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IN CONCERT

Le club In Concert dans le Vieux-Port de Montréal était un établissement de musique live qui a opéré dans les années 1970. Situé dans l'un des quartiers historiques de Montréal, il offrait une ambiance intimiste et chaleureuse pour les amateurs de jazz et de blues. Le club présentait des artistes locaux et internationaux dans un cadre où les spectateurs pouvaient apprécier la musique de près. Le In Concert faisait partie de la riche scène musicale de Montréal, où le jazz jouait un rôle important.

Le In Concert était un incontournable club de jazz du Vieux-Port de Montréal qui n’a été en opération que 2 ans.

Autrefois le In Concert, 2 rue le Loyer, Montréal. Google Earth, 2024.

Le In Concert était un club de jazz situé au 2 rue Le Royer Est à Montréal. Le club a connu un succès éphémère de 18 mois, de 1974 à 1976.

The Sherbrooke record, 5 juillet 1974, newspapers.com

Le club In Concert pouvait accueillir 600 personnes. Le public était toujours très attentif, exigeant et discret, plus âgé certainement et moins hystérique que le public de concerts de rock. Ici, on n’applaudissait pas seulement pour marquer son appréciation mais aussi pour donner son approbation.

In Concert, 2 rue le Royer Est, Montréal

Suite à la fermeture de l’Esquire Show Bar en 1972 à Montréal, le jazz et le blues sont rarement entendus en ville en raison du manque de clubs appropriés pour accueillir les artistes. Cela change le 4 juin 1974 lors de l’ouverture du nouveau club In Concert situé dans le Vieux-Port de Montréal. La salle est remplie d’amateurs de jazz excités d’entendre le saxophoniste et multi-instrumentiste américain Rahsaan Roland Kirk. L’invité d’honneur aux festivités d’ouverture est nul autre que le propriétaire du regretté Esquire Show Bar, Norm Silver, qui se remettait d’une grave maladie mais qui était néanmoins présent pour donner sa bénédiction au nouveau club.1 « Nous ne serions pas en affaires si l’Esquire était toujours ouvert » déclare le gérant Harry Milrot.2

In Concert, 2 rue le Royer Est, Montréal

Les mois suivants, le In Concert présente quelques unes des plus grandes figures du jazz et du blues. De Buddy Rich, Sonny Rollins et Charles Mingus à Muddy Waters, Howlin Wolf et Willie Dixon.

Le In Concert était un club de jazz élégant. Les jeunes serveurs étaient impeccablement vêtus de pulls à col en V et de chemises blanches. Les plafonds à caissons et le lustre en cristal étaient des vestiges de l’ancien Restaurant Louis XVI, un sanctuaire somptueux de la haute cuisine française qui autrefois occupait les lieux. Muhammad Ali, Joni Mitchell, Robert Charlebois et Joe Lewis sont tous passés au In Concert voir leurs favoris du jazz.2

Charles Mingus, The Gazette, 29 novembre 1974, newspapers.com

En décembre 1975, le In Concert annonce sa fermeture. « Le plus triste dans tout cela », explique le propriétaire Harry Milrot, « c’est que le In Concert a fait un certain profit. Pas beaucoup, mais un peu. Ce qui nous a tué, c’est le montant des dettes qui s’étaient accumulées lors d’entreprises précédentes. Le club de jazz ne pouvait tout simplement pas rapporter assez d’argent. »3

Tout a commencé en février 1974 lorsque Harry Milrot et deux associés (Sammy Goldberg et Dominique Schittecatte) ont acheté le Disco-Salon Louis XVI de Dave Schreiber et Hélène Bedard. « Nous avons acheté le montant des dettes impayées. Ce montant s’est avéré être le triple de ce que nous pensions. On voulait avoir un restaurant, alors on s’est débarrassé de toutes les chaises qui étaient trop grandes et on a acheté 250 nouvelles chaises à 50$ la pièce. Nous avons également installé une cuisine et un nouveau gril à charbon » explique Milrot. « Le restaurant Louis XVI a tourné au désastre. Certains jours, nous avions huit clients. D’autres jours, aucun. En mai 1974, nous avons décidé de changer de formule et d’ouvrir un club de jazz. Il a fallu redécorer, mettre un bar, une scène, vendre toutes les chaises à 20$ la pièce (elles ne convenaient plus à un club de jazz). Nous avons acheté 275 chaises neuves, un piano et un système de climatisation. Lorsque nous avons ouvert nos portes, nous avions un staff énorme et une masse salariale correspondante en plus de devoir nous acquitter de toutes les dettes catastrophes du restaurant Louis XVI et de supporter le nouvel investissement. »3

Chez Louis XVI, 2 rue le Royer Est, Montréal

Le In Concert, niché en bordure du Vieux-Montréal, n’avait pas un emplacement idéal. À l’intérieur, les quatre énormes piliers qui ornaient son sol obstruaient la scène, à la consternation de plus d’un. Mais il a réussi à attirer des fans grâce à sa musique. « Nous avons survécu grâce aux samedis soir où nous avions de 400 à 600 clients. Le reste de la semaine, recevoir 100 personnes signifiait une bonne soirée. Nous avons accueilli des musiciens fantastiques, mais comme les gens ne connaissaient pas nécessairement leur musique, ils ne sont pas venus en grand nombre et certains soirs ont été très difficiles pour nous. Les dettes ne s’effaçaient pas et les factures continuaient d’affluer. Notre problème financier était si grave que le jazz ne pouvait pas nous sortir d’affaire. J’ai pensé transformer l’endroit en strip-club pour pouvoir payer nos factures. J’étais rendu l’unique propriétaire et je ne pouvais plus fouiller dans mes poches. Je n’avais plus le choix » explique Milrot.3.

The Montreal Star, 29 décembre 1967, newspapers.com

Le 28 décembre 1975, date du dernier spectacle au club In Concert, la représentation a été interrompue lorsque le batteur de jazz américain Elvin Jones s’est effondré sur scène au début du spectacle. M. Jones a été transporté à l’hôpital St-Luc et a obtenu son congé plus tard. Cependant, la perturbation inattendue a laissé de nombreux clients du club en faillite mécontents et ont demandé des remboursements. Les fidèles qui sont cependant restés étaient des amateurs de jazz purs et durs; ils ont été récompensés par un spectacle étonnamment bon par le reste du quatuor d’Elvin Jones qui comprenait Dave Williams à la contrebasse, Bernie Subinsky au piano, Pat LaBarbara au sax, ainsi que le montréalais Guy Nadon à la batterie, surnommé le roi du drum, en substitution à Jones.4

Suite à l’introduction de danseuses nues et de strip-tease au club en janvier 1976, l’endroit passe sous surveillance policière intensive, malgré qu’aucune plainte n’ait jamais été déposée. Le club ferme définitivement ses portes en juillet 1976 suite à une descente policière qui avait eu lieu au printemps et qui avait causé plus de $60,000 en dommages. Le bar réclame plus de $100,000 en compensations, sans succès.5

Le Devoir, 27 juin 1979, BAnQ

Le 26 juin 1979, huit individus de Montréal, dont Harry Milrot, propriétaire du club In Concert, ont comparu devant le juge de la Cour des sessions pour répondre à une foule d’accusations résultant de la mise au jour, par la Gendarmerie royale du Canada, d’un important réseau international de distribution de hashish.6,7

Dans les années 1980, Harry Milrot visite le Grand Nord du Québec lorsqu’un ami qui possède une galerie d’art recommande le voyage comme un moyen de mettre de l’ordre dans sa vie et d’arrêter de se droguer. C’est dans le Grand Nord que Milrot commence à acheter des sculptures, tout en travaillant comme répartiteur de taxis. Il s’est également adonné à l’achat et la vente d’art inuit8 avant de décéder en 2007.9

The Gazette, 8 septembre 2007, newspapers.com
Sources
[1] Jazz finds a new home, The Gazette, 5 juin 1974
[2] In Concert and Limelight, two places for unwinding, The Montreal Star, 16 septembre 1974
[3] Facing a topless future, In Concert’s story sings the blues, The Gazette, 3 janvier 1976
[4] Drummer collapses as In Concert closes, The Montreal Star, 29 décembre 1975
[5] Bar claims police damage, The Gazette, 13 mai 1976
[6] Saisie de drogue de $4.6 millions: huit inculpés, Le Devoir, 27 juin 1979
[7] Eight face charges after drug bust, The Gazette, 27 juin 1979
[8] Carving their place, The Gazette, 3 février 1998
[9] Memorial donations Harry Milrot, The Gazette, 8 septembre 2007
Nous avons assemblé ce texte en utilisant les sources mentionnées ci-dessus. Nous avons traduit en français les sources provenant d’articles de journaux en anglais. Les temps de conjugaison ont parfois été modifiés pour créer une cohérence du texte dans son ensemble. 

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