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L’Air du Temps (Montréal)

Club de jazz emblématique du Vieux-Montréal, actif de 1978 à 2002, L’Air du Temps a servi pendant près d’un quart de siècle de laboratoire, de refuge et de « salon de musique » pour plusieurs générations de jazzmen montréalais. Situé au 191, rue Saint-Paul Ouest, il combinait un décor singulier fait de reliques européennes, une capacité intime d’une quatre-vingt-dizaine de places et une programmation où se côtoyaient légendes locales, musiciens de passage et jeunes groupes en quête de scène.

1. Présentation & contexte

Pendant près de vingt-quatre ans, L’Air du Temps constitue l’un des cœurs battants du jazz montréalais de proximité. À la différence des grandes salles et des festivals, le club opère à échelle humaine : une capacité d’une quatre-vingt-dizaine de personnes, une scène minuscule où l’on joue presque au contact des tables, et une clientèle mêlant musiciens, habitués, curieux, touristes et travailleurs du Vieux-Montréal.

Les témoignages de la presse et des musiciens convergent : il s’agit d’un « club de musiciens ». On y vient pour expérimenter des compositions inédites, reprendre confiance après une tournée, roder un nouveau groupe ou simplement écouter ses collègues et prendre le pouls de la scène. Dans les années 1990, certains chroniqueurs soulignent que, dans un contexte où le Black Bottom, l’Esquire Show Bar, le Rockhead’s Paradise et le Rising Sun ont disparu, L’Air du Temps fait figure de dernier établissement du genre.

2. Fondation & premières années (1978–1979)

L’Air du Temps est fondé par Paul Minuto, qui ne s’est pas contenté de faire trois fois le tour du monde comme capitaine d’un yacht privé appartenant à un millionnaire : il concrétise aussi son rêve d’ouvrir un club où l’on peut écouter du jazz de qualité dans un environnement confortable. Avec l’aide d’un menuisier et de quelques étudiants, il investit 180 000 $ pour transformer, en un an et demi, un ancien entrepôt du Vieux-Montréal construit en 1842 en un club de jazz à l’ambiance Art déco.

Un article du Montreal Star (24 février 1979) indique que le club est ouvert depuis « huit mois », situant son lancement à l’été 1978. Une chronique de The Gazette du 14 septembre 1978 mentionne déjà L’Air du Temps comme un nouveau club de jazz du Vieux-Montréal, désormais dans sa « deuxième semaine d’opération », ce qui confirme l’ouverture officielle en début de saison automnale après une mise en route estivale.

Dès ses débuts, la salle propose une programmation relevée : la presse signale la présence de la chanteuse GERALDINE HUNT, originaire de Chicago, du trompettiste STEVE HOLD, du pianiste de ragtime BILLY GEORGETTE, du saxophoniste new-yorkais BILLIE ROBINSON ainsi que de BOB MOVER. Le club se positionne d’emblée comme un lieu où cohabitent artistes locaux et musiciens nord-américains en tournée.

3. Décor, architecture intérieure & ambiance

L’un des traits les plus commentés de L’Air du Temps est son décor, décrit à la fin des années 1990 comme un véritable « musée ». Installé dans un bâtiment du milieu du XIXe siècle, le club combine murs de briques apparentes, escalier en spirale provenant d’un autobus à impériale londonien, salons-wagons issus du premier métro de Paris, ventilateurs au plafond, petite mezzanine perchée au-dessus de la salle, lustres et abat-jour éclectiques.

Cette accumulation de pièces récupérées — double-deckers, métro parisien, mobilier d’époque — donne littéralement une âme aux quatre murs. Pour reprendre l’image d’un critique, les objets « ne signifient pas grand-chose sans les musiciens : ce sont eux, les vrais meubles ». Le club privilégie une ambiance d’écoute : lumière tamisée, tables serrées, proximité extrême entre la scène et le public, et un perroquet nommé Norman, dont le seul mot connu est « allô », qui devient au fil du temps une sorte de mascotte du lieu.

4. Programmation, styles & rôle dans le jazz montréalais

Sur plus de vingt ans, L’Air du Temps se distingue par un éclectisme assumé à l’intérieur d’un cadre résolument jazz. On y retrouve :

  • du jazz moderne et du bebop joué par la relève montréalaise ;
  • du jazz fusion et des formations associées à la galaxie d’UZEB (Michel Cusson, Alain Caron, Paul Brochu) ;
  • des soirs de musique brésilienne, popularisés notamment par PIERRE VERVILLE ;
  • des soirées expérimentales, où l’on « casse » des compositions inédites ;
  • des évènements spéciaux en marge du Festival international de jazz de Montréal, pendant lesquels des artistes comme PAT METHENY viennent jouer quelques soirs dans ce minuscule espace.

Le bassiste MICHEL DONATO raconte que le club lui évoque le Birdland ou le Five Spot Café de New York : un endroit où l’on peut entendre de grands musiciens dans une proximité rarement possible ailleurs. À la fin des années 1990, alors que le Black Bottom, l’Esquire Show Bar, le Rockhead’s Paradise et le Rising Sun ont fermé, des articles du journal Voir décrivent L’Air du Temps comme le dernier bastion de ce type de club de jazz à Montréal.

5. La descente de police de 1979 & les enjeux du milieu

À l’été 1979, une descente de police marque l’histoire du club. Le mandat mentionne des recherches d’« activités radicales et d’armes à feu », à la grande stupéfaction de Paul Minuto. Celui-ci déclare en substance que « c’est un club de jazz, un beau club de jazz propre. Personne n’a un dossier ici, personne ne porte d’armes. Tout le monde est straight. C’est quoi l’histoire ? »

Le bassiste CHARLIE BIDDLE, alors en poste chez Tiffany’s sur la rue Crescent, affirme croire que le raid visait à mettre Minuto en faillite : selon lui, « quelqu’un est là pour faire de la place, ruiner le club. Les gens recommencent à aimer le jazz, et les gens du disco sont inquiets. M. Minuto dirige un club décent, le meilleur club de jazz de la ville ». Cet épisode illustre les tensions entre le renouveau du jazz live et d’autres intérêts commerciaux du centre-ville à la fin des années 1970.

6. Vingt ans de scène : entre laboratoire et dernier bastion (années 1980–début 1990)

Pendant près de vingt ans, la boîte de jazz de la rue Saint-Paul est le lieu préféré des musiciens d’ici. On souligne que, d’un strict point de vue architectural, on entre presque dans un musée, mais que tout cela ne signifie rien sans les musiciens, qui sont « les vrais meubles ». C’est là qu’ils viennent présenter leurs nouvelles compositions, tenter des expériences, se redonner confiance ou simplement écouter leurs collègues.

La liste des artistes qui y jouent régulièrement au tournant des années 1980 et 1990 est impressionnante : on y croise NELSON SYMONDS, MICHEL CUSSON, ALAIN CARON, PAUL BROCHU, MICHEL DONATO, CHARLES PAPASOFF, LORRAINE DESMARAIS et bien d’autres. Dans un article de remémoration, un chroniqueur raconte qu’on a réussi à faire « fitter » le groupe des TÊTEUX avec NORMAND BRATHWAITE sur une scène minuscule, avec amplificateurs, claviers et instruments empilés les uns sur les autres : un concert resté mémorable.

Le guitariste et imitateur PIERRE VERVILLE y partage son amour pour la musique brésilienne lors de soirées thématiques. Le club joue ainsi un rôle de laboratoire, où coexistent jazz, fusion et excursions vers d’autres univers.

7. Crise économique & fermeture de 1991

À partir de la fin des années 1980, L’Air du Temps subit de plein fouet la récession, la hausse des taxes et la transformation du Vieux-Montréal. Les propriétaires à partir de 1987, Christian Chartier et GILLES FORTIER, doivent composer avec une diminution significative de la clientèle, que certains articles estiment à 30 à 50 %.

Le 29 décembre 1991, ils ferment les portes de l’établissement. Des chroniqueurs soulignent alors qu’il en coûtait environ 10 $ pour entendre des musiciens et des bands extraordinaires — de MICHEL CUSSON à MIKE STERN, en passant par PAUL BROCHU, LENI STERN et LORRAINE DESMARAIS. La fermeture est perçue comme un symbole des difficultés économiques touchant les clubs de jazz indépendants au tournant des années 1990.

8. Renaissance de 1992 (ère Lucie Thibault)

En 1992, L’Air du Temps rouvre en septembre grâce à la nouvelle propriétaire LUCIE THIBAULT, qui avait été barmaid sous l’ancien régime du club. Elle fonde ou utilise la société par actions 2951-0633 QUÉBEC INC., dont le nom d’usage L’AIR DU TEMPS JAZZ apparaît au Registre des entreprises en 1995.

Pour marquer la réouverture, Thibault organise un concert spectaculaire : SORTIE, un groupe all-star dirigé par le trompettiste DENNY CHRISTIANSON, avec le bassiste ALAIN CARON et le batteur PAUL BROCHU, tous deux du groupe UZEB. Le groupe incarne la ligne artistique que le club met de l’avant au début des années 1990 : intelligence du jazz, recours à l’électronique, virtuosité technique, tout en conservant l’intimité d’une petite salle.

Sous Lucie Thibault, L’Air du Temps demeure une scène centrale pour le jazz montréalais de haute tenue — à la fois accessible pour le public et exigeant pour les musiciens.

9. Relance de 2001 & fermeture définitive (2002)

Le 3 août 2001, The Gazette annonce une nouvelle administration à L’Air du Temps, marquée par une série de quatre spectacles de la pianiste et chanteuse de jazz canadienne DIANA KRALL à 100 $ le billet. Le club est alors relancé par PAUL MINUTO, propriétaire d’origine, qui l’avait dirigé pendant huit ans avant de le vendre.

Minuto, alors âgé de 50 ans, déclare vouloir faire du club une vitrine pour les talents internationaux : « J’étais très jeune quand j’ai ouvert L’Air du Temps. Je n’aurais jamais dû le vendre. Je veux établir le club comme le lieu majeur du jazz à Montréal. Je veux que les clients respectent le club. On va vous offrir un vrai set, mais on ne veut pas que les clients parlent pendant le spectacle. » Pour l’ouverture, le guitariste DENIS LEPAGE et le saxophoniste CHARLES PAPASOFF sont en tête d’affiche, et la chanteuse MARJO ouvre la semaine suivante.

Minuto ajoute, à propos de son attachement au club : « J’ai toujours été amoureux de L’Air du Temps. Je ne veux pas le voir mourir. Si vous étiez toujours amoureux de votre ex-femme, combien paieriez-vous pour la reconquérir ? » Il annonce que 10 % des frais d’admission de chaque représentation seront versés à l’Hôpital de Montréal pour enfants.

Malgré ces efforts, la relance ne parvient pas à stabiliser l’établissement. Le 29 juillet 2002, The Gazette rapporte que le « bon vieux club de jazz L’Air du Temps » a fermé ses portes de manière définitive. On y rappelle qu’il y avait eu tout lieu de croire, l’année précédente, que le club rouvrirait à temps pour le festival de jazz et que la venue de Diana Krall dans la petite salle s’était annoncée — promesse qui ne s’est jamais concrétisée. Les rénovations sont achevées, mais les portes sont restées solidement verrouillées.

10. Artistes notables & scènes mémorables

Sur la base des coupures de presse et des témoignages recensés, on peut associer à L’Air du Temps, entre autres :

  • GERALDINE HUNT
  • STEVE HOLD
  • BILLY GEORGETTE
  • BOB MOVER
  • MICHEL DONATO
  • MICHEL CUSSON
  • MIKE STERN
  • LENI STERN
  • PAUL BROCHU
  • ALAIN CARON
  • LORRAINE DESMARAIS
  • LES TÊTEUX (avec NORMAND BRATHWAITE)
  • PIERRE VERVILLE (soirées brésiliennes)
  • PAT METHENY (évènements spéciaux liés au festival)
  • SORTIE (DENNY CHRISTIANSON, ALAIN CARON, PAUL BROCHU)
  • DENIS LEPAGE
  • CHARLES PAPASOFF
  • MARJO

Cette liste ne prétend pas à l’exhaustivité, mais elle reflète la diversité des musiciens, des styles et des générations qui se sont croisés au fil des années dans ce petit club de la rue Saint-Paul.

11. Structure juridique & dossier d’entreprise

À partir du début des années 1990, l’exploitation de L’Air du Temps est liée à la société par actions 2951-0633 QUÉBEC INC., constituée le 25 mars 1992 selon la Loi sur les compagnies (partie 1A), et immatriculée au Registre des entreprises le 17 mars 1995. Le dossier indique les éléments suivants :

  • NEQ : 1143804640.
  • Forme juridique : société par actions (Québec), maintenant régie par la Loi sur les sociétés par actions (RLRQ, c. S-31.1).
  • Nom d’usage : L’AIR DU TEMPS JAZZ (déclaré le 17 mars 1995, retiré le 7 octobre 1997).
  • Actionnaire majoritaire : LUCIE THIBAULT (également administratrice, domiciliée à Montréal).
  • Autres actionnaires : INVESTISSEMENT PRIMM 2000 INC. et JEAN-MARC DENIS (domiciliés à Brossard).
  • Effectifs déclarés : de 6 à 10 salariés au Québec.

La société est radiée d’office le 5 mai 2000 à la suite de la non-production de deux déclarations de mise à jour annuelles consécutives. Cette radiation n’empêche pas la poursuite d’activités sous forme de relance ponctuelle, comme le prouve le projet de réouverture mené par Paul Minuto en 2001.

12. Localisation, mémoire & héritage

Installé au 191, rue Saint-Paul Ouest, à quelques pas du Vieux-Port, L’Air du Temps profite d’un emplacement à la fois discret et central. Le club s’inscrit dans un tissu urbain où cohabitent restaurants, galeries, boutiques et lieux historiques. Pour de nombreux musiciens, il représente un ancrage : un endroit où l’on revient, entre deux tournées ou deux projets, pour retrouver la communauté jazz locale.

Si l’établissement a fermé ses portes définitivement en 2002, sa mémoire se perpétue à travers les récits de spectateurs, les coupures de presse conservées aux archives, les témoignages de musiciens et les projets d’archives comme le Montreal Concert Poster Archive (MCPA). Dans l’histoire du jazz montréalais de la fin du XXe siècle, L’Air du Temps apparaît comme l’un des derniers clubs intimistes à avoir réussi, pendant aussi longtemps, à concilier proximité, exigence musicale et esprit de communauté.

13. Notes & sources

  1. « Suddenly, jazz… », The Montreal Star, 24 février 1979 — article évoquant un club ouvert depuis huit mois, avec description de Paul Minuto, de l’investissement initial (180 000 $), de la transformation d’un entrepôt de 1842, de la capacité (91 clients) et de la programmation (Geraldine Hunt, Steve Hold, Billy Georgette, Billie Robinson, Bob Mover).
  2. « A new jazz club… », The Gazette, 14 septembre 1978 — mention de L’Air du Temps comme nouveau club de jazz, déjà dans sa deuxième semaine d’activité, confirmant l’ouverture à la fin de l’été 1978.
  3. « Police raid mystifies club owner », The Montreal Star, 11 juillet 1979 — reportage sur la descente de police, citations de Paul Minuto et commentaire de Charlie Biddle sur les enjeux économiques et la concurrence du disco.
  4. « Les vingt ans de L’Air du Temps : nouvelle ère », Voir, 9 septembre 1998 — description du décor (murs de brique, escalier de double-decker, salons-wagons du métro parisien, mezzanine, lustres), témoignage sur le rôle du club comme dernier établissement du genre à Montréal et commentaires de Michel Donato.
  5. Article sur la fermeture de 1991, La Presse — analyse de l’impact de la récession, de la hausse des taxes et de la concurrence sur les finances du club, mention de la fermeture du 29 décembre 1991 sous Christian Chartier et Gilles Fortier.
  6. « Return of L’Air du Temps hopeful sign for jazz clubs », The Gazette, 18 septembre 1992 — compte rendu de la réouverture sous Lucie Thibault, mention du groupe Sortie (Denny Christianson, Alain Caron, Paul Brochu) et du positionnement musical du club au début des années 1990.
  7. « Krall to grace reopened L’Air du Temps », The Gazette, 2 août 2001 — annonce de la relance du club par Paul Minuto, série de concerts de Diana Krall, citations de Minuto sur son attachement au lieu et sur l’importance du silence du public pendant les concerts, mention du versement de 10 % des billets à l’Hôpital de Montréal pour enfants.
  8. « It looks like the old rickety L’Air du Temps… », The Gazette, 29 juillet 2002 — constat de la fermeture définitive du club, rappel des espoirs de réouverture liés aux rénovations et à la venue annoncée de Diana Krall, description des portes demeurées verrouillées malgré les travaux complétés.
  9. Registre des entreprises du Québec, dossier 2951-0633 QUÉBEC INC. (NEQ 1143804640) — état de renseignements mis à jour au 9 décembre 2025, indiquant la forme juridique, les dates de constitution et d’immatriculation, la radiation d’office (5 mai 2000), les secteurs d’activité (CAE 9631 et 9221), le nombre de salariés, les actionnaires (Lucie Thibault, Investissement Primm 2000 inc., Jean-Marc Denis) et l’adresse du domicile de la principale actionnaire.
  10. Dossier iconographique & archives MCPA — coupures de presse numérisées (La Presse, The Gazette, The Montreal Star, Voir, Québec Rock), affiches et documents promotionnels concernant L’Air du Temps, fournis et annotés par le Montreal Concert Poster Archive.
1982
RANEE LEE
RANEE LEE

Source: The Gazette, 30 avril 1982, division Postmedia Network Inc.

1981
BILLY ROBINSON B.J. REED
BILLY ROBINSON B.J. REED

Source: The Gazette, 4 décembre 1981, division Postmedia Network Inc.

JUNE WALLACH JOHN MENEGON
JUNE WALLACH JOHN MENEGON

Source: The Gazette, 27 novembre 1981, division Postmedia Network Inc.

GINNY GRANT
GINNY GRANT

Source: The Gazette, 20 novembre 1981, division Postmedia Network Inc.

L’Air du Temps (Montreal)

An emblematic jazz club of Old Montreal, active from 1978 to 2002, L’Air du Temps served for nearly a quarter-century as a laboratory, refuge and “music parlour” for several generations of Montreal jazz players. Located at 191 Saint-Paul Street West, it combined a distinctive décor made of European relics, an intimate capacity of about ninety seats, and a program where local legends, visiting musicians and young bands seeking a stage all shared the bill.

1. Overview & context

For nearly twenty-four years, L’Air du Temps was one of the beating hearts of grassroots Montreal jazz. Unlike large halls and festivals, the club operated on a human scale: capacity for roughly ninety people, a tiny stage almost touching the tables, and a clientele mixing musicians, regulars, curious passersby, tourists and workers from Old Montreal.

Press accounts and musicians’ testimonies converge: this was a “musicians’ club”. People came to experiment with new compositions, regain confidence after tours, break in a new band or simply listen to colleagues and feel the state of the scene. In the 1990s, some writers noted that, in a context where the Black Bottom, Esquire Show Bar, Rockhead’s Paradise and the Rising Sun had all disappeared, L’Air du Temps stood as the last establishment of its kind in Montreal.

2. Founding & early years (1978–1979)

L’Air du Temps was founded by Paul Minuto, who had not only travelled three times around the world as captain of a private yacht belonging to a millionaire, but also decided to realise his dream of opening a place where quality jazz could be heard in a comfortable setting. With the help of a carpenter and a few students, he invested $180,000 to transform, in a year and a half, an old warehouse in Old Montreal built in 1842 into an Art Deco jazz club.

A Montreal Star article dated 24 February 1979 states that the club had been open for “eight months”, placing its launch in summer 1978. A Gazette column from 14 September 1978 already mentions L’Air du Temps as a new jazz club in Old Montreal, in its “second week of operation”, confirming a formal opening at the end of summer following a brief startup period.

From the start, the room offered an ambitious lineup: press mentions highlight the presence of singer GERALDINE HUNT, originally from Chicago, trumpeter STEVE HOLD, ragtime pianist BILLY GEORGETTE, New York saxophonist BILLIE ROBINSON and BOB MOVER. The club immediately positioned itself as a place where local artists and touring North American musicians shared the same intimate stage.

3. Décor, interior architecture & atmosphere

One of L’Air du Temps’ most commented features was its décor, described at the end of the 1990s as a kind of “museum”. Housed in a mid-19th-century stone building, the club combined exposed brick walls, a spiral staircase salvaged from a London double-decker bus, salon compartments said to have come from the first Paris Métro, ceiling fans, a small mezzanine perched above the room, and an assortment of mismatched chandeliers and lampshades.

This accumulation of salvaged pieces – double-deckers, Paris métro, period furniture – literally gave the four walls a soul. As one critic put it, the objects “wouldn’t mean much without the musicians: they’re the real furniture.” The club was designed first and foremost as a listening room: low lighting, tightly packed tables, extreme proximity between stage and audience, and a parrot named Norman, whose only recorded word was “hello”, who gradually became a kind of house mascot.

4. Programming, styles & role in Montreal jazz

Over more than twenty years, L’Air du Temps stood out for its deliberate eclecticism within a clearly jazz-oriented frame. It hosted:

  • modern jazz and bebop played by the emerging Montreal generation;
  • jazz fusion and bands tied to the UZEB universe (Michel Cusson, Alain Caron, Paul Brochu);
  • Brazilian music nights, notably popularised by PIERRE VERVILLE;
  • experimental evenings, where brand-new compositions were “tested” on a live audience;
  • special events on the fringes of the Montreal International Jazz Festival, during which artists like PAT METHENY played a few nights in the tiny room.

Bassist MICHEL DONATO has said that the club reminded him of Birdland or the Five Spot Café in New York: a place where you could hear great musicians in a proximity almost impossible elsewhere. By the end of the 1990s, with the Black Bottom, Esquire Show Bar, Rockhead’s Paradise and the Rising Sun gone, articles in Voir described L’Air du Temps as the last bastion of this kind of genuine jazz club in Montreal.

5. The 1979 police raid & scene politics

In the summer of 1979, a police raid left its mark on the club’s history. The warrant mentioned a search for “radical activities and firearms”, to Paul Minuto’s great astonishment. He told the press, in essence, that “this is a jazz club, a nice clean jazz club. Nobody here has a record, nobody carries a gun. Everyone’s straight. What’s going on?”

Bassist CHARLIE BIDDLE, then playing at Tiffany’s on Crescent Street, publicly argued that the raid was aimed at driving Minuto into bankruptcy. According to him, “someone is trying to clear space, ruin the club. People are starting to like jazz again, and the disco people are worried. Mr. Minuto runs a decent club, the best jazz club in the city.” The episode illustrates the tensions between the revival of live jazz and other commercial interests downtown in the late 1970s.

6. Twenty years on stage: lab and last bastion (1980s–early 1990s)

For close to twenty years, the little jazz box on Saint-Paul Street was described as the favoured haunt of local musicians. Writers noted that, from a purely architectural point of view, you were “almost walking into a museum”, but that this meant little without the players themselves, “the real furniture”. This was where they came to present new compositions, try things out, regain confidence or simply listen to one another.

The roster of artists who played there regularly at the turn of the 1980s and 1990s is impressive: you crossed paths with NELSON SYMONDS, MICHEL CUSSON, ALAIN CARON, PAUL BROCHU, MICHEL DONATO, CHARLES PAPASOFF, LORRAINE DESMARAIS and many others. In a retrospective article, a writer recalls that they managed to “fit” the entire band LES TÊTEUX with NORMAND BRATHWAITE onto the tiny stage, with amplifiers, keyboards and other instruments stacked one on top of the other — an unforgettable show.

Guitarist and impressionist PIERRE VERVILLE shared his love of Brazilian music there during themed evenings. In this way, the club played a role as a laboratory, where jazz, fusion and forays into other musical territories coexisted.

7. Economic crisis & the 1991 closure

From the late 1980s, L’Air du Temps was hit hard by recession, rising taxes and the changing economic landscape of Old Montreal. The owners from 1987 onward, Christian Chartier and GILLES FORTIER, had to cope with a significant drop in clientele, which some articles estimated at 30 to 50%.

On 29 December 1991, they shut the club’s doors. Commentators pointed out that it still cost only around $10 to hear outstanding musicians and bands — from MICHEL CUSSON to MIKE STERN, via PAUL BROCHU, LENI STERN and LORRAINE DESMARAIS. The closure was widely seen as symbolic of the economic difficulties facing independent jazz clubs at the turn of the 1990s.

8. 1992 rebirth (Lucie Thibault era)

In 1992, L’Air du Temps reopened in September thanks to new owner LUCIE THIBAULT, who had previously worked as a barmaid under the club’s former management. She created or used the corporation 2951-0633 QUÉBEC INC., whose trade name L’AIR DU TEMPS JAZZ appears in the business registry in 1995.

To mark the reopening, Thibault staged a striking concert: SORTIE, an all-star group led by trumpeter DENNY CHRISTIANSON, with bassist ALAIN CARON and drummer PAUL BROCHU, both from the band UZEB. The group perfectly embodied the artistic direction favoured by the club in the late 1980s and early 1990s: intelligent jazz, heavy use of electronics and high-level virtuosity, all within the intimate frame of a small club.

Under Lucie Thibault, L’Air du Temps remained a central stage for high-calibre Montreal jazz — accessible to audiences, yet demanding for the musicians.

9. 2001 relaunch & definitive closure (2002)

On 3 August 2001, The Gazette announced a new management team at L’Air du Temps, marked by a series of four shows by Canadian jazz pianist and singer DIANA KRALL at $100 per ticket. The club was being revived by PAUL MINUTO, the original owner, who had run it for eight years before selling.

At age 50, Minuto said he wanted to turn the club into a showcase for international talent: “I was very young when I opened L’Air du Temps. I should never have sold it. I want to establish the club as the major jazz venue in Montreal. I want customers to respect the club. We’re going to give you a real set, but we don’t want people talking during the show.” For opening night, guitarist DENIS LEPAGE and saxophonist CHARLES PAPASOFF headlined, with singer MARJO scheduled for the following week.

Minuto added, about his attachment to the club: “I’ve always been in love with L’Air du Temps. I don’t want to see it die. If you were still in love with your ex-wife, how much would you pay to win her back?” He also announced that 10% of admission fees from each show would be donated to the Montreal Children’s Hospital.

Despite these efforts, the relaunch failed to stabilise the venue. On 29 July 2002, The Gazette reported that “the good old jazz club L’Air du Temps” had closed its doors for good. The article recalled that, the previous year, there had been every reason to believe the club would reopen in time for the jazz festival and that Diana Krall’s appearance in the tiny room had been announced — a promise that never materialised. Renovations had been completed, but the doors remained firmly locked.

10. Notable artists & memorable scenes

Based on the newspaper clippings and testimonies gathered, the following artists, among others, can be associated with L’Air du Temps:

  • GERALDINE HUNT
  • STEVE HOLD
  • BILLY GEORGETTE
  • BOB MOVER
  • MICHEL DONATO
  • MICHEL CUSSON
  • MIKE STERN
  • LENI STERN
  • PAUL BROCHU
  • ALAIN CARON
  • LORRAINE DESMARAIS
  • LES TÊTEUX (with NORMAND BRATHWAITE)
  • PIERRE VERVILLE
  • PAT METHENY
  • SORTIE (DENNY CHRISTIANSON, ALAIN CARON, PAUL BROCHU)
  • DENIS LEPAGE
  • CHARLES PAPASOFF
  • MARJO

This list does not claim to be exhaustive, but it reflects the diversity of musicians, styles and generations that passed through this small Saint-Paul Street club over the years.

11. Corporate structure & business file

From the early 1990s, the operation of L’Air du Temps was tied to the business corporation 2951-0633 QUÉBEC INC., incorporated on 25 March 1992 under the Companies Act (Part 1A) and registered in the Enterprise Register on 17 March 1995. The file contains the following key elements:

  • NEQ: 1143804640.
  • Legal form: business corporation (Quebec), now governed by the Business Corporations Act (RLRQ, c. S-31.1).
  • Trade name: L’AIR DU TEMPS JAZZ (declared 17 March 1995, withdrawn 7 October 1997).
  • Majority shareholder: LUCIE THIBAULT (also administrator, domiciled in Montreal).
  • Other shareholders: INVESTISSEMENT PRIMM 2000 INC. and JEAN-MARC DENIS (domiciled in Brossard).
  • Workforce declared: 6 to 10 employees in Quebec.

The company was struck off on 5 May 2000 following failure to file two consecutive annual update declarations. This administrative dissolution did not entirely prevent further activity under a relaunch model, as shown by the 2001 reopening project led by Paul Minuto.

12. Location, memory & legacy

Located at 191 Saint-Paul Street West, a short walk from the Old Port, L’Air du Temps benefited from a setting that was both discreet and central. The club was woven into an urban fabric where restaurants, galleries, shops and historic sites coexisted. For many musicians, it represented an anchor point: a place to come back to between tours or projects to reconnect with the local jazz community.

Although the venue closed for good in 2002, its memory survives through audience accounts, preserved press clippings, musicians’ testimonies and archival projects such as the Montreal Concert Poster Archive (MCPA). In the history of late-20th-century Montreal jazz, L’Air du Temps stands out as one of the last intimate clubs that succeeded, for such a long period, in combining proximity, musical high standards and a strong sense of community.

13. Notes & sources

  1. “Suddenly, jazz…”, The Montreal Star, 24 February 1979 — article noting a club open for eight months, including details on Paul Minuto, the initial investment ($180,000), conversion of an 1842 warehouse, capacity (91 patrons) and programming (Geraldine Hunt, Steve Hold, Billy Georgette, Billie Robinson, Bob Mover).
  2. “A new jazz club…”, The Gazette, 14 September 1978 — mention of L’Air du Temps as a new jazz club, already in its second week of operation, confirming the late-summer 1978 opening.
  3. “Police raid mystifies club owner”, The Montreal Star, 11 July 1979 — report on the police raid, including statements from Paul Minuto and comments by Charlie Biddle on economic stakes and disco-era competition.
  4. “Les vingt ans de L’Air du Temps : nouvelle ère”, Voir, 9 September 1998 — description of the décor (brick walls, double-decker staircase, Paris métro salons, mezzanine, chandeliers), testimony on the club’s role as the last establishment of its kind in Montreal, and comments by Michel Donato.
  5. Coverage of the 1991 closure, La Presse — analysis of the impact of recession, higher taxes and competition on the club’s finances, mention of the 29 December 1991 closure under Christian Chartier and Gilles Fortier.
  6. “Return of L’Air du Temps hopeful sign for jazz clubs”, The Gazette, 18 September 1992 — report on the reopening under Lucie Thibault, mention of the group Sortie (Denny Christianson, Alain Caron, Paul Brochu) and the club’s musical positioning in the early 1990s.
  7. “Krall to grace reopened L’Air du Temps”, The Gazette, 2 August 2001 — announcement of the club’s relaunch by Paul Minuto, series of shows by Diana Krall, quotes from Minuto on his attachment to the venue and the importance of silence during concerts, and mention of the 10% donation to the Montreal Children’s Hospital.
  8. “It looks like the old rickety L’Air du Temps…”, The Gazette, 29 July 2002 — confirmation of the club’s definitive closure, reminder of earlier hopes tied to renovations and Diana Krall’s announced appearance, and description of the doors remaining locked despite completed work.
  9. Registre des entreprises du Québec, file for 2951-0633 QUÉBEC INC. (NEQ 1143804640) — status report updated 9 December 2025, indicating legal form, dates of incorporation and registration, administrative dissolution (5 May 2000), activity sectors (CAE 9631 and 9221), number of employees, shareholders (Lucie Thibault, Investissement Primm 2000 inc., Jean-Marc Denis) and the principal shareholder’s home address.
  10. MCPA iconographic & archival file — digitised press clippings (La Presse, The Gazette, The Montreal Star, Voir, Québec Rock), posters and promotional documents relating to L’Air du Temps, collected and annotated by the Montreal Concert Poster Archive.

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