Windsor Hotel (Montréal)
Important hôtel ferroviaire et mondain du centre-ville, le Windsor Hotel (ouvert en 1878, fermé en 1981) est généralement considéré comme le premier « grand hôtel » du Canada. Pendant plusieurs décennies, il se présente lui-même comme « the best in all the Dominion », incarnant une vitrine du Montréal anglophone d’affaires, ainsi que le monde des bals, des banquets et d’une culture de l’hospitalité résolument « à l’américaine ». L’hôtel est également reconnu comme le lieu de naissance de la Ligue nationale de hockey (LNH), fondée le 26 novembre 1917 lors d’une réunion tenue en ses murs. Son histoire croise par ailleurs celle des arts : à partir de 1890, des espaces désignés sous le nom de Windsor Hall / Salle Windsor accueillent concerts, assemblées et événements publics, sous des formes architecturales et fonctionnelles variant sensiblement selon les périodes.
1. Présentation
Le Windsor Hotel apparaît dans la presse montréalaise comme la réponse attendue à une situation jugée problématique : l’incapacité de la ville à offrir des accommodations suffisantes et appropriées à une clientèle de voyageurs fortunés et de loisirs. L’établissement est désigné sous son nom anglais Windsor Hotel; la forme « hôtel Windsor » relève d’un usage traductif.[1]
2. Genèse du projet Windsor Hotel (1875)
L’émergence de l'hôtel Windsor dans l’espace public montréalais est directement liée à un débat explicite sur l’insuffisance des accommodations hôtelières dans la ville. Cette question n’est pas évoquée rétrospectivement, mais formulée de manière claire et argumentée dans une lettre publiée dans The Gazette à l’été 1875.[1]
Dans ce texte intitulé Hotel Accommodation, un correspondant signant Business in Earnest affirme que les plaintes relayées dans la presse au sujet de Montréal ne relèvent pas du sensationnalisme, mais trouvent leur origine dans un manque réel d’hébergement hôtelier suffisant, tant en quantité qu’en qualité. L’auteur soutient que Montréal ne possède alors aucun établissement correspondant à une « classe ou style » recherché par les voyageurs de plaisir et de loisirs, habitués à des standards de confort et de luxe supérieurs à ceux offerts par les hôtels existants.[1]
Le correspondant précise que cette situation aurait eu des conséquences concrètes lors des saisons de voyage précédentes, indiquant que durant les périodes de 1873 et 1874, des voyageurs auraient quitté Montréal faute de pouvoir y trouver des accommodations suffisantes. Cette affirmation est présentée comme un fait déjà « bien connu » à la suite de correspondances antérieures parues dans The Gazette au cours de la semaine précédente.[1]
Le choix du site constitue à l’époque un pari audacieux. Le terrain retenu, situé à proximité de l’ancien cimetière catholique aménagé au Dominion Square, est perçu comme excentré par rapport aux centres d’activités du Vieux-Montréal et du quartier des affaires. Des observateurs contemporains s’interrogent alors sur la pertinence d’implanter un hôtel de grand luxe à l’angle nord-ouest des rues Dorchester et Windsor (aujourd’hui le boulevard René-Lévesque et la rue Peel), récemment ouvertes à travers l’ancien cimetière. [31]
Malgré ces doutes exprimés dans la presse et par certains observateurs, la Windsor Hotel Company réunit des hommes d’affaires influents et solidement établis. Outre son président Andrew Allan, frère de Sir Hugh Allan, la société compte notamment Sir William C. Macdonald et Harry Gault, futur fondateur de la Sun Life Insurance Company. Cette composition témoigne de la capacité financière et du réseau d’influence mobilisés pour mener à bien un projet perçu comme risqué au moment de son lancement. [31]
Dans ce contexte de pénurie hôtelière explicitement formulé dans la presse, le projet de l'hôtel Windsor est pour la première fois explicitement nommé. L’auteur exprime l’espoir que la construction de l’hôtel projeté sur Dorchester Street soit entreprise sans délai. Il avance qu’en cas de commencement immédiat des travaux, les fondations pourraient être posées rapidement, permettant d’amorcer les opérations de construction au printemps suivant et d’achever l’établissement à temps pour accueillir des visiteurs à l’été 1877.[1]
Cette prise de position publique est suivie, quelques semaines plus tard, par un avis officiel publié au nom de la Windsor Hotel Company. Daté du 29 septembre 1875, ce court texte annonce que les directeurs de la compagnie sont désormais prêts à conclure des ententes avec des entrepreneurs intéressés par la construction de l’hôtel. L’avis précise que « the work will proceed forthwith », signalant le passage du discours public à une phase opérationnelle du projet.[2]
L’annonce est signée par Franc O. Wood, secrétaire de la Windsor Hotel Company, confirmant l’existence formelle de l’entité responsable du projet et l’intention déclarée d’engager les travaux sans délai. Ensemble, ces deux documents constituent les premières attestations imprimées de l'hôtel Windsor comme projet concret, avant toute description architecturale ou ouverture officielle.[2]
3. Construction et ouverture du Windsor Hotel (1877–1878)
Après les annonces de 1875 confirmant le lancement imminent du projet, l'hôtel Windsor entre dans une phase concrète de réalisation entre 1875 et 1878. L’édifice est conçu par l’architecte G. H. Worthing pour le compte de la Windsor Hotel Company, un consortium formé de six hommes d’affaires montréalais, parmi lesquels figure le photographe et entrepreneur William Notman. Le projet est capitalisé à hauteur de 500 000 $, somme considérable pour l’époque, révélatrice de l’ambition de l’entreprise.[24]
Le contexte urbain et économique explique en grande partie cette ambition. Au milieu des années 1870, Montréal est la plus grande ville du Canada et le principal centre commercial et financier du jeune Dominion. Le consortium entend ériger un hôtel de grand luxe capable de symboliser la prospérité, la modernité et le statut métropolitain de la ville, tout en répondant à la pénurie d’hébergements de haut niveau régulièrement dénoncée dans la presse.[1]
Au cours de l’année 1877, la presse montréalaise commence à faire état de l’édifice non plus comme d’un simple projet, mais comme d’un chantier avancé, désormais identifié comme un futur hôtel majeur du secteur de Dominion Square et de la rue Dorchester. Un article publié dans The Montreal Star en mars 1877 mentionne explicitement le Windsor parmi les grandes constructions en cours, attestant de l’avancement réel des travaux et de la reconnaissance publique du projet.[3]
À la fin de janvier 1878, la presse annonce l’ouverture imminente de l’hôtel. Un avis publié dans The Daily Witness précise que l'hôtel Windsor ouvrira officiellement ses portes le lundi 28 janvier 1878, indiquant qu’il est prêt à accueillir immédiatement les voyageurs et les hommes d’affaires.[4]
Le même jour, Le Journal de Québec relaie l’information, confirmant l’ouverture de l’établissement et témoignant de l’écho provincial de l’événement. Cette diffusion hors de Montréal souligne l’importance symbolique accordée dès l’origine au Windsor comme nouvelle vitrine hôtelière du Canada urbain et commercial.[5]
Les articles publiés lors de l’ouverture insistent sur le caractère immédiatement opérationnel de l’hôtel : le Windsor est présenté comme « open for business », sans cérémonie inaugurale formelle, mettant l’accent sur sa fonction pratique et sur sa capacité à répondre sans délai aux besoins d’hébergement de la ville.[4]
Dès ses débuts, l’hôtel Windsor est étroitement associé aux réseaux ferroviaires et à la mobilité moderne. Les annonces mentionnent la présence de porteurs et de voitures omnibus assurant la liaison entre l’hôtel et les gares. À partir de 1889, les visiteurs en provenance de l’extérieur de Montréal accèdent directement au secteur par la gare Windsor, conçue par l’architecte new-yorkais Bruce Price, renforçant le rôle du Windsor comme hôtel ferroviaire de prestige au cœur du centre-ville.[24]
L’ouverture du 28 janvier 1878 marque ainsi l’aboutissement d’un processus amorcé plusieurs années plus tôt, passant d’un débat public sur le manque d’accommodations hôtelières à la mise en service effective d’un établissement conçu pour incarner la modernité, la puissance économique et l’ambition métropolitaine de Montréal. À partir de cette date, l'hôtel Windsor s’impose comme un acteur central de la vie urbaine, commerciale et sociale de la ville.[5]
Une source rétrospective publiée dans La Presse rappelle que l’hôtel Windsor ouvre ses portes le 28 janvier 1878 confirmant rétrospectivement l’absence de cérémonie inaugurale, soulignant le caractère pragmatique et immédiatement fonctionnel du projet, conçu pour répondre à une demande pressante plutôt que pour marquer un événement mondain ponctuel. [31]
Malgré l’ampleur de l’investissement initial — évalué rétrospectivement à environ 16 million de dollars, somme considérable pour l’époque — l’hôtel Windsor connaît des débuts difficiles. Un article de La Presse évoque même le qualificatif d’« éléphant blanc » pour décrire la perception initiale de l’établissement. Dans ce contexte, G. H. Worthington, premier exploitant de l’hôtel, rétrocède rapidement la gestion du Windsor à ses propriétaires, peu de temps après l’ouverture. [31]
4. Le Windsor Hotel comme « grand hôtel » montréalais
Dans les textes rétrospectifs publiés par The Gazette au cours du XXe siècle, l'hôtel Windsor est présenté non seulement comme un établissement hôtelier, mais comme une construction symbolique, presque idéalisée, de la modernité montréalaise. Edgar Andrew Collard, chroniqueur et historien de la ville, résume cette perception en écrivant que le Windsor « originated in a dream », soulignant le caractère volontairement ambitieux et exceptionnel du projet dès son origine.[6]
Selon cette lecture, le Windsor se distingue immédiatement des hôtels antérieurs de Montréal par son emplacement, choisi à l’écart du secteur traditionnel des quais et du vieux port. Le déplacement vers Dominion Square est décrit comme un geste stratégique, destiné à créer un nouvel axe hôtelier, tourné vers l’expansion urbaine, les grandes artères et les quartiers en développement.[6]
Les descriptions du bâtiment insistent sur son échelle et sur l’effet produit par ses volumes. Collard évoque un édifice conçu pour dépasser les standards locaux, au point d’être comparé aux grands hôtels nord-américains et européens. Cette volonté de grandeur est présentée comme intentionnelle : le Windsor devait être « not only the grandest in Montreal, but equal to any in North America », selon les termes rapportés dans la chronique.[6]
Un long article illustré publié dans La Presse en 1988 insiste sur la dimension architecturale exceptionnelle du Windsor, décrivant en détail ses volumes, ses matériaux et son organisation intérieure. Le texte met particulièrement en valeur l’atrium central, présenté comme l’élément structurant de l’expérience hôtelière, autour duquel s’articulent circulations, salons et espaces de réception. Cette description confirme que la monumentalité du Windsor ne relève pas seulement de sa façade, mais aussi d’une conception intérieure pensée pour impressionner et organiser la vie mondaine. [31]
Les espaces intérieurs sont décrits comme participant pleinement à cette ambition. Les articles évoquent notamment les salons, les salles à manger et les espaces de réception, conçus pour impressionner autant les visiteurs de passage que la société montréalaise elle-même. Le Windsor est présenté comme un lieu où l’hospitalité devient spectacle, et où l’architecture sert de décor à la vie mondaine.[6]
Cette fonction sociale est renforcée par l’usage répété de superlatifs dans les récits journalistiques. Le Windsor est décrit comme un lieu de rassemblement pour les élites politiques, économiques et culturelles, accueillant au fil des décennies des événements qualifiés d’« historiques » par la presse. Ces récits, bien que rétrospectifs, participent à la construction d’une mémoire collective dans laquelle le Windsor occupe une place centrale.[7]
Les articles consacrés au centenaire de l’hôtel, publiés en 1978, renforcent encore cette image. Le Windsor y est explicitement désigné comme un hôtel ayant « hosted royalty, prime ministers and business leaders », formule qui synthétise la vocation prestigieuse que la presse attribue à l’établissement sur l’ensemble de son existence.[8]
À travers ces textes, le Windsor apparaît donc moins comme un simple bâtiment que comme une institution. La répétition des récits, des anecdotes et des descriptions contribue à forger l’image durable d’un « palais » urbain, souvent désigné rétrospectivement comme le « Palace of Canada », expression utilisée dans les chroniques pour résumer son statut symbolique dans l’histoire de la ville.[6]
5. Usages sociaux et vie mondaine au Windsor Hotel
Dès ses premières décennies d’exploitation, l'hôtel Windsor apparaît dans les sources comme un lieu destiné à dépasser la simple fonction d’hébergement. Les documents conservés montrent que l’hôtel est rapidement intégré à la vie sociale et mondaine de Montréal, en particulier comme espace de réceptions, de banquets et de rassemblements liés aux grandes manifestations publiques et touristiques. [9]
La fonction mondaine et protocolaire du Windsor Hotel est attestée dès les premières années d’exploitation de l’établissement. Une double page illustrée publiée dans The Gazette le 30 novembre 1878, à l’occasion de la réception du gouverneur général Lord Lorne et de la princesse Louise, désigne explicitement le Windsor comme lieu du « Grand Ball ». Cette représentation est corroborée par un compte rendu du Montreal Daily Star publié le même jour, qui mentionne nommément la présence du premier ministre canadien Sir John A. Macdonald parmi les dignitaires réunis. L’ensemble de ces sources confirme que l’hôtel dispose, dès son ouverture, d’espaces de réception capables d’accueillir des événements officiels de grande ampleur, inscrivant le Windsor au cœur de la sociabilité politique et mondaine montréalaise, antérieurement à la formalisation des espaces musicaux connus plus tard sous l’appellation Windsor Hall. [25][46]
Le programme officiel du Montreal Winter Carnival de 1887 fournit une attestation directe de cet usage. L'hôtel Windsor y figure explicitement comme l’un des lieux retenus pour des activités officielles du carnaval, notamment des dîners et des réceptions formelles. Sa présence dans ce programme confirme que l’établissement est reconnu, à cette date, comme un cadre approprié pour accueillir des événements à caractère prestigieux, associés à une clientèle locale et internationale. [9]
Le choix du Windsor comme lieu de rassemblement dans le cadre du Winter Carnival — événement conçu pour attirer visiteurs et touristes en saison hivernale — suggère que l’hôtel joue un rôle actif dans la stratégie de représentation de Montréal comme destination mondaine et hospitalière. [9]
À la fin du XIXe siècle, l'hôtel Windsor s’impose également comme un lieu de passage privilégié pour les grandes figures de la vie littéraire internationale en tournée en Amérique du Nord. Plusieurs écrivains de premier plan y séjournent lors de conférences, de lectures publiques ou de déplacements transatlantiques, inscrivant l’établissement dans une géographie culturelle qui dépasse largement le cadre strict de l’hôtellerie mondaine.
Le cas le plus fréquemment documenté est celui de Mark Twain, qui séjourne au Windsor en décembre 1881 dans le cadre d’une tournée de conférences. Une réception importante y est organisée en son honneur, réunissant des représentants des milieux politiques, journalistiques et intellectuels de Montréal. Le discours qu’il y prononce, largement rapporté par la presse, contribue à fixer durablement l’association entre le Windsor et une culture de l’esprit, de la parole publique et de l’observation critique. Les chroniques ultérieures retiendront notamment la remarque attribuée à Twain selon laquelle Montréal serait « la première ville où l’on ne peut lancer une brique sans briser une fenêtre d’église ». [27]
Oscar Wilde séjourne au Windsor lors de son passage à Montréal en mai 1882, alors qu’il effectue une tournée de conférences consacrées à l’esthétique et aux arts décoratifs. Les rubriques Personal Intelligence de The Gazette signalent explicitement sa présence à l’hôtel, confirmant le rôle du Windsor comme lieu d’hébergement et de sociabilité pour les intellectuels et conférenciers de renommée internationale. [26][28]
Le passage de Rudyard Kipling en 1892 s’inscrit dans cette même dynamique. Arrivé à Montréal avec son épouse lors d’un long périple nord-américain, Kipling loge au Windsor, où la presse souligne tant sa notoriété croissante que son désir de se tenir à distance de la curiosité publique. Les articles évoquent les tentatives de réception organisées par des cercles littéraires montréalais et le souvenir laissé par son séjour, qualifié par l’écrivain lui-même de « pleasant stay ». [29]
Cette fonction de représentation atteint une dimension symbolique majeure au XXe siècle. En mai 1939, le Windsor Hotel figure parmi les lieux associés à la visite royale du roi George VI et de la reine Elizabeth à Montréal. La presse contemporaine souligne le rôle du Windsor dans le dispositif d’accueil et de représentation mis en place pour la visite royale, confirmant la persistance de son statut de lieu emblématique du prestige impérial et mondain, plus de soixante ans après son ouverture. [30]
Pris ensemble, ces séjours attestent que l’hôtel Windsor ne se limite pas à un rôle d’infrastructure hôtelière, mais agit comme un carrefour culturel, où s’articulent conférences, réceptions, discours publics et mémoire médiatique. La répétition de ces passages, documentée par la presse contemporaine et par des rétrospectives ultérieures, contribue à inscrire durablement le Windsor dans l’histoire intellectuelle et mondaine de Montréal.
L’importance des sociétés écossaises dans la vie mondaine du Windsor est confirmée par la tenue du bal de la Saint-André, organisé le 29 novembre 1878 par la St-Andrew’s Society of Montreal. Cet événement, régulièrement cité dans les récits commémoratifs, est explicitement rappelé lors du centenaire de l’hôtel en 1978, soulignant la continuité symbolique entre les usages fondateurs du Windsor et sa mémoire institutionnelle. [31]
À ces usages contemporains s’ajoute une abondante littérature rétrospective publiée dans The Gazette au cours des années 1970. Ces articles décrivent le Windsor comme un haut lieu de la vie mondaine montréalaise, évoquant bals, dîners de société et grandes soirées ayant marqué plusieurs générations. [10]
Il convient toutefois de distinguer clairement les sources contemporaines, qui attestent factuellement des usages du Windsor, des textes rétrospectifs, qui relèvent davantage de la mémoire et de la mise en récit historique. Ensemble, ils permettent néanmoins de situer l'hôtel Windsor comme un acteur durable de la vie sociale montréalaise, bien au-delà de sa fonction hôtelière initiale. [10]
6. Windsor Hall / Salle Windsor : la dimension musicale et l’ambiguïté terminologique
À partir de la fin du XIXe siècle, l’hôtel Windsor est associé, dans les sources contemporaines, à des espaces explicitement destinés à des usages culturels et musicaux, désignés sous l’appellation « Windsor Hall » ou Salle Windsor. L’examen attentif de la documentation montre toutefois que cette appellation ne renvoie pas à une entité unique et stable, mais à des réalités architecturales et fonctionnelles distinctes selon les périodes.[11]
Un article détaillé publié dans The Montreal Star le 1er février 1890 constitue une source contemporaine majeure pour comprendre la vocation initiale de la Windsor Hall. Le texte annonce l’ouverture imminente d’une salle de concerts autonome, attenante au complexe de l’hôtel Windsor, décrite comme un espace moderne doté de qualités acoustiques exceptionnelles et destiné en priorité à des concerts de musique savante et à des manifestations culturelles de haut niveau.[22]
Cette salle, d’une capacité d’environ 1 300 places, est décrite comme large, profonde, munie d’une scène adaptée aux grandes formations musicales et conçue selon des principes architecturaux favorisant la projection sonore. Elle est distincte des salons et salles de réception de l’hôtel Windsor, tout en demeurant étroitement liée à celui-ci par son implantation et son environnement urbain.[22]
Entre 1890 et le tournant du XXe siècle, cette Windsor Hall autonome s’impose comme l’un des principaux lieux de concerts de Montréal. Elle accueille notamment les concerts de la Montreal Philharmonic Society (1890–1899), du premier Montreal Symphony Orchestra (1894–1903), ainsi que de nombreuses sociétés chorales et orchestres invités. Parmi les artistes et ensembles s’y produisant figurent des interprètes de renommée internationale tels qu’Emma Albani, Ignacy Jan Paderewski, Eugène Ysaÿe, Josef Hofmann ou encore l’orchestre du Metropolitan Opera sous la direction d’Anton Seidl.[23]
La disparition de cette salle autonome est généralement située en 1906, année au cours de laquelle elle est décrite comme ayant été démolie. Cette chronologie doit toutefois être nuancée à la lumière de sources publiées la même année, qui témoignent non d’une disparition totale de la fonction musicale, mais d’une reconfiguration spatiale à l’intérieur même de l’hôtel Windsor.[11]
Un article intitulé « A New Windsor Hall », publié dans The Montreal Star le 6 février 1906, atteste en effet l’existence d’une Windsor Hall située à l’intérieur de l’hôtel Windsor, décrite comme étant localisée « in the centre of the hotel ». Le texte précise que cet espace, exploité depuis plusieurs années par un certain Mr. Shaw, doit être réaménagé à l’emplacement de la grande salle à manger endommagée par l’incendie de janvier 1906, afin d’y créer une salle polyvalente destinée aux concerts, assemblées, conventions et bals.[20]
Par la suite, des concerts sont effectivement donnés dans la salle de bal de l’hôtel Windsor, laquelle porte également le nom de Windsor Hall. Cet espace, aussi connu sous l’appellation de Ladies Ordinary of the Windsor, accueille régulièrement des activités musicales au début du XXe siècle. Parmi celles-ci figurent les concerts du Dubois String Quartet, qui s’y produit de manière soutenue entre 1915 et 1927, attestant la continuité de l’usage musical du nom Windsor Hall au sein même de l’hôtel, bien après la disparition de la salle de concerts autonome.[23]
L’ensemble de ces sources démontre que le terme « Windsor Hall » désigne successivement deux réalités distinctes : d’abord une salle de concerts autonome construite en 1890, puis un espace musical et événementiel intégré à l’intérieur de l’hôtel Windsor. Cette évolution explique les ambiguïtés terminologiques observées dans les sources secondaires et impose une lecture contextualisée des mentions de la Windsor Hall dans l’historiographie montréalaise.
Naissance de la Ligue nationale de hockey au Windsor Hotel (1917)
Le Windsor Hotel joue un rôle déterminant dans l’histoire du sport professionnel canadien en servant de lieu de fondation de la Ligue nationale de hockey (LNH). Le 26 novembre 1917, des représentants de clubs de hockey professionnel se réunissent à l’hôtel Windsor, à Montréal, afin de statuer sur la création d’une nouvelle ligue appelée à remplacer les structures instables et concurrentes des années précédentes. [48]
La presse contemporaine, tant francophone qu’anglophone, rapporte que cette assemblée décisive se tient dans l’enceinte du Windsor, confirmant le rôle de l’hôtel comme espace privilégié de réunions institutionnelles, politiques et économiques de haut niveau. L’article publié dans Le Devoir mentionne explicitement que la rencontre est remise à ce soir-là à l’hôtel Windsor, où doivent être prises les décisions finales concernant la formation de la nouvelle ligue et la désignation de ses dirigeants. [48]
Cette réunion marque l’acte fondateur officiel de la LNH, qui deviendra progressivement l’une des ligues sportives professionnelles les plus influentes en Amérique du Nord. Le choix du Windsor Hotel comme lieu de fondation n’est pas anodin : il s’inscrit dans une tradition bien établie faisant de l’hôtel un carrefour de la sociabilité montréalaise, où se croisent milieux d’affaires, décideurs politiques, dirigeants institutionnels et acteurs majeurs de la vie culturelle et sportive.
En accueillant la naissance de la LNH, le Windsor consolide ainsi son statut de lieu structurant de la modernité montréalaise du début du XXe siècle, dépassant largement sa fonction hôtelière pour devenir un espace où se définissent des institutions durables de la vie publique canadienne. [48]
7. Incendies, transformations et survivances du Windsor Hotel
L’histoire du Windsor Hotel est marquée par une série d’incendies qui constituent autant de ruptures matérielles majeures dans l’évolution du complexe. Le plus significatif survient en janvier 1906, lorsqu’un incendie se déclare dans la cuisine de l’hôtel, avant de se propager rapidement aux étages supérieurs.[21]
L’article contemporain publié dans The Gazette le 13 janvier 1906 qualifie l’événement de disastrous fire et évalue les pertes à environ 300 000 $, une somme considérable pour l’époque. Le sinistre entraîne la fermeture immédiate de l’hôtel, confirmant l’ampleur des dommages et l’impossibilité d’une poursuite normale des opérations.[21]
Le caractère dévastateur de l’incendie de décembre 1957 est précisé dans un article rétrospectif publié dans La Presse. Le feu, survenu dans la soirée du 10 décembre 1957, prend naissance au troisième étage, du côté sud de l’édifice, à la suite d’un court-circuit, et ravage l’ensemble de la partie méridionale de l’hôtel. L’ampleur des dommages impose une fermeture prolongée de l’établissement et entraîne une reconstruction partielle du complexe. [31]
Les descriptions détaillées des dégâts révèlent la complexité architecturale et fonctionnelle du Windsor. Les espaces touchés incluent notamment la grande salle à manger, la Ladies’ Ordinary, les corridors, les halls et les étages supérieurs, où des plafonds s’effondrent sous l’effet combiné du feu et de l’eau utilisée pour l’éteindre. Les articles évoquent également des halls inondés, soulignant que les dommages hydrauliques aggravent considérablement l’impact du sinistre.[21]
L’incendie fait aussi des blessés parmi le personnel : le directeur W. S. Weldon et un employé nommé Walter Demers sont grièvement touchés lorsque des éléments du plafond s’effondrent, illustrant la violence de l’événement et ses conséquences humaines immédiates.[21]
Ces informations complètent et précisent le récit livré par l’article illustré du Montreal Daily Star, qui insiste sur la circulation interne du bâtiment — rotunda, salons, escaliers, corridors et chambres — et sur la manière dont cette interconnexion favorise la propagation du feu et de l’eau à travers l’ensemble de la structure.[19]
L’incendie de janvier 1906 n’entraîne pas la disparition totale de l'hôtel Windsor, mais agit comme un moment charnière de reconfiguration. Dès le début de février 1906, la presse indique que l’on envisage la reconstruction de certains volumes, notamment la grande salle à manger, avec l’objectif explicite d’y intégrer une nouvelle Windsor Hall polyvalente au cœur même de l’hôtel.[20]
Un second incendie majeur en 1957 provoque la destruction de larges sections de la structure d’origine. Les articles rétrospectifs soulignent que cet événement accélère la fragmentation du complexe Windsor et marque un tournant irréversible dans son intégrité architecturale.[13]
Malgré ces ruptures successives, le site connaît des formes de survivance fonctionnelle et symbolique. Certaines parties demeurent associées à des usages de réception et d’événementiel, tandis que le nom « Windsor » conserve une forte charge mémorielle dans la presse et l’historiographie, même après la fin de l’exploitation hôtelière en 1981.[14]
À la suite des incendies et des transformations successives, la démolition de l’aile sud (ancienne aile) du Windsor Hotel est engagée en 1959, dans le cadre d’un vaste projet de réaménagement du secteur de Dominion Square. La presse montréalaise décrit alors l’intervention des équipes de démolition comme une étape décisive dans l’effacement matériel du grand hôtel historique, dont les murs avaient longtemps servi de repère urbain et mémoriel. [47]
Plusieurs articles publiés dans The Gazette en 1959 confirment que la démolition vise spécifiquement l’ancienne aile sud du Windsor, afin de libérer le terrain pour la construction du complexe moderne connu sous le nom de Windsor Plaza et d’immeubles à vocation bancaire et commerciale. Dans ce contexte, certains éléments symboliques — notamment le balcon royal associé aux visites vice-royales — sont explicitement préservés et réinstallés, signe d’une volonté de conserver des fragments matériels de la mémoire du lieu malgré la disparition de l’édifice principal. [47]
8. Localisation, stratification du site et héritage urbain
L'hôtel Windsor est implanté à un emplacement stratégique du centre-ville de Montréal, en bordure du Dominion Square (aujourd’hui Place du Canada), à proximité immédiate des rues Peel et Dorchester. Dès son ouverture en 1878, la presse souligne cette localisation comme un atout majeur, associant l’hôtel à la mobilité moderne des voyageurs et à l’expansion du centre urbain.[15]
La stratification du site s’opère progressivement au fil des décennies. À la fin du XIXe siècle, l’association du complexe avec des espaces dits Windsor Hall contribue à inscrire la musique, les concerts et les rassemblements dans l’économie événementielle du grand hôtel, en complément des banquets, réceptions et usages mondains. La documentation révèle toutefois que l’appellation peut renvoyer à des réalités distinctes selon les périodes, et doit être interprétée avec prudence.[11][20]
Cette stratification est renforcée par le fait que l’édifice subsistant aujourd’hui n’est pas l’hôtel original, mais l’annexe du Windsor. Des sources rétrospectives précisent que l’hôtel d’origine occupait les deux tiers sud de l’îlot, tandis que l’annexe correspond à la portion conservée et réaffectée, ce qui éclaire la localisation ultérieure de la Windsor Hall et la recomposition fonctionnelle du site. [31]
Les incendies successifs du XXe siècle — notamment ceux de 1906 et 1957 — accentuent cette stratification discontinue. La disparition de sections majeures entraîne une recomposition du site, où coexistent pertes, reconstructions partielles et survivances nominales. La fin de l’exploitation hôtelière en 1981 constitue une autre étape majeure : le Windsor cesse d’être un hôtel au sens strict, mais son nom demeure associé à des espaces survivants et à des usages distincts liés à la réception, aux événements et à la mémoire institutionnelle.[13][14]
Dans la mémoire urbaine, l'hôtel Windsor apparaît ainsi comme un lieu-strate : un site dont les fonctions, les volumes et les significations se superposent plutôt que de se remplacer de manière linéaire. Les récits commémoratifs évoquent fréquemment le Windsor comme un repère emblématique d’un Montréal des grands hôtels, des bals et des rassemblements mondains, aujourd’hui en grande partie effacé du paysage bâti.[13]
Pour l’histoire des lieux de spectacle et de sociabilité à Montréal, le Windsor occupe une place particulière : sans être exclusivement dédié à la culture, il sert de point de contact entre hôtellerie, musique, réception sociale et urbanité moderne. Cette pluralité d’usages, attestée par les sources, justifie son inclusion dans une lecture élargie du patrimoine des salles et des lieux de rassemblement montréalais.[11]
Une lecture rétrospective publiée à la fin du XXe siècle résume avec force cette trajectoire en notant que « du majestueux hôtel de la rue Peel, il ne reste que l’annexe récemment recyclée en édifice à bureaux », formule qui condense à elle seule le passage du Windsor d’institution hôtelière monumentale à vestige urbain stratifié, porteur d’une forte charge mémorielle. [31]
9. Le Vaisseau d’Or : restaurant, sociabilité politique et mythe Drapeau
Ouvert à l’été 1969 au sein du Windsor Hotel, Le Vaisseau d’Or est le restaurant fondé et exploité par le maire de Montréal Jean Drapeau.[39] Présenté comme un établissement de prestige alliant haute gastronomie et musique de concert, le restaurant se distingue par une mise en scène rigoureuse : silence exigé, commandes écrites et programmation musicale à dominante baroque, dans une atmosphère inspirée des salons mondains européens.[40] Dès son ouverture, la presse souligne le caractère élitiste du lieu ainsi que l’ambiguïté de la double position de Drapeau, à la fois maire en exercice et restaurateur privé installé dans un grand hôtel du centre-ville.[41] Rapidement, Le Vaisseau d’Or devient le centre d’un conflit prolongé avec la direction du Windsor, opposant les deux parties sur des questions de loyer impayé, de statut juridique de l’entente initiale et de propriété du mobilier.[42] Entre 1970 et 1971, la situation dégénère en saisies judiciaires, interventions policières et altercations physiques très médiatisées impliquant le maire, des agents de sécurité de l’hôtel et des déménageurs.[43] La fermeture forcée du restaurant et l’échec des tentatives de règlement marquent la fin du Vaisseau d’Or au Windsor, épisode emblématique des tensions entre pouvoir politique, initiative privée et gestion hôtelière à Montréal à la fin des années 1960.[44]
10. Mutations culturelles et fin de cycle (1978–1981)
À la fin des années 1970, le Windsor Hotel connaît une tentative explicite de repositionnement culturel, révélatrice des tensions entre son image historique de grand hôtel mondain et les transformations rapides de la vie nocturne montréalaise. La presse souligne alors que l’établissement cherche à se départir de son image associée à une clientèle vieillissante, qualifiée de staid old Windsor, afin d’attirer une génération plus jeune et branchée.[33]
Cette stratégie se manifeste notamment par l’accueil d’événements issus de contre-cultures émergentes. En avril 1978, un article de The Gazette mentionne explicitement la tenue d’une soirée punk au Windsor, événement perçu comme symboliquement fort dans un lieu historiquement associé aux bals, aux banquets et aux réceptions officielles. Cette ouverture ponctuelle à des formes culturelles marginales marque une rupture nette avec les usages traditionnels de l’hôtel.[33]
Dans la foulée de cette tentative de rajeunissement, l’hôtel inaugure Disco Charly, une discothèque aménagée dans ses espaces inférieurs. Ouverte au printemps 1978, la salle est décrite comme un lieu résolument inscrit dans l’esthétique et l’économie du boom disco, alors à son apogée à Montréal. La presse détaille le concept, la programmation musicale et le public ciblé, confirmant la volonté du Windsor de s’intégrer au circuit nocturne contemporain.[35]
L’existence de Disco Charly est régulièrement mentionnée dans les analyses consacrées à l’industrie des discothèques montréalaises de la fin des années 1970. Un article de fond publié en décembre 1978 situe la discothèque du Windsor parmi les établissements profitant d’une conjoncture marquée par des investissements élevés, une fréquentation massive et une forte rentabilité à court terme, illustrant l’intégration temporaire de l’hôtel à une économie culturelle en pleine effervescence.[34]
Les sources indiquent que Disco Charly demeure en activité au moins jusqu’en 1979, accueillant diverses soirées thématiques et événements publics, dont des célébrations de la Saint-Valentin. Ces mentions attestent d’une exploitation soutenue, mais relativement brève, et confirment le caractère expérimental de cette mutation dans l’histoire longue du Windsor.[36]
En juillet 1980, la discothèque du Windsor est mentionnée dans The Gazette sous le nom de Sunset Disco, à l’occasion de sa réouverture sur la rue Cypress, indiquant un changement d’appellation de l’ancienne Disco Charly dans un contexte de relance tardive du concept disco.[45] Parallèlement à ces tentatives de renouvellement culturel, la situation économique de l’hôtel demeure fragile : au début des années 1980, la presse évoque des projets de vente et de transformation du complexe et, en juin 1981, des négociations sont rapportées avec un groupe immobilier basé à Calgary, laissant entrevoir une possible fermeture temporaire suivie d’une reconversion majeure du site.[37]
Ces projets n’aboutissent toutefois pas à une relance durable. À l’été 1981, l’annonce officielle de la fermeture définitive du Windsor Hotel est rendue publique. La cessation des activités, prévue pour le 31 octobre 1981, entraîne le licenciement d’environ 150 employés et met fin à plus d’un siècle d’exploitation hôtelière continue au cœur du centre-ville de Montréal.[38]
Cette phase finale révèle le contraste saisissant entre l’histoire longue du Windsor — institution du prestige impérial, mondain et culturel — et les tentatives tardives de réinvention par l’adoption de formes culturelles éphémères telles que le punk et le disco. L’échec relatif de ces stratégies souligne les limites de l’adaptation d’un grand hôtel du XIXe siècle aux logiques économiques et culturelles de la fin du XXe siècle, et prépare la transition du site vers un statut de vestige urbain et mémoriel.
11. Conclusion encyclopédique et statut historique
L'hôtel Windsor occupe une place majeure dans l’histoire urbaine et culturelle de Montréal, non seulement comme établissement hôtelier de prestige, mais comme dispositif structurant de sociabilité au cœur du centre-ville moderne. Dès la fin du XIXe siècle, il s’impose comme un lieu où se croisent hôtellerie, affaires, réception mondaine et représentation symbolique de la ville.
L’association durable du site à des espaces désignés sous le nom de Windsor Hall inscrit le Windsor dans une histoire élargie des lieux de concert et de rassemblement à Montréal. Cette association, marquée par des usages changeants et une terminologie fluctuante, exige une lecture critique des sources, mais confirme néanmoins le rôle du Windsor comme point de contact entre musique, événementiel et sociabilité urbaine.[11][20][23]
Les incendies successifs et les transformations architecturales qui jalonnent l’histoire du Windsor n’effacent pas sa fonction symbolique, mais participent au contraire à la construction d’un site marqué par la discontinuité, la perte et la recomposition. Cette trajectoire fragmentée distingue le Windsor des salles de spectacle spécialisées, tout en renforçant son statut de lieu hybride, à la fois hôtel, espace de réception et cadre ponctuel de pratiques musicales.
La cessation de l’exploitation hôtelière en 1981 ne met pas fin à l’existence culturelle du Windsor. Le maintien du nom, la survivance d’espaces associés et la persistance de références dans la presse et l’historiographie témoignent de la force mémorielle acquise par l’établissement au fil de plus d’un siècle.[14]
Dans cette perspective, l'hôtel Windsor doit être compris comme un lieu-strate, dont les fonctions, les formes et les significations se sont superposées plutôt que remplacées. Sa trajectoire illustre les mutations du centre-ville montréalais et justifie pleinement son intégration dans une lecture encyclopédique de l’histoire des lieux de spectacle, de sociabilité et d’hospitalité à Montréal.
12. Notes & sources
- The Gazette, 27 août 1875 — « Hotel Accommodation », lettre adressée à l’éditeur, signée Business in Earnest. Discussion sur l’insuffisance des accommodations hôtelières à Montréal, mention explicite du projet de Windsor Hotel sur Dorchester Street, évocation des saisons de voyage de 1873 et 1874 et projection d’un calendrier de construction et d’ouverture.
- The Gazette, 29 septembre 1875 — avis « Windsor Hotel Company ». Annonce indiquant que les directeurs sont prêts à traiter avec des entrepreneurs pour la construction de l’hôtel; déclaration que les travaux doivent « proceed forthwith ». Signature : Franc O. Wood, secrétaire.
- The Montreal Star, 8 mars 1877 — mention du Windsor Hotel dans le contexte des constructions majeures à Montréal, attestant de l’avancement du projet et de son identification publique comme hôtel en développement.
- The Daily Witness, 31 janvier 1878 — avis annonçant l’ouverture du Windsor Hotel le lundi 28 janvier 1878; mention de l’établissement « open for business », de la disponibilité immédiate pour les voyageurs, et de la logistique de porteurs et d’omnibus.
- Le Journal de Québec, 28 janvier 1878 — annonce de l’ouverture du Windsor Hotel à Montréal, confirmant l’événement et soulignant son importance au-delà de la presse montréalaise.
- The Gazette, rubrique Of Many Things…, article « ‘Grand hotel this!’ », par Edgar Andrew Collard. Texte rétrospectif décrivant l’origine du Windsor Hotel, son implantation à Dominion Square, ses ambitions architecturales et symboliques, ainsi que sa place parmi les grands hôtels nord-américains.
- The Gazette, articles historiques et chroniques rétrospectives évoquant le Windsor comme lieu d’événements politiques, mondains et sociaux d’importance, et soulignant son rôle dans la vie publique montréalaise.
- The Gazette, « Windsor Hotel celebrates 100th anniversary », par E. J. Gordon, 1978 — article du centenaire décrivant le Windsor comme hôte de membres de la royauté, de chefs d’État et de personnalités du monde des affaires, et rappelant son statut historique.
- Montreal Winter Carnival, 1887 — Official Programme. Document imprimé mentionnant explicitement le Windsor Hotel comme lieu d’activités officielles du carnaval (dîners, réceptions), attestant de son usage comme espace mondain et institutionnel à la fin du XIXe siècle.
- The Gazette, années 1970 — articles rétrospectifs, notamment dans la rubrique Of Many Things…, décrivant le Windsor Hotel comme un haut lieu de la vie mondaine montréalaise, évoquant bals, réceptions et grandes soirées. Ces textes relèvent de la mémoire et de la relecture historique, et sont utilisés ici comme sources de réception et de représentation.
- L’Encyclopédie canadienne, article « Salle Windsor / Windsor Hall » — notice décrivant l’ouverture de la salle en 1890, sa capacité d’environ 1 300 places, sa localisation à l’angle des rues Peel et Dorchester, sa fonction comme salle de concerts, sa démolition en 1906, et la réutilisation ultérieure du nom pour désigner une salle de bal à l’intérieur du Windsor Hotel.
- The Montreal Daily Star, 13 janvier 1906 — article illustré « Fire Creates Havoc in the Chief Apartments of the Windsor Hotel », décrivant l’incendie de janvier 1906, l’ampleur des dégâts et les effets de l’eau utilisée pour combattre le feu.
- The Gazette, articles rétrospectifs (années 1970), évoquant l’incendie majeur de 1957, la destruction de grandes portions de la structure originale du Windsor Hotel, et la transformation du site au cours de la seconde moitié du XXe siècle.
- The Gazette, articles historiques et notices commémoratives indiquant la fin de l’exploitation hôtelière du Windsor Hotel en 1981, ainsi que la persistance du nom et des espaces survivants après cette date.
- The Gazette, 28–29 janvier 1878 — publicités et articles d’ouverture du Windsor Hotel, mentionnant explicitement la localisation près du Dominion Square, la proximité des gares, ainsi que la mise à disposition de porteurs et d’omnibus pour les voyageurs.
-
Musée McCord Stewart — Notman Photographic Archives.
« Dominion Square and Windsor Hotel, Montreal, QC, about 1890 »,
tirage albuminé (albumen print) — Wm. Notman & Son
(1882–1919). Signature : « Wm. Notman & Son, Photo., Montreal » (dans l’image).
Date : vers 1890. Procédé : silver salts on paper mounted on paper (procédé albuminé). Dimensions : 18,3 × 23,8 cm.
Numéro d’objet : VIEW-1946.1. Division : Photography – Notman Photographic Archives. Collection : McCord. Statut : Not on view. Crédit : achat (fonds Maclean’s magazine; Maxwell Cummings Family Foundation; Empire-Universal Films Ltd.). -
Musée McCord Stewart — Notman Photographic Archives.
« Lobby and staircase, Windsor Hotel, Montreal, QC »,
tirage albuminé (albumen print) — Wm. Notman & Son
(1882–1919). Non signé.
Date : vers 1890. Procédé : silver salts on paper mounted on paper (procédé albuminé). Dimensions : 18,2 × 22,9 cm.
Numéro d’objet : VIEW-2519.1. Division : Photography – Notman Photographic Archives. Collection : McCord. Statut : Not on view. Crédit : achat (fonds Maclean’s magazine; Maxwell Cummings Family Foundation; Empire-Universal Films Ltd.). -
Musée McCord Stewart — Notman Photographic Archives.
« Concert Hall, Windsor Hotel, Montreal, QC, about 1895 »,
tirage albuminé (albumen print) — Wm. Notman & Son
(1882–1919). Signature : « Wm. Notman & Son, Photo., Montreal » (dans l’image).
Date : vers 1895. Procédé : silver salts on paper mounted on paper (procédé albuminé). Dimensions : 20,3 × 25,4 cm.
Numéro d’objet : VIEW-2565.1. Division : Photography – Notman Photographic Archives. Collection : McCord. Statut : Not on view. Crédit : achat (fonds Maclean’s magazine; Maxwell Cummings Family Foundation; Empire-Universal Films Ltd.). - The Montreal Daily Star, samedi 13 janvier 1906, p. 18 — « Fire Creates Havoc in the Chief Apartments of the Windsor Hotel ». Article contemporain abondamment illustré relatant l’incendie de janvier 1906 au Windsor Hotel. Le texte et les images documentent la structure interne de l’établissement (rotunda, drawing room, main dining room, bar, corridors, chambres, cuisine), la circulation verticale et horizontale, ainsi que l’ampleur des dommages causés par le feu et l’eau. Un schéma publié dans l’article localise précisément le point d’origine de l’incendie. Une vue extérieure situe explicitement le bâtiment par rapport à Dominion Square, confirmant son inscription dans le paysage urbain du centre-ville de Montréal au début du XXe siècle.
- The Montreal Star, 6 février 1906 — « A New Windsor Hall ». Article décrivant les négociations entre la Windsor Hotel Company et le gestionnaire de la Windsor Hall pour la création d’une nouvelle salle située au centre du Windsor Hotel, à l’emplacement de la grande salle à manger endommagée par l’incendie de janvier 1906. Le texte précise que la salle est conçue pour accueillir des assemblées, conventions, concerts de haut niveau et bals, attestant l’existence et la reconfiguration d’une Windsor Hall intégrée à l’hôtel au début du XXe siècle.
- The Gazette, samedi 13 janvier 1906 — « Disastrous Fire Breaks Out in Windsor Hotel Kitchen ». Article de presse contemporain relatant l’incendie survenu au Windsor Hotel en janvier 1906. Le texte précise que le feu prend naissance dans la cuisine, provoque des pertes estimées à 300 000 $, entraîne la fermeture temporaire de l’hôtel et cause l’effondrement de plafonds. Les espaces endommagés incluent la grande salle à manger, la Ladies’ Ordinary, les corridors et les halls, plusieurs étant inondés par l’eau utilisée pour combattre l’incendie. L’article mentionne également les blessures subies par W. S. Weldon, directeur de l’hôtel, et Walter Demers, employé, lors de l’effondrement de structures internes.
- The Montreal Star, 1er février 1890 — rubrique Musical Matters, article « The New Music Hall ». Article contemporain annonçant l’ouverture de la Windsor Hall comme nouvelle salle de concerts à Montréal. Le texte décrit la salle comme un équipement musical spécifiquement conçu pour répondre aux besoins de la vie musicale montréalaise, souligne ses qualités acoustiques et architecturales, et l’identifie explicitement comme un lieu destiné à accueillir concerts symphoniques, chorales et événements musicaux majeurs. Cette source constitue une attestation directe de la fonction musicale de la Windsor Hall dès son ouverture en 1890.
- L’Encyclopédie canadienne, article « Windsor Hall / Salle Windsor » — Notice détaillant l’activité musicale de la Windsor Hall entre 1890 et le début du XXe siècle, incluant les concerts de la Montreal Philharmonic Society, du premier Montreal Symphony Orchestra, de la Montreal Oratorio Society, ainsi que de nombreux artistes et ensembles internationaux. La notice précise également la tenue de concerts ultérieurs dans la salle de bal de l’hôtel Windsor, aussi appelée Windsor Hall ou Ladies Ordinary, notamment ceux du Dubois String Quartet entre 1915 et 1927.
- Windsor Hotel, Alterations (9/1909–11/1909) — Montréal, QC, Canada. Classification : Commercial, Hotel [alterations: concert hall, marquee at side entry, entertainment board]. Client : Windsor Hotel. Architectes : Edward & W. S. Maxwell. Description : Le Windsor Hotel est conçu à l’origine par l’architecte G. H. Worthing et inauguré en 1878. De style victorien, l’hôtel compte initialement 278 chambres. En 1906, les architectes new-yorkais Hardenberg & Gilbert ajoutent une nouvelle aile sur la rue Cypress, portant la capacité de l’hôtel à environ 750 chambres. En 1909, selon les plans préparés par Edward & W. S. Maxwell, l’édifice fait l’objet de travaux de transformation de la salle de concert, comprenant l’ajout de nouvelles portes de part et d’autre de l’entrée principale ainsi que la pose d’un nouveau plancher. Le projet prévoit également la conception d’une nouvelle marquise au-dessus de l’entrée latérale donnant sur le Dominion Square.
- The Gazette, 30 novembre 1878 — « Lorne and Louise at Montreal — Grand Ball at the Windsor ». Double page illustrée consacrée à la réception officielle du gouverneur général Lord Lorne et de la princesse Louise à Montréal. Le Windsor y est présenté comme le lieu du « Grand Ball », attestant son rôle, dès l’année de son ouverture, comme espace majeur de bals, de réceptions mondaines et de représentation politique, antérieurement à l’apparition des espaces désignés ultérieurement sous le nom de Windsor Hall.
- The Gazette (Montréal), rubriques Personal Intelligence, mai 1882 — Mentions répétées signalant la présence d’Oscar Wilde comme résident de l’hôtel Windsor lors de son séjour à Montréal, notamment : « Oscar Wilde is at the Windsor ». Ces notices confirment que le Windsor sert alors de lieu d’hébergement pour des figures culturelles internationales de passage en ville. Les articles précisent que les conférences publiques de Wilde ont lieu dans d’autres salles montréalaises (notamment le Queen’s Hall), ce qui distingue clairement le Windsor comme espace de sociabilité et de résidence, et non comme lieu de performance dans ce cas précis.
- Mark Twain au Windsor Hotel — The Gazette, 28 novembre 1881 ; articles rétrospectifs dans The Gazette, 6 décembre 1969 et 2 décembre 1978. Séjour de Mark Twain à Montréal, réception au Windsor Hotel et citations associées à son passage.
- Oscar Wilde à Montréal — The Gazette, 15 et 22 mai 1882 ; The Montreal Star, 15 mai 1882. Articles relatifs à la tournée nord-américaine d’Oscar Wilde et à sa présence au Windsor Hotel.
- Rudyard Kipling au Windsor Hotel — The Gazette, 19, 20 et 26 juillet 1892 ; The Montreal Star, 19 juillet 1892. Articles décrivant l’arrivée de Rudyard Kipling et de son épouse, son isolement volontaire et les réceptions envisagées par les cercles littéraires montréalais.
- The Gazette, 19 mai 1939 ; The Montreal Star, 19 mai 1939 — Articles relatifs à la visite du roi George VI et de la reine Elizabeth à Montréal. Les textes mentionnent le Windsor Hotel comme l’un des lieux associés au dispositif d’accueil et de représentation entourant la visite royale, confirmant le maintien de son statut symbolique et mondain au XXe siècle.
- La Presse, dimanche 31 janvier 1988 — « L’hôtel Windsor », par Guy Pinard, dans le cadre du dossier Rendez-vous 92 (350e anniversaire de Montréal). Article illustré retraçant l’histoire architecturale et institutionnelle du Windsor Hotel, précisant l’ouverture sans inauguration officielle en janvier 1878, décrivant en détail l’organisation intérieure (notamment l’atrium central), les dimensions, les matériaux et les transformations du complexe, et proposant une synthèse mémorielle sur la disparition progressive de l’hôtel et la survivance de son annexe sous forme d’immeuble de bureaux.
- The Gazette, 1978–1981 — Ensemble d’articles documentant la tentative de repositionnement culturel et nocturne du Windsor Hotel à la fin des années 1970. Voir notamment : « Punk hustler » (11 mars 1978), qui mentionne un événement punk rock tenu au Windsor Hotel; « The staid old Windsor Hotel is trying to shuck its senior citizens image » (20 avril 1978), décrivant explicitement la volonté de l’hôtel de rajeunir sa clientèle; plusieurs chroniques Nightspots (1978–1979) annonçant et commentant l’ouverture et les activités de Disco Charly au Windsor Hotel; ainsi que des articles rétrospectifs publiés à la fin des années 1970 et au début des années 1980 situant Disco Charly et le Windsor dans le contexte du boom disco montréalais et des transformations tardives de l’établissement.
- The Gazette, avril 1978 — Article signalant une tentative de repositionnement culturel du Windsor Hotel, évoquant la volonté de rompre avec l’image du « staid old Windsor ». Le texte mentionne explicitement la tenue d’une soirée punk dans les espaces de l’hôtel, événement présenté comme symbolique dans un lieu historiquement associé aux bals, banquets et réceptions mondaines. Cette source atteste l’ouverture ponctuelle du Windsor à des formes de contre-culture à la fin des années 1970.
- The Gazette, 2 décembre 1978 — « High chic and high profits energize Montreal’s discos », par Julia Maskoulis. Article d’analyse consacré à l’économie des discothèques montréalaises à l’ère disco. Le texte situe Disco Charly, exploitée au Windsor Hotel, parmi les établissements bénéficiant d’investissements importants et de profits élevés, illustrant l’intégration temporaire du Windsor à l’industrie nocturne et festive de la fin des années 1970.
- The Gazette, printemps 1978 — Articles annonçant l’ouverture de Disco Charly au Windsor Hotel. Les textes décrivent l’aménagement de la discothèque, son positionnement esthétique et musical, ainsi que la clientèle visée, confirmant la volonté explicite de l’hôtel de s’inscrire dans le courant disco alors dominant à Montréal.
- The Gazette, février 1979 — Mentions de soirées et d’événements organisés à Disco Charly, notamment des célébrations de la Saint-Valentin. Ces notices confirment la poursuite des activités de la discothèque au moins jusqu’en 1979 et attestent d’une exploitation soutenue, bien que de durée relativement limitée.
- The Gazette, juin 1981 — Articles rapportant des négociations immobilières entourant le Windsor Hotel, impliquant un groupe basé à Calgary. Les textes évoquent des projets de vente, de fermeture temporaire et de reconversion du complexe, signalant l’incertitude croissante quant à l’avenir de l’établissement au début des années 1980.
- The Gazette, été–automne 1981 — Articles annonçant la fermeture définitive du Windsor Hotel, effective le 31 octobre 1981. La presse précise que la cessation des activités entraîne le licenciement d’environ 150 employés et met fin à plus d’un siècle d’exploitation hôtelière continue. Ces textes constituent les dernières mentions contemporaines du Windsor comme hôtel en activité.
- The Montreal Star, 8 septembre 1969 — « Soup slurpers not welcome », Charles Lazarus. Annonce de l’ouverture du Vaisseau d’Or au Windsor Hotel et description du concept.
- The Montreal Star, 8 septembre 1969 ; Le Devoir, 14 janvier 1971. Descriptions de l’ambiance, de la programmation musicale et du protocole imposé aux clients.
- The Montreal Star, 8 septembre 1969. Analyses journalistiques sur la double fonction de Jean Drapeau comme maire et restaurateur.
- The Gazette, 28 avril 1971 ; The Montreal Star, 12 novembre 1971. Conflit opposant le Windsor Hotel et Le Vaisseau d’Or concernant les loyers et les ententes.
- The Gazette, 12 novembre 1971 — « Mayor, hotelmen fight at restaurant » ; « Drapeau locks himself inside ». Saisies, interventions policières et altercations physiques au Windsor.
- The Montreal Star, 14 mai 1971 — « Drapeau accepts defeat ». Annonce de la fin du Vaisseau d’Or au Windsor Hotel.
- The Gazette, 17 juillet 1980, p. 17 — Chronique mondaine (« Clubscene: Quebec ») mentionnant la réouverture du Sunset Disco sur la rue Cypress, « at the side of the Windsor Hotel ». Cette mention atteste le changement d’appellation de la discothèque précédemment connue sous le nom de Disco Charly, dans un contexte de relance tardive du concept disco au Windsor.
- The Montreal Daily Star, « The Vice-Regal Visit – A Right Royal Welcome », 30 novembre 1878, p. 1. Compte rendu détaillé de la réception vice-royale tenue au Windsor Hotel, mentionnant explicitement la présence du premier ministre canadien Sir John A. Macdonald parmi les dignitaires invités, confirmant le rôle du Windsor comme lieu central de la sociabilité politique et protocolaire à Montréal à la fin du XIXe siècle.
- The Gazette, juillet à septembre 1959 — ensemble d’articles consacrés à la démolition de l’aile sud du Windsor Hotel et au réaménagement du site de Dominion Square. Voir notamment : « Royal Balcony Preserved » (2 juillet 1959), articles sur les travaux de démolition et la préparation du site pour le projet Windsor Plaza, ainsi que des chroniques évoquant la disparition progressive de l’ancien hôtel et la sauvegarde ponctuelle d’éléments symboliques. Ces sources documentent la transition finale du Windsor, d’institution hôtelière historique à vestige urbain intégré dans le paysage moderniste de la fin des années 1950.
- Le Devoir, « L’assemblée est remise à ce soir », 26 novembre 1917, p. 6; The Gazette, 26 novembre 1917. Articles contemporains rapportant la réunion tenue au Windsor Hotel à Montréal le 26 novembre 1917, au cours de laquelle les représentants de clubs de hockey professionnel se réunissent afin de fonder la Ligue nationale de hockey (LNH). Ces sources confirment le rôle du Windsor comme lieu de décision institutionnelle majeur dans l’histoire du sport professionnel canadien.






