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RODÉO \ LODÉO

RODÉO \ LODÉO

RODÉO \ LODÉO

RODÉO \ LODÉO

RODÉO \ LODÉO

1954-1970

1954-1970

1954-1970

1954-1970

1954-1970

Le Rodéo était un café du boulevard Saint-Laurent, dans Chinatown, réputé pour ses violentes bagarres, histoires de fusillades, attaques au couteau, vols, tentatives de meurtre, et descentes policières.

Image: Café Lodéo, 1050 boulevard Saint-Laurent, Montréal

Le Café Rodéo (1954-1970), renommé le Café Lodéo (1972-1987), était situé dans le quartier chinois de Montréal, au 1050 boulevard St-Laurent, au coin de la Gauchetière.1,2 

Le Café Rodéo était opéré par Nick Baktis, un immigrant grec. Le Rodéo était décoré de motif western. On pouvait lire sur un panneau: « Check your guns here » (laissez vos fusils à la porte). « Ce panneau », dit Baktis, « a attiré beaucoup de touristes ici. Les marins des bateaux de croisière en parlaient aux passagers et un grand nombre d’entre eux s’y rendaient. »3

Le Rodéo était réputé pour ses violentes bagarres, histoires de fusillades, attaques au couteau, vols, tentatives de meurtre, et descentes policières qui faisaient les manchettes.4,5,6,7 C’était un lieu de rencontre pour des membres de la racket de la protection montréalaise; un système de crime organisé perpétré par un groupe criminel qui garantissait une protection à des individus ou entités.

Le Café Rodéo fait faillite en 1970 et est renommé le Café Lodéo en 1972.8,9 

Le Lodéo était une sorte de club bouddhiste zen western. Les peintures de cowboys sur les murs ont été remplacées par des images de dragons chinois. Des bouilloires à thé, des lanternes et des symboles chinois faisaient maintenant partie du décor. Le panneau à l’extérieur affichait: « Musique western de 14h à la fermeture. » Au Lodéo, l’Asie rencontrait le Far-West.9

Les nouveaux propriétaires, des Chinois nommés King Chan et Wesley Chan, expliquent l’origine du nom Lodéo. Lodéo, en dialecte Taichung, signifie Capitale du Plaisir. Il était aussi plus facile pour les clients chinois de prononcer Lodéo que Rodéo. Les anciens clients du Rodéo venaient toujours au Lodéo et plusieurs n’avaient même pas remarqué le changement de nom.9 

« À l’origine, le concept était de n’avoir que du divertissement chinois », a expliqué King Chan, « mais nous ne pouvions pas trouver suffisamment d’artistes chinois. » Ainsi, le Lodéo, bien que chinois, était toujours, en un sens, le Rodéo, ou presque.9

King Chan insiste que l’atmosphère était pourtant bien différente. Ce n’était plus le club de durs à cuire d’autrefois. Plus de fusillades et de bagarres comme au bon vieux temps du Rodéo. La Main (le boulevard St-Laurent) était en transition. Autrefois, vous ne marcheriez pas sur la Main à moins de porter un gilet pare-balles et un blackjack (une petite matraque). Si vous sortiez pour une nuit de débauche, comme l’appelaient les collégiens, vous pouviez vous retrouver mal en point sur le pavé aux petites heures du matin. Les policiers qui patrouillaient sur la Main travaillaient toujours en paires. Dans la matinée, des corps étaient retrouvés éffondrés près des poubelles. Rendu dans les années 1970, la Main était désormais plus respectable depuis que les voies du tramway avaient été arrachées et la rue repavée.9 

Pour vraiment apprécier le Lodéo, il fallait se sentir misérable. Complètement, désespérément, misérable. Il fallait se laisser entraîner dans la mélancolie. Il fallait être seul et triste pour vraiment s’immerger dans l’endroit. Si vous viviez le bonheur, il ne fallait pas s’en approcher. Le Lodéo était l’endroit où les mauvais souvenirs se tarissaient, comme des termites dans un placard.9

Dans les années 1980, le bar attire essentiellement une clientèle masculine intéressée par les danseuses (strip-teaseuses) du début de soirée. Cependant, la musique country pouvait être entendue à partir de 20h30, tous les soirs.13 Le Lodéo présentait les pires et les plus bizarres spectacles à Montréal, selon certains clients.10

En 1985, la Régie des permis d’alcool décide de sévir vigoureusement contre le club pour avoir permis une foule d’actes indécents. Suite à une audience publique, il a été révélé que des danseuses s’étaient mêlées à la clientèle et qu’il y avait eu des attouchements sexuels. La Régie suspend le permis du bar, incluant les autorisations de danses, spectacles et films pour une période de 16 mois, jusqu’au 24 mars 1987.11 

Après expiration de cette suspension, le Lodéo devait se contenter d’un simple permis de bar. Un policier affecté depuis 12 ans à la section de la moralité de la police de Montréal a témoigné que cet établissement était le pire qu’il ait jamais vu dans sa carrière.11

Le Lodéo est transformé en marché chinois Sun Hing, à partir de 1987. L’immeuble est victime d’un incendie et est complètement détruit en 2007.12

Adultes avec réserve… (1962) – ONF
Ville cosmopolite comme toute ville portuaire, Montréal a aussi sa main street : le boulevard Saint-Laurent, grande artère qui descend jusqu’au centre du port et accueille la population nomade du monde. Il est devenu le repaire des hommes de main et des déclassés de toutes sortes qui ont choisi la hiérarchie exigeante du vice. Réalisé par Jack Zolov – 1962 | 27 min
Sources
[1] Café Rodéo, Montréal-Matin, 22 décembre 1954
[2] Bruce Taylor, The Gazette, 23 aout 1972
[3] The lower main, The Gazette, 26 janvier 1963
[4] La police trouve de la dynamite et des balles, La Presse, 18 juillet 1963
[5] Battus dans des clubs, La Presse, 29 décembre 1961
[6] Dévalisé, La Presse, 23 novembre 1961
[7] Double tentative de meurtre en face du Lodéo, Montréal-Matin, 6 janvier 1973
[8] In the matter of bankruptcy, The Montreal Star, 14 mars 1970
[9] Friday night at the Lodeo, The Gazette, 27 janvier 1973
[10] Groupe Facebook Woody’s, Bishop st & other great montreal moments, commentaires de clients, 29 novembre 2022
[11] Lodéo: permis suspendu, La Presse, 6 décembre 1985
[12] Family dynasty reduced to rubble, The Gazette, 21 janvier 2007
[13] Presenting live music for every taste, The Gazette, 2 août 1980
Nous avons assemblé ce texte en utilisant les sources mentionnées ci-dessus. Nous avons traduit en français les sources provenant d’articles de journaux en anglais. Les temps de conjugaison ont parfois été modifiés pour créer une cohérence du texte dans son ensemble.
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