Dièse Onze
Ouvert en mai 2007 au 4115-A, rue Saint-Denis, le Dièse Onze est un club de jazz intimiste du Plateau-Mont-Royal. Héritier d'un établissement antérieur, La Kémia, le lieu développe une programmation particulièrement soutenue et devient progressivement un point de rencontre important pour les musiciens, étudiants, mélomanes et acteurs de la scène jazz montréalaise.
1. Présentation
Le Dièse Onze est un club de jazz situé au 4115-A, rue Saint-Denis, au cœur du Plateau-Mont-Royal. Installé dans un demi-sous-sol, il appartient à cette tradition des petites caves de jazz où la faible distance entre la scène et le public devient une partie essentielle de l'expérience musicale.
Depuis son ouverture en 2007, le Dièse Onze développe une programmation régulière qui accorde une place importante aux musiciens montréalais, tout en accueillant des artistes provenant de l'extérieur du Québec. Jazz contemporain, mainstream, jazz manouche, fusion et musiques improvisées s'y côtoient.
Sa longévité et la fréquence de ses concerts lui permettent de devenir progressivement l'un des points d'ancrage de la scène jazz montréalaise, aux côtés des festivals, des établissements d'enseignement et des autres clubs qui alimentent l'écosystème musical de la ville.
2. 2005 : La Kémia
L'histoire du Dièse Onze commence avant l'apparition de son nom. En 2005, le local de la rue Saint-Denis accueille La Kémia, parfois présenté sous l'appellation Bistro Kemia.
La Kémia constitue ainsi la première incarnation documentée du lieu immédiatement avant le Dièse Onze. Des sources contemporaines situent ses premières activités publiques à l'été 2005.
Cette période forme la préhistoire du futur club de jazz. Le local existe déjà comme espace de rencontre et de spectacle avant que sa vocation jazz ne soit développée plus clairement sous une nouvelle identité.
La Kémia
Le Dièse Onze ne naît donc pas dans un local entièrement nouveau. Son histoire s'inscrit dans la transformation d'un espace culturel déjà actif sur la rue Saint-Denis au milieu des années 2000.
3. 2006–2007 : la transformation du lieu
À la fin de 2006, le local entre dans une période de transformation qui mènera à la création du Dièse Onze. L'objectif est progressivement recentré autour du jazz et d'une formule combinant spectacles, bar et restauration.
L'aménagement en demi-sous-sol se prête particulièrement bien au projet. Plutôt que de chercher à reproduire une grande salle de spectacle, le nouveau club exploite la petite taille du local et la proximité naturelle entre la scène et les tables.
Cette transformation donne au lieu une esthétique rappelant les caves de jazz : éclairage tamisé, petite scène, public installé à proximité immédiate des musiciens et importance accordée à l'écoute.
4. Mai 2007 : naissance du Dièse Onze
Le Dièse Onze ouvre officiellement en mai 2007. Le projet est associé à Robin Bruneau, qui joue un rôle central dans la transformation de l'établissement et le développement de sa nouvelle identité.
Le nom lui-même affirme clairement cette orientation musicale : « dièse » désigne le signe ♯ utilisé en notation musicale pour hausser une note d'un demi-ton. Le choix d'un nom directement issu du vocabulaire musical contribue à distinguer immédiatement l'établissement.
À l'automne 2007, le développement d'une offre de restauration vient compléter la formule. Le Dièse Onze devient ainsi à la fois club de jazz, bar et restaurant, une combinaison qui lui permet de présenter de la musique dans un cadre intime tout au long de la soirée.
5. Une véritable cave de jazz
Une grande partie de l'identité du Dièse Onze repose sur son architecture. Situé en demi-sous-sol, le club possède les dimensions et l'atmosphère caractéristiques des petites salles traditionnellement associées au jazz.
La scène est installée à quelques mètres seulement des spectateurs. Cette proximité permet d'observer les interactions entre les musiciens, d'entendre les nuances acoustiques des instruments et de conserver une relation directe entre interprètes et public.
La présence d'un piano à queue sur scène constitue également un élément important pour un club consacré au jazz. Elle permet d'accueillir les formations pour lesquelles le piano joue un rôle central sans dépendre constamment d'instruments de location ou de solutions temporaires.
La proximité avant tout
Au Dièse Onze, la petite taille de la salle n'est pas simplement une contrainte architecturale. Elle devient l'une de ses principales qualités : musiciens et spectateurs partagent pratiquement le même espace.
6. Une programmation particulièrement active
Le Dièse Onze se distingue rapidement par la fréquence de sa programmation. Pendant certaines périodes de son histoire, le club développe une formule pouvant proposer deux prestations au cours d'une même soirée.
Un premier rendez-vous en début de soirée permet d'accueillir différentes approches musicales — jazz traditionnel, jazz manouche, ensembles acoustiques et autres propositions — tandis que le concert principal occupe la partie plus tardive de la soirée.
Cette fréquence crée un nombre considérable d'occasions de jouer pour les musiciens montréalais. Elle permet également au public de découvrir des artistes qui ne disposeraient pas nécessairement d'une place dans les salles de plus grande capacité.
7. Un laboratoire pour la relève
Le rôle du Dièse Onze dépasse progressivement celui d'un simple lieu de diffusion. Sa programmation régulière en fait également un espace d'apprentissage et d'expérimentation pour une nouvelle génération de musiciens.
La proximité des universités et des écoles de musique favorise les liens avec la relève. Des étudiants et de jeunes professionnels peuvent s'y produire dans les mêmes conditions que des artistes déjà établis et développer leur expérience devant public.
Des collaborations avec le milieu universitaire témoignent de cette fonction. Au cours des années 2010, des combos de jazz de la Faculté de musique de l'Université de Montréal se produisent notamment au Dièse Onze dans le cadre d'une collaboration récurrente.
Pour une scène jazz, cette fonction est essentielle : les musiciens peuvent essayer de nouvelles compositions, former de nouveaux ensembles, développer un répertoire et rencontrer d'autres artistes dans un contexte professionnel.
8. Gary Tremblay et la transition des années 2010
Une nouvelle période commence au début des années 2010 avec l'arrivée de Gary Tremblay dans la gestion de l'établissement. Vers 2011, il devient gérant du Dièse Onze et développe progressivement une relation étroite avec les musiciens et la programmation du club.
Son implication augmente au cours des années suivantes. En juin 2015, selon l'historique publié par le Dièse Onze, Tremblay acquiert l'établissement et en devient propriétaire.
Cette transition ne cherche pas à transformer radicalement la vocation du lieu. Elle vise plutôt à préserver ce qui fait déjà sa réputation tout en améliorant les conditions offertes aux musiciens, au public et au personnel.
Certaines sources secondaires situent la prise de propriété en 2014 plutôt qu'en 2015. La date de juin 2015 est ici retenue puisqu'elle correspond à la chronologie publiée par l'établissement lui-même.
9. Consolidation du club
Sous la direction de Gary Tremblay, plusieurs aspects du Dièse Onze sont progressivement améliorés. Une attention particulière est accordée aux instruments disponibles sur scène et aux conditions dans lesquelles les musiciens peuvent se produire.
Le piano et la batterie sont notamment améliorés, tandis que la cuisine fait l'objet de travaux. L'offre de restauration et la sélection de vins, cocktails et spiritueux sont également développées.
Ces changements renforcent la double identité du Dièse Onze : établissement de restauration et véritable salle consacrée à la musique. La priorité demeure néanmoins la scène, autour de laquelle s'organise l'expérience du lieu.
10. Festivals et scène montréalaise
Au fil des années, le Dièse Onze développe des liens avec les grands rendez-vous jazz de Montréal. Sa programmation s'inscrit notamment dans l'écosystème entourant le Festival International de Jazz de Montréal et L'OFF Jazz.
Cette relation avec les festivals est particulièrement importante dans une ville où une partie considérable de l'activité jazz se concentre autour de quelques semaines chaque année. Les clubs permanents comme le Dièse Onze permettent à cette activité de se poursuivre au-delà de la période des festivals.
Le club contribue ainsi à maintenir une scène active pendant toute l'année, offrant aux musiciens un lieu de diffusion régulier et au public un accès au jazz en dehors des grands événements saisonniers.
11. Reconnaissance internationale
Avec les années, la réputation du Dièse Onze dépasse le milieu jazz montréalais. Le club attire des musiciens et des visiteurs provenant de l'extérieur de la ville et apparaît dans des publications consacrées au jazz international.
Le magazine américain DownBeat, l'une des publications historiques les plus importantes consacrées au jazz, inclut notamment le Dièse Onze dans son répertoire annuel des Great Jazz Venues.
Cette reconnaissance est significative pour une salle de dimensions modestes. Elle place le club montréalais dans un réseau international de lieux dont la réputation repose moins sur leur capacité que sur la qualité et la continuité de leur programmation.
12. Une institution du jazz montréalais
La longévité du Dièse Onze est particulièrement importante dans l'histoire récente des clubs de jazz montréalais. Alors que plusieurs établissements apparaissent et disparaissent au fil des transformations de la vie nocturne, le club de la rue Saint-Denis maintient sa vocation pendant près de deux décennies.
Cette permanence lui permet de créer une mémoire collective faite de milliers de prestations, de rencontres entre musiciens et de générations successives de spectateurs. Pour plusieurs artistes, le Dièse Onze devient autant un lieu où jouer qu'un endroit où rencontrer leurs pairs.
Son importance tient donc moins à la présence ponctuelle de grandes vedettes qu'à la continuité de son activité. Dans un genre musical qui repose fortement sur l'improvisation, les rencontres et la transmission, l'existence d'une scène permanente constitue en elle-même une contribution importante à la culture jazz de Montréal.
Pour le Montréal Concert Poster Archive, le Dièse Onze illustre ainsi le rôle essentiel des petites salles : des lieux dont l'influence historique peut largement dépasser leur superficie.
13. Chronologie
2005 — Le local de la rue Saint-Denis accueille La Kémia, prédécesseur immédiat du Dièse Onze.
Été 2005 — Premières activités publiques documentées de La Kémia.
Fin 2006 — Le local entre dans une période de transformation qui mènera à la création d'un club principalement consacré au jazz.
Mai 2007 — Ouverture officielle du Dièse Onze au 4115-A, rue Saint-Denis.
Automne 2007 — Développement de l'offre de restauration, complétant la formule club de jazz, bar et restaurant.
Fin des années 2000 — Le Dièse Onze consolide sa programmation régulière et sa place dans la scène jazz montréalaise.
Vers 2011 — Gary Tremblay devient gérant du club.
Années 2010 — Le Dièse Onze développe notamment des collaborations avec les musiciens de la relève et le milieu universitaire.
Juin 2015 — Selon l'historique du club, Gary Tremblay acquiert le Dièse Onze.
Deuxième moitié des années 2010 — Amélioration des équipements, de la cuisine et de l'offre du club; consolidation des liens avec la scène jazz montréalaise.
Années 2010–2020 — Le Dièse Onze obtient une reconnaissance dépassant Montréal et figure notamment dans le répertoire des clubs et salles de jazz de DownBeat.
Aujourd'hui — Le Dièse Onze demeure actif au 4115-A, rue Saint-Denis et poursuit sa vocation de club consacré au jazz.
14. Notes & sources
-
DIÈSE ONZE,
historique et présentation de l'établissement.
Usage MCPA : ouverture en mai 2007, évolution du club, programmation, transition vers Gary Tremblay et développement de l'établissement. -
LA VITRINE,
fiche consacrée au Dièse Onze.
Usage MCPA : historique du local, La Kémia et transformation précédant l'ouverture du Dièse Onze. -
DOWNBEAT,
documentation consacrée aux clubs et salles de jazz.
Usage MCPA : reconnaissance du Dièse Onze dans le réseau international des clubs de jazz et documentation sur son fonctionnement. -
QUARTIER LIBRE,
archives de l'Université de Montréal.
Usage MCPA : concerts des combos de jazz de la Faculté de musique de l'Université de Montréal et rôle du club auprès de la relève. -
FESTIVAL INTERNATIONAL DE JAZZ DE MONTRÉAL et
L'OFF JAZZ,
archives de programmation.
Usage MCPA : participation du Dièse Onze à l'écosystème des festivals et à la diffusion du jazz montréalais. -
MONTRÉAL CONCERT POSTER ARCHIVE,
archives d'affiches et documentation de spectacles.
Usage MCPA : programmation, artistes et documentation iconographique du Dièse Onze.