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Fiche salle — Centre-Ville — Red Light District

La Casa Loma (Montréal)

Le Café Casa Loma est un ancien cabaret montréalais situé au 94, rue Sainte-Catherine Est, dans le secteur du Red Light. Ouvert le 15 février 1951, il a été l’un des établissements marquants de la vie nocturne montréalaise durant les années 1950 et 1960. Lieu de divertissement, de musique et de spectacles de variétés, il accueille au fil de son histoire des vedettes populaires, des orchestres de jazz, des danseuses de revue et diverses productions scéniques. L’établissement se distingue également par la diversité de ses vocations, passant du cabaret de variétés à une programmation davantage associée au jazz moderne, puis à des formes de divertissement adaptées à l’évolution du nightlife montréalais dans les années 1960. Fermée en 1971, la Casa Loma demeure associée à l’histoire du Red Light montréalais, dont elle reflète à la fois le dynamisme culturel, les transformations commerciales et certaines zones plus troubles liées au milieu de la nuit.

⏱ Temps de lecture : 20 minutes

1. Présentation

Ouverte le 15 février 1951 au 94, rue Sainte-Catherine Est, au cœur du Red Light montréalais, la Casa Loma s’inscrit d’emblée dans la grande tradition des cabarets de la métropole, à une époque où Montréal figure parmi les principales capitales nord-américaines du divertissement nocturne [1] [2]. Dans ce secteur densément occupé par les salles de spectacle, clubs de jazz, restaurants et établissements de variétés, son ouverture ne constitue pas une simple addition au paysage existant, mais l’affirmation d’un projet ambitieux visant à rivaliser avec les grandes scènes du centre-ville.

Annonce — Tito Coral Casa Loma
Une publicité publiée dans Le Canada le 14 février 1951 annonce l’ouverture du Casa Loma Cafe au 94, rue Sainte-Catherine Est dès le lendemain, confirmant ainsi la date d’inauguration de l’établissement à la mi-février 1951 ainsi que son positionnement initial comme café-spectacle [1].

Fondée par Harry Holmok — déjà à la tête du Bellevue Casino — et par son associé Thomas Steppan, exploitant du Café Trinidad situé à l’étage [1] [3], la Casa Loma s’inscrit dans la continuité d’un site déjà solidement ancré dans le paysage du divertissement montréalais. Depuis le début du XXe siècle, cet espace — lié aux activités de la famille Beauvais — a connu plusieurs phases d’exploitation, passant du Café Regal des années 1910, marqué par une surveillance policière soutenue, au Club Palais au début des années 1920, puis au Club Hollywood au début des années 1930, avant de devenir l’American Grill, établissement actif et fréquenté jusque dans les années 1940. L’implantation du Trinidad à l’étage dans l’après-guerre prolonge cette vocation festive et prépare directement le terrain à l’arrivée de la Casa Loma.

Dans ce contexte, la Casa Loma ne constitue pas une rupture, mais plutôt l’aboutissement d’une évolution progressive du lieu. Elle reprend et adapte une formule éprouvée inspirée des grands cabarets internationaux : souper-spectacle, programmation continue, alternance de numéros de variétés, vedettes en tête d’affiche et orchestre maison. Cette organisation permet d’attirer une clientèle diversifiée — touristes, hommes d’affaires, habitués du nightlife — tout en assurant un renouvellement constant de l’offre artistique, consolidant ainsi le site comme un pôle majeur du Red Light montréalais.

Carte Postale — Casa Loma
Photo: Yvon Bellemare et Marcel Houle, 1964, Archives de la Ville de Montréal, VM94,SY,SS1,SSS13,S1-063

Dès ses débuts, la Casa Loma se distingue également par sa conception comme complexe de divertissement à plusieurs niveaux. Le rez-de-chaussée accueille un lounge servant de zone d’accueil et de transition, tandis que la salle principale, située au sous-sol, présente les grandes revues et spectacles. À l’étage supérieur, successivement aménagé en salle de danse, cabaret folklorique puis club de jazz, la programmation s’adapte aux nouvelles tendances musicales et aux mutations du public [94]. Cette organisation verticale, encore relativement rare à Montréal au début des années 1950, confère à l’établissement une souplesse d’exploitation qui contribue directement à sa longévité.

Reproduction — Casa Loma
Reproduction architecturale en noir et blanc de la façade avant de l’immeuble de la Casa Loma, illustrant de manière simplifiée son élévation commerciale, ses ouvertures régulières et son entrée centrale en retrait.

L’ambition artistique du lieu se manifeste dès les premières semaines d’exploitation. Le décor conçu par Jean Hébert, inspiré d’une esthétique sud-américaine, les ballets dirigés par Mme Kamarova et les arrangements de George Komaroff traduisent une volonté explicite d’inscrire le cabaret dans un circuit international du spectacle, capable d’accueillir à la fois des vedettes locales et des artistes étrangers [1] [3]. Cette ambition se double rapidement d’une phase d’expérimentation dans l’organisation des espaces et des formes de spectacle. Dès juin 1951, la salle du Trinidad, située au-dessus du Café Casa Loma, est utilisée pour la présentation de spectacles de type cabaret-théâtre, comme en témoigne une publicité annonçant la pièce Le Baiser dans la nuit [156]. Quelques jours plus tard, un article de La Patrie confirme officiellement la transformation du lieu en cabaret-théâtre français, illustrant les premières tentatives d’adaptation de cette formule à Montréal [155].

Annonce — Le Baiser dans la Nuit
Une publicité publiée dans Le Petit Journal le 17 juin 1951 annonce la présentation du spectacle Le Baiser dans la nuit au Trinidad, au-dessus du Café Casa Loma, confirmant une formule de cabaret-théâtre francophone dans le secteur dès 1951 [156].

Au fil des années 1950 et 1960, la Casa Loma devient ainsi un lieu central de la vie culturelle montréalaise, assumant un double rôle : plateforme de diffusion des vedettes canadiennes-françaises et point d’ancrage des tournées internationales, notamment dans le domaine du jazz. Cette dualité — entre enracinement local et ouverture internationale — constitue l’un des traits distinctifs de l’établissement et explique en grande partie son succès.

Mais cette réussite s’inscrit dans un environnement plus complexe. Implantée au cœur du Red Light, la Casa Loma évolue dans un milieu marqué par les enjeux de moralité publique, les réseaux d’influence et la présence du crime organisé. Comme plusieurs établissements de son époque, elle participe à un écosystème où se croisent artistes, imprésarios, investisseurs et figures plus troubles, révélant les tensions inhérentes à l’âge d’or des cabarets montréalais.

De son inauguration spectaculaire en 1951 à sa fermeture en 1971, la Casa Loma accompagne les grandes transformations de la vie nocturne montréalaise : essor du cabaret, montée des vedettes québécoises, arrivée du jazz moderne, concurrence de la télévision, mutation des goûts du public et déclin progressif du Red Light. Son histoire dépasse ainsi celle d’un simple établissement pour refléter l’évolution d’un système culturel et économique plus vaste — celui du divertissement urbain au milieu du XXe siècle.

Photo — Casa Loma
Reportage photographique de Yves Beauchamp consacré à la Casa Loma, club de nuit de la rue Sainte-Catherine, réalisé le 19 avril 1966 et conservé au Fonds La Presse des Archives nationales à Montréal[29].

2. Historique du site et direction

Reproduction — Casa Loma

Évolution des lieux de divertissement du 92-94 rue Sainte-Catherine Est, Montréal

1913–1915
Café Regal
1917–1920
Palais de Danse
1920
Jardin Oriental
1920–1921
Parisian Garden
1921–1924
Club Palais
1931–1935
Club Hollywood
1936–1939
American Grill
1941–1945
Café Américain
1947–1952
Café Trinidad
1952–1971
Casa Loma
1973–2003
Salle Ozanam
2004–2020
Club 281

Si les grandes revues de la Casa Loma se déploient principalement au sous-sol, situé au 94, rue Sainte-Catherine Est, une autre histoire — plus ancienne et plus continue — se joue à l’étage. Le 2e étage du complexe, correspondant d’abord au 62 puis au 92, rue Sainte-Catherine Est à la suite d’une renumérotation municipale visant à uniformiser les adresses du centre-ville au tournant du XXe siècle, constitue le véritable fil conducteur du divertissement sur ce site. Bien avant l’arrivée du Café Trinidad en 1947, cet espace accueille déjà, dès les années 1910, une succession d’établissements mêlant restauration, musique et danse, amorçant une vocation festive appelée à se développer au fil des décennies.

Article — Regal
Le Café Regal, actif au début des années 1910 au 62, rue Sainte-Catherine Est, est présenté comme un établissement moderne combinant restauration, service raffiné et animation musicale, témoignant des premières formes de sociabilité nocturne sur le site [227].

Les premières traces remontent au Café Regal en 1913, fondé par Jos Gravel, ancien propriétaire du Grand Café Parisien à l’angle des rues Saint-Dominique et Sainte-Catherine, établissement que le chroniqueur Al Palmer considère comme la première véritable boîte de nuit montréalaise [227]. Présenté comme un lieu moderne combinant restauration, service raffiné et animation musicale, le Regal est rapidement confronté aux contraintes réglementaires et aux campagnes de tempérance : sa licence est refusée puis révoquée, avant une tentative de réouverture sous une nouvelle direction [228]. Cette instabilité culmine en 1918, lorsque l’établissement, désormais transformé en Palais de Danse, fait l’objet d’une descente de police interrompant musique et danse devant plusieurs centaines de personnes, confirmant à la fois la popularité du lieu et la surveillance étroite exercée par les autorités [229].

Cette transition du restaurant vers la salle de danse marque un tournant : le 2e étage s’impose progressivement comme un espace dédié au divertissement, malgré un contexte de régulation stricte. Au tournant des années 1920, cette vocation se poursuit avec le Jardin Oriental, le Parisian Garden puis le Club Palais, dont l’activité est confirmée par les annuaires et la presse, dans un environnement marqué par les incendies, les litiges et les interventions policières [190][192][186]. Cette phase témoigne d’une exploitation encore fragile, mais déjà bien ancrée dans la vie nocturne montréalaise.

Annonce — Club Palais
Une publicité annonce la réouverture du Club Palais Inc. au 62, rue Sainte-Catherine Est, confirmant l’exploitation du lieu au début des années 1920 [225].

Le site connaît ensuite une nouvelle phase avec le Club Hollywood, inauguré en 1931 au 92, rue Sainte-Catherine Est. Présenté comme un cabaret moderne inspiré des grands centres nord-américains, il combine orchestre, spectacles et animation, et s’inscrit dans les circuits musicaux de l’époque, notamment avec la présence des Canadian Ambassadors [195]. Cette période est toutefois marquée par des conflits juridiques et un incendie majeur en 1932, qui affecte également les commerces du rez-de-chaussée, dont la Beauvais Hardware Company, illustrant la cohabitation entre activités commerciales et nocturnes au sein du bâtiment [196].

Annonce — Club Hollywood
Une publicité présente le Club Hollywood comme un lieu de souper-danse avec spectacles en direct [213].

Au milieu des années 1930, l’établissement est repris sous l’identité de l’American Grill, confirmant la continuité de l’exploitation du lieu dans le paysage du nightlife montréalais [208]. Cette phase se prolonge au début des années 1940 avec le Café Américain, avant l’arrivée du Café Trinidad en 1947, qui redonne au site une vocation de cabaret-théâtre structuré.

Parallèlement, le rez-de-chaussée demeure longtemps ancré dans une fonction commerciale distincte. Aux côtés des quincailleries Beauvais puis Martin, des commerces spécialisés comme la boutique du modiste Albert Wexler, située au 66, rue Sainte-Catherine Est, témoignent de la vitalité du commerce de détail dans ce secteur au début des années 1920 [230]. Cette coexistence entre activités commerciales et lieux de divertissement contribue à définir l’identité mixte du site.

Carte  — American Grill
Un plan d’assurance-incendie de 1939 localise l’American Grill à l’angle des rues Sainte-Catherine entre Du Berger et De Bullion, confirmant l’occupation du site avant sa transformation au cours des années 1950 [235]. La rue Cadieux (renommée rue De Bullion) jouissait d’une réputation pour le moins singulière. Lorsque l’actrice américaine Mae West entreprend d’écrire, en 1926, une pièce de théâtre mettant en scène le monde de la prostitution, c’est à Montréal — plus précisément dans la rue « Caidoux » — qu’elle choisit d’en situer l’action. Ce choix n’avait rien d’anodin. La rue « Caidoux » faisait en réalité référence à la rue Cadieux, nom que portait alors l’actuelle rue De Bullion, au cœur du Red Light montréalais. La population qui l’habitait ainsi que les passants qui la fréquentaient lui avaient conféré un cachet tout à fait particulier. Après que Mae West eut été arrêtée à Broadway en raison du contenu jugé lubrique de sa pièce, intitulée Sex, la Ville de Montréal décida de rebaptiser la rue « De Bullion » en 1927. Au début du XXe siècle, presque chaque porte de la rue De Bullion abritait un bordel : on en recensait au moins 26 au sud de la rue Sainte-Catherine et au moins autant, sinon davantage, au nord [236].

Cette longue continuité est profondément transformée au début des années 1950. Fondée en 1951 par Harry Holmok, la Casa Loma s’installe d’abord au rez-de-chaussée et au sous-sol du 94, rue Sainte-Catherine Est, dans un espace jusque-là occupé par des commerces. L’année suivante, à la suite de la reprise de l’établissement par Andy Cobetto, une étape décisive est franchie avec l’intégration du 2e étage — alors occupé par le Café Trinidad — au reste du complexe. Cette fusion des niveaux marque la première véritable unification du site en un ensemble cohérent de divertissement, reliant désormais les espaces de spectacle, de danse et de restauration. Déjà façonné par plusieurs décennies d’activités festives, le 2e étage demeure au cœur de cette nouvelle organisation, prolongeant une tradition bien établie de sociabilité nocturne au centre-ville de Montréal.

3. Le début de l'âge d'or

La célébration du premier anniversaire du Café Casa Loma, en février 1952, témoigne du succès rapide de l’établissement et de son positionnement comme cabaret de premier plan au cœur du Red Light montréalais. Un article de Montréal-Matin souligne la qualité des spectacles, la richesse des décors et l’atmosphère de cordialité qui y règne, tout en mettant en lumière le rôle du maître d’hôtel Roland Lachance et du gérant Ralph Cobetto dans cette réussite [182]. Le même jour, une publicité publiée dans La Patrie annonce une grande soirée de gala réunissant plusieurs figures marquantes de la scène québécoise, dont Ti-Zoune, Juliette Béliveau et Willie Lamothe [91]. Ensemble, ces sources illustrent l’ambition du Casa Loma, dès ses premières années, de conjuguer prestige, diversité artistique et attractivité populaire.

Annonce — 1er anniversaire Casa Loma
La célébration du premier anniversaire du Café Casa Loma en février 1952, marquée par une grande soirée de gala réunissant des artistes populaires, confirme son succès rapide et son statut de cabaret de premier plan [182][91].

Derrière l’ouverture du Casa Loma se cache d’abord une structure juridique discrète. Un avis publié dans la Gazette officielle du Québec confirme l’incorporation de Casa Loma Café Inc. le 28 novembre 1951, autorisant l’exploitation d’un établissement de type café, restaurant ou cabaret à Montréal [185]. Pourtant, ni Harry Holmok — figure dominante du Casino Bellevue — ni Andy Cobetto, futur maître d’œuvre du lieu, n’apparaissent dans l’acte constitutif. Comme souvent dans le nightlife montréalais de l’époque, la façade légale repose sur des avocats et des prête-noms, laissant dans l’ombre les véritables opérateurs du projet.

En mai 1952, le Casa Loma passe officiellement aux mains d’un groupe d’exploitants bien identifiés : Andy Cobetto, Henri Forgues et Angelo Bisante, ce dernier déjà actif dans le milieu, notamment comme ancien propriétaire du Casino de Parée et de l’American Spaghetti House [6] [51]. Le 18 mai 1952, La Patrie confirme la transaction, officialisant le passage du Casa Loma d’une structure corporative relativement opaque à une exploitation assumée par des figures clés du réseau des cabarets montréalais [104].

Dans le même mouvement, Thomas Steppan se retire du Trinidad, la salle située à l’étage, révélant une reconfiguration complète du complexe. Ce moment marque un véritable basculement : le Casa Loma cesse d’être un simple projet corporatif pour devenir un instrument intégré du nightlife montréalais, au croisement des intérêts commerciaux, des circuits artistiques et des réseaux d’exploitation qui structurent alors les grandes boîtes de la rue Sainte-Catherine.

Le 20 mars 1953, The Montreal Star rapporte le décès de Thomas Steppan, âgé de 57 ans. Selon l’article, Steppan s’est effondré peu avant 2 h du matin alors qu’il assistait à une violente altercation impliquant plusieurs hommes et son propre fils. Une autopsie conclut à une mort naturelle, causée par une crise cardiaque [93].

4. De façade corporative à machine du nightlife (1951–1953)

Au début des années 1950, sous la direction d’Andy Cobetto et d’Henri Forgues, le Casa Loma adopte une formule artistique structurée qui assurera sa pérennité pendant deux décennies. Dès 1952, l’établissement mise sur un modèle stable combinant quatre numéros par programme — généralement trois variétés (souvent américaines) et une vedette, toujours canadienne-française. Avec ses 560 places, la salle représente un défi important à remplir, d’autant plus qu’à l’époque les artistes québécois sont peu connus et rarement présentés en tête d’affiche.

Annonce — Tune Up Boys
Une publicité annonçant les « spectacles d’adieu » des Tune-Up Boys au Casa Loma Cafe, 94, rue Sainte-Catherine Est, met en vedette Jimmy Kirby, Roland Legault, Marianne et Carlos Miranda, ainsi que Marcel Doré et Tony Romandini, illustrant la programmation de variétés du cabaret au début des années 1950 [154].

Les Tune-Up Boys, qui inaugurent cette nouvelle politique de vedettes canadiennes, connaissent un succès considérable, demeurant à l’affiche pendant 28 semaines consécutives [6]. Cette formule — quatre numéros structurés autour d’une vedette nationale — devient la signature du cabaret.

En 1954, Jen Roger devient maître de cérémonie officiel de la Casa Loma et contribue activement à la mise en valeur des talents locaux. « J'y ai fait monter sur scène toutes les grandes vedettes du Québec. À l'époque, la Casa Loma était perçue comme l'équivalent de la Place des Arts. » [7] [48] [55].

Toujours en 1954, Jean Simon présente ses concours « Les Découvertes de Jean Simon » et « Les Vedettes de Demain » pendant plusieurs années, révélant notamment Jean Lapointe, Michel Louvain, Ginette Reno, Mona Bégin, Lauréanne Lemay, Pierre Sénécal et Claude Vincent [6][123].

Le 10 juin 1956, Le Petit Journal publie une importante publicité annonçant « La plus scintillante revue de Guilda » au Casa Loma, 94, rue Sainte-Catherine Est. L’annonce met en vedette Guilda et sa troupe dans un programme de revue présenté comme « le summum de la fantaisie ».

Annonce — Guilda
Une publicité publiée dans Le Petit Journal le 3 juin 1956 annonce la revue de Guilda au Casa Loma, illustrant l’importance des spectacles de variétés dans la programmation du cabaret au milieu des années 1950 [164].

Cette publication confirme non seulement l’importance des spectacles de variétés dans la programmation du cabaret au milieu des années 1950, mais témoigne aussi de la visibilité publique accordée aux performances de genre sur les grandes scènes du Red Light montréalais. Dans le contexte social de l’époque, où les identités trans et les expressions de genre non conformes demeuraient marginalisées, la présence d’un artiste comme Guilda dans un établissement établi du centre-ville illustre l’existence d’espaces culturels permettant une forme de représentation, même encadrée, des diversités de genre dans la vie nocturne montréalaise [114].

La politique de mise en avant des vedettes canadiennes se maintient pendant près d’une décennie. Parmi les artistes les plus populaires figurent Dominique Michel et Denise Filiatrault (records d’assistance), Monique Cadieux, Les Jérolas, Ti-Gus et Ti-Mousse, Le Père Gédéon, Michel Louvain et l’équipe de Pique-Atout [6].

Photo — Casa Loma
Montage de publicités du Casa Loma des années 1950–1960 présentant vedettes canadiennes, MC, danseurs et orchestres dans un format cabaret-spectacle.

Le 13 septembre 1959, Le Petit Journal consacre un article à Jean Simon sous le titre « Il a fait "chanter" plus de 12,000 personnes! ». Le reportage met en lumière son rôle déterminant comme animateur, maître de cérémonie et découvreur de talents au Casa Loma. On y apprend qu’il a dirigé des concours et encadré des milliers d’amateurs, contribuant à faire monter sur scène plus de 12 000 personnes au fil des années. L’article insiste sur sa méthode rigoureuse, son sens de l’organisation et son engagement à offrir une véritable tribune aux jeunes artistes québécois, confirmant le rôle du Casa Loma comme pépinière de talents à la fin des années 1950 [108].

Jean Simon — Casa Loma
Jean Simon, Dimanche-Matin, 18 septembre 1960.

« Mon plus grand plaisir, c’est de voir un jeune monter sur scène pour la première fois et sentir qu’il a quelque chose. Quand le public réagit, on sait qu’on a découvert un talent. »

Jean Simon — La Presse, années 1960, reportage sur les « Découvertes » de la Casa Loma. [146] [147]

Un article publié dans La Patrie du dimanche le 12 mars 1961 met en lumière le succès du spectacle présenté au Café Casa Loma, alors dominé par le duo comique Ti-Gus et Ti-Mousse, dont la popularité repose notamment sur leur capacité à faire rire un public à la fois francophone et anglophone [178]. Le texte insiste sur la nature variée de la programmation, combinant humour, danse et musique, avec la participation des Becker Bros., de la chanteuse Ginette Ravel et des ensembles dirigés par Marcel Doré et Mike Monti, dans un format de spectacle accessible et soutenu.

Disque — Ti-Gus Ti-Mousse
L’album Une soirée au Casa Loma avec Ti-Gus et Ti-Mousse, publié par Columbia au début des années 1960, témoigne de l’association directe entre le cabaret et la production discographique [234].

Cette formule, typique du « cabaret des vedettes canadiennes », illustre le positionnement du Casa Loma au début des années 1960 comme un lieu de divertissement populaire, capable d’attirer une clientèle diversifiée dans le contexte du Red Light montréalais.

Au début des années 1960, le Café Casa Loma s’impose également comme un lieu de diffusion privilégié pour les vedettes issues des médias de masse, en particulier de la télévision québécoise. Le personnage du Père Gédéon, incarné par Doris Lussier, y connaît un succès notable, comme en témoignent plusieurs sources contemporaines. Un article publié dans Le Devoir souligne son passage du petit écran à la scène du cabaret, où il se produit désormais régulièrement devant le public [181], tandis qu’un autre, paru dans Radiomonde, insiste sur l’ampleur de sa popularité, évoquant des soirées nécessitant jusqu’à quatre représentations pour répondre à la demande [180]. Ces témoignages illustrent le rôle du Casa Loma comme relais entre les industries culturelles émergentes et la scène nocturne, en intégrant à sa programmation des figures déjà établies dans l’imaginaire collectif québécois.

Enregistrement de Jacques Desrosiers capté au Casa Loma en 1960, illustrant la pratique de captation en direct dans les cabarets montréalais et la diffusion sur disque de ces performances [234].

Une entrevue publiée dans Télé-Radiomonde le 29 septembre 1962 décrit la Casa Loma comme « une boîte où il y a foule chaque soir ». Andy Cobetto et Henri Forgues y exposent leur philosophie : présence constante auprès de la clientèle, programmation structurée autour de la variété (danse, chant, comédie) et valorisation prioritaire des artistes canadiens, jugés plus proches du public. Cette stabilité, combinée à des cachets substantiels — plus d’un million de dollars versés depuis l’ouverture selon La Presse — explique la fidélité d’un public nombreux au début des années 1960 [54] [6].

« Monsieur Cobetto, le propriétaire, était un homme charmant qui aimait bien les artistes, et sa femme Andrée Cobetto, était une cliente du salon de coiffure de ma mère. Nous avions des visiteurs émérites à la Casa Loma. J’ai retrouvé une photo où Charles Trenet me tient dans ses bras. Si je n’avais pas vu la photo, j’aurais oublié son passage. »

Dominique Michel — Y a des moments si merveilleux, p.139. [8].

5. Espaces du 2e étage : Roseland → Chez Isidore → Casa Loma en Haut

Le 15 décembre 1961, The Montreal Star annonce l’ouverture du Roseland Ball Room, situé au 92 St. Catherine Street East, à l’étage supérieur du même immeuble que la Casa Loma. La publicité met en vedette les « dancing stars » du film Hey, Let’s Twist! ainsi que les Peppermint Twisters, illustrant l’essor de la culture twist et des salles de danse destinées à un public plus jeune au début des années 1960. Cette occupation confirme la stratification fonctionnelle du complexe : tandis que la Casa Loma poursuit sa tradition de cabaret et de spectacles, l’étage supérieur accueille une programmation orientée vers la danse populaire et les nouvelles modes musicales [92][9][50].

Annonce — Roseland
Une publicité publiée dans The Montreal Star le 16 décembre 1961 annonce l’ouverture du Roseland Ball Room, 92, rue Sainte-Catherine Est, avec les vedettes du film Hey, Let’s Twist!, dont The Peppermint Twisters et Al Nichols and his band, témoignant de l’implantation du phénomène du twist à Montréal au début des années 1960 [50].

Un soir de 1962, Jean Simon encourage un jeune chanteur nommé Serge Laprade à participer à son concours d’amateurs à la Casa Loma. « Cette année-là, » raconte Serge, « je débutais aux côtés de Ginette Reno. Nous avons tous les deux pris part au même concours amateur à la Casa Loma, et j’ai remporté la victoire. Aujourd’hui, quand Ginette se souvient de cet épisode, elle me dit : “Tu te rappelles, Serge…? Et dire que c’est toi qui as gagné.” Nous en rions beaucoup ensemble, surtout en pensant à qui, entre nous deux, a la plus grande voix ! » Ginette Reno avait décroché la première place au concours de Jean Simon deux ans plus tôt, au Café de l’Est [52].

Annonce — Chez Isidore
Une publicité parue dans la presse montréalaise annonce la salle du deuxième étage sous l’appellation « La boîte chez Isidore », confirmant son exploitation distincte au début des années 1960 [16].

En 1962, Andy Cobetto transforme la salle du second étage pour y présenter les spectacles de la famille Soucy, un groupe musical québécois composé d’une seule famille œuvrant dans le registre traditionnel. Le père Isidore Soucy, déjà fort connu, en est la figure centrale. On nomme la salle : « Chez Isidore ». Le cabaret est de style typiquement canadien. La décoration est simple : beaucoup de bois sculpté, du bouleau naturel, de la verdure [11][12]. En plus de pouvoir danser et chanter en compagnie de la famille Soucy, il est possible d’y déguster des mets typiquement canadiens : cretons, tête fromagée, pâté de foie gras, ragoût de pattes de cochon et tartes à la farlouche [13]. La famille Soucy remplit la salle chaque soir en y invitant des artistes talentueux [14]. Six semaines plus tard, Isidore Soucy décède à l’âge de 63 ans [15]. La salle de l’étage est publicisée dans les journaux sous le nom « En Haut du Casa Loma » [16][63].

Le 12 janvier 1963, Télé-radiomonde annonce la rentrée de Jacques Normand à la Casa Loma, confirmant la continuité du modèle de grande vedette humoristique et de revue populaire au début des années 1960. L’article souligne que Normand succède à Guilda, illustrant l’alternance stratégique entre spectacles de variétés, figures flamboyantes et artistes établis afin de maintenir l’attrait commercial du cabaret [144].

Photo — Alys Robi
Photographie montrant Alys Robi célébrant ses 25 ans de carrière au Casa Loma, entourée de figures du milieu dont Andy Cobetto, Henri Forgues et collaborateurs.

Le 13 avril 1963, Télé-Radiomonde rapporte qu’un hommage collectif est rendu à Alys Robi au Casa Loma, où plus de mille admirateurs — dont de nombreux artistes — se réunissent pour saluer la carrière de la chanteuse [105]. Cette manifestation s’inscrit dans le contexte de son retour progressif sur la scène publique après plusieurs années d’éclipse consécutives à son internement à la fin des années 1940. Figure pionnière de la chanson québécoise à rayonnement international, Robi avait marqué l’imaginaire collectif avant que sa carrière ne soit brutalement interrompue. L’événement apparaît ainsi comme un geste de réhabilitation artistique et symbolique. En accueillant un tel rassemblement, le Casa Loma confirme son statut de lieu de consécration mondaine au début des années 1960, capable de réunir l’élite artistique montréalaise autour d’une figure majeure de la mémoire culturelle québécoise.

Le 4 mai 1963, Télé-radiomonde rapporte les débuts difficiles de Pauline Julien à la Casa Loma, décrivant un « bide » retentissant lors de ses premières prestations. La chronique insiste sur le décalage entre le répertoire de la chanteuse et les attentes du public, rappelant que la Casa Loma « n’est pas une boîte à chansons ». Cette remarque met en évidence la vocation du cabaret : un lieu de grand spectacle et de divertissement populaire, davantage orienté vers la revue, la variété et la performance scénique que vers la chanson engagée ou intimiste. L’épisode illustre ainsi la tension, au début des années 1960, entre la montée de la chanson québécoise d’auteur et le modèle commercial du cabaret traditionnel du centre-ville [143].

Bien que les cabarets montréalais aient connu une grande popularité, l’ambiance n’y était pas toujours agréable pour les artistes, qui travaillaient de longues heures chaque soir sans être nécessairement bien rémunérés [233].

Jean Lapointe, célèbre pour son duo comique Les Jérolas, qui faisait sensation dans les cabarets de Montréal, relate : « Pendant les fins de semaine, nous donnions trois spectacles : deux de 45 minutes et un de 10 minutes. Nous étions toujours contraints de raccourcir le dernier car plus la soirée avançait, plus le public était ivre. À ce stade, ils criaient et ne faisaient plus attention. » [233]

Effectivement, le public était extrêmement difficile à contrôler, comme le rappelle Dominique Michel, qui a débuté sa carrière à l’âge de 19 ans au Café Montmartre. « Nous n’arrivions jamais à les faire taire ! Travailler dans les cabarets n’a pas du tout été agréable. Les gens buvaient, fumaient et parlaient sans arrêt », décrit-elle. « Je ne me souviens pas d’avoir pris du plaisir dans les cabarets, mais nous avons été obligés d’y travailler pour gagner notre vie. » [233]

Pour les femmes, l’atmosphère de travail pouvait devenir particulièrement difficile, voire insupportable, comme le relate Renée Martel, qui affirme avoir « détesté chaque minute » des 15 années passées à travailler dans les cabarets. « La majorité du public — presque exclusivement des hommes — n’avait aucun respect pour les femmes qui travaillaient dans les cabarets. Les hommes venaient boire un verre, mais si moi, en tant que femme, je sortais dans la salle entre les spectacles, j’étais sûre de me faire tripoter, et cela, sans compter lorsque le patron tentait quelque chose avant », raconte amèrement la chanteuse country, qui, après un spectacle, a décidé d’arrêter complètement les cabarets [233].

Selon Denise Filiatrault, réussir dans le milieu artistique exigeait de l’ambition. « Pour percer, il fallait passer par les cabarets ; il fallait persévérer malgré l’atmosphère déplorable. Tout a changé avec l’avènement de la télévision ; cela a offert une autre possibilité de gagner sa vie », déclare-t-elle, se réjouissant d’avoir pu quitter les cabarets [233].

6. Jazz Hot (1963–1965) : programmes & impacts

En 1963, le jazz prend une place de plus en plus importante dans la métropole. Andy Cobetto invite le trio d’Oscar Peterson à se produire à l’étage du Casa Loma, où ils rencontrent un succès remarquable. Fort de cette réception, Cobetto décide de poursuivre dans cette voie et de faire venir d’autres grands noms du jazz [17].

Annonce — Oscar Peterson
Une publicité publiée dans The Gazette le 2 décembre 1963 annonce la venue du OSCAR PETERSON TRIO au Casa Loma Upstairs pour un « welcome home engagement » d’une semaine [232].

Les 18 et 20 janvier 1964, la presse anglophone et francophone confirme la venue de Miles Davis à l’étage du Casa Loma. Le 18 janvier, The Gazette rend compte de sa prestation à l’« Upstairs Room » du Casa Loma Cafe, soulignant l’adoption par la direction d’une politique assumée de « big name jazz ». Le critique insiste sur l’écoute attentive du public montréalais et décrit une performance introspective, dominée par un jeu feutré et nuancé de Davis, tout en mentionnant la sophistication du système de son du lieu — indice des investissements consentis pour positionner la salle parmi les pôles majeurs du jazz moderne à Montréal [98]. Deux jours plus tard, Le Devoir publie sous la plume de Réal Pelletier une critique intitulée « Miles Davis et la Casa-Loma-En Haut », désignation employée explicitement pour identifier la salle de l’étage. L’auteur oppose l’atmosphère intimiste du club de la rue Sainte-Catherine à la solennité de la Place des Arts, estimant que le quintette y atteint une cohésion et une intensité supérieures. Cette double couverture médiatique confirme à la fois l’exploitation jazz structurée de l’étage dès janvier 1964 et l’usage public de l’appellation « Casa-Loma-En Haut » dans la presse francophone [100].

Du 17 au 23 février 1964, la « salle en haut » de la Casa Loma accueille le quartette de John Coltrane, alors au sommet de sa période dite « classique », avec McCoy Tyner au piano, Jimmy Garrison à la contrebasse et Elvin Jones à la batterie. Coltrane s’était déjà produit à Montréal l’année précédente, notamment à La Tête de l’Art en 1963, mais son passage à la Casa Loma confirme l’implantation durable du jazz moderne dans les salles du centre-ville. Loin du seul registre du cabaret populaire ou du folklore qui avait marqué certaines phases de sa programmation, la Casa Loma devient alors un lieu de diffusion du jazz d’avant-garde international. Dans la revue Parti pris, Patrick Straram décrit ces soirées comme une expérience musicale d’une intensité exceptionnelle, soulignant la puissance expressive du quartette et l’impact presque insurrectionnel de cette musique sur l’auditoire montréalais. Cet épisode confirme le rôle du deuxième étage comme espace distinct, capable d’accueillir des artistes majeurs et de s’inscrire dans les courants les plus audacieux du jazz des années 1960.

En février 1964, The Gazette annonce que la Casa Loma présente, pour la première fois à Montréal, le saxophoniste ténor Sonny Rollins, figure majeure du jazz moderne. L’annonce souligne la « nouvelle politique » artistique de l’établissement et inscrit la salle dans le circuit nord-américain du jazz contemporain, aux côtés d’artistes tels que Miles Davis et John Coltrane [90].

Un article du Quartier latin (10 mars 1964) décrit explicitement la transformation du second étage de la Casa Loma en boîte de jazz, abandonnant le « continuous dancing » au profit d’une programmation centrée sur les grands noms du jazz international. Le publicitaire Jacques Fontaine y explique que le succès du trio d’Oscar Peterson a convaincu Andy Cobetto de poursuivre l’expérience [62].

Annonce — Cannonball Adderley
Une publicité publiée dans The Gazette le 23 mars 1964 annonce la prestation de Julian “Cannonball” Adderley et de son sextet au Jazz Hot, situé à l’étage du Casa Loma, illustrant la place du cabaret dans le circuit du jazz moderne à Montréal au milieu des années 1960 [158].

Le premier concert présenté sous la bannière Le Jazz Hot est celui du saxophoniste américain Cannonball Adderley, le 23 mars 1964 [18][19]. La salle, située à l’étage du Casa Loma, est alors rénovée et équipée de systèmes de sonorisation et d’éclairage de haute qualité. Cette nouvelle boîte de jazz apparaît dans un contexte de recomposition de la scène montréalaise, alors que La Tête de l’Art, rue Metcalfe, décline. Moins de deux semaines après l’ouverture, Andy Cobetto recrute le pianiste Pierre Leduc, jusque-là associé à La Tête de l’Art, pour diriger le trio maison. Six ou sept soirs par semaine, la musique y est offerte sans interruption. Rapidement, le Jazz Hot accueille les figures majeures du jazz moderne : John Coltrane, Miles Davis, Bill Evans, Thelonious Monk, Sonny Rollins, Coleman Hawkins, Art Blakey, Duke Ellington et Lionel Hampton [20].

Parmi tous les géants du jazz passés au Jazz Hot, c’est Coltrane qui a marqué le plus profondément le contrebassiste et compositeur Michel Donato. La même année, Donato a eu la chance de rencontrer Thelonious Monk et de partager quelques moments avec lui, ainsi qu’un joint, dans sa voiture si petite qu’il s’est encore étonné que le colosse ait pu s’y asseoir. Donato se souvient : « J’ai roulé avec Monk dans ma Coccinelle. Nous avons dévalé la côte de la rue Hôtel-de-Ville à toute vitesse. Tu imagines... j’aurais pu le tuer ! » [53].

« La Casa Loma, » explique le musicien montréalais Pierre Leduc, « était l’expérience capitale de ma vie. Je jouais tous les soirs devant un public. Et j’ai surtout eu l’occasion d’écouter les plus grands jazzmen du monde. J’ai beaucoup appris. » La communication entre Leduc et les grandes vedettes qui défilaient sous ses yeux se faisait presque exclusivement par la musique. Selon lui, John Coltrane est, de tous, celui qui lui a le plus apporté. Or, ils ne se sont jamais parlé. Pas un mot. Il y a eu une fusion de l’esprit [21].

Le 2 mai 1964, The Montreal Star consacre un long reportage à la salle, décrite comme un espace d’environ 500 places à l’acoustique favorable aux performances live. Le journaliste Alan Pearson met en lumière le rôle central de Andy Cobetto dans la constitution d’une programmation internationale ambitieuse, tout en soulignant l’équilibre fragile du modèle économique, où les revenus des spectacles de revue présentés au rez-de-chaussée contribuent indirectement à soutenir l’offre jazz à l’étage [96]. Une publicité publiée dans The Gazette le 23 mai 1964 présente d’ailleurs « Le Jazz Hot » comme une « Casa Loma series », ce qui suggère qu’à ses débuts l’appellation désigne d’abord une série de concerts thématiques avant de s’imposer comme identité distincte de la salle [58].

Le 23 mai 1964, The Gazette rend compte de la prestation du légendaire batteur Gene Krupa au Le Jazz Hot, à l’étage du Casa Loma. Le critique E. T. McAuley insiste sur la maturité et la précision du jeu de Krupa, dont le style s’est assagi sans perdre en maîtrise. Accompagné de Charlie Ventura, Ronnie Ball et Eddie DeHarrs, le quartette est présenté comme hautement recommandé. Cette couverture confirme la capacité du Jazz Hot à attirer, au printemps 1964, des figures majeures du jazz américain [101].

Le 4 juin 1964, The Gazette confirme la présence du Jimmy Smith Trio au Le Jazz Hot, salle exploitée à l’étage du Casa Loma. La chronique d’E. T. McAuley souligne l’impact du célèbre organiste sur le public montréalais et note que Andy Cobetto annonce le retour prochain de Dizzy Gillespie. Cette mention démontre la régularité des engagements de grande envergure et confirme l’inscription du Jazz Hot dans le circuit nord-américain du jazz moderne en 1964 [99].

En juin 1964, The Gazette rend compte de la prestation du Chet Baker Quintet au Jazz Hot, à l’étage du Casa Loma Cafe, soulignant la popularité croissante de la série internationale de jazz présentée par l’établissement. Le critique décrit un ensemble solidement « swingant », met en valeur le jeu au bugle de Baker — clair, précis et parfaitement intégré à celui de ses musiciens — et mentionne la présence du saxophoniste ténor Phil Urso, du pianiste Hal Galper, du contrebassiste Jymie Merritt et du batteur Charlie Rice [86].

Le 4 juillet 1964, The Montreal Star publie un reportage consacré à la prestation de Dizzy Gillespie « At The Casa Loma ». Décrit comme le « Clown Prince of Jazz », Gillespie est présenté comme un interprète charismatique, alternant virtuosité instrumentale et interaction directe avec le public. L’article insiste sur l’énergie de la performance et situe le musicien dans le réseau du jazz new-yorkais, rappelant ses collaborations avec Thelonious Monk, Charlie Parker et John Coltrane. Cette couverture confirme la présence continue de figures majeures du bebop et du modern jazz au Casa Loma durant l’été 1964 [102].

Le 14 août 1964, The Gazette confirme la vitalité de la programmation estivale du Le Jazz Hot. Le pianiste Wynton Kelly y est annoncé avec Jimmy Cobb et Paul Chambers, tandis que Lee Gagnon et son orchestre occupent également la scène. L’article mentionne la participation du tromboniste et arrangeur Vic Vogel, signalant l’intégration de musiciens montréalais dans une programmation dominée par des figures internationales [97].

Le 6 janvier 1965, The Gazette rend compte de l’ouverture de la saison jazz au Le Jazz Hot (Casa Loma) avec la prestation du John Coltrane Quartet. Coltrane est accompagné de McCoy Tyner, Jimmy Garrison et Elvin Jones, et la programmation inclut également Cannonball Adderley, Herbie Mann et Monga Santa Maria, sous la direction d’Andy Cobetto [95].

Annonce — John Coltrane
Une publicité publiée dans The Gazette le 4 janvier 1965 annonce la réouverture du Jazz Hot à l’étage du Casa Loma avec John Coltrane et son quartet, confirmant l’ancrage du cabaret dans le circuit du jazz moderne à Montréal au milieu des années 1960 [159].

Certains ensembles américains se produisent au Jazz Hot pendant deux semaines, et il arrive que la salle propose un programme double avec deux formations invitées. Si la communauté jazz montréalaise se montre enthousiaste, la fréquentation décline progressivement à mesure que le prix des billets augmente afin de couvrir les frais de tournée des musiciens américains. Cette programmation ambitieuse finit par fragiliser l’équilibre financier du cabaret [20].

Un dossier rétrospectif publié dans La Presse Plus en juin 1984 rappelle que l’essor du jazz montréalais des années 1950 et du début des années 1960 repose en grande partie sur l’accueil de vedettes américaines et sur la vitalité des clubs de la métropole. Toutefois, la hausse progressive des cachets, la transformation du public et la spécialisation croissante du jazz fragilisent ce modèle au tournant des années 1970. Cette mise en perspective éclaire les difficultés rencontrées par des établissements comme le Casa Loma dans la seconde moitié des années 1960 [56].

La Presse consacre également un portrait à l’impresario Roy Cooper, rappelant son rôle déterminant dans la venue des grandes figures du jazz à Montréal durant l’après-guerre. L’article mentionne explicitement le Jazz Hot, à l’étage du Casa Loma, comme l’un des lieux où défilaient les têtes d’affiche du circuit international. Cooper y est présenté comme l’un des artisans ayant permis à la salle d’accueillir des artistes majeurs tels que Dizzy Gillespie, Miles Davis et Duke Ellington, inscrivant ainsi la Casa Loma dans le réseau nord-américain des grandes tournées jazz. Ce témoignage tardif confirme le rôle structurant du Jazz Hot dans l’écosystème musical montréalais des années 1960 [92].

Performance de Duke Ellington au Casa Loma, témoignant de la présence d’artistes majeurs du jazz international dans la programmation du cabaret montréalais au milieu du XXe siècle.

Le 20 avril 1965, The Montreal Star publie un reportage consacré à la prestation de Duke Ellington au Jazz Hot du Casa Loma, confirmant le rôle central du cabaret dans le circuit international du jazz [103].

La salle du 2e étage, connue sous le nom de Jazz Hot, redevient le 2 août 1965 un cabaret de style français — désignée dans la presse comme la salle « en haut » du Casa Loma — avec un spectacle du chanteur Théo Sarapo, époux d’Édith Piaf [22], avant d’adopter quelques mois plus tard une formule yé-yé sous le nom de Playgirls Room.

7. Années 1960 : télévision, lois & mutations

Au cours des années 1960, bien des choses changent à la Casa Loma, mais la politique demeure essentiellement la même. D’abord, les vedettes ne sont plus engagées que pour une semaine. Cela est lié à la télévision : on les voit tellement souvent qu’il devient difficile pour elles de tenir l’affiche longtemps dans un cabaret. D’autre part, les concours d’amateurs disparaissent. Au départ, la Casa Loma était le seul cabaret à en organiser, puis tous les autres ont suivi, si bien qu’ils sont devenus moins populaires. Une autre raison tient à la loi du dimanche, qui interdisait de présenter des spectacles avant 18 h et qui obligeait les clients à manger avec leur consommation d’alcool. Cela a malheureusement eu pour effet d’écarter une grande partie des foules du dimanche, même si, comme Cobetto l’affirme, les Canadiens français aiment sortir le dimanche soir. Pour le reste, rien ne change : toujours quatre numéros, toujours une vedette canadienne. C’est ce qui permet au Casa Loma de durer, pendant que d’autres cabarets sont obligés de fermer leurs portes. La plupart de ces établissements se sont lancés dans toutes sortes d’aventures et changeaient constamment leur politique, ce qui avait pour effet d’éloigner un public qui aurait pu devenir régulier mais qui, ne sachant jamais à quoi s’attendre, préférait s’abstenir [6].

Annonce — Playgirls Room
Une publicité publiée dans The Gazette le 1 octobre 1965 annonce le Playgirls Room à l’étage du Casa Loma, illustrant l’adaptation du lieu à la culture a-go-go et aux nouvelles formes de divertissement nocturne au milieu des années 1960 [160].

En septembre 1965, la Casa Loma annonce officiellement son retour à une politique centrée sur les vedettes canadiennes. Un article de Télé-Radiomonde précise que la nouvelle saison, inaugurée le 27 septembre avec les Cyniques, marque l’abandon des grandes revues à déploiement spectaculaire au profit d’une programmation misant sur les artistes d’ici. Andy Cobetto et Henri Forgues présentent ce choix comme un retour à une formule ayant fait la renommée du cabaret [66].

À l’automne 1965, la salle située à l’étage supérieur de la Casa Loma adopte officiellement l’appellation Playgirls Room, marquant un repositionnement assumé vers une formule go-go et « sexy ». La presse de septembre et d’octobre décrit un espace animé par des orchestres de style Beatles et des ensembles sud-américains, où des « playgirls » et des serveuses en tenue suggestive accueillent la clientèle masculine, transformant le lieu en véritable « temple à go-go » [152][151][23][24][25].

Photo — Playgirls
Une photographie publiée dans Dimanche-Matin lors des descentes policières du 21 septembre 1969 confirme la configuration du Casa Loma, montrant que le Playgirls, identifié comme discothèque « au-dessus du café Casa Loma », occupait l’étage, tandis que les floor shows étaient présentés au sous-sol [110].

Le 17 avril 1966, Dimanche-Matin mentionne explicitement Fernand Lefebvre comme exploitant du Playgirls, « à l’étage de la Casa Loma ». Le spectacle, animé par Philippe Arnaud et mettant en vedette Jenny Rock, confirme l’orientation go-go de la salle supérieure et l’implication directe de Lefebvre dans son exploitation dès le milieu des années 1960 [112].

Annonce — Ginette Reno
Une publicité publiée dans The Gazette le 22 mai 1967 annonce la présence de Ginette Reno au Casa Loma, illustrant l’importance croissante des vedettes québécoises dans la programmation du cabaret à la fin des années 1960 [170].

Le 4 février 1967, c’est soir de première au Casa Loma. Beaucoup d’artistes, dont Tony Roman, Les Milady’s, Jacques Michel, Jean Claveau et Jenny Rock, se pressent pour saluer Ginette Reno avant son tour de chant. À une petite table, près de la scène, monsieur et madame Raynault sont venus applaudir leur fille. Ginette reprend La Dernière Valse, popularisée par Mireille Mathieu, version francophone de The Last Waltz, pour la propulser en tête du palmarès des meilleures ventes. Accompagnée par l’orchestre de Georges Tremblay, Ginette donne une fois de plus la preuve de son immense talent et de sa nature exceptionnelle. On la compare à Judy Garland. À la fin de son tour de chant, c’est le délire, le public crie son enthousiasme. Désormais, elle peut se passer de son prénom. Elle est, tout simplement, la Reno [49].

En 1967, Dominique Michel, Doris Lussier, Guy Provost, ainsi qu’une douzaine d’autres personnes figurent parmi les nouveaux propriétaires de l’immeuble où loge la Casa Loma, mais ils n’ont rien à voir avec l’exploitation du cabaret. Cobetto et Forgues demeurent les dirigeants [26].

Annonce — Les Cyniques
Une publicité publiée dans The Gazette le 6 mars 1967 annonce la présentation du groupe humoristique Les Cyniques au Café Casa Loma, témoignant de l’intégration de l’humour québécois contemporain à sa programmation à la fin des années 1960 [177].

Le 11 mars 1967, Télé-radiomonde publie l’article « Les scandalisants “Cyniques” triomphent à la Casa Loma », présentant le quatuor comme l’un des groupes les plus populaires du moment au Québec. À l’affiche pour quinze jours à la Casa Loma, Les Cyniques sont décrits comme audacieux et irrévérencieux, attirant de grandes foules grâce à leur satire mordante des institutions politiques, religieuses et bourgeoises. Le reportage souligne que leur humour caustique, provocateur et engagé reflète le climat social de la fin des années 1960 et confirme leur statut de vedettes capables de remplir un cabaret montréalais [145].

En janvier 1968, Andy Cobetto avoue : « Je ne sais plus quoi offrir au public. » Un communiqué de presse annonçait que la Casa Loma allait revenir à sa politique de spectacles entièrement canadiens. « Il n’y a plus beaucoup de gros canons, des gens qui font salle comble, et ceux-là, ils préfèrent aller à la Place des Arts ou à la Comédie-Canadienne », explique Cobetto. « Une fois qu’ils y sont passés, comment voulez-vous que je les engage ? C’est impossible pour moi de les prendre. S’il y a quatre ou cinq mille personnes qui les ont vus en récital, ces gens-là ne reviendront pas les voir au cabaret. Durant l’été de 1967, nous avons fait de bonnes affaires parce que nous étions le seul cabaret à offrir une revue internationale. Mais depuis la fin de l’Expo 67, ça a été désastreux. Les mois de novembre et décembre (1967) ont été les pires que j’ai connus depuis 18 ans. Dans la grande salle, les spectacles coûtaient très cher. Il fallait payer les musiciens, les vedettes américaines, un maître de cérémonie, des numéros de variétés. Alors si une tête d’affiche nous demandait un cachet prohibitif et que les salles étaient vides, on ne pouvait même pas penser à faire nos frais » [27].

Le 24 janvier 1968, Andy Cobetto, après avoir administré la Casa Loma pendant plus de 18 ans, cède son bail à Joe Di Maulo et à Fernand Lefebvre. Ce dernier exploitait déjà la salle Playgirls, à l’étage [28][29][30].

8. 1969–1971 : Déclin symbolique

En septembre 1969, le journal Dimanche-Matin rapporte une série de descentes policières visant plusieurs discothèques montréalaises, dont le Playgirls, explicitement décrit comme situé « au-dessus du café Casa Loma » au 92 rue Sainte-Catherine Est. Cette mention confirme non seulement l’exploitation de la salle à l’étage à la fin des années 1960, mais aussi sa reconversion en discothèque, dans un contexte marqué par une surveillance accrue des établissements nocturnes [110].

Annonce — Angelique
Une publicité publiée dans The Gazette le 30 mars 1970 annonce la présentation du spectacle burlesque Baubles, Bangles & Beads au Casa Loma, mettant en vedette la danseuse Angélique aux côtés de Jay Lee, Michel Dary et « les girls » [184].

Au tournant des années 1970, la Casa Loma aménage un piano-bar baptisé Bar Jacques Antonin, du nom du musicien et ancien professeur originaire du Lac-Saint-Jean. Installé à Montréal, Jacques Antonin s’y produit régulièrement, au point que l’espace adopte officiellement son nom, témoignant de sa notoriété et de son rôle central dans l’animation musicale de l’établissement[150].

Au début des années 1970, la Casa Loma est exploitée sous les permis d’alcool détenus par Fernand Lefebvre, tel que mentionné dans la presse lors des travaux de la Commission d’enquête sur le crime organisé (CECO). Cette référence confirme son rôle administratif et légal dans l’exploitation de l’établissement à cette période [111].

Annonce — Marilyn Apollo
Une publicité publiée dans The Gazette le 12 juin 1970 annonce la revue Touch of Venus! mettant en vedette Marilyn Apollo au Casa Loma, illustrant l’évolution du cabaret vers des spectacles plus sensuels et commerciaux à la fin des années 1960 [166].

Le 23 mai 1970, The Gazette décrit la Casa Loma comme une sorte de « Las Vegas North », présentant un spectacle lumineux, rapide et chorégraphié. L’article précise que le club, alors exploité par Fern Lefebvre, peut accueillir environ 450 spectateurs et adopte une formule de production inspirée des grandes scènes américaines. Le reportage souligne toutefois que le climat économique incertain et la surveillance policière accrue affectent les établissements de nuit du centre-ville, illustrant les transformations de la vie nocturne montréalaise à l’aube des années 1970 [129].

En mai 1970, la Casa Loma mise fortement sur sa vedette Marilyn Apollo, présentée dans la presse comme une émule de Marilyn Monroe. La Patrie décrit une artiste blonde au style assumé, inspiré de l’esthétique « Playboy », dont les prestations attirent une clientèle variée, incluant de nombreux touristes américains et européens, séduits par l’ambiance spectaculaire et lumineuse du cabaret[148]. Quelques jours plus tôt, La Presse souligne que la direction de la Casa Loma prend un soin particulier de sa vedette, qui génère d’importantes recettes et semble en voie de remplacer Lili St-Cyr dans le cœur des amateurs montréalais de spectacles « sexy »[149].

Annonce — Pamplemousse
Une publicité publiée dans The Montreal Star le 5 décembre 1970 annonce le Pamplemousse Disco-Club au 94, rue Sainte-Catherine Est, illustrant la transformation de l’ancien Casa Loma en établissement disco à la fin des années 1960 [183].

En 1970, les victimes de l’escouade de la Moralité crient à l’injustice, à la persécution: « Les policiers, » disent-elles, « ne devraient pas mettre leurs gros pieds dans les plates-bandes de l’Art. » Les policiers eux répliquent: « Nous ne jugeons pas, nous constatons. Ce n’est pas nous qui inventons la loi, nous ne faisons que l’appliquer. » Fernand Lefebvre, le nouveau propriétaire, affirme que: « À la Casa Loma, nous ne présentons pas de spectacles indécents, mais il est sûr qu’on pourrait aller plus loin, sans être indécent. Et, entre nous, il est bien possible que ça aille encore pas mal plus loin dans l’avenir » [31].

En décembre 1970, plusieurs centaines de jeunes se rendent à l’ouverture de la nouvelle discothèque « Pamplemousse » au-dessus de la Casa Loma. Le groupe Jude Three fait danser et groover tout ce monde [32][33].

8.1 — Un établissement fragilisé (1970–début 1971)

Un an avant le triple meurtre du 12 mars 1971, la Casa Loma apparaît déjà comme un établissement en sursis dans le paysage nocturne montréalais. Dans une chronique publiée le 16 avril 1970 dans La Presse, sous la rubrique Spec by night, le journaliste dresse un portrait nostalgique du Montréal « d’avant Drapeau », évoquant la disparition progressive des grands cabarets et la transformation du centre-ville depuis les campagnes de moralisation de l’ère Pax Plante et l’administration de Jean Drapeau [89].

Dans ce contexte, la Casa Loma est décrite comme étant « encore là », s’efforçant, contre toute logique, de continuer à présenter des spectacles d’une certaine qualité, mais pour une clientèle désormais sans commune mesure avec celle des décennies précédentes. Autrefois entouré d’une constellation de boîtes de nuit prestigieuses, l’établissement se retrouve isolé dans un environnement transformé, marqué par le déclin du modèle classique du cabaret et l’essor de nouvelles formes de divertissement nocturne.

Cette mention journalistique, publiée moins d’un an avant les événements tragiques de mars 1971, témoigne d’un établissement déjà fragilisé sur les plans symbolique et économique. La Casa Loma n’est plus l’un des phares du night-life montréalais, mais plutôt l’un des derniers vestiges d’une époque révolue — une survivante d’un monde en mutation [89].

En 1971, le complexe de la Casa Loma comprend un strip-club au sous-sol, une discothèque à l’étage et un bar au rez-de-chaussée appelé le Jacques Antonin.

8.2 — Le triple meurtre du 12 mars 1971

Le 12 mars 1971, vers 5 heures du matin, quelques personnes boivent encore au bar après les heures normales de fermeture. La strip-teaseuse Paulette Gingras, 19 ans, prend un dernier verre avec son compagnon Jean-Claude Rioux. La jeune femme raconte qu’après avoir dansé jusqu’à trois heures dans la grande salle de la Casa Loma, elle avait rejoint son amant au bar. À leur table se trouve aussi Jean-Marc Morin, 32 ans, présenté comme une tête brûlée. Celui-ci approche alors un client du nom de Jacques Verrier, qui, selon lui, lui devait 500 $. Morin aurait crié après Verrier. L’ami de ce dernier, le barman André Vaillancourt, aurait alors demandé à Morin de baisser le ton. Au lieu de cela, Morin aurait dégainé son revolver et abattu Verrier et Vaillancourt, chacun d’une balle à la tête [2][34].

Annonce — Casa Loma
Un dossier photographique réalisé par Réal St-Jean pour le journal La Presse documente notamment les meurtres survenus au Casa Loma le 12 mars 1971, témoignant de l’importance médiatique de l’événement [167].

Il s’agit là d’une des versions rapportées des événements; d’autres variantes ont également circulé dans la presse [2][34].

La confusion s’ensuit. Morin prend la fuite, bientôt suivi par les autres clients [2].

Deux hommes sont morts, mais l’affaire ne s’arrête pas là. À une autre table se trouve un trio mécontent envers Rioux, à qui l’on reproche d’avoir amené un meurtrier dans leur bar. Ce groupe comprend Joseph Di Maulo, 28 ans, gérant de la discothèque Pamplemousse de la Casa Loma et acteur important de la mafia calabraise locale; Joseph Tozzi, 45 ans, qui dirige tout le complexe de la Casa Loma; et Julio Ciamarro, 28 ans, un ami qui dirige le restaurant Caesar’s Palace sur la rue Hutchison. Alors que les clients s’enfuient, le trio aurait retenu Rioux, que l’on retrouve mort la gorge tranchée 25 minutes plus tard. Ainsi, même si Rioux n’avait rien à voir avec la fusillade de Morin, il aurait été tué en guise de punition pour avoir partagé la même table que celui-ci, qui avait pris la fuite [34]. La police n’est pas appelée sur les lieux. C’est un agent patrouillant la rue Sainte-Catherine qui constate que la porte d’entrée est fracassée; les policiers découvrent alors les cadavres des trois hommes [2][35].

Photo — Casa Loma
Un dossier photographique réalisé par Réal St-Jean pour le journal La Presse documente notamment les meurtres survenus au Casa Loma le 12 mars 1971, témoignant de l’importance médiatique de l’événement [167].

Morin est arrêté à son domicile, mais seulement après que la police lui a tiré dans la jambe alors qu’il tentait de s’enfuir [34].

Les détectives arrêtent deux des trois Italiens liés à la tuerie, Tozzi et Ciamarro. Di Maulo, troisième suspect, est activement recherché [36]. Il se livre à la police à son retour de petites vacances en Floride [37]. L’enquête du coroner révèle par ailleurs que Joe Di Maulo, porté disparu depuis les meurtres du 12 mars, pourrait être un témoin clé. Le coroner indique publiquement souhaiter l’entendre, tandis que l’enquête est ajournée au 27 avril [69].

Di Maulo, Tozzi et Ciamarro sont jugés pour le meurtre de Rioux. Pour assurer leur défense, ils retiennent les services d’avocats de premier plan, dont Raymond Daoust — fondateur du journal Photo-Police et avocat associé à des figures du milieu mafieux —, Sidney Leithman, également connu pour avoir représenté des membres de la mafia et qui sera lui-même ultérieurement abattu, ainsi que Léo-René Maranda, avocat de Vincent Cotroni, considéré comme le fondateur et chef incontesté de la mafia montréalaise pendant près de trente ans [34].

8.3 — Avril 1971 : inculpations

Le 6 avril 1971, au terme de plusieurs jours d’audiences, le coroner Laurin Lapointe conclut qu’il existe une preuve suffisante pour recommander la poursuite de Joseph Di Maulo, Joseph Tozzi et Julio Ciamarro relativement au triple meurtre survenu à la Casa Loma le 12 mars précédent [86].

Le lendemain, les autorités procèdent aux inculpations formelles. Jean-Marc Morin, Julio Ciamarro, Joseph Di Maulo et Joseph Tozzi comparaissent en cour correctionnelle sous des accusations de meurtre relativement aux événements du 12 mars 1971 à la Casa Loma [87].

8.4 — Septembre à novembre 1971 : procès, fermeture et verdict

Le 14 septembre 1971, Montréal-Matin annonce que la Casa Loma, présentée comme l’un des clubs de nuit les plus prestigieux de la vie nocturne montréalaise pendant plus de quinze ans, abandonne volontairement ses activités. Les propriétaires déclarent qu’ils céderont leur permis à la fin du mois, consacrant ainsi la fermeture définitive de l’établissement. L’article rappelle que le cabaret avait connu sa dernière grande époque avec les super-revues de Guilda [80].

Photo — Café Pal's
Une photographie publiée dans La Presse le 15 septembre 1971 montre une intervention policière liée au Casa Loma, illustrant les enjeux judiciaires entourant certains établissements du Red Light montréalais au début des années 1970, tandis que l’on aperçoit, de l’autre côté de la rue, le Café Pal’s, aujourd’hui occupé par le bar Les Foufounes Électriques [184].

Le même jour, le procès connaît un entracte qualifié de « fellinien », alors que le juge, accompagné du procureur de la Couronne, des procureurs de la défense, des trois accusés, des douze jurés, de policiers, de journalistes et de photographes, se rend à la Casa Loma, où Jean-Claude Rioux a été égorgé. Cette visite judiciaire, à travers les trois étages de l’immense boîte de nuit, dure trois heures. À l’extérieur, un millier de badauds s’entassent, visiblement fascinés. À l’intérieur, la chaleur est intense, étouffante, presque insupportable. La cour se rend sur place pour visiter le lieu du crime, mais les journalistes découvrent aussi toute la machinerie du cabaret : la chambre des fournaises, les ateliers de fabrication de décors, les chambres de réfrigération, les loges des vedettes, les garde-robes, les bars, les salles de spectacle, les scènes, les arrières-scènes, les coulisses, les grands et petits escaliers, les chambres bourrées de soutiens-gorge, de faux bijoux, de vieux décors et même les cages à pigeons. Bref, toute la mécanique miroitante d’une grande boîte de nuit. En somme, écrit-on, Fellini se serait senti chez lui au sous-sol de la Casa Loma. Di Maulo, pour sa part, paraît détendu : il plaisante et demande aux photographes un peu trop acharnés de « penser à ses enfants ». Ses coaccusés, eux, semblent plus congestionnés [38].

Photo — Casa Loma
Un dossier photographique réalisé par Antoine Désilets documente la visite de la cour au Casa Loma le 15 septembre 1971, offrant un rare témoignage visuel des lieux dans le cadre des procédures judiciaires liées au triple meurtre [168].

Le 21 septembre 1971, la cour amorce la preuve technique concernant l’assassinat de Jean-Claude « Ti-Caille » Rioux. La poursuite établit que la victime, retrouvée dans le cocktail lounge Jacques Antonin, a été transportée à l’hôpital Saint-Luc vers 5 h 30 du matin et qu’elle a succombé à ses blessures quinze minutes plus tard. Les témoignages du Dr Michel Talbot, du Dr Raymond Mineau, du médecin légiste ayant pratiqué l’autopsie et du chimiste du laboratoire médico-légal doivent compléter cette phase du procès avant l’audition des témoins-clés [74].

Photo — Casa Loma
Un dossier photographique réalisé par Antoine Désilets documente la visite de la cour au Casa Loma le 15 septembre 1971, offrant un rare témoignage visuel des lieux dans le cadre des procédures judiciaires liées au triple meurtre [168].

Le 22 septembre 1971, la poursuite du procès révèle plusieurs incohérences et tensions dans les témoignages entendus jusque-là. Sous le titre évocateur « une tempête dans un verre… brisé », la presse souligne les divergences entre certaines déclarations et les éléments matériels présentés en cour, notamment en ce qui concerne la chronologie des coups de feu et les versions fournies par Yvon Métras. Ces contradictions commencent à fragiliser la clarté du récit des événements du 12 mars 1971 [76].

Photo — Casa Loma
Un dossier photographique réalisé par Antoine Désilets documente la visite de la cour au Casa Loma le 15 septembre 1971, offrant un rare témoignage visuel des lieux dans le cadre des procédures judiciaires liées au triple meurtre [168].

La fermeture de la Casa Loma intervient ainsi dans un contexte où l’établissement est profondément associé au retentissement judiciaire du triple meurtre, marquant symboliquement la fin d’une époque pour les grands cabarets montréalais.

Dans un compte rendu publié le 1er octobre 1971, La Presse rapporte le témoignage de Paulette Gingras, présente derrière le bar du cocktail lounge Jacques Antonin au moment où Jacques Verrier et André Vaillancourt furent abattus. Selon cette version, le double meurtre se serait déroulé en moins de quatre secondes. L’article précise également que Gingras quitte les lieux après les coups de feu et ne communique avec les autorités que quelques jours plus tard. Le même jour, son contre-interrogatoire occupe une place centrale dans les audiences : la défense insiste sur le fait qu’elle n’a pas immédiatement alerté la police et met en cause la cohérence de ses déclarations quant à la présence des accusés dans le cocktail lounge Jacques Antonin. Cette étape du procès marque un tournant, la crédibilité du principal témoin oculaire étant désormais directement remise en question [64] [78].

Un article de La Presse du 8 octobre 1971 relate en détail le contre-interrogatoire mené par Me Léo-René Maranda, qui met en lumière les contradictions des différentes déclarations de Paulette Gingras. Présentée comme le témoin vedette de la Couronne, la jeune danseuse voit sa crédibilité sérieusement ébranlée aux yeux des jurés, élément déterminant dans l’issue du procès [68].

Les 15 et 16 octobre 1971, La Presse rapporte la comparution d’Yvon Métras, 32 ans, employé de la Casa Loma au moment des faits, cité comme témoin de la Couronne dans le cadre du procès relatif au triple meurtre du 12 mars. Son interrogatoire débute devant la salle des Assises le 15 octobre. Le lendemain, l’ancien « busboy » affirme avoir été présent dans le cocktail lounge Jacques Antonin au moment des coups de feu et identifie formellement Joseph Di Maulo et Joseph Tozzi parmi les personnes se trouvant sur les lieux. Il décrit la disposition des tables, les déplacements des accusés et la séquence des tirs ayant coûté la vie à Jean-Claude « Ti-Caille » Rioux, Jacques Verrier et André Vaillancourt, apportant ainsi un témoignage direct sur le déroulement des événements [73][75].

Toutefois, dès le 20 octobre, La Presse indique que Métras est déclaré « témoin hostile » et longuement contre-interrogé, avant d’être finalement libéré par la cour [70]. Les jours suivants, le journal souligne les contradictions et révisions successives de ses déclarations — le témoin, surnommé « Tiny Bull » ou « Monsieur Bull », admettant notamment avoir gardé le silence pendant plusieurs mois « par peur » [71][72]. Ces incohérences contribuent à fragiliser progressivement la preuve de la poursuite. Le 29 octobre, la défense poursuit son contre-interrogatoire, cherchant à démontrer les failles de son récit et à remettre en question sa version de l’agression au couteau survenue dans le cocktail lounge Jacques Antonin. La reconstitution des déplacements et des gestes posés lors du triple meurtre devient alors un enjeu central, la crédibilité du témoin étant de plus en plus contestée devant le jury [79].

Le 27 novembre 1971, après plusieurs jours de délibérations, le jury rend son verdict dans l’affaire du triple meurtre de la Casa Loma. Joseph Di Maulo, Julio Ciamarro et Joseph Tozzi sont déclarés coupables du meurtre de Jean-Claude « Ti-Caille » Rioux [81]. Le même jour, Le Devoir confirme que les trois accusés sont condamnés à l’emprisonnement à vie, peine alors obligatoire en matière de meurtre [82]. Le juge prononce alors la sentence en ces termes : « Giuseppe Di Maulo, Joseph Tozzi et Julio Ciamarro, vous venez d’être déclarés coupables pour meurtre par vos pairs. Je dois appliquer la sentence mandataire prévue par la loi, l’emprisonnement à vie. » Cette décision met un terme à l’un des procès criminels les plus médiatisés et controversés de la période [39].

Photo — Di Maulo
Un article publié dans Montréal-Matin le 27 novembre 1971 confirme la condamnation à perpétuité de Jos Di Maulo, Julio Ciamarro et Joseph Tozzi pour le meurtre de Jean-Claude Rioux à la Casa Loma [39].

Mais l’histoire ne s’arrête pas là… [2]

Deux mois plus tard, Paulette Gingras, la strip-teaseuse de 19 ans, encore appelée à témoigner, fait volte-face au procès de Jean-Marc Morin, accusé du meurtre d’André Vaillancourt. Elle déclare à la cour que ce n’est pas Morin qui a tué Vaillancourt, mais bien Rioux. La « tête brûlée » est acquittée. Il le sera également, six mois plus tard, de l’accusation d’avoir tué Verrier, qui lui devait 500 $ [2].

La Cour d’appel ordonne qu’un nouveau procès soit tenu pour Di Maulo, Tozzi et Ciamarro [2]. L’affaire se termine de la façon la plus inattendue et la plus dramatique qui soit [40].

Le juge recommande lui-même aux jurés d’acquitter les trois prévenus. Il fonde principalement sa décision sur le fait que les deux témoins de la Couronne étaient « tarés ». Il souligne évidemment les multiples changements de version des deux témoins : la strip-teaseuse Paulette Gingras et le gardien de nuit Stanley Bull. Dans la cour, les applaudissements éclatent immédiatement. On pleure, on s’embrasse, on se jette dans les bras les uns des autres [40].

À l’automne 1971, la presse populaire entérine symboliquement la fin des grands cabarets montréalais. Sous le titre « Les cabarets, c’est mort : vive les discothèques! », Photo-Journal souligne que la Casa Loma et le Mocambo sont désormais fermés, tandis que de nouvelles discothèques dominent la scène nocturne. L’article illustre la mutation rapide des habitudes de divertissement et consacre la disparition d’un modèle de cabaret qui avait marqué les années 1950 et 1960 [77].

8.5 — 1972–1973 : acquittement et portée symbolique

En novembre 1972, dans le cadre des suites judiciaires de l’affaire du meurtre survenu à la Casa Loma, la presse souligne la composition du jury appelé à entendre la cause, composé de trois femmes et de neuf hommes. La présence féminine est alors présentée comme inhabituelle dans une affaire criminelle d’une telle ampleur [83].

Photo — Acquittés
Un article publié dans La Presse le 1 février 1973 annonce l’acquittement de Jos Di Maulo, Joseph Tozzi et Julio Ciamarro lors du second procès lié au meurtre de Jean-Claude « Ti-Caille » Rioux à la Casa Loma, à la suite d’un verdict recommandé par le juge en raison de contradictions dans les témoignages [40].

Le 2 février 1973, La Presse annonce que les trois accusés sont acquittés dans l’affaire du meurtre de Jean-Claude « Ti-Caille » Rioux. Après près de deux années de procédures — au cours desquelles ils auront passé environ 23 mois derrière les barreaux —, ce revirement judiciaire annule les condamnations à perpétuité prononcées en novembre 1971 et referme définitivement le volet criminel du dossier Casa Loma [84].

Le champagne coule à flot ce soir-là lors d’une fête où Joseph Di Maulo, Joseph Tozzi et Julio Ciamarro sont célébrés à l’Auberge Saint-Gabriel, juste à côté du Palais de justice. Parmi les célébrants figurent plusieurs enquêteurs de la brigade des homicides de la police, selon le photographe du journal Photo-Police Pierre Schneider [34].

L’hypothèse d’un simple « accident de circonstance » ne suffit toutefois pas à expliquer la portée des événements du 12 mars 1971. Si l’altercation initiale semble relever d’un conflit personnel ayant dégénéré, la réaction subséquente et le contexte dans lequel elle survient révèlent un environnement où s’entrecroisent intérêts commerciaux, réseaux d’influence et figures associées au crime organisé montréalais. La Casa Loma, déjà fragilisée par le déclin du modèle classique du cabaret et la mutation rapide des habitudes nocturnes, devient alors le théâtre d’un drame qui agit moins comme une cause unique de sa disparition que comme un catalyseur brutal d’un processus de déclin déjà amorcé. Le triple meurtre ne crée pas la fin de la Casa Loma : il en précipite la dimension symbolique.

8.6 — 1975 : Commission d’enquête sur le crime organisé

Le 11 décembre 1975, The Montreal Star ouvre sa une avec un long compte rendu des audiences de la Commission d’enquête sur le crime organisé au Québec. Sous le titre “Old city called crime centre”, le journaliste Norman Provencher synthétise le témoignage du détective-sergent Claude Legault (Police de la Communauté urbaine de Montréal), spécialiste des réseaux criminels montréalais. Celui-ci affirme que, depuis le début des années 1960, le centre de gravité du crime organisé s’est progressivement déplacé du Vieux-Montréal vers l’axe Sainte-Catherine Est – Saint-Laurent – Papineau, territoire caractérisé par une forte concentration de cabarets, clubs de danse et bars à spectacle.

Annonce — CECO
Le contexte montréalais de l’époque est également marqué par les révélations de la Commission d’enquête sur le crime organisé, dont le rapport publié en 1976 met en lumière l’ampleur des réseaux criminels actifs dans les milieux nocturnes et du divertissement [171].

Legault rappelle qu’au début des années 1960, le secteur compris entre Atwater et Papineau « teemed with underworld characters », c’est-à-dire qu’il fourmillait de figures liées aux paris illégaux, à la prostitution, aux prêts usuraires et au racket de protection. Le territoire aurait d’abord été structuré par l’organisation Cotroni–Violi, qui divisait la zone en deux secteurs, à l’est et à l’ouest de la rue Bleury. Toutefois, vers le milieu de la décennie, des membres du clan Dubois, basé à Saint-Henri, commencent à infiltrer systématiquement les établissements nocturnes du centre-ville.

Selon le témoignage cité par le journal, cette infiltration ne se fait pas par une prise de contrôle spectaculaire, mais par implantation graduelle : les Dubois obtiennent des postes stratégiques à l’intérieur des clubs — barmen, portiers, fournisseurs ou responsables de sécurité — leur permettant de surveiller les flux financiers, les transactions et la circulation des personnes. La Casa Loma (94, rue Sainte-Catherine Est) est explicitement nommée comme l’un des établissements infiltrés. Le policier la décrit comme un club « classy » — donc fréquenté par une clientèle respectable —, mais « nonetheless a Mafia hangout », formule révélatrice du double visage de l’établissement : vitrine mondaine et carrefour stratégique d’influence criminelle.

L’article établit un lien direct entre cette pénétration progressive et les tensions internes au milieu criminel italo-montréalais. Il rappelle que l’infiltration des Dubois dans ce territoire « italien » atteint son point culminant en mars 1971, avec l’assassinat de trois hommes à la Casa Loma. Le détective Legault affirme que ces meurtres découleraient d’un différend impliquant Joe Di Maulo, portier du club, et Yvon Bélzile, maître d’hôtel. Le journal présente ces homicides comme un moment charnière : après la fusillade, le centre-ville devient de plus en plus identifié comme un « Dubois territory ».

Le témoignage mentionne également l’instauration d’un nouveau modèle de racket. Les propriétaires et employés de clubs auraient été contraints de verser entre 10 $ et 25 $ par semaine afin de conserver leur emploi ou d’éviter des représailles. Cette pratique ne visait plus uniquement les tenanciers, mais s’étendait aux salariés eux-mêmes, ce qui témoigne d’un raffinement des mécanismes de contrôle territorial.

La page intérieure du journal (“Youth sold drugs”) apporte un éclairage complémentaire. Un adolescent de 16 ans, identifié sous le prénom de Michel, affirme avoir vendu des biens volés et des stupéfiants pour le clan Dubois pendant plusieurs années. Il évoque la revente de haschisch et de mescaline dans des « west-end night spots » contrôlés par le clan, ainsi qu’un système d’« autorisation » permettant d’opérer dans certains établissements. Il décrit également l’existence d’un réseau de prêts, de cambriolages et de transactions financières impliquant des banques intimidées par la réputation des Dubois.

Ce double reportage — criminel et économique — replace ainsi la Casa Loma dans une cartographie beaucoup plus large que celle du simple cabaret. En 1975, quatre ans après sa fermeture, l’établissement n’est plus évoqué pour ses revues, ses chanteurs ou son prestige, mais comme un nœud stratégique dans la reconfiguration du pouvoir criminel montréalais des années 1960-1970. Dans la mémoire médiatique de la décennie, la Casa Loma devient un repère symbolique de la transition entre l’ancien système Cotroni–Violi et l’ascension des Dubois, incarnant la porosité entre vie nocturne, contrôle territorial et économie parallèle dans le Red Light montréalais [128].

Cinquante ans plus tard, on ne sait toujours pas tout ce qui s’est passé lors de cette nuit du 12 mars 1971, la dernière du plus célèbre night-club de la légende montréalaise du crime [2].

Andy Cobetto décède le 15 décembre 1993 à l’âge de 85 ans, à la suite de complications liées à la maladie d’Alzheimer [41].

Joseph Di Maulo, devenu l’un des mafiosi les plus influents de la province, est assassiné près de sa somptueuse demeure à Blainville le 5 novembre 2012 [42][43][44][45].

9. Conclusion

Jusqu’au début des années 1960, les boîtes de nuit montréalaises connaissent une prospérité remarquable. Le modèle économique du cabaret repose alors sur des investissements importants — entre 100 000 $ et 150 000 $ vers 1950 — mais demeure viable tant que les cachets des artistes locaux restent modérés. Une vedette québécoise peut encore toucher entre 50 $ et 70 $ par semaine [46].

La situation bascule progressivement au tournant des années 1960. La popularité croissante de certaines figures de la chanson entraîne une inflation spectaculaire des cachets. Michel Louvain, par exemple, peut exiger jusqu’à 1 500 $ par semaine, un montant impensable une décennie plus tôt [47]. Pour les exploitants, l’équilibre financier devient précaire : il faut désormais remplir la salle chaque soir pour absorber des coûts comparables à ceux des grandes institutions culturelles.

Parallèlement, la montée irrésistible de la télévision transforme les habitudes sociales. Le public, autrefois fidèle aux cabarets, découvre une offre culturelle gratuite et accessible à domicile. Les artistes, devenus omniprésents sur le petit écran, perdent en exclusivité ce qu’ils gagnent en notoriété. Le cabaret cesse ainsi d’être le lieu privilégié de consécration.

La Casa Loma illustre parfaitement cette transition. D’abord vitrine majeure des vedettes canadiennes-françaises, puis laboratoire audacieux du jazz international avec le Jazz Hot, elle incarne à la fois l’âge d’or et le crépuscule du grand cabaret montréalais. Son déclin ne résulte pas d’un seul événement, mais d’une mutation structurelle : transformation des goûts, pression économique, concurrence médiatique et reconfiguration du paysage culturel.

Lorsque la Casa Loma ferme ses portes en 1971, c’est tout un modèle de divertissement urbain qui s’efface. Avec elle disparaît une époque où le cabaret constituait l’un des cœurs battants de la vie nocturne montréalaise.

10. Héritage & mémoire

À la lumière des sources rassemblées, la Casa Loma apparaît comme un jalon majeur du divertissement montréalais d’après-guerre, autant par son prestige initial en 1951 que par son rôle de vitrine des vedettes canadiennes-françaises, puis par ses tentatives d’adaptation aux mutations du marché — télévision, réglementation, fluctuations des coûts — au cours des années 1960 [3][6][27].

Le climat réglementaire des années 1950 et 1960 contribue également aux transformations du cabaret montréalais. Une série publiée par La Presse en 1993 rappelle que l’administration municipale resserre considérablement la surveillance des boîtes de nuit, multiplie les suspensions de permis et applique strictement les règlements sur l’alcool et les heures d’ouverture. Ce contexte de moralisation accélère la reconfiguration du paysage nocturne montréalais [67].

L’épisode du Jazz Hot, documenté à la fois par la presse et par l’historiographie du jazz, illustre l’ambition culturelle d’un cabaret cherchant à demeurer compétitif en faisant venir des artistes de premier plan, tout en révélant la fragilité économique d’une programmation internationale soutenue [20][56].

Dès le 15 mars 1971, soit trois jours après le triple meurtre, une chronique de Montréal-Matin évoque explicitement le « déclin général de l’industrie du cabaret » à Montréal, associant la Casa Loma à la fin d’un cycle de la vie nocturne montréalaise d’après-guerre [61].

La séquence de 1971 — au cours de laquelle l’établissement se trouve au cœur d’une affaire criminelle retentissante — marque, dans les sources disponibles, la fin brutale d’un cycle et la disparition d’un modèle de nuit montréalaise dont la Casa Loma fut l’un des visages les plus durables [2][40].

Plus d’une décennie après sa fermeture, la Casa Loma demeure présente dans la mémoire journalistique montréalaise. En 1983, une chronique rétrospective de La Presse la décrit comme un « haut lieu de la vie nocturne d’antan », l’inscrivant parmi les moteurs des nuits montréalaises des années 1950 et 1960 [60].

Cette évocation tardive confirme que la Casa Loma ne fut pas seulement un établissement prospère, mais aussi un repère culturel structurant d’une époque marquée par l’âge d’or des cabarets. Associé à la figure d’Andy Cobetto et à une génération d’artistes canadiens-français en pleine ascension, le lieu symbolise aujourd’hui une période où la scène nocturne constituait un moteur central de la vie artistique montréalaise.

À l’heure où les cabarets ont progressivement cédé la place aux discothèques, aux salles polyvalentes et à de nouveaux modèles de divertissement, le souvenir de la Casa Loma participe à la construction d’un récit patrimonial de la nuit montréalaise. Son nom demeure ainsi associé à la « belle époque » des boîtes de la rue Sainte-Catherine Est, où s’inscrit également, bien plus tard, le Club 281, établi au 94, rue Sainte-Catherine Est de 2004 à 2020, témoignant de la continuité des usages festifs et nocturnes de ce site sur plus d’un siècle.

Disque— Ginette Reno
L’album En spectacle au Casa Loma de Ginette Reno, enregistré en direct au cabaret et publié par Apex en 1966, constitue un témoignage sonore majeur de ses débuts sur la scène montréalaise [234].

Les nuits de la Casa Loma ont été immortalisées sur disque, comme en témoignent des enregistrements réalisés ou associés au lieu par Jacques Desrosiers, Ti-Gus et Ti-Mousse — dont l’album Une soirée au Casa Loma — ainsi que Ginette Reno, confirmant le rôle du cabaret comme espace de captation et de diffusion du spectacle [234].

11. Notices biographiques

Notice biographique - Fondateur

Portrait de Harry Gustav Holmok

Harry Gustov Holmok (25 décembre 1898 – 2 septembre 1959)

Né en Transylvanie le 25 décembre 1898 (alors territoire austro-hongrois, aujourd’hui en Roumanie), Harry Gustav Holmok deviendra l’une des figures dominantes de l’industrie des cabarets montréalais. Ancien combattant de la Première Guerre mondiale — ayant servi successivement dans les forces austro-hongroises, roumaines et auprès des Gardes blanches russes — il survit à plusieurs fronts européens avant d’émigrer au Canada en 1922.

À son arrivée, il travaille comme bûcheron dans le nord du Québec, notamment dans la région du lac Saint-Jean, où il perfectionne son français et son anglais (il maîtrisait huit langues). De retour à Montréal, il exerce d’abord le métier d’ébéniste, puis devient entrepreneur général, participant à la construction de plusieurs immeubles dans la métropole.

Des Vienna aux Bellevue

Au début des années 1930, Holmok se tourne vers l’industrie du divertissement. En 1934, il fait construire son propre club à l’angle des rues Saint-Denis et De Montigny (aujourd’hui De Maisonneuve), le Vienna Grill. Il ouvre ensuite un second Vienna sur Sainte-Catherine Est, puis rebaptise le Cabaret Montmartre — à ne pas confondre avec le Café Montmartre du boulevard Saint-Laurent — en Bellevue Grill, amorçant ainsi une série d’établissements qui feront sa renommée.

Une mention publiée dans Le Devoir en 1939 confirme qu’il est alors déjà bien actif dans le milieu des clubs montréalais, notamment à travers le American Club, en association avec Joseph Krassler [33].

Au tournant des années 1940, Holmok s’intéresse à la grande salle du 375, rue Ontario Ouest, alors connue sous le nom d’Auditorium Ballroom. Dès 1943, il acquiert un ensemble de propriétés stratégiques sur ce tronçon de la rue Ontario Ouest — incluant notamment les numéros 371 à 375 —, comme le rapporte le The Gazette [84]. Cette opération immobilière marque une étape déterminante dans son projet : elle lui permet de consolider son emprise sur le site et d’envisager sa transformation à grande échelle. Il s’inscrit ensuite dans la gestion et la reconfiguration progressive du lieu, qui devient le Roseland Ballroom en 1946, avant d’être converti le 21 avril 1949 en Bellevue Casino.

Le Bellevue Casino : apogée d’un empire

Exploité avec son partenaire et beau-frère Jack Suz, le Bellevue Casino est alors considéré comme le plus important théâtre-restaurant au Canada. Réparti sur trois étages, l’établissement pouvait accueillir plus de 700 personnes assises et employait près de 100 personnes en permanence. Les spectacles représentaient un investissement hebdomadaire de 8 000 à 10 000 dollars — soit de 110 000 à 135 000 dollars en valeur de 2026 —, attirant jusqu’à 2 000 clients les samedis soirs.

Surnommé par la presse américaine « Canada’s Mr. Ziegfeld », Holmok mise sur des productions fastueuses, des revues chorégraphiées et des vedettes internationales. La direction artistique, confiée notamment à Natalie Kamarova, contribue largement au prestige du lieu. Son slogan populaire résume sa philosophie commerciale : « Cinquante cents pour entrer, cinquante cents pour une bière. »

Casa Loma et déclin des grands cabarets

En 1951, Holmok s’associe à Thomas Steppan pour ouvrir la Casa Loma sur la rue Sainte-Catherine Est, qu’il cède toutefois l’année suivante. À partir du milieu des années 1950, les nouvelles réglementations municipales restreignant la vente d’alcool, conjuguées aux transformations urbaines et aux expropriations, fragilisent le modèle économique des grands cabarets. Le Bellevue Casino subira lui-même une expropriation partielle avant sa fermeture et sa démolition en 1962.

Harry Gustav Holmok décède le 2 septembre 1959 à son domicile de Dorval, des suites d’une crise cardiaque. Son parcours illustre l’essor, l’apogée et le déclin des grands cabarets montréalais, dont il fut l’un des principaux architectes durant l’âge d’or du divertissement dans la métropole.

Notice biographique - Fondateur

Thomas Steppan (1895–1953)

Thomas Steppan était propriétaire du Café Trinidad, établissement situé sur la rue Sainte-Catherine Est, au-dessus de l’emplacement qui deviendra plus tard le cabaret Casa Loma. Son exploitation précède l’ouverture officielle de cette salle de spectacle, inscrivant son nom dans l’histoire antérieure du site.

Le 20 mars 1953, à la suite d’une altercation survenue dans son établissement, Steppan est témoin d’une bagarre impliquant son fils et plusieurs individus. Il est pris d’un malaise et décède le soir même à l’âge de 57 ans. Une autopsie conclut que la mort est attribuable à une crise cardiaque, donc à des causes naturelles.

Notice biographique

Portrait d’Andy Cobetto

ANDREW J. « ANDY » COBETTO (1908–1993)

Andrew J. « Andy » Cobetto était un exploitant montréalais associé au milieu des cabarets et établissements nocturnes du centre-ville au milieu du XXe siècle. Figure du nightlife d’après-guerre, il appartient à une génération d’entrepreneurs italo-montréalais actifs dans la gestion de clubs, salles de spectacles et établissements de divertissement qui ont contribué à structurer l’économie nocturne de la rue Sainte-Catherine Est.

Il est notamment associé à l’exploitation du complexe Casa Loma, grand nightclub réputé pour ses lavish floor shows. Une chronique de The Gazette publiée en août 1968 rappelle qu’il aurait opéré le Casa Loma pendant 17 ans, situant son parcours dans la continuité des grandes salles de spectacles populaires du centre-ville. À la même époque, Cobetto est mentionné en lien avec le Jamaica Restaurant installé sur le site de Man and His World, transition présentée dans la presse comme un passage du grand cabaret urbain vers une ambiance plus ouverte et tropicale [127].

Andy Cobetto décède à Montréal le 15 décembre 1993 à l’âge de 85 ans [41].

Notice biographique

HENRI FORGUES (1912–1971)

Henri Forgues fut un exploitant et copropriétaire associé au cabaret CASA LOMA de Montréal au tournant des années 1960. Son nom apparaît dans la presse de l’époque comme l’un des dirigeants impliqués dans la gestion et l’exploitation de l’établissement, alors présenté comme l’une des boîtes les plus fréquentées du secteur Sainte-Catherine Est.

Selon un avis nécrologique publié dans La Presse (1 mars 1971), il décède le 26 février 1971 à Montréal à l’âge de 58 ans. Il est alors identifié comme ex-propriétaire du Café Casa Loma.

Époux de MARIE-ROSE CAYER, il laisse deux filles, ainsi que plusieurs membres de sa famille. Son parcours demeure associé à une période de forte activité du CASA LOMA, dans le contexte dynamique des cabarets montréalais des années 1950 et 1960.

Notice biographique

Photo du Montreal Concert Poster Archive

ANGELO BISANTE (1895–1961)

Angelo Bisante était un entrepreneur italo-montréalais associé au développement du secteur des restaurants et des établissements nocturnes de la rue Sainte-Catherine Est durant les années 1940 et 1950.

Le 13 juin 1941, avec son frère Dandy Bisante, il fonde l’American Spaghetti House au 64 rue Sainte-Catherine Est, angle Berger. Ouvert 24 heures sur 24, l’établissement devient rapidement une institution populaire, notamment auprès des spectateurs des cabarets voisins, dont la Casa Loma. Quinze ans après son ouverture, le restaurant emploie environ 160 personnes et exploite une flotte de camions pour la livraison à domicile — pratique alors innovante à Montréal [1].

Bisante acquiert progressivement la majorité des propriétés du côté sud de la rue Sainte-Catherine, entre Berger et Saint-Dominique, consolidant ainsi un important ensemble commercial. Avant l’ouverture du restaurant, il avait vendu le Casino de Parée, boîte de nuit située à l’angle Saint-Laurent et Sainte-Catherine. Il reviendra plus tard dans le secteur des cabarets en acquérant la Casa Loma en compagnie d’Henri Forgues et d’Andy Cobetto.

Les sources journalistiques décrivent également Bisante comme un philanthrope actif, recevant annuellement plusieurs centaines d’orphelins à son restaurant.

Parallèlement à ses activités commerciales, son nom apparaît dans la documentation relative au milieu interlope montréalais des années 1940-1950. Des articles et témoignages publiés dans le contexte de l’enquête Caron — menée par Pacifique « Pax » Plante et Jean Drapeau sur la corruption policière — mentionnent son association au réseau des tripots, « blind pigs », barbottes et bookmakers. Son épouse, Lucie Delicato Bisante, est décrite comme exploitante de maison close sur le boulevard Saint-Laurent [2] [3] [4].

Le 24 février 1959, un incendie détruit l’American Spaghetti House et cause la mort de deux pompiers lors de l’effondrement de la toiture. Une tentative de relance échoue, en partie en raison de la santé déclinante de Bisante.

Angelo Bisante décède en décembre 1961 à l’âge de 66 ans [5]. Son épouse, Lucie Delicato Bisante, meurt le 6 mars 1966 à l’âge de 60 ans [6].

Le parcours d’Angelo Bisante illustre l’entrelacement caractéristique du Montréal nocturne d’après-guerre, où expansion commerciale, sociabilité populaire et zones grises du milieu interlope coexistaient dans un même espace urbain.

Notice biographique

Photo du Montreal Concert Poster Archive

ROY COOPER (1908–1996)

Roy Cooper est l’une des figures majeures du show-business montréalais du XXe siècle. Actif pendant plus de sept décennies, il est décrit dans la presse comme le « doyen des imprésarios canadiens » et comme une véritable légende du spectacle à Montréal.

Né à Montréal puis formé dans le circuit américain du vaudeville, notamment à New York et dans les Catskills, Cooper développe un vaste réseau professionnel reliant la métropole québécoise aux grands centres artistiques nord-américains. Dès les années 1930, son nom apparaît dans la programmation de cabarets du centre-ville, dont le LIDO (rue Stanley), avant l’essor des grandes boîtes d’après-guerre.

Au fil de sa carrière, il participe à la venue à Montréal d’artistes internationaux de premier plan, parmi lesquels LOUIS ARMSTRONG, BILLIE HOLIDAY, COUNT BASIE, DUKE ELLINGTON, SAMMY DAVIS JR., TONY BENNETT et EDITH PIAF. Son nom est également associé à des tentatives d’engagement de ELVIS PRESLEY, illustrant l’ampleur de son réseau.

Dans les années 1950 et 1960, Cooper joue un rôle structurant dans la circulation des artistes jazz à Montréal. Des sources rétrospectives situent son influence dans le développement du circuit qui inclut le JAZZ HOT du CASA LOMA, contribuant à inscrire la ville dans le réseau nord-américain des grandes tournées.

Respecté pour son professionnalisme et sa capacité à maintenir des relations durables avec les artistes, Cooper incarne la transition entre l’âge d’or des cabarets, la montée des grandes productions internationales et les transformations du paysage nocturne montréalais à partir des années 1960.

Notice biographique

Photo du Montreal Concert Poster Archive

JEN ROGER (Jean-Roger Marcotte, 24 juin 1928 – 13 décembre 2016)

Né à Montréal le 24 juin 1928, Jean-Roger Marcotte, connu sous le nom de scène Jen Roger, fut l’un des maîtres de cérémonie les plus emblématiques de l’âge d’or des cabarets montréalais[120].

Il amorce sa carrière en 1949 après avoir été découvert au Trinidad, cabaret situé à l’étage supérieur du CASA LOMA. Son premier contrat est signé au cabaret Chez Émile à Québec, avant qu’il ne devienne maître de cérémonie au Mocambo, puis M.C. maison du CASA LOMA pendant près de neuf ans[119].

Le Casa Loma et les succès discographiques

Au Casa Loma, Jen Roger présente les grandes vedettes du Québec et contribue à structurer les soirées de cabaret à une époque où la salle est considérée comme l’équivalent montréalais de la Place des Arts avant l’heure[118]. Parallèlement, il entame une carrière discographique marquée par plusieurs succès populaires, dont Toi ma richesse, Sous les ponts de Paris et Le miracle de Sainte-Anne-de-Beaupré, ce dernier devenant l’un des grands succès du disque québécois à la fin des années 1950[118].

Radio et télévision

Il devient annonceur et animateur à CKVL, puis à CKAC dès 1956, animant notamment Sur la grande route et Music-Hall de Jen Roger[119]. En 1957, sa chanson Gondolier remporte un premier prix en Europe. En 1967, il est nommé M. Radio-Télévision et reçoit la même année le Prix Orange[119].

Animateur d’émissions de variétés telles que Les découvertes de Jen Roger, il contribue notamment à lancer la carrière du jeune René Simard[119].

Dernières années

En 1977, il s’installe en Floride où il demeure jusqu’en 1982, tout en poursuivant occasionnellement ses activités artistiques[120]. Il effectue un retour sur scène en 1997 avec le spectacle Souvenirs de la Casa Loma, ravivant la mémoire de l’époque faste des cabarets montréalais[120].

Au total, sa discographie comprend plus de 80 disques 45 tours et 16 albums[119]. Il reçoit en juin 2011 la Médaille de l’Assemblée nationale du Québec pour l’ensemble de son œuvre[120].

Jen Roger s’éteint le 13 décembre 2016 à Montréal, à l’âge de 88 ans[120], laissant l’image durable d’un maître de cérémonie ayant incarné l’esprit des cabarets montréalais des années 1950 et 1960.

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JEAN SIMON (Roland Charrette, 1933 – 14 avril 2003)

Né sous le nom de Roland Charrette, Jean Simon amorce sa carrière artistique comme chanteur dans les cabarets montréalais au début des années 1950[123]. En 1954, il adopte le nom de scène Jean Simon à la CASA LOMA, où il lance ses célèbres « Découvertes »[123].

Les « Découvertes » et le circuit des cabarets

Pendant plus de 15 ans à la Casa Loma, il met en place un système structuré d’auditions et de soirées amateurs qui deviendra un véritable tremplin pour les artistes émergents[123]. Selon un reportage de 1972, il était actif depuis près de 19 ans comme prospecteur et organisateur de spectacles, affirmant avoir vu passer environ 40 000 candidats dans le cadre de ses concours et finales tenus notamment au Café Provincial et au Café du Nord[122].

Au cours de sa carrière, qui s’étend sur plus de 33 ans, il parcourt plus d’une centaine de cabarets de Montréal et de la région, révélant des milliers d’artistes amateurs[121].

Découvreur et imprésario

Jean Simon fut à l’origine des carrières de nombreuses vedettes québécoises, dont Ginette Reno, Anne Renée, Shirley Théroux, Serge Laprade, Jacques Michel, Martine St-Clair, Martin Stevens, France Castel, Pierre Sénécal et Les Baronets[121].

En 1987, il met fin à ses activités de découvreur pour devenir l’imprésario de Rose Ouellette (La Poune) et relationniste de Muriel Millard[123].

Décès

Jean Simon décède le 14 avril 2003 à Montréal, à l’âge de 70 ans, des suites d’un accident vasculaire cérébral à l’Hôpital Notre-Dame[123]. Son parcours demeure associé à l’âge d’or des cabarets montréalais et à la structuration du circuit des « découvertes » qui a marqué durablement la scène artistique québécoise.

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PAOLO NOËL (1929-2022)

Né à Montréal le 4 mars 1929, PAOLO NOËL s’impose dès la fin des années 1940 comme l’une des figures marquantes du cabaret montréalais. En 1948, une imitation remarquée de Tino Rossi lui permet de remporter un concours radiophonique à CKAC, lançant officiellement sa carrière [124][125]. Dès 1949, il débute sur scène et se joint à la troupe itinérante de Jean Grimaldi, tout en enregistrant ses premiers disques.

Dans les années 1950, il devient un chanteur de charme très en vue, enregistrant des succès tels que Vierge Marie, La chanson du petit voilier et Le plus beau tango du monde [124]. Il anime des émissions à la radio (CKVL) et à la télévision (Music-hall à Radio-Canada), puis à Télé-Métropole (Toast et café, Les tannants de chez nous) [124]. En 1957, il agit comme maître de cérémonie à la CASA LOMA, au 94 rue Sainte-Catherine Est [126].

Présent sur les palmarès durant les années 1960 (J’avais 20 ans, L’amour est bleu), il poursuit sa carrière dans les cabarets du Québec et en Floride. À partir des années 1970, il propose également des chansons fantaisistes qui connaissent un grand succès populaire [124].

En parallèle, Paolo Noël mène une carrière d’acteur, notamment dans la série Omertà – La loi du silence (1999), où il interprète le tueur à gages Tony Potenza, rôle qu’il reprend au cinéma en 2012 [124][125]. Il publie également trois volumes autobiographiques.

Il s’éteint le 17 avril 2022 à l’âge de 93 ans. Les articles de La Presse et de The Gazette soulignent son influence durable sur la scène du cabaret et de la télévision québécoise [124][125].

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GIUSEPPE « JOS » DI MAULO (1944–2012)

Giuseppe « Jos » Di Maulo (1944–2012) est une figure associée au milieu criminel italo-montréalais de la seconde moitié du XXe siècle. Originaire d’une famille issue du Molise (Italie), il apparaît dans la documentation journalistique à partir de la fin des années 1960.

En mars 1971, son nom est publiquement lié à l’affaire du triple meurtre survenu au complexe Casa Loma, où il est décrit comme gérant de la discothèque Pamplemousse. D’abord reconnu coupable du meurtre de Jean-Claude Rioux en novembre 1971, il est ultérieurement acquitté à la suite d’un nouveau procès en 1973.

Au cours des décennies suivantes, plusieurs enquêtes journalistiques le présentent comme un acteur influent au sein de la faction calabraise du crime organisé montréalais. Il est notamment décrit comme ayant entretenu des relations avec des membres du clan Cotroni, dont Vincenzo « Vic » Cotroni et Frank Cotroni. Des liens familiaux entre les deux réseaux sont également mentionnés dans la presse [113].

Dans les années 2000, son nom est associé aux recompositions internes du milieu criminel montréalais à la suite du déclin de la famille Rizzuto. Les analyses publiées après son décès soulignent son ancienneté au sein du réseau calabrais et son positionnement dans les dynamiques d’influence entre différentes factions.

Giuseppe Di Maulo est assassiné le 5 novembre 2012 devant sa résidence de Blainville. Sa mort s’inscrit dans une série d’événements violents liés aux luttes de pouvoir au sein du crime organisé québécois au début du XXIe siècle.

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VINCENT « VIC » COTRONI (1910–1984)

Né en 1910 à Mammola, en Calabre, Vincenzo « Vic » Cotroni immigre au Canada au milieu des années 1920 et s’établit à Montréal, où il deviendra l’une des figures les plus connues du crime organisé montréalais [130]. Son nom est particulièrement associé au milieu des cabarets, des restaurants de nuit et des maisons de jeu du centre-ville entre les années 1940 et 1970 [131].

En partenariat avec ARMAND COURVILLE, ancien lutteur professionnel, il est lié à plusieurs établissements emblématiques, dont le Café Royal (97 rue Sainte-Catherine Est, 1942-1948), le Café Val d’Or (1417 boulevard Saint-Laurent), ainsi que le cabaret Au Faisan Doré, souvent présenté comme le premier grand cabaret francophone du Québec [142]. Le Café Vic (1953-1957) et son successeur, le Café Pal, à la même adresse, figurent également dans les sources journalistiques et judiciaires de l’époque [132][133].

Des études de synthèse sur le crime organisé à Montréal décrivent les clubs de nuit comme des lieux stratégiques servant à la fois de vitrines commerciales, de lieux d’influence et parfois de « paravents » financiers. Dans cette perspective, plusieurs établissements du centre-ville — incluant la CASA LOMA — sont mentionnés comme évoluant dans la sphère d’influence de réseaux liés à l’organisation Cotroni, qu’il s’agisse de propriété directe, de gestion par prête-nom ou de contrôle indirect [131][140].

Au fil des décennies, le nom de Cotroni apparaît régulièrement dans la presse canadienne et américaine. Des articles évoquent des enquêtes policières, des procédures judiciaires et des allégations concernant son rôle au sein d’une hiérarchie criminelle montréalaise [134][135]. Il comparaît devant la Commission d’enquête sur le crime organisé (CECO) en 1975, épisode marquant de la lutte institutionnelle contre la pègre au Québec [136].

Parallèlement aux activités liées aux cabarets, Cotroni et ses associés sont mentionnés dans divers intérêts commerciaux, notamment dans le secteur alimentaire, dont Reggio Foods [139]. La figure de Cotroni demeure toutefois ambivalente dans les récits : certains témoignages le décrivent comme un homme fasciné par le monde du spectacle et proche des artistes, tandis que les analyses policières et journalistiques l’inscrivent dans la structure d’une organisation criminelle d’envergure [142].

Vincent Cotroni décède le 16 novembre 1984 à Montréal. La couverture médiatique de ses funérailles souligne l’importance symbolique du personnage dans l’histoire du Montréal nocturne du XXe siècle [138].

Notes & sources

  1. LE CANADA, Montréal, mercredi 14 février 1951 —
    Publicité annonçant l’ouverture du CASA LOMA CAFE, 94 est, rue Sainte-Catherine (« Grande nouvelle ! … ouvre ses portes demain »), avec une représentation mettant en vedette TITO CORAL. Cette annonce confirme la date d’ouverture du Casa Loma à la mi-février 1951 ainsi que son positionnement initial comme café-spectacle.
  2. LA PRESSE, 22 septembre 1991 — « Les grands procès : l’affaire du Casa Loma ». Article rétrospectif retraçant les événements du 12 mars 1971, les procédures judiciaires subséquentes et les principales versions rapportées au procès.
  3. LA PATRIE, Édition finale, 25 février 1951 —
    « Beaucoup de choix dans les boîtes cette semaine ».
    Article décrivant l’animation de la rue Sainte-Catherine et présentant le CASA LOMA comme l’un des cabarets les plus en vue de Montréal. Le texte mentionne la propriété de Harold (Bellevue Casino) Holmok et de Thomas Steppan, souligne la qualité du décor, de la cuisine et du spectacle, et confirme l’exploitation active du Casa Loma à la fin de février 1951.
  4. LA PATRIE, samedi 21 mars 1953 —
    « Mort attribuable à des causes naturelles ».
    Article rapportant le décès de THOMAS STEPPAN, âgé de 57 ans, survenu à la suite d’une altercation au café TRINIDAD, rue Sainte-Catherine Est. Le médecin légiste conclut à une crise cardiaque. Cette mention confirme l’implication de Steppan dans l’exploitation d’un établissement situé au 92 est, rue Sainte-Catherine, dans le même immeuble que le CASA LOMA.
  5. LE PETIT JOURNAL, dimanche 18 février 1951 —
    « L’Oiseau de nuit ».
    Chronique annonçant que le nouveau CASA LOMA, 94 est, rue Sainte-Catherine, a ouvert ses portes le jeudi précédent. L’article mentionne la présence en vedette du chanteur TITO CORAL, accompagné d’autres artistes, ainsi que l’orchestre dirigé par MARCEL DORÉ. Cette référence confirme l’ouverture effective du Casa Loma à la mi-février 1951 et sa programmation inaugurale.
  6. LA PRESSE, 8 juin 1963, Supplément 2 — p. 4–6 —
    « De la chanson au Music-Hall », par Pierre Bourgault (photos : Antoine Desilets).
    Article consacré à l’état de la vie nocturne montréalaise et au rôle du CASA LOMA dans le paysage des cabarets du début des années 1960. Le texte précise que l’établissement, exploité par COBETTO et FORGUES, mise depuis 1952 sur une programmation structurée combinant vedettes canadiennes et numéros de variétés. L’article souligne la longévité exceptionnelle du Casa Loma, son modèle stable (quatre numéros, dont une vedette canadienne-française) ainsi que les cachets importants versés aux artistes depuis son ouverture.
  7. WIKIPÉDIA, article « Casa Loma (Montréal) » (page consultée le 24 janvier 2026) — article décrivant l’histoire du cabaret Casa Loma, un établissement montréalais des années 1950-1960 situé au 94, rue Sainte-Catherine Est, évoquant son rôle culturel et sa fermeture. [source]
  8. Dominique Michel, Y a des moments si merveilleux, p. 139.
  9. PHOTO-JOURNAL — Tout par l’image, 6 janvier 1962 —
    Edward Rémy, « N’en parlez à personne… ».
    Chronique mondaine mentionnant que M. COBETTO fait transformer le « Roseland Ballroom » du CASA LOMA en cabaret « twist », confirmant l’adaptation du complexe aux nouvelles tendances musicales au début des années 1960.
  10. TÉLÉ-RADIOMONDE, samedi 2 octobre 1965 —
    Claude-Lyse Gagnon, « Serge Laprade compte sur son prochain long-jeu pour réaliser le rêve de sa jeune carrière : La comédie musicale ».
    Article retraçant les débuts de SERGE LAPRADE, mentionnant qu’il fut lancé par JEAN SIMON et qu’il participa à des concours d’amateurs, notamment au CASA LOMA en 1962, où il remporta un prix. Cette référence confirme le rôle du Casa Loma comme tremplin artistique au début des années 1960.
  11. LE PETIT JOURNAL, Cahier A, dimanche 4 novembre 1962 —
    « Chez Isidore ».
    Article annonçant l’ouverture de CHEZ ISIDORE, cabaret de style typiquement canadien installé au second étage de la CASA LOMA. Le texte décrit la présence de la famille SOUCY, une décoration rustique (bois sculpté, bouleau naturel, verdure) et une cuisine aux accents canadiens, confirmant l’exploitation d’un espace distinct à l’étage du complexe au début des années 1960.
  12. TÉLÉ-RADIOMONDE, samedi 20 octobre 1962 —
    Phil Laframboise, « Avec un violon payé $125 en 1924 il est devenu millionnaire du disque en 1962 ».
    Article consacré à ISIDORE SOUCY, relatant sa carrière discographique et ses succès populaires. Le texte mentionne que son fils FERNANDO SOUCY se produit au second étage du CASA LOMA, au « Roseland Ballroom », confirmant l’exploitation active de l’étage supérieur du complexe en 1962 et l’intégration du folklore québécois à sa programmation.
  13. LE PETIT JOURNAL, Cahier A, dimanche 28 octobre 1962 —
    Jean Laurac, « Pas de projets insensés à CKLM ! » (rubrique « En vrac… »).
    Brève annonçant l’ouverture de CHEZ ISIDORE au second étage de la CASA LOMA. Le texte précise que la salle est exploitée par ANDY COBETTO, propriétaire de la Casa Loma, et décrit une formule typiquement canadienne mettant en vedette la famille SOUCY. Cette mention confirme l’exploitation active du deuxième étage du complexe à l’automne 1962.
  14. TÉLÉ-RADIOMONDE, samedi 17 novembre 1962 —
    Mention et photographie de CHEZ ISIDORE, situé au-dessus de la CASA LOMA, 94 est, rue Sainte-Catherine. L’article précise que le « violoneux millionnaire » ISIDORE SOUCY y attire les amateurs de musique folklorique canadienne et y présente notamment le trio composé de Fernando (violoniste), Oscar (chanteur-comédien-danseur) et d’un cuisinier-violoniste. Cette publication confirme l’exploitation active du deuxième étage de la Casa Loma à l’automne 1962.
  15. TÉLÉ-RADIOMONDE, samedi 15 décembre 1962 —
    Article intitulé « Notre folklore est en deuil : Isidore », consacré au décès d’ISIDORE SOUCY, figure majeure du folklore québécois et vedette de CHEZ ISIDORE, au deuxième étage de la CASA LOMA. Le reportage rappelle son parcours, son succès discographique et son importance dans la diffusion du répertoire traditionnel canadien-français. Cette publication confirme la place centrale occupée par Soucy dans la programmation de l’établissement à l’automne 1962.
  16. Publicité — « La vraie Famille Soucy à la boîte Chez Isidore » —
    Annonce présentant l’ENSEMBLE DE LA FAMILLE SOUCY (Fernando Soucy, Oscar Morin, Carmelito, etc.) « en haut du Casa Loma », 94 est, rue Sainte-Catherine. La publicité précise la mention « permis complet » et confirme l’exploitation active du deuxième étage sous l’enseigne CHEZ ISIDORE, avec programmation folklorique canadienne et invités spéciaux (dont Norman Knight).
  17. LE QUARTIER LATIN, mardi 10 mars 1964 —
    Article intitulé « Le Jazz et la Casa Loma ». Le texte décrit la transformation de la CASA LOMA en véritable centre de diffusion du jazz à Montréal. Il mentionne la venue d’OSCAR PETERSON à Noël précédent, ainsi que la programmation d’artistes internationaux majeurs tels que MILES DAVIS, AHMAD JAMAL, STAN GETZ, GERRY MULLIGAN, JOHN COLTRANE, SONNY ROLLINS, DIZZY GILLESPIE et ART FARMER. L’article souligne que la salle de 550 places affiche complet plusieurs soirs par semaine et présente la Casa Loma comme un nouveau pôle jazz du centre-ville montréalais.
  18. PHOTO-JOURNAL, samedi 28 mars 1964 —
    Mention du « temple du jazz » de la CASA LOMA, auparavant désigné comme « Casa Loma en Haut », qui adopte désormais le nom JAZZ HOT. Cette référence confirme le repositionnement officiel du deuxième étage comme salle dédiée au jazz au printemps 1964.
  19. LE PETIT JOURNAL, 22 mars 1964, Cahier A —
    Publicité : « Le Jazz Hot présente en personne JULIAN “CANNONBALL” ADDERLEY et son sextet », pour une semaine seulement, au Casa Loma (en haut), 94 rue Sainte-Catherine Est.
    Mention également : Pierre Leduc Trio (dimanche matinée 5 h p.m.).
    Confirmation de l’usage du nom Jazz Hot pour désigner la salle supérieure de la Casa Loma en mars 1964.
  20. John Gilmore, Une histoire du jazz à Montréal, traduction de Karen Ricard, préface de Gilles Archambault, Montréal, Lux éditeur, coll. « Mémoire des Amériques », 3 juin 2009, 416 p., ill. (89 photographies en noir et blanc), p. 301.
  21. LA PRESSE, 25 avril 1964, Le magazine de La Presse
    Pierre Bourgault, « L’émotion, la vie, le jazz : Pierre Leduc ».
    Portrait du pianiste montréalais PIERRE LEDUC, alors en résidence au Casa Loma (salle du haut / Jazz Hot). L’article souligne son admiration pour JOHN COLTRANE et THELONIOUS MONK, son immersion dans la scène jazz montréalaise et son évolution artistique rapide au contact des grandes figures américaines présentées à la Casa Loma.
  22. LA PRESSE, 2 août 1965 — rubrique Les Arts, « Aujourd’hui » —
    Mention : « Au Casa Loma En Haut, ce soir, débuts à Montréal de Théo Sarapo. »
    Confirmation que la salle supérieure de la Casa Loma — toujours identifiée comme Casa Loma en Haut — demeure active à l’été 1965 et accueille des artistes internationaux en tournée.
  23. THE GAZETTE, 20 mai 1966 —
    Publicité : « Playgirls A-Go-Go », 40-C8 Room, « Continuous from 8:30 p.m. », Upstairs at Casa Loma, 94 St. Catherine St. E., tél. UN 1-8213.
    Confirmation d’une reconfiguration de la salle du haut en formule a-go-go à la mi-1966, marquant un glissement vers une programmation de divertissement nocturne plus commerciale.
  24. TÉLÉ-RADIOMONDE, 10 février 1968 —
    « Le Casa Loma vendu ».
    Article annonçant qu’après plus de quinze ans à la tête du cabaret, Andy Cobetto a vendu ses actions. Les nouveaux propriétaires indiquent vouloir maintenir la politique artistique du club et continuer à présenter des artistes canadiens — sous réserve de la rentabilité de cette orientation.
  25. LE PETIT JOURNAL, 28 janvier 1968 —
    « La Casa Loma est vendue ».
    Article annonçant la vente du cabaret par Andy Cobetto, propriétaire depuis plus de quinze ans, à MM. Jos Di Malo et Lefebvre. Il est précisé que Lefebvre exploitait déjà le « go-go club » à l’étage. L’article mentionne également que Cobetto déplorait récemment le manque d’intérêt du public montréalais pour ses spectacles « tout canadiens ».
  26. TÉLÉ-RADIOMONDE, 21 janvier 1967 —
    « Le Casa Loma continuera sa même politique de spectacle ».
    Article annonçant l’achat de l’édifice et du terrain du Casa Loma par des associés de la compagnie de placements Speco, dont Dominique Michel, Doris Lussier et Guy Provost. Il est précisé que les nouveaux propriétaires n’interviendront pas dans l’exploitation du cabaret, laquelle demeure assurée par Andy Cobetto et Henri Forgues.
  27. LE PETIT JOURNAL, 7 janvier 1968 —
    « Après 18 ans de métier, Andy Cobetto avoue : “Je ne sais plus quoi offrir au public” ».
    Entrevue avec Andy Cobetto, directeur du Casa Loma, qui évoque la saturation du marché, la concurrence des grandes salles montréalaises et les difficultés financières liées aux cachets élevés des vedettes internationales. Il souligne également le déclin d’achalandage depuis la fin de l’Expo 67 et admet son incertitude quant à l’orientation future de la programmation.
  28. LE PETIT JOURNAL, 28 janvier 1968 —
    « La Casa Loma est vendue ».
    Article annonçant la vente du cabaret par Andy Cobetto, propriétaire depuis plus de quinze ans, à MM. Jos Di Malo et Lefebvre. Il est précisé que Lefebvre exploitait déjà le « go-go club » à l’étage. L’article mentionne également que Cobetto déplorait récemment le manque d’intérêt du public montréalais pour ses spectacles « tout canadiens ».
  29. BEAUCHAMP, YVES, 19 avril 1966 —
    Reportage photographique : « Casa Loma, club de nuit de la rue Sainte-Catherine », dossier P833,S5,D1966-0099, Fonds La Presse, Archives nationales à Montréal.
  30. LE JOURNAL DE MONTRÉAL, 22 janvier 2018 —
    « Détails inédits sur le meurtre d’un mafioso » : Portrait de Joseph « Joe » Di Maulo, influent mafioso de Montréal assassiné en 2012. Selon sa fille Milena, Di Maulo avait eu une discussion tendue avec le parrain Vito Rizzuto au sujet de Raynald Desjardins deux jours avant d’être abattu devant son domicile à Blainville, âge de 70 ans. La couverture, fondée sur un livre à paraître, suggère que Di Maulo se savait « en danger » et met en lumière les tensions internes du milieu criminel montréalais qui pourraient avoir contribué à son assassinat.
  31. LA PRESSE, 26 février 1970, cahier SPEC
    « On n’a plus l'obscénité qu’on avait », enquête d’Ingrid Saulnier, Pierre Vincent et Yves Leclerc (texte : Yves Leclerc).
    Article portant sur les débats entourant l’obscénité, la censure et l’application de l’article 150 du Code criminel dans les cabarets montréalais. Le texte mentionne FERNAND LEFEBVRE, patron de la CASA LOMA, dans le contexte des controverses liées aux spectacles jugés provocants. Ce document éclaire le climat juridique et moral dans lequel évoluent les établissements de nuit de la rue Sainte-Catherine à la fin des années 1960.
  32. LA PRESSE, 19 décembre 1970 — C. Arts et lettres —
    « Écritures et écrisibles », rubrique La semaine littéraire.
    Mention d’un lancement tenu à la discothèque Le Pamplemousse, 94, rue Sainte-Catherine Est, confirmant l’exploitation du lieu au sein du complexe Casa Loma en décembre 1970.
  33. TÉLÉ-RADIOMONDE, 9 janvier 1971 —
    « Une nouvelle discothèque “pop” ».
    Article illustré confirmant le lancement de Mainmise-2 tenu le 21 décembre 1970 à la discothèque Le Pamplemousse. Mention d’une affluence de « plusieurs centaines de jeunes » et prestation du groupe Jude-3.
  34. Coolopolis Blog — « 1971's Casa Loma massacre: three murdered in a downtown bar ». Synthèse des versions des événements du triple meurtre à la Casa Loma, soulignant notamment que Morin abat deux hommes au bar et que, dans la confusion qui suit, Rioux est tué par un trio réagissant à l’association avec Morin.
  35. LA PRESSE, 21 septembre 1971 — Cahier A — rubrique Les tribunaux
    « Rioux est mort quinze minutes après l’arrivée à l’hôpital Saint-Luc ».
    Compte rendu du procès confirmant le transport de Jean-Claude « Ti-Caille » Rioux à l’hôpital Saint-Luc vers 5 h 30 et son décès quinze minutes plus tard, ainsi que la visite des jurés à la Casa Loma et la présentation de la preuve technique par la Couronne.
  36. LA PRESSE, 30 mars 1971 — Cahier A —
    « Le coroner : “J’aimerais entendre DiMaulo” », Jacques Gagnon.
    Article confirmant que Joe DiMaulo, gérant du club Pamplemousse situé à l’intérieur du complexe Casa Loma, est activement recherché après les meurtres du 12 mars 1971. Le coroner Laurin Lapointe indique souhaiter l’entendre comme témoin et ajourne l’enquête au 27 avril suivant.
  37. LA PRESSE, 6 avril 1971 — Cahier A —
    « Le triple meurtre du Casa Loma Café — Le coroner recommande de poursuivre les inculpés », Lucien Rivard.
    Compte rendu du verdict du coroner Laurin Lapointe recommandant des poursuites contre Jos Di Maulo, Joseph Tozzi et Julio Ciamarro relativement au meurtre de Jean-Claude Rioux. L’article confirme la comparution des accusés, le retour de Di Maulo de Floride et son témoignage lors de la reprise de l’enquête.
  38. LA PRESSE, Montréal, mercredi 15 septembre 1971, cahier A, p. A8 —
    « La cour visite la Casa Loma ».
    Compte rendu de la visite judiciaire effectuée dans le cadre du procès de Giuseppe Di Maulo, Joseph Tozzi et Julio Ciamarro. L’article décrit en détail l’exploration des trois étages du complexe (bars, salles de spectacle, coulisses, ateliers de décors, chambres de réfrigération, loges, escaliers, discothèque Pamplemousse au 2e étage), la présence d’un millier de badauds à l’extérieur ainsi que l’atmosphère étouffante à l’intérieur, qualifiant la scène d’« entracte fellinien ».
  39. MONTRÉAL-MATIN, 27 novembre 1971 — Cahier 1 —
    « Di Maulo, Ciamarro et Tozzi coupables », Roger Guill.
    Article confirmant le verdict de culpabilité rendu par le jury contre Jos Di Maulo, Julio Ciamarro et Joseph Tozzi pour le meurtre de Jean-Claude Rioux à la Casa Loma, ainsi que la condamnation obligatoire à l’emprisonnement à vie et l’annonce d’un appel.
  40. LA PRESSE, Montréal, jeudi 1 février 1973, cahier A — Léopold Lizotte, « Casa Loma : les trois accusés sont acquittés ». Article annonçant l’acquittement de Jos Di Maulo, Joseph Tozzi et Julio Ciamarro lors du second procès lié au meurtre de Jean-Claude « Ti-Caille » Rioux survenu à la Casa Loma le 12 mars 1971, le juge Roger Ouimet ayant recommandé aux jurés de rendre un verdict d’acquittement en raison des contradictions relevées dans les témoignages des principaux témoins.
  41. LA PRESSE, 22 décembre 1993 — C. Vivre —
    Avis de décès de COBETTO (Andrew J.), confirmant son décès à Montréal le 15 décembre 1993 à l’âge de 85 ans.
  42. THE GLOBE AND MAIL, 6 novembre 2012 —
    « Montreal man with mafia ties, Joe Di Maulo, killed in front of his home ».
    Article rapportant que Joseph « Joe » Di Maulo...
  43. TVA NOUVELLES, 22 janvier 2018 —
    « Détails inédits sur le meurtre d’un mafioso ».
    Article rapportant des éléments contextuels entourant l’assassinat de Joseph « Joe » Di Maulo, survenu en novembre 2012 à Blainville.
  44. TVA NOUVELLES, 5 novembre 2012 —
    « Qui est Joe Di Maulo? ».
    Article présentant des éléments biographiques sur Joseph « Joe » Di Maulo, notamment ses liens avec le crime organisé et son rôle dans l’affaire du triple meurtre de 1971.
  45. LA PRESSE, 6 novembre 2012 — Cahier A —
    « Quelqu’un est prêt à prendre la direction », Daniel Renaud.
    Article d’analyse publié au lendemain de l’assassinat de Joseph « Joe » Di Maulo, présentant son rôle au sein du crime organisé montréalais et les hypothèses entourant sa succession.
  46. LA PRESSE, 18 juin 1984 — cahier D — « La belle époque… avant la télévision », Raymond Bernatchez.
    Article rétrospectif sur l’âge d’or des cabarets montréalais (années 1930–1960). Mention du CASA LOMA, ouvert en 1951 au 94, rue Sainte-Catherine Est par ANDY COBETTO, ainsi que de plusieurs établissements emblématiques du secteur (Rockhead’s Paradise, Tic-Toc, Casino Bellevue, etc.). Situe le CASA LOMA dans le contexte des grandes boîtes de nuit montréalaises avant l’ère télévisuelle.
  47. RADIOMONDE ET TÉLÉMONDE, 7 février 1959 — rubrique « En bref ».
    Mention du cachet de MICHEL LOUVAIN au CASA LOMA : 400 $ par semaine, avec augmentation envisagée à 500 $ puis 600 $, selon son conseiller JOHNNY REED. Témoigne de la popularité croissante de Louvain et de la capacité du CASA LOMA à engager des vedettes à cachet important à la fin des années 1950.
  48. LA PRESSE, 21 avril 1997 — Cahier A, p. A18 — « Le miracle de Jen Roger », Jean Beaunoyer.
    Portrait rétrospectif de JEN ROGER (Jean Roger), animateur et « Monsieur M.C. » des cabarets montréalais. L’article rappelle notamment sa longue association avec le CASA LOMA, où il présente des spectacles pendant une dizaine d’années, contribuant à l’essor de la salle et à la carrière de plusieurs artistes québécois.
  49. Michelle Chanonat, Ginette Reno, Montréal, Les Éditions de l’Homme / Les Intouchables, 9 avril 2013, (ISBN 9782895495444), p. 54.
  50. THE MONTREAL STAR, Saturday, December 16, 1961.
    Publicité annonçant l’ouverture du ROSELAND BALL ROOM, 602 rue Sainte-Catherine Est (UN 1-0096), avec la première apparition des vedettes du film Paramount “Hey, Let’s Twist!”, incluant THE PEPPERMINT TWISTERS, Joey and his Twistalongs, ainsi que AL NICHOLS AND HIS BAND. Témoigne de l’implantation du phénomène du twist à Montréal au début des années 1960.
  51. LA PRESSE, 16 juin 1991 — Cahier A — « L’“American Spaghetti House” : une maison qui a popularisé le spaghetti à Montréal », Guy Pinard.
    Article rétrospectif sur l’American Spaghetti House, fondé par ANGELO BISANTE, situé rue Sainte-Catherine Est. Mention du contexte des établissements du secteur, incluant le CASA LOMA, ainsi que des liens avec HENRI FORGUES et ANDY COBETTO dans l’histoire commerciale du quadrilatère.
  52. L’Encyclopédie canadienne, article « Ginette Reno », thecanadianencyclopedia.ca (page consultée le 24 janvier 2026). Article encyclopédique présentant la carrière, les distinctions et l’influence culturelle de la chanteuse et actrice québécoise Ginette Reno, née à Montréal en 1946. [source]
  53. Stanley Péan, Michel Donato : bleu sur le vif, Montréal, Éditions Mains Libres, 21 novembre 2023, 474 p., ISBN 9782925197416, p. 61.
  54. TÉLÉ-RADIOMONDE, 29 septembre 1962 — p. 13 —
    « Une boîte où il y a foule chaque soir : la CASA LOMA », Marcel Beauregard.
    Entrevue avec Andy Cobetto et Henri Forgues décrivant la philosophie de gestion et la politique artistique du Casa Loma au début des années 1960.
  55. TÉLÉ-RADIOMONDE, 18 août 1962 — p. 7 —
    « Mes pénibles débuts au cabaret », J.-Mars Provost.
    Entrevue avec Jean (Jen) Roger mentionnant qu’il est maître de cérémonies attitré du Casa Loma depuis huit ans.
  56. LA PRESSE PLUS, 9 juin 1984 —
    « De l’âge d’or des années 50 aux fatales années 70 ».
    Dossier rétrospectif sur l’évolution du jazz à Montréal, évoquant l’essor des clubs dans les années 1950–1960 et les difficultés structurelles apparues au tournant des années 1970.
  57. THE GAZETTE, samedi 18 mai 1963 —
    Publicité pour le Casa Loma (94 St. Catherine E.) annonçant « The Upstairs Room » avec Ray Milan and the Quarter Notes, ainsi que Roger Pelletier et son orchestre; mention de Marcel Doré et son orchestre à la salle principale.
  58. THE GAZETTE, samedi 23 mai 1964 —
    « Cabaret Guide » — Publicité pour le Casa Loma mentionnant « the Casa Loma series at Le Jazz Hot » avec Gene Krupa et Jonah Jones.
  59. ST-JEAN, RÉAL, 12 mars 1971 —
    Reportage photographique : « Meurtres (trois morts) au Casa Loma Café », dossier P833,S5,D1971-0168, Fonds La Presse, Archives nationales à Montréal.
  60. LA PRESSE, 9 juillet 1983 — André Robert, « Que sont devenus les moteurs de nos nuits d’antan ? », chronique rétrospective évoquant le Casa Loma comme un haut lieu de la vie nocturne montréalaise.
  61. MONTRÉAL-MATIN, lundi 15 mars 1971 — p. 47 —
    André Robert, « Toute la ville en parle ».
    Chronique évoquant le triple meurtre du Casa Loma dans le contexte du déclin général des cabarets montréalais.
  62. LE QUARTIER LATIN, mardi 10 mars 1964 —
    Danielle Sauvage, « Le Jazz et la Casa Loma ».
    Article décrivant la transformation du deuxième étage de la Casa Loma en boîte de jazz, l’abandon du « continuous dancing », la capacité d’environ 550 places, la tenue de trois spectacles par soir (9 h, 11 h, 1 h), le succès initial du trio d’Oscar Peterson et la poursuite de l’expérience par Andy Cobetto. L’article mentionne également plusieurs artistes invités (Miles Davis, Ahmad Jamal, Stan Getz, Gerry Mulligan, John Coltrane, Sonny Rollins, Dizzy Gillespie, Cannonball Adderley, Duke Ellington, Jacques Loussier, Les Double Six) ainsi qu’un tarif étudiant spécial fixé à 1 $ certains soirs.
  63. TÉLÉ-RADIOMONDE, samedi 3 novembre 1962 —
    Marcel Beauregard, « La famille Soucy se transporte au cabaret », rubrique Cabarets. Article décrivant l’ouverture et le succès de « Chez Isidore » au-dessus de la Casa Loma, son ambiance folklorique, son menu traditionnel et la stratégie de gestion d’Andy Cobetto et Henri Forgues.
  64. LA PRESSE, Montréal, vendredi 1 octobre 1971, section B —
    Conrad Bernier, « Paulette Gingras était présente lorsque Vaillancourt et Verrier ont été abattus ».
    Compte rendu du témoignage de Paulette Gingras au procès de Giuseppe Di Maulo, Joseph Tozzi et Julio Ciamarro, décrivant le déroulement du double meurtre survenu le 12 mars 1971 au cocktail lounge Jacques Antonin de la Casa Loma.
  65. TÉLÉ-RADIOMONDE, samedi 14 janvier 1967 —
    « Après deux ans d’attente : Ginette Reno chantera à la Casa Loma ». Article annonçant l’engagement de Ginette Reno en vedette pour deux semaines à compter du 30 janvier 1967 et mentionnant qu’elle avait été maître de cérémonie à la Casa Loma pendant plus de quatre ans.
  66. TÉLÉ-RADIOMONDE, samedi 25 septembre 1965 —
    « La nouvelle saison démarre le 27 septembre avec les Cyniques ». Article annonçant le retour de la Casa Loma à une politique centrée sur les vedettes canadiennes et l’abandon des revues à grand déploiement.
  67. LA PRESSE, dimanche 15 août 1993, cahier A —
    Daniel Proulx, « Montréal sous le régime des purs (1955-1960) », série « La grande histoire du “Red Light” ». Article rétrospectif décrivant la répression municipale des cabarets et la transformation du quartier du Red Light.
  68. LA PRESSE, Montréal, vendredi 8 octobre 1971, cahier B —
    Conrad Bernier, « Me Maranda dépèce les différents témoignages de Paulette Gingras ». Compte rendu du contre-interrogatoire au procès de Giuseppe Di Maulo, Joseph Tozzi et Julio Ciamarro, soulignant les contradictions des déclarations de Paulette Gingras.
  69. LA PRESSE, Montréal, mardi 30 mars 1971, cahier A —
    Jacques Gagnon, « Le coroner : “J’aimerais entendre Di Maulo” ». Compte rendu de l’enquête du coroner concernant les meurtres survenus à la Casa Loma le 12 mars 1971, mentionnant la disparition de Joe DiMaulo et l’hypothèse d’une dette de 500 $.
  70. LA PRESSE, Montréal, mercredi 20 octobre 1971, cahier A, p. A9 —
    Conrad Bernier, « L’affaire Casa Loma : Yvon Métras est libéré par la cour ». Article relatant la libération d’Yvon Métras, ancien employé (busboy) de la Casa Loma, d’abord déclaré « témoin hostile » dans le cadre du procès lié au triple meurtre du 12 mars 1971 au cocktail lounge Jacques Antonin.
  71. LA PRESSE, Montréal, mardi 26 octobre 1971, cahier A, p. A14 — « Les trois meurtres du Casa Loma : “Tiny Bull” se contredit ». Compte rendu des contradictions relevées dans le témoignage d’Yvon Métras lors du procès lié au triple meurtre du 12 mars 1971.
  72. LA PRESSE, Montréal, mercredi 27 octobre 1971, — « “Monsieur Bull” s’est tu parce qu’il avait peur ». Compte rendu du contre-interrogatoire d’Yvon Métras dans le cadre du procès lié au triple meurtre du 12 mars 1971 à la Casa Loma.
  73. LA PRESSE, Montréal, vendredi 15 octobre 1971, cahier B — Conrad Bernier, « Casa Loma : Yvon Métras est cité à la barre des témoins ». Article annonçant la comparution d’Yvon Métras, employé de la Casa Loma, comme témoin lors du procès lié au triple meurtre du 12 mars 1971.
  74. ANTOINE DESILETS, 15 septembre 1971 —
    Dossier photographique, Fonds La Presse, Archives nationales à Montréal — Notice détaillée : P833,S5,D1971-0500.
    Ensemble de photographies liées aux reportages « Conférence de presse à la Place des Arts (PdA) » et « La Cour au Casa Loma ». Les documents montrent notamment une conférence de presse dans le hall de la PdA (présentation d’un logo, quatre intervenants autour d’une table), un écriteau « Antoine Bourdelle », ainsi qu’un individu expliquant un plan de bâtiment à un groupe d’hommes à l’intérieur du CASA LOMA dans le contexte des procédures judiciaires de septembre 1971.
  75. LA PRESSE, Montréal, samedi 16 octobre 1971, cahier A — Conrad Bernier, « Métras identifie Jos Di Maulo et Joseph Tozzi ». Article relatant le témoignage d’Yvon Métras au procès du triple meurtre du 12 mars 1971 survenu au cocktail lounge Jacques Antonin de la Casa Loma, dans lequel il identifie Jos Di Maulo et Joseph Tozzi comme présents lors des événements et décrit les circonstances des coups de feu ayant coûté la vie à Jean-Claude « Ti-Caille » Rioux, Jacques Verrier et André Vaillancourt.
  76. LA PRESSE, Montréal, mercredi 22 septembre 1971, cahier A — Conrad Bernier, « Casa Loma : une tempête dans un verre… brisé ». Article relatant la poursuite du procès du triple meurtre du 12 mars 1971 à la Casa Loma, mettant en lumière les contradictions relevées dans les témoignages, notamment quant à la séquence des coups de feu et aux déclarations d’Yvon Métras.
  77. PHOTO-JOURNAL — TOUT PAR L’IMAGE, Montréal, dimanche 10 octobre 1971, « Les cabarets, c’est mort : vive les discothèques! ». Article commentant le déclin des cabarets montréalais au profit des discothèques et mentionnant la fermeture de la Casa Loma et du Mocambo, présentés comme symboles d’une époque révolue de la vie nocturne montréalaise.
  78. MONTRÉAL-MATIN, Montréal, vendredi 1 octobre 1971, Roger Guill, « Pourquoi ne pas avoir appelé la police? ». Article portant sur le contre-interrogatoire de Paulette Gingras lors du procès du triple meurtre du 12 mars 1971 à la Casa Loma, mettant en lumière les questions de la défense concernant son comportement après les coups de feu, la présence des accusés Jos Di Maulo, Joseph Tozzi et Julio Ciamarro dans le cocktail lounge Jacques Antonin, ainsi que les contradictions relevées dans ses déclarations.
  79. MONTRÉAL-MATIN, Montréal, vendredi 29 octobre 1971, Roger Guil, « Tiny Bull serait-il un expert du couteau? ». Article relatant une journée du procès du triple meurtre du 12 mars 1971 à la Casa Loma, au cours de laquelle la défense contre-interroge Yvon « Tiny Bull » Métras et remet en question la reconstitution des événements ainsi que la crédibilité de son témoignage concernant l’agression au couteau et la scène du cocktail lounge Jacques Antonin.
  80. MONTRÉAL-MATIN, Montréal, mardi 14 septembre 1971, « L’un des clubs de nuit les plus prestigieux de la vie de nuit montréalaise pendant plus de 15 ans, le CASA LOMA […] abandonne volontairement la partie ». Brève annonçant la fermeture volontaire de la Casa Loma, la cession de son permis à la fin du mois de septembre 1971 et rappelant son importance dans la vie nocturne montréalaise, notamment durant la période des super-revues de Guilda.
  81. MONTRÉAL-MATIN, Montréal, samedi 27 novembre 1971, cahier 1 — Roger Guil, « Di Maulo, Ciamarro et Tozzi coupables ». Article annonçant le verdict du procès relatif au meurtre de Jean-Claude « Ti-Caille » Rioux survenu à la Casa Loma le 12 mars 1971. Après plusieurs jours de délibérations, le jury déclare Jos Di Maulo, Julio Ciamarro et Joseph Tozzi coupables, mettant fin à l’un des procès les plus médiatisés de l’année.
  82. LE DEVOIR, Montréal, samedi 27 novembre 1971, « C’est la détention à vie pour les 3 prévenus du Casa Loma ». Article annonçant la condamnation à la détention à vie de Jos Di Maulo, Joseph Tozzi et Julio Ciamarro à la suite de leur déclaration de culpabilité dans l’affaire du meurtre de Jean-Claude « Ti-Caille » Rioux survenu à la Casa Loma le 12 mars 1971.
  83. LA PRESSE, Montréal, mercredi 22 novembre 1972, cahier D, « Casa Loma : 3 femmes sur 12 jurés ». Article annonçant la composition du jury dans le cadre des procédures judiciaires entourant l’affaire du meurtre de Jean-Claude « Ti-Caille » Rioux à la Casa Loma, soulignant la présence de trois femmes parmi les douze jurés, fait alors présenté comme exceptionnel dans une cause d’une telle importance.
  84. LA PRESSE, Montréal, vendredi 2 février 1973, cahier A — Léopold Lizotte, « Casa Loma : tout le monde acquitté ». Article annonçant l’acquittement des trois accusés dans l’affaire du meurtre de Jean-Claude « Ti-Caille » Rioux survenu à la Casa Loma le 12 mars 1971, marquant un revirement judiciaire majeur après les condamnations prononcées en novembre 1971.
  85. LE PETIT JOURNAL, Montréal, dimanche 6 juin 1965, semaine du 6 juin 1965 — Pierre Vincent, « Comment Rita Cadillac voit le "strip-tease" ». Article consacré à Rita Cadillac à l’affiche de la revue « Les Plaisirs de Paris » à la Casa Loma, décrivant une salle comble et présentant le spectacle ainsi que le positionnement artistique de la vedette dans le contexte des grandes revues montréalaises des années 1960.
  86. THE GAZETTE, Montréal, vendredi 12 juin 1964 — p. 8 — H.W.,
    « Chet Baker Quintet Carrying On Series ».
    Compte rendu du CHET BAKER QUINTET en prestation au LE JAZZ HOT (à l’étage du CASA LOMA CAFE), confirmant la poursuite de la série internationale de jazz présentée par l’établissement. L’article souligne la qualité du jeu au bugle de Baker et mentionne la participation de PHIL URSO, HAL GALPER, JYMIE MERRITT et CHARLIE RICE.
  87. LA PRESSE, Montréal, mercredi 7 avril 1971, cahier A, « Morin, Di Maulo, Ciamarro et Tozzi inculpés de meurtres ». Article annonçant la comparution en cour correctionnelle de Jean-Marc Morin, Julio Ciamarro, Joseph Di Maulo et Joseph Tozzi, officiellement inculpés relativement au triple meurtre survenu à la Casa Loma le 12 mars 1971.
  88. LA PRESSE, Montréal, samedi 27 mars 1971, cahier « Vivre aujourd’hui », « Les témoins du Casa Loma : tous des spécialistes du monde du divertissement ». Compte rendu des témoignages entendus lors de l’enquête du coroner sur le triple meurtre du 12 mars 1971 à la Casa Loma, incluant les déclarations du veilleur de nuit Stanley Gordon Bull et d’autres témoins liés au milieu du divertissement montréalais.
  89. LA PRESSE, 16 avril 1970 —
    « Une soirée dans le Montréal d’avant Drapeau », chronique Spec by night.
    La chronique évoque la transformation du night-life montréalais depuis les campagnes de moralisation de l’ère Pax Plante et l’administration de Jean Drapeau. La Casa Loma y est décrite comme « encore là », s’efforçant de maintenir une programmation de qualité malgré le déclin du modèle classique du cabaret et la disparition progressive des grandes boîtes de nuit du centre-ville.
  90. THE GAZETTE, Saturday, February 29, 1964 —
    Publicité / annonce pour la Casa Loma, 94 St. Catherine St. East.
    Mention de la présentation, « for the first time in Montreal », du saxophoniste ténor SONNY ROLLINS, dans le cadre d’une « new policy » artistique. L’annonce positionne l’établissement dans le circuit du jazz moderne international et associe Rollins aux figures majeures du mouvement, dont Miles Davis et John Coltrane.
  91. LA PATRIE, mardi 19 février 1952 —
    Publicité annonçant une « Grande soirée de gala » à l’occasion du premier anniversaire du Casa Loma Café, 94 est, rue Sainte-Catherine. La programmation mentionne notamment TI-ZOUNE (Père), JEANNE D’ARC CHARLEBOIS, JULIETTE BÉLIVEAU, WILLIE LAMOTHE, LÉO RIVET et RAY D’ALLAIRE, confirmant l’importance de la salle dans le circuit du spectacle populaire québécois au début des années 1950.
  92. LA PRESSE, Montréal, samedi 27 juin 1992, cahier D — Daniel Lemay, « Montréal, ville de jazz? Pas vraiment, mais tous les grands noms y sont venus », et « Pendant plus de 40 ans, Roy Cooper a “fait” le jazz à Montréal ».
    Article rétrospectif soulignant le rôle de l’impresario ROY COOPER dans la diffusion du jazz à Montréal. Le texte rappelle que, malgré les débats sur le statut de « ville de jazz », les plus grandes figures — dont LOUIS ARMSTRONG, DUKE ELLINGTON, ELLA FITZGERALD, DIZZY GILLESPIE et MILES DAVIS — s’y sont produites. L’article situe le JAZZ HOT du CASA LOMA dans ce circuit historique des grandes tournées internationales.
  93. LE DEVOIR, 20 mars 1953 — p. 3 —
    Article intitulé « Un mort et cinq blessés au cours d’une rixe dans un café ». Mention du Trinidad Café, situé au 92 est, rue Sainte-Catherine, propriété de Thomas E. Steppan. Cette référence confirme l’occupation distincte du numéro 92 au début des années 1950, dans le même immeuble que la Casa Loma (94 est).
  94. LA PATRIE, 19 juin 1951
    Jacques Trépanier, « La ronde des cabarets ». Mention de la « salle de danse Trinidad », située rue Sainte-Catherine au-dessus du Café Casa Loma, devenue cabaret-théâtre français.
  95. THE GAZETTE, 6 janvier 1965
    « John Coltrane Quartet Tests Staying Power », ED McA.
    Compte rendu du concert du JOHN COLTRANE QUARTET à LE JAZZ HOT (CASA LOMA), marquant l’ouverture de la saison jazz 1965. Le critique souligne l’intensité et la durée des improvisations de Coltrane, accompagné de McCOY TYNER (piano), JIMMY GARRISON (contrebasse) et ELVIN JONES (batterie). L’article mentionne également la programmation à venir incluant CANNONBALL ADDERLEY, HERBIE MANN et MONGA SANTA MARIA, sous la direction du copropriétaire ANDY COBETTO.
  96. THE MONTREAL STAR, 2 mai 1964
    « It’s A Cool, Cool, Cool, Cool World », Alan Pearson.
    Article consacré à LE JAZZ HOT, salle située à l’étage du CASA LOMA (94, rue Sainte-Catherine Est). Le journaliste souligne le rôle déterminant du copropriétaire ANDY COBETTO dans la présentation d’artistes majeurs du jazz moderne, incluant THELONIOUS MONK, OSCAR PETERSON, DUKE ELLINGTON, JOHN COLTRANE, GERRY MULLIGAN, CANNONBALL ADDERLEY et STAN GETZ. L’article décrit une salle d’environ 500 places, reconnue pour son acoustique, et analyse le modèle économique du club, combinant programmation jazz internationale, spectacles de revue au rez-de-chaussée et ententes financières avec les musiciens.
  97. THE GAZETTE, 14 août 1964 — p. 8 —
    « Around The Night Beat ».
    Chronique consacrée à la programmation du LE JAZZ HOT, situé à l’étage du CASA LOMA (94, rue Sainte-Catherine Est). L’article mentionne la présence du pianiste WYNTON KELLY, accompagné de JIMMY COBB (batterie) et PAUL CHAMBERS (contrebasse), ainsi que LEE GAGNON et son orchestre. Le tromboniste VIC VOGEL, également pianiste et arrangeur, est identifié comme participant à l’organisation musicale. La chronique souligne le dynamisme de la scène jazz montréalaise et le rôle d’ANDY COBETTO dans la consolidation d’une programmation soutenue durant l’été 1964.
  98. THE GAZETTE, 18 janvier 1964
    « Miles Davis On Date At The Casa Loma ».
    Compte rendu de la prestation de MILES DAVIS à l’« Upstairs Room » du CASA LOMA CAFE (94, rue Sainte-Catherine Est). L’article souligne la politique de « big name jazz » adoptée par la direction et décrit une salle comble attentive à une musique introspective, caractérisée par un jeu feutré de Davis et une interaction fluide entre les musiciens. La chronique mentionne également la qualité du système de son du Casa Loma, présenté comme particulièrement élaboré pour l’époque.
  99. THE GAZETTE, 4 juin 1964 — p. 14 —
    « On The Night Beat », E. T. McAuley.
    Chronique mentionnant la prestation du trio de JIMMY SMITH au LE JAZZ HOT, situé à l’étage du CASA LOMA (94, rue Sainte-Catherine Est). L’article souligne la qualité du spectacle et annonce, par l’entremise d’ANDY COBETTO, le retour imminent de DIZZY GILLESPIE, confirmant la continuité d’une programmation jazz internationale au Casa Loma durant l’été 1964.
  100. LE DEVOIR, 20 janvier 1964
    « Miles Davis et la Casa-Loma-En Haut », Réal Pelletier.
    Article critique consacré à la prestation de MILES DAVIS et de son quintette à la CASA-LOMA-EN HAUT, désignation employée par le journal pour identifier la salle située à l’étage du CASA LOMA (94, rue Sainte-Catherine Est). Le texte compare l’expérience intime du club à celle de la PLACE DES ARTS, soulignant la cohérence musicale, l’intensité de l’interaction entre les musiciens et la qualité acoustique du lieu. L’article annonce également la venue prochaine d’AHMAD JAMAL.
  101. THE GAZETTE, 23 mai 1964
    « Krupa Still Master », E. T. McA.
    Compte rendu de la prestation du batteur GENE KRUPA au LE JAZZ HOT, situé à l’étage du CASA LOMA (94, rue Sainte-Catherine Est). L’article souligne la maturité et la précision du jeu de Krupa, accompagné de CHARLIE VENTURA (saxophone), RONNIE BALL (piano) et EDDIE DeHARRS (contrebasse). La critique recommande vivement le spectacle, confirmant la continuité d’une programmation jazz internationale au Casa Loma au printemps 1964.
  102. THE MONTREAL STAR, 4 juillet 1964
    « At The Casa Loma — The Clown Prince Of Jazz », Herbert Aronoff.
    Compte rendu de la prestation du trompettiste DIZZY GILLESPIE au CASA LOMA. L’article décrit une performance énergique et interactive, soulignant l’engagement du musicien avec le public et la vitalité de la scène jazz montréalaise durant l’été 1964. La chronique mentionne également les liens de Gillespie avec le circuit new-yorkais et ses collaborations avec THELONIOUS MONK, CHARLIE PARKER et JOHN COLTRANE.
  103. THE MONTREAL STAR, 20 avril 1965
    « The Duke’s Just Starting », Walter Poronovich.
    Reportage consacré à la prestation de DUKE ELLINGTON au LE JAZZ HOT du CASA LOMA (94, rue Sainte-Catherine Est). L’article souligne une salle comble lors de la soirée d’ouverture et met en lumière la longévité artistique d’Ellington ainsi que la qualité de son orchestre. Cette couverture confirme la place du Casa Loma parmi les principales scènes jazz de Montréal au milieu des années 1960.
  104. LA PATRIE, 18 mai 1952, édition finale —
    Brève annonçant que le CASA LOMA a changé de main et est devenu la propriété de ANGELO BISANTE et EDDIE CABETTO. L’article précise également que THOMAS STEPPAN s’est retiré du TRINIDAD. Cette mention confirme le transfert de propriété et la réorganisation du complexe Casa Loma / Trinidad au printemps 1952.
  105. TÉLÉ-RADIOMONDE, 13 avril 1963 —
    « À la une à la deux », par Phil Laframboise.
    Chronique rapportant l’hommage collectif rendu à ALYS ROBI au CASA LOMA, où plus de mille admirateurs, dont plusieurs artistes, se seraient réunis pour saluer la carrière de la chanteuse. L’article souligne le prestige mondain et artistique de l’établissement au début des années 1960.
  106. LE PETIT JOURNAL, 20 septembre 1959 —
    « On rigole bien au Casa Loma! ».
    Article soulignant le succès de DENYSE FILIATRAULT et DOMINIQUE MICHEL au CASA LOMA, où elles remplissent la grande salle chaque soir. Le texte insiste sur le caractère entièrement canadien du spectacle, sur la forte réceptivité du public et sur la popularité du duo à l’automne 1959.
  107. RADIOMONDE ET TÉLÉMONDE, 26 septembre 1959 —
    Mention indiquant que DENYSE FILIATRAULT et DOMINIQUE MICHEL faisaient salle comble au CASA LOMA, confirmant l’importante affluence et le succès du spectacle présenté à l’automne 1959.
  108. LE PETIT JOURNAL, 13 septembre 1959 —
    Jean Lourac, « Il a fait "chanter" plus de 12,000 personnes! ».
    Article consacré à JEAN SIMON, animateur et découvreur de talents associé au CASA LOMA. Le texte souligne son rôle dans l’organisation de concours et de spectacles mettant en valeur de jeunes artistes québécois, affirmant qu’il aurait contribué à faire monter sur scène plus de 12 000 personnes au fil des années. L’article illustre l’importance du Casa Loma comme tremplin artistique à la fin des années 1950.
  109. TÉLÉ-RADIOMONDE, 6 novembre 1965 —
    « Jean Simon à la Casa ».
    Annonce de la reprise des célèbres auditions « Vos vedettes de demain » au CASA LOMA, sous l’animation de JEAN SIMON. L’article précise que le gagnant obtient des prix en argent ainsi qu’un engagement d’une semaine au cabaret. Sont rappelés parmi les anciens participants GINETTE RENO, SHIRLEY THÉROUX, SERGE LAPRADE, TONY MASSARELLI, LES CLASSELS et DANIEL GUÉRARD, confirmant le rôle du Casa Loma comme tremplin artistique au milieu des années 1960.
  110. DIMANCHE-MATIN, 21 septembre 1969, Cahier 1 —
    « 150 personnes arrêtées dans trois discothèques ».
    Reportage relatant une série de descentes policières dans plusieurs établissements montréalais, dont le PLAYGIRLS, situé « au-dessus du café Casa Loma » au 92 rue Sainte-Catherine Est. L’article confirme l’exploitation de la salle à l’étage du CASA LOMA à la fin des années 1960 et précise son identification publique comme discothèque.
  111. LE DEVOIR, 24 mai 1974 — Jean-Pierre Charbonneau, « La CECO jure prouver que Vic Cotroni a voulu la détourner de son but ».
    Article mentionnant FERNAND LEFEBVRE comme détenteur des permis d’alcool de la CASA LOMA au début des années 1970. Son nom apparaît dans le contexte des travaux de la Commission d’enquête sur le crime organisé (CECO), confirmant son implication administrative dans l’exploitation de l’établissement à cette période.
  112. DIMANCHE-MATIN, 17 avril 1966, Cahier 1 —
    Mention félicitant FERNAND LEFEBVRE, « du Playgirls, à l’étage de la Casa Loma », pour un spectacle animé par PHILIPPE ARNAUD et mettant en vedette JENNY ROCK. L’article confirme l’exploitation du PLAYGIRLS par Lefebvre en 1966 à l’étage du CASA LOMA.
  113. LA PRESSE, 24 avril 1993 — B. Plus
    « Plus fort que Frank » (article sur GIUSEPPE “JOS” DI MAULO).
    Présente JOS DI MAULO (51 ans) comme une figure influente liée à la mafia montréalaise et associée à la faction calabraise; il est décrit comme un homme de confiance du défunt VINCENZO COTRONI et comme un proche de FRANK COTRONI (sans être présenté comme “chef” du clan). Le texte mentionne aussi des liens familiaux avec les COTRONI : la fille de Di Maulo, MYLÈNE DI MAULO, épouse FRANK COTRONI JR. (fils de Frank), consolidant les rapports entre les deux familles.
  114. PARTI PRIS, avril 1964 —
    Patrick Straram, « Comparaisons » (rubrique « Jazz dans la vie quotidienne »). L’auteur relate les concerts du quartette de JOHN COLTRANE à la « salle en haut » de la CASA LOMA, du 17 au 23 février 1964, avec McCoy Tyner, Jimmy Garrison et Elvin Jones. Le texte souligne l’impact artistique majeur de ces soirées et confirme l’importance du deuxième étage de la Casa Loma comme lieu de diffusion du jazz d’avant-garde à Montréal.
  115. LE PETIT JOURNAL, 10 juin 1956, p. 68.
    « La plus scintillante revue de GUILDA » — publicité du CASA LOMA, 94, rue Sainte-Catherine Est.
    Annonce présentant GUILDA et sa troupe, avec la mention « Le summum de la fantaisie », ainsi que les artistes Remi Kelly & King, Edna & Leon, Raymond Massard, Claire De Val et Guy Denis. Mention « PAS DE FRAIS » (minimum de couvert indiqué). Publication dominicale.
  116. THE GAZETTE, 3 septembre 1959 — rubrique Obituaries.
    « Harry Holmok ».
    Avis nécrologique mentionnant sa naissance en Transylvanie le 25 décembre 1898, son service militaire durant la Première Guerre mondiale (forces austro-hongroises, roumaines et Gardes blanches russes), son arrivée à Montréal en 1922, ses débuts comme bûcheron et ébéniste, la fondation du Vienna Grill (1934), le développement des établissements Bellevue, ainsi que la transformation du Roseland Ballroom en Bellevue Casino (1949). Mention de son décès à Dorval le 2 septembre 1959.
  117. NEWSDAY (Nassau Edition), 4 septembre 1959, p. 119.
    « Harry G. Holmok, 61, Canada’s “Ziegfeld” ».
    Article confirmant son nom complet (Harry Gustav Holmok), son décès d’une crise cardiaque à son domicile de Dorval, son partenariat avec Jack Suz au Bellevue Casino, sa carrière antérieure comme ébéniste et entrepreneur général, ainsi que son surnom de « Canada’s Mr. Ziegfeld ». L’article indique qu’il avait 61 ans au moment de son décès.
  118. LA PRESSE, 21 avril 1997, Cahier A — Jean Beaunoyer.
    « Le miracle de Jen Roger ».
    Article retraçant la carrière de Jen Roger, son rôle de maître de cérémonie au Casa Loma, son succès discographique du Miracle de Sainte-Anne-de-Beaupré, son refus d’une carrière américaine en 1953, ainsi que son retour sur scène en 1997.
  119. TÉLÉ-RADIOMONDE, 5 décembre 1976 — rubrique Carrière.
    Portrait détaillant les débuts de Jen Roger en 1949 au Trinidad (cabaret situé au-dessus du Casa Loma), son rôle de maître de cérémonie au Casa Loma pendant neuf ans, ses succès discographiques (Toi ma richesse, Sous les ponts de Paris, Le miracle de Ste-Anne de Beaupré), ses émissions à CKVL et CKAC, son passage au El Paso de Lachine, ainsi que ses distinctions (M. Radio-Télévision 1967, Prix Orange).
  120. LE SOLEIL, 15 décembre 2016 — La Presse canadienne.
    « Décès du chanteur de charme Jen Roger ».
    Avis de décès confirmant que Jean-Roger Marcotte (nom de scène : Jen Roger), né le 24 juin 1928 à Montréal, est décédé le 13 décembre 2016 à l’âge de 88 ans. L’article rappelle son rôle de maître de cérémonie au Casa Loma, ses succès discographiques, son séjour en Floride (1977–1982), son retour en 1997 avec Souvenirs de la Casa Loma, ainsi que la médaille de l’Assemblée nationale reçue en juin 2011.
  121. LA PRESSE, 15 avril 2003, section Arts & Spectacles — Jean Beaunoyer.
    « Décès de l’animateur et imprésario Jean Simon ».
    Article confirmant le décès de Jean Simon (nom civil : Roland Charrette) à l’âge de 70 ans. Le texte retrace sa carrière amorcée à la Casa Loma en 1954, ses 33 années d’activités dans les cabarets montréalais, la présentation de plus de 10 000 amateurs, ainsi que son rôle d’imprésario auprès de nombreuses vedettes québécoises, dont Ginette Reno, Jacques Michel, Martine St-Clair et Martin Stevens.
  122. MONTRÉAL-MATIN, 30 avril 1972, Cahier 2 — rubrique Dimanche-Vedettes, texte de Roch Poisson, photos Robert Bertrand.
    « Jean Simon ».
    Article détaillant le rôle de Jean Simon comme prospecteur et organisateur des « Découvertes de Jean Simon », actif depuis près de 19 ans, ayant vu passer environ 40 000 candidats. Le reportage décrit le fonctionnement des soirées amateurs tenues notamment au Café Provincial et au Café du Nord, ainsi que son influence dans le circuit des cabarets montréalais.
  123. LA VOIX DE L’EST, 15 avril 2003.
    « Jean Simon, découvreur de talents, est mort ».
    Article confirmant le décès de Jean Simon (Roland Charrette) à l’âge de 70 ans à l’Hôpital Notre-Dame des suites d’un accident vasculaire cérébral. Le texte précise qu’il débute comme chanteur en 1950, adopte le nom de Jean Simon à la Casa Loma en 1954, y présente ses « Découvertes » pendant plus de 15 ans, et demeure actif dans plus d’une centaine de cabarets. Mention de la fin de sa carrière de découvreur en 1987 et de son rôle d’imprésario auprès de Rose Ouellette (La Poune).
  124. LA PRESSE, 17 avril 2022.
    MARIO GILBERT (La Presse Canadienne) et LILA DUSSAULT, « Le chanteur de charme Paolo Noël s’éteint à 93 ans ».
    Article nécrologique confirmant le décès de PAOLO NOËL (1929-2022). Le texte précise qu’il souffrait de la maladie d’Alzheimer et qu’il est décédé entouré de ses proches. Il retrace sa victoire à CKAC en 1948 (grâce à une imitation de Tino Rossi), ses succès dont Vierge Marie et La chanson du petit voilier, son rôle de maître de cérémonie à la Casa Loma, ses émissions à Radio-Canada et Télé-Métropole (Music-hall, Toast et café), ainsi que sa carrière d’acteur dans Omertà.
  125. THE GAZETTE, 19 April 2022, p. A2.
    « Singer, actor charmed in cabarets and on television ».
    Article nécrologique confirmant le décès de PAOLO NOËL à l’âge de 93 ans. Le texte retrace sa carrière de chanteur de charme, sa victoire à CKAC en 1948 grâce à une imitation de Tino Rossi, ses succès dont Vierge Marie et La chanson du petit voilier, son rôle de maître de cérémonie à la Casa Loma, ainsi que sa carrière télévisuelle (Music Hall, Toast et café) et son rôle de Tony Potenza dans Omertà.
  126. THE GAZETTE, 9 March 1957, p. 32.
    Publicité — CASA LOMA, 94 St. Catherine St. E.
    Annonce indiquant que la vedette du disque PAOLO NOËL agit comme « singing master of ceremonies » à la Casa Loma Café et présente un spectacle mettant notamment en vedette Muriel Millard, le trio de danse The Mobiles, les acrobates Corine and Ravel, ainsi que d’autres artistes invités.
  127. THE GAZETTE, 5 août 1968, p. 3.
    « Our Town — The Islanders » (chronique signée Al Palmer).
    Texte mentionnant Andy Cobetto (« Monsieur Le Patron »), alors associé au Jamaica Restaurant à Man and His World. L’auteur rappelle que Cobetto avait auparavant « opéré le CASA LOMA » (nightclub sur Sainte-Catherine Est) pendant 17 ans, établissement décrit comme un grand club surtout connu pour ses lavish floor shows, et rapporte une remarque liant ce nouveau contexte à une idée d’« air frais et soleil ».
  128. THE MONTREAL STAR, 11 December 1975, p. 1 & p. 3.
    Norman Provencher, « Old city called crime centre » (suite p. 3 : « Youth sold drugs »). Article portant sur les témoignages entendus devant la Commission d’enquête sur le crime organisé au Québec. Le texte mentionne l’infiltration de clubs du centre-ville par le clan Dubois et identifie le CASA LOMA, rue Sainte-Catherine Est, comme un établissement décrit par un policier comme « a classy club but a Mafia hangout nonetheless ». L’article rappelle également les meurtres survenus au Casa Loma en mars 1971 et situe l’établissement dans le contexte des luttes territoriales du milieu criminel montréalais des années 1960–1970.
  129. THE GAZETTE, 23 May 1970 — 43.
    Dave Bist, « A walk on the East Side — to a fine stage show ». Article décrivant la programmation du CASA LOMA (94, rue Sainte-Catherine Est) comme une production de type « Las Vegas North », lumineuse, rapide et chorégraphiée. Le texte précise que le club, alors exploité par Fern Lefebvre, peut accueillir environ 450 spectateurs et souligne le climat économique incertain ainsi que la surveillance policière accrue affectant les établissements de nuit du centre-ville à la fin des années 1960.
  130. LE PETIT JOURNAL, 24 juin 1973.
    « Vic Cotroni, l’Homme ».
    Portrait biographique retraçant l’ascension de Vincent Cotroni, son implantation à Montréal et sa notoriété dans le milieu du crime organisé.
  131. DE CHAMPLAIN, Pierre, Le crime organisé à Montréal (1940-1980).
    Analyse des clubs de nuit comme « paravents » financiers, description du système de prête-noms et liste d’établissements associés à l’organisation Cotroni, incluant notamment la Casa Loma parmi les lieux cités.
  132. THE MONTREAL STAR, 10 juin 1958.
    « Vic’s Cafe case nears conclusion ».
    Article concernant les procédures judiciaires liées au Café Vic / Café Pal.
  133. MONTRÉAL-MATIN, 13 novembre 1957.
    « Nouveau Café Pal’s ».
    Annonce du changement d’enseigne après la vente du Café Vic.
  134. LE DEVOIR, 17 mai 1972.
    « “Vic” Cotroni est bien connu des milieux policiers aux ÉU ».
    Article relatant des témoignages et perceptions policières concernant les réseaux liés à Cotroni.
  135. THE GAZETTE, 28 novembre 1973.
    « Cotronis top men in Montreal crime, QPF prober claims ».
    Article présentant des allégations d’enquête et un schéma organisationnel attribué à la police provinciale.
  136. LA PRESSE, 26 janvier 1992.
    Daniel Proulx, « Les truands de légende : Vic Cotroni ».
    Portrait rétrospectif situant Cotroni dans la mythologie criminelle montréalaise.
  137. THE MONTREAL STAR, 3 juillet 1976.
    « How one undercover operation came to an end ».
    Article évoquant des opérations policières liées à des réseaux criminels montréalais.
  138. THE GAZETTE, novembre 1984.
    « Police will monitor Cotroni mourners ».
    Article portant sur le décès de Vincent Cotroni et la couverture policière entourant ses funérailles.
  139. THE GAZETTE, 25 août 1998.
    Paul Cherry, « Family name tied forever to big-time crime ».
    Rappel rétrospectif sur la famille Cotroni et ses intérêts commerciaux, dont Reggio Foods.
  140. MOURANI, Maria, Milena Di Maulo : fille et femme de mafiosi, Montréal, Les Éditions de l’Homme.
    Passages évoquant les établissements associés à Vic Cotroni (Café Royal, Val d’Or, Faisan Doré, Casa Loma, etc.), ses partenaires d’affaires et le contexte des cabarets montréalais (voir notamment p. 163-165).
  141. CECO, Commission d’enquête sur le crime organisé, audiences de 1975.
    Témoignages et procédures concernant Vincent Cotroni et les réseaux montréalais.
  142. Documentation iconographique : Photographies de l’ouvrage de Maria Mourani (pages 163-165) montrant les passages consacrés à Vincenzo « Vic » Cotroni et Giuseppe « Pep » Cotroni.
  143. TÉLÉ-RADIOMONDE, 4 mai 1963 — 8.
    Chronique évoquant les débuts de Pauline Julien à la CASA LOMA. Le texte relate l’échec de la chanteuse lors de ses premières prestations dans l’établissement, soulignant le décalage entre son répertoire et les attentes du public du cabaret. L’article précise que la Casa Loma n’était « pas une boîte à chansons » et met en lumière les exigences commerciales et populaires du lieu au début des années 1960.
  144. TÉLÉ-RADIOMONDE, 12 janvier 1963 — 15.
    Marcel Beauregard, « Jacques Normand en vedette à la “Casa Loma” ». Article annonçant la rentrée au cabaret de Jacques Normand à la CASA LOMA, rue Sainte-Catherine Est, et soulignant la nouvelle orientation artistique du lieu au début de 1963. Le texte mentionne les propriétaires Andy Cobetto et Henri Forgues, ainsi que la programmation de revue succédant au spectacle de Guilda. La chronique confirme le positionnement du Casa Loma comme scène majeure du cabaret montréalais au début des années 1960.
  145. TÉLÉ-RADIOMONDE, 11 mars 1967.
    « Les scandalisants "Cyniques" triomphent à la Casa Loma ».
    Article soulignant le succès du groupe satirique Les Cyniques à la CASA LOMA, décrit comme attirant les plus grandes foules au Québec. Le reportage met en avant leur ton irrévérencieux, leur satire politique et religieuse, ainsi que leur popularité en cabaret. Mention d’un engagement de quinze jours à l’affiche. Publication illustrée d’une photographie du groupe.
  146. TÉLÉ-RADIOMONDE, 11 octobre 1981.
    « Jean Simon ne voit plus de tremplin pour la relève ».
    Entrevue avec Jean Simon portant sur la disparition des cabarets montréalais, la difficulté pour la relève artistique de trouver un tremplin entre les concours amateurs et le vedettariat, ainsi que son expérience comme gérant de Ginette Reno et son désenchantement face au « milieu du spectacle ».
  147. LA PRESSE, années 1960.
    Reportage sur les « Découvertes » de la CASA LOMA.
    Article portant sur le rôle de Jean Simon comme découvreur de talents au cabaret de la rue Sainte-Catherine Est, décrivant le fonctionnement des soirées d’auditions et l’importance du public comme baromètre du succès des nouveaux artistes.
  148. LA PATRIE, 24 mai 1970, p. 54.
    Claude-Lyse Gagnon, « La Marilyn Apollo de la Casa Loma est une émule de Marilyn Monroe ».
    Article décrivant Marilyn Apollo comme la nouvelle vedette de la CASA LOMA, comparée à Marilyn Monroe et associée à une esthétique inspirée de l’univers « Playboy ». Le texte souligne l’achalandage touristique (Américains, Anglais, Italiens) et l’ambiance spectaculaire du cabaret.
  149. LA PRESSE, 14 mai 1970, section Spectacles.
    Mention indiquant que la direction de la CASA LOMA prend un soin particulier de sa vedette Marilyn Apollo, qui lui procure d’importantes recettes et semble en voie de remplacer Lili St-Cyr dans le cœur des amateurs montréalais de spectacles « sexy ».
  150. LE SOLEIL (Saguenay–Lac-Saint-Jean), 14 mars 1970, p. 26.
    Claude Vaillancourt, « Ayant remplacé la craie par le piano, l’ancien professeur jeannois instruit les Québécois sur les beautés du lac ».
    Article consacré au musicien Jacques Antonin, ancien professeur devenu pianiste et chanteur. Le texte précise qu’il se produit notamment au Casa Loma de Montréal, où le piano-bar porte son nom, contribuant ainsi à l’origine de l’appellation Bar Jacques Antonin à l’intérieur de l’établissement.
  151. DIMANCHE-MATIN, 3 octobre 1965, Cahier 1.
    « Serveuse à go-go à la sauce cha-cha ».
    Article décrivant l’animation à l’étage supérieur de la CASA LOMA, présenté comme un « temple à go-go », où les « playgirls » et serveuses attirent la clientèle masculine au son d’orchestres de style Beatles et d’un quatuor sud-américain. Le texte met en évidence la transformation de la salle du haut en espace dédié au concept des Playgirls.
  152. LE PETIT JOURNAL, 19 septembre 1965.
    Chronique mentionnant que ceux qui souhaitent être « joliment entourés » dans les cabarets peuvent se rendre au « Play-girls Room » situé en haut de la CASA LOMA, confirmant l’adoption officielle de cette nouvelle appellation pour la salle supérieure à l’automne 1965.
  153. Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), Fonds La Presse, 19 avril 1966, dossier P833,S5,D1966-0099.
    Dossier photographique réalisé par Yves Beauchamp, comprenant plusieurs reportages, dont une série consacrée à la Casa Loma, club de nuit situé sur la rue Sainte-Catherine Est à Montréal. Le dossier inclut également des documents visuels liés à d’autres sujets, notamment une entrevue publiée dans La Presse portant sur le sport, ainsi qu’un reportage sur une conférence sur le trafic aérien. L’ensemble est conservé aux Archives nationales à Montréal et témoigne de la couverture photographique du quotidien La Presse au milieu des années 1960, offrant un éclairage visuel sur les lieux et les activités du Casa Loma à cette période.
    Voir le dossier sur le site de BAnQ
  154. LE PETIT JOURNAL, 18 octobre 1953.
    Publicité annonçant les « Spectacles d’adieu » des Tune-Up Boys au Casa Loma Cafe, situé au 94, rue Sainte-Catherine Est à Montréal. L’annonce met en vedette Jimmy Kirby, Roland Legault, Marianne et Carlos Miranda, ainsi que Marcel Doré et Tony Romandini, et souligne qu’il s’agit de leur dernière semaine en ville, illustrant la programmation de variétés du cabaret au début des années 1950.
  155. LA PATRIE, 19 juin 1951.
    Article intitulé « La ronde des cabarets » signé Jacques Trepanier, annonçant la transformation de la salle de danse Trinidad, située au-dessus du Café Casa Loma sur la rue Sainte-Catherine, en cabaret-théâtre français. Le texte souligne la présentation de la pièce Le baiser dans la nuit avec Antoinette Giroux et Roger Garceau, tout en situant cette initiative dans le contexte du développement du cabaret-théâtre à Montréal et des tentatives d’adaptation du modèle aux goûts du public francophone au début des années 1950.
  156. LE PETIT JOURNAL, 17 juin 1951.
    Publicité annonçant la présentation du spectacle « Le Baiser dans la nuit » au Trinidad, cabaret-théâtre situé au 92, rue Sainte-Catherine Est, au-dessus du Café Casa Loma. L’annonce précise des représentations à 9 h 30 et 11 h 30 et met en avant une esthétique de cabaret-théâtre dramatique, illustrant l’introduction de ce type de programmation francophone dans le secteur du Red Light montréalais au début des années 1950.
  157. MONTRÉAL-MATIN, 29 avril 1960.
    Publicité annonçant la présentation de Denyse Filiatrault et Dominique Michel au Casa Loma, 94, rue Sainte-Catherine Est, aux côtés de Jen Roger (m.c.) et du Trio Grego. L’annonce met en valeur Filiatrault comme « reine de la radio et de la T.V. », illustrant la popularité croissante des vedettes québécoises au tournant des années 1960 et leur présence dans la programmation des grands cabarets montréalais.
  158. THE GAZETTE, 23 mars 1964.
    Publicité annonçant la prestation de Julian “Cannonball” Adderley et de son sextet au Jazz Hot, situé à l’étage du Casa Loma, 94, rue Sainte-Catherine Est. L’annonce souligne une série d’engagements d’une semaine et confirme l’intégration du cabaret dans le circuit du jazz moderne à Montréal au milieu des années 1960.
  159. THE GAZETTE, 4 janvier 1965.
    Publicité annonçant la réouverture du Jazz Hot au Casa Loma, 94, rue Sainte-Catherine Est, avec John Coltrane et son quartet. L’annonce met en évidence la programmation de jazz international présentée à l’étage du cabaret et confirme la place du lieu dans le circuit nord-américain du jazz moderne au milieu des années 1960.
  160. THE GAZETTE, 1 octobre 1965.
    Publicité annonçant le Playgirls Room (« A-Go-Go 68 »), situé à l’étage du Casa Loma, 94, rue Sainte-Catherine Est. L’annonce met en vedette des spectacles de type a-go-go, incluant les groupes Pharaohs, Bell Tones et Los Tiempo, ainsi que la chanteuse Jean Benjamin, et souligne une programmation continue de danse et de musique. Elle témoigne de l’adaptation du lieu aux nouvelles tendances de la culture populaire, notamment l’essor des clubs go-go à Montréal au milieu des années 1960.
  161. THE GAZETTE, 20 février 1967.
    Publicité annonçant la revue « Ex-Go 67 » présentée au Casa Loma, 94, rue Sainte-Catherine Est, mettant en vedette Marthe Fleurant, Daniel Giraud, Nanette et Tony Roman. L’annonce souligne une production de type revue, associée aux Casa Lovelies, illustrant l’adaptation du cabaret aux esthétiques et thématiques contemporaines de l’époque, notamment dans le contexte culturel entourant Expo 67.
  162. THE GAZETTE, 25 mars 1968.
    Publicité annonçant la présentation de Johnny Farago et Patrick Zabé au Casa Loma, 94, rue Sainte-Catherine Est, avec la participation de Monique Saintonge (animatrice). L’annonce met en valeur une programmation orientée vers la chanson populaire et le divertissement québécois, illustrant l’évolution du cabaret à la fin des années 1960.
  163. THE GAZETTE, 15 janvier 1964.
    Publicité annonçant la présentation de Miles Davis et de son quintette au Casa Loma (en haut / Upstairs), 94, rue Sainte-Catherine Est, pour une série de représentations du 16 au 19 janvier. L’annonce met également en vedette Pierre Leduc et son trio, et présente l’établissement comme « Montreal’s newest home of jazz », illustrant le positionnement du lieu comme pôle du jazz moderne à Montréal au début des années 1960.
  164. LE PETIT JOURNAL, 3 juin 1956.
    Publicité annonçant la présentation de la revue de Guilda au Casa Loma, 94, rue Sainte-Catherine Est, mettant en vedette l’artiste et sa troupe dans un spectacle décrit comme « la plus scintillante revue ». L’annonce mentionne également la participation de plusieurs artistes, dont Remi Kelly & King, Edna & Leon, Raymond Massard, Claire Duval et Guy Denis, illustrant l’importance des grandes revues de variétés dans la programmation du cabaret au milieu des années 1950.
  165. THE GAZETTE, 8 juin 1964.
    Publicité annonçant la prestation de Chet Baker et de son quintette au Jazz Hot, situé à l’étage du Casa Loma, 94, rue Sainte-Catherine Est. L’annonce précise une série d’engagements d’une semaine, mentionne la présence de Pierre Leduc et son trio pour les matinées du dimanche, ainsi que la venue subséquente du Jacques Loussier Trio, illustrant la programmation soutenue de jazz moderne et international présentée par l’établissement au milieu des années 1960.
  166. THE GAZETTE, 12 juin 1970.
    Publicité annonçant la présentation de Marilyn Apollo au Casa Loma, 94, rue Sainte-Catherine Est, dans la revue Touch of Venus!, avec la participation de Ricki Dunn. L’annonce met en valeur une esthétique de spectacle inspirée du cabaret américain et des productions de type revue, illustrant l’orientation du lieu vers des formes de divertissement plus sensuelles et commerciales à la fin des années 1960 et au début des années 1970.
  167. BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES NATIONALES DU QUÉBEC (BAnQ), Fonds La Presse, 12 mars 1971, dossier P833,S5,D1971-0168.
    Dossier photographique réalisé par Réal St-Jean portant notamment sur les meurtres survenus au Casa Loma Café, situé au 94, rue Sainte-Catherine Est, ainsi que sur d’autres événements contemporains, dont une assemblée des employés de la compagnie de transport Lapalme au centre Paul-Sauvé et une occupation de squatteurs à Westmount. L’ensemble est conservé aux Archives nationales à Montréal et documente visuellement les événements entourant le triple meurtre du 12 mars 1971 au Casa Loma.
    Voir le dossier sur le site de BAnQ
  168. BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES NATIONALES DU QUÉBEC (BAnQ), Fonds La Presse, 15 septembre 1971, dossier P833,S5,D1971-0500.
    Dossier photographique réalisé par Antoine Désilets documentant notamment une visite de la cour au Casa Loma dans le cadre des procédures judiciaires liées au triple meurtre survenu le 12 mars 1971. Les images montrent des représentants de la justice et des enquêteurs à l’intérieur du cabaret, ainsi que d’autres reportages contemporains, dont une conférence de presse à la Place des Arts. L’ensemble est conservé aux Archives nationales à Montréal et offre un témoignage visuel des lieux au moment de l’enquête.
    Voir le dossier sur le site de BAnQ
  169. TÉLÉ-RADIOMONDE, 27 octobre 1962.
    Publicité annonçant la présentation des Baronets au Casa Loma, 94, rue Sainte-Catherine Est, dans le cadre d’un programme mettant également en vedette Hoya Robi, Joanne Stanley Kayne et le Show Biz de Jean Roger. L’annonce souligne la diversité des spectacles proposés — musique, imitation, danse — et illustre la programmation de variétés du cabaret au début des années 1960, associée à des artistes canadiens et internationaux.
  170. THE GAZETTE, 22 mai 1967.
    Publicité annonçant la présentation de Ginette Reno au Casa Loma, 94, rue Sainte-Catherine Est, sous l’animation de Jacques Proulx (CKAC), avec la participation de Leslie Post et des Kalmar Bros.. L’annonce mentionne également la revue Les plaisirs d’amours avec Les Brutos, illustrant la place importante des vedettes québécoises dans la programmation du cabaret à la fin des années 1960.
  171. COMMISSION DE POLICE DU QUÉBEC, La lutte au crime organisé au Québec, rapport d’enquête, Montréal, 30 septembre 1976.
    Rapport officiel présentant les conclusions de la Commission d’enquête sur le crime organisé, portant notamment sur les activités de la Mafia et du groupe Dubois à Montréal. Le document constitue l’une des premières analyses systématiques du crime organisé au Québec, décrivant ses structures, ses modes d’opération et son influence dans les milieux économiques et nocturnes de la métropole :contentReference[oaicite:0]{index=0}.
  172. TÉLÉ-RADIOMONDE, 8 septembre 1962.
    Publicité annonçant la présentation de Michel Louvain au Casa Loma, 94, rue Sainte-Catherine Est, sous la direction de Jean Roger, avec la participation de Ron Urban, Martin & Rosita et Claxton et Louise. L’annonce met en valeur une programmation de variétés axée sur la chanson populaire et le divertissement, illustrant la place des vedettes québécoises dans les cabarets montréalais au début des années 1960.
  173. THE GAZETTE, 18 avril 1966.
    Publicité annonçant une revue de type go-go au Playgirls Room, situé à l’étage du Casa Loma, 94, rue Sainte-Catherine Est, mettant en vedette Jenny Rock et Philippe Arnaud, avec accompagnement musical par The Sensational +4. L’annonce illustre l’implantation des spectacles a-go-go et l’adaptation du cabaret aux nouvelles formes de divertissement et à la culture jeunesse au milieu des années 1960.
  174. MONTRÉAL-MATIN, 28 mars 1951.
    Publicité annonçant une nouvelle revue du printemps au Casa Loma Café, 94, rue Sainte-Catherine Est, mettant en vedette Jean-Pierre Masson, ainsi que Jack Parker & Doll et Trini Reyes, accompagnés de l’ensemble des Casa Loma Girls et de deux orchestres. L’annonce souligne une programmation de type souper-spectacle avec plusieurs représentations quotidiennes, illustrant les débuts du cabaret et son positionnement dans la tradition des grandes revues de variétés au début des années 1950.
  175. CARTE POSTALE, Casa Loma Cafe, vers 1951.
    Vue intérieure du Casa Loma Café, 94, rue Sainte-Catherine Est, montrant l’aménagement de la salle principale avec tables, scène et rideaux, ainsi que la mention « 2 shows nightly ». Le document confirme la configuration du lieu comme cabaret de type souper-spectacle dès ses débuts et offre un rare témoignage visuel de son décor et de son organisation spatiale.
  176. THE GAZETTE, 13 février 1961.
    Publicité annonçant la présentation du chanteur Michel Louvain au Café Casa Loma, situé au 94, rue Sainte-Catherine Est. L’annonce mentionne également la participation de Rose et Cavalier, Andrée D’Amour, ainsi que du maître de cérémonie Pierce Knox, présenté comme « le plus grand xylophoniste aveugle ». Ce document confirme la présence de Michel Louvain dans la programmation du Casa Loma au début des années 1960, dans un contexte de spectacles de variétés réunissant artistes de chant, danse et animation.
  177. THE GAZETTE, 6 mars 1967.
    Publicité annonçant la présentation du groupe humoristique québécois Les Cyniques au Café Casa Loma, situé au 94, rue Sainte-Catherine Est. L’annonce les présente comme les « humoristes no 1 du Québec », mettant en valeur leur popularité croissante au milieu des années 1960. Composé notamment de Serge Grenier, Marc Laurendeau, Marcel Saint-Germain et André Dubois, le groupe incarne une nouvelle forme d’humour satirique et engagé, marquant une rupture avec les formes plus traditionnelles du cabaret. Leur présence au Casa Loma témoigne de l’adaptation de l’établissement aux transformations culturelles de la Révolution tranquille, intégrant une scène humoristique contemporaine en phase avec les préoccupations sociales et politiques du Québec de l’époque.
  178. LA PATRIE DU DIMANCHE, 12 mars 1961, p. 30.
    Article intitulé « Ti-Gus et Ti-Mousse, excellents comiques », consacré au spectacle à l’affiche du Café Casa Loma. Le texte met en lumière la popularité du duo humoristique Ti-Gus et Ti-Mousse, soulignant leur capacité à divertir un public à la fois francophone et anglophone, dans un contexte où la clientèle du cabaret est socialement et linguistiquement diversifiée. L’article insiste sur la variété et l’efficacité du spectacle, qui combine humour, musique et danse, tout en évoquant le style parfois grivois propre au cabaret populaire de l’époque. La programmation inclut également les danseurs Becker Bros., la chanteuse Ginette Ravel, ainsi que les ensembles musicaux dirigés par Marcel Doré et Mike Monti, le tout animé par Jean Roger. L’ensemble est présenté comme un divertissement accessible et dynamique, représentatif du modèle du « cabaret des vedettes canadiennes » en vigueur au Casa Loma au début des années 1960.
  179. DIMANCHE-MATIN, 17 avril 1966, cahier 1, p. 56.
    Court article signalant le succès d’un spectacle de style yé-yé présenté à l’étage du Café Casa Loma, alors exploité sous l’appellation Playgirls Room. Le texte mentionne notamment la direction de Fernand Lefebvre et la présence de l’animateur Philippe Arnaud, ainsi que de la chanteuse Jenny Rock, entourée d’une troupe de danseuses go-go. Cette source témoigne de l’évolution de la programmation du Casa Loma vers des formes de divertissement inspirées des tendances yé-yé et des revues dansantes au milieu des années 1960, marquant un tournant esthétique et générationnel dans l’exploitation de la salle du 2e étage.
  180. RADIOMONDE, 16 septembre 1961, p. 17.
    Court article évoquant la popularité du personnage du Père Gédéon, interprété par Doris Lussier, à l’affiche du Café Casa Loma. Le texte souligne l’affluence importante du public, au point que quatre représentations auraient été nécessaires au cours d’une même soirée pour répondre à la demande. Cette source met en évidence le succès des figures comiques issues de la culture populaire québécoise au sein de la programmation du Casa Loma au début des années 1960, tout en illustrant le rôle du cabaret comme lieu de diffusion de vedettes médiatiques déjà établies à la radio et à la télévision.
  181. LE DEVOIR, 7 septembre 1961.
    Article annonçant la présence du personnage du Père Gédéon, interprété par Doris Lussier, au Café Casa Loma, situé sur la rue Sainte-Catherine. Le texte souligne le passage de l’artiste de la télévision à la scène du cabaret, où il se produit désormais tous les soirs, illustrant la circulation des vedettes entre les médias de masse et les lieux de divertissement nocturne. Cette source témoigne de l’intégration de figures populaires de la télévision québécoise à la programmation du Casa Loma au début des années 1960.
  182. MONTRÉAL-MATIN, 19 février 1952.
    Article annonçant la célébration du premier anniversaire du Café Casa Loma, soulignant le succès rapide de l’établissement depuis son ouverture en février 1951. Le texte met en valeur la qualité de sa programmation artistique, la réputation de ses spectacles, ainsi que l’ambiance de cordialité, la qualité du service et le raffinement des lieux. Il insiste également sur le rôle du maître d’hôtel Roland Lachance et du gérant Ralph Cobetto dans la réussite du cabaret. Cette source témoigne du positionnement du Casa Loma comme établissement de prestige au début des années 1950, combinant gastronomie, spectacle et décor soigné.
  183. THE MONTREAL STAR, 5 décembre 1970.
    Publicité annonçant le Pamplemousse Disco-Club, exploité sous l’appellation « ghislain’s Pamplemousse », situé au 94, rue Sainte-Catherine Est, ancienne adresse du Café Casa Loma. L’annonce précise les heures d’ouverture prolongées — de 20 h à 3 h en semaine et jusqu’à 6 h les fins de semaine — et met de l’avant une expérience festive orientée vers la danse. Ce document témoigne de la transformation du lieu à la fin des années 1960, passant du cabaret traditionnel à un disco-club en phase avec l’évolution des pratiques nocturnes et l’émergence de la culture disco à Montréal.
  184. THE GAZETTE, 30 mars 1970.
    Publicité annonçant le spectacle “Baubles, Bangles & Beads” présenté au Casa Loma, situé au 94, rue Sainte-Catherine Est. L’annonce met en vedette la danseuse burlesque Angélique, décrite comme « Queen of Burlesque », ainsi que Jay Lee, Michel Dary et « les girls ». La production est attribuée à Georges Arnold. La composition visuelle, centrée sur une figure féminine en pose scénique, illustre la transition du Casa Loma vers une programmation de type burlesque à la fin des années 1960.
  185. GAZETTE OFFICIELLE DU QUÉBEC / QUÉBEC OFFICIAL GAZETTE, 26 janvier 1952, no 4, p. 3.
    Avis légal bilingue annonçant l’incorporation de Casa Loma Café Inc. en vertu de la première partie de la Loi des compagnies de Québec (S.R.Q. 1941, ch. 276). Le document indique que des lettres patentes ont été émises le 28 novembre 1951 par le lieutenant-gouverneur de la province de Québec, représenté par M. Alfred Morisset, conformément à l’article 2 de ladite loi. L’acte constitutif identifie comme fondateurs Samuel Leon Mendelsohn, avocat et conseiller du roi de Westmount, Louis Abraham DeZwirek, avocat de Montréal, et Bertha Mendelsohn, secrétaire d’Outremont, tous du district judiciaire de Montréal. L’objet de la compagnie est défini comme l’exploitation d’hôtels, restaurants et cafés sous la raison sociale « Casa Loma Café Inc. », avec un capital-actions de 100 000 $, réparti en 900 actions privilégiées et 100 actions ordinaires de 100 $ chacune. Le siège social est fixé à Montréal. L’avis est daté du bureau du procureur général au 28 novembre 1951 et signé par L. Désilets, assistant-procureur général. Lecture critique : l’absence de noms tels que Harry Gustav Holmok ou Andy Cobetto parmi les fondateurs indique que la structure corporative initiale du Casa Loma repose sur des intermédiaires juridiques (avocats et prête-noms), pratique courante dans l’industrie des cabarets montréalais de l’époque. Cette configuration suggère une dissociation entre la propriété légale et l’exploitation réelle du lieu. Les sources contemporaines confirment en effet que le Casa Loma est rapidement associé à des figures centrales du nightlife montréalais, notamment Harry Holmok — déjà impliqué dans le développement du Casino Bellevue — et, à partir du début des années 1950, Andy Cobetto, qui en assure la direction artistique et opérationnelle pendant plus d’une décennie. L’incorporation de 1951 apparaît ainsi comme la structure légale initiale d’un projet qui sera rapidement intégré à un réseau d’exploitation plus large, où se croisent intérêts commerciaux, circuits artistiques et, possiblement, réseaux informels liés à l’économie nocturne montréalaise.
  186. THE GAZETTE, 31 mars 1922, p. 4.
    Un article intitulé “Liquor From Lockers” rapporte qu’une intervention des inspecteurs de la Quebec Liquor Commission est menée au Palais Club, établissement exploité par Palais Club Inc. et situé au 62, rue Sainte-Catherine Est, au 2e étage de la Casa Loma. Lors de cette visite, une quantité d’alcool est saisie dans des casiers (« lockers »), et un employé, Camille Chapleau, est arrêté puis accusé de vente illégale et de possession d’alcool en vue de la vente. L’affaire est portée devant le juge Perrault, à qui les inspecteurs livrent leur témoignage à la suite de l’intervention effectuée dans la nuit du 25 février 1922.
  187. THE GAZETTE, 9 octobre 1922, p. 4.
    Un article intitulé “Drug Offences Charged” rapporte une série d’arrestations effectuées par la police de Montréal à la suite d’opérations menées durant le week-end. L’une de ces interventions a lieu au Palais Club, situé au 62, rue Sainte-Catherine Est, où une descente est effectuée vers 1 h 30 du matin par le capitaine Sauvé et des agents du poste de City Hall Avenue. Plusieurs clients sont fouillés sur place, et un individu identifié comme Arthur Langlois, âgé de 24 ans, est arrêté après que des paquets de ce qui est présumé être de la cocaïne aient été trouvés en sa possession. L’article s’inscrit dans une série d’interventions policières visant la circulation de stupéfiants dans différents secteurs de la ville au cours de la même période.
  188. THE MONTREAL STAR, 9 octobre 1922, p. 3.
    Un article intitulé “Ten Thousand Bail Set for Alleged Narcotic Peddler” rapporte les suites judiciaires d’une série d’arrestations liées au trafic de stupéfiants à Montréal. Le texte mentionne notamment une descente effectuée au Club Palais, situé sur la rue Sainte-Catherine Est, lors de laquelle Arthur Langlois, tailleur de pierre, est arrêté par les constables Rocheleau et Belanger, accompagnés du capitaine Sauvé et de l’escouade des narcotiques. Selon le témoignage rapporté, un sachet de substance présumée être de la cocaïne est trouvé sur lui. Langlois plaide non coupable, et sa comparution est renvoyée au 16 octobre 1922. L’article s’inscrit dans une couverture plus large de la répression policière du trafic de narcotiques dans la ville et souligne l’ampleur croissante du phénomène aux yeux des autorités municipales.
  189. LE DEVOIR, 10 décembre 1924, p. 2.
    Dans un article intitulé « Ce que M. Calder a suggéré », publié dans le contexte de l’enquête sur la police de Montréal, le journaliste rapporte notamment le témoignage de M. Pêcheur, qui déclare s’être intéressé au club Palais pendant trois semaines. Selon son témoignage, il lui aurait toutefois été impossible d’y procéder à une vente de narcotiques, l’attention y étant trop soutenue. Il ajoute qu’à la suite d’une demande adressée au capitaine Sauvé, celui-ci lui aurait affirmé qu’il allait tenter de remettre le club sur un « pied d’honnêteté ». Ce passage montre que le club Palais faisait encore l’objet d’une surveillance particulière de la part des autorités à la fin de 1924.
  190. THE GAZETTE, 2 avril 1921, p. 6.
    Un article portant sur un incendie survenu dans un immeuble du 62, rue Sainte-Catherine Est mentionne explicitement les locaux du Club Palais, situés dans l’édifice. Le feu, constaté vers 5 h du matin le 28 mars 1921, aurait pris naissance au sous-sol avant de se propager à travers la structure, causant des dommages évalués à plus de 1 000 $. Bien que l’origine exacte de l’incendie demeure incertaine, l’article précise que les flammes ont affecté les espaces occupés par le club. Ce témoignage constitue l’une des premières mentions connues du Club Palais à cette adresse, confirmant son existence dès 1921.
  191. THE MONTREAL STAR, 20 mars 1923, p. 3.
    Dans la rubrique judiciaire “The Day in Court”, un jugement rendu par la Cour supérieure du district de Montréal mentionne une affaire opposant W. A. Handfield à Le Club Palais Inc.. Le tribunal maintient une saisie-revendication (« judgment maintaining saisie revendication »), indiquant un litige de nature commerciale ou financière impliquant l’établissement. Cette mention atteste de l’existence légale du Club Palais en tant qu’entité constituée au début des années 1920.
  192. THE MONTREAL STAR, 2 mai 1921, p. 3.
    Un article intitulé “No Spirits Today Can Be Legally Bought in City”, consacré à l’entrée en vigueur du nouveau régime de contrôle des alcools à Montréal, mentionne le Palais Club dans le contexte d’interventions policières visant les établissements servant de l’alcool après les heures permises. Le texte rapporte notamment qu’une visite est effectuée vers 22 h par le capitaine Sauvé au club, situé au 62, rue Sainte-Catherine Est, où des clients sont encore présents et où de la bière est saisie comme pièce à conviction. Le gérant, identifié comme L. T. Grimard, est interrogé par les autorités, qui prennent également les noms de plusieurs clients. L’article illustre les premières mesures d’application du nouveau cadre légal, ainsi que la surveillance étroite exercée sur les clubs nocturnes montréalais au début des années 1920.
  193. LE DEVOIR, 14 novembre 1924, p. 3.
    Dans le cadre de l’enquête sur la police de Montréal, un article intitulé « L’enquête sur la police » consacre un passage au Club du Palais. Le capitaine Sauvé y témoigne avoir intenté plusieurs poursuites contre l’établissement, précisant que celui-ci opérait principalement comme un lieu de vente d’alcool sous le régime applicable aux clubs, tout en exploitant une salle de danse sans permis valide. Il mentionne notamment avoir porté 24 accusations contre le club pour cette infraction. Le texte rapporte également que, malgré ces interventions, un permis aurait été accordé en mai 1922, avant d’être refusé à nouveau, révélant des tensions entre les autorités policières et municipales. Le témoignage de l’échevin Sansregret évoque par ailleurs un projet d’acquisition du club pour une somme de 3 000 $, accompagné d’une demande de permis, ainsi que la volonté exprimée de réformer l’établissement. L’article souligne enfin que le club, après avoir fait l’objet de multiples arrestations pour des activités après minuit, est éventuellement délaissé puis abandonné. Ce document constitue une source majeure pour comprendre les relations conflictuelles entre le Club du Palais et les autorités dans les années 1920.
  194. LOVELL’S MONTREAL DIRECTORY, 1905–1951.
    Les annuaires Lovell permettent de retracer l’occupation des immeubles correspondant aux adresses 62–64–66, rue Sainte-Catherine Est (renumérotées 92–94–96 à partir de la fin des années 1920). Jusqu’au début des années 1920, ces locaux sont occupés principalement par des résidents, ateliers et commerces modestes (couturières, chambres, petits commerces), notamment Adolphe Déchaux, Arthur Orsato et Albert Wexler. À partir de 1920–1921, l’adresse 62 voit apparaître le Palais Café, rapidement remplacé par Club Palais Inc. dès 1921–1922, confirmant l’implantation d’un établissement de divertissement à cet endroit. Celui-ci disparaît toutefois des annuaires dès 1923–1924, où les trois adresses redeviennent vacantes. Au milieu des années 1920, l’ensemble de l’immeuble est progressivement restructuré autour du Beauvais Building, avec l’installation de commerces comme Beauvais Hardware Co. et Wexler’s Millinery. Dans les années 1930, l’adresse 92 accueille successivement des activités de divertissement, notamment Hollywood Amusements Ltd. puis le Club Hollywood, indiquant une continuité de la vocation récréative du lieu. Durant les années 1940, l’espace est occupé par des établissements comme l’American Grill et des salles de jeux (Penny Arcade), avant de connaître une nouvelle transformation à la fin de la décennie avec l’arrivée du Trinidad Restaurant (1948–1950). Enfin, en 1951, les adresses 94–96 sont intégrées au Casa Loma, marquant une nouvelle phase majeure dans l’histoire du site.
  195. NANCY MARRELLI, Stepping Out: The Golden Age of Montreal Night Clubs, 1925–1955, Montréal, Véhicule Press, 1992.
    L’ouvrage situe le Club Hollywood au 92, rue Sainte-Catherine Est, soit à la même adresse que l’ancien Club Palais après la renumérotation municipale. Marrelli décrit l’établissement comme un cabaret offrant repas, danse et spectacles, actif notamment au milieu des années 1930, et fréquenté dans un contexte où plusieurs clubs de l’est du centre-ville présentaient des artistes noirs devant un public majoritairement blanc. Le livre mentionne également la présence de l’orchestre des Canadian Ambassadors et souligne l’importance du lieu dans le réseau des établissements de divertissement situés à proximité du boulevard Saint-Laurent. Cette source confirme la continuité de la vocation nocturne et spectaculaire du site après la disparition du Club Palais.
  196. LA PRESSE, 14 décembre 1932, p. 29.
    Un article intitulé « Le Club Hollywood, ravagé par le feu » rapporte qu’un incendie survenu vers 14 h 30 au Club Hollywood, situé au 92, rue Sainte-Catherine Est, cause des dommages considérables à l’intérieur de l’établissement. Le feu, attribué à une explosion dans la cave du Ritz Ice Cream Parlor voisin (94, rue Sainte-Catherine Est), ravage le club par le feu, l’eau et la fumée, bien que la salle de danse soit épargnée. L’intervention des pompiers dure plusieurs heures, et d’autres commerces adjacents, dont la quincaillerie Beauvais (96), subissent également des dommages. Aucun blessé n’est signalé. Cette source confirme l’activité du Club Hollywood à cette adresse au début des années 1930, ainsi que les risques liés à la densité commerciale et aux usages mixtes du bâtiment.
  197. THE MONTREAL STAR, 19 septembre 1903, p. 5.
    Un article intitulé “Heavy Action for Damages” mentionne J. B. P. Beauvais dans le cadre d’une poursuite intentée contre un marchand de quincaillerie. Le texte précise que Beauvais, employé à salaire élevé et intéressé aux profits, engage une action en justice à la suite de la rupture d’un accord professionnel. Cette mention atteste la présence et les activités d’un membre de la famille Beauvais dans le secteur des affaires montréalaises dès le début du XXe siècle, avant l’établissement ultérieur de la Beauvais Hardware Co. à l’adresse du 92–96, rue Sainte-Catherine Est.
  198. THE MONTREAL STAR, 14 novembre 1930, p. 11.
    Dans la rubrique judiciaire, une cause opposant J. P. Beauvais à M. J. Wexler est mentionnée, dans laquelle un jugement maintient une saisie en éviction (« seizure in ejectment ») pour un montant de 2 245 $, avec intérêts et frais. Cette affaire met en relation deux acteurs directement associés à l’occupation commerciale des adresses 92–96, rue Sainte-Catherine Est, soit Beauvais et Wexler, tous deux identifiés dans les annuaires Lovell des années 1920 et 1930. Cette source illustre les dynamiques de propriété, de location ou de litige commercial entourant l’immeuble au moment de sa restructuration en Beauvais Building.
  199. THE GAZETTE, 18 mars 1920, p. 7.
    Une notice immobilière rapporte que Mrs. Geannetti vend à J. P. Beauvais un lot situé dans le quartier St. Louis Ward, comprenant des bâtiments et donnant sur la rue Saint-Dominique, pour la somme de 18 000 $. Cette transaction atteste les activités immobilières de J. P. Beauvais à Montréal au début des années 1920 et confirme son implication dans le développement et la possession de propriétés dans le secteur, antérieurement à l’établissement du Beauvais Building sur la rue Sainte-Catherine Est.
  200. THE GAZETTE, 29 décembre 1931, p. 4.
    Un article intitulé “Reinstatement in Offices is Sought” rapporte une procédure judiciaire intentée par Morris Berman contre les dirigeants du Hollywood Club, Incorporated, situé sur la rue Sainte-Catherine Est. Berman, ancien vice-président, directeur et gérant général, accuse les autres administrateurs de l’avoir évincé illégalement et de s’être approprié les fonds de la compagnie. Des requêtes en mandamus et en quo warranto sont déposées afin d’obtenir la réintégration de Berman et l’accès aux livres de l’entreprise. Les procédures visent notamment J. P. Beauvais et P. E. Beauvais, identifiés comme dirigeants du club. L’article met en lumière des conflits internes au sein de la direction et confirme l’existence d’une structure corporative formelle pour l’exploitation du Club Hollywood au début des années 1930.
  201. THE MONTREAL STAR, 5 février 1932, p. 3.
    Un article intitulé “Two Are Charged with Conspiracy” rapporte que J. P. Beauvais et P. E. Beauvais, associés au Hollywood Club situé au 96, rue Sainte-Catherine Est, comparaissent devant le juge Lacroix dans une affaire de conspiration visant à frauder Morris Berman pour une somme de 25 000 $. Le texte précise que les parties impliquées sont copropriétaires du club et que le litige porte notamment sur le partage des profits et l’accès aux livres comptables de l’entreprise. Cette affaire s’inscrit dans une série de conflits juridiques entourant la gestion et la propriété du Hollywood Club au début des années 1930.
  202. THE MONTREAL STAR, 20 janvier 1915, p. 18.
    Un article intitulé “The Eureka Fire Basis of Action for Big Damages” rapporte une poursuite intentée par Thomas Genge contre J. P. Beauvais, à la suite d’un incendie survenu en février 1914 au Eureka Café, sur la rue Saint-James. Le demandeur allègue que le feu a été causé par la négligence d’un employé de Beauvais, qui aurait manipulé un contenant d’huile de charbon près d’un poêle chaud, provoquant une explosion et un incendie majeur ayant détruit le bâtiment. Beauvais conteste ces accusations, soutenant que toutes les précautions raisonnables avaient été prises. Cette affaire témoigne de l’implication de J. P. Beauvais dans des activités commerciales dès les années 1910, ainsi que de litiges liés à ses opérations avant son association ultérieure avec les propriétés de la rue Sainte-Catherine Est.
  203. THE MONTREAL STAR, 31 décembre 1931, p. 12.
    Un article intitulé “Petition in Club Case Dismissed” rapporte que la Cour supérieure rejette une demande de Morris Berman visant à faire nommer un séquestre pour administrer le Hollywood Club, Inc., dans le cadre d’un conflit entre associés. Le juge Boyer refuse l’intervention judiciaire, estimant que la situation ne justifie pas une mise sous séquestre. L’article indique que J. P. Beauvais et P. E. Beauvais exercent alors un contrôle effectif sur l’établissement, Beauvais étant décrit comme un marchand de quincaillerie impliqué dans la gestion du club. Le texte souligne également que Berman a été évincé de ses fonctions de directeur et gérant à la suite d’un vote majoritaire des actionnaires. Cette décision judiciaire confirme la consolidation du contrôle du Hollywood Club par les Beauvais à la fin de l’année 1931.
  204. THE GAZETTE, 15 décembre 1932, p. 6.
    Un avis publié sous la rubrique “Notice Under The Bankruptcy Act” annonce que J. P. Beauvais, opérant sous le nom de Beauvais Hardware Co. à Montréal, est déclaré en faillite à la suite d’une ordonnance rendue le 12 décembre 1932. L’avis précise que des syndics sont nommés pour administrer l’actif du débiteur en attendant la réunion des créanciers. Cette faillite intervient dans le contexte des difficultés financières et des litiges entourant les activités commerciales et les investissements de Beauvais, notamment liés à l’exploitation du Hollywood Club et à l’immeuble de la rue Sainte-Catherine Est.
  205. THE MONTREAL STAR, 5 juin 1944, p. 4.
    Dans un article portant sur les incidents liés aux Zoot Suit Riots, il est rapporté qu’un individu est poursuivi en justice après avoir tiré des coups de feu lors d’une altercation survenue à proximité de l’American Grill, situé sur la rue Sainte-Catherine Est. L’établissement est mentionné comme un lieu fréquenté par des militaires et des civils durant cette période. Cette référence confirme la présence de l’American Grill à cette adresse au milieu des années 1940, dans la continuité de l’usage du site comme lieu de restauration et de divertissement après la période du Club Hollywood.
  206. THE MONTREAL STAR, 24 février 1937, p. 3.
    Un article intitulé “Night Clubs Accused of By-Law Violations” rapporte que la police de Montréal dépose 25 accusations contre 11 cabarets pour infractions aux règlements municipaux encadrant les heures de danse. Parmi les établissements visés figure l’American Grill, situé sur la rue Sainte-Catherine Est, cité pour plusieurs infractions. Le texte précise que les règlements limitent les activités dansantes entre 10 h et minuit en semaine et les interdisent le dimanche. Cette mention confirme non seulement l’activité de l’American Grill à cette adresse dans les années 1930, mais aussi son inscription dans les enjeux réglementaires entourant les cabarets montréalais.
  207. THE MONTREAL STAR, 3 mai 1941, p. 4.
    Un article intitulé “Sailors Cause Disturbance” rapporte que onze marins sont arrêtés à la suite de troubles survenus dans et autour de l’American Grill, situé au 92, rue Sainte-Catherine Est. L’incident, débutant vers 1 h 15 du matin, attire une foule importante au point de bloquer la circulation sur la rue. La police doit intervenir à plusieurs reprises avant de procéder à des arrestations vers 2 h 30. Cette mention confirme à la fois l’adresse précise de l’établissement et son rôle comme lieu de rassemblement nocturne fréquenté, parfois associé à des désordres publics.
  208. LE DEVOIR, 30 octobre 1936, p. 12.
    Dans la rubrique “Nouvelles raisons sociales”, annonçant les sociétés et entreprises récemment enregistrées, l’American Grill est mentionné comme étant situé au 92, rue Sainte-Catherine Est, avec Fabien Guérin associé à l’établissement. Cette mention confirme l’exploitation commerciale officielle du lieu sous cette appellation au milieu des années 1930, ainsi que son inscription dans le registre des entreprises actives à Montréal.
  209. THE GAZETTE, 18 novembre 1931, p. 3.
    Une brève annonce la nomination d’Albert Walters, anciennement associé au Montreal Press Club, comme assistant-gérant du Club Hollywood, situé sur la rue Sainte-Catherine Est. Cette mention confirme non seulement l’existence active de l’établissement à cette date, mais aussi sa structure organisationnelle, avec du personnel de gestion identifié, témoignant d’une exploitation commerciale structurée au début des années 1930.
  210. THE MONTREAL STAR, 10 août 1931, p. 26.
    Dans un article annonçant l’octroi de lettres patentes à plusieurs compagnies au Québec, il est précisé que Club Hollywood, Incorporated reçoit des lettres patentes supplémentaires, résultant d’un changement de nom depuis The Bridge Academy of Montreal, Incorporated. Cette mention confirme la constitution légale du Club Hollywood en tant qu’entité corporative en 1931, ainsi que son origine institutionnelle antérieure, suggérant une transformation d’usage vers une exploitation de type cabaret ou club de nuit.
  211. THE MONTREAL STAR, 13 novembre 1931, p. 3.
    Un article intitulé “City’s Case Against Club is Dismissed” rapporte qu’une poursuite intentée par la Ville de Montréal contre le Club Hollywood, accusé d’exploiter une salle de concert sans permis, est rejetée par le Recorder Morrison. La défense soutient que l’établissement fonctionne sous une charte provinciale et qu’il opère comme un club privé, dont l’accès est réservé aux membres. Le tribunal conclut qu’aucune preuve ne démontre que le lieu fonctionne comme une salle de concert publique au sens du règlement municipal. Cette décision éclaire le statut légal du club au début des années 1930 et les stratégies utilisées pour contourner la réglementation municipale.
  212. THE GAZETTE, 25 juillet 1931, p. 8.
    Un article intitulé “Club Hollywood Opens” annonce l’ouverture officielle du Club Hollywood, situé au 92, rue Sainte-Catherine Est, présentée comme une nouvelle addition à la vie nocturne montréalaise. L’établissement est inauguré lors d’une soirée de gala et propose une programmation inspirée des divertissements de type Broadway, incluant orchestre, maître de cérémonie et artistes invités. L’article mentionne également que Morris Berman agit comme gérant du club. Cette source constitue la première confirmation explicite de l’ouverture et de l’exploitation du Club Hollywood à cette adresse en 1931.
  213. THE MONTREAL STAR, 26 octobre 1932, p. 6.
    Une publicité pour le Club Hollywood, situé au 92, rue Sainte-Catherine Est, annonce une formule de souper-danse au prix populaire de 75 cents, incluant des spectacles de scène (“snappy floor entertainment”) sous la direction de Roger Lacour, avec la participation de Ray Parker and His Perfect Little Gems. L’annonce précise que l’établissement est réservé aux membres et à leurs invités, et mentionne Jack Miller comme gérant. Cette source illustre le positionnement du club comme lieu de divertissement structuré, combinant restauration, danse et performances musicales au début des années 1930.
  214. THE MONTREAL STAR, 14 décembre 1932, p. 18.
    Un article intitulé “Stores and Club Damaged by Fire” rapporte qu’un incendie majeur, déclenché à la suite d’une explosion dans le sous-sol du Ritz Ice Cream Parlor situé au 94, rue Sainte-Catherine Est, se propage au Hollywood Club ainsi qu’à d’autres établissements voisins. Le feu, qui aurait soufflé un mur mitoyen avant de s’étendre rapidement, cause des dommages estimés entre 50 000 $ et 75 000 $. L’article précise que plusieurs personnes échappent de justesse à l’incident, sans faire de victimes. Cette source confirme l’impact direct de l’incendie sur le Club Hollywood et illustre la vulnérabilité des établissements du secteur face aux sinistres affectant les immeubles contigus.
  215. THE GAZETTE, 14 décembre 1932, p. 5.
    Un article intitulé “Club Hollywood Damaged by Fire” rapporte qu’un incendie survenu vers 14 h 36 endommage le Club Hollywood, situé au 92, rue Sainte-Catherine Est, à la suite d’une explosion dans le sous-sol du Ritz Ice Cream Parlor au 94, rue Sainte-Catherine Est. Le feu et la fumée se propagent à travers les murs jusque dans le night-club, causant des dommages à l’intérieur, bien que la piste de danse soit épargnée. L’intervention des pompiers, mobilisés pendant près de cinq heures, permet de contenir l’incendie. L’article précise également que le Club Hollywood est la propriété de J. P. Beauvais, et que d’autres établissements voisins, dont la Beauvais Hardware Company au 96, rue Sainte-Catherine Est, subissent aussi des dommages. Aucune victime n’est signalée.
  216. THE GAZETTE, 10 mars 1933, p. 2.
    Dans un article mentionnant un décès, il est précisé que Mrs. Beauvais est l’épouse de J. P. Beauvais, identifié comme propriétaire du Hollywood Club sur la rue Sainte-Catherine Est. Cette mention confirme la continuité de la propriété du club par Beauvais au début de l’année 1933, quelques mois après l’incendie majeur de décembre 1932.
  217. THE GAZETTE, 10 mars 1933, p. 2.
    Un article intitulé “Autopsy Held on Woman” rapporte le décès de Mrs. J. B. Beauvais, âgée de 58 ans, domiciliée au 179, rue Sherbrooke Est, décédée à l’Hôpital Notre-Dame. Le texte précise qu’elle est l’épouse de J. P. Beauvais, identifié comme propriétaire du Hollywood Club sur la rue Sainte-Catherine Est, confirmant ainsi l’association directe entre Beauvais et l’établissement au début de l’année 1933.
  218. THE GAZETTE, 2 juin 1933, p. 7.
    Avis légal publié sous la rubrique “Province of Quebec — Superior Court” annonçant la mise en liquidation de Hollywood Club Inc., corporation dûment constituée à Montréal. Le document précise qu’un winding-up order a été accordé et convoque une assemblée des créanciers, actionnaires et contributeurs pour le 9 juin 1933 au palais de justice de Montréal, en vue de nommer un liquidateur final. Cet avis confirme la dissolution officielle de l’entreprise exploitant le Club Hollywood.
  219. THE MONTREAL STAR, 12 janvier 1933, p. 35.
    Un article intitulé “Petition Against Club Dismissed” rapporte qu’une requête déposée par Morris Berman visant à placer le Hollywood Club Inc. en liquidation est rejetée par la Cour de faillite. Le juge souligne que Berman, ancien actionnaire, avait entre-temps vendu ses parts et ne possédait plus d’intérêt dans l’entreprise. Berman affirmait détenir auparavant près de 40 % des actions et alléguait une mauvaise gestion du club.
  220. THE GAZETTE, 8 août 1934, p. 2.
    Un article intitulé “Fined for Staging Shows on Sunday” rapporte une série de poursuites intentées contre plusieurs établissements de divertissement montréalais pour avoir présenté des spectacles après minuit le samedi, en contravention avec le Lord’s Day Act. Le texte précise que douze accusations sont portées contre le Hollywood Club sur la rue Sainte-Catherine Est, aux côtés d’autres établissements comme le Beaver Club et le Paramount Grill. Cette mention atteste la persistance du nom ou de l’activité du lieu dans les registres judiciaires en 1934.
  221. THE GAZETTE, 26 septembre 1934, p. 6.
    Un article intitulé “Four Night Clubs in Court Trouble” rapporte que le Hollywood Club Inc., situé au 92, rue Sainte-Catherine Est, est reconnu coupable de deux chefs d’accusation pour avoir exploité un café-concert et permis des activités de divertissement le dimanche, en contravention avec le Lord’s Day Act. L’établissement est condamné à une amende de 5 dollars et frais (ou 15 jours de détention) pour chaque infraction. Cette mention démontre que la compagnie ou son appellation légale demeure active ou utilisée dans les procédures judiciaires en 1934.
  222. THE MONTREAL STAR, 13 juillet 1934, p. 11.
    Un article intitulé “Night Clubs Fined $5 by Recorder” rapporte que le Hollywood Club, Inc. est condamné à une amende de 5 dollars et frais pour avoir exploité une salle de danse sans licence. L’affaire est entendue devant le Recorder A. Leblanc. Cette mention confirme que l’établissement — ou du moins son entité juridique — est encore actif ou poursuivi dans un cadre opérationnel en juillet 1934.
  223. THE MONTREAL STAR, 15 août 1934, p. 3.
    Un article intitulé “Hollywood Club Is Fined” rapporte que le Hollywood Club Inc. est reconnu coupable sur cinq chefs d’accusation pour avoir exploité un café-concert le dimanche, ainsi que sur neuf chefs pour avoir tenu une salle de danse sans licence. L’établissement est condamné à des amendes et frais dans chacun des cas, lors d’une audience devant le Recorder-in-Chief J. A. Thouin. Cette décision illustre la récurrence et l’ampleur des infractions reprochées au club en 1934.
  224. THE MONTREAL STAR, 14 décembre 1928, p. 40.
    Publicité pour les Starr Skates, distribuées notamment par la Beauvais Hardware Company, située au 96, rue Sainte-Catherine Est. L’annonce confirme l’occupation commerciale du site à la fin des années 1920 par une quincaillerie spécialisée dans les articles de sport, illustrant la vocation initiale du rez-de-chaussée bien avant sa transformation en lieu de divertissement.
  225. THE MONTREAL STAR, s.d. (années 1920), publicité.
    Une annonce publiée dans The Montreal Star signale la réouverture du Club Palais Inc., situé au 62, rue Sainte-Catherine Est (ancienne numérotation correspondant ultérieurement au secteur du 92, rue Sainte-Catherine Est). L’établissement y est présenté comme étant « maintenant ré-ouvert », avec des activités prévues chaque soir de la semaine, incluant des promotions destinées à attirer la clientèle. Cette publicité confirme l’exploitation active du Club Palais à cette adresse au début des années 1920, dans une phase antérieure à l’implantation du Club Hollywood.
  226. LE PETIT JOURNAL, 21 septembre 1941.
    Une publicité pour le Café American Grill, situé au 92, rue Sainte-Catherine Est, met en avant une programmation de variétés comprenant deux représentations quotidiennes, ainsi que des spectacles amateurs le dimanche après-midi. L’annonce mentionne la présence de Stan Carruthers comme maître de cérémonie et souligne une offre combinant revue professionnelle et cuisine de renom, incluant des spécialités telles que filet mignon et poulet rôti. Cette source confirme l’exploitation du lieu comme établissement de divertissement structuré au début des années 1940, dans la continuité de la vocation nocturne du site.
  227. THE MONTREAL DAILY STAR, 29 mars 1913, p. 7.
    Une pleine page publicitaire consacrée au “Regal Hotel & Cafe” présente l’établissement comme « one of the most magnificent and up-to-date establishments of its kind », insistant sur son caractère moderne et luxueux. L’illustration centrale montre une vaste salle de restauration richement décorée, dotée de luminaires élaborés, de tables nappées et d’un service formel, fréquentée par une clientèle élégante, ce qui témoigne d’un positionnement haut de gamme. Le texte précise que l’établissement est exploité par Jos. Gravel, président de la Gravel Realty Co., qui en assure également la direction, et met en valeur les améliorations récentes apportées au lieu, notamment la décoration, l’aménagement du hall et des salles à manger, ainsi que la qualité du service et de la cuisine, confiée à des chefs français. L’annonce souligne également la présence d’un orchestre — le Ratto concert orchestra — se produisant quotidiennement, confirmant que le lieu propose déjà une forme de divertissement musical en complément de la restauration. Cette source constitue un témoignage précoce de l’occupation du site par un établissement combinant hôtellerie, restauration et animation, préfigurant les usages festifs et spectaculaires qui caractériseront ultérieurement le 2e étage du 62, rue Sainte-Catherine Est.
  228. THE GAZETTE, 14 janvier 1915.
    Un article intitulé “Close Regal and Parisien Cafes” rapporte la décision des commissaires de ne pas accorder de permis aux Regal Café et Parisien Café dans le cadre de l’attribution annuelle des licences à Montréal. Le texte précise que, bien que plusieurs centaines de permis aient été délivrés, ces établissements en sont exclus, sans que leurs noms soient initialement mentionnés, ce qui suscite des interrogations dans la presse. L’article indique que les exploitants avaient déposé une demande de licence pour poursuivre leurs activités de restauration, mais que celles-ci ont été refusées, forçant la fermeture des lieux à l’échéance du permis en cours. Cette décision s’inscrit dans un contexte de resserrement réglementaire visant les établissements associés à la vie nocturne et aux divertissements urbains, et témoigne des tensions entre autorités municipales et exploitants de cafés et cabarets au début des années 1910. Pour le Regal, cette source marque un moment charnière, signalant la fin de son exploitation sous cette forme et illustrant la précarité juridique des premiers lieux de sociabilité nocturne sur la rue Sainte-Catherine Est.
  229. THE GAZETTE, 6 mai 1918, p. 4.
    Un article intitulé “Police Raided Palais de Danse” rapporte une descente de la brigade de la moralité dans l’établissement alors connu sous le nom de Palais de Danse, situé au coin des rues Sainte-Catherine et Saint-Justin. Le texte précise explicitement que ce lieu occupait les anciens locaux du Regal Cafe, établissant ainsi une continuité directe entre les deux établissements. Lors de l’intervention, qui interrompt brusquement musique et danse devant plusieurs centaines de personnes, les autorités découvrent notamment un baril de vin dissimulé dans le bâtiment et procèdent à l’arrestation d’un employé accusé de vente d’alcool sans permis. L’article rappelle que la licence du Regal avait été révoquée à la suite d’une campagne policière, dans un contexte similaire à celui du Café Parisien, situé de l’autre côté de la rue. Cette source met en lumière à la fois la transformation du Regal en salle de danse et la persistance d’une surveillance policière étroite, illustrant les tensions entre exploitation commerciale et régulation morale qui caractérisent les débuts du divertissement nocturne sur la rue Sainte-Catherine Est.
  230. THE MONTREAL STAR, 28 mai 1920, p. 16.
    Une publicité de Albert Wexler, modiste (« milliner »), annonce une vente de liquidation à son adresse du 66, rue Sainte-Catherine Est, précisant qu’il s’agit de l’un de ses principaux points de vente en ville, établi depuis 18 ans. L’annonce met en valeur une large gamme de chapeaux et d’accessoires de mode, soulignant l’importance du commerce de détail dans ce secteur du centre-ville au début des années 1920. Cette source confirme l’occupation du rez-de-chaussée de l’immeuble par des activités commerciales spécialisées, distinctes des fonctions de divertissement développées à l’étage, et s’inscrit dans la continuité de la présence de commerces établis le long de la rue Sainte-Catherine Est.
  231. THE GAZETTE, 31 juillet 2004, p. 87.
    Article de Charlie Fidelman intitulé “A little skin, a lot of Vegas” consacré au Club 281, où Annie Delisle, ayant repris l’établissement de son père, y introduit une approche renouvelée inspirée des grandes revues de Las Vegas, misant sur des numéros chorégraphiés, une production scénique plus élaborée et une atmosphère axée sur le divertissement féminin. Le texte souligne la popularité croissante de ce type de spectacle auprès d’une clientèle majoritairement composée de groupes de femmes (anniversaires, enterrements de vie de jeune fille), tout en insistant sur la distinction faite par les participantes entre performance érotique et divertissement, plusieurs affirmant que « pour la plupart des femmes, ce n’est pas de la pornographie ».
  232. THE GAZETTE, 2 décembre 1963.
    Une publicité annonce la prestation du OSCAR PETERSON TRIO au Casa Loma Upstairs (94, rue Sainte-Catherine Est), présenté comme un « welcome home engagement » de l’artiste montréalais, pour une durée d’une semaine seulement.
  233. CHABOT-JOHNSON, Marie, « J’ai détesté chaque minute… », Le Journal de Montréal, 28 juillet 2014.
    Article revenant sur les conditions de travail dans les cabarets montréalais des années 1950–1970, marqué par de longues heures, une rémunération incertaine et une atmosphère souvent difficile, notamment en raison d’un public bruyant et alcoolisé. S’appuyant sur les témoignages de Jean Lapointe (Les Jérolas), Dominique Michel, Renée Martel et Denise Filiatrault, la source met en lumière les contraintes du milieu, particulièrement pour les femmes artistes, ainsi que le rôle déterminant des cabarets comme passage obligé avant l’essor de la télévision.
  234. TI-GUS ET TI-MOUSSE, Une soirée au Casa Loma avec Ti-Gus et Ti-Mousse, Columbia, FS-521 (stéréo) / FL-273 (mono), début des années 1960.
    Album humoristique associé au Casa Loma, témoignant de la pratique d’enregistrements en lien avec le cabaret et de la diffusion sur disque de spectacles présentés dans ce lieu. Voir également : Discogs, « Une soirée au Casa Loma », fiche discographique.
  235. UNDERWRITERS' SURVEY BUREAU, Insurance plan of the city of Montreal, volume I, Toronto, The Bureau, 1940.
    Atlas d’assurance-incendie (1:600) conservé aux archives de la Ville de Montréal (BAnQ, notice no 0003216542). Ce document cartographique détaillé permet d’identifier l’occupation commerciale des bâtiments du centre-ville à la veille des transformations de l’après-guerre, notamment la présence de l’American Grill sur la rue Sainte-Catherine Est, confirmant l’usage du site comme lieu de restauration et de sociabilité avant son intégration aux circuits du divertissement montréalais dans les années 1950.
  236. LE DEVOIR, 19 juin 2014, p. 15.
    Article du cahier Centre d’histoire de Montréal reproduisant une carte postale des années 1950 illustrant la rue Sainte-Catherine Est, accompagnée d’un relevé détaillé des occupations commerciales et institutionnelles du secteur. Ce document, à la fois iconographique et analytique, permet de visualiser la densité des établissements liés au divertissement, à la restauration et à l’hôtellerie dans ce tronçon du centre-ville, confirmant l’importance de la rue Sainte-Catherine comme axe majeur de sociabilité urbaine au milieu du XXe siècle. Il s’inscrit dans une démarche de reconstitution historique du paysage nocturne montréalais, en croisant mémoire visuelle et données issues des archives municipales et des plans d’assurance-incendie.
MARILYN APOLLO
MARILYN APOLLO

Source: The Gazette, 12 juin 1970, Division Postmedia Network Inc.

ANGELIQUE JAY LEE MICHEL DARY LES GIRLS
ANGELIQUE JAY LEE MICHEL DARY LES GIRLS

Source: The Gazette, 30 mars 1970

JOHNNY FARAGO PATRICK ZABÉ
JOHNNY FARAGO PATRICK ZABÉ

Source: The Gazette, 25 mars 1968, Postmedia Network Inc.

Lieu: Casa Loma

GINETTE RENO
GINETTE RENO

Source: The Gazette, 22 mai 1967, division Postmedia Network Inc.

Lieu: Casa Loma

LES JÉROLAS
LES JÉROLAS

Source: The Gazette, 1 mai 1967, division Postmedia Network Inc.

Lieu: Casa Loma

DANY AUBÉ LES FIVE BELLS
DANY AUBÉ LES FIVE BELLS

Source: The Gazette, 10 avril 1967, division Postmedia Network Inc.

Lieu: Casa Loma

PIERRE PERPALL LES MILADIES
PIERRE PERPALL LES MILADIES

Source: The Gazette, 3 avril 1967, division Postmedia Network Inc.

Lieu: Casa Loma

LES CYNIQUES
LES CYNIQUES

Source: The Gazette, 6 mars 1967, division Postmedia Network Inc.

Lieu: Casa Loma

MARTHE FLEURANT DANIEL GIRAUD NANETTE WORKMAN TONY ROMAN
MARTHE FLEURANT DANIEL GIRAUD NANETTE WORKMAN TONY ROMAN

Source: The Gazette, 20 février 1967, division Postmedia Network Inc.

Lieu: Casa Loma

GILLES LETARTE PIERRET BEAUCHAMP
GILLES LETARTE PIERRET BEAUCHAMP

Source: The Gazette, 13 février 1967, division Postmedia Network Inc.

Lieu: Casa Loma

JENNY ROCK
JENNY ROCK

Source: The Gazette, 18 avril 1966, Postmedia Network Inc.

PLAYGIRLS À GO-GO PHARAONS BELL TONES LOS TIEMPO JEAN BENJAMIN
PLAYGIRLS À GO-GO PHARAONS BELL TONES LOS TIEMPO JEAN BENJAMIN

Source: The Gazette, 1 octobre 1965, division Postmedia Network Inc.

COCCINELLE
COCCINELLE

Collection: Martin Dozois

ROLAND KIRK WES MONTGOMERY
ROLAND KIRK WES MONTGOMERY

Source: The Gazette, 22 février 1965, Postmedia Network Inc.

YUSEF LATEEF
YUSEF LATEEF

Source: The Gazette, 15 février 1965, Postmedia Network Inc.

CARMEN MCRAE SONNY STITT
CARMEN MCRAE SONNY STITT

Source: The Gazette, 8 février 1965, Postmedia Network Inc.

MONGO SANTAMARIA
MONGO SANTAMARIA

Source: The Gazette, 1 février 1965, Postmedia Network Inc.

MARIAN MCPARTLAND
MARIAN MCPARTLAND

Source: The Gazette, 25 janvier 1965, Postmedia Network Inc.

CANNONBALL ADDERLEY
CANNONBALL ADDERLEY

Source: The Gazette, 11 janvier 1965, Postmedia Network Inc.

JOHN COLTRANE
JOHN COLTRANE

Source: La Presse, 4 janvier 1965, BAnQ

HERBIE MANN
HERBIE MANN

Source: The Gazette, 18 janvier 1975, Postmedia Network Inc.

MONIQUE GAUBE
MONIQUE GAUBE

Source: The Gazette 28 décembre 1964

ZOOT SIMS
ZOOT SIMS

Source: The Gazette 14 décembre 1964

OSCAR PETERSON
OSCAR PETERSON

Source: The Gazette, 7 décembre 1964, Postmedia Network Inc.

DUKE ELLINGTON
DUKE ELLINGTON

Source: The Gazette 30 novembre 1964

MODERN JAZZ QUARTET
MODERN JAZZ QUARTET

Source: The Gazette 27 novembre 1964

WOODY HERMAN
WOODY HERMAN

Source: The Gazette 16 novembre 1964

HORACE SILVER
HORACE SILVER

Source: The Gazette 9 novembre 1964

MILES DAVIS
MILES DAVIS

Source: The Gazette 2 novembre 1964

CHARLIE BYRD & LEE GAGNON
CHARLIE BYRD & LEE GAGNON

Source: The Gazette 26 octobre 1964

GENE KRUPA
GENE KRUPA

Source: The Gazette 12 octobre 1964

MARTIAL SOLAL
MARTIAL SOLAL

Source: The Gazette 5 octobre 1964

CARMEN MCRAE & ART BLAKEY
CARMEN MCRAE & ART BLAKEY

Source: The Gazzette 28 septembre 1964

LIONEL HAMPTON
LIONEL HAMPTON

Source: The Gazette 21 septembre 1964

MAX ROACH & ABBEY LINCOLN
MAX ROACH & ABBEY LINCOLN

Source: The Gazette 14 septembre 1964

ERROL GARNER
ERROL GARNER

Source: The Gazette 5 septembre 1964

THELONIOUS MONK
THELONIOUS MONK

Source: The Gazette 24 août 1964

DUKES OF DIXIELAND
DUKES OF DIXIELAND

Source: The Gazette 17 août 1964

ROY ELDRIDGE
ROY ELDRIDGE

Source: The Gazette 10 août 1964

COLEMAN HAWKINS
COLEMAN HAWKINS

Source: The Gazette 3 août 1964

BILL EVANS
BILL EVANS

Source: The Gazette 27 juillet 1964

MAYNARD FERGUSON
MAYNARD FERGUSON

Source: The Gazette 20 juillet 1964

ART FARMER
ART FARMER

Source: The Gazette 13 juillet 1964

OSCAR PETERSON
OSCAR PETERSON

Source: The Gazette 6 juillet 1964

DIZZY GILLESPIE
DIZZY GILLESPIE

Source: The Gazette 29 juin 1964

JACQUES LOUSSIER
JACQUES LOUSSIER

Source: The Gazette 22 juin 1964

CHET BAKER
CHET BAKER

Source: The Gazette 8 juin 1964

JIMMY SMITH
JIMMY SMITH

Source: The Gazette 1 juin 1964

JONAH JONES
JONAH JONES

Source: The Gazette 25 mai 1964

GENE KRUPA
GENE KRUPA

Source: The Gazette 22 mai 1964

BOBBY HACKETT
BOBBY HACKETT

Source: The Montreal Star 9 mai 1964

JOE WILLIAMS
JOE WILLIAMS

Source: The Gazette 27 avril 1964

THELONIOUS MONK
THELONIOUS MONK

Source: The Gazette 6 avril 1964

CANNONBALL ADDERLEY
CANNONBALL ADDERLEY

Source: The Gazette 23 mars 1964

ROBERT DE MONTIGNY
ROBERT DE MONTIGNY

Source: The Gazette 17 mars 1964

J.J. JOHNSON
J.J. JOHNSON

Source: The Gazette 17 mars 1964

SONNY ROLLINS
SONNY ROLLINS

Source: The Gazette 2 mars 1964

ZÉRO DE CONDUITE
ZÉRO DE CONDUITE

Source: The Gazette 2 mars 1964

DAKOTA STATON
DAKOTA STATON

Source: The Gazette 24 février 1964

JOHN COLTRANE
JOHN COLTRANE

Source: The Gazette, 17 février 1964, division Postmedia Network Inc.

STAN GETZ
STAN GETZ

Source: The Gazette, 10 février 1964, Postmedia Network Inc.

AHMAD JAMAL
AHMAD JAMAL

Source: The Gazette, 20 janvier 1964, Postmedia Network Inc.

MILES DAVIS
MILES DAVIS

Source: The Gazette, 16 janvier 1964, Postmedia Network Inc.

OSCAR PETERSON
OSCAR PETERSON

Source: The Gazette, 2 décembre 1963, Postmedia Network Inc.

OSCAR PETERSON
OSCAR PETERSON

Source: La presse, 2 décembre 1963, BAnQ

LA FAMILLE SOUCY
LA FAMILLE SOUCY

Source: Montréal-Matin, 23 février 1963, BAnQ

CHEZ ISIDORE
CHEZ ISIDORE

Source: Télé-Radiomonde, 17 novembre 1962, BAnQ

LA FAMILLE SOUCY
LA FAMILLE SOUCY

Source: Télé-Radiomonde, 3 novembre 1962, BAnQ

DOMINIQUE MICHEL
DOMINIQUE MICHEL

Source: The Gazette, 2 octobre 1961, Postmedia Network Inc.

LE PÈRE GÉDÉON
LE PÈRE GÉDÉON

Source: Montréal-Matin, 6 septembre 1961, BAnQ

JACQUES DESROSIERS INK SPOTS
JACQUES DESROSIERS INK SPOTS

Source: Montréal-Matin, 21 août 1961, BAnQ

GUILDA
GUILDA

Source: The Gazette, 22 mai 1961, Postmedia Network Inc.

DENISE FILIATRAULT
DENISE FILIATRAULT

Source: The Gazette, 24 avril 1961, Postmedia Network Inc.

DOMINIQUE MICHEL
DOMINIQUE MICHEL

Source: The Gazette, 1 avril 1961, Postmedia Network Inc.

TI-GUS TI-MOUSSE JEAN ROGER GINETTE RAVEL BECKER BROS
TI-GUS TI-MOUSSE JEAN ROGER GINETTE RAVEL BECKER BROS

Source: The Gazette, 6 mars 1961, division Postmedia Network Inc.

MICHEL LOUVAIN
MICHEL LOUVAIN

Source: The Gazette, 13 février 1961, Postmedia Network Inc.

ALYS ROBI
ALYS ROBI

Source: The Gazette, 6 février 1961, Postmedia Network Inc.

FERNAND GIGNAC
FERNAND GIGNAC

Source: The Gazette, 30 janvier 1961, Postmedia Network Inc.

TUNE UP BOYS MICHELINE MANSEAU PIERRE ROBYN LILI D’AOUST LES BOGINOS
TUNE UP BOYS MICHELINE MANSEAU PIERRE ROBYN LILI D’AOUST LES BOGINOS

Source: The Gazette, 16 janvier 1961, Postmedia Network Inc.

OLIVIER GUIMOND TI-ZOUNE PAUL DESMARTEAUX JOANNE LACHANCE
OLIVIER GUIMOND TI-ZOUNE PAUL DESMARTEAUX JOANNE LACHANCE

Source: The Gazette, 9 janvier 1961, Postmedia Network Inc.

GUILDA
GUILDA

Source: The Gazette, 21 décembre 1959, Postmedia Network Inc.

MICHEL LOUVAIN
MICHEL LOUVAIN

Source: The Gazette, 19 octobre 1959, Postmedia Network Inc.

FAY MCKAY
FAY MCKAY

Source: Le Petit Journal, 23 août 1959, BAnQ

LES JEROLAS
LES JEROLAS

Source: The Gazette, 10 août 1959, Postmedia Network Inc.

ANDRÉ BERTRAND LES CORONADOS PHIL LAWRENCE AND MITZ
ANDRÉ BERTRAND LES CORONADOS PHIL LAWRENCE AND MITZ

Source: The Gazette, 3 août 1959, Postmedia Network Inc.

POLA BERGER JEN ROGER BILLY FELLOWS
POLA BERGER JEN ROGER BILLY FELLOWS

Source: Le Petit Journal, 19 avril 1959, BAnQ

LES JEROLAS
LES JEROLAS

Source: Montréal-Matin, 24 novembre 1958, BAnQ

ALYS ROBI
ALYS ROBI

Source: Le Petit Journal, 26 octobre 1958, BAnQ

ADRIEN ADRIUS
ADRIEN ADRIUS

Source: Le Petit Journal, 26 octobre 1958, BAnQ

TUNE UP BOYS MARGOT LEFEBVRE THE NIVELLI’S JEN ROGER
TUNE UP BOYS MARGOT LEFEBVRE THE NIVELLI’S JEN ROGER

Source: Montréal-Matin, 13 août 1958, BAnQ

JEAN-PIERRE MASSON PAOLO NOEL
JEAN-PIERRE MASSON PAOLO NOEL

Source: Le Petit Journal, 12 janvier 1958, BAnQ

CONCOURS : NOS ARTISTES DE DEMAIN
CONCOURS : NOS ARTISTES DE DEMAIN

Source: Le Petit Journal, 30 septembre 1956, BAnQ

GUILDA
GUILDA

Source: Le Petit Journal, 3 juin 1956, BAnQ

TUNE UP BOYS
TUNE UP BOYS

Source: Le Petit Journal, 18 octobre 1953, BAnQ

Ti-ZOUNE PAUL DESMARTEAUX LOUISE RIVIÈRE NINA ET VALDEZ SHIRLEY LANE JEAN CHARETTE
Ti-ZOUNE PAUL DESMARTEAUX LOUISE RIVIÈRE NINA ET VALDEZ SHIRLEY LANE JEAN CHARETTE

Source: La Patrie, 1 juin 1952, BAnQ

TI-ZOUNE JEANNE D’ARC CHARLEBOIS JULIETTE BELIVEAU WILLIE LAMOTHE LEO RIVET RAY D’ALLAIRE
TI-ZOUNE JEANNE D’ARC CHARLEBOIS JULIETTE BELIVEAU WILLIE LAMOTHE LEO RIVET RAY D’ALLAIRE

Source: La Patrie, 19 février 1952, BAnQ

TI ZOUNE, PÈRE J. D. CHARLEBOIS JULIETTE BÉLIVEAU WILLIE LAMOTHE LÉO RIVET RAY DALLAIRE
TI ZOUNE, PÈRE J. D. CHARLEBOIS JULIETTE BÉLIVEAU WILLIE LAMOTHE LÉO RIVET RAY DALLAIRE

Source: Montréal-Matin, 19 février 1952, BAnQ

JEAN-PIERRE MASSON JACK PARKER TRINI REYES CASA LOMA GIRLS
JEAN-PIERRE MASSON JACK PARKER TRINI REYES CASA LOMA GIRLS

Source: Montréal-Matin, 28 mars 1951, BAnQ

Note méthodologique

Cette notice biographique est fondée exclusivement sur des sources publiques d’archives (presse, ouvrages publiés, commissions d’enquête et études historiques). Elle n’apporte aucune information nouvelle concernant la Casa Loma.

Les mentions de la Casa Loma s’inscrivent uniquement dans un contexte historiographique plus large portant sur l’environnement nocturne montréalais et les réseaux associés aux cabarets du centre-ville au XXe siècle.

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