Terminal Bar-Spectacle (Montréal)
Ouvert le 12 décembre 1990 au 1635, rue Sainte-Catherine Ouest, le Terminal Bar-Spectacle est créé par Casey Faria et Larry Vitas afin d'offrir à l'ouest du centre-ville une véritable salle consacrée aux spectacles. Pendant environ 18 mois, le Terminal accueille une programmation exceptionnellement diversifiée — rock, punk, hardcore, métal, ska, blues, reggae, hip-hop, théâtre et performance — avant de fermer le 1er juin 1992.
1. Présentation
Le Terminal Bar-Spectacle ouvre ses portes le mercredi 12 décembre 1990, au deuxième étage du 1635, rue Sainte-Catherine Ouest. Le projet est développé par Casey Faria et Larry Vitas, deux acteurs déjà liés au milieu des bars et de la musique live montréalaise.
Avec une capacité annoncée de 250 personnes, une scène agrandie, un système de son et d'éclairage considérablement amélioré et quelque 75 000 $ investis en rénovations, le Terminal est pensé comme une véritable salle de spectacles plutôt que comme un simple bar accueillant occasionnellement des groupes.
Son existence sera courte mais particulièrement dense. Pendant environ 18 mois, le Terminal accueille des groupes montréalais émergents, des artistes canadiens et des tournées internationales provenant de scènes musicales très différentes.
Le Terminal ferme le 1er juin 1992. Sa disparition laisse alors l'ouest du centre-ville sans l'une de ses principales petites salles consacrées aux groupes originaux.
2. Le rock montréalais à l'aube des années 1990
L'ouverture du Terminal survient dans une période où la scène musicale montréalaise est foisonnante, mais où l'exploitation d'une salle consacrée aux groupes rock demeure économiquement précaire. Dans son reportage annonçant le Terminal en novembre 1990, le journaliste Mark Lepage rappelle les difficultés rencontrées par plusieurs établissements ayant tenté auparavant de faire vivre une programmation rock régulière.
Il cite notamment LE STEPPE, SECRETS, THE MUSTACHE, CLUB MONTREAL et POODLE'S. Leur présence dans ce portrait est importante : le Terminal s'inscrit dans une histoire déjà longue de petites salles montréalaises ayant essayé de créer un espace viable pour les groupes locaux et les musiques originales.
À l'est du centre-ville, LES FOUFOUNES ÉLECTRIQUES constituent déjà un important foyer de culture alternative, tandis que CLUB SODA est devenu une salle reconnue. À l'ouest, STATION 10 joue depuis plusieurs années un rôle essentiel auprès des groupes locaux et des formations encore peu connues.
Un écosystème fragile
Le Terminal ne surgit donc pas dans le vide. Il appartient à une génération de salles indépendantes qui tentent de donner une scène aux groupes originaux dans un environnement où les clubs apparaissent, se transforment et disparaissent rapidement.
3. Casey Faria et Larry Vitas
L'histoire du Terminal est indissociable de Casey Faria et Larry Vitas. Le reportage publié par The Gazette le 29 novembre 1990 présente explicitement Vitas comme le partenaire de Faria dans l'entreprise et photographie les deux hommes ensemble à l'intérieur de leur nouvelle salle quelques jours avant son ouverture.
Faria possède déjà une solide expérience. Au moment de l'ouverture du Terminal, il travaille depuis environ neuf ans à Station 10, au 2071 Sainte-Catherine Ouest. Il y agit à la fois comme propriétaire de bar et ardent promoteur de la scène rock locale. Mark Lepage décrit alors Station 10 comme l'un des rares débouchés sérieux pour les groupes sans contrat de disque à l'ouest du boulevard Saint-Laurent.
Larry Vitas joue cependant un rôle beaucoup plus important dans la création du Terminal qu'une simple association occasionnelle. Il est le partenaire de Faria dans le projet, participe à la mise sur pied de la nouvelle salle et est également identifié comme gérant dans les documents contemporains.
Les rénovations entreprises par Faria et Vitas représentent environ 75 000 $. Cet investissement considérable témoigne de leur volonté de créer une salle techniquement adaptée aux spectacles.
Les deux hommes derrière le projet
CASEY FARIA + LARRY VITAS
Si Casey Faria apparaît plus fréquemment dans les articles consacrés au Terminal, les sources entourant son ouverture sont sans ambiguïté : Larry Vitas est son partenaire dans la création de la salle et doit être considéré comme l'une des figures centrales de son histoire.
4. Les vies successives du 1631–1635 Sainte-Catherine Ouest
Les recherches dans les annuaires Lovell permettent maintenant de mieux comprendre la configuration de l'immeuble où s'installera le Terminal. Le 1631 Sainte-Catherine Ouest correspond au rez-de-chaussée, tandis que le 1635 Sainte-Catherine Ouest désigne l'étage. Cette distinction explique pourquoi le CHALET LUCERNE apparaît au 1631 dans les annuaires alors que Mark Lepage situe en 1990 le futur Terminal « au-dessus » de l'ancien restaurant. Les deux indications décrivent donc les deux niveaux du même bâtiment.
Une même bâtisse, deux niveaux
1631 AU REZ-DE-CHAUSSÉE — 1635 À L'ÉTAGE
1631 SAINTE-CATHERINE OUEST
Rez-de-chaussée — notamment CHALET LUCERNE.
1635 SAINTE-CATHERINE OUEST
Étage — adresse qui possède sa propre histoire commerciale et qui deviendra,
à la fin des années 1980, celle d'une succession de bars puis du TERMINAL BAR-SPECTACLE.
L'histoire documentée de l'étage remonte au début du XXe siècle, avant même l'adoption du numéro 1635. Les annuaires Lovell montrent qu'avant la renumérotation de la rue vers 1927–1928, le local correspondant portait le numéro 803 Sainte-Catherine Ouest. On y retrouve notamment ROYAL DYE WORKS en 1910–1911, BRUN EXCHANGE LIBRARY en 1912–1913 et STAR ELECTRIC CO. dès 1913–1914. Star Electric demeure associé au 803 pendant les années 1920 et apparaît ensuite au 1635 après la renumérotation, confirmant la continuité de l'adresse.
À la fin des années 1930 et au début des années 1940, le 1635 devient une succursale de MARY LEE CANDY SHOP. Une publicité de l'entreprise énumère explicitement le 1635 St. Catherine West parmi ses adresses montréalaises. Plusieurs faits divers publiés dans la presse mentionnent également cette succursale, notamment à l'occasion de vols à main armée. Ces articles constituent des confirmations indépendantes de la présence de Mary Lee à l'étage.
L'histoire de Mary Lee permet aussi d'identifier une transition commerciale ultérieure. La société exploitait une filiale appelée BARTON'S BONBONS LTD., mais un jugement lui interdit d'utiliser la marque « Barton's » après une contestation par une entreprise américaine. Les annuaires montrent néanmoins BARTONS BONBONS au 1635 en 1949, ce qui ajoute un autre chapitre à l'histoire commerciale du local.
Plus tard, ATLANTIC DELICATESSEN LTD est documenté au 1635 Sainte-Catherine Ouest, notamment en 1980 et encore en 1986–1987. Une chronique de Nick Auf der Maur apporte un rare témoignage de la vie quotidienne du commerce : il raconte s'y arrêter pour acheter des saucisses suisses et discuter avec Felix, le propriétaire. Cette source donne au lieu une présence beaucoup plus concrète que la seule mention dans les annuaires.
Au même moment, le CHALET LUCERNE occupe le 1631 Sainte-Catherine Ouest, au rez-de-chaussée. Il ne faut donc plus présenter le Chalet Lucerne comme un ancien occupant du 1635. Lorsque Lepage décrit le futur Terminal comme situé au-dessus de ce qui avait été le Chalet Lucerne, il décrit correctement la disposition verticale de l'immeuble.
À la fin des années 1980, l'étage entre dans une période de transformations rapides. Lepage écrit en novembre 1990 que le bar du deuxième étage a connu plusieurs « crises d'identité ». Il retrace la succession suivante : GILLHOOLEY'S PUB, puis un établissement dont il se rappelle le nom comme signifiant « snail » en espagnol, ensuite RPM CLUB, puis OSKAR'S.
Le mot espagnol pour « snail » étant caracol, l'établissement auquel Lepage fait référence pourrait donc avoir porté le nom CARACOL. Cette identification demeure toutefois probable plutôt que confirmée tant qu'une annonce, un annuaire ou un autre document portant explicitement ce nom au 1635 n'aura pas été retrouvé.
Le 1635 Sainte-Catherine Ouest
Plus de huit décennies d'occupations documentées
803 SAINTE-CATHERINE OUEST — ancienne numérotation
ROYAL DYE WORKS → BRUN EXCHANGE LIBRARY → STAR ELECTRIC CO.
↓
RENUMÉROTATION VERS 1927–1928 : 803 → 1635
↓
STAR ELECTRIC CO.
↓
MARY LEE CANDY SHOP
↓
BARTONS BONBONS
↓
ATLANTIC DELICATESSEN LTD
↓
GILLHOOLEY'S PUB
↓
CARACOL
↓
RPM BAR / RPM PUB / RPM CLUB
↓
OSKAR'S PUB
↓
TERMINAL BAR-SPECTACLE — 1990–1992
↓
BILLARD FATS — documenté en 1993
Cette succession replace le Terminal dans une histoire beaucoup plus longue que ses seuls 18 mois d'existence. Le 1635 n'est pas seulement l'adresse d'une salle de concerts disparue : c'est un étage commercial dont les usages peuvent être suivis sur plusieurs générations, depuis les commerces du début du XXe siècle jusqu'aux bars et salles de spectacles de la fin du siècle.
5. RPM et Oskar's : 1989–1990
Les nouvelles recherches permettent maintenant de documenter avec beaucoup plus de précision les derniers mois précédant l'ouverture du Terminal.
Une annonce du 31 août 1989 situe RPM BAR au 1635 Sainte-Catherine Ouest. Une autre annonce du 2 janvier 1990 présente RPM PUB à la même adresse, avec EAST SIDE PLAYERS et le numéro 933-6900.
Quelques semaines plus tard, le lieu change de nouveau d'identité. OSKAR'S est documenté au 1635 dès le 24 mars 1990, avec BARD et une jam session. Une annonce du 14 avril 1990 proclame ensuite la « Grand opening » d'Oskar's, encore une fois avec BARD.
Le 25 mai 1990, Mark Lepage décrit Oskar's comme un nouvel ajout à la scène des clubs montréalais et y annonce BACKBONE et PLAYHOUSE. Oskar's est donc clairement une salle présentant de la musique live, et non simplement un pub.
Un détail est particulièrement révélateur : Oskar's utilise le 933-6900, soit le même numéro de téléphone que RPM. Cette continuité téléphonique est compatible avec un changement d'identité du même établissement, même si elle ne suffit pas à elle seule à établir la continuité juridique ou la propriété des deux clubs.
Une année de transformations
1990 : RPM → OSKAR'S → TERMINAL
En moins d'un an, le bar du deuxième étage du 1635 passe de RPM à OSKAR'S, puis au TERMINAL BAR-SPECTACLE. Cette succession rapide illustre parfaitement l'instabilité des petites salles montréalaises de cette époque.
6. La transformation en Terminal
Faria et Vitas ne se contentent pas de changer le nom d'Oskar's. Ils entreprennent une transformation substantielle du local avant l'ouverture du Terminal. Les rénovations leur coûtent environ 75 000 $.
À l'avant se trouve une pièce lambrissée de chêne comprenant une table de billard et conservant une atmosphère de pub. De nouvelles portes séparent cette partie du véritable bar-spectacle.
La salle principale mesure environ 45 mètres de longueur sur 8 mètres de largeur. La scène est surélevée et agrandie, tandis que des banquettes surélevées longent les deux murs.
À gauche de la scène se trouve une autre pièce fermée comprenant une table de billard et un écran vidéo. Elle permet notamment de suivre le spectacle à distance du niveau sonore de la salle principale.
Le système de son et l'éclairage sont considérablement améliorés pour répondre aux exigences d'un bar d'environ 250 personnes. Une loge est également aménagée pour les artistes, avec une étoile sur la porte.
« When in doubt, paint it black. »
7. L'ouverture du 12 décembre 1990
Le Terminal Showbar ouvre officiellement le mercredi 12 décembre 1990. Deux semaines auparavant, Mark Lepage présentait déjà le projet comme une nouvelle salle de 250 places susceptible de modifier la géographie du rock montréalais.
Faria affirme alors que le Terminal entend concurrencer CLUB SODA et LES FOUFOUNES ÉLECTRIQUES, non pas nécessairement par le style musical, mais par le calibre des artistes présentés.
Dès le 16 décembre 1990, BOB'S YOUR UNCLE, de Vancouver, est annoncé dans la nouvelle salle. Pour le temps des Fêtes, on y retrouve également 39 STEPS, DISASTER AREA, SENSE OF DOUBT et THE SHERLOCKS.
8. Station 10 et Terminal : deux salles complémentaires
Le Terminal ne remplace pas STATION 10. Les deux établissements fonctionnent simultanément et occupent des fonctions différentes dans l'écosystème musical de Faria et Vitas.
Station 10 demeure la petite salle où de jeunes groupes peuvent faire leurs premières armes devant public. Faria décrit le Terminal comme l'étape suivante : une salle plus grande et mieux équipée, permettant aux formations ayant déjà acquis une certaine expérience de se produire dans des conditions plus professionnelles.
Faria cherche d'ailleurs à éviter une trop grande duplication des groupes et des clientèles entre les deux établissements. Station 10 doit conserver son caractère de petite salle immédiate et brute, alors que le Terminal offre une scène, une sonorisation et un éclairage plus élaborés.
Deux salles parallèles
STATION 10 — 2071 Sainte-Catherine Ouest
Petite salle, groupes émergents, premières expériences scéniques.
TERMINAL — 1635 Sainte-Catherine Ouest
Salle plus grande, environ 250 personnes à l'ouverture, infrastructure
professionnelle et programmation plus ambitieuse.
9. Une programmation exceptionnellement large
La programmation du Terminal dépasse largement une définition étroite du « rock ». En seulement 18 mois, la salle accueille du punk, du hardcore, du métal, du ska, du blues, du reggae, du dub, du rock alternatif, du hip-hop et différentes formes de musique indépendante.
Parmi les artistes documentés ou recensés au Terminal figurent notamment RUN-DMC, BARENAKED LADIES, CRASH TEST DUMMIES, AGENT ORANGE, MURPHY'S LAW, THE MIGHTY MIGHTY BOSSTONES, THE TOASTERS, BAD MANNERS, UK SUBS, GOVERNMENT ISSUE, GORGUTS, KATAKLYSM, THE ASEXUALS, RHEOSTATICS, RIPCORDZ, RAY CONDO, JOHN WESLEY HARDING, LONNIE BROOKS, SONNY SHARROCK, THE MIGHTY DIAMONDS, BUCKWHEAT ZYDECO, INFAMOUS BASTURDS, HAZY AZURE, AMERICAN DEVICES, BARF, LES BONS À RIEN, LEPROCY et plusieurs autres.
Le 13 avril, le Terminal accueille également le deuxième concert-bénéfice annuel d'Amnistie internationale Groupe 16, avec RIPCORDZ, DYSFUNCTIONS, PUSH-PULL et THE OUTSKIRTS.
Le blues occupe également une place importante. Une série Black Blues présente notamment TINSLEY ELLIS, JIMMY ROGERS et EDDIE SHAW & THE WOLF GANG.
Le 11 octobre 1991, The Gazette annonce un remarquable programme reggae réunissant 809 BAND, le poète dub jamaïcain MUTABARUKA et THE MIGHTY DIAMONDS.
Des sources externes documentent également des spectacles qui ne sont pas nécessairement représentés dans les articles de presse conservés. Par exemple, BOIZE et ANXIETY sont documentés au Terminal le 15 avril 1991, tandis que les données de setlist.fm recensent encore plusieurs concerts à la fin de mai 1992, dont IMMOLATION et STONE VALLEY.
10. Au-delà du rock : théâtre et performance
L'une des particularités les plus intéressantes du Terminal est que sa programmation ne se limite pas à la musique. Faria et Vitas tentent également d'introduire leur clientèle à différentes formes de théâtre et de performance alternative.
Le metteur en scène STEWART GLEN y présente DRINKING IN AMERICA, inspiré de l'œuvre scénique d'Eric Bogosian. Le peintre et performeur PETER PEREIRA y présente pour sa part PARADOX BOX, mélangeant peinture en direct, danse, poésie et improvisation musicale.
Le Terminal devient ainsi, à certains moments, un espace hybride où concert rock, théâtre alternatif et performance artistique peuvent cohabiter. Cette ouverture distingue la salle d'un simple bar rock.
11. La fermeture de juin 1992
Le 1er juin 1992, le Terminal ferme ses portes après environ 18 mois d'activité. Trois jours plus tard, Mark Lepage annonce sa disparition dans The Gazette.
Selon l'explication donnée par Casey Faria au journaliste, un ancien propriétaire des lieux aurait omis d'obtenir le permis municipal nécessaire pour permettre la présentation de musique amplifiée à fort volume. Des résidents du voisinage auraient déposé plusieurs plaintes concernant le bruit, menant finalement à l'intervention de la police et à la fermeture.
Il convient de présenter cette explication comme la version donnée par Faria à l'époque. Un article du Westmount Examiner publié quelques mois plus tard évoque également la fermeture du Terminal à la suite de plaintes pour bruit, ce qui corrobore au moins cette partie du récit.
La réglementation n'est toutefois pas le seul problème. Faria reconnaît également que le Terminal fonctionne constamment à déficit. Les pertes de la grande salle commencent à affecter Station 10, plus petite mais plus rentable. La récession du début des années 1990 accentue encore la fragilité économique de l'entreprise.
1er juin 1992
Après environ 18 mois
La fermeture du Terminal résulte d'un contexte où se croisent plaintes pour bruit, questions de permis, difficultés économiques et fragilité structurelle des petites salles indépendantes.
12. La saisie et la vente de juillet 1992
Un document municipal permet de suivre l'histoire du Terminal au-delà de sa fermeture. Le 25 juillet 1992, un avis annonce la vente aux enchères de biens appartenant à 2523-9252 Québec Inc. — Bar Spectacle Terminal.
Les biens, décrits comme de l'équipement de bar, sont alors sous saisie pour le non-paiement de taxes spéciales de 1991. La vente est fixée au 28 juillet 1992 à 14 h, directement au 1635 Sainte-Catherine Ouest, 2e étage.
Cette saisie est un événement postérieur à la fermeture. Elle ne doit donc pas être confondue avec la raison ayant entraîné la cessation des spectacles au début de juin.
13. Après le Terminal
La fermeture du Terminal ne met pas fin aux activités de Casey Faria. Il continue à exploiter Station 10, qui est rénové et agrandi au début de 1993.
En septembre 1992, le Westmount Examiner annonce également que Faria rouvre BAR LE LEGEND, au 27, route 132 à Delson, avec une orientation davantage axée sur les groupes Top 40 et la comédie.
Station 10 poursuit ses activités jusqu'en septembre 1994. Faria devient ensuite notamment gérant et booker de PJ'S PUB, au 6910 Saint-Jacques Ouest, puis poursuit sa carrière dans le milieu des bars montréalais.
Larry Vitas demeure pour sa part associé à la culture musicale montréalaise. Musicien lui-même, il sera notamment connu comme bassiste de THREE O'CLOCK TRAIN. Une photographie publiée par The Gazette lors de la réunion du groupe en 2013 l'identifie à la basse.
Quant au 1635 Sainte-Catherine Ouest, les annuaires Lovell permettent de documenter BILLARD FATS à cette adresse en 1993, soit l'année suivant la disparition du Terminal.
14. Mémoire et héritage
La durée de vie du Terminal fut courte, mais son activité fut exceptionnellement dense. La salle occupait un créneau essentiel entre les très petits bars où les groupes débutaient et les salles plus importantes du centre-ville.
Plus de vingt ans après sa fermeture, son souvenir demeurait encore présent chez les musiciens. En 2013, Mack MacKenzie de THREE O'CLOCK TRAIN évoquait notamment avec enthousiasme une série de trois soirées mémorables du groupe au Terminal sur Sainte-Catherine.
Les affiches, calendriers, annonces de journaux, annuaires Lovell et témoignages permettent aujourd'hui de reconstruire progressivement cette histoire. Ils montrent qu'entre décembre 1990 et juin 1992, le Terminal fut beaucoup plus qu'un simple bar : il constitua un carrefour temporaire mais particulièrement actif de la culture musicale indépendante montréalaise.
15. Chronologie
1910–1911 — ROYAL DYE WORKS est documenté à l'ancien
803 Sainte-Catherine Ouest.
1912–1913 — BRUN EXCHANGE LIBRARY est documenté au 803.
1913–années 1920 — STAR ELECTRIC CO. occupe le 803
Sainte-Catherine Ouest.
Vers 1927–1928 — La renumérotation de la rue fait passer
l'adresse de 803 à 1635 Sainte-Catherine Ouest; STAR ELECTRIC CO.
permet de suivre cette continuité dans les annuaires.
Fin des années 1930–début des années 1940 —
MARY LEE CANDY SHOP est documenté au 1635 par les annuaires, publicités et
articles de presse.
1949 — BARTONS BONBONS est répertorié au 1635.
1980 et 1986–1987 — ATLANTIC DELICATESSEN LTD est
documenté au 1635. CHALET LUCERNE est au 1631, au rez-de-chaussée.
Avant 1989 — GILLHOOLEY'S PUB, puis probablement
CARACOL, occupent successivement le bar du deuxième étage.
31 août 1989 — RPM BAR est documenté au
1635 Sainte-Catherine Ouest.
2 janvier 1990 — RPM PUB présente EAST SIDE PLAYERS;
téléphone 933-6900.
24 mars 1990 — OSKAR'S est documenté au 1635 avec
BARD et une jam session.
14 avril 1990 — « Grand opening » d'OSKAR'S avec BARD.
25 mai 1990 — Mark Lepage décrit OSKAR'S comme un
nouvel ajout à la scène des clubs; BACKBONE et PLAYHOUSE y sont annoncés.
29 novembre 1990 — The Gazette présente le nouveau
Terminal et photographie CASEY FARIA et LARRY VITAS dans la salle.
12 décembre 1990 — Ouverture officielle du
TERMINAL BAR-SPECTACLE.
16 décembre 1990 — BOB'S YOUR UNCLE au Terminal.
1991 — Année complète de programmation :
rock, punk, ska, blues, reggae, métal, théâtre et performance.
21 décembre 1991 — The Gazette décrit le Terminal
comme beaucoup plus grand que Station 10; JERRY JERRY AND THE SONS
OF RHYTHM ORCHESTRA et LOS PATOS sont annoncés pour le Nouvel An.
Mars 1992 — THE WAYSTRELS participent aux célébrations
de la Saint-Patrick au Terminal.
31 mai 1992 — STONE VALLEY est documenté au Terminal,
à la veille de la fermeture.
1er juin 1992 — Fermeture du Terminal.
4 juin 1992 — The Gazette publie le récit de sa
fermeture et les explications de Casey Faria.
25 juillet 1992 — Avis de saisie et de vente de
l'équipement du Bar Spectacle Terminal.
28 juillet 1992, 14 h — Vente aux enchères de
l'équipement au 1635 Sainte-Catherine Ouest, 2e étage.
17 septembre 1992 — Le Westmount Examiner revient
sur la fermeture à la suite de plaintes pour bruit et annonce les
nouvelles activités de Faria.
1993 — BILLARD FATS est documenté au 1635
Sainte-Catherine Ouest.
16. Notes et sources
- MARK LEPAGE, « City rock scene gets new 250-seat showplace », The Gazette, 29 novembre 1990. Source principale concernant l'ouverture, CASEY FARIA, LARRY VITAS, les 75 000 $ de rénovations, l'aménagement intérieur, la capacité, les prédécesseurs du local, Station 10, POODLE'S et le positionnement du Terminal dans la scène montréalaise.
- THE GAZETTE, annonces et chroniques, 1989–1990. Documents établissant notamment RPM BAR / RPM PUB au 1635 en 1989 et janvier 1990, puis OSKAR'S à partir de mars 1990.
- MARK LEPAGE, chronique du 25 mai 1990. OSKAR'S est décrit comme un nouvel ajout à la scène des clubs au 1635 Sainte-Catherine Ouest; BACKBONE et PLAYHOUSE y sont annoncés.
- COLLECTION D'ANNUAIRES LOVELL DE MONTRÉAL ET SA RÉGION. Les annuaires permettent de suivre l'ancienne numérotation du local (803 Sainte-Catherine Ouest), sa renumérotation vers 1927–1928 en 1635, puis plusieurs occupants successifs. Ils permettent également de distinguer le 1631 au rez-de-chaussée du 1635 à l'étage. Parmi les occupants documentés figurent STAR ELECTRIC CO., MARY LEE CANDY SHOP, BARTONS BONBONS, ATLANTIC DELICATESSEN LTD, OSKAR'S et, en 1993, BILLARD FATS.
- PUBLICITÉS ET ARTICLES DE PRESSE — MARY LEE CANDY SHOP, années 1930–1940. Plusieurs annonces donnent explicitement le 1635 St. Catherine West parmi les succursales Mary Lee; divers faits divers concernant des vols à main armée confirment également l'exploitation d'une confiserie Mary Lee à cette adresse.
- NICK AUF DER MAUR, chronique « Pondering the weighty problems of leisure ». Témoignage sur ATLANTIC DELICATESSEN, où le chroniqueur dit acheter des saucisses suisses et discuter avec Felix, le propriétaire.
- THE GAZETTE, article concernant le litige sur la marque BARTON'S. Le jugement oppose Barton, Incorporated, de New York, à Mary Lee Candy Shoppes Limited et à sa filiale Barton's Bonbons Limited.
- THE GAZETTE, « Best Bets » et autres annonces, décembre 1990–1992. Programmation du Terminal et spectacles documentés.
- BILL BROWNSTEIN, articles concernant Station 10 et le Terminal. Documents sur la programmation de CASEY FARIA et LARRY VITAS, les activités théâtrales et les performances alternatives.
- DANIEL FEIST, « Mutabaruka heads fine Thanksgiving triple bill », The Gazette, 11 octobre 1991. 809 BAND, MUTABARUKA et THE MIGHTY DIAMONDS au Terminal.
- BRENDAN KELLY, « Reeling from recession, local clubs ready to rock 'n' roll into new year », The Gazette, 21 décembre 1991. Comparaison entre Station 10 et le Terminal et programmation du Nouvel An.
- BRENDAN KELLY, « The Irish start partying early », The Gazette, 13 mars 1992. CASEY FARIA, Station 10, Terminal et les célébrations de la Saint-Patrick.
- MARK LEPAGE, « Foufounes an unlikely success story », The Gazette, 4 juin 1992. Source principale concernant la fermeture du Terminal, les plaintes pour bruit, le problème de permis rapporté par Faria et les difficultés financières de la salle.
- VILLE DE MONTRÉAL / AVIS DE VENTE, 25 juillet 1992. 2523-9252 Québec Inc., Bar Spectacle Terminal. Vente de l'équipement saisi fixée au 28 juillet 1992 à 14 h au 1635 Sainte-Catherine Ouest, 2e étage.
- THE WESTMOUNT EXAMINER, « Beyond Westmount's Borders », 17 septembre 1992. Mention de la fermeture du Terminal à la suite de plaintes pour bruit et des activités ultérieures de Casey Faria.
- MONTRÉAL CONCERT POSTER ARCHIVE, affiches, calendriers et documents relatifs au Terminal, 1990–1992.
- SETLIST.FM, fiche « Terminal, Montreal, QC, Canada ». Source secondaire collaborative utilisée comme outil complémentaire pour certaines dates de spectacles; les données doivent être recoupées lorsque possible.
- MARK LEPAGE, « Three O'Clock Train back on track », The Gazette, 10 avril 2013. Souvenirs de Mack MacKenzie concernant le Terminal et identification de Larry Vitas comme bassiste de THREE O'CLOCK TRAIN.



















































