Queen’s Hall (Montréal)
Première grande salle construite à Montréal spécifiquement pour les concerts, le Queen’s Hall, inauguré en octobre 1880 à l’angle de la rue Sainte-Catherine et de la rue Victoria, fut pendant une décennie l’un des pivots de la vie musicale montréalaise. Intégré au vaste Queen’s Theatre Block, l’édifice évoluera ensuite vers le théâtre et le commerce de détail, avant de s’effondrer dramatiquement en septembre 1899. Reconstruit comme pâté de grands magasins (Scroggie’s, Carsley’s, Rea’s, puis Goodwin’s Limited), l’îlot sera finalement absorbé par le magasin Eaton, puis par le Centre Eaton de Montréal. Aujourd’hui, aucune trace physique du Queen’s Hall ne subsiste, mais la mémoire de la salle survit dans la presse, les plans d’assurance et les archives commerciales.
1. Présentation & contexte urbain
Lorsque le Queen’s Hall ouvre ses portes à l’automne 1880, Montréal est en pleine mutation. La rue Sainte-Catherine, encore en voie de devenir l’artère commerciale principale de la ville, se couvre d’immeubles commerciaux, de salles de spectacles et de lieux de sociabilité urbaine. À l’arrière, la rue Victoria relie le secteur de la future place du Square Victoria au tissu plus ancien tourné vers la rue Notre-Dame.
Dans ce paysage en transformation, le Queen’s Hall occupe une place à part : il s’agit de la première salle montréalaise construite expressément pour la musique de concert. L’édifice fait partie du plus vaste Queen’s Theatre Block, un pâté de bâtiments à usage mixte (magasins, bureaux, salles) qui occupe le lot 1302 sur les plans d’assurance et qui s’inscrit dans une logique spéculative typique de la fin du XIXe siècle : rentabiliser au maximum un îlot entier par une superposition d’usages (commerce en façade, bureaux et divertissements aux étages).
2. Le Queen’s Theatre Block (1874–1880)
Le Queen’s Theatre Block est érigé vers 1879 par l’entrepreneur John Foulds pour le magnat montréalais Sir Hugh Allan, remplaçant un bâtiment antérieur détruit par un incendie au milieu des années 1870. Ce nouveau bloc, implanté sur l’angle stratégique Sainte-Catherine / Victoria et se prolongeant vers la rue University, est pensé comme une machine urbaine à revenus : rez-de-chaussée occupé par des commerces de détail, étages supérieurs convertibles en bureaux, salles de réunion ou espaces de spectacles.
C’est dans ce contexte qu’est aménagé, au cœur de ce bloc, le Queen’s Hall, salle polyvalente mais conçue d’abord pour les concerts. Rapidement, le pâté entier sera désigné dans la presse comme le Queen’s Hall Block puis le Queen’s Theatre Block, signe de l’importance symbolique de cette salle dans l’identité du lieu.
3. Architecture, intérieur & acoustique du Queen’s Hall
Dans un article paru le 10 août 1880, le Montreal Star présente le Queen’s Hall comme un édifice « magnificently frescoed », « well lighted » et doté d’« excellent acoustic properties ». La salle est décrite comme pouvant accueillir jusqu’à « about two thousand » personnes, selon la disposition des sièges et la présence de chaises supplémentaires lors des grandes occasions. On y annonce aussi l’installation d’un grand orgue, rare dans une salle non religieuse, ce qui renforce sa vocation de maison de concerts.
Les comptes rendus du Gazette et du Star après l’ouverture insistent sur la qualité de l’acoustique, qualifiée d’« admirable » et d’« excellente ». Les architectes y sont loués d’avoir conçu un volume où l’orchestre et les solistes se projettent clairement jusque dans les derniers rangs. L’esthétique intérieure, marquée par des fresques décoratives, place la salle dans la lignée des auditoriums victoriens élégants du monde anglo-saxon.
L’éclairage constitue en revanche le principal point faible relevé à l’ouverture : jugé « très faible » par le Star, il est perçu comme un détail perfectible dans une salle appelée à devenir un des fleurons de la vie culturelle montréalaise.
4. Inauguration du 21 octobre 1880
Le 21 octobre 1880, le Queen’s Hall est inauguré avec un concert d’une ambition remarquable. L’événement se tient sous le patronage de membres de la Montreal Philharmonic Society et réunit un plateau qui place d’emblée la salle dans la classe des grandes institutions musicales internationales :
- la pianiste vénézuélienne Teresa Carreño, déjà célébrée en Europe et en Amérique ;
- le violoniste Frantz Jehin-Prume, figure centrale de la vie musicale de Montréal ;
- la soprano américaine E. Otis Rockwood, qui poursuit une carrière à Boston ;
- l’orchestre des Symphonistes de Montréal, dirigé par le compositeur et chef Alexis Contant.
Le programme comprend la Symphonie en ré majeur de Haydn, une des préférées du public montréalais, et l’Ouverture de Prométhée de Beethoven, parmi d’autres œuvres. La presse décrit une « large and fashionable audience », rassemblant notables, amateurs de musique et membres de la bourgeoisie anglophone et francophone.
Les ovations sont nombreuses : Jehin-Prume soulève « une tempête d’applaudissements » avec un caprice de Vieuxtemps, Carreño enchaîne les rappels avec des œuvres de Beethoven, Chopin, Schumann, Liszt, Henselt, Rubinstein, Hiller et Grieg, et Rockwood charme le public malgré un rhume qui pourrait nuire à sa voix. L’ensemble de la soirée est salué comme un triomphe, et la salle est instantanément reconnue comme une réussite artistique et architecturale.
5. Vie musicale & artistes (1880–1890)
Durant la décennie 1880, le Queen’s Hall devient un des principaux foyers de la musique à Montréal. Plusieurs institutions y trouvent un port d’attache :
- La Montreal Philharmonic Society, qui y donne ses concerts de 1880 à 1889.
- Le Mendelssohn Choir, actif dans la salle entre 1881 et 1890.
- La soprano canadienne Emma Albani, qui y présente trois récitals lors de son retour au pays en mars 1883.
On y donne aussi des soirées de musique de chambre, des concerts de bienfaisance, des auditions d’élèves de professeurs de musique montréalais et des manifestations chorales à grande échelle. Le Queen’s Hall sert ainsi de laboratoire et de vitrine pour une scène musicale en pleine structuration, à une époque où Montréal tente de se hisser au rang des grandes capitales culturelles nord-américaines.
6. Mutation en théâtre & fin de la vocation musicale
Au tournant des années 1890, les goûts du public se diversifient et le paysage du divertissement montréalais se transforme. Les formes hybrides — vaudeville, pièces comiques, spectacles variés — gagnent en popularité. Dans ce contexte, le Queen’s Hall est progressivement reconverti en théâtre. À partir de 1891, la salle est davantage identifiée comme un espace de représentation dramatique que comme un auditorium de concerts.
Cette mutation s’inscrit dans la trajectoire plus large du Queen’s Theatre Block, dont l’économie repose sur la capacité d’adapter les espaces aux genres qui attirent le plus de spectateurs. Mais derrière cette adaptabilité se cachent aussi des faiblesses structurelles : plusieurs architectes, consultés à propos d’éventuels travaux de rénovation, expriment des réserves sur la solidité de certaines fondations, en particulier du côté de la rue University.
7. L’effondrement du Queen’s Theatre Block (17 septembre 1899)
7.1. Un bâtiment déjà jugé dangereux
Bien avant la catastrophe, le Queen’s Theatre Block est considéré comme problématique. Des architectes comme John James Brown ou des firmes d’ingénieurs consultées par les propriétaires affirment qu’il est pratiquement impossible de moderniser l’édifice sans interventions majeures sur les fondations. Les murs du côté de University Street, en particulier, sont réputés fragiles.
7.2. Le soir du 17 septembre 1899
Le dimanche 17 septembre 1899, en début de soirée, la routine du centre-ville est brutalement interrompue. Vers 19 h 30, des passants et des employés de Scroggie Bros., un magasin de dry goods occupant le rez-de-chaussée, remarquent des bruits sourds et des craquements inhabituels. Un adolescent de 14 ans, Henri Vaillancourt, voit les vitrines à plate glass se fissurer « du haut jusqu’en bas » et court avertir le gardien de nuit, M. Reberdey.
À 7 h 33 ½ environ, selon le Montreal Star, tout s’accélère. Les grandes vitres se brisent, la maçonnerie commence à se désagréger, et l’angle sud-ouest de l’immeuble — la célèbre tour d’angle donnant sur Sainte-Catherine et University — se détache littéralement du corps du bâtiment. Reberdey, alerté in extremis, réussit à sortir quelques secondes avant que les planchers et le toit ne s’effondrent dans un fracas assourdissant.
7.3. Un miracle : aucune perte de vie
L’effondrement, qui ne dure pas plus de trente secondes, projette dans la rue des blocs de pierre d’un demi-ton, des poutres de fer tordues et des éclats de verre. Des témoins voient les rails du tramway disparaître sous un nuage de poussière. Pourtant, par un enchaînement de circonstances presque miraculeux, on ne déplore aucun décès. Un tramway venait de passer quelques instants auparavant ; les piétons qui circulaient le long de la façade avaient déjà tourné le coin ; et la plupart des employés de Scroggie’s avaient quitté les lieux.
Les journaux du lendemain publient des gravures spectaculaires montrant l’angle de l’édifice avant, pendant et après l’effondrement : l’une représente le bloc tel qu’il se présentait encore quelques heures plus tôt, une autre saisit l’instant où la tour bascule, et une troisième montre le champ de ruines, envahi par les pompiers, les policiers et les curieux.
7.4. Causes probables et conséquences immédiates
Les premières analyses pointent vers un enchaînement de facteurs :
- la faiblesse historique des fondations du côté University ;
- des travaux d’excavation en cours dans le sous-sol de Scroggie’s, qui auraient fragilisé le sol ;
- l’absence de pieux ou de renforts suffisants sous certaines portions de la maçonnerie.
La police interdit l’accès à l’ensemble du Queen’s Theatre Block. Les pertes matérielles sont considérables : Scroggie’s aurait perdu pour près de 50 000 $ de marchandises, sans compter la destruction des anciens bureaux liés au Queen’s Hall et d’une partie importante de la structure. L’événement marque la disparition définitive du Queen’s Hall comme entité architecturale.
8. Reconstruction commerciale (1900–1910)
Après l’effondrement de 1899, l’îlot ne peut être sauvé : il faut reconstruire. Profitant du contexte d’essor du commerce de détail sur Sainte-Catherine, les propriétaires choisissent de reconfigurer l’ancien bloc théâtral en un pâté de grands magasins. Des enseignes comme Scroggie’s, puis Carsley’s et A. E. Rea & Co. se succèdent dans les locaux reconstruits, dotés désormais d’une ossature d’acier, de grandes vitrines de plate glass et d’étages plus réguliers.
Sur les plans d’assurance Goad du début du XXe siècle, le lot 1302 se présente désormais comme un vaste édifice commercial plutôt que comme un bloc hybride mélangeant théâtre, salle de concerts et boutiques. Le Queen’s Hall, en tant qu’espace distinct, a disparu ; mais le Queen’s Hall Block continue d’exister, métamorphosé en machine commerciale verticale.
9. Goodwin’s Limited — un grand magasin moderne (1911–1925)
9.1. Naissance d’un grand magasin
En 1911, l’îlot franchit une nouvelle étape avec l’arrivée de Goodwin’s Limited, un grand magasin qui entend rivaliser avec les grandes maisons montréalaises et canadiennes. Une entrevue publiée dans La Patrie en avril 1911 présente le gérant, W. H. Goodwin, comme un homme d’affaires expérimenté, arrivé au Canada en 1881 et ayant gravi les échelons du commerce avant de prendre la tête de ce nouvel établissement.
Goodwin insiste sur une philosophie claire : même service pour les riches et les moins nantis, refus de la hiérarchie de classe à l’intérieur du magasin, et confiance absolue dans la publicité comme moteur de croissance. Il va jusqu’à engager une jeune Parisienne pour superviser la rédaction des annonces et éviter que la version française ne soit une simple traduction maladroite du matériel anglophone.
9.2. La campagne d’« ouverture générale d’automne » (septembre 1911)
À l’automne 1911, une campagne bilingue spectaculaire marque l’« ouverture générale » de la saison chez Goodwin’s. Le Montreal Star du 16 septembre publie une pleine page où l’on lit : « The vibration of business is felt throughout the whole fibre of our building. » Les textes parlent des « greyhounds of the ocean » amenant de l’« Old World and the New » les marchandises vers Montréal, décrivent les acheteurs de Goodwin’s sillonnant l’Europe et les États-Unis, et présentent le magasin comme un carrefour mondial de la mode.
La version francophone, dans La Patrie, reprend cette esthétique grandiloquente en l’adaptant au public canadien-français : on y insiste sur l’« incessante vibration des affaires » dans tous les recoins du bâtiment, sur le ballet des clientes « par milliers » et sur la diversité des rayons — manteaux, costumes, chapeaux, étoffes, chaussures. Les deux campagnes concordent sur un point : l’ancien Queen’s Hall Block est désormais présenté comme un grand magasin moderne à étages, doté d’ascenseurs, d’escaliers mécaniques et de tubes pneumatiques pour faire circuler argent et messages entre les départements.
9.3. Goodwin’s, image de marque de A. E. Rea & Co.
Au bas de ces publicités, on retrouve la mention : « Goodwins Limited — Owned and operated by A. E. Rea & Co. ». Goodwin’s apparaît ainsi comme la marque vitrine d’une entreprise déjà bien implantée à Montréal. L’îlot, autrefois dominé par une salle de concerts, est désormais consacré au commerce de détail, avec une organisation et une imagerie comparables à celles de grands magasins comme Morgan’s, Dupuis Frères ou, bientôt, Eaton.
10. Eaton, Centre Eaton & ville contemporaine
En 1925, la T. Eaton Company rachète Goodwin’s et engage une série de travaux d’agrandissement et de modernisation qui feront du pâté un des grands magasins emblématiques de la rue Sainte-Catherine. La façade est refaite, les étages sont reconfigurés, et l’ensemble se fond progressivement dans un complexe commercial plus large.
Au fil du XXe siècle, les transformations se succèdent : restructurations internes, intégrations à des galeries marchandes, requalification des espaces avec la construction du métro et le développement du réseau souterrain montréalais. À la fin du siècle, l’ensemble est intégré dans ce qu’on appelle désormais le Centre Eaton de Montréal, propriété d’Ivanhoé Cambridge à partir de 1999.
La rue Victoria, qui longeait autrefois le Queen’s Hall à l’arrière, a été en grande partie effacée dans ce processus, absorbée par les emprises des tours de bureaux et du centre commercial. Il ne subsiste aucune trace visible de la salle d’origine ni du théâtre, mais les plans d’assurance, les photos anciennes, les publicités et les récits de presse permettent de reconstituer virtuellement le Queen’s Hall au cœur de la ville actuelle.
11. Cartographie & localisation (Goad, Lovell’s, aujourd’hui)
Sur les plans Goad de 1910, l’îlot correspondant au Queen’s Hall Block apparaît clairement sur le lot 1302, avec l’ancienne ligne de la rue Victoria à l’arrière. En superposant ce plan aux vues aériennes contemporaines, on constate que l’emplacement du Queen’s Hall — situé jadis à quelques dizaines de mètres seulement de l’Académie de musique de Montréal, sur le lot voisin 1303 — est aujourd’hui entièrement englobé dans la masse du Centre Eaton.
La rue Victoria, autrefois axe secondaire mais bien réel, est désormais en grande partie symbolique : son tracé historique passe au travers d’espaces intérieurs, de cours de service et d’aires de stationnement. Ce travail de cartographie historique permet de repositionner avec précision le Queen’s Hall dans le Montréal contemporain et de rappeler que cet îlot fut l’un des premiers noyaux culturels et commerciaux du centre-ville.
12. Chronologie synthétique
- c. 1874 – Incendie d’un bâtiment antérieur sur le site.
- 1879 – Construction du Queen’s Theatre Block par John Foulds pour Sir Hugh Allan.
- 1880 (21 octobre) – Inauguration du Queen’s Hall, première grande salle spécifiquement dédiée aux concerts à Montréal.
- 1880–1889 – Concerts de la Montreal Philharmonic Society.
- 1881–1890 – Activités du Mendelssohn Choir.
- 1883 (mars) – Récitals d’Emma Albani au Queen’s Hall.
- 1891 – Reconversion progressive en théâtre.
- 1899 (17 septembre) – Effondrement partiel du Queen’s Theatre Block à l’angle Ste-Catherine / University ; destruction des bureaux liés au Queen’s Hall.
- 1900–1910 – Reconstruction de l’îlot comme bloc commercial (Scroggie’s, Carsley’s, A. E. Rea & Co.).
- 1911 – Ouverture de Goodwin’s Limited ; grandes campagnes publicitaires bilingues (La Patrie, Montreal Star).
- 1925 – Rachat de Goodwin’s par la T. Eaton Company ; agrandissement et transformation en grand magasin Eaton.
- Fin 20e siècle – Intégration au Centre Eaton et au réseau de galeries commerciales du centre-ville.
- 1999 – Acquisition de l’ensemble par Ivanhoé Cambridge.
13. Notes & sources principales
- Montreal Star, 10 août 1880 – article annonçant l’ouverture prochaine du Queen’s Hall, décrivant fresques, acoustique et projet d’orgue.
- Montreal Star, 19 octobre 1880 – annonce du concert inaugural, sous le patronage de la Montreal Philharmonic Society.
- Montreal Star, 22 octobre 1880 – compte rendu du concert d’ouverture (Carreño, Jehin-Prume, Rockwood, Symphonistes).
- The Gazette, 22 octobre 1880 – critique détaillée : grande qualité acoustique, éclairage insuffisant, triomphe des interprètes.
- Montreal Star, 18 septembre 1899 – reportage sur l’effondrement du Queen’s Theatre Block, heure précise, témoignages et gravures du site.
- The Gazette, 18 septembre 1899 – description de l’effondrement, mention des fondations fragiles et des travaux dans le sous-sol.
- La Patrie, avril 1911 – entrevue avec W. H. Goodwin, présentation de Goodwin’s Limited et de sa philosophie commerciale.
- La Patrie, 16 septembre 1911 – grande publicité d’« ouverture générale d’automne » de Goodwin’s Limited.
- Montreal Star, 16 septembre 1911 – pleine page « General Opening Fall 1911 » de Goodwin’s, rhétorique grandiloquente sur le commerce mondial.
- Musée McCord Stewart – billets et billets de blogue sur le Queen’s Hall Block, Goodwin’s et Eaton.
- BAnQ numérique – plans Goad, archives de presse (Star, Gazette, La Patrie).
- The Canadian Encyclopedia – notice sur le Queen’s Hall (capacité, vocation musicale, artistes).
- Montreal Concert Poster Archive (MCPA) – recherche et synthèse historique, documentation iconographique et cartographique.