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Café de l’Est (Montréal)

Le Café de l’Est était un cabaret et une salle de spectacle située au 4558 rue Notre-Dame Est, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve à Montréal, actif pendant près de quatre décennies au cœur de la vie nocturne montréalaise [1][2]. L’établissement s’est imposé comme l’un des principaux lieux de diffusion de la chanson et des variétés francophones dans l’est de la ville, accueillant aussi bien des vedettes venues de France que des artistes québécois populaires. Avec sa grande salle et sa programmation de cabaret, il a contribué de façon marquante à l’essor de la culture populaire francophone à Montréal au milieu du XXe siècle.

1. Présentation

Précurseur de longue date des boîtes de nuit du quartier francophone de Montréal, le Café de l’Est fut pendant plusieurs décennies l’un des établissements de spectacle les plus importants de l’est de la métropole. Ce cabaret spacieux comptait parmi les plus vastes établissements de son genre à Montréal [3]. Selon madame Daniel de l’agence Grimaldi-Daniel, « tous les artistes ont travaillé au Café de l’Est… sauf les Cyniques et Yvon Deschamps ». Elle rappelle également que celui qui attira le plus les foules fut Olivier Guimond, suivi de près par César et les Romains, les Beatlettes et Michèle Richard, décrite comme « la plus professionnelle d’entre tous » [4].

L’ouverture du Café de l’Est s’inscrit dans la grande époque des cabarets montréalais, un milieu où la majorité des spectacles présentés dans les clubs de la métropole se faisaient encore en anglais [5]. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la plupart des grands cabarets étaient concentrés dans l’ouest du centre-ville. Dans ce contexte, le Café de l’Est faisait figure d’exception, étant l’une des premières boîtes célèbres situées dans un quartier majoritairement francophone. L’établissement devint rapidement un lieu privilégié pour la chanson, l’humour et les spectacles de variétés destinés au public francophone.

Être propriétaire de cabaret à cette époque pouvait ressembler à posséder une véritable mine d’or : les salles étaient bondées presque tous les soirs et la vie nocturne montréalaise connaissait alors ses plus grandes heures. Cette prospérité exigeait toutefois des investissements considérables afin de présenter des spectacles de grande envergure et d’attirer des vedettes locales ou internationales [6].

Le site du 4558 rue Notre-Dame Est possède toutefois une histoire plus ancienne, plusieurs établissements s’y étant succédé avant l’apparition du cabaret moderne au milieu des années 1940. Des clubs sociaux et cafés y sont déjà mentionnés dans la presse dès les années 1930, témoignant du rôle du lieu dans la vie sociale du quartier Maisonneuve. Le cabaret Café de l’Est prend véritablement son essor à partir de 1944, notamment sous la direction de Léo L’Archevêque, qui en fait progressivement l’une des institutions majeures de la vie nocturne de l’est montréalais. Transformé au tournant des années 1970 pour s’adapter à l’évolution des divertissements nocturnes, le bâtiment disparaît finalement après un incendie criminel survenu en 1998 [69].

2. Club de l’Est et Club Social Démocrate (1930-1941)

Un plan d’assurance incendie de Montréal daté de 1924 indique que le lot correspondant au futur site du Café de l’Est est alors occupé par des terrains de tennis. Le plan montre également la présence d’un petit pavillon identifié comme Club House, suggérant l’existence d’une installation sportive organisée à cet endroit avant l’apparition des premiers clubs sociaux au début des années 1930 [87].

En 1930, le site du 4558 rue Notre-Dame Est devient un lieu de rassemblement pour la communauté locale avec la création du Club de l’Est. La constitution officielle de « Club de L’Est, Incorporé » est annoncée dans la Gazette officielle du Québec du 10 mai 1930, à la suite de lettres patentes émises le 22 avril 1930 pour établir un club social destiné à ses membres et à leurs invités [88]. Le club sert rapidement de point de rencontre pour diverses organisations politiques et sociales du quartier Maisonneuve. Des réunions du Club Libéral de Maisonneuve et Rosemont y sont notamment rapportées dans la presse en 1932 et 1934 [48]. Une annonce publiée dans le journal Le Canada en août 1934 mentionne par ailleurs un établissement nommé Club de l’Est Inc. à cette adresse, administré par J. Henri Lappe, gérant, et Jos. Tremblay, secrétaire, constituant l’un des premiers témoignages connus de l’exploitation d’un club ou d’un café de divertissement au 4558 rue Notre-Dame Est, plusieurs années avant l’apparition du Café de l’Est dans les années 1940 [37].

Au milieu des années 1930, l’établissement s’impose déjà comme un important lieu de sociabilité dans l’est de Montréal. On y tient des réunions publiques, des conférences et diverses activités associatives. En 1936, la presse rapporte par exemple la présentation officielle de la charte de la branche Maisonneuve de la Légion canadienne lors d’un dîner organisé au Club de l’Est, auquel assistent environ 150 invités [49].

En mars 1937, l’établissement change de statut lorsque la création de la corporation Club Social Démocrate est annoncée dans la Gazette officielle du Québec. Fondée par Alex Jodoin, Wellie Mondou et Denis Jodoin, cette organisation a pour objectif d’exploiter un club social comprenant des salles à manger, des espaces de divertissement et diverses installations destinées aux membres et à leurs invités. La nouvelle corporation semble alors prendre la relève du Club de l’Est tout en poursuivant l’exploitation d’un club social à la même adresse [46].

Dans un article publié en juin 1939, The Gazette rapporte qu’Alex Jodoin, exploitant du Club Social Démocrate, est condamné à une amende de 25 dollars — soit environ 543 $ en valeur de 2026 — ainsi qu’aux frais de cour, à la suite d’une enquête menée par la Commission des liqueurs du Québec sur les conditions de vente d’alcool dans plusieurs clubs montréalais. Cet épisode illustre les tensions fréquentes entre les exploitants de clubs privés et les autorités provinciales chargées de réglementer la distribution de boissons alcoolisées à Montréal à la fin des années 1930 [47].

Au début des années 1940, les premières mentions du Café de l’Est apparaissent dans la presse. Une brève publiée dans Le Petit Journal en décembre 1941 annonce que l’établissement de la rue Notre-Dame Est vient de passer sous une nouvelle administration. L’article précise que M. A. Trudeau a été nommé gérant de ce café décrit comme l’un des endroits « les plus chics » du quartier. La presse souligne également que les visiteurs peuvent s’attendre à un service courtois et à une organisation digne d’une bonne administration, tandis que le réveillon de la veille du Jour de l’An promet d’être particulièrement mémorable pour les habitués. Cette mention témoigne de l’existence déjà bien établie du café dans la vie sociale du quartier avant son développement comme grand cabaret au milieu des années 1940 [1].

3. Café Yvon Robert (1941-1944)

Un avis publié dans la Quebec Official Gazette du 1er août 1942 révèle que la compagnie Café de l’Est Limitée, incorporée le 27 novembre 1941, change alors sa dénomination sociale pour Le Café Yvon Robert Ltée Ltd.. Le document officiel, daté du 9 juillet 1942 au bureau du procureur général du Québec, confirme ainsi l’association du célèbre lutteur québécois Yvon Robert à l’entreprise exploitant l’établissement au début des années 1940 [27].

Le nom « Café Yvon Robert » est directement associé au célèbre lutteur québécois Yvon Robert, figure majeure de la lutte professionnelle au Canada au milieu du XXe siècle. Un article publié dans Le Petit Journal en 1971 rappelle que Robert fut l’un des athlètes les plus populaires de son époque, remportant plusieurs championnats mondiaux et attirant des foules considérables dans les arénas d’Amérique du Nord [38]. À Montréal, certains observateurs de l’époque affirment même que sa popularité rivalisait avec celle du légendaire joueur de hockey Maurice « Rocket » Richard [92].

Notice biographique

Yvon Robert (1914–1971)

Né à Montréal le 8 octobre 1914, Yvon Robert est considéré comme l’un des plus grands lutteurs professionnels de l’histoire du Québec. Formé notamment à la Palestre Nationale, il amorce sa carrière dans les années 1930 et devient rapidement l’une des grandes vedettes de la lutte en Amérique du Nord. Au cours d’une carrière de plus de vingt ans, il remporte à plusieurs reprises le championnat mondial de la National Wrestling Association et attire des foules considérables dans les arènes du Canada, des États-Unis et d’Europe. À Montréal, ses combats remplissent notamment le Forum et d’autres amphithéâtres de la ville [92].

Parallèlement à sa carrière sportive, Robert s’implique dans plusieurs activités commerciales. La presse rapporte qu’il agit notamment comme agent d’immeubles et administrateur de compagnie, tout en participant à divers projets d’affaires dans la métropole, dont un investissement dans l’exploitation d’une mine d’or avec un groupe d’hommes d’affaires montréalais [91].

Il est également associé à l’exploitation de plusieurs lieux de divertissement montréalais. Parmi ceux-ci figure le Café Yvon Robert au 4558 rue Notre-Dame Est, établissement qui deviendra par la suite le Café de l’Est. Son nom est aussi lié à d’autres lieux de la vie nocturne montréalaise, dont le cabaret El Morocco, le Café La Bohème, le Yvon Robert Lounge, le Dream Lounge, l’hôtel Larry Moquin et l’établissement Chez Maurice, témoignant de son implication dans l’industrie du spectacle et de la restauration à Montréal au milieu du XXe siècle. Une chronique de 1956 souligne d’ailleurs que le lutteur était impliqué dans de nombreux projets commerciaux, notamment dans des restaurants, des cabarets et même dans le financement d’un magazine féminin intitulé American Beauty [16] [27] [89] [91] [93] [94].

« Comme bien des lutteurs, Yvon Robert luttait trois, quatre et même cinq fois par semaine dans des amphithéâtres bondés. »

— Marc Thibeault, Le jour où Yvon Robert fit perdre ses illusions à un jeune journaliste, Le Devoir, 15 juillet 1971 [90]

Une publicité publiée dans Le Monde ouvrier le 11 mars 1944 annonce l’exploitation du Café Yvon Robert Ltée au 4558 rue Notre-Dame Est, présenté comme « le plus chic café dans l’Est ». L’annonce indique que l’établissement offre repas, bière, vins, liqueurs et danse, une formule typique des cafés et cabarets montréalais de l’époque. Elle précise également la direction de la compagnie, avec Yvon Robert comme président, Maurice Robert comme vice-président et Armand Robert comme secrétaire-gérant, confirmant l’implication directe du lutteur dans l’exploitation de l’établissement [89].

Bien que le Café de l’Est soit déjà mentionné dans la presse au début des années 1940, ce n’est véritablement qu’en 1944 que l’établissement prend son essor comme cabaret lorsque l’homme d’affaires Albert Fortin en assume la direction. L’endroit est bientôt repris par Léo L’Archevêque, qui en développe la programmation de spectacles et en fait progressivement l’une des institutions majeures de la vie nocturne dans l’est de Montréal [69].

4. Café de l’Est : Paul Létang, Léo L’Archevêque et l’équipe (1946–1949)

En octobre 1946, une publicité publiée dans Le Petit Journal annonce la « grande ouverture d’automne » du Café de l’Est rénové, présenté comme un « chic cabaret de l’Est ». L’annonce souligne également l’ouverture de son bar L’Oasis, décrit comme « le plus beau bar à Montréal ». La programmation de la semaine comprend notamment le ténor franco-américain Paul Cadieux, l’acrobate et jongleur Cay Baird, les danseuses Noades Sisters et le maître de cérémonies Guy Robert, avec deux représentations chaque soir, accompagnées par l’orchestre de F. Bordeleau et ses “Eastern Gentlemen”. L’établissement est alors exploité par Léo L’Archevêque, propriétaire. [51].

Le populaire gérant du Café de l’Est se nommait Paul Létang.

Notice biographique

Paul Létang

Paul Létang est un impresario et administrateur de cabaret actif à Montréal dans les années 1940, reconnu comme l’un des premiers promoteurs à introduire régulièrement des vedettes françaises dans les cabarets montréalais. À titre de gérant du Café de l’Est, il contribue à faire de cette salle un lieu important pour la chanson française en tournée en Amérique du Nord.

Monsieur Létang comptait déjà plus de 38 années de service dans les clubs de nuit de Montréal, ce qui semblait faire de lui une sorte de doyen parmi les gérants de cabarets de la métropole — un peu comme le sera plus tard Carol Grauer du Samovar. C’est vers 1910 que Paul Létang débuta comme simple garçon de cabaret. Ce début devait le conduire progressivement à occuper des postes de direction dans plusieurs établissements importants. Ainsi, il passa successivement au Restor, au Café Parisien, au Queen’s, au St-Régis et au Blue Bird, autant de cabarets réputés de l’époque. Ses qualités d’organisateur et son expérience du métier lui valaient d’être recherché par de nombreux propriétaires de salles. Quelques années plus tard, il fonda lui-même le Club des Millionnaires, rue Saint-Denis. Il quitta cette boîte en 1934 pour prendre la direction du Montparnasse, avant de passer au Hollywood, puis de revenir au Club des Millionnaires.

En 1937, il devient gérant du Café Versailles, chic cabaret à ambiance française situé rue Sainte-Catherine et très recherché par les fins gourmets et les amateurs de spectacles. L’établissement jouissait alors d’une réputation enviable dans la vie nocturne montréalaise. Plus d’une grande personnalité du monde artistique y fut reçue lors de réceptions fastueuses organisées par Létang. Chaque fois qu’une vedette passait par Montréal, elle était souvent invitée au Versailles. C’est ainsi que des artistes comme Lily Pons, Lucienne Boyer, Gaby Morlay, Paulette Mauve, Jean Clément, Jean Sablon ou Tino Rossi furent accueillis lors de soirées et de réceptions particulièrement remarquées [7].

Sous sa direction, la scène du Café de l’Est accueille plusieurs artistes populaires venus de France, dont Lys Gauty, Charles Trenet, Adrien Adrius, Les Compagnons de la Chanson et Lilly Fayol. La presse montréalaise le décrit alors comme l’homme ayant « le plus fait dans notre ville pour l’avancement du spectacle français dans nos cabarets ».

En 1949, à la suite d’un changement dans l’administration du Café de l’Est, Paul Létang quitte la gérance de l’établissement et annonce son départ pour Paris, mettant fin à une période marquante dans la programmation du cabaret [56].

Lorsqu’il était gérant du Versailles, monsieur Létang avait parmi ses employés un certain Léo L’Archevêque. Celui-ci deviendra par la suite l’habile propriétaire du Café de l’Est, rue Notre-Dame Est, où Paul Létang occupera la fonction de gérant-administrateur. C’est sous les auspices de L’Archevêque et grâce à la grande latitude que lui accorde ce dernier que l’établissement se développe et attire une clientèle distinguée. Le cabaret est alors fréquenté par une belle classe de gens et se distingue par la qualité de ses spectacles. Monsieur Létang est également assisté dans ses fonctions par le dévoué Hector Pellerin, qui met lui aussi son énergie et son expérience au service de la maison [7].

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Hector Pellerin

Hector Pellerin (1887-1953), né à Montréal, est l’un des premiers chanteurs populaires à connaître un vaste succès dans le monde francophone nord-américain. Formé au piano et à l’orgue auprès des musiciens Alexis Contant et J.-Daniel Dussault, il choisit toutefois de se consacrer à la musique populaire plutôt qu’au répertoire classique. Il débute sa carrière comme pianiste de cinéma au Ouimetoscope à Montréal, accompagnant les films muets au début du XXe siècle.

Entre 1916 et 1928, Pellerin enregistre plus de 140 pièces sur cylindres de cire et disques 78 tours. Doté d’une voix de baryton, il devient l’un des chanteurs les plus populaires auprès du public canadien-français et franco-américain. L’essor de la radio dans les années 1920 contribue largement à la diffusion de ses chansons dans les foyers du Canada et des États-Unis francophones.

Après 1928, Pellerin réduit ses activités d’enregistrement et se tourne davantage vers la scène et la radio. Il chante régulièrement à la station montréalaise CKAC entre 1933 et 1943 et participe à de nombreux spectacles et cabarets. En 1934, il fonde à Montréal le cabaret Versailles, qui accueille plusieurs vedettes internationales de la chanson française, dont Lucienne Boyer, Jean Sablon et Tino Rossi.

Jusqu’à la fin des années 1940, Hector Pellerin agit également comme maître de cérémonies dans plusieurs cabarets montréalais, où il côtoie les grandes figures du spectacle francophone de l’époque, notamment Jacques Normand, Olivier Guimond père, Manda Parent, Paul Desmarteaux, Jean Grimaldi, Arthur Pétrie, Juliette Pétrie et Rose Ouellette.

Au cours de la seconde moitié des années 1940, le Café de l’Est apparaît régulièrement dans la presse montréalaise. Un article publié dans The Gazette en août 1947 décrit le cabaret comme l’un des établissements les plus réputés du quartier francophone de Montréal. Situé à l’est du centre-ville, le club attire alors une clientèle fidèle ainsi que des visiteurs provenant d’autres secteurs de la métropole. La programmation de variétés est animée par le maître de cérémonie Armand Marion, accompagné par l’orchestre de Eddie Sanborne. L’établissement comprend également un espace appelé Oasis Lounge, où la chanteuse et pianiste Virginia Fair se produit, tandis que la musique de danse est assurée par Eddie Sanborn and His Black Cat Orchestra. Situé à l’intersection de la rue Notre-Dame Est et de l’avenue Bennett, le cabaret est réputé pour ses spectacles de plancher élaborés, la qualité de son service ainsi que son offre de nourriture et de boissons dans une atmosphère à la fois élégante et conviviale. L’article souligne également la présence d’un vaste stationnement gratuit pour la clientèle, signe que l’établissement attire déjà une clientèle motorisée [28] [52].

Avec sa grande salle contenant entre 500 et 600 places, le Café de l’Est pouvait recevoir les artistes les plus populaires. « Il n’y avait pas encore de Place des Arts », explique l’écrivain et historien Philippe Laframboise, « et la rue St-Denis était surtout consacrée au cinéma. Les grandes salles étaient rares et le Café de l’Est était invitant » [4].

Charles Trenet a présenté son tour de chant au Café de l’Est. Les Compagnons de la Chanson ont également été invités à cet endroit. Il faut comprendre que la chanson française était à ses premiers balbutiements dans la très anglophone cité de Montréal. Il a fallu attendre jusqu’en 1948 avant qu’on ouvre au centre-ville de Montréal le premier cabaret essentiellement francophone. Il s’agissait du Faisan Doré, animé par Jacques Normand, qui nous a fait connaître le duo Charles Aznavour et Pierre Roche, Monique Leyrac, Paul Berval et plusieurs autres. Le Faisan Doré a fait époque, mais n’a subsisté que deux ans. C’est alors qu’on a découvert le Café de l’Est, situé dans l’est de Montréal, qui a reçu les grands de la chanson française et québécoise [4].

À la fin des années 1940, les activités des clubs de nuit montréalais demeurent encore encadrées par les restrictions du Lord’s Day Act, une loi héritée de la tradition protestante interdisant certaines formes de divertissement le dimanche. En mai 1948, un jugement rendu par la Cour municipale confirme toutefois que la danse dans les night clubs le dimanche ne constitue pas une violation de cette loi. La décision entraîne l’abandon de poursuites intentées contre plusieurs établissements montréalais, dont le Café de l’Est de la rue Notre-Dame Est. Cette affaire illustre l’évolution progressive des mœurs et la place croissante occupée par les clubs de danse dans la vie nocturne montréalaise de l’après-guerre [32].

En 1948, environ 400 personnes s’étaient donné rendez-vous au Café de l’Est, décrit comme le « centre français », pour rendre hommage à Hector Pellerin à l’occasion de son 61e anniversaire de naissance et du 40e anniversaire de ses débuts dans la vie artistique. La soirée, organisée par Mme Edmond Beau-Soleil avec la collaboration de Léo L’Archevêque et Paul Létang, alors respectivement propriétaire et gérant de l’établissement, connaît un grand succès. Au cours de la fête, une bourse substantielle est remise à Pellerin, qui remercie avec émotion ses amis, ses patrons du Café de l’Est et évoque également le 95e anniversaire de sa mère. À la demande générale, il interprète ensuite une chanson. Le programme musical met aussi en vedette Denis Drouin, Murielle Millard et l’orchestre d’Ed Sandborn, avec en complément une allocution de Me Gérard Delage, président de l’Union des Artistes. Parmi les nombreuses personnalités présentes figurent notamment Janine Sutto, Marjolaine Hébert, Denise Pelletier, Juliette Pétrie, Ovila Légaré, Odette Oligny, Huguette Oligny et Juliette Huot, sans oublier la vedette en affiche au Café de l’Est, Adrien Andrius [54].

Un article publié dans La Patrie en novembre 1948 annonce la venue des Compagnons de la Chanson au Café de l’Est, présenté dans la presse comme le « Centre français » des cabarets montréalais. La direction de l’établissement y affirme poursuivre une politique visant à offrir à sa clientèle « les plus grandes artistes de France ». Après le passage de vedettes telles que Lys Gauty, Armand Mestral et Adrien Adrius, l’arrivée de l’ensemble vocal français constitue un événement jugé exceptionnel dans le milieu des clubs de nuit montréalais. Le journal souligne notamment qu’il s’agit de la première fois qu’un groupe vocal aussi nombreux — les Compagnons de la Chanson comptant neuf chanteurs — se produit dans un établissement de ce genre dans la métropole [44].

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Les Compagnons de la Chanson

Les Compagnons de la Chanson sont un ensemble vocal français fondé à Lyon en 1941 par Louis Liébard. Le groupe, composé de neuf chanteurs, se distingue par ses harmonies serrées, son style inspiré à la fois de la tradition chorale et de la chanson populaire, ainsi que par une mise en scène dynamique. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les Compagnons connaissent un succès international, notamment grâce à leur collaboration avec Édith Piaf, avec qui ils enregistrent en 1946 la célèbre chanson « Les Trois Cloches ».

Au cours des années 1940 et 1950, l’ensemble entreprend de nombreuses tournées en Europe et en Amérique du Nord, contribuant largement à populariser la chanson française à l’étranger. Leur répertoire mêle chansons traditionnelles, compositions originales et adaptations, interprétées avec une précision vocale qui devient leur marque de commerce. Les Compagnons de la Chanson demeurent actifs pendant plusieurs décennies et comptent parmi les groupes vocaux francophones les plus célèbres du XXe siècle.

Un article publié dans La Patrie en décembre 1948 rapporte le succès remporté par l’ensemble Les Compagnons de la Chanson, dont l’engagement au Café de l’Est est prolongé devant l’affluence du public. Le cabaret, alors dirigé par Léo L’Archevêque avec Paul Létang comme gérant, annonce également l’arrivée prochaine de Charles Trenet. D’autres vedettes françaises doivent suivre dans les mois suivants, notamment Yves Montand, Marie Bizet, Geo Ulmer et Lily Fayol, confirmant la volonté de l’établissement de présenter à Montréal les grandes figures de la chanson française [68].

En 1948, la réputation du Café de l’Est dépasse même les frontières du Canada. Un article publié dans Le Petit Journal rapporte que le magazine international Variety, publié à New York, consacre une page publicitaire à la chanteuse Édith Piaf et aux Compagnons de la Chanson. Parmi les établissements où ces artistes se produisent, trois noms apparaissent en évidence : Ciro’s à Hollywood, le Versailles à New York et le Café de l’Est à Montréal. L’article souligne que, grâce à sa politique de présenter au public montréalais les plus grandes vedettes de France, le cabaret est alors considéré comme le « centre français » de Montréal et bénéficie désormais d’une reconnaissance internationale [53].

À la fin de décembre 1948, le Café de l’Est annonce l’arrivée en vedette du chanteur français Charles Trenet, présenté comme « l’idole de Paris » et « le plus grand fantaisiste parisien ». La notice publiée dans Le Petit Journal souligne qu’il s’agit alors de la première fois que Trenet prend l’affiche dans une boîte de nuit de Montréal, ce qui témoigne de l’importance acquise par le cabaret de la rue Notre-Dame Est dans le circuit de la chanson française. L’article précise également que les Compagnons de la Chanson demeurent à l’affiche du Café de l’Est jusqu’au dimanche soir précédant l’entrée en scène de Trenet, confirmant ainsi la continuité d’une programmation française de haut niveau à la fin de 1948 [55].

5. Vol du coffre-fort (1949) et vente du club

Un spectaculaire cambriolage est commis au Café de l’Est, situé au 4558 rue Notre-Dame Est, au petit matin du 10 janvier 1949. Des perceurs de coffres-forts s’introduisent dans l’établissement après la fermeture en passant par une fenêtre de la salle de toilette du deuxième étage, du côté du fleuve Saint-Laurent, afin d’éviter d’être aperçus depuis la rue. À ce moment, seul le gardien de nuit, Nicolas Cameron, se trouve encore dans le cabaret. Rapidement maîtrisé, il est frappé, bâillonné et solidement ligoté avant d’être abandonné sur le parquet d’une loge d’artiste. Les cambrioleurs se dirigent ensuite vers le bureau du gérant, où se trouve le coffre-fort du cabaret contenant les recettes de plusieurs jours, la paie des employés ainsi que celle du chanteur français Charles Trenet, alors en vedette au Café de l’Est. Selon le gérant Paul Létang, qui avait quitté les lieux vers cinq heures du matin, la caisse renfermait au moins 10 000 dollars. Incapables d’ouvrir le coffre sur place, les voleurs décident finalement d’emporter la caisse au complet — un mastodonte d’environ 1 400 livres. Après avoir sorti le coffre-fort de l’établissement, ils retournent même à l’intérieur du cabaret pour voler une cinquantaine de bouteilles d’alcool avant de prendre la fuite. La police municipale de Montréal, sous la direction du sergent-détective Léopold Guérin, ouvre alors une enquête sur ce cambriolage audacieux. Le butin est estimé à près de 10 000 dollars, soit environ 137 000 dollars canadiens en valeur actuelle, une somme considérable pour un cabaret montréalais de l’époque [9].

Voici une liste partielle du personnel du Café de l’Est en 1949 : Fernand Daoust, Yvon Sénécal, Johnny Petrelli, Albert Chasseurs, garçons de table ; Young Marquette, chef des garçons de table ; en service au bar : Roger Pépin et Elphège Guay [8].

Au printemps 1949, un changement dans l’administration du Café de l’Est entraîne le départ de son gérant, Paul Létang, figure importante du milieu des cabarets montréalais de l’après-guerre. La presse le décrit alors comme l’un des principaux artisans de la diffusion du spectacle français à Montréal, ayant contribué à faire connaître au public montréalais plusieurs vedettes venues de France, dont Lys Gauty, Charles Trenet, Adrien Adrius, Les Compagnons de la Chanson et Lilly Fayol. À la suite de son départ de la gérance du cabaret, Létang annonce qu’il doit bientôt partir pour Paris, où il prévoit prendre un repos bien mérité [56].

À l’été 1949, le Café de l’Est annonce le retour du célèbre chanteur français Charles Trenet. Une chronique consacrée à la vie nocturne montréalaise, publiée dans Montréal-Matin, annonce une série de spectacles présentés du 17 au 25 août 1949 [34].

À la fin des années 1940, le Café de l’Est apparaît régulièrement dans les chroniques consacrées à la vie nocturne montréalaise. Une rubrique publiée dans Montréal-Matin en septembre 1949 annonce notamment que l’établissement vient d’engager l’animateur et artiste de cabaret Jacques Normand. Cette mention confirme que le Café de l’Est participe déjà au circuit des cabarets et clubs de nuit de la ville à la fin de la décennie [33].

Une chronique de la vie nocturne publiée dans Montréal-Matin en décembre 1949 annonce un spectacle entièrement féminin présenté sur la scène de l’établissement, avec la participation de la violoniste Sally Lee, de la danseuse acrobatique Louise Lindon et d’autres artistes, accompagnées par l’orchestre de Jules Lebel. Cette mention confirme la diversité des spectacles offerts au cabaret à la fin de la décennie [11].

6. Montréal, capitale du cabaret (années 1950)

En décembre 1950, le Café de l’Est est sous la direction de Jos Beaudry et Roger Parenteau, qui annoncent leur intention de faire de la salle l’un des cabarets les plus populaires de Montréal. La programmation comprend alors des numéros de chant, de danse et de variétés, avec notamment The King Sisters, la vedette Billie Cutler et le maître de cérémonie Denis Drouin. Les soirées sont animées par l’orchestre de Eddie Sanborn, et l’on y danse tous les soirs, tandis que des concours hebdomadaires — dont un concours visant à couronner une « Reine de Montréal » — sont organisés afin d’attirer la clientèle. L’annonce souligne également que l’établissement ne charge ni frais de couvert, ni minimum de consommation, ni frais d’admission, une stratégie visant à rendre le cabaret accessible à un public plus large. On y mentionne aussi l’absence de problème de stationnement pour la clientèle [10].

Notice biographique

Joseph « Jos » Beaudry

Joseph « Jos » Beaudry est l’un des plus importants exploitants de tavernes et de débits de boisson de Montréal au milieu du XXe siècle. Après avoir travaillé pendant plusieurs années comme ouvrier et superviseur à la brasserie Dow, il se lance dans l’industrie des tavernes au début des années 1940. Selon la presse, il ouvre sa première taverne vers 1943, la Taverne Villeray, située à l’angle des rues Saint-Denis et Villeray, établissement qui marque le début d’une longue carrière dans le commerce des débits de boisson à Montréal [12] [95].

Au fil des décennies, Beaudry développe un vaste réseau d’établissements. Il possédera ou administrera près de trente bars, tavernes et cabarets dans la région de Montréal, et affirme avoir géré jusqu’à vingt-deux débits de boisson simultanément. Parmi les établissements associés à son nom figurent notamment Le Montmartre, le Café de l’Est, La Havana, le Pigalle ainsi que plusieurs autres bars et clubs populaires de la métropole [12] [95].

Beaudry joue ainsi un rôle notable dans le développement du réseau de tavernes et de cabarets montréalais qui anime la vie nocturne de la ville durant les années 1940 à 1970. Ses établissements, fréquentés par une clientèle ouvrière et populaire, font partie du paysage des bars et salles de divertissement qui caractérisent Montréal à l’époque.

En reconnaissance de sa longue carrière dans l’industrie des débits de boisson, Beaudry reçoit dans les années 1980 le titre symbolique de « tavernier du siècle », décerné par l’Association des propriétaires de tavernes et brasseries du Québec [12].

Au début des années 1950, Montréal est largement reconnue comme l’une des grandes capitales nord-américaines du cabaret et du spectacle. Dans un article publié en 1954, le journaliste Roland Côté affirme que la métropole se classe alors parmi les villes les plus importantes du « show business » sur le continent, derrière New York et Las Vegas. De nombreuses vedettes internationales s’y produisent régulièrement, attirant une clientèle nombreuse dans les cabarets et clubs de nuit de la ville. Des établissements comme Chez Parée, le Casino Bellevue, le Continental, le St-Germain-des-Prés, le Sans-Souci ou encore le Ritz Café figurent parmi les salles emblématiques de cette période, illustrant le dynamisme de la vie nocturne montréalaise durant l’âge d’or des cabarets [13].

Semaine après semaine, le Café de l'Est conserve sa réputation de spectacles bien montés et d’une programmation mettant en vedette de nombreuses grandes stars françaises. On en est venu à se tourner vers cet établissement pour un service soigné, les meilleurs plats et boissons et une atmosphère agréablement informelle. L’orchestre d’Eddie Sanborn et ses Black Cat Orchestra proposaient une musique entraînante pour la danse. L’ Oasis Lounge, un bar plus intime situé à côté de la salle principale, offrait un certain degré de discrétion et de divertissement [3].

Un article publié dans La Patrie en août 1950 rapporte la tenue d’un concours intitulé « Mlle Café de l’Est », organisé dans la grande salle du cabaret. La gagnante, Jeannine Laferrière, est élue grâce à ses interprétations des chansons Granada et Je t’ai donné mon cœur. Le jury comprend notamment Maurice Gauvin de Radio-Canada, Léon Lachance de CKVL, André Manseau de United Distillers et le photographe Jos. Bélisle. La lauréate reçoit un prix de 100 dollars, un engagement de deux semaines au Café de l’Est ainsi qu’une audition à la télévision et à CKVL. Le concours attire une foule si nombreuse que plusieurs spectateurs ne peuvent trouver de place dans la salle, témoignant de la popularité déjà considérable de l’établissement au début des années 1950 [42].

En 1953, la presse mentionne que Roger Parenteau, ancien exploitant associé au Café de l’Est, poursuit sa carrière dans le milieu des cabarets montréalais. Un article publié dans Le Petit Journal rapporte qu’il fait alors l’acquisition du Café Palm, situé rue Bleury, où il entreprend d’importants changements de décoration et de programmation. L’établissement propose des spectacles réguliers ainsi que plusieurs activités spéciales durant la semaine, dont un concours de danse, un quiz musical et des soirées de « talents de chez nous ». La revue en vedette comprend notamment la danseuse Susie Joyal, la chanteuse Florence Audibert, le comédien et musicien Ravelin et le chanteur Ernie Doucet, accompagnés de Jean-Claude Hémond et de son orchestre [57].

En novembre 1953, le Café de l’Est accueille un événement inédit dans l’histoire des cabarets montréalais : la célèbre comédienne La PouneRose Ouellette — accepte pour la première fois de présenter son numéro comique sur la scène d’une boîte de nuit. Vedette emblématique du théâtre burlesque montréalais, elle apparaît alors au Café de l’Est aux côtés de sa partenaire Juliette Pétrie. Devant le succès rencontré auprès du public, l’établissement prolonge l’engagement pour une seconde semaine. Le programme comprend également les danseurs Vallinos, le chanteur et maître de cérémonie Gilles Morneau, tandis que la musique de danse est assurée par Stan Wood et son orchestre, avec Chuck à l’orgue [58].

Au cours des années 1950, plusieurs artistes issus du burlesque et du vaudeville québécois se produisent régulièrement dans les grands cabarets de la métropole. La comédienne Juliette Pétrie, figure associée à la troupe de Rose Ouellette (La Poune), apparaît ainsi sur les scènes du Casa Loma et du Café de l’Est, deux établissements importants du circuit des spectacles populaires montréalais à cette époque [80].

Au milieu des années 1950, le Café de l’Est fait clairement partie du réseau des clubs de nuit reconnus de Montréal. Un article publié dans Le Devoir le 20 mai 1955 rapporte en effet qu’une délégation de propriétaires de clubs de nuit est reçue par le maire Jean Drapeau afin de discuter des règlements municipaux touchant l’exploitation de ces établissements. Parmi les lieux mentionnés figurent notamment le Café de l’Est, le Rigoletto, le Café de Paris, le Figaro, le Can-Can, le Chevalier, le Palmarès, le Rainbow et le Casino Français [14].

Cette mention est importante, car elle montre que le Café de l’Est n’était pas un établissement isolé, mais bien l’un des clubs intégrés au paysage plus large de la vie nocturne montréalaise. Bien que plusieurs des cabarets cités dans l’article soient surtout associés au centre-ville et au circuit des grandes boîtes de nuit, la présence du Café de l’Est dans cette liste confirme son importance au sein du milieu des clubs de nuit de la métropole. L’établissement apparaît ainsi comme l’un des représentants du réseau des cabarets de quartier, particulièrement actifs dans l’est de Montréal durant l’âge d’or du divertissement nocturne [14].

La rencontre avec le maire s’inscrit par ailleurs dans un contexte où les autorités municipales cherchent à encadrer plus strictement les heures d’ouverture et les conditions d’exploitation des clubs de nuit. Le fait que les propriétaires du Café de l’Est et d’autres cabarets aient jugé nécessaire d’intervenir directement auprès de l’administration municipale montre à quel point ces enjeux étaient devenus importants pour l’industrie du spectacle montréalais au milieu des années 1950 [14].

Un article publié dans La Presse en juillet 1955 rapporte plusieurs incidents survenus dans des clubs de nuit montréalais. Le reportage mentionne notamment des actes de vandalisme dans le All-American Bar and Grill, situé sur la rue Dorchester Ouest et appartenant à Dominique Mandance, futur propriétaire du Café de l’Est. L’article évoque un climat de tensions entre groupes rivaux fréquentant certains cabarets de la ville, un phénomène qui préoccupe alors les autorités policières montréalaises [63].

Au milieu des années 1950, le Café de l’Est fait également partie du réseau social et professionnel qui relie plusieurs bars, hôtels et cabarets de la métropole. Une chronique sportive de Montréal-Matin mentionne notamment l’établissement parmi les équipes participant à une ligue de quilles organisée par l’Association sportive des Waiters, aux côtés de clubs comme la Casa Loma Lounge, le York Hotel, le Figaro et l’Eldorado. Cette référence témoigne de l’existence d’activités sportives et sociales réunissant les employés du milieu de la restauration et des cabarets montréalais durant cette période [82].

Plusieurs musiciens de jazz participent à la vie musicale des cabarets montréalais au cours des années 1950 et 1960. Le batteur, chef d’orchestre et compositeur québécois Bernard Primeau, figure importante du jazz montréalais et futur fondateur du Bernard Primeau Jazz Ensemble, évoque notamment ses débuts dans le circuit des spectacles populaires, où il accompagne différents chanteurs et artistes de variétés. Au début de sa carrière, il se produit ainsi dans plusieurs cabarets de la métropole, dont le Café de l’Est et la Casa Loma, deux établissements majeurs de la vie nocturne montréalaise qui accueillent alors orchestres, chanteurs et spectacles de variétés [79][81].

7. Dominique Mandanice et la relève québécoise (années 1960)

Au tournant des années 1960, l’impresario Jean Simon organise dans plusieurs cabarets montréalais une série de concours d’amateurs connus sous le nom de Les Découvertes de Jean Simon. Présentés chaque semaine dans différents établissements de la métropole, ces programmes permettent de révéler au public plus de 18 000 nouveaux talents en un peu plus de quatre ans. Plusieurs participants deviennent par la suite des vedettes populaires de la chanson et du spectacle, parmi lesquels Michel Louvain, Pierre Sénécal, Michel Gingras, Sonia Del Rio et Claude Vincent [97].

Certaines finales et soirées spéciales de ces concours se tiennent notamment au Café de l’Est. À l’âge de 14 ans, Ginette Reno participe à ces concours d’amateurs, dont « Les Découvertes de Jean Simon », présentés au cabaret montréalais, où elle se classe première [25].

En 1960, l’établissement est officiellement incorporé sous le nom de Café de l’Est Inc.. Un avis publié dans la Gazette officielle du Québec annonce que des lettres patentes, datées du 14 juin 1960, constituent la compagnie afin d’exploiter des hôtels, tavernes, auberges et restaurants. La société est formée par les avocats François Boisclair et Jean-Louis Lamoureux, ainsi que par Hélène La Barre, secrétaire. Le capital autorisé comprend 1 000 actions ordinaires et 350 actions privilégiées de 100 $ chacune, tandis que le capital initial de l’entreprise est fixé à 8 500 $. Le siège social de la compagnie est établi à Montréal [59].

Au début des années 1960, l’industrie des cabarets montréalais doit s’adapter à de nouvelles règles provinciales encadrant la vente et la consommation d’alcool dans les établissements de nuit. Un article publié dans La Presse en avril 1961 rapporte que plusieurs propriétaires de clubs constatent une baisse importante de leur clientèle à la suite de l’entrée en vigueur de cette nouvelle réglementation. Parmi eux, Dominique Mandanice, propriétaire du Café de l’Est, indique que la fréquentation de l’établissement aurait diminué d’environ 25 à 30 %. Le reportage précise également que de nombreux cabarets montréalais sont regroupés au sein de l’Association métropolitaine des cafés licenciés, organisme formé pour représenter les intérêts de l’industrie des clubs de nuit dans la région de Montréal [62].

En 1961, la compagnie Café de l’Est Inc. obtient des lettres patentes supplémentaires qui modifient certaines dispositions de sa charte et augmentent considérablement son capital-actions. Le capital additionnel est alors divisé en 1 600 actions privilégiées de 100 $, et le montant minimal avec lequel la compagnie poursuit ses opérations est fixé à 200 000 $. Cette importante augmentation de capital suggère une réorganisation financière ou un nouvel investissement dans l’exploitation de l’établissement [60].

En 1961, le Café de l’Est demeure actif dans le circuit des cabarets montréalais et continue de présenter des artistes populaires. Une brève publiée dans Radiomonde rapporte que l’humoriste Olivier Guimond, tombé malade lors d’une soirée au cabaret, est remplacé à pied levé par Claude Blanchard. L’article précise également que ce dernier vient de signer un contrat d’exclusivité de deux ans avec le Café de l’Est, signe que l’établissement cherche alors à s’attacher certains artistes pour des engagements prolongés [61].

Au milieu des années 1960, la montée de la culture jeunesse et l’influence croissante de la télévision contribuent à transformer la programmation des cabarets montréalais. L’émission Jeunesse d’Aujourd’hui, diffusée à partir de 1962 sur Télé-Métropole, popularise une nouvelle génération de chanteurs et de groupes auprès du public adolescent. Plusieurs de ces artistes — dont Pierre Lalonde, Joël Denis, Donald Lautrec, Michèle Richard et Ginette Reno — apparaissent ensuite à l’affiche des cabarets de la métropole. Des établissements comme le Café de l’Est adaptent alors leur programmation afin de présenter ces vedettes issues de la télévision et du mouvement yé-yé, permettant au public de voir sur scène les artistes découverts sur le petit écran [78].

Contexte culturel

Le mouvement yé-yé

Le mouvement yé-yé désigne une vague de musique populaire apparue au début des années 1960 en Europe et en Amérique du Nord, inspirée notamment par le rock ’n’ roll et la culture pop anglo-américaine. L’expression « yé-yé » dérive du mot anglais yeah, popularisé dans les chansons des Beatles et d’autres groupes de la British Invasion.

En France, le mouvement est porté par des artistes comme Johnny Hallyday, Françoise Hardy, Sylvie Vartan et Sheila, tandis qu’au Québec, il prend forme au milieu des années 1960 avec l’émergence d’une nouvelle génération de chanteurs et de groupes populaires.

Au Québec, des artistes tels que Les Baronets, Donald Lautrec, Pierre Lalonde, Michèle Richard, Ginette Reno et Les Classels incarnent cette nouvelle culture musicale destinée à un public jeune. Le mouvement est largement diffusé par la radio et la télévision, notamment par l’émission Jeunesse d’Aujourd’hui, qui contribue à populariser ces artistes auprès de la jeunesse québécoise.

Cette évolution influence directement la programmation des cabarets montréalais. Des salles de spectacle comme le Café de l’Est adaptent progressivement leurs spectacles afin de présenter ces nouvelles vedettes de la chanson pop francophone, marquant la transition entre le music-hall traditionnel et la culture jeunesse qui domine la scène musicale durant la seconde moitié des années 1960.

« Au tout début, explique André Normand, gérant et “booker” d’artistes depuis une trentaine d’années, il n’y avait pas d’industrie locale et il y avait donc une pénurie de chanteur québécois. On engageait donc surtout des Américains, Earl Grant et Les Jayeurs, des artistes qui gagnaient à l’époque des cachets qui semblent aujourd’hui ridicules. Puis vinrent les Français, Piaf, Chevalier, Aznavour… Les salles étaient bondées chaque soir. C’était le bon temps, les belles heures de la vie nocturne montréalaise. »

La belle époque des nuits de Montréal, La Presse, 19 janvier 1980 [6]

Au début des années 1960, les cabarets montréalais comme le Café de l’Est jouent un rôle essentiel dans l’émergence d’une nouvelle génération d’artistes québécois. Avant d’accéder aux grandes scènes institutionnelles comme la Place des Arts, inaugurée en 1963, plusieurs chanteurs, humoristes et groupes populaires font leurs premières armes dans le circuit des cabarets de la métropole. Un article publié dans La Presse en janvier 1964 souligne cette évolution en affirmant que le music-hall canadien, longtemps marginalisé par les programmes officiels dominés par la musique classique, gagne désormais en reconnaissance. Le reportage évoque notamment plusieurs artistes ayant fait leurs débuts dans les cabarets montréalais — dont ceux du Café de l’Est et de la Casa Loma — parmi lesquels Robert Demontigny, Joël Denis, Donald Lautrec, Ginette Reno, Michèle Richard, Jenny Rock, Jacques Desrosiers, Denyse Filiatrault et Dominique Michel, illustrant le rôle fondamental du réseau des cabarets dans l’essor de la chanson populaire québécoise durant cette période [76].

L’entrevue accordée par Juliette Pétrie en 1963 montre bien que des salles comme le Café de l’Est faisaient partie d’un véritable circuit professionnel du music-hall et du divertissement populaire à Montréal. En évoquant une carrière menée à raison de sept soirs par semaine et de quarante à quarante-cinq semaines par année, Pétrie rappelle que des artistes de burlesque et de variétés travaillaient presque continuellement dans des lieux comme le Théâtre National, la Casa Loma et le Café de l’Est. Cette référence confirme que le Café de l’Est n’était pas seulement un cabaret de quartier, mais bien une salle intégrée au réseau professionnel des spectacles montréalais, où les artistes pouvaient revenir régulièrement et vivre de leur métier [83].

Au milieu des années 1960, Dominique Mandanice, propriétaire du Café de l’Est, s’implique activement dans la promotion de nouveaux groupes musicaux. Une brève publiée dans Télé-radiomonde en 1965 rapporte qu’il lance l’ensemble « Jules César et ses Romains », dont l’originalité repose notamment sur des costumes inspirés de l’Antiquité. Mandanice aurait investi plus de 5 000 $ pour équiper les musiciens, signe de son intérêt pour le développement de nouveaux artistes dans le milieu du spectacle québécois [67].

Au milieu des années 1960, la programmation du Café de l’Est reflète également l’essor rapide de la chanson populaire québécoise. Une brève publiée dans Télé-radiomonde en juillet 1965 indique que l’établissement présente désormais principalement des artistes canadiens parmi les plus en demande. Parmi ceux annoncés à l’affiche figurent notamment Michel Louvain, Donald Lautrec, Pierre Lalonde, la revue La Revue dans le vent, ainsi que les groupes Les Classels et Les Baronets, illustrant l’importance croissante des artistes locaux dans la programmation des cabarets montréalais durant la période yé-yé [74].

Dans un reportage publié dans Le Droit le 5 mars 1966, la journaliste Nicole Charest décrit l’essor du phénomène yé-yé au Québec au milieu des années 1960, alors que de nombreux groupes de jeunes musiciens émergent pour répondre à l’enthousiasme du public adolescent. L’article présente plusieurs formations populaires de l’époque, dont LES EXCENTRIQUES, LES GENDARMES, LES MISÉRABLES, LES JAGUARS et CÉSAR ET SES ROMAINS, et souligne l’importance de leur présence dans les cabarets et salles de spectacles. Le texte mentionne également l’impresario et gérant Dominique Mandanice, associé à certains de ces groupes et actif dans leur promotion. Ces formations adoptent souvent des costumes spectaculaires et une mise en scène inspirée du rock britannique, tandis que les maisons de disques et les clubs profitent d’un marché en pleine expansion. Dans ce contexte, les cabarets montréalais — dont le Café de l’Est — participent à cette transformation de la scène musicale en offrant une tribune aux nouvelles vedettes de la musique jeunesse.

8. Déclin des cabarets, Expo 67 et mutations (1967–1969)

Au milieu des années 1960, les cabaretiers montréalais débattent de l’avenir de leur industrie, confrontée à la hausse du coût des spectacles et à la concurrence croissante de la télévision et des discothèques. Dans un article publié dans Télé-radiomonde en 1967, plusieurs propriétaires d’établissements commentent la situation du milieu. Parmi eux, Dominique Mandanice, propriétaire du Café de l’Est, estime que l’on exagère l’idée d’une crise dans l’industrie du cabaret et affirme que les affaires continuent de bien fonctionner dans plusieurs salles de spectacles montréalaises [64].

« Il n’y a pas de crise. Ça marche très bien dans l’industrie du cabaret. Il n’y a que les discothèques qui nous font la vie dure, mais c’est passager. »

Dominique Mandanice, propriétaire du Café de l’Est, Télé-radiomonde, 11 février 1967 [64]

Dans une brève publiée dans Télé-radiomonde en février 1967, William Savard, alors co-propriétaire du Café de l’Est, se montre optimiste quant à l’avenir du cabaret. Il affirme que l’établissement poursuivra sa formule habituelle en présentant une programmation axée sur des spectacles canadiens-français, une orientation qui caractérise alors plusieurs cabarets montréalais [66].

Au milieu des années 1960, la scène du Café de l’Est s’inscrit pleinement dans l’essor du mouvement yé-yé québécois. Des groupes populaires comme Les Baronets figurent régulièrement à l’affiche du cabaret, attirant un public jeune désireux de découvrir les nouvelles vedettes de la chanson francophone. Un article publié dans Le Petit Journal en mars 1967 évoque notamment le retour sur scène du trio, alors très en vue dans le circuit des cabarets montréalais, illustrant la popularité de ces formations dans les salles de spectacle de la métropole à cette époque [75].

Au milieu des années 1960, plusieurs observateurs du milieu artistique s’interrogent sur l’évolution rapide de l’industrie du spectacle. Une enquête publiée dans Télé-radiomonde en juin 1967 rassemble les témoignages de nombreux artistes et intervenants de la scène québécoise, dont Denyse Filiatrault, Muriel Millard, Ginette Reno, Michel Richard, Claude Sorel et George Dor. Tous soulignent les difficultés croissantes auxquelles sont confrontés les jeunes chanteurs, dans un contexte où la télévision, l’enregistrement de disques et la multiplication des nouveaux visages modifient profondément les conditions de la carrière artistique. Plusieurs estiment que la popularité des vedettes devient désormais plus éphémère qu’autrefois et insistent sur l’importance du travail et de la discipline pour espérer durer dans le métier [85].

« Aujourd’hui, on fabrique des vedettes un peu comme des produits de consommation. On les lance rapidement, mais elles disparaissent souvent aussi vite qu’elles sont apparues. »

Guy Lepage, agent d’artistes, Télé-radiomonde, 17 juin 1967 [85]

En 1969, on commence à parler de la fin des cabarets [18]. On peut dire que l’Expo 67 a profondément transformé le paysage du divertissement montréalais et contribué au déclin de ces établissements. Les artistes coûtent de plus en plus cher et peuvent désormais travailler à la télévision. Le déclin des cabarets ne s’explique toutefois pas seulement par la popularité de la télévision, mais également par d’autres facteurs. L’apparition des danseuses à go-go, la drogue et la violence qui en découle effraient une partie de la clientèle, qui cesse progressivement de fréquenter les cabarets [4].

« Il y a une question de mode, de vogue là-dedans, disait le chanteur, comédien et humoriste Jacques Desrosiers. Quelque chose marche pendant des années, puis soudain les goûts changent. On met ça sur le dos des artistes, on dit qu’ils chargent trop cher, qu’ils n’attirent plus les foules, mais on devrait plutôt mettre ça sur le dos de la mode. De la mode et de l’Expo 67. L’Expo a chassé les gens de Montréal vers les îles » [18].

À la fin des années 1960, le Café de l’Est demeure une salle active de la scène nocturne montréalaise. Un article publié dans Télé-Radiomonde en décembre 1967 rapporte notamment le succès du duo formé par les chanteurs Tony Roman et Nanette, qui se produisent devant une salle d’environ 400 spectateurs. Les artistes chantent accompagnés par un orchestre de dix musiciens, confirmant que l’établissement continue d’offrir une formule de cabaret traditionnelle mêlant chanson populaire et orchestre en direct [35].

À la fin des années 1960, le Café de l’Est continue d’expérimenter avec des formules de spectacle destinées à attirer une clientèle curieuse. À l’été 1969, l’établissement présente en exclusivité le groupe américain The Hummingbirds, décrit dans la presse comme le seul ensemble de chanteuses-musiciennes « topless » alors en tournée. Originaires de San Francisco, les quatre artistes offrent pendant près de deux semaines un spectacle mêlant musique populaire et mise en scène audacieuse. Le reportage souligne que la salle du cabaret de la rue Notre-Dame Est est remplie pour les trois représentations quotidiennes, signe de l’attrait suscité par cette formule inhabituelle. Selon la porte-parole du groupe, Mary, le topless ne vise pas la provocation mais constitue plutôt un moyen d’expression artistique. L’article mentionne également que le groupe, formé environ un an auparavant, parcourt alors les États-Unis et le Canada et interprète notamment des succès populaires de l’époque, dont des chansons des Beatles [30].

Durant les années 1960, l’impresario Dominique Mandanice aide aussi à lancer la carrière de plusieurs artistes québécois, dont César et les Romains, Les Gendarmes, Les Baronets et Michèle Richard [15][16][17].

9. 1970–1973 : nouvelles salles, concours amateurs et violence

À la fin des années 1960, plusieurs observateurs constatent que l’époque des grands cabarets montréalais touche progressivement à sa fin. Un article publié dans La Presse en avril 1970 évoque avec nostalgie le Montréal « d’avant Drapeau », période où la vie nocturne de la métropole était dominée par les clubs de music-hall et les grandes salles de cabaret. Des établissements comme l’El Morocco, l’Esquire Show Bar, le Faisan Doré, la Salle Normandie de l’hôtel Mont-Royal ou encore le Café St-Jacques avaient alors accueilli les grandes vedettes de la chanson et du spectacle populaire. Dans ce paysage en transformation, la Casa Loma et le Café de l’Est apparaissent comme les derniers témoins d’une époque où les cabarets constituaient l’un des principaux lieux de diffusion du music-hall francophone à Montréal. Situé dans l’est de la ville, le Café de l’Est demeure ainsi l’un des rares établissements encore actifs dans ce circuit qui, pendant plusieurs décennies, avait vu défiler les vedettes de la chanson et des variétés, dont le chanteur français Charles Trenet. Le reportage souligne toutefois que les transformations urbaines, l’évolution des goûts du public et la concurrence d’autres formes de divertissement contribuent désormais au déclin progressif de ce modèle de spectacle [77].

Au tournant de 1971, le Café de l’Est est contraint de modifier profondément sa programmation afin de s’adapter à la crise qui frappe alors le milieu des cabarets montréalais et à la baisse d’achalandage des boîtes de nuit traditionnelles. Après plus de vingt-cinq ans à présenter des vedettes de la chanson, le propriétaire Dominique Mandanice annonce que l’établissement cessera progressivement d’engager de « gros noms » pour adopter une formule davantage orientée vers la danse. Le cabaret doit ainsi miser sur une formule de danse continue animée par des orchestres populaires, dans laquelle deux groupes assurent en alternance un « tour de chant dansant », permettant au public de monter sur scène et de participer aux activités. L’article souligne que ce changement marque une transformation importante pour ce cabaret de la rue Notre-Dame Est, autrefois considéré comme un pilier du monde du spectacle montréalais, mais désormais obligé de s’adapter à l’évolution des goûts du public [20] [21].

Dans le même contexte de réorganisation, Mandanice apporte plusieurs modifications à l’établissement. Le Café de l’Est comprend alors trois salles distinctes : L’Intro, située au rez-de-chaussée et pouvant accueillir environ 125 personnes, un bar-cocktail lounge d’une capacité d’environ 67 personnes, et la grande salle de spectacle pouvant recevoir près de 245 spectateurs. C’est également à cette époque que les garçons de table sont remplacés par de jolies waitresses, tandis que la programmation s’oriente vers une formule plus proche de la discothèque [19] [20] [21].

Au début des années 1970, le Café de l’Est fait également partie des établissements visités par les inspecteurs municipaux dans le cadre d’une enquête journalistique sur les normes de sécurité des cabarets montréalais. Le reportage, publié dans La Presse en septembre 1972, confirme l’organisation intérieure du bâtiment et décrit ces trois espaces distincts dont la capacité totale atteint environ 437 places, ce qui correspond à la taille typique des cabarets montréalais de moyenne importance de l’époque.

Les photographies accompagnant l’article offrent également un rare aperçu de l’architecture intérieure de la grande salle. On y distingue un vaste espace rectangulaire doté d’une galerie surélevée reposant sur plusieurs colonnes, configuration caractéristique des anciennes salles de spectacle ou des théâtres transformés en cabarets au milieu du XXe siècle. Comme dans plusieurs établissements montréalais de l’après-guerre, le parterre est aménagé avec des tables et des chaises, permettant aux clients d’assister aux spectacles tout en consommant boissons et repas. Cette disposition reflète la formule classique du cabaret, très répandue à Montréal avant le déclin progressif de ce type d’établissement dans les années 1960 et 1970 [19].

Au début des années 1970, la principale attraction du Café de l’Est devient un spectacle que certains décrivent comme un « concours d’amateurs » et d’autres comme un véritable « freak show ». La formule est imaginée par l’animateur Pierre Stéphanne, ancien chanteur en quête de succès, qui parvient rapidement à se faire remarquer dans plusieurs boîtes de nuit montréalaises. Présentées notamment le mardi soir sous le titre Donnez-moi ma chance, ces soirées attirent une foule curieuse venue assister à une succession de numéros souvent insolites où se succèdent imitateurs d’Elvis Presley, chanteurs amateurs et performeurs atypiques. Parmi eux figure notamment la danseuse Rosa Rose, présentée comme une ancienne « bunny » du Club Playboy, qui apparaît maquillée en « félin sauvage » dans un numéro mêlant danse et performance. Selon le propriétaire Dominique Mandanice, le mardi était auparavant la pire soirée de la semaine, alors que les recettes finissent désormais par dépasser celles du samedi et que la salle affiche complet, obligeant parfois le personnel à refuser des clients à l’entrée. La clientèle évolue également : on y voit davantage de jeunes aux cheveux longs et de filles en maxi-manteaux, symbole d’une nouvelle génération qui impose ses goûts musicaux et son ambiance. Stéphanne explique lui-même que le succès du concept tient presque au hasard : lors d’une soirée, une erreur l’amène à inviter les candidats les plus maladroits d’un concours amateur, ce qui déclenche l’enthousiasme du public et donne naissance à une formule qui fera rapidement salle comble. Un article publié dans Télé-Radiomonde en juin 1971 confirme l’immense popularité de ces spectacles, décrivant une salle bruyante et souvent remplie à craquer lors de ces soirées du mardi, devenues l’une des principales attractions du cabaret à cette époque [22] [40].

« Avant que Pierre Stéphanne ne vienne présenter son concours Donnez-moi ma chance, le mardi était ma pire soirée de la semaine. Aujourd’hui, mes recettes du mardi soir dépassent celles du samedi soir. Notre clientèle a décuplé et nous devons parfois refuser des gens à l’entrée. »

— Dominique Mandanice, La Presse, 10 février 1972 [22]

Un reportage publié dans Montréal-Matin en novembre 1971 décrit l’ambiance particulière qui règne alors au Café de l’Est lors du concours d’amateurs présenté chaque mardi soir. Le journaliste évoque un véritable « underground » montréalais où se succèdent imitateurs d’Elvis Presley, chanteurs amateurs et performeurs extravagants comme Johnny the Guner ou Rosa Rose, « la rose tatouée ». L’événement, décrit tour à tour comme un concours amateur et un « freak show », attire une foule jeune et bruyante et suscite même la curiosité de personnalités du milieu artistique telles que Robert Charlebois, Mouffe et Guy Latraverse [26].

« Le concours d’amateurs du Café de l’Est ressemble parfois à une épreuve d’endurance digne des Jeux olympiques. La foule crie, applaudit ou hue, tandis que se succèdent sur scène imitateurs d’Elvis, chanteurs improbables et personnages extravagants. »

— François Piazza, Montréal-Matin, 14 novembre 1971 [26]

Un reportage publié dans Télé-radiomonde en octobre 1971 documente l’inauguration officielle de l’Intro-Bar Piano Bar, aménagé au-dessus du Café de l’Est. L’événement attire une foule de personnalités du milieu artistique montréalais, au point où la revue souligne que « le tout-Montréal artistique » s’y est donné rendez-vous. Parmi les vedettes présentes figurent notamment François Bernard, Johnny Farago, Georges Guétary, Tex Lecor, Renée Martel, Claude Blanchard, Huguette Rayno et Léo Rivet. La soirée comprend également des numéros humoristiques et musicaux, dont un sketch présenté par Gilles Latulippe, Léo Rivet et Claude Blanchard qui déclenche l’hilarité de la salle. La revue souligne que ce « super-spectacle » constitue l’un des plus importants rassemblements de vedettes jamais présentés dans un cabaret montréalais, confirmant la place centrale qu’occupe alors le Café de l’Est dans la vie nocturne et artistique de la ville au début des années 1970 [41].

Cette période demeure toutefois marquée par certains épisodes violents. En juin 1973, le chanteur Jean Nichol est battu sauvagement par quatre fiers-à-bras alors qu’il quittait le Café de l’Est. Les agresseurs lui assènent notamment des coups de cendrier au visage. La raison exacte de l’attaque demeure inconnue, mais il semblerait que l’incident ait été provoqué par l’intérêt manifesté par une jeune femme à l’égard du chanteur [23].

Au début des années 1970, Dominique Mandance, propriétaire du Café de l’Est, étend ses activités au-delà du milieu des cabarets. Un article publié dans Télé-radiomonde en décembre 1972 rapporte qu’il acquiert 50 % des actions de la maison de disques Ciné, contrôlée par la firme Brofilms Ltée. Déjà actif dans l’industrie du disque depuis la fondation de l’étiquette Citation en 1965, Mandance participe ainsi à la gestion d’artistes populaires de la scène québécoise tels que Jacques Boulanger, Dominique Michel et Michel Louvain [65].

Un article publié dans Montréal-Matin en juin 1973 décrit une transformation importante dans la vocation du Café de l’Est. Autrefois considéré comme un « temple des vedettes consacrées » du cabaret montréalais, l’établissement devient progressivement un lieu d’essai pour de nouveaux artistes. Le journaliste observe que le cabaret semble « en train de se transformer en laboratoire pour le petit monde du showbiz québécois », où chanteurs et humoristes viennent roder leurs numéros devant le public. Au moment du reportage, la scène accueille notamment la jeune chanteuse Pierre Broussard, surnommée « La Pagoda », qui présente un spectacle d’environ quarante-cinq minutes composé principalement de chansons américaines accompagnées d’un orchestre pop. L’ambiance décrite par le journaliste — bruit de verres, public nombreux et présence de personnalités du milieu artistique telles que Jean Beaulne, Jacques Lepage et Nicole Cloutier — illustre l’évolution du cabaret vers un espace de découverte et d’expérimentation artistique au début des années 1970 [43].

Dans une entrevue publiée en juin 1973, la chanteuse Michèle Richard revient notamment sur son récent passage dans la salle, où elle affirme avoir connu un succès considérable. Selon elle, les spectacles présentés au cabaret ont attiré une assistance exceptionnelle et « battu tous les records d’assistance », confirmant la popularité persistante de l’établissement dans l’est de Montréal. La chanteuse explique également que ce genre de prestations lui permet de tester de nouvelles chansons et de maintenir un contact direct avec le public, avant l’enregistrement de disques destinés au marché country et populaire. Cette déclaration illustre bien le rôle du Café de l’Est comme scène privilégiée pour les artistes québécois à une époque où les cabarets constituent encore un lieu central de la vie nocturne et du spectacle à Montréal [45].

« Anciennement le temple des vedettes consacrées, le Café de l’Est semble aujourd’hui se transformer en laboratoire pour le petit monde du showbiz québécois. » [43]

Une photographie du Café de l’Est prise en 1974 et publiée dans La Presse en août 2000 rappelle que ce cabaret de la rue Notre-Dame Est, encore actif au milieu des années 1970, avait servi de véritable rampe de lancement à plusieurs artistes québécois et constituait une scène importante du circuit des spectacles populaires à Montréal. L’image montre la façade de l’établissement surmontée d’une grande enseigne annonçant « Spectacles – bière – vins », ainsi qu’une enseigne perpendiculaire portant le nom du cabaret et signalant l’entrée principale accessible par un escalier central. La photographie illustre également le caractère relativement modeste du bâtiment, intégré à une rangée d’édifices du quartier, tout en confirmant la vocation de cabaret-spectacle du lieu dans les années 1970 [29].

10. 1980–1990 : Xanadu, bars ultérieurs

Pendant de nombreuses années, le Café de l’Est est l’un des cabarets les plus fréquentés de l’est de Montréal, à une époque où l’ère du music-hall et des grandes salles de variétés bat son plein. La salle de la rue Notre-Dame Est attire alors une clientèle fidèle venue assister aux spectacles de chanteurs, d’humoristes et d’orchestres qui font vibrer la vie nocturne montréalaise durant plusieurs décennies. Comme ailleurs dans la métropole, la popularité de ces établissements commence toutefois à décliner à partir des années 1960, notamment avec l’arrivée de la télévision, le développement de l’industrie du disque et l’évolution des goûts du public. Les grandes revues avec orchestre, maîtres de cérémonie et vedettes invitées — qui avaient fait la réputation de salles comme le Café de l’Est durant l’âge d’or des nuits montréalaises — correspondent de moins en moins aux habitudes d’une nouvelle génération.

Au tournant des années 1970, la montée de la culture disco transforme progressivement le paysage de la vie nocturne montréalaise. Les discothèques, la musique enregistrée et les disc-jockeys remplacent peu à peu les orchestres et les spectacles de variétés, fragilisant encore davantage le modèle traditionnel du cabaret. Dans ce contexte, le Café de l’Est tourne finalement une page importante de son histoire à l’automne 1980. Le 10 octobre 1980, l’établissement ferme ses portes sous son nom historique et rouvre sous une nouvelle identité, devenant le Xanadu Disco Club (1980-1990). Présentée comme une « super discothèque », la nouvelle salle propose désormais des soirées animées par le disc-jockey Alain Montpetit ainsi que des spectacles hebdomadaires le vendredi soir.

Cette transformation marque symboliquement le passage d’une époque à une autre. Pendant plus de trois décennies, le Café de l’Est avait fait vibrer l’est de Montréal au rythme des orchestres et des revues de cabaret. Avec l’ouverture du Xanadu, la scène où s’étaient succédé chanteurs, humoristes et musiciens laisse place à une piste de danse illuminée, intégrant le lieu à la culture des discothèques qui domine alors la vie nocturne montréalaise et marquant la fin définitive de l’époque du cabaret à cette adresse [2].

11. Bar L’Énergie et la fin du bâtiment

Après la fermeture du Café de l’Est, l’édifice du 4558 rue Notre-Dame Est connaît plusieurs transformations. Il devient successivement le Xanadu Disco Club (1980-1990), le Turbo Disco Club (1990-1992) La Panthère de Nuit (1992-1993), puis le bar L’Énergie (1994-1998), établissements associés à des sympathisants des Rockers, affiliés aux Hells Angels [4][24][96].

Dans les années 1990, l’ancien bâtiment du Café de l’Est, alors exploité sous le nom de bar L’Énergie, devient associé au milieu des motards et se retrouve impliqué dans le contexte de la guerre des motards qui secoue Montréal. En mars 1995, une bombe artisanale composée de plusieurs kilos de dynamite explose devant l’entrée du bar situé au 4558 rue Notre-Dame Est, projetant des débris sur plus de cinquante mètres et endommageant les bâtiments et véhicules du voisinage. L’établissement est alors décrit par la presse comme un lieu fréquenté par des sympathisants des Hells Angels, dans le cadre des affrontements violents opposant ce groupe au clan rival des Rock Machine [73].

Quelques années plus tard, en mars 1997, une importante descente menée par environ 120 policiers de la Communauté urbaine de Montréal vise l’établissement. L’opération entraîne l’arrestation de 17 personnes et la saisie de stupéfiants ainsi que d’une arme à feu. Le bar est alors décrit comme un lieu fréquenté par des sympathisants du groupe des Rockers, affilié aux Hells Angels [71]. À la suite de ces événements et d’une série d’attentats à la bombe visant l’établissement, la Régie des alcools, des courses et des jeux révoque le permis d’alcool du bar, invoquant des préoccupations liées à la sécurité du public [72].

Un état de renseignements du Registraire des entreprises du Québec confirme qu’au milieu des années 1990, l’ancien site du Café de l’Est est exploité sous diverses raisons sociales liées à 9042-2841 QUÉBEC INC., dont Bar L’Énergie, Club L’Énergie et Planète Énergie. Le dossier, associé à l’adresse du 4550, rue Notre-Dame Est, montre que ces noms sont officiellement déclarés en 1997, avant que la société ne soit radiée d’office en 1999 [84].

Le dernier chapitre de l’histoire du bâtiment se termine de façon spectaculaire à la fin du XXe siècle. Dans la nuit du 8 décembre 1998, un incendie criminel ravage complètement l’immeuble du 4558 rue Notre-Dame Est, alors occupé par le bar L’Énergie. Déjà fragilisé par plusieurs attentats à l’explosif au cours des années précédentes, le bâtiment est réduit en ruines en quelques heures et les autorités municipales ordonnent rapidement la démolition des derniers vestiges de la structure [70].

Un article publié dans La Presse à la suite de l’incendie rappelle l’importance historique de ce cabaret dans la vie nocturne montréalaise. Pendant plusieurs décennies, la salle de la rue Notre-Dame Est pouvait accueillir près de 600 spectateurs et constituait l’une des principales scènes du circuit des cabarets et de la chanson populaire, où se produisirent de nombreux artistes, dont le chanteur français Charles Trenet. À une époque où les grandes salles de spectacle étaient encore rares à Montréal, le Café de l’Est représentait un lieu privilégié pour la chanson et les variétés francophones. L’incendie de 1998 mit ainsi un terme définitif à l’existence physique d’un établissement qui avait marqué pendant plusieurs décennies la vie culturelle et nocturne de l’est de Montréal [4].

Comme le rappelle l’historien Philippe Laframboise, la disparition du bâtiment illustre aussi la fragilité de la mémoire des lieux de divertissement montréalais. « Le Québec n’a pas l’âme conservatrice », observe-t-il en évoquant la disparition du Café de l’Est, autrefois l’une des plus grandes et spacieuses boîtes de nuit de la métropole.

12. Conclusion

Pendant plus de trois décennies, le Café de l’Est a occupé une place singulière dans la vie nocturne montréalaise. Situé à l’écart du centre-ville et des grands cabarets de la rue Sainte-Catherine, l’établissement de la rue Notre-Dame Est est parvenu à attirer une clientèle fidèle ainsi que plusieurs vedettes de la scène québécoise et internationale. Dans un quartier en pleine transformation, il a servi tour à tour de cabaret populaire, de salle de variétés et de lieu de rassemblement pour les amateurs de musique, de danse et de spectacle.

Au fil des années, sa scène a accueilli des chanteurs, humoristes, orchestres et artistes venus d’horizons très différents, contribuant à faire du lieu un véritable carrefour culturel dans l’est de Montréal. Bien avant l’apparition des grandes salles institutionnelles, des générations d’artistes ont pu y rencontrer leur public, dans une atmosphère à la fois festive et intimiste qui caractérisait les grands cabarets de l’après-guerre.

Si le bâtiment a aujourd’hui disparu, emporté par les transformations urbaines et le passage du temps, le souvenir du Café de l’Est demeure bien vivant dans les archives, les photographies et les témoignages de ceux qui ont fréquenté cette salle légendaire. Comme plusieurs établissements qui ont façonné la vie nocturne de Montréal au XXe siècle, il incarne une époque où la ville vibrait au rythme des orchestres, des revues et des spectacles de cabaret.

À travers les décennies, le Café de l’Est a ainsi laissé une empreinte durable dans l’histoire culturelle de la métropole. Pour toute une génération de Montréalais, son nom évoque encore aujourd’hui les lumières de la scène, le murmure des conversations autour des tables et l’effervescence d’un cabaret où, le temps d’une soirée, la musique et le spectacle se mêlaient pour créer un moment unique dans la mémoire de la ville [31].

Notes & sources

  1. LE PETIT JOURNAL, 28 décembre 1941.
    « Le Café de l’Est sous une nouvelle administration ».
    Brève annonçant que le Café de l’Est est récemment passé sous une nouvelle administration et que M. A. Trudeau a été nommé gérant de cet établissement décrit comme l’un des endroits « les plus chics » de cette partie de Montréal. L’article souligne que les visiteurs apprécieront la courtoisie et la qualité du service attendues d’une bonne administration et mentionne également que le réveillon de la veille du Jour de l’An promet d’être mémorable pour les habitués du café.
  2. TÉLÉ-RADIOMONDE, 26 octobre 1980.
    Article annonçant la transformation de l’ancien cabaret Café de l’Est en discothèque Xanadu. Le texte rappelle que l’établissement avait présenté pendant de nombreuses années les grandes vedettes de la scène québécoise, avant que la popularité des cabarets ne décline avec l’arrivée de la mode disco. Le club, situé au 4559 rue Notre-Dame Est, ouvre officiellement le 10 octobre 1980 sous sa nouvelle identité.
  3. THE GAZETTE, 29 janvier 1949, p. 21.
    « Cafe de l’Est ». Court article décrivant le Café de l’Est comme l’un des principaux lieux de divertissement nocturne du « French Quarter » montréalais. Le texte souligne la politique de l’établissement consistant à présenter de grandes vedettes françaises, dont le chanteur Charles Trenet, alors à l’affiche. L’article mentionne également la présence de l’orchestre Eddie Sanborn and his Black Cat Orchestra, qui assure la musique pour les spectacles et la danse, et décrit le cabaret comme l’un des plus vastes et élaborés du quartier, réputé pour la qualité de son service, de sa cuisine et de ses boissons.
  4. LA PRESSE, 12 décembre 1998.
    Jean Beaunoyer, « Il ne reste plus que des souvenirs du Café de l’Est ».
    Article publié à la suite de l’incendie qui détruit l’édifice du Café de l’Est sur la rue Notre-Dame Est. Le texte retrace l’importance historique de ce cabaret montréalais, qui fut pendant plusieurs décennies l’une des grandes scènes de la chanson populaire et du spectacle au Québec. L’article rappelle notamment que la salle, pouvant accueillir environ 600 spectateurs, a présenté de nombreux artistes de renom, dont Charles Trenet, et qu’elle a longtemps constitué l’une des principales boîtes de nuit de la ville. On y souligne également qu’avant de disparaître, le lieu avait été transformé en discothèque sous le nom de L’Énergie, marquant la fin de l’époque des grands cabarets montréalais.
  5. André-Gilles Bourassa et Jean-Marc Larrue, Les nuits de la Main : Cent ans de spectacles sur le boulevard Saint-Laurent (1891-1991), Montréal, VLB éditeur, 1993, p. 124.
    Ouvrage de référence consacré à l’histoire des spectacles et de la vie nocturne montréalaise. Les auteurs y décrivent le rôle des cabarets, cafés et salles de divertissement dans le développement du milieu du spectacle à Montréal au XXe siècle, offrant un contexte historique utile pour comprendre l’importance du Café de l’Est et d’autres établissements similaires dans la culture nocturne de la métropole.
  6. LA PRESSE, 19 janvier 1980, cahier B, « Arts et spectacles », p. B1.
    Pierre Beaulieu, « La belle époque des nuits de Montréal ».
    Article retraçant l’histoire des cabarets et de la vie nocturne montréalaise durant les années 1940, 1950 et 1960. Le texte évoque notamment le Café de l’Est, décrit comme l’une des premières boîtes célèbres du côté francophone de la ville, à une époque où plusieurs grands cabarets étaient concentrés dans l’ouest de Montréal. L’article rappelle également la présence de nombreuses vedettes internationales et québécoises dans les cabarets de la métropole pendant l’âge d’or du music-hall montréalais.
  7. LE PETIT JOURNAL, 22 août 1948.
    « Paul Létang a passé 38 années de sa vie dans les clubs de nuit ».
    Article consacré à la carrière du gérant de cabaret Paul Létang, alors associé au Café de l’Est, rue Notre-Dame Est à Montréal. Le texte retrace son parcours dans l’industrie des clubs de nuit depuis le début du XXe siècle, notamment au Versailles, au Club des Millionnaires et dans plusieurs cabarets de Montréal, Paris et Hollywood. L’article souligne que, sous la direction de Létang, le Café de l’Est a présenté plusieurs spectacles importants depuis les années 1940, dont celui du chanteur Jean Lumière en septembre 1946, qui attira une foule nombreuse et de nombreuses personnalités du milieu artistique et diplomatique.
  8. MONTRÉAL-MATIN, 24 mai 1949,
    « Ça et là ».
    Brève mentionnant le personnel du Café de l’Est à Montréal. L’article cite notamment plusieurs membres de l’équipe de l’établissement : Fernand Daoust, Yvon Sénéchal, Johnny Petrelli et Albert Chasseur comme garçons de table, Young Marquette comme chef des garçons de table, ainsi que Roger Pépin et Elphège Guay au service du bar. La brève indique également que Hector Pellerin, pianiste et maître de cérémonies, a récemment refusé plusieurs offres afin de prendre un repos temporaire.
  9. LA PATRIE, 10 janvier 1949.
    Article rapportant un important vol commis au Café de l’Est, situé au 4558 rue Notre-Dame Est. Des perceurs de coffres-forts s’introduisent dans l’établissement tôt le matin après la fermeture, maîtrisent et ligotent le gardien de nuit, puis emportent le coffre-fort du cabaret contenant environ 10 000 $. Le texte précise que le gérant Paul Letang et le propriétaire Léo L’Archevêque avaient quitté les lieux vers cinq heures du matin. Le coffre-fort, pesant environ 1 400 livres, contenait notamment les recettes de plusieurs jours ainsi que la paie des employés et celle du chanteur français Charles Trenet, alors en vedette au Café de l’Est.
  10. MONTRÉAL-MATIN, 19 décembre 1950, p. 10.
    Annonce présentant les nouveaux propriétaires du Café de l’Est, Jean-Paul Beaudry et Roger Parenteau, qui souhaitent faire de l’établissement l’un des cabarets les plus populaires de Montréal. L’article mentionne notamment la présence à l’affiche des sœurs King, vedettes du chant et de la danse, de Billie Cutler, ainsi que du maître de cérémonies Denis Drouin. Les soirées dansantes sont animées par Eddie Sanborn et son orchestre. Le texte précise également qu’il n’y a ni frais d’admission ni minimum de consommation et annonce l’organisation d’un concours hebdomadaire visant à couronner une « Reine de Montréal ».
  11. MONTRÉAL-MATIN, 5 décembre 1949.
    Don D’Amico, « Du soir au matin ».
    Chronique consacrée à la vie nocturne montréalaise mentionnant qu’un spectacle entièrement féminin est présenté au Café de l’Est, situé au 4558 rue Notre-Dame Est. Le programme comprend notamment les artistes Sally Lee (violoniste), Louise Lindon (danseuse acrobatique) et Sally Lee, accompagnées par l’orchestre dirigé par Jules Lebel. L’article souligne que le cabaret, exploité par William Savard et Jos Beaudry, est devenu l’un des établissements populaires de la ville grâce aux transformations apportées à sa programmation.
  12. LA PRESSE, 13 décembre 1984.
    Article intitulé « Jos Beaudry est le “tavernier du siècle” » publié dans La Presse. Le texte retrace la carrière de Jos Beaudry, important exploitant de tavernes et de clubs de nuit montréalais, qui affirme avoir possédé ou exploité jusqu’à 30 établissements au cours de sa carrière et avoir déjà géré simultanément 22 débits de boisson. Parmi les lieux associés à ses activités figurent notamment le Montmartre, le Café de l’Est, le Havana et le Pigalle. L’article mentionne également qu’il a été nommé « tavernier du siècle » par l’Association des propriétaires de tavernes et brasseries du Québec.
  13. LE PETIT JOURNAL, 3 janvier 1954.
    « Si vous êtes no tambue… Montréal continue d’être l’une des capitales du “Show Business” en Amérique », par Roland Côté.
    Article affirmant que Montréal demeure, au début des années 1950, l’une des principales villes nord-américaines du spectacle et du cabaret, se classant derrière New York et Las Vegas. Le texte mentionne plusieurs salles montréalaises importantes de la période, dont Chez Parée, le Casino Bellevue, le Continental, le St-Germain-des-Prés, le Sans-Souci et le Ritz Café, illustrant l’ampleur de la vie nocturne montréalaise au début des années 1950.
  14. LE DEVOIR, 20 mai 1955.
    « Propriétaires de clubs de nuit chez M. Drapeau », par Louis Robillard.
    Article relatant une rencontre entre des représentants de clubs de nuit montréalais et le maire Jean Drapeau. Les exploitants d’établissements tels que le Café de l’Est, le Rigoletto, le Café de Paris, le Figaro, le Can-Can, le Chevalier, le Palmarès, le Rainbow et le Casino Français discutent avec le maire des règlements municipaux concernant les heures d’ouverture et l’exploitation des clubs de nuit à Montréal.
  15. TÉLÉ-RADIOMONDE, 17 juin 1967.
    « Robert Demontigny, Jacques Desrosiers et Joël Denis poursuivis en justice ».
    Article relatant une poursuite intentée par l’impresario Gilles Talbot contre les artistes Robert Demontigny et Jacques Desrosiers pour bris de contrat. Le texte précise que les deux artistes avaient quitté leur engagement afin de signer un nouveau contrat avec Dominique Mandanici, alors gérant du Café de l’Est, qui venait de lancer le groupe César et les Romains ainsi que les Beatlettes.
  16. MONTRÉAL-MATIN, 5 mai 1973.
    « Gary Ball fatigué mentalement et “émotionnellement” », par François Bérubé.
    Compte rendu d’une audience de la Commission d’enquête sur le crime organisé au Québec. L’article rapporte que Gary Ball, appelé à témoigner, refuse temporairement de poursuivre son témoignage en invoquant son état de fatigue mentale et émotionnelle. Le texte évoque notamment l’exploitation du cabaret Dream Lounge, qui aurait été acquis par le lutteur Yvon Robert, et mentionne les témoignages liés à l’administration et aux propriétaires associés à cet établissement dans le contexte de l’enquête sur les activités du milieu des cabarets montréalais et leurs liens possibles avec le crime organisé.
  17. PHOTO-JOURNAL, 28 janvier 1973.
    « Michel Pascal a soulevé l’enthousiasme ».
    Article relatant le lancement, à l’Intro-Bar du Café de l’Est, du nouveau disque 45-tours « Parce que… » du chanteur Michel Pascal, ainsi que la première montréalaise de son spectacle accompagné de six musiciens. L’événement se déroule en présence de plusieurs personnalités du milieu artistique, dont Julie Arel, Mariette Lévesque et Mimi Hétu. Le texte mentionne également Dominique Mandanici, propriétaire du Café de l’Est, qui souligne l’enthousiasme du public et du milieu artistique pour la prestation du chanteur.
  18. LA PRESSE, 17 avril 1969, cahier Spec.
    « Pour faire peur à un patron de cabaret dites: “3416”! », par Yves Leclerc.
    Article consacré au règlement municipal surnommé « 3416 », utilisé par les autorités montréalaises pour exercer des pressions sur les propriétaires de cabarets et de clubs de nuit. Le texte explique que ce règlement permet notamment à la Ville de suspendre ou de retirer le permis d’exploitation d’un établissement lorsque certaines infractions sont constatées. L’article évoque également les descentes de police et les diverses formes de surveillance administrative auxquelles sont soumis les cabarets montréalais durant les années 1960, illustrant le climat de réglementation et de contrôle entourant l’industrie de la vie nocturne à Montréal.
  19. LA PRESSE, 15 septembre 1972.
    Ingrid Saumart, « Les cabarets répondent aux normes mais la sécurité en est-elle garantie pour autant? ».
    Reportage consacré aux normes de sécurité dans les cabarets montréalais après l’incendie du Blue Bird. Lors de la visite du Café de l’Est, les inspecteurs décrivent l’organisation intérieure de l’établissement, qui comprend alors trois salles : L’Intro, située au rez-de-chaussée et pouvant accueillir environ 125 personnes, un cocktail lounge d’une capacité d’environ 67 personnes, ainsi que la grande salle de spectacles pouvant recevoir environ 245 spectateurs. L’article souligne également que l’établissement possède plusieurs sorties de secours conformes aux règlements municipaux de l’époque.
  20. FINIS LES « GROS » NOMS DE LA CHANSON.
    Article de presse montréalais, 1971.
    Reportage annonçant le changement de politique du Café de l’Est. Le propriétaire Dominique Mandanice explique que, face à la crise qui touche les cabarets, l’établissement abandonne la présentation de vedettes de la chanson pour adopter une formule axée sur la danse continue avec orchestres. L’article souligne que ce cabaret de la rue Notre-Dame Est, longtemps considéré comme un pilier du monde du spectacle montréalais, doit ainsi adapter sa programmation afin d’assurer sa survie. Des personnalités comme Michel Pagliaro, Karo, Dany Aubé et Claude Poirier sont également mentionnées parmi celles venues encourager Mandanice lors de ce changement de formule.
  21. TÉLÉ-RADIOMONDE, 2 janvier 1971.
    « Le Café de l’Est ne présentera plus de “gros” noms de la chanson ».
    Article annonçant un changement de programmation au célèbre cabaret montréalais. Le propriétaire, M. Mandanice, explique qu’en raison de la baisse d’achalandage dans les cabarets, l’établissement cessera d’engager des vedettes de la chanson pour adopter une formule plus proche d’une discothèque, avec orchestres et danse pour le public.
  22. LA PRESSE, 10 février 1972, cahier Spec.
    « Spec by night – Bienheureux les pauvres d’esprit? », par Pierre Vincent.
    Article consacré aux spectacles et concours d’amateurs présentés au Café de l’Est le mardi soir. Le texte décrit le concours « Donnez-moi ma chance », animé par Pierre Stéphanne, qui attire un public nombreux et permet à des artistes amateurs de se produire sur scène. Le propriétaire de l’établissement, Dominique Mandanici, explique que ces soirées sont devenues l’une des principales attractions du cabaret, attirant une clientèle plus jeune et permettant de remplir la salle chaque semaine.
  23. TÉLÉ-RADIOMONDE, 16 juin 1973.
    « Jean Nichol battu par 4 hommes ».
    Brève relatant une altercation survenue à la sortie du Café de l’Est, où le chanteur québécois Jean Nichol aurait été agressé par quatre individus. Selon l’article, l’artiste aurait subi plusieurs contusions au visage, notamment après avoir reçu des coups d’un cendrier. Les circonstances exactes de l’incident demeurent inconnues, mais la publication évoque la possibilité qu’une dispute liée à l’attention d’une admiratrice ait déclenché l’altercation.
  24. LE DEVOIR, 19 mars 1997, cahier A.
    « Les motards remettent ça ».
    Brève de presse rapportant la reprise des violences liées aux bandes de motards au Québec. L’article indique qu’une bombe de forte puissance a été désamorcée par la police devant la discothèque L’Énergie, dans l’est de Montréal, établissement associé aux Rockers, groupe considéré comme sympathisant des Hells Angels. L’intervention policière entraîne l’évacuation de résidents du secteur. La même nuit, l’explosion d’une voiture endommage également un garage spécialisé dans la réparation de motos, lui aussi associé aux Rockers.
  25. L’ENCYCLOPÉDIE CANADIENNE, « Ginette Reno », consulté en ligne.
    Notice biographique consacrée à la chanteuse et comédienne québécoise Ginette Reno (née Ginette Raynault), figure majeure de la chanson québécoise née à Montréal le 28 avril 1946. L’article retrace sa carrière débutée très jeune dans les cabarets montréalais au début des années 1960, après avoir remporté le concours Les Découvertes de Jean Simon, ce qui lui ouvre les portes de plusieurs établissements de la métropole, dont le Café de l’Est. Reno devient par la suite l’une des interprètes les plus populaires du Québec, avec une carrière marquée par de nombreux albums à succès, des tournées internationales et plusieurs distinctions artistiques [lien].
  26. MONTRÉAL-MATIN, 14 novembre 1971, p. 10-11.
    François Piazza, « Se lève à l’est » et Denis Tremblay, « Au bout de tout : L’underground ». Reportage publié dans la section « Dimanche-Vedettes » décrivant l’ambiance des concours d’amateurs présentés au Café de l’Est au début des années 1970. Les articles racontent une soirée typique du mardi soir marquée par des numéros excentriques et une atmosphère « underground », avec la participation d’artistes amateurs tels que Johnny the Guner, Rosa Rose (« la rose tatouée ») et Gaétan Richard (« monsieur Twist »). Le reportage mentionne également la présence de plusieurs figures du milieu artistique montréalais parmi les spectateurs, dont Robert Charlebois, Mouffe, Guy Latraverse et Seda Aznavour. Photos : Francyne Laurin.
  27. QUEBEC OFFICIAL GAZETTE, 1 août 1942, vol. 74, no 31, p. 2305.
    Avis officiel annonçant le changement de nom de la compagnie « Café de l’Est Limitée », incorporée le 27 novembre 1941, pour « Le Café Yvon Robert Ltée Ltd. ». Document daté du 9 juillet 1942 au bureau du procureur général du Québec et signé par P. Frenette, assistant-procureur général.
  28. THE GAZETTE, 2 août 1947.
    « Café de l’Est ». Court article décrivant la programmation du cabaret situé à l’angle de Notre-Dame Est et Bennett. Le texte mentionne le maître de cérémonie Armand Marion, l’orchestre d’Eddie Sanborne, la présence du Oasis Lounge animé par Virginia Fair ainsi qu’un grand stationnement pour la clientèle.
  29. LA PRESSE, André Cédilot, 19 août 2000.
    « Les artistes et le monde criminel ». Article illustré publié dans la section Plus. La légende d’une photographie du Café de l’Est prise en 1974 mentionne que l’établissement a servi de rampe de lancement à plusieurs artistes québécois.
  30. TÉLÉ-RADIOMONDE, 30 août 1969.
    « Le seul groupe de chanteuses-musiciennes “topless” de passage à Montréal ».
    Article annonçant la présentation au Café de l’Est du groupe américain The Hummingbirds, un ensemble féminin venu de San Francisco composé de quatre chanteuses-musiciennes. Le reportage explique que leur spectacle, présenté pendant environ deux semaines au cabaret de la rue Notre-Dame Est, attire une foule nombreuse et remplit la salle pour les trois représentations quotidiennes. Selon la porte-parole Mary, le topless n’est pas destiné à provoquer mais constitue plutôt une forme d’expression artistique. L’article mentionne également que le groupe, formé environ un an plus tôt, effectue alors une tournée à travers les États-Unis et le Canada et interprète notamment des succès populaires, dont des chansons des Beatles.
  31. LA PRESSE, 18 juin 1984.
    Raymond Bernatchez, « La belle époque… avant la télévision ».
    Article consacré à l’âge d’or des cabarets montréalais et à leur déclin progressif avec l’arrivée de la télévision. Le texte rappelle que plusieurs artistes québécois ont fait leurs débuts dans ces établissements, notamment la chanteuse Renée Claude, qui se produisit au Café de l’Est. L’article mentionne également que l’établissement, situé sur la rue Sainte-Catherine, exploitait aussi le cabaret Casa Loma, illustrant le rôle du Café de l’Est dans le réseau des salles de spectacle populaires de Montréal au milieu du XXe siècle.
  32. THE GAZETTE, 22 mai 1948.
    « Dancing on Sundays in Night Clubs Legal ».
    Article rapportant une décision judiciaire confirmant que la danse dans les night clubs montréalais le dimanche ne constitue pas une violation du Lord’s Day Act. Le jugement entraîne le retrait de poursuites intentées contre plusieurs établissements de la ville, dont le Café de l’Est de la rue Notre-Dame Est, illustrant les débats entourant les activités de divertissement dans les clubs de nuit à la fin des années 1940.
  33. MONTRÉAL-MATIN, 21 septembre 1949.
    Don D’Amico, « Du soir au matin ».
    Chronique consacrée à la vie nocturne montréalaise mentionnant que le Café de l’Est, situé au 4558 rue Notre-Dame Est, vient d’engager l’animateur et artiste de cabaret Jacques Normand. Cette référence confirme que l’établissement présente déjà des spectacles et participe au circuit des cabarets et clubs de nuit de Montréal à la fin des années 1940.
  34. MONTRÉAL-MATIN, 16 août 1949.
    Don D’Amico, « Vedettes et Cabarets ».
    La chronique annonce la présence du chanteur français Charles Trenet au Café de l’Est, 4558 rue Notre-Dame Est, pour une série de spectacles du 17 au 25 août 1949. L’article souligne l’importance de l’artiste, déjà célèbre sur la scène internationale, et indique que sa venue constitue un événement marquant dans la programmation du cabaret montréalais à la fin des années 1940.
  35. TÉLÉ-RADIOMONDE, 9 décembre 1967.
    « Tony Roman et Nanette triomphent au Café de l’Est ».
    Article relatant le succès du duo de chanteurs Tony Roman et Nanette lors d’un spectacle présenté au Café de l’Est devant environ 400 spectateurs. Les artistes y chantent accompagnés d’un orchestre d’une dizaine de musiciens avant leur départ pour les États-Unis où ils doivent participer au Pat Boone Show diffusé sur le réseau NBC.
  36. LE MONDE OUVRIER, 17 octobre 1942.
    Publicité annonçant l’établissement Café Yvon Robert Ltée, situé au 4558 rue Notre-Dame Est à Montréal. L’annonce présente l’endroit comme « le plus chic café dans l’Est » et mentionne une offre comprenant repas, bière, vins, liqueurs et danse. Cette publicité constitue un témoignage précoce de l’exploitation d’un café-cabaret à cette adresse avant l’apparition du Café de l’Est.
  37. LE CANADA, 7 août 1934.
    Annonce mentionnant l’établissement Club de l’Est Inc., situé au 4558 rue Notre-Dame Est à Montréal. L’annonce indique que le club est administré par J. Henri Lappe, gérant, et Jos. Tremblay, secrétaire. Cette référence constitue l’un des premiers témoignages connus d’un établissement de divertissement exploité à cette adresse avant l’apparition du Café de l’Est.
  38. LE PETIT JOURNAL, 18 juillet 1971, section Sports.
    Charles Mayer, « Le Canada tout entier vient de perdre l’un de ses plus grands athlètes ».
    Article retraçant la carrière du lutteur québécois Yvon Robert, considéré comme l’une des grandes figures de la lutte professionnelle canadienne au XXe siècle et plusieurs fois champion mondial des poids lourds.
  39. ARCHIVES NATIONALES À MONTRÉAL — Fonds La Presse, photographie de Jean-Yves Létourneau, 8 octobre 1974.
    Photographie montrant la façade du Café de l’Est sur la rue Notre-Dame Est dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve. Le cliché fait partie d’un dossier photographique consacré au quartier et à diverses activités sociales et politiques de l’époque.
  40. Notice archivistique : P833,S5,D1974-0420, Fonds La Presse, Archives nationales à Montréal.
    Consultable en ligne : collections.banq.qc.ca/ark:/52327/4759628 .
  41. TÉLÉ-RADIOMONDE, 26 juin 1971, p. 27.
    Article intitulé « Un spectacle "incroyable mais vrai" au Café de l’Est chaque mardi ». Le reportage décrit les populaires concours d’amateurs organisés au Café de l’Est, présentés comme l’une des activités les plus animées du cabaret au début des années 1970. Les soirées attirent une foule nombreuse et mettent en scène une grande variété de participants : imitateurs d’Elvis Presley, chanteurs, humoristes et artistes de variétés. L’article mentionne notamment l’organisateur Pierre Stéphane et souligne que la salle est souvent remplie à craquer lors de ces concours hebdomadaires, témoignant de la vitalité persistante du cabaret à cette époque.
  42. TÉLÉ-RADIOMONDE, 9 octobre 1971.
    Reportage photographique consacré à l’inauguration de l’Intro-Bar Piano Bar, situé au-dessus du Café de l’Est. L’article souligne que « le tout-Montréal artistique » se donne rendez-vous pour l’ouverture de ce nouvel espace de spectacle. Parmi les personnalités présentes figurent notamment François Bernard, Johnny Farago, Georges Guétary, Tex Lecor, Renée Martel, Claude Blanchard, Huguette Rayno et Léo Rivet. La soirée comprend également des prestations humoristiques et musicales, dont un sketch présenté par Gilles Latulippe, Léo Rivet et Claude Blanchard, qui déclenche l’hilarité de la salle. Le reportage insiste sur l’importance de cet événement mondain et artistique, présenté comme l’un des rassemblements de vedettes les plus remarqués dans un cabaret montréalais au début des années 1970.
  43. LA PATRIE, 29 août 1950.
    Article annonçant l’élection de Jeannine Laferrière au titre de « Mlle Café de l’Est ». Le concours, tenu dans la salle du Café de l’Est, récompense la jeune chanteuse pour ses interprétations des chansons Granada et Je t’ai donné mon cœur. Le jury comprend notamment Maurice Gauvin de Radio-Canada, Léon Lachance de CKVL, André Manseau de United Distillers et le photographe Jos. Bélisle, associé au Bellevue Casino et aux Folies Bergère. La gagnante reçoit un prix de 100 $, un engagement de deux semaines au Café de l’Est ainsi qu’une audition à la télévision et à CKVL. L’article souligne également que l’assistance est si nombreuse que plusieurs personnes ne peuvent trouver de place dans la salle lors de la soirée finale.
  44. MONTRÉAL-MATIN, 17 juin 1973, cahier 2.
    Article de Roch Poisson consacré à la chanteuse Pierre Broussard, surnommée « La Pagoda », qui présente un spectacle au Café de l’Est. Le reportage décrit l’établissement comme un lieu accueillant régulièrement de nouvelles vedettes et mentionne un spectacle d’environ quarante-cinq minutes composé principalement de chansons américaines, accompagné d’un orchestre pop. L’article souligne également la présence de plusieurs personnalités du milieu artistique montréalais venues assister au spectacle, confirmant que le cabaret demeure un lieu actif de la vie nocturne montréalaise au début des années 1970.
  45. LA PATRIE, 15 novembre 1948.
    Article annonçant la venue de l’ensemble français Les Compagnons de la Chanson au Café de l’Est, décrit dans la presse comme le « Centre français » des cabarets montréalais. Le texte souligne la politique de la direction visant à présenter à sa clientèle les grandes vedettes de France, mentionnant notamment les passages de Lys Gauty, Armand Mestral et Adrien Adrius. La présence du groupe, composé de neuf chanteurs, est présentée comme un événement exceptionnel dans le milieu des clubs de nuit à Montréal.
  46. TÉLÉ-RADIOMONDE, 16 juin 1973.
    Article portant sur la chanteuse québécoise Michèle Richard et ses fiançailles avec le mannequin sud-américain Alfredo Bencomo. Dans l’entrevue, la chanteuse évoque également sa carrière et mentionne son récent passage au Café de l’Est, où ses spectacles auraient attiré une assistance exceptionnelle. Elle affirme que les représentations présentées dans la salle ont « battu tous les records d’assistance », confirmant la popularité du cabaret montréalais au début des années 1970. L’article souligne par ailleurs que l’artiste continue de s’y produire devant un public nombreux alors qu’elle prépare de nouveaux enregistrements destinés notamment au marché country et populaire.
  47. GAZETTE OFFICIELLE DU QUÉBEC, 10 avril 1937.
    Avis de constitution de la corporation Club Social Démocrate, fondée le 24 mars 1937 à Montréal par Alex Jodoin, marchand, Wellie Mondou, gérant, et Denis Jodoin, commis. La compagnie est créée afin d’exploiter un club social comprenant notamment salles à manger, salles de divertissement et autres installations destinées aux membres et à leurs invités. Cette organisation constitue l’un des établissements connus ayant précédé l’ouverture du Café de l’Est à cette adresse.
  48. THE GAZETTE, 21 juin 1939, p. 11.
    Article rapportant que Alex Jodoin, exploitant du Club Social Démocrate situé au 4558 rue Notre-Dame Est, est condamné à une amende de 25 dollars et aux frais de cour pour avoir enfreint certaines dispositions des règlements de la Commission des liqueurs du Québec concernant la vente d’alcool dans les clubs privés.
  49. THE MONTREAL STAR, 17 mars 1932, p. 21; 18 octobre 1934, p. 32.
    Articles mentionnant des réunions du Liberal Club of Maisonneuve and Rosemont tenues au 4558 rue Notre-Dame Est, à Montréal.
  50. THE GAZETTE, 23 juin 1936, p. 11.
    Article rapportant la présentation de la charte de la branche Maisonneuve de la Canadian Legion lors d’un dîner tenu au Club de l’Est, 4558 rue Notre-Dame Est, devant environ 150 invités.
  51. THE MONTREAL STAR, 30 novembre 1937, p. 3; 12 juin 1937, p. 33.
    Mentions du Social Democratic Club situé au 4558 rue Notre-Dame Est, où se tiennent différentes réunions et activités associatives dans la seconde moitié des années 1930.
  52. LE PETIT JOURNAL, 6 octobre 1946.
    Publicité annonçant la « Grande ouverture d’automne » du Café de l’Est rénové, décrit comme « un chic cabaret de l’Est », ainsi que l’ouverture du bar L’Oasis, présenté comme « le plus beau bar à Montréal ». L’annonce mentionne notamment la participation de Paul Cadieux, ténor franco-américain, de l’acrobate Cay Baird, des Noades Sisters, danseuses, et de Guy Robert, maître de cérémonies, avec deux représentations par soir accompagnées par F. Bordeleau et ses “Eastern Gentlemen”. La publicité indique également que l’établissement est exploité par Léo L’Archevêque, propriétaire, et situé rue Notre-Dame Est, coin Bennett, à Montréal.
  53. THE GAZETTE, 20 décembre 1947, p. 21.
    Article du « Tourists Cabaret Guide » décrivant le Café de l’Est comme l’un des établissements les plus spacieux du genre à Montréal. Le texte souligne la présentation régulière de spectacles de plancher, la qualité du service, la musique de danse assurée par Eddie Sanborn and His Black Cat Orchestra, ainsi que la présence du Oasis Lounge, bar plus intime adjacent à la salle principale. Mention également de l’emplacement du cabaret à l’angle de l’avenue Bennett et de la rue Notre-Dame Est et de la présence d’un stationnement gratuit pour la clientèle.
  54. LE PETIT JOURNAL, 5 décembre 1948, p. 41.
    Article rapportant qu’une page publicitaire publiée dans le magazine international Variety, édité à New York, est consacrée à la chanteuse Édith Piaf et aux Compagnons de la Chanson. Parmi les photographies figurant dans cette publicité apparaissent les noms de trois établissements où ces artistes se produisent : Ciro’s à Hollywood, Versailles à New York et le Café de l’Est à Montréal. Le texte souligne que, grâce à sa politique de présenter aux Montréalais les plus grandes vedettes de France, le Café de l’Est, qualifié de « centre français de Montréal », bénéficie désormais d’une reconnaissance internationale.
  55. LE PETIT JOURNAL, 7 novembre 1948, p. 40.
    Article intitulé « Hector Pellerin fêté par ses amis » rapportant qu’environ 400 personnes se réunissent au Café de l’Est, décrit comme le « centre français » de Montréal, pour célébrer le 60e anniversaire de naissance et le 40e anniversaire de carrière du comédien et chanteur Hector Pellerin. La soirée, organisée notamment par Madame Edmond Beau-Soleil, comprend un programme musical avec Léo L’Archevêque, propriétaire du Café de l’Est, Paul Létang, gérant de l’établissement, ainsi que des artistes tels que Denis Drouin, Murielle Millard et l’orchestre de Ed Sandborn. L’événement rassemble plusieurs personnalités du milieu artistique montréalais et se termine par une interprétation chantée de Pellerin lui-même.
  56. LE PETIT JOURNAL, 26 décembre 1948, p. 34.
    Photographie et notice annonçant la venue du chanteur français Charles Trenet au Café de l’Est, présenté comme le « centre français de Montréal ». L’article précise que Trenet, décrit comme « l’idole de Paris » et « le plus grand fantaisiste parisien », doit débuter ses représentations le lundi suivant au cabaret montréalais. Il s’agit de la première fois que l’artiste est annoncé à l’affiche d’une boîte de nuit de Montréal. La notice indique également que Les Compagnons de la Chanson poursuivent leurs représentations au Café de l’Est jusqu’au dimanche soir précédant l’arrivée de Trenet.
  57. LE PETIT JOURNAL, 1 mai 1949.
    Article annonçant le départ de Paul Létang de la gérance du Café de l’Est à la suite d’un changement dans l’administration de l’établissement. Le texte souligne que Létang est considéré comme l’un des pionniers de la présentation de spectacles français dans les cabarets de Montréal. Sous sa direction, le Café de l’Est aurait accueilli plusieurs vedettes venues de France, dont Lys Gauty, Charles Trenet, Adrien Adrius, Les Compagnons de la Chanson et Lilly Fayol. L’article mentionne également que Paul Létang doit quitter Montréal pour Paris, où il prévoit prendre un repos bien mérité.
  58. LE PETIT JOURNAL, 8 mars 1953, p. 52.
    Article intitulé « Le café Palm fait toilette neuve » mentionnant que Roger Parenteau, autrefois associé au Café de l’Est, fait l’acquisition du Café Palm sur la rue Bleury et entreprend de moderniser l’établissement. Le texte décrit la nouvelle programmation du cabaret, qui comprend spectacles quotidiens, concours de danse, quiz musical et soirées de « talents de chez nous ».
  59. LA PATRIE, 16 novembre 1953, p. 14.
    Brève annonçant la présence de la comédienne Rose Ouellette, dite La Poune, au Café de l’Est. L’article souligne que, pour la première fois dans l’histoire des cabarets montréalais, la vedette du burlesque accepte de présenter son numéro comique sur la scène d’une boîte de nuit. Devant le succès obtenu, l’établissement prolonge son engagement pour une seconde semaine avec sa partenaire Juliette Pétrie. Le spectacle comprend également la participation des danseurs Vallinos, du chanteur et maître de cérémonies Gilles Morneau, tandis que la musique de danse est assurée par Stan Wood et son orchestre, avec Chuck à l’orgue.
  60. GAZETTE OFFICIELLE DU QUÉBEC, 13 août 1960, no 33, p. 12553.
    Avis annonçant la constitution de la compagnie Café de l’Est Inc. en vertu de la première partie de la Loi des compagnies de Québec. Les lettres patentes, datées du 14 juin 1960, incorporent François Boisclair et Jean-Louis Lamoureux, avocats de Montréal, ainsi que Hélène La Barre, secrétaire, de Longueuil. La compagnie est créée dans le but d’exploiter des hôtels, tavernes, auberges et restaurants sous le nom de « Café de l’Est Inc. ». Le capital autorisé comprend 1 000 actions ordinaires sans valeur nominale et 350 actions privilégiées de 100 $ chacune. Le montant initial des opérations est fixé à 8 500 $, et le siège social de la compagnie est établi à Montréal, district judiciaire de Montréal.
  61. GAZETTE OFFICIELLE DU QUÉBEC, 16 septembre 1961, no 37, p. 12738.
    Avis annonçant l’émission de lettres patentes supplémentaires à la compagnie Café de l’Est Inc., en date du 17 juillet 1961. Le document indique que certaines dispositions des lettres patentes originales sont modifiées et que le capital de la société est augmenté. Le capital-actions additionnel est alors divisé en 1 600 actions privilégiées de 100 $ chacune, et le montant avec lequel la compagnie poursuit ses opérations est fixé à au moins 200 000 $. L’avis est publié par le bureau du secrétaire de la province du Québec.
  62. RADIOMONDE, 25 novembre 1961, p. 19.
    Brève indiquant que l’humoriste Olivier Guimond, tombé malade lors d’une représentation au Café de l’Est, est remplacé à pied levé par Claude Blanchard. La notice précise que Blanchard vient de signer un contrat d’exclusivité de deux ans avec l’établissement.
  63. LA PRESSE, 17 avril 1961, p. 3 et 42.
    Article intitulé « On a trinqué jusqu’à minuit hier soir… » traitant des effets d’une nouvelle loi provinciale encadrant la consommation d’alcool dans les clubs de nuit montréalais. Selon le reportage, plusieurs établissements signalent une baisse importante de fréquentation à la suite de l’entrée en vigueur de la mesure. Dominique Mandance, propriétaire du Café de l’Est, indique pour sa part que la clientèle de l’établissement aurait diminué d’environ 25 à 30 %. La suite de l’article, publiée à la page 42 sous le titre « Les clubs », explique que plusieurs cabarets montréalais sont membres de l’ Association métropolitaine des cafés licenciés, organisme représentant près de 192 établissements et chargé de défendre les intérêts de l’industrie des clubs de nuit dans la région de Montréal.
  64. LA PRESSE, 21 juillet 1955, p. 3.
    Article intitulé « Nouveaux incidents dans 2 clubs de nuit de Montréal » rapportant des actes de vandalisme survenus dans plusieurs établissements montréalais. Le texte mentionne notamment qu’un groupe d’individus a causé d’importants dégâts dans le café All American, rue Dorchester Ouest, brisant miroirs, verres et bouteilles d’alcool. Le propriétaire de l’établissement, Dominique Mandance, déclare à la police qu’il ne connaît pas les neuf individus impliqués dans l’incident. L’article évoque également d’autres troubles survenus la même nuit dans des clubs de la rue Sainte-Catherine, illustrant le climat tendu qui règne alors dans certains établissements de nuit montréalais.
  65. TÉLÉ-RADIOMONDE, 11 février 1967, p. 8.
    Article intitulé « Les spectacles coûtent trop cher, disent les cabaretiers » consacré aux difficultés économiques rencontrées par les cabarets montréalais dans les années 1960. Plusieurs propriétaires d’établissements y commentent la hausse du cachet des artistes, la concurrence de la télévision et l’évolution des habitudes du public. Dominique Mandance, propriétaire du Café de l’Est, affirme pour sa part qu’il ne voit pas de véritable crise dans l’industrie du cabaret et soutient que le milieu demeure actif malgré les transformations du marché du spectacle.
  66. TÉLÉ-RADIOMONDE, 30 décembre 1972, p. 25.
    Article intitulé « Des grosses vedettes vendues à 50 % » annonçant que l’homme d’affaires montréalais Dominique Mandance, propriétaire du Café de l’Est, acquiert 50 % des actions de la maison de disques Ciné, contrôlée par la firme Brofilms Ltée. L’article précise que cette compagnie gère notamment les artistes Jacques Boulanger, Dominique Michel, Michel Louvain, Mariette Lévesque, Michel Pascal et Daniel Richer. Il rappelle également que Mandance avait fondé en 1965 la maison de disques Citation, qui avait contribué à lancer plusieurs artistes, dont César et les Romains et Les Gendarmes.
  67. TÉLÉ-RADIOMONDE, 18 février 1967, p. 9.
    Brève intitulée « Comme d’habitude » mentionnant que William Savard, co-propriétaire du Café de l’Est, estime que la saison en cours sera favorable pour l’établissement. Il précise que le cabaret continuera d’offrir, « comme d’habitude », une programmation composée principalement de spectacles canadiens-français.
  68. TÉLÉ-RADIOMONDE, 1 mai 1965, p. 20.
    Brève mentionnant que Dominique Mandance, propriétaire du Café de l’Est et gérant du groupe Les Beatlettes, vient de lancer un nouvel ensemble musical intitulé « Jules César et ses Romains ». L’article précise que Mandance aurait investi plus de 5 000 $ pour équiper les musiciens en costumes d’époque et instruments. Le groupe doit notamment se produire à l’hôtel Coronet de Québec et à Shawinigan, et leur premier disque 45 tours paraît sur l’étiquette CHOC.
  69. LA PATRIE, 10 décembre 1948, p. 15.
    Article intitulé « Au Café de l’Est » rapportant le succès remporté par l’ensemble Les Compagnons de la Chanson au Café de l’Est, décrit comme le « Centre français de Montréal ». Devant l’enthousiasme du public, la direction décide de prolonger leur engagement pour une quatrième semaine. L’article annonce également la venue prochaine de Charles Trenet et mentionne que d’autres vedettes françaises, dont Yves Montand, Marie Bizet, Geo Ulmer et Lily Fayol, sont sous contrat avec l’établissement. Le cabaret est alors exploité par Léo L’Archevêque, avec Paul Létang comme gérant.
  70. SOCIÉTÉ D’HISTOIRE MERCIER–HOCHELAGA-MAISONNEUVE.
    « Le Café de l’Est », chronique historique publiée sur le site Histoire MHM. Texte retraçant l’histoire du Café de l’Est, cabaret situé au 4558 rue Notre-Dame Est, depuis les premières occupations du site dans les années 1930 — alors connu sous les noms de Club de l’Est, puis Club social démocrate et Café Yvon Robert — jusqu’à la fondation du Café de l’Est en 1944 par Albert Fortin, son développement sous la direction de Léo L’Archevêque, son rôle dans la diffusion de la chanson francophone à Montréal et sa transformation progressive dans les années 1970 avant l’incendie criminel qui détruit le bâtiment en 1998.
    Disponible en ligne : https://histoiremhm.org/chronique?id=346
  71. LA PRESSE, 9 décembre 1998, cahier A.
    « Un repaire de motards rasé par les flammes », article de Marcel Laroche rapportant l’incendie criminel qui a détruit le bar L’Énergie, situé au 4558 rue Notre-Dame Est dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve. Le bâtiment, anciennement connu sous le nom de Café de l’Est, est alors décrit comme un lieu fréquenté par des sympathisants du groupe des Rockers, associé aux Hells Angels. L’article rappelle que l’établissement avait été la cible de plusieurs attentats à l’explosif dans les années 1990 et que l’incendie survenu le 8 décembre 1998 a complètement ravagé l’immeuble, entraînant la démolition des derniers vestiges du bâtiment.
  72. LA PRESSE, 23 mars 1997, cahier A.
    « Le bar L’Énergie reçoit la visite de 120 policiers », article de Raymond Gervais relatant une importante opération policière menée vers 1 h 30 du matin au bar L’Énergie, situé au 4558 rue Notre-Dame Est à Montréal. Environ 120 policiers de la Communauté urbaine de Montréal ont procédé à une descente dans l’établissement, fréquenté par des sympathisants du groupe de motards des Rockers, affilié aux Hells Angels. L’intervention mène à l’arrestation de 17 personnes, ainsi qu’à la saisie de cocaïne, de comprimés d’ecstasy et d’une arme à feu à autorisation restreinte.
  73. LA PRESSE, 26 mars 1997, cahier A.
    « Des bars dangereux », brève signalant que la Régie des alcools, des courses et des jeux a révoqué les permis du Bar L’Énergie, situé au 4558 rue Notre-Dame Est à Montréal, ainsi que ceux du Monte-Carlo Café Expresso & Bar de Lachine. La décision fait suite à une série d’attentats à la bombe visant ces établissements au cours des semaines précédentes. La Régie invoque les risques pour la sécurité du public et ordonne également la tenue d’une enquête avant toute nouvelle demande de permis pour ces lieux.
  74. LA PRESSE, 23 février 1995, cahier A.
    « La guerre des motards se poursuit », article de Marcel Laroche rapportant l’explosion d’un engin artisanal devant le bar L’Énergie, situé au 4558 rue Notre-Dame Est dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve. L’explosion survient vers 23 h le 17 mars et projette des débris à plus de 50 mètres autour du bâtiment. L’établissement, décrit comme un lieu fréquenté par des sympathisants des Hells Angels, était déjà la cible d’attentats dans le contexte de la guerre opposant les Hells Angels et les Rock Machine au milieu des années 1990.
  75. TÉLÉ-RADIOMONDE, 3 juillet 1965.
    Brève annonçant que le Café de l’Est présente désormais principalement des artistes canadiens figurant parmi les plus en demande. L’article mentionne notamment les spectacles à venir de Michel Louvain, Donald Lautrec, Pierre Lalonde, la revue La Revue dans le vent, ainsi que les groupes Les Classels et Les Baronets.
  76. LE PETIT JOURNAL, 19 mars 1967.
    « Les Baronets à l’heure “H” », article de Colette Chabot. Reportage consacré au retour du groupe québécois Les Baronets sur scène après une période de tensions internes. L’article évoque notamment leurs engagements dans le circuit des cabarets montréalais, dont le Café de l’Est, où le groupe se produit régulièrement durant les années 1960, illustrant la popularité du mouvement yé-yé québécois et l’importance des cabarets comme lieux de diffusion pour ces nouveaux groupes de musique populaire.
  77. LA PRESSE, 11 janvier 1964, supplément.
    « Beethoven, Mozart, ôtez-vous, nous v’là ! », article de Jean O’Neil. Reportage consacré à l’essor du music-hall canadien présenté à la Place des Arts. L’article souligne la popularité croissante des artistes québécois issus du circuit des cabarets montréalais, dont plusieurs se sont produits dans des salles comme le Café de l’Est et la Casa Loma. Parmi les artistes mentionnés figurent notamment Robert Demontigny, Joël Denis, Donald Lautrec, Tony Massarelli, Ginette Reno, Michèle Richard, Jenny Rock, Jacques Desrosiers, Denyse Filiatrault et Dominique Michel.
  78. LA PRESSE, 16 avril 1970, section « Spec by Night ».
    « Une soirée dans le Montréal d’avant Drapeau ». Article évoquant avec nostalgie la vie nocturne montréalaise des années 1940 et 1950, période où les cabarets et clubs de music-hall dominaient le divertissement dans la métropole. Le texte rappelle l’importance d’établissements comme la Casa Loma, le Café de l’Est, l’El Morocco, l’Esquire Show Bar, le Faisan Doré, le Normandie de l’hôtel Mont-Royal ou encore le Café St-Jacques, qui accueillaient les grandes vedettes du music-hall et de la chanson populaire. L’article souligne que le Café de l’Est, situé dans l’est de Montréal, demeure alors l’un des survivants de cette époque où les vedettes de la chanson française — dont Charles Trenet — se produisaient régulièrement dans les cabarets de la ville. Le reportage décrit également la transformation de la vie nocturne montréalaise à la fin des années 1960, marquée par la disparition progressive de plusieurs cabarets et par l’évolution des habitudes culturelles du public.
  79. TÉLÉ-RADIOMONDE, 16 juin 1962.
    « Ils représenteront la jeunesse d’aujourd’hui ». Article annonçant la création de l’émission télévisée Jeunesse d’Aujourd’hui, diffusée sur Télé-Métropole (canal 10). Conçue par le réalisateur Jean-Claude Leblanc, l’émission est animée par Pierre Lalonde et Joël Denis et vise à présenter la culture et les goûts de la jeunesse québécoise, notamment la musique populaire et les vedettes émergentes. Le programme prévoit également des entrevues et des chroniques d’information destinées au public adolescent, marquant l’un des premiers efforts télévisuels pour refléter la culture jeunesse au Québec au début des années 1960.
  80. LA PRESSE, 10 juillet 2005, cahier « Lectures – Arts et spectacles ».
    « Bernard Primeau », article d’Anne Richer. Portrait du batteur, chef d’orchestre et compositeur québécois Bernard Primeau, fondateur du Montreal Jazz Ensemble. L’article retrace sa carrière dans le jazz canadien et évoque ses débuts dans le circuit des cabarets montréalais. Primeau y mentionne notamment avoir accompagné des chanteurs dans des salles comme la Casa Loma et le Café de l’Est à la fin des années 1950, rappelant le rôle important de ces établissements dans la vie nocturne et musicale de Montréal à cette époque.
  81. LA TRIBUNE, 15 mars 1995, cahier 3, « Arts et spectacles ».
    « La comédienne Juliette Pétrie s’éteint à 95 ans ».
    Article annonçant le décès de la comédienne québécoise Juliette Pétrie. Le texte retrace sa carrière dans le théâtre burlesque et le vaudeville québécois, notamment au sein de la troupe de Rose Ouellette (La Poune). L’article rappelle qu’au cours des années 1950, à l’apogée des clubs montréalais, Juliette Pétrie se produit avec la Poune dans plusieurs cabarets de la métropole, dont le Casa Loma, le Café de l’Est et le cabaret de Jean Grimaldi, illustrant l’importance de ces salles dans le circuit du burlesque et du divertissement populaire à Montréal.
  82. LA PRESSE, 10 octobre 2006, cahier « Arts et spectacles ».
    « Bernard Primeau s’éteint », article de Daniel Lemay.
    Nécrologie consacrée au batteur, chef d’orchestre et compositeur québécois Bernard Primeau (1939-2006), figure importante du jazz montréalais et fondateur du Bernard Primeau Jazz Ensemble. L’article retrace sa carrière, ses collaborations avec plusieurs artistes québécois et son rôle dans la diffusion du jazz au Canada. Le texte rappelle également que, dans les premières années de sa carrière, Primeau se produit dans plusieurs cabarets montréalais, notamment au Café de l’Est et à la Casa Loma, deux lieux importants du circuit des spectacles et de la vie nocturne de Montréal dans les années 1950 et 1960.
  83. MONTRÉAL-MATIN, 27 octobre 1955.
    « P. Sauvé se distingue avec un triple de 570 ».
    Article sportif rapportant les résultats d’une ligue de quilles (bowling) de l’Association sportive des Waiters. Le texte mentionne plusieurs équipes associées à des bars et cabarets montréalais, dont le Café de l’Est, la Casa Loma Lounge, le York Hotel, le Figaro et l’Eldorado. Cette référence illustre l’existence de ligues sportives réunissant des employés et établissements du milieu de la restauration et des cabarets à Montréal dans les années 1950.
  84. TÉLÉ-RADIOMONDE, 14 septembre 1963.
    « Juliette Pétrie célèbre ses quarante ans de Music-Hall », entrevue réalisée par Claude-Lyse Gagnon.
    Article consacré à la carrière de la comédienne et artiste de music-hall Juliette Pétrie, qui souligne alors quarante années de présence sur scène. Le texte retrace son parcours dans le burlesque et le théâtre populaire québécois et mentionne plusieurs lieux où elle s’est produite, dont le Théâtre National, le Café de l’Est et la Casa Loma, illustrant le rôle de ces salles dans le circuit du divertissement et du music-hall à Montréal au milieu du XXe siècle.
  85. REGISTRAIRE DES ENTREPRISES DU QUÉBEC, État de renseignements d’une personne morale au registre des entreprises, consulté le 9 mars 2026.
    Fiche relative à 9042-2841 QUÉBEC INC. (NEQ 1146217865), société constituée le 30 novembre 1996 et immatriculée le 10 octobre 1996, dont l’adresse déclarée est le 4550, rue Notre-Dame Est, Montréal. Le dossier indique que la compagnie a utilisé plusieurs noms liés à l’exploitation du site, notamment Bar L’Énergie, Bar Planète Énergie, Club L’Énergie, Club Planète Énergie, Planète Énergie et Restaurant Planète Énergie, tous déclarés le 26 février 1997. La société est radiée d’office depuis le 8 mai 1999 à la suite de la non-production de deux déclarations de mise à jour annuelles consécutives. Le dossier mentionne également Vincemt Aubry comme actionnaire majoritaire et président de la société.
  86. TÉLÉ-RADIOMONDE, 17 juin 1967, p. 8-9.
    « Notre époque tue-t-elle les vedettes ? » — enquête publiée dans la revue Télé-radiomonde examinant les transformations de l’industrie du spectacle et de la chanson au Québec à la fin des années 1960. L’article rassemble les témoignages de plusieurs artistes et intervenants du milieu, dont Denyse Filiatrault, Muriel Millard, Ginette Reno, Michel Richard, Claude Sorel, George Dor et l’animateur Michel Desrochers. Les participants y discutent notamment de la difficulté pour les jeunes artistes de percer dans un contexte de concurrence accrue, de l’influence croissante de la télévision et de l’importance du travail et de la discipline pour maintenir une carrière durable dans le domaine du spectacle.
  87. LE DROIT, 5 mars 1966, cahier 3, section Perspectives, p. 2-5.
    « Yé-yé », article de Nicole Charest, photos de Paul Gélinas.
    Reportage consacré au phénomène des groupes yé-yé québécois au milieu des années 1960. L’article décrit l’essor rapide de ces jeunes formations inspirées par la musique pop anglo-américaine et britannique, mais adaptées au marché francophone. Plusieurs groupes sont présentés et photographiés, dont LES EXCENTRIQUES, LES GENDARMES, LES MISÉRABLES, LES JAGUARS et CÉSAR ET SES ROMAINS. Le texte souligne l’importance du phénomène chez la jeunesse, l’utilisation de costumes spectaculaires et de mises en scène inspirées du rock et du spectacle visuel, ainsi que l’ampleur du marché du disque au Canada dans les années 1960. L’article mentionne notamment les ventes importantes de CÉSAR ET SES ROMAINS, qui auraient vendu plusieurs dizaines de milliers de disques en peu de temps.
  88. Insurance Plan of the City of Montreal, Quebec, Canada, vol. VI, planche 361, 1924.
    Plan d’assurance incendie indiquant le lot 2515 à l’angle des rues Notre-Dame Est et Bennett, où se trouve aujourd’hui l’emplacement du Café de l’Est. Le plan identifie clairement la présence de « Tennis Courts » sur le terrain, témoignant d’un usage récréatif du site avant l’établissement des premiers clubs sociaux et cafés à cette adresse dans les années 1930.
  89. GAZETTE OFFICIELLE DU QUÉBEC, 10 mai 1930, no 19, p. 1657-1658.
    Avis d’incorporation de « Club de L’Est, Incorporé ». Le document indique que des lettres patentes datées du 22 avril 1930 constituent officiellement la corporation, fondée par Joseph-Jean Chamberland et Michel Chamberland, avocats, ainsi que Georges Beaudry, notaire, tous de Montréal. La corporation est créée afin d’établir et d’exploiter un club destiné à l’usage de ses membres et de leurs invités, offrant les privilèges et commodités généralement associés à un club social. Les statuts autorisent notamment l’acquisition de biens immobiliers, l’exploitation de salles de divertissement, de restaurants et d’autres installations destinées aux membres.
  90. LE MONDE OUVRIER (THE LABOR WORLD), 11 mars 1944.
    Publicité pour le CAFÉ YVON ROBERT Ltée, présenté comme « le plus chic café dans l’est ». L’annonce indique que l’établissement, situé au 4558 rue Notre-Dame Est (entre les rues Aird et Bennett), offre repas, bière, vins, danse et liqueurs de toutes sortes. La direction est attribuée à Yvon Robert, président, avec Maurice Robert comme vice-président et Armand Robert comme secrétaire-gérant.
  91. LE DEVOIR, 15 juillet 1971, p. 15.
    Marc Thibeault, « Le jour où Yvon Robert fit perdre ses illusions à un jeune journaliste ».
    Article publié à la suite du décès du célèbre lutteur québécois Yvon Robert à l’âge de 56 ans. Le texte revient sur la carrière de celui qui fut l’une des grandes attractions de la lutte professionnelle au Canada pendant plus de vingt-cinq ans, remportant plusieurs championnats mondiaux et attirant des foules considérables dans les arénas. Le journaliste raconte également une rencontre marquante avec Robert dans les années 1930 à l’Aréna Mont-Royal, illustrant le mélange de spectacle et de compétition qui caractérisait la lutte professionnelle de l’époque.
  92. LE DROIT, 27 février 1948.
    « Yvon Robert dans les mines ».
    Brève mentionnant les activités d’affaires du célèbre lutteur québécois Yvon Robert. L’article indique que Robert, qui devient alors agent d’immeubles, est également propriétaire d’un cabaret et administrateur d’une compagnie privée. Le texte rapporte qu’il s’associe à un syndicat d’hommes d’affaires de Montréal dans le but d’acquérir la mine d’or Southvue, située dans la même région que la mine Golyue, illustrant l’implication du lutteur dans divers projets commerciaux à la fin des années 1940.
  93. LA PRESSE, 13 juillet 1971, p. B3.
    André Trudelle, « Le Québec perd un grand champion en Yvon Robert ».
    Article publié au lendemain du décès du lutteur montréalais Yvon Robert, mort à l’âge de 56 ans à la suite d’une crise cardiaque. Le texte retrace les grandes étapes de sa carrière, rappelant qu’il remporta à plusieurs reprises le championnat mondial de la National Wrestling Association et qu’il fut l’une des plus grandes attractions de la lutte professionnelle au Canada. L’article souligne également l’immense popularité de Robert à Montréal, où ses combats attiraient des foules considérables, notamment au Forum et au stade Delorimier [92].
  94. DIMANCHE-MATIN, 6 mai 1956, p. 18.
    Jacques Francoeur, « Fourré partout même si ça vous choque ».
    Chronique mentionnant les nombreuses activités d’affaires du lutteur montréalais Yvon Robert. L’auteur affirme que Robert est impliqué dans divers secteurs, notamment dans des restaurants, des cabarets et d’autres entreprises commerciales, illustrant la présence étendue du champion dans le monde des affaires et du divertissement à Montréal au milieu du XXe siècle.
  95. LE PETIT JOURNAL, 13 novembre 1949.
    Brève indiquant que le lutteur montréalais Yvon Robert et le promoteur de lutte Eddie Quinn viennent de faire l’acquisition du cabaret Chez Maurice. La note précise qu’il est alors envisagé que l’établissement prenne éventuellement le nom de « El Morocco », en souvenir d’un cabaret montréalais du même nom ayant existé auparavant.
  96. COOLOPOLIS, « Tavern king Joseph Beaudry's bloody Montreal drinking empire », blog Coolopolis, 2017.
    Article retraçant la carrière de Joseph « Jos » Beaudry, important exploitant de tavernes montréalaises actif pendant plus de quarante ans. Le texte indique que Beaudry aurait possédé ou contrôlé plus de trente établissements licenciés dans la région de Montréal, dont plusieurs bars et tavernes associés à la vie nocturne de la métropole. L’article mentionne également que Beaudry avait débuté dans l’industrie après avoir travaillé à la brasserie Dow, avant d’ouvrir sa première taverne dans le quartier Villeray au début des années 1940.
  97. LE DEVOIR, 29 mai 1992, cahier A.
    « Avis de demande d’un permis d’alcool », Régie des permis d’alcool du Québec.
    Avis public annonçant plusieurs demandes de permis d’alcool publiées par la Régie des permis d’alcool du Québec. Parmi celles-ci figure une demande concernant le Disco Club Turbo, situé au 4558, rue Notre-Dame Est, à Montréal, pour l’obtention d’un permis de bar sur terrasse. Cette mention confirme l’exploitation d’un établissement portant ce nom à cette adresse au début des années 1990.
  98. RADIOMONDE, 3 septembre 1960.
    « Une autre étoile de demain? ».
    Article consacré aux concours d’amateurs organisés par Jean Simon dans les cabarets montréalais, connus sous le nom de Les Découvertes de Jean Simon. Le texte indique que ces programmes, présentés chaque semaine dans différents établissements de la métropole, ont permis de faire connaître au public plus de 18 000 nouveaux talents en quatre ans et demi, dont plusieurs sont devenus par la suite des vedettes populaires comme Michel Louvain, Pierre Sénécal, Michel Gingras, Sonia Del Rio et Claude Vincent. L’article mentionne également la finale récente du concours tenue au Café de l’Est, où la danseuse et acrobate Margot Turner s’est distinguée devant le jury [97].
1975
KYLE
KYLE

Source: Pop Rock, 11 janvier 1975, BAnQ

Lieu: Café de l’Est

1969
BEN E KING
BEN E KING

Source: The Gazettem 24 novembre 1969, Postmedia Network Inc.

Lieu: Café de l’est

1964
LES BEATLETTES
LES BEATLETTES

Source: Montreal Matin 21 aout 1964, BAnQ

1959
CONCOURS D’AMATEURS DE JEAN SIMON
CONCOURS D’AMATEURS DE JEAN SIMON

Source: Montréal-Matin, 21 janvier 1959, BAnQ

1949
JACQUES NORMAND
JACQUES NORMAND

Source: La Patrie, 27 septembre 1949, BAnQ

CHARLES TRENET
CHARLES TRENET

Source: Montréal-Matin, 16 août 1949, BAnQ

1948
LES COMPAGNONS DE LA CHANSON
LES COMPAGNONS DE LA CHANSON

Source: Montréal-Matin, 19 novembre 1948, BAnQ

1947
ROGER DOUCET EDDIE SANDBORN
ROGER DOUCET EDDIE SANDBORN

Source: Le Canada, 22 décembre 1947, BAnQ

1941
VEILLE DU JOUR DE L’AN CAFÉ DE L’EST
VEILLE DU JOUR DE L’AN CAFÉ DE L’EST

Source: Le Petit Journal, 28 décembre 1941, BAnQ

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