Café Vic
Club de nuit très fréquenté situé au 97, rue Sainte-Catherine Est, actif de 1953 à 1957 (à l’étage des futures Foufounes Électriques). Propriété de Vic Cotroni et Armand Courville, le Café Vic constitue un haut-lieu de la nocturne montréalaise dans un contexte où spectacle, patronage artistique et crime organisé se côtoient étroitement.
1. Présentation
Au milieu des années 1950, le Café Vic s’impose comme l’un des rares cabarets de la Main à demeurer ouvert alors que l’administration Drapeau ferme ou restreint de nombreux établissements. Une injonction lui permet de poursuivre ses activités, consolidant un quasi-monopole sur la vie nocturne locale.
Le café, situé à l’étage du 97 Sainte-Catherine Est, fonctionnait presque jour et nuit. Il était réputé pour son ambiance soutenue et pour son importance dans le réseau plus large des cabarets montréalais.
2. Propriété & milieu
L’établissement appartient à Vic Cotroni, considéré comme l’un des fondateurs de la mafia montréalaise, et à Armand Courville, lutteur professionnel et associé de la famille Cotroni. Comme souvent, le permis n’est pas au nom des véritables propriétaires mais enregistré à un prête-nom sans casier judiciaire.
3. Fonctionnement & réputation
Le Café Vic prospère malgré les efforts de la Ville pour limiter le contrôle de la pègre sur les cabarets. De nombreux établissements liés aux Cotroni participent à ce réseau : Café Roméo, Faisan Doré, Café de la Paix, American Spaghetti House, Métropole, El Morocco, Casa Loma, Blue Sky, etc.
4. Changements 1955–1957
En février 1955, une nouvelle administration lance un concours public : « Trouvez un nom en trois lettres pour remplacer Café Vic » — prix : montres ou champagne. Le 18 juillet 1957, l’établissement est vendu et devient le Café Pal.
5. Arts & témoignages
Plusieurs personnalités témoignent d’un environnement où spectacle, patronage et crime organisé s’entrecroisent. Jacques Normand montre un Vic Cotroni passionné d’arts ; Claude Blanchard évoque ses liens fraternels avec lui.
Michèle Richard raconte avoir chanté pour Frank Cotroni en prison, le décrivant comme un homme protecteur et généreux envers les artistes. Le criminologue Maurice Cusson souligne la longue histoire entre mafia et monde du spectacle.
6. Notes & sources
- Wikipedia — Vincent Cotroni
- Wikipedia — Armand Courville
- Vic Cotroni, l’Homme, Petit Journal, 24 juin 1957
- Nouveau Café Pal’s, Montréal-Matin, 13 nov 1957
- Vic’s Café case nears conclusion, Montreal Star, 10 juin 1958
- P. De Champlain — Le crime organisé à Montréal (1940-1980)
- J. Normand — L’enfant terrible
- A. Cédilot — La Presse, 19 août 2000
- Michèle Richard — Dressée pour être star, p. 122-123
- Vic Café magnifiques spectacles de choix, Montréal-Matin, 2 févr 1955











