Casino Bellevue (Montréal)
Ancien Roseland Ballroom, le Casino Bellevue (1949–1962) au 375, rue Ontario Ouest fut le cabaret le plus important de Montréal dans les années 1950 — apogée des grandes floor-revues à prix populaire (« 50 ¢ l’entrée, 50 ¢ la bière »). [1], [2]
1. Présentation
À son apogée dans les années 1950, le Casino Bellevue s’impose comme la plus vaste scène de cabaret à Montréal : grandes revues chorégraphiées, orchestres, numéros de variétés et tarifs d’accès volontairement populaires pour remplir la salle plusieurs soirs par semaine. [1], [8]
2. Origines : du ballroom au cabaret
Holmok rachète en 1940 l’Auditorium Ballroom (devenu Auditorium Dance Palace), rebaptisé Roseland Ballroom en 1946. Le 21 avril 1949, la salle est convertie en Casino Bellevue. Des artistes majeurs y passent déjà avant la conversion, dont Louis Armstrong en 1942. [5], [6], [7], [2]
3. Modèle d’exploitation & chiffres
Étage principal de >700 sièges, ~97 employé·e·s, investissements de 8 000–10 000 $/semaine dans les spectacles ; affluence moyenne d’~1 400 personnes en semaine et >2 000 le samedi. Direction artistique confiée à Natalie Kamarova et George Komoroff (expérience Folies Bergère / Latin Quarter). Le slogan populaire — « 50 ¢ l’entrée, 50 ¢ la bière » — résume l’ADN du lieu. [8], [9], [1]
4. Programmation & vedettes
La scène du Bellevue accueille entre autres Édith Piaf, Sam Cooke, Sammy Davis Jr, The Andrews Sisters, Liberace, aux côtés d’orchestres et de revues locales. [1]
5. Contexte réglementaire & déclin
À partir de 1955, l’administration Jean Drapeau resserre la réglementation (vente d’alcool avec repas, horaires), contribuant à fragiliser l’économie des cabarets. Après le décès d’Harry Holmok le 2 septembre 1959, la conjoncture se dégrade ; la Ville exproprie 35 pieds de façade, hypothéquant l’avenir du site. Le 18 septembre 1962 a lieu la vente aux enchères du mobilier ; la démolition s’enclenche le lendemain. [10], [11], [3]
6. Biographie éclair : Harry Holmok
Né en Transylvanie (25 déc. 1898), vétéran de la Première Guerre mondiale, Harry Holmok arrive au Canada en 1922. À Montréal, il gravite tôt autour des cabarets : sous-sol de l’édifice Mayor (Café Old Heidelberg → futur Chez Maurice), Vienna Grill (1934, puis succursale 1936), rachat du Café Montmartre (1937, rebaptisé Bellevue Grill). Il convertit ensuite le Roseland en Casino Bellevue (1949) et co-ouvre la Casa Loma (1951, cédée en 1952). [3], [4], [13], [14]
7. Chronologie rapide
- 1940 — Auditorium Ballroom → Auditorium Dance Palace. [5]
- 1942 — Louis Armstrong en concert. [6]
- 1946 — Roseland Ballroom. [7]
- 21 avr. 1949 — Ouverture du Casino Bellevue. [2]
- Années 1950 — Pics de fréquentation ; grandes revues Kamarova/Komoroff. [8], [9]
- 2 sept. 1959 — Décès d’Harry Holmok. [3]
- 18–19 sept. 1962 — Vente aux enchères ; démolition amorcée. [11]
8. Notes & sources
- Wikipedia : « Bellevue Casino » — synthèse (période, slogan, statut de “plus important cabaret”).
- The Gazette, « Cafe Casino to open Thursday April 21 », 14 avril 1949 — annonce d’ouverture, adresse.
- The Gazette, « Obituaries — Harry Holmok », 3 sept. 1959 — bio, capacités, repères.
- The Gazette, « You name ’em, they booked ’em », 3 juin 1978 — historique cabarets Holmok.
- The Montreal Star, « Wood’s orchestra at auditorium », 5 sept. 1941 — période “Auditorium”.
- The Gazette, « Armstrong here at Auditorium », 14 févr. 1942 — Armstrong au Dance Palace.
- The Montreal Star, « Halloween dance at Roseland », 31 oct. 1946 — renommage “Roseland”.
- Gilmore, John, Une histoire du jazz à Montréal, 1988, p. 217 — chiffres d’exploitation & affluence.
- L’Autorité, « Le Casino a tenu le coup », 25 avril 1953 — rôle de N. Kamarova & G. Komoroff.
- The Gazette, « Once upon a time we had stars over our town », 20 sept. 1969 — contexte Drapeau / expro.
- The Gazette, « Bellevue’s last show — an auction », 19 sept. 1962 — vente & démolition.
- The Gazette, « Music Hall star sang for mob boss », 21 août 2006 — climat cabarets, vedettes.
- La Patrie, 25 févr. 1951 — liens Casa Loma.
- La Patrie, 21 mars 1953 — suivi Casa Loma / Holmok.
- The Gazette, Al Palmer, « A glittering nightclub background », 17 mai 1968 — portrait Holmok.


















