé « Pour sauver le Soleil Levant », le journal rapporte l’organisation de spectacles-bénéfices destinés à soutenir financièrement le Soleil Levant de Roué Doudou Boicel, alors menacé de fermeture. Plusieurs artistes montréalais y participent gratuitement, dont Dutch Robinson, Michelle Sweeney, Geraldine Hunt, Goldie Alexander ainsi que plusieurs groupes reggae locaux, témoignant du rôle important du club dans la scène musicale montréalaise du début des années 1990.
- La Presse, 3 février 1991, section « Livres - Arts et spectacles - Galeries d’art ». Dans un article intitulé « Un mois de patrimoine musical noir », le journal présente les activités montréalaises organisées dans le cadre du Mois de l’histoire noire et souligne le rôle du Soleil Levant de Roué Doudou Boicel dans la diffusion des musiques afro-américaines, caribéennes et africaines à Montréal. L’article mentionne notamment des spectacles mettant en vedette le Count Basie Orchestra, Dutch Robinson, Geraldine Hunt et Charlie Biddle.
- Le Devoir, 26 mars 1992, p. 14. Dans l’article « L’ère des nouveaux rastas », publié dans une série consacrée aux discothèques tropicales, la journaliste Pascale Pontoreau évoque la situation difficile du Rising Sun de Roué Doudou Boicel après l’incendie de 1990, sa relocalisation sur le boulevard Saint-Laurent et sa fermeture temporaire. Le texte revient sur l’importance historique du club dans la diffusion du jazz et du blues à Montréal, tout en soulignant les défis économiques, politiques et culturels auxquels Boicel est alors confronté pour relancer une salle consacrée aux musiques noires dans un marché montréalais transformé.
- The Gazette, 11 juillet 1996, p. 8. Dans l’article « The incandescent Doudou Boice », le journaliste Joe Fiorito dresse un vaste portrait de Roué Doudou Boicel et revient sur son rôle majeur dans le développement du jazz, du blues et des musiques noires à Montréal depuis les années 1970. Le texte retrace le parcours du fondateur du Rising Sun, son implication dans l’organisation du Festijazz à la Place des Arts à partir de 1978 ainsi que les nombreuses difficultés financières et institutionnelles auxquelles il a été confronté malgré son influence importante sur la scène culturelle montréalaise.
- The Gazette, 27 juillet 1996, p. 26. Dans une lettre publiée à la suite de l’article « The incandescent Doudou Boice », le chroniqueur et animateur Jim Little nuance l’idée selon laquelle le Festijazz organisé par Roué Doudou Boicel aurait été le premier festival de jazz montréalais. Le texte rappelle l’existence de festivals présentés dès le début des années 1960 à La Comédie Canadienne, au Loew’s Theatre et à la Place des Arts, tout en reconnaissant que le Festijazz de Boicel, tenu entre 1978 et 1980, a précédé le Festival International de Jazz de Montréal et joué un rôle important dans l’histoire du jazz montréalais.
- The Gazette, 25 juillet 1958, p. 8. Dans l’article « Local Jazz Festival Success », le journaliste Clayton Sinclair couvre ce qui est présenté comme le premier festival de jazz montréalais organisé au parc Lafontaine par l’Artistic Society of the Students of the University of Montreal. Le texte souligne notamment la prestation du pianiste montréalais Oscar Peterson, accompagné du bassiste Ray Brown et du guitariste Herb Ellis, ainsi que l’importance grandissante du jazz dans la vie culturelle montréalaise à la fin des années 1950.
- Le Devoir, 27 septembre 2008, p. 55. Dans l’article « La vraie histoire du premier festival de jazz de Montréal », la journaliste Caroline Montpetit revient sur la publication du livre L’Histoire du Rising Sun et ses légendes jazz & blues de Roué-Doudou Boicel. Le texte présente Boicel comme l’un des premiers promoteurs à avoir organisé un festival de jazz international à Montréal avec le Festijazz du Rising Sun en 1978, avant la création du Festival International de Jazz de Montréal. L’article souligne également l’importance historique du Rising Sun dans la diffusion du jazz, du blues et des musiques noires à Montréal, ainsi que les difficultés rencontrées par Boicel auprès des institutions culturelles et des organismes de financement malgré son rôle majeur dans la vie musicale montréalaise.
- Pop Jeunesse Rock, 22 janvier 1977. Cette publicité du Rising Sun, présenté comme un « Centre international du jazz à Montréal », annonce une série de concerts réunissant plusieurs figures majeures du jazz et du blues, dont McCoy Tyner, Ron Carter, Pharoah Sanders, Stan Getz et Muddy Waters, illustrant l’ambition internationale de la programmation développée par Roué Doudou Boicel au 286, rue Sainte-Catherine Ouest.
- Le Jour, 14 juillet 1976, p. 23. Cette publicité du Soleil Levant annonce la tenue du Rising Sun Festival, présenté du 15 au 31 juillet 1976 au 286, rue Sainte-Catherine Ouest. La programmation met en vedette plusieurs artistes et formations jazz montréalaises, dont Wintergarden, Maury Kaye, Ivan Symonds, Guy Nadon et le Multistimulus Music Society of New York, témoignant des premières initiatives de Roué Doudou Boicel pour faire du Soleil Levant un important lieu de diffusion du jazz à Montréal.
- The Montreal Star, 5 décembre 1975, p. 39. Cette publicité du Rising Sun annonce les prestations du groupe américain Shades of Joy Dance Band au 286, rue Sainte-Catherine Ouest, illustrant les débuts de la programmation internationale développée par Roué Doudou Boicel au sein du club montréalais.
- The Gazette, 31 décembre 1976, p. 29. Cette publicité du Rising Sun annonce une série de concerts mettant en vedette Dizzy Gillespie, McCoy Tyner et Pharoah Sanders, illustrant la volonté de Rouè Doudou Boicel de positionner le club montréalais parmi les principaux lieux de diffusion du jazz international à la fin des années 1970.
- The Gazette, 7 juin 1980, p. 71. Cette publicité annonce la troisième édition du Rising Sun Festijazz, présentée du 17 au 21 juillet 1980 à la Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts sous la direction de Roué Doudou Boicel. Le festival réunit plus de soixante artistes et plusieurs figures majeures du jazz, du blues et des musiques noires, dont Taj Mahal, Sonny Terry, Brownie McGhee, Lightnin’ Hopkins, Nina Simone, Willie Dixon, Big Mama Thornton, Luther Allison, Memphis Slim, Buddy Guy, Junior Wells, Gerry Mulligan, Woody Herman et Miriam Makeba, illustrant l’ampleur internationale atteinte par le Festijazz à la fin des années 1970.
- Jean-Yves Létourneau, Rising Sun Afro Jazz Orchestra, photographie réalisée au Rising Sun de Roué Doudou Boicel, 10 décembre 1980. Le dossier porte notamment sur un orchestre jazz au club Rising Sun, ainsi que sur les mises en chantier de l’Opération 10 000 logements dans le Domaine Saint-Sulpice, une conférence de presse de l’Union des travailleurs accidentés de Montréal (UTAM) et une conférence de presse pour le spectacle Les 3 L à la Place des Arts. Les documents montrent également Michel Louvain, Pierre Lalonde et Donald Lautrec. Fonds La Presse, P833,S5,D1980-0492, Archives nationales à Montréal, Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).
- La Presse, 22 juillet 1958. Cette publicité du premier Festival de jazz organisé par la Société artistique des étudiants de l’Université de Montréal annonce notamment les prestations du trio d’Oscar Peterson le 23 juillet, du Modern Jazz Quartet le 28 juillet et du Jimmy Giuffre Three le 30 juillet, illustrant l’ambition et le prestige de cette manifestation pionnière dans l’histoire du jazz montréalais.
- The Afro-American, 20 mars 1948, p. 6. Dans l’article « Armstrong Among First to Do Over-Ocean B’Cast », le journaliste Andy Gurwitch couvre le premier Festival international de jazz de Nice, tenu en France en février 1948. Le texte souligne la participation de Louis Armstrong, Earl Hines, Barney Bigard, Jack Teagarden, Sid Catlett et Velma Middleton, ainsi que celle de Mezz Mezzrow et de plusieurs orchestres européens. L’article décrit l’enthousiasme suscité par l’événement, dont les concerts furent retransmis dans plusieurs pays, et présente le Festival de Nice comme l’une des premières grandes manifestations internationales consacrées au jazz après la Seconde Guerre mondiale.



















































































































