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Théâtre Granada / Théâtre Denise-Pelletier (Montréal)

Immense cinéma de quartier inauguré en 1930 au cœur d’Hochelaga-Maisonneuve, le Théâtre Granada, conçu par l’architecte Emmanuel Arthur Doucet et décoré par Emmanuel Briffa, était l’un des plus vastes et des plus somptueux movie palaces de Montréal. Transformé dans les années 1970 en Théâtre Denise-Pelletier, il demeure aujourd’hui une importante salle de spectacle consacrée au théâtre et à la médiation culturelle auprès des étudiant·e·s.

1. Présentation & statut actuel

Le Théâtre Denise-Pelletier est aujourd’hui un lieu théâtral majeur de Montréal, qui abrite à la fois une compagnie de création et un équipement culturel. Installé dans l’ancien cinéma Granada, il se situe sur la rue Sainte-Catherine Est, à l’angle de l’avenue Morgan, au cœur du quartier Hochelaga-Maisonneuve. La mission actuelle de la maison est fortement orientée vers le théâtre destiné aux étudiant·e·s : chaque saison, le théâtre présente des spectacles qui s’adressent en priorité aux publics scolaires, tout en demeurant ouvert au grand public et en accueillant d’autres compagnies invitées.

Le complexe comprend aujourd’hui deux salles : la salle Denise-Pelletier, grande salle à l’italienne d’environ 800 places, issue de la transformation de l’ancien auditorium du Granada, et la salle Fred-Barry, studio modulable d’une centaine de places, inauguré en 1978 et consacré particulièrement à l’essai, à la création émergente et aux formes plus expérimentales.

Du point de vue de sa mission, le TDP se présente comme un « lieu de découvertes théâtrales » dont l’objectif central est de « donner naissance aux spectateurs de demain » en conviant les adolescent·e·s à découvrir les grandes œuvres de la dramaturgie d’hier et d’aujourd’hui, d’ici et d’ailleurs. L’institution insiste sur le caractère marquant de ces rencontres entre artistes et publics, conçues comme des expériences théâtrales dont le souvenir doit rester impérissable.

Les chiffres communiqués par le TDP illustrent l’ampleur de cette mission : depuis 1964, plus de 5 millions de spectateur·rice·s, tous publics confondus, ont franchi ses portes et assisté à quelque 10 000 représentations issues d’environ 500 productions. Chaque année, ce sont quelque 50 000 étudiant·e·s provenant d’environ 250 écoles qui prennent part à l’une ou l’autre des représentations, ateliers ou conférences, tandis que plus de 250 collaborateur·rice·s (concepteur·rice·s, interprètes, technicien·ne·s, personnel administratif) contribuent à mettre en valeur une douzaine de spectacles par saison. Depuis la création de la compagnie, la maison a publié plus de 111 numéros des Cahiers du TDP et vu défiler plus de 2 300 interprètes sur ses différentes scènes.

2. Construction & ouverture du cinéma Granada (1928-1930)

Le cinéma Granada est conçu à la fin des années 1920 par l’architecte montréalais Emmanuel Arthur Doucet pour le compte de la United Amusement Corporation, filiale de la chaîne United Theatres associée à Famous Players. Les travaux débutent vers 1928-1929, dans un contexte d’expansion rapide du cinéma parlant et de multiplication des salles de quartier à Montréal. L’édifice est implanté sur un vaste terrain en bordure de la rue Sainte-Catherine Est, tout près du parc Morgan et des artères commerciales d’Hochelaga-Maisonneuve ; les publicités de l’époque insistent sur le fait que l’immeuble occupe une superficie au sol plus grande que n’importe quel autre théâtre du pays.

Plusieurs annonces parues dans La Presse et le Montreal Daily Star au mois de mars 1930 détaillent l’ouverture prochaine du « nouveau théâtre Granada » pour les citoyen·ne·s de la partie Est de la ville. On y apprend que la salle, présentée comme le 20e théâtre United à Montréal, est équipée du tout dernier système sonore Northern Electric, dispose d’un système de ventilation remplaçant complètement l’air de la salle toutes les 60 secondes et offre une capacité annoncée de « 2 000 sièges » — chiffre qui variera légèrement selon les sources ultérieures. Les articles du Montreal Star chiffrent le coût de construction à environ 500 000 $, somme colossale pour l’époque, et soulignent que toutes les places se trouvent sur un seul niveau, avec une galerie arrière surélevée.

La grande ouverture a lieu le vendredi 28 mars 1930 à 20 h 15. Le programme combine spectacle vivant et cinéma : sur scène, Bill Munro and his Frolics Cabaret Orchestra accompagné d’une vingtaine d’artistes, dont le maître de cérémonie Larry Vincent, des numéros de cabaret (De Rosa et Sorria, Jean Winslow, Adele Walker, Suzan Alain, les 12 danseuses de Dora Marshall, etc.), puis, à l’écran, la comédie musicale Sunny Side Up mettant en vedette Janet Gaynor et Charles Farrell. Les dirigeants de United Amusement, Ernest A. Cousins et Isidore Crépeau, prennent la parole lors de cette soirée inaugurale, qui est présentée comme l’événement le plus ambitieux jamais organisé par la chaîne pour l’ouverture d’une nouvelle salle.

3. Architecture, décor & expérience « atmospheric »

Le Granada s’inscrit dans la grande vague des movie palaces des années 1920. À l’extérieur, Doucet conçoit une façade monumentale de style Beaux-Arts : composition symétrique, ordres verticaux marqués, corniche et marquise qui affirment la présence de l’édifice sur la rue Sainte-Catherine Est. L’intérieur est confié au célèbre décorateur Emmanuel Briffa, qui signe également à Montréal les décors du Rialto, du Snowdon, du Seville et de nombreux autres cinémas. Le Granada devient ainsi l’un de ses projets phares.

Les descriptions publiées dans le Montreal Star en mars 1930 dépeignent un immense auditorium rectangulaire coiffé d’un plafond de « ciel nocturne », typique des atmospheric theatres. Les murs sont revêtus de grands panneaux texturés encadrés de baguettes décoratives, le proscenium est décrit comme « remarquablement noble », et l’arc de scène s’ouvre sur une vaste scène équipée d’une galerie de cintres. Des loges latérales encadrent l’arrière de la salle, tandis qu’une galerie unique se déploie au-dessus des derniers rangs. La cabine de projection est dissimulée dans un corps central décoré de bacs à fleurs et d’auvents, renforçant l’illusion architecturale.

Le bloc d’entrée comprend un lobby extérieur sur la rue Sainte-Catherine, puis un grand hall intérieur courant sur toute la largeur du bâtiment, rythmé de pilastres de marbre et de panneaux décoratifs. On y trouve des salons et un fumoir pour messieurs, le tout luxueusement aménagé. Sous la scène, des loges d’artistes et un vaste fossé d’orchestre pouvant accueillir environ 25 musiciens témoignent du double rôle de la salle, pensée autant pour le spectacle vivant que pour le cinéma parlant. L’ensemble de la structure est réalisé en béton armé et acier, avec des murs épaissis et une attention particulière à la sécurité incendie, dans un contexte encore marqué par la tragédie du Laurier Palace (1927).

Dès les années 1930, certains critiques considèrent le Granada comme le plus beau théâtre de Montréal au sein du réseau United ; un article du Montreal Gazette en 1973, revenant sur l’âge d’or des grandes salles, place encore le Granada parmi les réalisations les plus abouties de Briffa et des movie palaces montréalais.

4. Cinéma de quartier majeur de l’Est (1930-1976)

Durant plus de quatre décennies, le Granada fonctionne comme cinéma de quartier haut de gamme au service d’une population de plus de 100 000 personnes dans l’Est de Montréal. United Amusement adopte une politique de double programme, d’abord principalement en anglais : on y présente les grandes productions hollywoodiennes, des actualités filmées et, à l’occasion, des spectacles sur scène. Au fil du temps, la programmation se francise progressivement, et les sources indiquent que le cinéma passe surtout aux versions françaises au début des années 1960.

Comme beaucoup de grandes salles montréalaises, le Granada subit à partir des années 1950-1960 la concurrence des téléviseurs, des cinémas de centres commerciaux et des salles multiplexes. Bien qu’il demeure un repère architectural dans Hochelaga-Maisonneuve, la fréquentation décline, les coûts d’entretien d’un édifice aussi vaste augmentent, et le modèle économique des grands movie palaces mono-salle devient de plus en plus fragile. Le Granada ferme finalement ses portes comme cinéma en 1976, au moment même où de nombreuses autres salles de la chaîne United disparaissent ou sont démolies.

5. Conversion en Théâtre Denise-Pelletier (1976-années 1980)

En 1976, l’édifice est acquis par la Nouvelle Compagnie théâtrale (NCT), fondée le 29 février 1964 par les comédiens Gilles Pelletier, Françoise Graton et Georges Groulx. Cette date correspond à une représentation historique d’Iphigénie de Racine présentée pour la première fois au Québec devant un public exclusivement étudiant, événement considéré comme l’acte de naissance de la NCT et du théâtre scolaire professionnel au Québec. Dès ses débuts, la compagnie se donne pour mission de présenter aux élèves les chefs-d’œuvre de la dramaturgie universelle.

Dès 1966, la NCT lance la série des Cahiers, outils pédagogiques destinés aux enseignant·e·s et aux classes, dont le premier numéro compte sept pages ; la collection atteindra plus de cent numéros au début des années 2010. En 1971, la compagnie met sur pied les Ateliers de la NCT, un laboratoire où de jeunes auteurs travaillent leurs textes avec des acteur·rice·s ; ces ateliers préfigurent la future salle Fred-Barry comme espace d’essai permanent.

Lorsqu’elle devient propriétaire du Granada en 1976, la NCT choisit de conserver et de transformer le cinéma pour en faire une grande salle de théâtre plutôt que de le démolir. Sous la direction de l’architecte Jean-Guy Brodeur et du scénographe Claude Fortin, l’intérieur est profondément remanié : le balcon est supprimé, la pente de la salle est refaite, la scène est considérablement agrandie et la capacité réduite à environ 850 places afin d’améliorer la visibilité et le confort.

Le théâtre rénové est inauguré le 14 octobre 1977 sous le nom de Théâtre Denise-Pelletier, en hommage à la comédienne Denise Pelletier (1923-1976), figure marquante du théâtre québécois et collaboratrice de la première heure de la NCT. En 1978, une petite salle d’essai attenante est ouverte : la salle Fred-Barry, nommée en l’honneur de Fred Barry, offre environ 120-130 places dans un espace flexible dédié à la création, aux laboratoires et aux projets de jeunes compagnies.

Au fil du temps, la compagnie adopte officiellement le nom de son lieu d’attache : en 1997, la Nouvelle Compagnie théâtrale devient officiellement le Théâtre Denise-Pelletier (TDP), scellant l’association entre la compagnie et l’ancienne salle Granada. À partir de cette période, le bâtiment cesse d’être identifié dans la presse comme « Granada » pour devenir progressivement, dans l’imaginaire collectif, le Théâtre Denise-Pelletier.

6. Rénovations récentes & reconnaissance patrimoniale

Entre 2008 et 2010, le Théâtre Denise-Pelletier fait l’objet d’une importante campagne de rénovation sous la direction de la firme d’architectes Saia Barbarese Topouzanov. Les travaux, évalués à environ 11 millions de dollars, portent notamment sur l’agrandissement de la scène, la reconstruction de la pente de la salle, la mise à niveau des passerelles, des équipements électriques et du système de cintres, qui retrouve alors un fonctionnement par contrepoids inspiré des dispositifs d’antan. Le foyer d’origine et le hall d’entrée font l’objet d’une restauration soignée, de même que la façade, où une nouvelle marquise est installée.

Ces interventions s’inscrivent dans un mouvement plus large de réhabilitation des anciens cinémas montréalais. Le Granada / Théâtre Denise-Pelletier fait partie des immeubles mis en valeur par les programmes municipaux de protection du patrimoine architectural ; la Ville de Montréal souligne notamment la qualité de la restauration de sa façade et le maintien de sa vocation culturelle. Aujourd’hui, l’édifice est cité comme exemple de reconversion réussie d’un grand cinéma de quartier en lieu de théâtre vivant, contribuant de façon centrale à la vie culturelle d’Hochelaga-Maisonneuve.

Si l’intérieur actuel ne correspond plus exactement à l’aménagement imaginé par Briffa en 1930, plusieurs éléments architecturaux — volumétrie générale, hall d’entrée, façade, certains détails décoratifs — témoignent encore de l’époque du movie palace. À travers ses différentes transformations, le bâtiment conserve ainsi une double mémoire : celle d’un cinéma atmosphérique de l’entre-deux-guerres et celle d’un théâtre de création contemporain.

En 2011, le TDP et la firme Saia Barbarese Topouzanov reçoivent le 1er prix du jury de l’Ordre des architectes du Québec (catégorie Conservation et restauration), récompensant la capacité du projet à conserver le cachet Beaux-Arts d’origine tout en y intégrant des interventions contemporaines.

7. Chronologie rapide

  • 1928-1929 — Construction du cinéma Granada pour United Amusement, sur plans d’Emmanuel Arthur Doucet et décor d’Emmanuel Briffa.
  • 28 mars 1930 — Grande ouverture du Granada : programme de variétés (Bill Munro & Frolics Cabaret Orchestra, Larry Vincent, etc.) et film Sunny Side Up.
  • Années 1930-1950 — Fonctionnement comme grand cinéma de quartier de l’Est, réputé pour son décor atmospheric et ses doubles programmes.
  • 29 février 1964 — Fondation de la Nouvelle Compagnie théâtrale (NCT) par Gilles Pelletier, Françoise Graton et Georges Groulx à l’occasion d’une représentation d’Iphigénie de Racine devant un public exclusivement étudiant.
  • 1966 — Publication du premier Cahier de la NCT, livret pédagogique d’accompagnement aux spectacles (sept pages).
  • 1971 — Création des Ateliers de la NCT, laboratoire d’écriture et de jeu qui préfigure la future salle Fred-Barry.
  • Début des années 1960-1970 — Programmation de plus en plus francophone au Granada ; poursuite de l’exploitation sous la bannière United.
  • 1976 — Fermeture du Granada comme cinéma ; acquisition du bâtiment par la Nouvelle Compagnie théâtrale.
  • 1976-1977 — Travaux de transformation : agrandissement de la scène, suppression du balcon, reconfiguration de la salle à env. 850 places.
  • 14 octobre 1977 — Inauguration du Théâtre Denise-Pelletier.
  • 1978 — Ouverture de la salle Fred-Barry (environ 120-130 places) comme studio d’essai permanent consacré à la découverte et à la création.
  • 1997 — La NCT adopte officiellement le nom de Théâtre Denise-Pelletier ; la compagnie et le lieu portent désormais la même appellation.
  • 2008-2010 — Rénovation majeure du bâtiment (scène, salle, foyer, façade, marquise) sous la direction de Saia Barbarese Topouzanov.
  • 2011 — Prix de l’Ordre des architectes du Québec pour les travaux de conservation et de restauration du TDP.
  • Depuis 2010 — Poursuite des activités du Théâtre Denise-Pelletier ; le bâtiment est reconnu comme un témoin important de l’histoire des cinémas et du théâtre à Montréal, accueillant chaque année quelque 50 000 étudiant·e·s.

8. Défis contemporains : financement, entretien et mission sociale

Au début des années 2020, le Théâtre Denise-Pelletier traverse une période financièrement délicate qui met en lumière la fragilité structurelle des institutions artistiques logées dans des bâtiments patrimoniaux. Après avoir affiché des surplus de l’ordre de quelques centaines de milliers de dollars en 2022, le TDP se retrouve rapidement en déficit : environ -325 000 $ en 2023 puis -360 000 $ en 2024, selon les données publiques compilées par le quotidien Le Devoir. La direction parle d’un « écart mathématique » qui se creuse d’année en année, signe que le modèle de financement actuel ne suffit plus à absorber l’ensemble des charges.

Cette bascule s’explique notamment par les effets différés de la pandémie. Pendant l’arrêt des activités scéniques, les subventions de fonctionnement ont été maintenues, ce qui a créé un coussin de surplus cumulés. Or, ces réserves sont désormais épuisées, alors même que l’inflation, la hausse de tous les postes de dépense (assurances, énergie, matériaux, salaires) et les coûts d’entretien d’un immeuble de près de cent ans se sont nettement accentués. La direction du TDP souligne qu’aucune augmentation de l’aide au fonctionnement du CALQ n’est intervenue depuis 2017, accentuant l’écart entre les revenus récurrents et les charges incompressibles.

Une part importante de la pression financière provient du statut même de l’édifice : environ 23 % du budget annuel est consacrée aux frais liés au bâtiment (entretien, mises aux normes, assurances, réparations d’urgence). En 2023-2024, par exemple, la façade extérieure menaçant de s’effriter a dû être consolidée en urgence pour environ 175 000 $. À l’intérieur, la salle Fred-Barry présente un plancher dont le dénivelé peut atteindre 7,6 cm, ce qui pose des enjeux de sécurité pour l’utilisation de la nacelle d’éclairage ; la direction évoque aussi des équipements désuets, des risques d’infiltration et des contraintes liées à la nappe phréatique, qui complexifient les solutions techniques. Autant d’interventions nécessaires qui viennent rogner sur les budgets consacrés à la création.

Parallèlement, le TDP doit composer avec un retour incomplet du public scolaire. Avant la COVID-19, les élèves représentaient environ 66 % de la fréquentation annuelle ; ils ne comptent plus que pour 55 % des spectateurs, ce qui traduit la perte de certaines habitudes de sorties parascolaires et l’arrivée d’une nouvelle génération d’enseignant·e·s avec qui il faut rebâtir des liens. La politique tarifaire, qui maintient le billet étudiant à 25 $, demeure centrale à la mission sociale de la maison, mais implique qu’« même quand un spectacle joue complet », il est rare que les seuls revenus de billetterie couvrent intégralement les coûts de production.

La direction plaide donc pour une distinction claire entre le financement du lieu et celui de la mission artistique. En l’état, le TDP est évalué par ses pairs « au plan artistique », sans enveloppe dédiée à la gestion d’un cinéma historique transformé en théâtre dont l’entretien relève presque d’une logique de conservation patrimoniale. L’idée d’un double financement — l’un pour l’édifice, l’autre pour la programmation et la médiation — est avancée comme une piste de solution. Si la philanthropie et le financement privé ont connu une légère progression (autour de 6 % du budget), la direction rappelle qu’ils ne peuvent constituer une réponse complète aux défis actuels et réaffirme sa confiance dans le rôle structurant de l’État pour assurer la pérennité d’un équipement culturel qui demeure, à la fois, un lieu de mémoire cinématographique et un acteur essentiel de la formation des spectateurs de demain.

9. Notes & sources

  1. Théâtre Denise-Pelletier – fiches institutionnelles : site officiel du Théâtre Denise-Pelletier (rubriques « À propos », historique et mission) ; fiches de l’Encyclopédie canadienne et de bases de données culturelles québécoises (description des salles actuelles, mission auprès des étudiant·e·s, dates de transformation et d’inauguration).
  2. Chronologies spécialisées : entrée « Théâtre Granada » dans la chronologie de Montréal (UQAM) et notices historiques en ligne (date d’ouverture du 28 mars 1930, acquisition par la NCT, renommage en Théâtre Denise-Pelletier en 1977).
  3. Fiches architecturales : dictionnaire biographique de l’architecte Emmanuel Arthur Doucet (mention du projet Granada Theatre, 1928-1929) ; fiches patrimoniales de la Ville de Montréal pour le 4353-55, rue Sainte-Catherine Est, incluant les mentions d’Opération patrimoine architectural.
  4. Décorateur Emmanuel Briffa : notices de Parcs Canada et de diverses encyclopédies (répertoire de ses cinémas, rôle dans la décoration du Granada, importance de son œuvre au Canada).
  5. Descriptifs du cinéma Granada (période cinéma) : fiche Cinema Treasures « Granada / Théâtre Denise-Pelletier » (ouverture le 28 mars 1930 avec Sunny Side Up, exploitation par United Amusement, fermeture en 1976, description sommaire de la salle atmospheric et de la politique de doubles programmes).
  6. Explorations patrimoniales grand public : articles de vulgarisation sur l’histoire des cinémas de Montréal et sur le Théâtre Denise-Pelletier (style Beaux-Arts, capacité de 1 685 places, attribution de l’intérieur à Briffa, mention du caractère « plus beau théâtre de Montréal » selon des témoignages d’époque).
  7. Documents de la NCT / Théâtre Denise-Pelletier : textes institutionnels sur l’acquisition du Granada en 1976, la transformation architecturale menée par Jean-Guy Brodeur et Claude Fortin, l’inauguration de la salle Denise-Pelletier (1977) et de la salle Fred-Barry (1978), ainsi que la description des travaux de rénovation de 2008-2010.
  8. Publicités de lancement – La Presse (26, 28 et 29 mars 1930) : annonces en français détaillant la localisation (« rue Sainte-Catherine Est, près/à l’angle du boulevard Morgan »), la capacité de 2 000 sièges, la ventilation, le système sonore Northern Electric et la liste complète des artistes du programme d’ouverture (Bill Munro, Larry Vincent, De Rosa et Sorria, etc.), ainsi que la pleine page présentant l’ensemble du réseau des « United Theatres ».
  9. Articles du Montreal Daily Star et du Montreal Star (27 et 28 mars 1930) : textes en anglais décrivant le Granada comme le plus vaste théâtre de la chaîne United, détaillant le plan de la salle (auditorium rectangulaire, ciel nocturne, galerie unique, loges latérales), le coût de 500 000 $, la capacité « de plus de 2 000 places », le hall de marbre, la fosse d’orchestre pour 25 musiciens, la structure en béton et acier et le rôle d’Emmanuel Briffa comme concepteur du décor intérieur.
  10. Article du Saturday Gazette (13 octobre 1973) – « The reign of the “queens” draws to a close » : retour nostalgique sur l’ère des grands cinémas montréalais, où le Granada est cité comme l’une des plus belles réalisations de United et de Briffa, au même rang que le Palace, le Capitol, le Rialto ou le Seville.
  11. Textes de vulgarisation patrimoniale sur les cinémas montréalais : billets de blogue et chroniques d’histoire urbaine mentionnant le Granada comme exemple de réhabilitation réussie d’un ancien cinéma en théâtre (notamment dans le contexte d’Hochelaga-Maisonneuve).
  12. Rénovations 2008-2010 : communiqués, articles de presse et documents de la firme Saia Barbarese Topouzanov décrivant l’agrandissement de la scène, la reprise de la pente de salle, la restauration du foyer et de la façade, l’installation d’une nouvelle marquise et la mise à niveau des systèmes électriques et de cintres.
  13. Notices encyclopédiques et bases de données culturelles : résumés historiques du Théâtre Denise-Pelletier/Granada dans diverses encyclopédies en ligne et bases de données patrimoniales, confirmant les dates clés (1928-1930 : construction et ouverture, 1976-1978 : transformation en théâtre, années 2000 : rénovation) et les chiffres de capacité.
  14. Archives MCPA – Montréal Concert Poster Archive : textes de synthèse, affiches et coupures de presse réunis sur le site MCPA concernant l’ouverture du Granada, ses programmes de cinéma, puis la transition vers le Théâtre Denise-Pelletier, utilisés ici comme fil conducteur et pour la sélection d’illustrations.
  15. Page « À propos » du Théâtre Denise-Pelletier : historique détaillé de la NCT/TDP (fondation en 1964, création des Cahiers et des Ateliers, acquisition du Granada, changement de nom en 1997), données chiffrées (5 millions de spectateurs, 50 000 étudiant·e·s par an, 250 collaborateur·rice·s, 111 Cahiers, 2 379 interprètes), description de la mission (« donner naissance aux spectateurs de demain ») et présentation des différents secteurs d’activité de la maison.
  16. Photo du Théâtre Granada : BAnQ, Fonds La Presse, https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/4522738
  17. Défis financiers récents : Catherine Lalonde, « En déficit, le Théâtre Denise-Pelletier ne voit “pas d’issue” », Le Devoir, texte publié et mis à jour le 5 mai (données budgétaires 2022-2024, part des dépenses consacrée au bâtiment, état de la façade et du plancher de la salle Fred-Barry, évolution de la fréquentation scolaire, citations de la directrice générale Stéphanie Laurin sur le financement public, la philanthropie et la mission sociale du TDP).
2026
LE SCRIPTARIUM
LE SCRIPTARIUM

Source: Théâtre Denise-Pelletier

DRACULA
DRACULA

Source: Théâtre Denise-Pelletier

LES VULNÉRABLES
LES VULNÉRABLES

Source: Théâtre Denise-Pelletier

CARMEN, REQUIEM
CARMEN, REQUIEM

Source: Théâtre Denise-Pelletier

AGAMEMNON IN THE RING
AGAMEMNON IN THE RING

Source: Théâtre Denise-Pelletier

MERCI D’ÊTRE VENUS
MERCI D’ÊTRE VENUS

Source: Théâtre Denise-Pelletier

2025
IPHIGÉNIE
IPHIGÉNIE

Source: Théâtre Denise-Pelletier

CANDIDE
CANDIDE

Source: Théâtre Denise-Pelletier

MALAISE DANS LA CIVILISATION
MALAISE DANS LA CIVILISATION

Source: Théâtre Denise-Pelletier

LE ROI LEAR
LE ROI LEAR

Source: Théâtre Denise-Pelletier

RHINOCÉROS
RHINOCÉROS

Source: Théâtre Denise-Pelletier

FAON
FAON

Source: Théâtre Denise-Pelletier

ORGUEIL ET PRÉJUGÉS
ORGUEIL ET PRÉJUGÉS

Source: Théâtre Denise-Pelletier

LE PRINCE
LE PRINCE

Source: Théâtre Denise-Pelletier

MONSTRES
MONSTRES

Source: Théâtre Denise-Pelletier

2024
MICHELIN
MICHELIN

Source: Théâtre Denise-Pelletier

1930
OUVERTURE DU THÉÂTRE GRANADA
OUVERTURE DU THÉÂTRE GRANADA

Inauguré le 28 mars 1930, le Théâtre Granada de Montréal était un cinéma situé au 4353 rue Sainte-Catherine Est. Il a été conçu par l’architecte Emmanuel Arthur Doucet et décoré par Emmanuel Briffa dans un style atmosphérique, créant une expérience immersive pour les spectateurs. Plus tard, il a été renommé Théâtre Denise-Pelletier et demeure aujourd’hui un important lieu de diffusion culturelle à Montréal.

 

Image: The Montreal Daily Star, 27 mars 1930

Théâtre Granada / Théâtre Denise-Pelletier (Montreal)

A vast neighbourhood cinema inaugurated in 1930 in the heart of Hochelaga-Maisonneuve, the Théâtre Granada, designed by architect Emmanuel Arthur Doucet and decorated by Emmanuel Briffa, was one of Montreal’s largest and most sumptuous movie palaces. Converted in the 1970s into the Théâtre Denise-Pelletier, it remains today an important performing arts venue devoted to theatre and cultural outreach with student audiences.

1. Overview & current status

Today, the Théâtre Denise-Pelletier is a major theatre venue in Montreal, housing both a producing company and a cultural facility. Installed in the former Granada cinema, it stands on rue Sainte-Catherine Est, at the corner of avenue Morgan, in the heart of the Hochelaga-Maisonneuve district. The theatre’s current mission is strongly oriented toward theatre for student audiences: each season, it presents works primarily aimed at school audiences, while remaining open to the general public and hosting guest companies.

The complex now includes two halls: the Salle Denise-Pelletier, a large Italian-style hall of around 800 seats, created by transforming the Granada’s original auditorium, and the Salle Fred-Barry, a modular black-box of about one hundred seats, inaugurated in 1978 and dedicated in particular to experimentation, emerging creation and more exploratory forms.

In terms of its mission, TDP presents itself as a “place of theatrical discovery” whose central objective is to “give birth to the spectators of tomorrow” by inviting teenagers to discover the great plays of yesterday and today, from here and elsewhere. The institution emphasizes the powerful impact of these encounters between artists and audiences, conceived as theatrical experiences whose memory should remain unforgettable.

Figures released by TDP illustrate the scale of this mission: since 1964, more than 5 million spectators of all kinds have come through its doors and attended some 10,000 performances of around 500 productions. Each year, some 50,000 students from roughly 250 schools take part in one of the theatre’s performances, workshops or talks, while more than 250 collaborators (designers, performers, technicians, administrative staff) help bring a dozen or so shows per season to life. Since the company’s creation, it has published more than 111 issues of the Cahiers du TDP and hosted over 2,300 performers on its various stages.

2. Construction & opening of the Granada cinema (1928–1930)

The Granada cinema was designed in the late 1920s by Montreal architect Emmanuel Arthur Doucet for the United Amusement Corporation, a subsidiary of the United Theatres chain associated with Famous Players. Work began around 1928–1929, at a time of rapid expansion of talking pictures and the proliferation of neighbourhood cinemas in Montreal. The building occupies a large lot on rue Sainte-Catherine Est, near parc Morgan and the commercial arteries of Hochelaga-Maisonneuve; advertisements of the time stress that the site covers more ground than any other theatre in the country.

Several announcements in La Presse and the Montreal Daily Star in March 1930 detail the imminent opening of the “new Granada Theatre” for the residents of the city’s East End. They explain that the hall, presented as the 20th United theatre in Montreal, is equipped with the latest Northern Electric sound system, features a ventilation system that completely renews the air in the auditorium every 60 seconds and offers a stated capacity of “2,000 seats” — a figure that would vary slightly in subsequent sources. Articles in the Montreal Star put the construction cost at around $500,000, a colossal sum for the era, and underline that all seats are on one level, with a raised rear gallery.

The grand opening takes place on Friday 28 March 1930 at 8:15 p.m.. The programme combines live performance and film: on stage, Bill Munro and his Frolics Cabaret Orchestra, accompanied by some twenty artists including master of ceremonies Larry Vincent, cabaret acts (De Rosa and Sorria, Jean Winslow, Adele Walker, Suzan Alain, the 12 dancers of Dora Marshall, etc.), then, onscreen, the musical comedy Sunny Side Up starring Janet Gaynor and Charles Farrell. United Amusement executives Ernest A. Cousins and Isidore Crépeau speak during this inaugural evening, promoted as the most ambitious opening event ever organized by the chain for a new house.

3. Architecture, décor & the “atmospheric” experience

The Granada belongs to the great wave of movie palaces of the 1920s. On the outside, Doucet designs a monumental Beaux-Arts façade: symmetrical composition, strong vertical orders, cornice and marquee asserting the building’s presence on rue Sainte-Catherine Est. The interior is entrusted to celebrated decorator Emmanuel Briffa, who also designed the interiors of Montreal’s Rialto, Snowdon, Seville and numerous other cinemas. The Granada thus becomes one of his landmark projects.

Descriptions published in the Montreal Star in March 1930 depict an immense rectangular auditorium topped by a “night sky” ceiling, typical of atmospheric theatres. The walls are clad in large textured panels framed by mouldings; the proscenium is described as “remarkably noble”, and the stage opening reveals a vast stage equipped with a fly gallery. Box seats frame the rear of the hall, while a single gallery rises above the last rows. The projection booth is concealed in a central “building front” decorated with flower boxes and awnings, enhancing the architectural illusion.

The entrance block consists of an outdoor lobby on rue Sainte-Catherine, followed by a large inner hall spanning the full width of the building, articulated by marble pilasters and decorative panels. There are lounges and a gentlemen’s smoking room, all luxuriously fitted out. Under the stage, dressing rooms and a large orchestra pit capable of accommodating about 25 musicians testify to the dual role of the hall, designed as much for live performance as for talking pictures. The structure is built in reinforced concrete and steel, with thickened walls and a particular focus on fire safety in a context still marked by the Laurier Palace tragedy (1927).

From the 1930s on, some critics regard the Granada as the most beautiful theatre in Montreal within the United network; a Montreal Gazette article in 1973, looking back on the golden age of the great houses, still ranks the Granada among the most accomplished achievements of Briffa and the city’s movie palaces.

4. Major East-End neighbourhood cinema (1930–1976)

For more than four decades, the Granada operated as an upscale neighbourhood cinema serving a population of over 100,000 people in Montreal’s East End. United Amusement adopted a double-feature policy, initially mainly in English: the theatre showed major Hollywood productions, newsreels and, at times, live performances. Over time, the programme became progressively more French-language, and sources indicate that by the early 1960s the cinema was showing mostly French versions.

Like many of Montreal’s large houses, the Granada was hit in the 1950s–1960s by competition from television, mall cinemas and multiplex venues. Although it remained a landmark in Hochelaga-Maisonneuve, attendance declined, the maintenance costs of such a large building rose, and the economic model of single-screen movie palaces became increasingly fragile. The Granada finally closed its doors as a cinema in 1976, at the very moment when many other United houses were closing or being demolished.

5. Conversion into Théâtre Denise-Pelletier (1976–1980s)

In 1976, the building was acquired by the Nouvelle Compagnie théâtrale (NCT), founded on 29 February 1964 by actors Gilles Pelletier, Françoise Graton and Georges Groulx. That date corresponds to a historic performance of Racine’s Iphigénie, presented for the first time in Quebec to an audience composed exclusively of students, an event widely considered the birth of the NCT and of professional school theatre in the province. From the outset, the company’s mission was to present students with the masterpieces of world drama.

As early as 1966, the NCT launched its series of Cahiers, educational booklets for teachers and classes, with the first issue comprising seven pages; the collection would pass the hundred-issue mark by the early 2010s. In 1971, the company set up the Ateliers de la NCT, a laboratory where young authors worked on their texts with actors; these workshops foreshadowed the future Fred-Barry studio as a permanent experimental space.

When it became the Granada’s owner in 1976, the NCT opted to preserve and transform the cinema into a large theatre rather than demolish it. Under architect Jean-Guy Brodeur and set designer Claude Fortin, the interior was extensively reworked: the balcony was removed, the rake of the auditorium was rebuilt, the stage was significantly enlarged and the capacity reduced to around 850 seats in order to improve sightlines and comfort.

The renovated theatre was inaugurated on 14 October 1977 under the name Théâtre Denise-Pelletier, in honour of actress Denise Pelletier (1923–1976), a major figure in Quebec theatre and an early collaborator of the NCT. In 1978, a small adjacent studio space opened: the Salle Fred-Barry, named after Fred Barry, offers around 120–130 seats in a flexible environment dedicated to creation, workshops and projects by young companies.

Over time, the company formally adopted the name of its home base: in 1997, the Nouvelle Compagnie théâtrale officially became the Théâtre Denise-Pelletier (TDP), sealing the link between the company and the former Granada. From that point on, the building ceased to be identified in the press as “Granada” and gradually became, in the public imagination, the Théâtre Denise-Pelletier.

6. Recent renovations & heritage recognition

Between 2008 and 2010, the Théâtre Denise-Pelletier underwent a major renovation campaign led by architecture firm Saia Barbarese Topouzanov. The works, evaluated at roughly $11 million, focused in particular on enlarging the stage, rebuilding the rake of the auditorium, upgrading catwalks, electrical systems and the fly system, which once again operates with counterweights inspired by earlier stage machinery. The original foyer and entrance hall were carefully restored, as was the façade, where a new marquee was installed.

These interventions are part of a broader movement to rehabilitate Montreal’s former cinemas. The Granada / Théâtre Denise-Pelletier is among the buildings highlighted in municipal programmes for the preservation of architectural heritage; the City of Montreal has particularly praised the quality of the façade restoration and the preservation of the site’s cultural function. Today, the building is often cited as a successful example of converting a large neighbourhood cinema into a live theatre venue, playing a central role in the cultural life of Hochelaga-Maisonneuve.

Although the current interior no longer exactly matches the layout imagined by Briffa in 1930, several architectural elements — overall volume, entrance hall, façade, certain decorative details — still bear witness to the movie palace era. Through its successive transformations, the building thus retains a dual memory: that of an interwar atmospheric cinema and that of a contemporary creation theatre.

In 2011, TDP and the firm Saia Barbarese Topouzanov received the 1st Jury Prize from the Ordre des architectes du Québec (Conservation and Restoration category), recognizing the project’s success in preserving the original Beaux-Arts character while integrating contemporary interventions.

7. Brief chronology

  • 1928–1929 — Construction of the Granada cinema for United Amusement, designed by Emmanuel Arthur Doucet with décor by Emmanuel Briffa.
  • 28 March 1930 — Grand opening of the Granada: variety programme (Bill Munro & Frolics Cabaret Orchestra, Larry Vincent, etc.) and film Sunny Side Up.
  • 1930s–1950s — Operates as a major East-End neighbourhood cinema, renowned for its atmospheric décor and double features.
  • 29 February 1964 — Founding of the Nouvelle Compagnie théâtrale (NCT) by Gilles Pelletier, Françoise Graton and Georges Groulx on the occasion of a performance of Racine’s Iphigénie for an audience made up exclusively of students.
  • 1966 — Publication of the first Cahier de la NCT, a pedagogical booklet accompanying the performances (seven pages).
  • 1971 — Creation of the Ateliers de la NCT, a writing and acting laboratory that foreshadows the future Salle Fred-Barry.
  • Early 1960s–1970s — Programming becomes progressively more francophone at the Granada; continued operation under the United banner.
  • 1976 — Closure of the Granada as a cinema; the building is acquired by the Nouvelle Compagnie théâtrale.
  • 1976–1977 — Conversion works: enlarged stage, removal of the balcony, reconfiguration of the auditorium to approx. 850 seats.
  • 14 October 1977 — Inauguration of the Théâtre Denise-Pelletier.
  • 1978 — Opening of the Salle Fred-Barry (approx. 120–130 seats) as a permanent studio space dedicated to discovery and creation.
  • 1997 — The NCT officially adopts the name Théâtre Denise-Pelletier; the company and venue now share the same name.
  • 2008–2010 — Major renovation of the building (stage, auditorium, foyer, façade, marquee) under the direction of Saia Barbarese Topouzanov.
  • 2011 — Ordre des architectes du Québec award for conservation and restoration work at TDP.
  • Since 2010 — Ongoing activities at Théâtre Denise-Pelletier; the building is recognized as an important witness to the history of cinema and theatre in Montreal, welcoming around 50,000 students each year.

8. Contemporary challenges: funding, maintenance and social mission

In the early 2020s, Théâtre Denise-Pelletier entered a financially delicate period that highlights the structural fragility of arts institutions housed in heritage buildings. After posting surpluses in the order of several hundred thousand dollars in 2022, TDP quickly slipped into deficit: about -$325,000 in 2023 and -$360,000 in 2024, according to public data compiled by daily newspaper Le Devoir. Management describes a “mathematical gap” that widens year after year, a sign that the current funding model is no longer sufficient to cover all fixed costs.

This shift is partly explained by the delayed effects of the pandemic. During the shutdown of stage activities, operating grants were maintained, creating a cushion of accumulated surpluses. These reserves are now exhausted, just as inflation, rising costs across all budget lines (insurance, energy, materials, wages) and the expense of maintaining a nearly century-old building have increased sharply. TDP’s management also notes that there has been no increase in operating support from the CALQ since 2017, deepening the gap between recurring revenues and unavoidable expenses.

A sizeable share of the financial pressure stems from the building itself: around 23 % of the annual budget is devoted to facility-related costs (maintenance, code compliance, insurance, emergency repairs). In 2023–2024, for example, the exterior façade, which was in danger of crumbling, had to be stabilized urgently at a cost of roughly $175,000. Inside, the Salle Fred-Barry features a floor whose slope can reach 7.6 cm, raising safety concerns when using the lighting lift; management also mentions obsolete equipment, risks of water infiltration and constraints linked to the underground water table, all of which complicate technical solutions. These necessary interventions inevitably eat into the budgets earmarked for creation.

At the same time, TDP must deal with an incomplete return of school audiences. Before COVID-19, students accounted for approximately 66 % of annual attendance; they now represent only 55 % of spectators, reflecting the erosion of field-trip habits and the arrival of a new generation of teachers with whom the theatre must rebuild ties. The pricing policy, which keeps the student ticket at $25, remains central to the institution’s social mission, but it also means that “even when a show is sold out”, it is rare that box-office revenues alone fully cover production costs.

Management therefore advocates for a clear distinction between funding for the building and funding for the artistic mission. At present, TDP is evaluated by peers “on artistic grounds”, without any dedicated envelope for operating a historic cinema converted into a theatre whose upkeep is closer to heritage conservation than to normal venue maintenance. The idea of dual funding — one stream for the building, another for programming and outreach — is proposed as a possible solution. While philanthropy and private funding have grown modestly (to around 6 % of the budget), management emphasizes that they cannot be a complete answer to the current challenges and reaffirms its belief in the structuring role of the State in ensuring the long-term viability of a cultural facility that remains both a site of cinematic memory and a key player in forming the spectators of tomorrow.

9. Notes & sources

  1. Théâtre Denise-Pelletier – institutional notes: official Théâtre Denise-Pelletier website (“About”, history and mission sections); entries in The Canadian Encyclopedia and Quebec cultural databases (description of current halls, mission toward students, dates of conversion and reopening).
  2. Specialist chronologies: “Théâtre Granada” entry in the Montreal Chronology (UQAM) and online historical notes (opening date of 28 March 1930, acquisition by the NCT, renaming as Théâtre Denise-Pelletier in 1977).
  3. Architectural records: biographical dictionary entry for architect Emmanuel Arthur Doucet (mention of the Granada Theatre project, 1928–1929); City of Montreal heritage records for 4353–55, rue Sainte-Catherine Est, including references to Opération patrimoine architectural.
  4. Decorator Emmanuel Briffa: Parks Canada notes and various encyclopedias (list of his cinemas, role in decorating the Granada, importance of his work in Canada).
  5. Descriptions of the Granada cinema (cinema era): Cinema Treasures entry “Granada / Théâtre Denise-Pelletier” (opening on 28 March 1930 with Sunny Side Up, operation by United Amusement, closure in 1976, brief description of the atmospheric auditorium and double-feature policy).
  6. Popular heritage writing: articles on the history of Montreal cinemas and Théâtre Denise-Pelletier (Beaux-Arts style, 1,685-seat capacity, attribution of the interior to Briffa, mentions of it as “Montreal’s most beautiful theatre” in period testimony).
  7. NCT / Théâtre Denise-Pelletier documents: institutional texts on the acquisition of the Granada in 1976, the architectural conversion by Jean-Guy Brodeur and Claude Fortin, the opening of the Salle Denise-Pelletier (1977) and Salle Fred-Barry (1978), as well as descriptions of the 2008–2010 renovation works.
  8. Opening ads – La Presse (26, 28 and 29 March 1930): French-language advertisements detailing the location (“rue Sainte-Catherine Est, near/at the corner of boulevard Morgan”), 2,000-seat capacity, ventilation, Northern Electric sound system and complete list of opening-night performers (Bill Munro, Larry Vincent, De Rosa and Sorria, etc.), plus a full-page display of the “United Theatres” network.
  9. Montreal Daily Star and Montreal Star articles (27 and 28 March 1930): English-language texts describing the Granada as United’s largest Montreal theatre, detailing the layout (rectangular auditorium, night-sky ceiling, single gallery, box seats), $500,000 construction cost, “over 2,000 seats” capacity, marble hall, 25-musician orchestra pit, reinforced concrete and steel structure and Emmanuel Briffa’s role as interior designer.
  10. Saturday Gazette article (13 October 1973) – “The reign of the ‘queens’ draws to a close”: nostalgic look back at the era of Montreal’s great cinemas, citing the Granada as one of the finest achievements of United and Briffa, alongside the Palace, Capitol, Rialto and Seville.
  11. Heritage popularization on Montreal cinemas: blog posts and urban history columns citing the Granada as an example of a successfully rehabilitated cinema-turned-theatre (particularly in the Hochelaga-Maisonneuve context).
  12. 2008–2010 renovations: press releases, media articles and documents from Saia Barbarese Topouzanov describing the stage enlargement, rebuild of the auditorium rake, restoration of the foyer and façade, installation of a new marquee and upgrades to electrical and fly systems.
  13. Encyclopedic entries and cultural databases: historical summaries of Théâtre Denise-Pelletier/Granada in various online encyclopedias and heritage databases, confirming key dates (1928–1930: construction and opening; 1976–1978: conversion to theatre; 2000s: renovation) and capacity figures.
  14. MCPA – Montreal Concert Poster Archive: syntheses, posters and press clippings compiled on the MCPA website regarding the Granada’s opening, film programmes and the transition to Théâtre Denise-Pelletier, used here as narrative backbone and for image selection.
  15. Théâtre Denise-Pelletier “About” page: detailed history of NCT/TDP (1964 founding, creation of the Cahiers and Ateliers, acquisition of the Granada, name change in 1997), numerical data (5 million spectators, 50,000 students per year, 250 collaborators, 111 Cahiers, 2,379 performers), description of the mission (“giving birth to the spectators of tomorrow”) and presentation of the theatre’s various activities.
  16. Photo of Théâtre Granada: BAnQ, Fonds La Presse, https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/4522738
  17. Recent financial challenges: Catherine Lalonde, “En déficit, le Théâtre Denise-Pelletier ne voit ‘pas d’issue’”, Le Devoir, article published and updated on 5 May (2022–2024 budget data, share of expenses devoted to the building, condition of the façade and the Fred-Barry hall floor, evolution of school attendance, quotes from executive director Stéphanie Laurin on public funding, philanthropy and TDP’s social mission).

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