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HISTOIRE DES SALLES DE MONTRÉAL

Caf’Conc’

Ouvert en janvier 1967 au Château Champlain, le Caf’Conc’ fait revivre au centre-ville de Montréal l’univers des cafés-concerts parisiens. Le comédien Guy Hoffmann, annoncé comme producteur et directeur artistique dès 1966, invite LES FRÈRES JACQUES à célébrer son inauguration. Dans un décor de moulures, de velours et de balcons ouvragés, la salle associe restauration, chanson, danse et revues de variétés. Fermée au grand public en 1991, selon son historique officiel, elle retrouve une programmation publique en avril 2026, avec TRIADE Spectacles et Jean-François Guévremont, alias RITA BAGA.

1. Présentation

Le Caf’Conc’ est une salle de spectacle aménagée au sein du Château Champlain, au centre-ville de Montréal. Son nom abrège l’expression « café-concert » et résume sa vocation : réunir dans un même lieu le repas, la musique et les arts de la scène. Son ouverture en janvier 1967 s’inscrit dans les mois précédant l’Expo 67, alors que Montréal se prépare à accueillir un public international. [3], [4], [9]

Le Caf’Conc’ appartient à la tradition des supper clubs, ces établissements où une soirée comprend à la fois un repas et un spectacle. Il se distingue par son décor inspiré de Paris et par des productions associant chanson, danse, humour et numéros de variétés. La presse des années 1960 et 1970 le situe parmi les grandes salles de divertissement des hôtels montréalais. [5], [6], [7]

Son histoire traverse plusieurs transformations : les revues élaborées des premières années, une formule de spectacle moins fréquente dans les années 1980, puis une fermeture au grand public en 1991. La relance de 2026 rend à ce lieu une programmation publique associant cabaret, humour et musique. [8], [9], [10]

2. Guy Hoffmann et la création du Caf’Conc’

Le projet artistique du Caf’Conc’ est annoncé avant même l’ouverture de l’hôtel. Le 9 juillet 1966, Télé-Radiomonde rapporte que le comédien Guy Hoffmann se prépare à occuper un poste de producteur et directeur artistique à l’hôtel Champlain. Le journal précise que le Caf’Conc’, dont l’ouverture est prévue pour janvier 1967, sera placé sous sa direction. [1]

La formule envisagée permet aux clients de dîner tout en assistant à un spectacle de plus d’une heure et demie. Le projet ne se limite donc pas à installer une scène dans un restaurant : il prévoit une soirée organisée autour d’une production artistique et du service du repas. [1]

Hoffmann intervient également dans le choix des artistes de l’inauguration. En janvier 1967, Le Petit Journal indique que LES FRÈRES JACQUES ont été invités par lui pour célébrer l’ouverture du Caf’Conc’. Ces deux articles établissent son rôle dans la préparation et le lancement de la salle, sans permettre de fixer la durée complète de son mandat. [4]

Les grandes étapes du Caf’Conc’

1966
Préparation
Direction artistique annoncée et réalisation du décor. [1], [2]
Janvier 1967
Inauguration
LES FRÈRES JACQUES participent à l’ouverture. [4]
1991
Fermeture au public
Date indiquée par l’historique officiel de la salle. [9]
Avril 2026
Renaissance
Retour d’une programmation publique. [8]

3. Janvier 1967 : l’inauguration

Le 14 janvier 1967, Le Devoir publie une présentation du Château Champlain, officiellement ouvert le mercredi précédent, soit le 11 janvier. L’article décrit les différents restaurants et bars de l’hôtel, parmi lesquels le Caf’Conc’, présenté comme un restaurant-théâtre à la décoration particulièrement opulente. Il lui attribue 219 places. [3]

Le lendemain, 15 janvier 1967, Le Petit Journal consacre un article aux FRÈRES JACQUES, arrivés à Montréal au cours de la semaine pour célébrer l’inauguration du Caf’Conc’. Le journal annonce un séjour d’une durée de huit jours. Ce témoignage associe directement le groupe vocal français à l’ouverture de la salle. [4]

L’article, signé Danièle Sauvage, décrit également leur aisance sur la petite scène du nouveau lieu. Le Caf’Conc’ commence ainsi son histoire avec un ensemble dont le spectacle repose autant sur le chant que sur le jeu scénique, les gestes et l’humour. [4]

Précision historique

L’ouverture de l’hôtel et celle de la salle

Le Devoir permet de dater l’ouverture officielle de l’hôtel du 11 janvier 1967. Les documents réunis situent l’inauguration du Caf’Conc’ dans la même semaine, mais n’en donnent pas explicitement le jour. La date retenue pour la salle est donc janvier 1967. Les 320 places mentionnées dans l’article concernent l’Escapade, un autre établissement de l’hôtel; le Caf’Conc’ y est donné pour 219 places. [3], [4]

4. Un café-concert parisien à Montréal

Le décor constitue une part essentielle de l’identité du Caf’Conc’. Dès le 20 août 1966, The Montreal Star décrit la réalisation de ses moulures, conçues pour évoquer les cafés-concerts parisiens de la fin du XIXe siècle. L’article identifie Raymond Galand, ancien Parisien, comme l’artisan responsable des corniches, colonnes et moulures décoratives. [2]

Galand pratique le travail du staff, une technique de moulage décoratif. Le reportage décrit notamment l’emploi de plâtre, de fibres de sisal et de moules en caoutchouc. Ces détails montrent que les ornements de la salle font l’objet d’un travail artisanal spécifique pendant la construction de l’hôtel. [2]

En février 1968, le journaliste Peter Diome décrit une salle inspirée de Montmartre : tapis rouges, tentures murales rouges, portes à plusieurs niveaux et balcons à la ferronnerie ouvragée. Il relève également la présence de reproductions de Toulouse-Lautrec. Le décor participe à l’expérience de la soirée autant que le spectacle lui-même. [5]

Cette parenté avec les cabarets parisiens demeure au cœur de la présentation du lieu. En 1973, The Montreal Star rapproche le Caf’Conc’ du Lido et des Folies Bergère, en insistant sur son décor et sur ses revues mêlant danseuses, chansons et numéros de variétés. Il s’agit d’une comparaison formulée par la presse de l’époque. [7]

5. Les revues et les artistes

Dans ses premières années, le Caf’Conc’ présente des programmes réunissant plusieurs disciplines. Le 17 février 1968, The Gazette mentionne le comique-magicien DOMINIQUE, la chanteuse LYDIA GLORIA, le chanteur GUY NELSON et les danseurs de TIBOR RUDAS. La programmation fait alors une place marquée aux artistes français et aux spectacles de revue. [5]

Le 26 janvier 1971, une critique signée John P. Hardy décrit un spectacle d’environ 70 minutes mis en scène par Tibor Rudas. À l’affiche figurent LILIANE MONTEVECCHI, les RUDAS DANCERS et DANNY DEAN. Le programme associe chansons, danse, comédie, acrobatie et séquences faisant appel à des effets visuels. [6]

Le compte rendu permet aussi de saisir le déroulement d’une soirée : le repas précède ou accompagne le divertissement, puis l’éclairage diminue pour le spectacle. Hardy apprécie particulièrement la présence scénique de Liliane Montevecchi et l’efficacité de Danny Dean, tout en se montrant plus réservé sur certains tableaux et sur le cancan. Son article apporte ainsi un témoignage critique sur les productions, au-delà de leur présentation publicitaire. [6]

Les documents plus récents rappellent également les passages de PATSY GALLANT, CHARLES AZNAVOUR, MICHÈLE RICHARD, CHARLES TRENET et FRANCE CASTEL. Ces noms figurent dans le rappel historique publié par The Gazette en avril 2026; les dates de leurs engagements respectifs ne sont pas précisées dans cet article. [10]

Programmation documentée

Quelques artistes et ensembles

LES FRÈRES JACQUES — inauguration, janvier 1967
DOMINIQUE, LYDIA GLORIA, GUY NELSON et les danseurs de TIBOR RUDAS — programme décrit en février 1968
LILIANE MONTEVECCHI, RUDAS DANCERS et DANNY DEAN — revue décrite en janvier 1971
EARTHA KITT et SISTER SLEDGE — engagements récents mentionnés en décembre 1984 [4], [5], [6], [11]

6. Les années 1980 et la transformation du modèle

Le 15 décembre 1984, The Gazette publie un reportage de Lucinda Chodan consacré au recul des spectacles dans les grands hôtels. Le Caf’Conc’ y apparaît comme l’un des établissements montréalais qui proposent encore ce type de divertissement, mais sous une formule différente de celle des premières années. [11]

Le reportage indique que la salle, donnée alors pour 200 places, a présenté presque continuellement, depuis son ouverture, des revues à la française intitulées Plumes à la carte. Ces spectacles occupaient auparavant la salle environ six mois par année. En 1984, la revue n’est plus offerte que le mercredi soir. [11]

La production décrite comprend six danseurs et danseuses, une chanteuse et un magicien. Le journal relie la réduction de la fréquence des représentations au coût élevé des spectacles : éclairage, costumes et rémunération de l’orchestre. La direction explique que l’établissement perd de l’argent, ce qui limite la possibilité de revenir aux grandes productions régulières. [11]

La salle a néanmoins essayé récemment d’accueillir des vedettes comme EARTHA KITT et SISTER SLEDGE. Le reportage souligne la difficulté économique de ces engagements, dont les cachets doivent être absorbés par une salle de capacité limitée. L’évolution du Caf’Conc’ s’inscrit donc dans une transformation plus large du divertissement hôtelier, plutôt que dans un changement isolé de sa programmation. [11]

7. Fermeture au public et renaissance

L’historique publié par le site officiel du Caf’Conc’ situe sa fermeture au grand public en 1991. Cette formulation concerne l’accès du public à la programmation et ne signifie pas la disparition matérielle de la salle. [9]

Le 17 avril 2026, Brendan Kelly décrit dans The Gazette le retour des spectacles au Caf’Conc’. Il rapporte que le propriétaire du Château Champlain, Tidan, a consacré environ deux millions de dollars à la rénovation de la salle, avec le souci de retrouver son apparence ancienne. [10]

La programmation est confiée à Jean-François Guévremont, connu sous le nom de scène RITA BAGA. Le reportage indique que la nouvelle saison a commencé le jeudi précédent, soit le 16 avril 2026, avec une soirée d’humour bilingue, suivie le vendredi du premier cabaret de cette relance. [10]

Le partenariat entre l’hôtel et TRIADE Spectacles réunit trois axes : humour, cabaret et musique. La relance conserve ainsi la diversité des formes scéniques qui caractérisait le lieu, tout en donnant une place centrale à la scène drag et à une programmation contemporaine. [8], [10]

8. Importance historique

Le Caf’Conc’ témoigne d’une période où les grands hôtels montréalais participent directement à la vie culturelle de la ville. Leurs salles ne servent pas seulement à recevoir des voyageurs : elles constituent aussi des scènes où se rencontrent artistes québécois, vedettes internationales et public montréalais.

Sa singularité tient à l’association d’un décor conçu pour le spectacle, d’un service de restauration et d’une programmation de revue. Les moulures de Raymond Galand, les références à Montmartre et les productions de Tibor Rudas composent un lieu où l’architecture intérieure et le divertissement participent à une même expérience de cabaret.

L’histoire du Caf’Conc’ montre également les difficultés du modèle des soupers-spectacles lorsque les coûts de production augmentent et que les habitudes de sortie changent. Son retour à une programmation publique en 2026 ouvre un nouveau chapitre dans l’utilisation d’une salle dont l’origine remonte à 1967.

9. Notes & sources

Les références de presse ci-dessous ont été relevées dans les neuf coupures réunies pour cette fiche. Les informations concernant la fermeture au public et l’organisation de la relance sont complétées par les sources officielles indiquées. Les numéros de page imprimés sont privilégiés lorsqu’ils sont lisibles.

  1. TÉLÉ-RADIOMONDE, « Guy Hoffmann directeur artistique de l’hôtel Champlain », 9 juillet 1966, p. 5.
    Annonce du poste de producteur et directeur artistique de Guy Hoffmann et de l’ouverture prévue du Caf’Conc’ en janvier 1967. Coupure consultée : IMG_6433.jpeg, provenant de BAnQ numérique.
  2. THE MONTREAL STAR, « Chateau Revives a Rare Art », sous la rubrique « Wall Mouldings at Champlain », 20 août 1966, p. 24.
    Reportage sur les moulures en staff du Caf’Conc’ et le travail de Raymond Galand. Coupure consultée : IMG_6432.jpeg.
  3. LE DEVOIR, « Le Château Champlain, un bien bel hôtel! », 14 janvier 1967, p. 6.
    Présentation de l’hôtel, officiellement ouvert le mercredi précédent. Le texte attribue 219 places au Caf’Conc’ et 320 places à l’Escapade. Coupure consultée : IMG_6430.jpeg.
  4. DANIÈLE SAUVAGE, « Les Frères Jacques chantent les mêmes chansons depuis 22 ans, et on les aime toujours autant… », Le Petit Journal, 15 janvier 1967, p. 36.
    Les Frères Jacques sont invités par Guy Hoffmann à célébrer l’inauguration du Caf’Conc’. Le journal annonce un séjour de huit jours. Coupure consultée : IMG_6434.jpeg, provenant de BAnQ numérique.
  5. PETER DIOME, « Ourtown, At Night », The Gazette, 17 février 1968, section consacrée à « Le Caf’ Conc ».
    Description du décor et de la programmation, avec Dominique, Lydia Gloria, Guy Nelson et les danseurs de Tibor Rudas. Coupure consultée : IMG_6431.jpeg; page 45 dans le lecteur numérique.
  6. JOHN P. HARDY, « Gilded package of miniatures », The Montreal Star, 26 janvier 1971, p. 11.
    Critique d’une revue de 70 minutes mise en scène par Tibor Rudas, avec Liliane Montevecchi, les Rudas Dancers et Danny Dean. Coupure consultée : IMG_6427.jpeg.
  7. THE MONTREAL STAR, « Super Supper Clubs », 20 janvier 1973.
    Présentation du Caf’Conc’ et de la Salle Bonaventure; comparaison avec le Lido et les Folies Bergère. Coupure consultée : IMG_6429.jpeg; page 101 dans le lecteur numérique.
  8. MARRIOTT CHÂTEAU CHAMPLAIN, « Caf’Conc’ : la salle mythique du Château Champlain renaît avec une nouvelle ère culturelle », communiqué, 13 mars 2026.
    Source officielle complémentaire sur le partenariat avec TRIADE Spectacles et les trois axes de la relance : humour, cabaret et musique.
    Lire le communiqué .
  9. CAF’CONC’, « Découvrez le Caf’Conc’ », site officiel, consulté le 8 octobre 2026.
    Source de l’adresse, de l’origine du nom et de la date de fermeture au grand public, indiquée comme étant 1991.
    Consulter l’historique officiel .
  10. BRENDAN KELLY, « Downtown’s Le Caf’Conc’ reopens with a drag twist », rubrique « Friday on My Mind », The Gazette, 17 avril 2026, p. A4.
    Reportage sur la relance, les rénovations financées par Tidan et la programmation dirigée par Jean-François Guévremont. Il situe le début de la nouvelle saison au jeudi 16 avril. Les artistes historiques Patsy Gallant, Charles Aznavour, Michèle Richard, Charles Trenet et France Castel sont mentionnés dans ce rappel rétrospectif. Coupure consultée : IMG_6426.jpeg.
  11. LUCINDA CHODAN, « Why the show doesn’t go on at most hotels », The Gazette, 15 décembre 1984, p. C13.
    Reportage sur l’évolution des spectacles hôteliers, la revue Plumes à la carte, les représentations du mercredi et les engagements récents d’Eartha Kitt et de Sister Sledge. Coupure consultée : IMG_6428.jpeg; page 45 dans le lecteur numérique.

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