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La Brassette du Maxi (Longueuil)

Bar-spectacles emblématique de la Rive-Sud, actif surtout durant les années 1980, La Brassette du Maxi constitue un repère essentiel pour la scène rock et heavy metal de Longueuil. Adossé au complexe commercial Le Maxi sur le chemin de Chambly, l’établissement a joué un rôle central dans la vie nocturne locale, tout en cristallisant les tensions liées au bruit, à la circulation et à la sécurité dans ce secteur résidentiel en pleine transformation.

1. Présentation

La Brassette du Maxi s’inscrit dans la tradition des bars rock de banlieue qui, au cours des années 1980, ont permis l’émergence d’une scène lourde locale dynamique en dehors des grands pôles culturels montréalais. Située à l’arrière du centre commercial Le Maxi, au cœur d’un secteur en plein développement, l’établissement attire une clientèle jeune et fidèle, en quête de concerts accessibles, de bière abordable et d’une ambiance bruyante assumée.

Lieu de rassemblement pour de nombreux groupes en développement de la Montérégie, la Brassette du Maxi offre une scène de proximité où coexistent reprises de classiques hard rock et compositions originales. Le bar s’impose rapidement comme un passage quasi obligé pour les formations heavy de la région cherchant à se faire un nom avant d’accéder aux grandes salles de Montréal.

2. Contexte urbain & expansion du Maxi

L’article de la chronique « Pop Rock » du Journal de Montréal, daté du 6 février 1987, souligne l’agrandissement significatif du centre commercial Le Maxi sur le chemin de Chambly. Cette expansion en fait un pôle d’attraction commercial et social majeur pour la jeunesse longueuilloise, ajoutant au flot de visiteurs qui fréquentent déjà les commerces, le centre Brico et, à l’arrière du complexe, la Brassette du Maxi.

La présence d’un bar-spectacles à même ce complexe de banlieue reflète une tendance plus large à l’intégration de la vie nocturne au sein des nouveaux centres commerciaux périurbains des années 1980. Le stationnement et les accès routiers – notamment la proximité du boulevard Taschereau et du chemin de Chambly – favorisent la venue de clients motorisés, mais contribuent aussi aux problèmes de bruit, de circulation et de cohabitation avec les rues résidentielles voisines.

3. Faits divers, sécurité & interventions policières

Plusieurs articles du Courrier du Sud = The South Shore Courier documentent la présence récurrente de la Brassette du Maxi dans les pages de faits divers au cours des années 1980. Ces textes, signés notamment par le journaliste François Laramée, permettent de situer précisément le bar dans l’espace urbain et de mesurer l’ampleur des tensions générées par certaines soirées.

Dans l’édition du 21 janvier 1986, un article intitulé « Pour la convaincre de son amour, il la menace avec une carabine » relate l’histoire d’un homme de 38 ans qui se présente chez son ex-conjointe, sur le boulevard Roland-Therrien, et la menace avec une arme à feu. Après sa fuite, la police localise son véhicule derrière la brasserie « Brassette Maxi » située au 2479 chemin Chambly, confirmant l’adresse et l’intégration du bar dans le quadrilatère formé par le centre commercial.

Un autre article marquant, paru le 20 février 1990, relate un drame survenu dans le même local, alors identifié comme le Profil Bar, décrit comme « l’ancienne brassette Maxi ». On y rapporte que Roland « Gazou » Bélair, un Longueuillois bien connu, aurait abattu une serveuse après une altercation au sous-sol de l’établissement. Le texte précise que, la veille, Bélair aurait passé la soirée au Profil Bar, 2477 chemin de Chambly, détail qui laisse entrevoir un léger décalage d’adressage (2477/2479) mais confirme la continuité spatiale entre la Brassette du Maxi et le Profil Bar.

Ces faits divers, largement médiatisés, contribuent à associer l’adresse de la Brassette du Maxi et de son successeur à une zone à risque, marquée par des interventions policières fréquentes et des épisodes de violence, même si, pour de nombreux clients, le bar demeure avant tout un lieu de musique live et de sociabilité.

4. Programmation et scène heavy

Le portrait dressé par la chronique Pop Rock en 1987 insiste sur la vocation clairement heavy metal de la Brassette du Maxi. Le bar accueille alors des groupes de la scène québécoise lourde, dont Stormbringer, formation mise en vedette dans l’article, ainsi que des groupes émergents comme Syhon et diverses formations hard rock de la Montérégie.

Le modèle de fonctionnement est typique des bars rock de banlieue : fins de semaine thématiques, soirées de reprises de grands succès metal, concerts de groupes locaux en double programme et parfois présence de formations tenant résidence pendant quelques semaines. La proximité de la scène et la configuration relativement modeste de la salle renforcent le contact direct entre musiciens et public.

  • Stormbringer — groupe heavy metal mis en vedette dans la chronique Pop Rock (1987).
  • Syhon — formation de la scène locale heavy.
  • Divers groupes hard rock & metal de Longueuil, Brossard, Saint-Hubert et de la Montérégie.
  • Soirées de reprises et jams rock impliquant des musiciens réguliers du bar.

Des captations vidéo amateurs, réalisées vers 1987, témoignent de l’énergie déployée sur scène, de l’éclairage minimaliste et de l’atmosphère dense qui caractérise les spectacles à la Brassette du Maxi. Ces documents circulent aujourd’hui dans les réseaux d’archives indépendants et confirment l’importance du lieu dans la cartographie des petites salles heavy de la grande région de Montréal.

5. Ambiance & public

L’ambiance de la Brassette du Maxi est celle d’un bar de quartier où la musique domine l’expérience. La salle, généralement plongée dans une semi-pénombre, est animée par un système de sonorisation puissant pour l’époque, des tables alignées autour de la piste de danse et une scène rapprochée permettant aux spectateurs de se tenir à quelques mètres seulement des musiciens.

La clientèle se compose principalement de jeunes adultes de Longueuil et des municipalités voisines, attirés autant par les concerts que par la possibilité de se retrouver dans un lieu qui leur est familier, loin des grandes artères montréalaises. Les soirs de fin de semaine, la combinaison de musique forte, de consommation d’alcool et de circulation automobile intense dans le stationnement entraîne toutefois des débordements, resitués par les articles de journaux dans un contexte plus large de cohabitation difficile avec les résidents des rues adjacentes.

6. Plaintes citoyennes & cohabitation difficile

Le 21 avril 1987, un article du Courrier du Sud = The South Shore Courier intitulé « Les résidents de la rue Jules-Roche veulent avoir enfin la paix » donne la parole aux citoyens habitant derrière le centre commercial Le Maxi. Ceux-ci se plaignent de la circulation constante de camions, du bruit nocturne et de la présence de motocyclistes et d’individus qui, selon eux, cassent des bouteilles, urinent sur les pelouses et crient tard dans la nuit.

La journaliste J.-Thérèse Legendre rapporte que ces résidents ont déjà signalé leurs doléances au vice-président du centre Brico, Hubert Robitaille, puis à la Ville. L’article précise qu’« avec l’ouverture de la Brassette Maxi (au coin chemin de Chambly), la situation s’est détériorée », établissant un lien direct entre l’arrivée du bar et la montée des nuisances perçues dans le quartier.

Face à la multiplication des plaintes, le maire de Longueuil, Claude Finet, fait installer une affiche interdisant la circulation des camions sur la rue Jules-Roche, tandis que les résidents envisagent des recours juridiques si la situation ne s’améliore pas. L’article conclut sur le sentiment d’avoir « fait preuve de beaucoup de tolérance », illustrant le fossé qui se creuse entre les usagers nocturnes du centre commercial et les habitants du secteur résidentiel avoisinant.

Ces tensions montrent à quel point la Brassette du Maxi est devenue, malgré elle, un symbole des difficultés de cohabitation entre loisir nocturne motorisé et environnement résidentiel dans la banlieue sud de Montréal à la fin des années 1980.

7. Mémoire collective

Bien que l’établissement ait disparu au tournant des années 1990, la Brassette du Maxi demeure présente dans la mémoire de nombreux amateurs de musique heavy de la Rive-Sud. Pour ceux qui ont grandi à Longueuil, le bar est souvent évoqué au même titre que d’autres lieux marquants de la région, comme le Paladium, le Moustache ou, côté Montréal, le Café Campus et les Foufounes Électriques.

L’association du local avec le Profil Bar au début des années 1990, et le drame survenu en février 1990, ont aussi contribué à inscrire l’adresse du 2477/2479 chemin de Chambly dans l’imaginaire collectif comme un endroit à la fois festif et potentiellement dangereux. Les archives journalistiques, les captations vidéo de concerts et les souvenirs partagés sur les réseaux sociaux permettent aujourd’hui de reconstituer la trajectoire de ce bar emblématique, longtemps absent des histoires plus officielles de la vie nocturne montréalaise.

8. Chronologie

  • c. 1983 — Apparition de la Brassette du Maxi dans le paysage musical de Longueuil, à l’arrière du complexe Le Maxi.
  • 21 janvier 1986 — Article du Courrier du Sud : un suspect armé est localisé derrière la « Brassette Maxi située au 2479 chemin Chambly », confirmant l’adresse et la dénomination du lieu.
  • 6 juin 1986 — Selon un article ultérieur, le maire Claude Finet rappelle déjà les plaintes visant le centre Brico et, plus largement, le secteur à l’arrière du Maxi.
  • 6 février 1987 — Chronique Pop Rock dans le Journal de Montréal : mise en valeur du groupe heavy metal Stormbringer à la Brassette du Maxi, dans le contexte de l’agrandissement du centre commercial.
  • 21 avril 1987 — Article « Les résidents de la rue Jules-Roche veulent avoir enfin la paix » : les citoyens attribuent une dégradation de la situation nocturne à l’ouverture de la Brassette Maxi; interdiction de circulation pour les camions sur la rue Jules-Roche.
  • Fin des années 1980 — Apogée puis déclin de la fréquentation; le bar change d’enseigne et adopte le nom de Profil Bar, tout en conservant la même vocation de bar-spectacles.
  • 15–20 février 1990 — Drame au Profil Bar, identifié dans la presse comme « l’ancienne brassette Maxi »; l’affaire Roland « Gazou » Bélair marque durablement la réputation du lieu.
  • Début des années 1990 — Fermeture progressive du Profil Bar et disparition du bar-spectacles dans sa forme originale.

9. Sources & références

  1. Pop Rock, Journal de Montréal, 6 février 1987 — article sur l’agrandissement du centre commercial Le Maxi et la programmation heavy metal (incluant Stormbringer) à la Brassette du Maxi. BAnQ numérique.
  2. François Laramée, « Pour la convaincre de son amour, il la menace avec une carabine », Le Courrier du Sud = The South Shore Courier, 21 janvier 1986, Cahier 1 — localisation du véhicule du suspect derrière la « Brassette Maxi » au 2479 chemin Chambly.
  3. J.-Thérèse Legendre, « Les résidents de la rue Jules-Roche veulent avoir enfin la paix », Le Courrier du Sud = The South Shore Courier, 21 avril 1987, Cahier 1 — plaintes des résidents, mention de la détérioration de la situation « avec l’ouverture de la Brassette Maxi (au coin chemin de Chambly) ».
  4. François Laramée, « Roland “GAZOU” Bélair abat la serveuse qui lui avait tiré une balle au poumon », Le Courrier du Sud = The South Shore Courier, 20 février 1990, Cahier A — drame survenu au Profil Bar, 2477 chemin de Chambly, décrit comme « l’ancienne brassette Maxi ».
  5. Captations vidéo amateurs de concerts à la Brassette du Maxi (c. 1987) — archives privées et numérisations partagées dans des réseaux d’archives indépendants.
  6. Fonds de journaux locaux et régionaux consultés via BAnQ numérique (Le Courrier du Sud, Journal de Montréal, etc.).
1987
HEAVENKNOX STORMBRINGER DEMDIKE STRANGERS
HEAVENKNOX STORMBRINGER DEMDIKE STRANGERS

Source: Pop Rock, 6 février 1987, BAnQ

Lieu: Brassette du Maxi

1986
CRYPT JAGGED
CRYPT JAGGED

Source: Pop Rock, 22 novembre 1986, BAnQ

Lieu: Brassette du Maxi

HEAVENKNOX SYHON STRIKE FORCE
HEAVENKNOX SYHON STRIKE FORCE

Source: Pop Rock, 25 octobre 1986, BAnQ

Lieu: Brassette du Maxi

STORMBRINGER HEAVENKNOX
STORMBRINGER HEAVENKNOX

Source: Pop Rock, 27 septembre 1986, BAnQ

Lieu: Brassette du Maxi

STRIKE FORCE BANSHEE HORDE WHY NOT
STRIKE FORCE BANSHEE HORDE WHY NOT

Source: Pop Rock, 21 juin 1986, BAnQ

Lieu: Brassette du Maxi

KRANIUM AMANITE
KRANIUM AMANITE

Source: Pop Rock, 21 juin 1986, BAnQ

Lieu: Brassette du Maxi

STORMBRINGER HEAVENKNOX KRANIUM
STORMBRINGER HEAVENKNOX KRANIUM

Source: Pop Rock, 3 mai 1986, BAnQ

Lieu: Brassette du Maxi

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