Upstairs Jazz Bar & Grill (Montréal)
Fondé au printemps 1986 par Christopher (Chris) Gore, et reconnu à son enseigne inversée, l’Upstairs — après quatre déménagements — est aujourd’hui le plus ancien club de jazz en opération à Montréal. Depuis 1995, Joël Giberovitch (avec son père Sydney) a propulsé le lieu au rang d’institution, alliant écoute attentive, cuisine soignée et programmation de calibre international. [1], [7], [11]
1. Origines (1986) & esprit bohéme
La première incarnation naît au 1187 rue Bishop (au-dessus du pub Charles Darwin) — d’où le nom Upstairs. Fondé par Chris Gore, c’est un petit bar paisible où cohabitent jeux de société (échecs, backgammon, darts, Scrabble, Trivial Pursuit) et jazz live. Les jam sessions attirent rapidement musiciens et noctambules ; l’entrée est souvent gratuite, la nourriture et les boissons abordables, et la salle enfumée comme il était d’usage à l’époque. [1], [11]
2. Déménagements & enseigne inversée
Six mois après l’ouverture, le bail est annulé — l’Upstairs déménage au 1429 Bishop (sous-sol). Le concept demeure : restaurant-bar, jeux & jazz. [4]
L’enseigne inversée naît ici : « Les passants regardaient en haut, ne trouvant pas l’escalier. J’ai dit à Chris de retourner l’enseigne pour indiquer que c’était en bas… et c’est resté ! » — Al Paterson. [2]
En 1990, 3e adresse au 1421 Bishop, mais avec contraintes de permis et loyer élevé. Vision bohéme de Chris (peu d’emphase “business”, pas de cover, ambiance libre) : séduisante mais fragile à long terme. [5], [11]
3. MacKay (1994–) & relance (1995–)
La chance tourne : Chris trouve au 1254 rue MacKay un local à loyer raisonnable avec licence de bar complète (4e incarnation, dès 1994). En 1995, Joël Giberovitch (23 ans) et son père Sydney reprennent le bail de l’Upstairs et amorcent une relance en profondeur. [2], [7], [8]
Joël visite New York (Village Vanguard, Blue Note, Iridium, Smalls, Bradley’s), s’inspire des meilleures pratiques, déplace la scène, améliore la sonorisation, embauche le chef Juan Barros et renomme l’endroit Upstairs Jazz Bar & Grill. [9]
Milestones : 2009, hommage à Len Dobbin, figure du jazz montréalais et pilier de l’Upstairs ; 2015, acquisition d’un Steinway modèle B pour le 20e anniversaire de la relance. [10], [7]
4. Programmation & politique de salle
L’Upstairs met de l’avant un jazz éclectique (mainstream, post-bop, vocal, soul jazz, blues) et soutient la relève (collaborations avec l’Université McGill). Une politique de silence valorise l’écoute — un changement clé par rapport à l’esprit “bohème” initial. [9]
5. Ambiance & design (MacKay)
Demi sous-sol chaleureux, murs de pierre et briques, boiseries acajou, bar d’une dizaine de places face à la scène, pochettes classiques (Miles, Trane, Louis), sculptures “ragtime”, aquarium lumineux. Proximité scène-public propice à l’échange avec les artistes entre les sets. [6]
6. Artistes & communauté
L’Upstairs accueille des musicien·ne·s de premier plan et sert de tremplin à de jeunes artistes. Parmi les noms fréquemment associés au club : Ranee Lee, Oliver Jones, Jim & Chet Doxas, Guillaume Martineau, et bien d’autres. [6], [9]
Vidéo live : concert à l’Upstairs.
7. Chronologie rapide
- Printemps 1986 — 1187 Bishop (fondation, Chris Gore). [1]
- 1986–1990 — 1429 Bishop (enseigne inversée, sous-sol). [2], [4]
- 1990–1994 — 1421 Bishop (contraintes de permis/loyer). [5], [11]
- 1994– — 1254 MacKay (licence complète). [2]
- 1995– — Reprise par Joël & Sydney Giberovitch; relance. [7], [8]
- 2009 — Disparition de Len Dobbin (pilier du club). [10]
- 2015 — Steinway modèle B (20e anniversaire). [7]
- Aujourd’hui — Plus ancien club de jazz montréalais en activité. [7], [11]
8. Notes & sources
- Helen Rochester, « Jazz music and board games on menu downstairs at Upstairs », The Gazette, 20 déc. 1986.
- Al Paterson, Facebook, « Woodys, Bishop street and other great Montreal moments », 8 août 2022.
- Entretien Al Paterson × JF Hayeur, juin 2024.
- Chris Gore, Facebook, « Woodys, Bishop street and other great Montreal moments », 6 nov. 2021.
- The Gazette, rubrique Jazz, 28 sept. 1990.
- Arthur Kaptainis, « Straight ahead for jazz », The Gazette, 13 sept. 2003.
- Peter Hadekel, « Two decades at the top », The Gazette, 10 nov. 2015.
- Irwin Block, « Upstairs celebrates 10 years of jazz », The Gazette, 14 sept. 2005.
- Mike Boone, « It don’t mean a thing if it ain’t got that swing », The Gazette, 13 juill. 2009.
- Irwin Block, « Dobbin dedicated his life to music, jazz and musicians », The Gazette, 10 juill. 2009.
- Chris Gore — commentaires avec JF Hayeur, 7 juill. 2024.




















































