Skip to main content
search

Fiche salle — Centre-Ville

Chez Maurice (Montréal)

Né au tournant des années 1930 sous l’impulsion de Phil Maurice, le Chez Maurice s’impose rapidement comme l’un des cabarets les plus prestigieux de Montréal. Véritable temple du dîner-spectacle, il incarne l’âge d’or d’une ville alors surnommée le « Paris d’Amérique », où se croisent grandes vedettes du jazz, revues inspirées de Broadway et une clientèle mondaine en quête de luxe et de modernité.

⏱ Temps de lecture : 15 minutes

1. Présentation

Chez Maurice était un cabaret-restaurant haut de gamme fondé en 1930 par l’impresario montréalais Phil Maurice. Pensé dès l’origine comme un lieu de divertissement complet, il combine souper, spectacle de cabaret (floor show) et grande piste de danse, selon un modèle inspiré des établissements les plus en vue de New York.

Portrait — Phil Maurice
Office national du film du Canada, Montreal by Night, film documentaire.
Le Chez Maurice Danceland apparaît brièvement (0:53–0:59), offrant un rare témoignage visuel de son implantation sur la rue Sainte-Catherine Ouest à l’époque. [80].

D’abord installé rue St-Alexandre, dans la continuité du Patio de l’Old Heidelberg, le cabaret s’impose rapidement comme l’un des lieux les plus courus de la vie nocturne montréalaise avant de déménager en 1932 au 1244, rue Sainte-Catherine Ouest.

À son apogée, le Chez Maurice attire une clientèle élégante et nombreuse, les soirées d’ouverture rassemblant des foules importantes venues assister à des productions ambitieuses et à des performances d’artistes de premier plan. L’établissement s’inscrit ainsi parmi les cabarets les plus prestigieux du pays, contribuant à la réputation de Montréal comme capitale nord-américaine du divertissement dans les années 1930 et 1940.

Par sa programmation mêlant dîner-spectacle, danse et vedettes internationales, le Chez Maurice incarne pleinement l’âge d’or des cabarets montréalais, période durant laquelle la ville attire des artistes majeurs du jazz et de la scène américaine et s’impose comme un centre culturel et nocturne de premier plan.

2. Origines : de l’Old Heidelberg au Patio, puis à Chez Maurice (1927–1932)

Carte postale — The Patio, Old Heidelberg Café
Une carte postale publiée entre 1928 et 1930 représentant le Patio du Old Heidelberg Cafe confirme visuellement son implantation à l’angle des rues St. Alexandre et Mayor, en face de la St. James United Church [43].

Les origines de Chez Maurice remontent à la création de Old Heidelberg Cafe, Limited, dont les lettres patentes sont publiées dans la Gazette officielle du Québec le 17 décembre 1927 [27]. Constituée le 23 novembre 1927, la compagnie réunit notamment John Tinhof, Frederick Everett Partridge, Hugo Wellein, Lorne Muir Coughtry et Elsie Chappell. Son capital-actions et l’étendue des activités autorisées — restaurants, tavernes, hôtels, boulangeries et commerces alimentaires — montrent qu’il s’agit dès l’origine d’un projet commercial ambitieux et solidement structuré.

Annonce — Old Heidelberg
Café Old Heidelberg, ouverture. La Patrie, 28 janvier 1928, BAnQ

L’ouverture officielle du Old Heidelberg, annoncée par La Patrie le 28 janvier 1928, situe le restaurant à l’angle des rues Mayor et Saint-Alexandre, au cœur du centre-ville montréalais [25]. Le lieu se présente alors comme un établissement d’envergure : vaste salle à manger au décor ancien avec poutres massives sculptées, service continu, cuisine moderne, chef européen, pâtisseries maison et clientèle visée à la fois d’affaires, de sortie et d’après-théâtre. Dès les jours suivants, la presse souligne la forte affluence de la soirée inaugurale, le rôle du gérant John G. Tinhof et la place importante de la musique, assurée par un orchestre de cinq musiciens [26]. Quelques semaines plus tard, The Gazette présente même l’établissement comme le « Montreal’s Largest Restaurant », mettant en avant sa formule mêlant restauration, boissons et musique dans un cadre de sociabilité urbaine [33].

Au cours de 1928, l’établissement évolue progressivement vers une formule plus nettement nocturne. Une annonce publiée dans The Gazette le 18 septembre 1928 présente déjà le Patio comme un espace de “Supper Dance De Luxe”, associé à l’élégance, à la danse et à une clientèle mondaine [32]. Cette transformation se confirme le 2 novembre 1928, lorsque le Montreal Daily Star annonce le “Grand Opening” du Patio pour la saison hivernale, avec musique de danse jusqu’à la fermeture [31]. En quelques mois, le Old Heidelberg n’est donc plus seulement un grand restaurant : il devient aussi un lieu structuré de divertissement nocturne.

Plan d’assurance-incendie — angle St-Alexandre et Mayor
Un plan d’assurance-incendie publié en 1915 par Chas. E. Goad Co. situe l’angle des rues St. Alexandre et Mayor, emplacement du futur Old Heidelberg Cafe, déjà intégré au tissu urbain du centre-ville montréalais [42].

Le véritable tournant survient à l’été 1929, lorsque le Patio passe sous la nouvelle direction de Phil Maurice. Une annonce du Montreal Daily Star du 4 juillet 1929 présente désormais le lieu comme un restaurant cabaret, avec dinner dances, revue complète et programme de cabaret jusqu’à la fermeture [2]. La présence des Ambassadors et d’une Broadway Revue marque un changement de registre : là où l’Old Heidelberg associait restauration, musique et ambiance, le Patio devient sous Maurice un lieu de spectacle intégré. Cette réorientation se lit aussi dans sa visibilité croissante : en octobre 1929, une “Patio Midnight Revue” est présentée au Forum, tandis qu’en novembre, Phil Maurice est mentionné comme secrétaire-trésorier de l’Aero Club of Canada, révélant son insertion dans des réseaux de modernité et de prestige [37], [38].

Annonce — Patio
THE MONTREAL DAILY STAR, 4 juillet 1929.
Annonce signalant l’ouverture du Patio du Old Heidelberg Cafe sous la direction de Phil Maurice, marquant sa transformation en restaurant-cabaret avec revue et programme inspiré de Broadway. [2].

À la fin de l’année 1929, le Patio n’est déjà plus un simple restaurant : il devient un lieu de représentation. La presse le consacre comme « Montreal’s Smartest Cabaret » et « The Only Dinner Show in Town », soulignant l’élégance de son décor, la qualité de sa table et l’ambition de sa programmation. Le gala du 31 décembre 1929, où se mêlent dîner, revue et danse, cristallise cette transformation : le lieu s’inscrit désormais dans l’univers du cabaret mondain, espace de distinction autant que de divertissement [36], [35].

L’année 1930 marque un basculement décisif. L’établissement, successivement connu sous les noms de Old Heidelberg puis Patio, adopte définitivement celui de Chez Maurice, affirmant une identité nouvelle, à la fois plus ambitieuse et plus cohérente. Ce changement n’est pas qu’une affaire de façade : il s’accompagne d’une réorganisation profonde. Tandis que la compagnie Old Heidelberg Cafe, Limited amorce la remise de sa charte [34], une nouvelle entité voit le jour. Le 28 janvier 1930, Philip Maurice et John-George Tinhof, assistés du comptable Abraham Arbess, fondent la société “Maurice Enterprises, Limited”, officialisée dans la Gazette officielle du Québec quelques semaines plus tard [121].

Dotée d’un capital de 10 000 $, cette compagnie se distingue par l’ampleur de ses ambitions. Elle ne se limite pas à exploiter des restaurants ou des cafés : elle se donne pour mission d’organiser des spectacles, de produire des représentations théâtrales, de gérer des établissements de divertissement et d’investir dans des entreprises connexes. Par cette polyvalence, elle esquisse les contours d’une véritable économie intégrée du spectacle, où la scène, la salle et la structure financière participent d’un même projet.

Très rapidement, le modèle s’impose. Dès le printemps, Phil Maurice fournit des divertissements pour un supper dance du Ramblers Aero Club au Chez Maurice [39]. À l’automne 1930, une annonce présente sans ambiguïté l’établissement comme un cabaret-restaurant de la rue St. Alexander, offrant table d’hôte dinner, revue et orchestre [40]. Le principe du dîner-spectacle, amorcé au Patio, est désormais pleinement accompli. Il ne s’agit plus simplement d’un lieu où l’on mange ou où l’on danse, mais d’un espace où se compose, soir après soir, une certaine idée de la modernité montréalaise.

En 1931, le Chez Maurice franchit un nouveau seuil. Le cabaret dépasse désormais sa fonction de divertissement pour devenir un véritable lieu de sociabilité urbaine, où se croisent artistes, gens d’affaires, figures politiques et visiteurs de passage. La presse continue de le présenter comme “The Only Dinner Show in Town” [46], mais cette formule ne renvoie plus seulement à une innovation commerciale : elle désigne désormais un espace d’interaction sociale, où le spectacle se prolonge dans les relations qu’il permet de tisser. Banquets, réceptions et visites de délégations étrangères confirment cette nouvelle centralité [48], [45], [47], [49].

Cette visibilité accrue appelle un changement d’échelle. En février 1932, une annonce précise que l’établissement doit quitter la rue St. Alexander pour s’installer sur le site des Venetian Gardens, sur la rue Sainte-Catherine Ouest [50]. Ce déplacement n’est pas un simple déménagement : il marque le passage d’un cabaret déjà influent à une implantation située au cœur du principal axe commercial et nocturne de la ville, ouvrant la voie à une nouvelle phase de développement.

Carte postale — Venetian Gardens
Une carte postale des Venetian Gardens (v. 1920–1921) témoigne de l’existence, dès le début des années 1920, d’un cabaret et lieu de danse prestigieux sur le site qui sera ultérieurement occupé par le Chez Maurice [122].

Les sources rétrospectives viennent, avec le recul, donner à cette trajectoire toute sa cohérence. Dans Montreal Confidential, publié en 1950, Al Palmer identifie l’ Old Heidelberg comme le premier établissement exploité indépendamment par Phil Maurice et souligne qu’il est également à l’origine du nom Chez Maurice [41]. La trajectoire de John G. Tinhof, premier gérant du Old Heidelberg, rappelle de son côté la continuité profonde entre restauration et cabaret dans le Montréal de la première moitié du XXe siècle [28], [29], [30].

Dans cette perspective, l’histoire de l’Old Heidelberg, du Patio et du Chez Maurice apparaît moins comme une succession de lieux que comme une transformation continue : celle d’un restaurant du centre-ville devenu, en quelques années, un laboratoire où s’expérimente une nouvelle forme de vie nocturne. À travers lui se dessine l’émergence d’un modèle hybride — à la fois gastronomique, spectaculaire et mondain — qui contribuera durablement à définir l’identité du cabaret montréalais.

Un article publié dans The Gazette en avril 1932 annonce une transformation importante du Chez Maurice, dont l’espace est réinvesti pour accueillir le cabaret Maxime, dirigé par Joe Lightstone et John Tinhof [117]. Il correspond également au moment où le Chez Maurice déménage sur la rue Sainte-Catherine Ouest, amorçant une nouvelle phase de son histoire, au cours de laquelle le cabaret connaîtra son âge d’or à cette adresse jusqu’en 1950.

Reproduction architecturale — Chez Maurice
Reproduction architecturale — 1244 rue Sainte-Catherine Ouest, Montréal. Le cabaret Chez Maurice a occupé le 2e étage de 1932 à 1950.
Phil Maurice
Notice biographique

Phil Maurice (c. 1901–1983)

Actif à Montréal dès la fin des années 1920, Phil Maurice s’impose comme l’un des principaux artisans de l’âge d’or des cabarets montréalais. Impresario et exploitant, il joue un rôle déterminant dans la transformation de la vie nocturne en structurant un véritable réseau de cabarets interconnectés, incluant notamment le Stanley Grill, l’Embassy Terrace, le Lido et le Golden Dome, à travers lesquels il fait circuler des artistes issus principalement des circuits de New York et de Broadway [21].

Des sources contemporaines soulignent que Maurice figure parmi les premiers à introduire à Montréal une formule combinant restauration et divertissement, souvent décrite comme du café entertainment, dès la fin des années 1920. Cette approche, qui associe repas, musique et spectacle dans un même lieu, contribue à transformer durablement les pratiques de la vie nocturne montréalaise et à établir un modèle repris par de nombreux établissements par la suite [97].

Cette organisation lui permet de positionner Montréal comme une escale majeure des tournées nord-américaines. L’ouverture du Chez Maurice au début des années 1930 marque l’apogée de cette activité : le cabaret, situé initialement sur la rue Saint-Alexandre, puis relocalisé sur la rue Sainte-Catherine Ouest, est alors considéré comme l’un des plus prestigieux du pays, présentant des revues d’envergure et des vedettes internationales telles que Helen Morgan, Harry Richman et Mickey Alpert [1].

Au printemps 1933, Maurice étend parallèlement ses activités avec l’ouverture du Villa Maurice, situé au 1224, rue Stanley, présenté comme un cabaret plus intime, moderne et raffiné. Il y introduit de nouvelles formes de spectacles, misant sur des productions dynamiques inspirées des modèles américains, incluant notamment des numéros comiques et musicaux, dans une volonté affirmée de renouveler l’expérience du divertissement nocturne [9], [91].

Au-delà de ses propres établissements, Maurice contribue à faire venir à Montréal de nombreuses figures majeures du théâtre et du spectacle, dont Marlene Dietrich, Katharine Cornell, Charles Boyer, Charles Laughton, Olivia de Havilland, Alfred Lunt, Lynn Fontanne et Joseph Cotten, confirmant l’intégration de la ville aux circuits culturels internationaux [1][10].

Au milieu des années 1930, Phil Maurice poursuit sa carrière au sein du réseau Consolidated Theatres, tout en élargissant ses activités au-delà du seul milieu des cabarets. Il est notamment nommé gérant du Loew’s Theatre, qu’il dirige entre 1938 et 1949, période durant laquelle la salle combine films en première exclusivité et spectacles de vaudeville, consolidant sa place dans les grands circuits du divertissement nord-américain [8], [89], [90].

Parallèlement, Maurice participe à l’organisation d’événements bénéfiques et à des initiatives sociales, notamment liées au Canadian Progress Club Milk Fund, visant à soutenir les enfants défavorisés de Montréal, illustrant son implication dans la vie civique au-delà du seul domaine du divertissement [89].

Il demeure actif dans le milieu culturel montréalais pendant plusieurs décennies, et est encore mentionné dans les années 1950 et 1960 comme une figure influente du secteur du spectacle et de l’industrie théâtrale.

Il s’éteint le 15 janvier 1983 à Palm Springs, en Californie. À travers ses activités, Phil Maurice apparaît comme une figure structurante du divertissement montréalais, ayant contribué à relier durablement les scènes locales aux grands circuits du spectacle nord-américain.

3. Déménagement de 1932 & âge d’or

Le déménagement du Chez Maurice au 1244, rue Sainte-Catherine Ouest, à la fin d’ avril 1932, marque une étape décisive dans l’histoire du cabaret. Dès avant l’ouverture, la presse présente l’événement comme « The Event of the Season », annonçant une revue de 25 artistes menée par Helen Morgan, vedette des Ziegfeld Follies, avec Sam Walsh à l’animation et Hal White à la direction musicale [53]. Les annonces mettent aussi en évidence une structure tarifaire élaborée, combinant différentes formules de dîner et de spectacle, signe d’un modèle commercial déjà bien défini. Dans La Presse, le nouvel établissement, aménagé dans les anciens locaux des Venetian Gardens, est présenté comme un cabaret entièrement transformé, misant d’emblée sur une tête d’affiche internationale [4].

Carte postale — Chez Maurice
Une carte postale promotionnelle conservée à BAnQ présente le Chez Maurice comme le « Canada’s finest and largest cabaret-restaurant », confirmant le positionnement prestigieux adopté par l’établissement au début des années 1930 [78].

L’ouverture confirme immédiatement ces ambitions. Un article de La Presse rapporte que plus de 800 personnes assistent à la soirée inaugurale, dans une atmosphère mondaine et festive [51]. La salle, décrite comme élégante, adopte des tons de bleu, orange, gris doux et doré, tandis que la foule remplit rapidement le lieu, au point qu’aucune place n’est disponible vers 23 h 30. Les invités dansent au son de l’orchestre d’Al White, et la prestation de Helen Morgan, installée au centre de la salle, suscite de vifs applaudissements. Cette affluence montre que le Chez Maurice change alors clairement d’échelle et s’impose sur la rue Sainte-Catherine Ouest.

Annonce — Chez Maurice
Annonce publiée dans The Gazette le 28 avril 1932 présentant l’ouverture du Chez Maurice au 1244, rue Sainte-Catherine Ouest comme « The Event of the Season », avec une revue de 25 artistes menée par Helen Morgan et précisant les conditions d’entrée ainsi que la structure tarifaire du cabaret [53].

Les comptes rendus publiés dans les jours qui suivent insistent sur le caractère spectaculaire de cette ouverture. Le Montreal Star décrit la soirée comme l’une des plus brillantes observées à Montréal depuis l’essor des cabarets modernes, soulignant que les anciens Venetian Gardens sont devenus « littéralement méconnaissables » sous la direction de Phil Maurice [3]. Le décor, les éclairages et l’organisation de la salle participent pleinement à cette mise en scène : l’orchestre occupe une position centrale, les artistes entrent derrière lui avant de rejoindre la piste, et l’ensemble crée une atmosphère à la fois élégante et immersive.

La programmation elle-même est conçue selon les standards des grands cabarets nord-américains. Autour de Helen Morgan, la distribution réunit notamment Helen Manning, Olive Fay, Marion Young ainsi que le duo Pepita et Rhoda, tandis qu’un important chœur de danseuses complète la revue [3], [52]. Un portrait publié dans The Gazette le 30 avril 1932 replace en outre Morgan dans une trajectoire plus large, depuis ses débuts modestes à Montréal jusqu’à sa consécration internationale, notamment grâce à Show Boat [52]. Son retour au Chez Maurice revêt ainsi une forte portée symbolique : il associe le nouveau cabaret à une artiste dont la carrière relie Montréal, Broadway et les grandes scènes nord-américaines.

Pris ensemble, ces témoignages montrent qu’au printemps 1932, le Chez Maurice atteint immédiatement un niveau élevé de professionnalisation. En réunissant une vedette internationale, une troupe importante, une mise en scène ambitieuse et un modèle économique soigneusement structuré, l’établissement s’impose dès son ouverture comme l’un des pôles majeurs du divertissement montréalais.

À l'hiver 1932, Phil Maurice intervient également dans les débats entourant la réglementation des cabarets montréalais. Dans une déclaration rapportée par la presse, il critique les restrictions imposées aux heures d’ouverture, soulignant qu’une fermeture à minuit rend l’exploitation d’un établissement comme le Chez Maurice économiquement intenable et pourrait entraîner la perte de nombreux emplois. Cette prise de position illustre son rôle actif dans les tensions entre autorités municipales et industrie du divertissement, au cœur du Montréal dit « ville ouverte » [98].

« Avec tout le respect dû au chef de police, si l’on applique ces mesures, nous n’aurons qu’à remettre les clés de la porte. Il est évident qu’un café comme le Chez Maurice ne peut fonctionner avec une fermeture à minuit. Les gens sortent du théâtre à 11 heures, et s’il faut fermer une heure plus tard, il ne reste plus qu’à fermer complètement. Veut-on faire de Montréal une ville comme Toronto ? »

— Phil Maurice, The Gazette, 22 décembre 1932 [98]

4. Nouvelle administration (1933) & Villa Maurice

L’année 1933 marque une phase décisive de réorganisation, de consolidation et d’expansion pour le Chez Maurice. Dès le début de l’année, plusieurs poursuites intentées contre des cabarets montréalais — notamment pour danse après minuit ou infractions aux règlements municipaux — témoignent du climat de tension entourant la vie nocturne [54], [55], [56]. Le Chez Maurice figure parmi les établissements visés, mais une grande partie des accusations est rejetée, notamment en raison de distinctions juridiques entre licence de cabaret et licence de salle de danse, ou parce que les poursuites visaient des individus plutôt que des compagnies. Cette séquence illustre les limites d’un cadre réglementaire encore mal adapté à l’essor des cabarets montréalais.

Annonce — Chez Maurice
Annonce du The Montreal Star (25 février 1933) présentant la septième Chez Maurice Revue, produite par Jack Pomeroy, avec artistes vedettes et politique sans couvert ni minimum [5].

Parallèlement, l’établissement se structure sur le plan administratif. Une mention publiée dans The Gazette le 21 mars 1933 confirme l’incorporation de Chez Maurice, Inc., attestant du passage à une entreprise pleinement organisée [60].

Cette professionnalisation s’accompagne d’un renouvellement soutenu de la programmation. Dès la fin de février 1933, la septième édition de la Chez Maurice Revue, mise en scène par Jack Pomeroy, inaugure une série de productions d’inspiration Broadway réunissant chanteurs, danseurs, chorus girls et maîtres de cérémonie [57], [5], [58]. Prolongée jusqu’à une cinquième semaine, cette revue confirme la capacité du cabaret à fidéliser un large public [61].

Le printemps voit ensuite l’enchaînement des huitième et neuvième éditions, qui renforcent l’alignement du Chez Maurice sur les standards nord-américains [62], [63], [64], [65], [66]. Des artistes comme Joe Herbert, Selma King, Bobby Gillette, Shirley Richards et Billy Munro y occupent une place importante, tandis qu’une annonce du 3 mars 1933 révèle également l’ouverture de la scène à des artistes amateurs, soulignant un rôle actif de repérage artistique [59].

Au printemps 1933, Phil Maurice élargit parallèlement ses activités avec l’ouverture du Villa Maurice, au 1224, rue Stanley (futur Esquire à partir de 1940), conçu comme un cabaret plus intime, moderne et raffiné [6], [67], [68]. La presse insiste sur la qualité du décor, de l’éclairage et de l’aménagement, ainsi que sur la continuité des équipes, notamment avec John Tinhof [69], [70].

Annonce — Villa Maurice
Annonce du The Montreal Star (10 juin 1933) présentant le Villa Maurice, sous la direction de Phil Maurice, comme une nouvelle attraction montréalaise offrant un « dollar dinner » sans frais de couvert accompagné de spectacles complets [91].

Dès l’été, Maurice y introduit une formule de floor show renouvelé, inspirée des modèles de Broadway, combinant humour, musique et numéros de variétés. Des artistes comme Wynne Wayne et Bob Brandies participent à ces productions, qui privilégient un divertissement rythmé et accessible, dans la tradition du vaudeville américain [9]. Le succès est rapide, bien qu’un vol à main armée en novembre rappelle la vulnérabilité de ces établissements très fréquentés [71].

Pendant ce temps, le Chez Maurice connaît l’un de ses moments les plus marquants avec le triomphe de Nan Blakstone durant l’été et l’automne 1933. Son engagement prolongé attire des foules exceptionnelles et établit de nouveaux records d’affluence, surpassant plusieurs vedettes récentes [72], [73], [74], [75]. Après son départ pour New York, la programmation se diversifie avec de nouvelles revues et l’introduction de concerts-dîners dominicaux en fin d’année [76], [77].

Dans son ensemble, l’année 1933 voit donc le Chez Maurice consolider sa position au cœur de la vie nocturne montréalaise, tout en élargissant son rayonnement grâce au Villa Maurice. Entre professionnalisation, renouvellement rapide des revues et succès de vedettes comme Nan Blakstone, cette période correspond à l’un des moments les plus affirmés du développement de l’univers de Phil Maurice.

5. 1934 : développement et consolidation

En 1934, le Chez Maurice poursuit sa progression et confirme le succès de ses formules spectaculaires. Un article du The Montreal Daily Star souligne notamment la popularité croissante des spectacles de minuit, au point que la direction envisage l’ajout d’une troisième représentation quotidienne [113]. Cette formule repose sur un renouvellement constant de la programmation, attirant une clientèle en quête de divertissement soutenu et de haute qualité.

Parmi les artistes marquants, Nan Blakstone se distingue par une prestation mêlant chant et humour, saluée pour son efficacité comique et son interaction avec le public. Autour d’elle gravitent plusieurs numéros de danse et de variétés — dont Adair et Stewart, les Three Redheads, les Stewart Sisters et Arthur Ball — confirmant la richesse et la diversité de l’offre artistique du cabaret dans le Montréal des années 1930 [113].

Annonce — Lido
Cabaret Lido, rue Stanley, Montréal. Nancy Marrelli, Stepping Out: The Golden Age of Montreal Night Clubs, 1925–1955, Montréal, Véhicule Press, 2004, p. 71. Brochure promotionelle. Joe Bell Scrapbook. Archives de l'Université Concordia 2.p13a[14].

Cette dynamique s’inscrit dans un modèle plus large, également observable dans d’autres établissements montréalais tels que le Club Lido, fondé par Lou Dettner sur la rue Stanley et ouvert la même année. Cet établissement, appelé à devenir plus tard le Tic Toc, puis le Chez Parée, témoigne de la continuité de certains lieux phares de la vie nocturne montréalaise à travers différentes phases d’exploitation et de rebranding. Dans ce réseau en formation, Phil Maurice n’apparaît pas comme propriétaire, mais comme un intermédiaire stratégique, chargé de la programmation et de l’engagement des artistes, fonction qu’il partage avec d’autres acteurs du milieu, dont Roy Cooper, impresario et agent artistique actif dans les circuits nord-américains, également impliqué dans la programmation du Lido. Ensemble, ces figures contribuent à assurer la circulation des spectacles entre différents lieux, structurant progressivement un véritable réseau de divertissement à l’échelle de la ville. Un témoignage rétrospectif publié dans le The Montreal Star en 1977, rédigé par un ancien employé, offre un éclairage précieux sur le fonctionnement et l’atmosphère de ces cabarets [79].

Il décrit une formule reposant sur une revue élaborée, comprenant un chorus line d’une douzaine de danseuses, accompagné par un orchestre dirigé par Charlie Kramer, ainsi qu’une succession de numéros assurant un rythme soutenu tout au long de la soirée. L’ensemble s’inscrit dans une mise en scène soignée, où l’éclairage, la circulation des artistes et l’organisation de la salle participent à une expérience immersive caractéristique du modèle du dinner show.

Le témoignage insiste également sur le positionnement haut de gamme de ces établissements, fréquentés par une clientèle décrite comme particulièrement fortunée. Cette dimension se traduit notamment par une consommation ostentatoire, incluant la vente de champagne (Mumm’s) à 12 $ la bouteille (soit environ 260 à 300 $ en valeur actuelle), un prix très élevé pour l’époque. Ce contraste avec le contexte de la Grande Dépression souligne le rôle des cabarets comme espaces privilégiés de sociabilité pour une élite urbaine.

L’auteur évoque en outre les coulisses du cabaret — travail des équipes techniques, préparation des spectacles, logistique des représentations — offrant un aperçu rare du fonctionnement quotidien de ces lieux. Il mentionne également la présence d’artistes appelés à connaître une carrière importante, dont Red Skelton, aperçu à ses débuts, ainsi que le rôle de figures comme Roy Cooper et Harry Feldman dans l’organisation et la programmation.

Bien que publié plusieurs décennies après les faits, ce témoignage confirme la nature spectaculaire, structurée et résolument moderne des cabarets liés à Phil Maurice. Le modèle — combinant revue, danse, musique et luxe — s’inscrit pleinement dans les standards nord-américains du divertissement nocturne des années 1930 et éclaire, par extension, le succès du Chez Maurice à cette même période.

Roy Cooper
Notice biographique

Roy Cooper (1908–1996)

Figure majeure du show-business montréalais, Roy Cooper est actif pendant plus de sept décennies et est décrit dans la presse comme le « doyen des imprésarios canadiens ». Né à Montréal et formé dans le circuit américain du vaudeville, notamment à New York et dans les Catskills, il développe un réseau étendu reliant la métropole québécoise aux grands centres artistiques nord-américains.

Dès les années 1930, son nom apparaît dans la programmation de cabarets du centre-ville, dont le Club Lido sur la rue Stanley, où il participe à l’engagement des artistes. À l’instar de Phil Maurice, il agit moins comme propriétaire que comme agent et programmateur, jouant un rôle clé dans la circulation des spectacles entre différents établissements.

Au fil de sa carrière, Cooper contribue à la venue à Montréal de nombreuses figures internationales de premier plan, parmi lesquelles Louis Armstrong, Billie Holiday, Count Basie, Duke Ellington, Sammy Davis Jr., Tony Bennett et Édith Piaf. Son nom est également associé à des tentatives d’engagement de Elvis Presley, illustrant l’ampleur de ses réseaux dans l’industrie du spectacle.

Dans les années 1950 et 1960, Cooper joue un rôle structurant dans la circulation des artistes de jazz à Montréal, notamment à travers des lieux comme le Jazz Hot du Casa Loma, contribuant à inscrire la ville dans le circuit nord-américain des grandes tournées.

Reconnu pour son professionnalisme et sa capacité à entretenir des relations durables avec les artistes, Roy Cooper incarne la transition entre l’âge d’or des cabarets, la montée des grandes productions internationales et les transformations du paysage nocturne montréalais à partir des années 1960.

6. Réouverture et transformation (1935)

L’année 1935 marque un tournant majeur dans l’histoire du Chez Maurice. Une annonce publiée dans le The Montreal Star le 18 avril 1935, en vue de la réouverture prévue pour le 22 avril, lundi de Pâques, présente l’événement comme un moment central de la vie nocturne montréalaise [99]. L’établissement, situé au 1244, rue Sainte-Catherine Ouest, est alors désigné comme le « Showplace of the Empire », soulignant son ambition de rivaliser avec les grandes scènes du divertissement nord-américain.

Cette réouverture fait suite à trois semaines de transformations intensives, menées jour et nuit afin de métamorphoser complètement le cabaret [99]. La salle est entièrement repensée, avec une piste de danse surélevée, une configuration en demi-cercle et un éclairage élaboré, destinés à améliorer la visibilité et l’expérience immersive du public. L’orchestre, installé dans une alcôve éclairée, participe pleinement à cette mise en scène.

Annonce — Chez Maurice
Une grande annonce illustrée publiée dans le The Montreal Star du 18 avril 1935 annonce la réouverture du Chez Maurice le 22 avril 1935, après trois semaines de rénovations intensives, en mettant de l’avant un décor modernisé, une revue spectaculaire signée Paul Florenz et une formule dîner-spectacle haut de gamme destinée à une clientèle large et sophistiquée [99].

L’intérieur marie modernisme décoratif, couleurs exotiques et confort luxueux, tandis que le nouveau lounge cocktail — avec plafond argenté bombé, murs pastel et éclairage indirect — devient un élément central du dispositif.

L’annonce met également en avant des améliorations techniques importantes : système de ventilation moderne, entrée redessinée, cuisines réorganisées et nouveaux équipements de service [99]. Cette transformation globale témoigne d’une réflexion approfondie sur le fonctionnement du cabaret comme entreprise de divertissement haut de gamme.

La nouvelle revue est confiée à Paul Florenz, associé à Warner Bros. et Universal, et mobilise environ trente artistes. Parmi eux figurent Woods and Bray, The Eight Ambassadors, Mary Lee et Frances Stevens, sous la direction musicale d’Alex Lajoie [114].

Le modèle du dîner-spectacle est pleinement assumé, avec un Dinner Deluxe offert à 1,25 $, sans frais de couvert entre 18 h et 22 h [99]. Le Chez Maurice s’impose ainsi comme un espace complet, combinant restauration, spectacle et sociabilité.

7. Modernisation et diversification (1937)

En 1937, le Chez Maurice poursuit sa modernisation avec une nouvelle réouverture qui attire une foule importante dès la première soirée [92], [14]. La production inaugurale, signée Boots McKenna et mise en scène par Sydney Tapley, propose une revue richement costumée et mise en scène.

Parmi les artistes en vedette figurent Don Loper, Beth Hayes, Billy Steele et Lou Hoffman, tandis que l’animation musicale est assurée par les orchestres d’Alex Lajoie et de Charles Kramer.

Cette période voit également la création du Club Deauville, aménagé comme un cocktail bar plus intime au sein du complexe. Contrairement à la grande salle, centrée sur le dîner et les revues, le Deauville propose une atmosphère plus feutrée, axée sur la consommation de cocktails et les nouvelles pratiques sociales de la nuit montréalaise.

Annonce — Deauville
Une grande annonce illustrée publiée dans le The Montreal Star du 18 avril 1935 annonce la réouverture du Chez Maurice le 22 avril 1935, après trois semaines de rénovations intensives, en mettant de l’avant un décor modernisé, une revue spectaculaire signée Paul Florenz et une formule dîner-spectacle haut de gamme destinée à une clientèle large et sophistiquée [99].

Cette diversification témoigne de l’adaptation du Chez Maurice aux tendances nord-américaines, où les grands cabarets tendent à se segmenter en différents espaces offrant des expériences complémentaires.

Un article du The Montreal Daily Star souligne également l’importance mondaine de cette phase, marquée par la présence de figures politiques et publiques telles que Maurice Duplessis et Adhémar Raynault, confirmant le rôle central du cabaret dans la vie sociale montréalaise [112].

8. Vers les grandes salles : Loew’s Theatre et expansion (1938–1939)

À partir de 1938, Phil Maurice étend son influence au-delà du cabaret. Sa nomination comme gérant du Loew’s Theatre, intégré au réseau de Consolidated Theatres Ltd., marque une étape importante dans son parcours [8].

Annonce — Loews
Une photographie reproduite dans l’ouvrage Les Salles de cinéma au Québec de Pierre Pageau (p.47) montre la façade du Théâtre Loews dans les années 1930, illustrant l’importance des salles à écran unique dans le paysage urbain québécois avant l’ère de la télévision [124].

Il supervise la réouverture de cette salle majeure après d’importants travaux de rénovation, représentant un investissement de plus de 75 000 dollars. Le théâtre adopte une programmation hybride combinant vaudeville et films en première exclusivité, accompagnée par un orchestre dirigé par Jerry Shea.

Cette transition témoigne d’un repositionnement stratégique : Maurice ne se limite plus aux cabarets, mais participe désormais aux grands circuits du spectacle nord-américain.

Il maintient néanmoins des liens avec ses établissements, comme en témoigne un spectacle-bénéfice organisé en 1939 avec le Chez Maurice et le Tic Toc, au profit du Canadian Progress Club Milk Fund [89].

Un article rétrospectif publié en 1976 rappelle enfin son rôle à la tête du Loew’s Theatre entre 1939 et 1949, mettant en lumière la continuité entre ses activités dans les cabarets et son implication dans les grandes salles de spectacle [90].

9. Transition, modernisation et fragilisation (1940–1942)

Les années 1940 à 1942 correspondent à une phase de transition importante dans l’histoire du Chez Maurice, marquée à la fois par une volonté de modernisation et par des signes croissants de fragilité financière. Un article du The Montreal Star annonce d’abord la nomination de Leslie F. Hall comme directeur général à compter du 26 février 1940, sous la présidence de John St. John, signalant la mise en place d’une nouvelle orientation administrative [81], [82].

Dans la foulée, la presse met en valeur un cocktail lounge rénové à l’atmosphère hawaïenne et insiste sur un changement complet de direction, de propriété et de politique, présenté comme le point de départ d’un repositionnement ambitieux. L’objectif affiché est alors de rehausser le prestige de l’établissement et d’en assurer le rayonnement à l’échelle nord-américaine. En pleine Seconde Guerre mondiale, une autre annonce adopte un ton plus solennel sous la forme d’une “Declaration and a Pledge”, affirmant à la fois l’ambition de faire du cabaret le « Best Club in North America » et l’engagement du personnel dans l’effort de guerre, notamment par l’achat de War Savings Certificates [81], [82].

Photo — Chez Maurice
Une photographie de Conrad Poirier prise le 6 juillet 1940 montre un couple prenant un verre au Chez Maurice, illustrant l’ambiance intime et mondaine du cabaret [125].

Cette dynamique de renouvellement culmine avec la réouverture annoncée le 23 avril 1942, après d’importants travaux de modernisation. Le Chez Maurice se présente alors avec un décor entièrement repensé, caractérisé par une palette de couleurs mauve et or, un plancher de danse surélevé et de nouveaux effets d’éclairage. La revue d’ouverture met en vedette Dixie Dunbar, entourée d’une distribution de variétés mise en scène par Gene Snyder du Radio City Music Hall, confirmant la volonté de maintenir un haut niveau de divertissement [93], [94].

Toutefois, quelques mois plus tard, un avis publié dans Le Canada le 1er juillet 1942 révèle que Chez Maurice Inc. fait l’objet d’une cession autorisée en vertu de la Loi de faillite. Les créanciers sont convoqués à une assemblée au Palais de justice de Montréal afin de statuer sur les réclamations et la distribution des actifs, ce qui témoigne des difficultés économiques rencontrées par l’établissement dans le contexte de la guerre [88].

Signées notamment par le président John St. John, ces différentes interventions illustrent ainsi les tensions qui marquent l’évolution du Chez Maurice au début des années 1940 : d’un côté, une volonté affirmée de modernisation et de repositionnement; de l’autre, une fragilité financière qui annonce les transformations plus profondes à venir [81], [82], [88], [93], [94].

10. Le tournant Danceland et l’âge du swing (1943)

Entre septembre et décembre 1943, le Chez Maurice entre dans une nouvelle phase avec sa transformation en Chez Maurice Danceland, évolution qui marque un recentrage sur la danse, les grandes formations musicales et une programmation davantage orientée vers le swing. L’ouverture de cette nouvelle formule sur la rue Sainte-Catherine Ouest s’accompagne de l’engagement du chef d’orchestre Roland David, à la tête d’un ensemble de 14 musiciens comprenant notamment Donat Gariepy, Joe Burton, Al Kane et la chanteuse Rita Gail [83], [84], [85].

Annonce — Duke Ellington
Une annonce publiée dans Le Canada le 15 novembre 1943 annonce la prestation de Duke Ellington et de son orchestre au Chez Maurice (Danceland) [126].

La programmation, offerte tous les soirs ainsi que les dimanches après-midi, repose sur un répertoire allant du sweet au hot, dans un cadre tarifaire relativement accessible, généralement compris entre 35 et 75 cents. Un avis publié dans la Gazette officielle du Québec confirme l’incorporation de la Chez Maurice Danceland Corporation le 9 novembre 1943, avec Roland David, Harry Feldman et Louis E. Dettner, et un capital de 20 000 dollars, illustrant la structuration commerciale de cette nouvelle étape [86], [87].

Selon le chroniqueur Al Palmer, Sam Cleaver — fondateur de l’Esquire Club et détenteur d’intérêts dans des établissements comme le Tic Toc et le Palais d’Or, figure importante du milieu des bookmakers et des clubs de nuit — aurait également détenu des parts dans le Chez Maurice, hypothèse cohérente avec les réseaux d’exploitation interconnectés mis en lumière par les enquêtes de Pax Plante à la fin des années 1940.

Note critique

Sam Cleaver et les réseaux d’exploitation des cabarets montréalais

Sam Cleaver est une figure importante du milieu montréalais du jeu et des clubs de nuit dans les années 1930 et 1940. Identifié dans les enquêtes journalistiques comme un tenancier réel opérant derrière des prête-noms, il est notamment associé à l’exploitation du 1212 Peel ainsi qu’à divers réseaux de bookmakers actifs au centre-ville. Son nom apparaît fréquemment dans les articles dénonçant les liens entre cabarets, paris clandestins et criminalité organisée à Montréal [131].

La question de sa participation au Chez Maurice s’inscrit dans ce contexte plus large de structures opaques, où la propriété des établissements est souvent fragmentée et dissimulée. Les enquêtes menées par Pax Plante dans Le Devoir en 1949 mettent en lumière ces mécanismes, en identifiant Cleaver comme un acteur central de ce système d’exploitation interconnecté [131].

Dans ce cadre, l’hypothèse selon laquelle Cleaver aurait détenu des intérêts dans certains cabarets, dont le Chez Maurice, apparaît historiquement plausible, bien que difficile à documenter formellement en raison de la nature même de ces montages financiers. Le chroniqueur Al Palmer, proche du milieu des cabarets, avance explicitement cette possibilité, fournissant un témoignage de première main qui, sans constituer une preuve juridique, s’inscrit en cohérence avec les pratiques décrites dans les sources contemporaines [132].

Le cabaret Chez Maurice Danceland s’impose rapidement comme l’un des grands pôles du jazz à Montréal. À l’automne 1943, l’établissement accueille l’orchestre de Duke Ellington pour une soirée unique donnée devant une salle comble. La piste de danse, rapidement saturée, laisse place à une ambiance qui tient souvent davantage du concert que du bal, alors qu’un public jeune et attentif se rassemble pour écouter des arrangements d’une grande sophistication [11].

Annonce — Cab Calloway
Une annonce publiée dans Le Canada le 8 mars 1948 annonce la prestation de Cab Calloway et de son orchestre au Danceland (Chez Maurice) [127].

Quelques semaines plus tard, à la fin de novembre 1943, le Chez Maurice renforce encore cette position en accueillant Cab Calloway et son orchestre associé au Cotton Club, à partir du 29 novembre. Figure majeure du jazz et du spectacle nord-américain, Calloway bénéficie d’une importante couverture médiatique et multiplie les activités promotionnelles, notamment une apparition publique au magasin Lindsay’s sur la rue Sainte-Catherine, à l’occasion de la sortie du film Stormy Weather [105], [106].

Au tournant des années 1943–1944, cette dynamique se poursuit avec la venue de Count Basie et de son orchestre, présenté dans la presse comme une attraction majeure au sein du « Most Popular Dance Spot in Montreal » [12]. Ces engagements successifs — Ellington, Calloway, Basie — confirment l’intégration de Montréal aux circuits internationaux du jazz, même en pleine guerre, et font du Chez Maurice Danceland un lieu central de la vie nocturne montréalaise [11], [12], [105], [106].

Annonce — Count Basie
Une annonce publiée dans The Montreal Daily Star le 24 décembre 1943 promeut un gala du Nouvel An au Danceland du Chez Maurice, avec l’orchestre de Roland David et la venue annoncée de Count Basie [128].
Al Palmer
Notice biographique

Al Palmer (c. 1913–1971)

Figure marquante du journalisme montréalais du XXe siècle, Al Palmer s’impose comme l’un des chroniqueurs les plus étroitement liés à la vie nocturne, culturelle et sociale de la ville. Actif dès les années 1920, il débute sa carrière au Montreal Herald avant de travailler comme correspondant pour La Presse Canadienne, puis de poursuivre son parcours à The Gazette et au Sunday Express, couvrant plusieurs décennies de transformation urbaine et culturelle [103], [104].

Journaliste polyvalent, Palmer se distingue particulièrement dans le journalisme policier, domaine dans lequel il développe un vaste réseau de contacts et une réputation fondée sur la confiance, la discrétion et une connaissance intime des milieux qu’il couvre. Ses reportages, souvent liés aux crimes, incendies et faits divers, témoignent d’un Montréal en pleine effervescence, notamment dans les années 1940 et 1950 [102].

Parallèlement à ce travail de terrain, il devient une voix importante du commentaire urbain à travers ses chroniques, dont “Man About Town” au Montreal Herald et surtout “Ourtown” à The Gazette, dans lesquelles il propose une lecture personnelle de la ville, attentive à ses habitants, à ses quartiers et à leurs transformations. Ses textes, largement suivis par un public varié — allant des juges aux chauffeurs de taxi — contribuent à forger une mémoire vivante de Montréal, en particulier des secteurs du centre-ville et de l’est, qu’il affectionne particulièrement [102], [104].

Observateur privilégié de la scène nocturne, Palmer fréquente et documente les milieux du divertissement, des cabarets et des salles de spectacle, évoluant au croisement des univers artistiques, journalistiques et policiers. Son nom est associé à une génération de chroniqueurs ayant contribué à définir l’image d’un Montréal vibrant, à la fois mondain et marginal, dont il capte les figures et les atmosphères avec sensibilité [100].

Au-delà de son travail journalistique, Palmer est également reconnu pour ses qualités humaines : décrit comme un homme respectueux, généreux et profondément attaché aux gens, il joue un rôle de mentor auprès de nombreux collègues plus jeunes. Son approche du métier repose sur une attention sincère aux individus, considérant que le journalisme consiste avant tout à raconter les personnes, leurs gestes et leurs réalités [102].

Sa disparition en mars 1971, à l’âge de 57 ans, à la suite d’une hémorragie cérébrale, suscite une vive émotion dans les milieux journalistiques et culturels montréalais. Les funérailles donnent lieu à un rassemblement particulièrement révélateur de l’ampleur de son réseau et de son influence : journalistes, policiers, figures du monde des cabarets, agents de presse et personnalités du nightlife montréalais s’y côtoient, évoquant une véritable scène digne des récits de Damon Runyon. Parmi les personnes présentes figurent notamment Phil Maurice, Solly Silver, Toe Blake, Andy Cobetto ainsi que les frères Hill, autant de figures associées à la vie nocturne, sportive et médiatique de Montréal, illustrant le rôle central de Palmer comme point de convergence entre ces différents milieux et l’estime dont il jouissait auprès de ses pairs [100], [101].

À travers sa carrière et les témoignages qui suivent sa disparition, Al Palmer apparaît comme un témoin privilégié et un chroniqueur essentiel d’un Montréal aujourd’hui disparu, dont il a su capter les voix, les lieux et les personnages avec une rare justesse.

11. De l’après-guerre au bebop : continuités et mutations (1944–1948)

Au printemps 1944, le Chez Maurice Danceland confirme son rôle central dans la diffusion des grandes formations de swing américaines en annonçant la venue de chefs d’orchestre de premier plan, dont Johnny Long et Jimmie Lunceford. Cette programmation s’inscrit dans une formule résolument orientée vers la danse, également marquée par l’organisation de concours de jive, accompagnés par l’orchestre de Roland David [22], [23].

Annonce — Jimmy Lunceford
Une annonce publiée dans The Montreal Star le 10 avril 1944 annonce une apparition de Jimmie Lunceford au magasin Lindsay’s, liée à son engagement le soir même au Chez Maurice, illustrant les stratégies promotionnelles entourant les tournées de big bands [23].

La présence de Jimmie Lunceford donne lieu à une activité promotionnelle soutenue, notamment par une apparition publique au magasin Lindsay’s sur la rue Sainte-Catherine, où il rencontre ses admirateurs et signe des autographes le jour même de sa prestation. Ce type d’initiative illustre l’intégration du Chez Maurice aux circuits nord-américains du swing, où se conjuguent performances en salle, promotion commerciale et interaction directe avec le public [22], [23].

Après la guerre, le Danceland demeure un haut lieu de la danse et des grandes formations. En mars 1946, un article du The Montreal Star met en lumière la popularité du chanteur Russ Vanelli, présenté comme une nouvelle sensation de la scène montréalaise. Accompagné de Roland David et de son orchestre de 16 musiciens, Vanelli attire chaque soir une foule importante de danseurs [108].

En octobre 1946, le Chez Maurice Danceland enregistre l’une des plus fortes affluences de son histoire avec Johnny Holmes, dont les prestations attirent plus de 2 000 personnes en soirée. Selon la presse, cette affluence exceptionnelle surpasse même celle généralement associée aux grandes formations américaines de passage à Montréal, témoignant de la vigueur du public local et du rôle central de l’établissement dans la vie nocturne de l’après-guerre.

La programmation se poursuit en 1947 avec la présence du trompettiste Maynard Ferguson, à la tête d’un orchestre de 18 musiciens, ainsi que du chanteur Henry Scott, illustrant l’importance des vocalistes dans les grandes formations de jazz de l’époque [111]. En décembre 1947, le célèbre batteur Gene Krupa et son orchestre s’y produisent à leur tour, confirmant la place du Danceland dans les circuits du swing nord-américain [20].

Annonce — Dizzy Gilespie
Une annonce publiée dans The Gazette le 12 avril 1948 annonce la venue de Dizzy Gillespie et de son orchestre au Danceland du Chez Maurice, en le présentant comme l’un des créateurs du be-bop [129].

À la fin des années 1940, toutefois, la programmation du Chez Maurice Danceland reflète une transformation plus large du paysage jazzistique nord-américain. Après avoir dominé la première moitié de la décennie avec les grandes formations du swing, l’établissement s’ouvre progressivement aux formes émergentes du bebop, incarnées notamment par la venue du trompettiste Dizzy Gillespie en 1948 [13].

Figure de proue de ce nouveau courant, Gillespie introduit un langage musical plus complexe, marqué par des tempos rapides, des harmonies audacieuses et une approche virtuose de l’improvisation, rompant avec les codes plus accessibles du swing destiné à la danse. Sa présence au Chez Maurice témoigne de l’évolution du public et des attentes, alors que l’écoute attentive tend progressivement à supplanter la fonction première de la piste de danse.

Cette transition est confirmée par la venue de Stan Kenton en 1948. Un article du The Montreal Star rapporte la forte affluence au Chez Maurice Danceland, où son orchestre d’environ 20 musiciens impressionne par la puissance de sa section de cuivres, l’audace de ses arrangements et son énergie. La soirée met notamment en vedette la chanteuse June Christy, ainsi que des musiciens tels que Eddie Safranski et Shelly Manne. Une publicité annonce également une “Coke Party” et une apparition personnelle de Kenton au magasin Lindsay, liée à ses enregistrements chez Capitol Records [109], [110].

Malgré l’émergence du bebop, le Danceland continue d’accueillir des figures majeures du swing. En octobre 1948, le chef d’orchestre Jimmy Dorsey s’y produit dans le cadre d’une vaste tournée nord-américaine. Toujours extrêmement populaire, il incarne un style plus accessible et dansant, dans la continuité du swing des années précédentes [15].

Cette coexistence entre les grandes formations swing et les innovations du bebop illustre un moment charnière dans l’histoire du Chez Maurice, où se superposent deux générations musicales : l’une encore profondément liée à la danse et au divertissement populaire, l’autre orientée vers l’écoute, la virtuosité et l’exploration artistique [13], [15], [20], [109], [110], [111].

12. 1949 : prestige renouvelé et grandes voix du jazz

En 1949, le Chez Maurice Danceland Café continue de se présenter comme l’un des lieux majeurs du divertissement montréalais. Une annonce publiée dans The Gazette en juin 1949 le décrit comme un « new gay spot » — expression alors employée pour désigner un lieu festif, animé et moderne — et met de l’avant une programmation inspirée des grandes scènes américaines [107].

Annonce — Mel Torme
Une annonce publiée dans The Gazette le 13 juin 1949 annonce la réouverture du Chez Maurice Danceland Café comme nouveau lieu de divertissement au 1244, rue Sainte-Catherine Ouest, avec Mel Tormé en tête d’affiche et une programmation soutenue de spectacles [107].

L’ouverture prévue le vendredi 17 juin est annoncée comme un événement exceptionnel, avec un spectacle intitulé “America’s Top Entertainment”, traduisant la volonté du cabaret d’aligner son image sur les grands centres du divertissement nord-américain. Cette orientation est confirmée par la présence en tête d’affiche de Mel Tormé, vedette de Capitol Records, présenté comme arrivant directement du Latin Quarter de New York [107].

Le programme prévoit des représentations à intervalles réguliers, avec un spectacle toutes les deux heures et une première présentation à 21 h 30, ce qui témoigne d’un modèle d’exploitation intensif visant à maximiser l’achalandage et à prolonger l’activité sur l’ensemble de la soirée. L’annonce insiste également sur le fait que l’établissement est « fully licensed by Q.L.C. », soulignant sa conformité réglementaire dans un contexte où les cabarets demeurent étroitement surveillés [107].

Annonce — Ella Fitzgerald
Un article publié dans The Gazette le 7 décembre 1949 annonce la prestation d’Ella Fitzgerald au Chez Maurice, saluant sa voix et son succès auprès du public dans une programmation variée [18].

À l’été 1949, le Chez Maurice accueille la chanteuse américaine Sarah Vaughan, alors au sommet de sa popularité et figure emblématique du bebop vocal. Présentée comme la « Bop Girl » et récompensée par le prix Esquire de « Singer of the Year », elle se produit aux côtés de Paul Rich et de l’orchestre de Wally Newman, dans une formule de spectacles en continu. Sa venue s’accompagne d’une forte visibilité médiatique, incluant une apparition publique au magasin Lindsay’s [16], [17].

En décembre 1949, le Chez Maurice accueille également Ella Fitzgerald, dont la présence est mise en valeur par la presse et par une campagne publicitaire importante. Présentée comme la « First Lady of Song », elle offre une performance saluée pour sa maîtrise vocale, son aisance scénique et sa capacité à captiver le public par un répertoire mêlant standards et numéros populaires [18], [19].

Sa participation s’inscrit dans une revue complète de type Broadway, incluant les Wally Wanger Girls ainsi que divers numéros de variétés, dans une formule combinant dîner et spectacle caractéristique du cabaret montréalais de l’époque. À la veille des années 1950, le Chez Maurice conserve ainsi son prestige comme lieu privilégié pour la présentation des grandes voix du jazz et du divertissement nord-américain [18], [19], [107].

13. 1950: Transformation du site

Au tournant des années 1950, le site du Chez Maurice connaît une transformation significative qui témoigne d’un changement plus large dans les pratiques du divertissement montréalais. L’ouverture du restaurant Leone’s en 1950 marque l’abandon progressif du modèle du cabaret à grand spectacle au profit d’une formule centrée sur la gastronomie et une ambiance feutrée, où la musique devient un élément d’accompagnement plutôt qu’un attrait principal. Décrit comme un lieu entièrement repensé, tant dans son décor que dans son offre, Leone’s propose une expérience inspirée de l’Italie, avec un cadre élégant, une programmation musicale discrète et une mise en valeur du service et de la cuisine [115], [116]. Cette évolution illustre le passage d’une culture du spectacle spectaculaire à une forme de divertissement plus intime et mondain, caractéristique de la vie nocturne montréalaise du début des années 1950.

Un avis publié dans la Gazette officielle du Québec en 1952 indique que Leone’s Restaurant Inc. adopte le nom de Wonderbar Ltd., confirmant une nouvelle transformation du site anciennement occupé par le Chez Maurice. Cette succession de changements corporatifs illustre la rapide évolution du lieu au début des années 1950, alors que l’établissement s’adapte continuellement aux nouvelles tendances de la vie nocturne montréalaise [119].

Un avis publié dans la Gazette officielle du Québec en 1953 confirme que la compagnie exploitant l’ancien Chez Maurice adopte le nom de Sans Souci Café Inc., après avoir été successivement connue sous les noms de Leone’s Restaurant Inc. et Wonderbar Ltd.. Cette continuité corporative met en lumière la transformation rapide et répétée du site au début des années 1950, reflet des mutations de la vie nocturne montréalaise [120].

Chez Maurice — Évolution corporative (1930–1953)

1930
Maurice Enterprises Ltd.
Première structure corporative du réseau Maurice.
1933
Chez Maurice, Inc.
Première incorporation spécifique au cabaret Chez Maurice.
1943
Chez Maurice Danceland Corp.
Structuration officielle de l’établissement.
1950
Leone’s Restaurant Inc.
Transformation en restaurant.
1952
Wonderbar Ltd.
Nouvelle entité corporative.
1953
Sans Souci Café Inc.
Dernière mutation connue.

14. Héritage et fin d’une époque

Un article publié dans The Gazette le 28 mai 1963 annonçant la fermeture du Her Majesty’s Theatre marque symboliquement la fin d’une époque pour le divertissement montréalais. Le texte revient sur l’importance historique de la salle et évoque le rôle de plusieurs figures marquantes du milieu, dont Phil Maurice, qui apparaît encore comme un acteur actif du paysage culturel montréalais plus de trente ans après ses débuts dans les cabarets [95].

L’article souligne que Maurice demeure impliqué dans l’organisation et la promotion de spectacles, notamment par ses liens avec les réseaux théâtraux et les institutions culturelles de la ville. Cette présence tardive témoigne de la longévité de sa carrière et de sa capacité à s’adapter à l’évolution du milieu du divertissement, passant du cabaret et du vaudeville des années 1930 aux formes plus institutionnalisées du spectacle dans les années 1950 et 1960.

Carte postale — The Patio, Old Heidelberg Café
Une vue actuelle du secteur de l’Université Concordia permet de localiser l’emplacement de l’ancien Her Majesty’s Theatre, aujourd’hui disparu [130].

La fermeture du Her Majesty’s Theatre, avec lequel Phil Maurice a aussi été associé à différentes périodes de sa carrière, met en lumière le déclin progressif des grandes salles traditionnelles au profit de nouveaux modèles de diffusion culturelle. Dans ce contexte, sa trajectoire illustre celle d’un intermédiaire clé entre deux époques : celle de l’âge d’or des cabarets montréalais et celle de la réorganisation moderne de l’industrie du spectacle au Québec [95].

Par son sens du spectacle, son travail de promoteur et ses réseaux théâtraux, Phil Maurice compte parmi les figures ayant contribué à forger la réputation de Montréal comme « Paris d’Amérique ». Le local historique du Chez Maurice Danceland correspond aujourd’hui à l’étage supérieur du magasin Urban Outfitters sur la rue Sainte-Catherine, rappel discret de l’emplacement qu’occupait autrefois l’un des hauts lieux du divertissement montréalais [22], [14].

15. Conclusion

L’histoire du Chez Maurice s’inscrit au cœur de la transformation de la vie nocturne montréalaise au XXe siècle. Né à la fin des années 1920 dans le sillage de l’Old Heidelberg, le cabaret devient, sous l’impulsion de Phil Maurice, l’un des lieux les plus emblématiques de l’âge d’or du divertissement urbain, où se rencontrent gastronomie, spectacle et sociabilité mondaine.

De la rue St-Alexandre à la rue Sainte-Catherine Ouest, le Chez Maurice accompagne et incarne les grandes mutations du milieu : montée du dinner show, essor des grandes revues, triomphe des orchestres de swing, puis transition vers de nouvelles formes musicales et culturelles. Par sa programmation et son rayonnement, il contribue à inscrire Montréal dans les circuits nord-américains du spectacle, au point d’en faire, pour un temps, un véritable centre du divertissement international.

Sa disparition au tournant des années 1950, suivie de transformations rapides du site, ne marque pas seulement la fin d’un établissement, mais celle d’un modèle. Le passage du cabaret spectaculaire aux lieux plus intimistes témoigne d’un changement profond des pratiques culturelles et des attentes du public, dans un contexte où la ville elle-même se redéfinit.

Aujourd’hui, il ne subsiste du Chez Maurice qu’un espace commercial anonyme, intégré au paysage contemporain de la rue Sainte-Catherine. Pourtant, derrière cette façade ordinaire, se trouve l’empreinte d’un lieu qui, pendant près de deux décennies, a contribué à façonner l’imaginaire nocturne montréalais. À travers son histoire, c’est tout un pan de la mémoire culturelle de la ville qui se révèle — celle d’un Montréal vibrant, mondain et profondément connecté aux grandes scènes du monde.

Google Earth — Urban Outfitters
Une vue Google Earth (2026) permet de localiser l’ancien Chez Maurice au 1246, rue Sainte-Catherine Ouest, aujourd’hui occupé par Urban Outfitters, où le cabaret se trouvait au deuxième étage [123].

16. Notes & sources

  1. THE GAZETTE, 20 janvier 1983.
    Article nécrologique intitulé “City showman Phil Maurice dead at 82”. Le texte retrace la carrière de Phil Maurice, impresario et propriétaire de cabarets, considéré comme l’une des figures marquantes du divertissement montréalais au XXe siècle. Il y est présenté comme un acteur clé de l’âge d’or des spectacles à Montréal, ayant fait venir de nombreuses vedettes internationales, dont Marlene Dietrich, Katharine Cornell, Charles Laughton et Olivia de Havilland. L’article souligne notamment l’ouverture du Chez Maurice Cabaret sur la rue Sainte-Catherine au début des années 1930, décrit comme l’un des établissements les plus luxueux du pays, ainsi que son rôle dans la diffusion de spectacles de Broadway à Montréal, dont Fiddler on the Roof, Man of La Mancha et Mame. Le texte mentionne également ses activités au sein du Montreal Convention and Visitors Bureau, ainsi que son implication dans diverses organisations culturelles et sportives. Une photographie accompagne l’article, montrant Maurice tenant des affiches de spectacles présentés à la Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts. Ce document constitue une source rétrospective importante sur la carrière de Maurice et sur le rôle des impresarios dans le développement de la vie nocturne et culturelle montréalaise.
  2. THE MONTREAL DAILY STAR, 4 juillet 1929.
    Annonce intitulée “Announcing the Summer Opening — The Patio”, signalant l’ouverture estivale du “Patio” du Old Heidelberg Cafe, présenté comme un restaurant cabaret. L’annonce précise que l’établissement est désormais exploité sous une nouvelle direction, celle de Phil Maurice. Le programme comprend des dinner dances accompagnés d’une revue complète entre 18 h et 21 h, suivis d’un programme de cabaret en soirée de 22 h jusqu’à la fermeture. L’affiche met en vedette les Ambassadors ainsi qu’une Broadway Revue, indiquant une orientation vers des spectacles inspirés des productions new-yorkaises. Ce document marque une étape importante dans l’évolution du Old Heidelberg, attestant de sa transformation en un lieu de divertissement structuré de type cabaret et de son intégration dans les circuits de spectacles dirigés par Phil Maurice, figure majeure de la vie nocturne montréalaise à la fin des années 1920.
  3. THE MONTREAL STAR, 29 avril 1932, p. 6.
    Compte rendu détaillé de la soirée inaugurale du nouveau Chez Maurice, présentée comme l’une des ouvertures les plus brillantes vues à Montréal depuis l’essor des cabarets modernes. L’article insiste sur la transformation complète des anciens Venetian Gardens, « littéralement méconnaissables », réaménagés par Phil Maurice selon un décor élégant aux couleurs audacieuses et à l’éclairage soigneusement étudié, créant une atmosphère à la fois raffinée et immersive. L’organisation spatiale du lieu est également décrite avec précision : l’orchestre est placé de manière centrale afin d’être visible de tous, tandis que les artistes font leur entrée derrière celui-ci et descendent quelques marches pour rejoindre la piste, dispositif qui structure visuellement le spectacle et renforce son caractère scénique. La salle de danse, comble, est animée d’une ambiance festive continue, l’article soulignant que la gaieté règne du début à la fin de la soirée. La programmation réunit une distribution importante d’artistes, offrant un spectacle jugé comparable aux standards des grands cabarets new-yorkais. La chanteuse Helen Morgan, présentée comme toujours aussi séduisante et expressive, interprète plusieurs de ses numéros les plus connus, accompagnée au piano, et reçoit de vifs applaudissements du public, qui participe même aux refrains. Parmi les autres artistes mentionnés figurent Helen Manning, Olive Faye, décrite comme une artiste complète chantant et dansant, Marion Young, ainsi que le duo Pepita et Rhoda, dont les numéros de danse — notamment un tango et une valse — sont salués pour leur grâce et leur précision. L’ensemble du programme est présenté comme exceptionnel, confirmant que le Chez Maurice s’impose dès son ouverture comme un cabaret de premier plan dans la vie nocturne montréalaise.
  4. LA PRESSE, 27 avril 1932, p. 8.
    Article annonçant l’ouverture du nouveau cabaret Chez Maurice, installé dans les anciens locaux des Venetian Gardens, entièrement réaménagés pour l’occasion. Le texte met en vedette la chanteuse américaine Helen Morgan, présentée comme une étoile des Ziegfeld Follies et du cinéma, récemment engagée au Mayfair Club de Boston, et annoncée comme attraction principale dès l’ouverture. L’article souligne la réputation de Morgan, connue pour son style d’interprétation mêlant intensité dramatique, simplicité et mélancolie, ainsi que pour un répertoire comprenant plusieurs chansons populaires qu’elle a contribué à faire connaître à New York. Sa présence confirme l’ambition du Chez Maurice de proposer une programmation de haut niveau, en s’inscrivant dans les circuits internationaux du divertissement. Le texte insiste également sur la transformation complète du lieu, marquant le passage à une nouvelle phase dans l’histoire de l’établissement.
  5. THE MONTREAL STAR, 25 février 1933, p. 21.
    Annonce publicitaire présentant le Chez Maurice et la septième édition de la “Chez Maurice Revue”, produite par Jack Pomeroy et inaugurée lors d’une soirée de gala le lundi à 19 h 30. La distribution comprend notamment Archie Robbins, Crawford and Canley, Lynn Dore, Betty Martin et Phil Stone, accompagnés d’un groupe de chorus girls présenté comme « the loveliest girls Montreal has ever beheld ». La musique est assurée par John Tipaldi et son orchestre. L’annonce met également en avant une politique commerciale attractive, avec absence de frais de couvert (sauf le samedi) et aucun minimum, soulignant la volonté de l’établissement d’attirer un large public.
  6. THE GAZETTE, 9 mai 1933, p. 2.
    Un article annonce l’ouverture prochaine du Villa Maurice, nouveau cabaret-restaurant fondé par Phil Maurice sur la rue Stanley. Présenté comme un établissement appelé à enrichir la vie nocturne montréalaise, le lieu s’inscrit dans la continuité de la réputation acquise par Maurice, décrit comme l’un des principaux artisans de l’image de Montréal en tant que « Paris of America ». Le Villa Maurice est conçu comme un espace plus intime, visant une clientèle nocturne à la recherche d’une ambiance à la fois « cosy, warm and friendly ». L’article insiste sur la qualité de l’aménagement, du décor et de l’éclairage, ainsi que sur la présence d’un orchestre de danse et de spectacles de cabaret mettant en vedette des artistes de haut niveau. Maurice y exprime son intention de créer un lieu élégant mais accessible, offrant une combinaison de restauration, de danse et de divertissement dans un cadre raffiné, destiné autant aux visiteurs qu’à la clientèle montréalaise.
  7. THE GAZETTE, 24 février 1934, p. 4.
    Article intitulé “Police Move Again to Curb Violation of Cabaret Laws”. Le texte rapporte une nouvelle série d’interventions du Service de police de Montréal visant plusieurs cabarets et clubs nocturnes accusés d’enfreindre les règlements, notamment en matière de couvre-feu et de lois dominicales. Le Villa Maurice, établissement de la rue Stanley exploité par Phil Maurice, fait partie des lieux visés par ces procédures. Toutefois, les 26 accusations déposées sont finalement rejetées pour des raisons techniques, les poursuites ayant été intentées contre une entité juridique incorrecte (Maurice Amusement Corporation Ltd.) plutôt que contre les véritables exploitants. L’article souligne néanmoins la volonté des autorités municipales de renforcer leur contrôle sur la vie nocturne montréalaise, dans un contexte marqué par des tensions entre réglementation, moralité publique et activités des cabarets.
  8. THE GAZETTE, 17 septembre 1938, p. 11.
    Article annonçant la nomination de Phil Maurice comme gérant du Loew’s Theatre par Consolidated Theatres Ltd., dans le contexte de l’intégration de cette salle au réseau de cinémas de première exclusivité à Montréal. Le texte souligne l’importance des travaux de rénovation entrepris dans le théâtre, incluant des améliorations majeures à la salle, ainsi que l’investissement de plus de 75 000 dollars. La réouverture est prévue avec une nouvelle programmation combinant numéros de vaudeville et films en première, accompagnée d’un orchestre dirigé par Jerry Shea.
  9. THE MONTREAL STAR, 19 août 1933, p. 19.
    Article annonçant l’introduction d’une nouvelle formule de divertissement au Villa Maurice, sous l’impulsion de Phil Maurice. Le texte met de l’avant un nouveau floor show présenté comme une innovation dans le milieu des cabarets montréalais, combinant humour, musique et numéros de variétés. La distribution comprend notamment la chanteuse Wynne Wayne et le comédien Bob Brandies, dont le style s’inspire des grandes figures du vaudeville américain telles que Dan Healy, Phil Baker et Jack Benny. L’article mentionne également la popularité du numéro « Hollywood Horse », intégré à la nouvelle production.
  10. THE GAZETTE, 6 octobre 1971, p. 9.
    Article soulignant l’hommage rendu à l’impresario montréalais Phil Maurice par la Canadian Motion Picture Pioneers. Le texte rappelle son rôle actif depuis 1938 au sein de Famous Players, ainsi que son implication dans la présentation de productions de Broadway à Montréal, notamment Fiddler on the Roof, Man of La Mancha et Mame. L’article insiste également sur son apport à l’introduction à Montréal de grandes figures internationales du spectacle, dont Marlene Dietrich, Anne Baxter, Katharine Cornell, Charles Boyer, Helen Morgan, Sir Cedric Hardwicke, Charles Laughton, Olivia de Havilland, Alfred Lunt, Lynn Fontanne et Joseph Cotten.
  11. THE GAZETTE, 17 novembre 1943, p. 3.
    Article relatant la venue de Duke Ellington et de son orchestre au Chez Maurice Danceland pour une représentation d’une seule soirée, accueillie devant une salle comble. La piste de danse est rapidement saturée dès le début de la soirée, alors que l’orchestre prend le relais du chef local Rolland David. Le compte rendu souligne que l’événement s’apparente davantage à un concert qu’à un bal, le public — composé en grande partie de jeunes spectateurs — demeurant attentif, silencieux et admiratif devant la sophistication des arrangements d’Ellington. Plusieurs pièces déclenchent néanmoins des élans d’enthousiasme, provoquant des applaudissements spontanés et des rassemblements autour du kiosque de l’orchestre. Bien que la danse soit relativement limitée, certaines démonstrations de jive attirent l’attention et créent des attroupements, témoignant de l’impact culturel de cette musique auprès du public montréalais. L’article précise également que l’engagement d’Ellington constitue la seconde venue d’un grand orchestre américain dans cette série, après celui de Jan Savitt, confirmant la stratégie du Danceland de positionner Montréal comme étape des tournées des grandes formations de jazz nord-américaines en pleine Seconde Guerre mondiale.
  12. THE GAZETTE, 3 janvier 1944, p. 3.
    Publicité annonçant la prestation du chef d’orchestre américain Count Basie et de son orchestre au Chez Maurice Danceland, présenté comme le « Most Popular Dance Spot in Montreal ». L’annonce met de l’avant la popularité exceptionnelle de l’établissement ainsi que la venue d’une autre grande formation de jazz américaine de premier plan, dans la continuité des engagements récents d’orchestres prestigieux. La présence de Basie, figure majeure du swing et des circuits du jazz international, confirme le rôle du Chez Maurice comme lieu privilégié pour la diffusion des grandes tournées nord-américaines à Montréal durant la Seconde Guerre mondiale, tout en soulignant l’importance du Danceland comme espace central de la culture dansante et musicale de l’époque.
  13. THE GAZETTE, 15 avril 1948, p. 6.
    Article annonçant la venue du trompettiste américain Dizzy Gillespie et de son orchestre au Chez Maurice Danceland pour des représentations les 20 et 21 avril 1948. Présenté comme le chef de file d’un « nouveau courant musical », Gillespie est alors associé à l’émergence du bebop, décrit comme une évolution radicale du jazz, marquée par des interprétations novatrices et des techniques instrumentales révolutionnaires. L’article souligne l’ampleur de son influence, évoquant des centaines de milliers d’adeptes suivant son style, tout en insistant sur le caractère inimitable de son jeu. Cette programmation témoigne de l’adaptation du Chez Maurice aux nouvelles tendances du jazz de l’après-guerre et de son rôle dans l’introduction à Montréal des formes modernes du genre, au-delà du swing dominant des années précédentes.
  14. MARRELLI, Nancy, Stepping Out: The Golden Age of Montreal Night Clubs, 1925–1955, Montréal, Véhicule Press, 2004, p. 36.
    L’ouvrage présente le Club Deauville comme un nouveau cocktail bar aménagé au Chez Maurice lors de la réouverture de l’établissement au printemps 1937. Plus intime que la grande salle principale, le Deauville est décrit comme un espace distinct consacré aux cocktails, tandis que le reste du cabaret continue d’offrir repas, danse et floor show. Le texte souligne également les liens entre Chez Maurice, le Club Lido et d’autres établissements montréalais à travers la trajectoire du musicien Joe Bell, dont les archives ont ensuite été déposées aux archives de l’Université Concordia.
  15. THE MONTREAL STAR, 12 octobre 1948, p. 26.
    Annonce et article relatant la venue du chef d’orchestre américain Jimmy Dorsey et de son orchestre au Chez Maurice Danceland pour une représentation le 18 octobre 1948. Présenté comme l’un des chefs d’orchestre les plus populaires de son époque, Dorsey revient d’une tournée sur la côte ouest et poursuit un circuit de grandes salles de vaudeville et d’hôtels prestigieux à travers l’Amérique du Nord, incluant notamment New York, Chicago et Hollywood. L’article souligne la qualité de son orchestre, composé de musiciens issus des studios de radio et d’enregistrement, ainsi que la présence de vocalistes en vue, dont Larry Noble et Dottie O’Brien. Cette programmation confirme la continuité du Chez Maurice comme escale majeure des grandes tournées américaines, même à une époque où les styles musicaux évoluent et où le swing coexiste avec les formes émergentes du jazz moderne.
  16. THE MONTREAL STAR, 15 juillet 1949, p. 10.
    Annonce de spectacle au Chez Maurice (Danceland) mettant en vedette Sarah Vaughan, présentée comme la « Bop Girl » et lauréate du prix Esquire de la « Singer of the Year ». Elle est accompagnée de Paul Rich et de l’orchestre de Wally Newman, avec des spectacles en continu à partir de 21 h 30. Cette annonce illustre l’évolution de la programmation vers un jazz plus moderne, marqué par l’émergence du bebop, et confirme le rôle du Chez Maurice comme lieu d’accueil des grandes figures du jazz à la fin des années 1940.
  17. THE MONTREAL STAR, 18 juillet 1949, p. 11.
    Annonce confirmant la présence de Sarah Vaughan, artiste de Columbia Records, au Chez Maurice, ainsi qu’une apparition publique au magasin Lindsay’s, situé à l’angle des rues Sainte-Catherine et Peel, le 19 juillet 1949 à 15 h. Cette activité promotionnelle témoigne de l’importance médiatique de sa venue à Montréal et de l’intégration du cabaret dans les circuits commerciaux et culturels du centre-ville [17].
  18. THE GAZETTE, 7 décembre 1949, p. 12.
    Article annonçant la prestation de Ella Fitzgerald au Chez Maurice, décrite comme une chanteuse de renom dotée d’une « satin voice ». Le texte souligne la qualité de son interprétation, son aisance scénique et la réception enthousiaste du public, notamment à travers un répertoire incluant Robin’s Nest, I Can Dream, Can’t I et Don’t Cry Joe. Sa capacité à captiver l’audience, ainsi que son imitation remarquée de Louis Armstrong, sont mises en évidence. L’article mentionne également la présence d’autres numéros au programme, dont l’équipe de patinage Woody and Bobby, ainsi que l’orchestre de Len Howard, illustrant la diversité des spectacles présentés au Chez Maurice à la fin des années 1940 [18].
  19. THE GAZETTE, 5 décembre 1949, p. 12.
    Annonce publicitaire du Chez Maurice mettant en vedette Ella Fitzgerald, présentée comme la « First Lady of Song » et artiste associée à Decca Records et au réseau NBC. Le spectacle s’inscrit dans une revue de type Broadway incluant les Wally Wanger Girls, ainsi que plusieurs numéros de variétés, dont Woody & Bobby (patinage), Charles Julian (chant et danse) et Ralph Lewis comme maître de cérémonie. L’annonce met également de l’avant une formule combinant dîner et spectacle, avec une représentation principale à 20 h 45, illustrant le modèle de divertissement intégré du cabaret à la fin des années 1940 [19].
  20. THE GAZETTE, 1 décembre 1947, p. 10.
    Annonce du Chez Maurice Danceland présentant le batteur américain Gene Krupa et son orchestre pour une série de deux soirées les 3 et 4 décembre 1947. Le programme inclut également Buddy Hughes, Dolores Hawkins et un trio de jazz, tandis que la publicité met en évidence une programmation régulière de musique et de danse, avec différents orchestres selon les jours de la semaine. Cette annonce illustre l’importance du Danceland comme lieu d’accueil des grandes figures du swing nord-américain à la fin des années 1940, dans une formule centrée sur la danse et les orchestres en tournée [20].
  21. THE GAZETTE, 3 juin 1978, p. 114.
    Article de David Sherman consacré à Phil Maurice, revenant sur l’ouverture du Chez Maurice en 1930, présenté comme l’un des cabarets les plus élégants du Canada. L’établissement, d’une capacité d’environ 400 personnes, propose une programmation ambitieuse mettant en vedette des artistes de premier plan, parfois engagés à hauteur de 10 000 $ par semaine, dont Helen Morgan et Harry Richman. Le texte souligne également le rôle déterminant de Roy Cooper, associé de Maurice, avec qui il forme un duo influent dans la vie nocturne montréalaise. Leur activité de réservation contribue à alimenter un vaste réseau de cabarets, incluant notamment le Stanley Grill, l’Embassy Terrace, le Lido et le Golden Dome. L’article mentionne enfin la présence d’artistes émergents comme Red Skelton, engagé à ses débuts, confirmant le rôle du Chez Maurice dans le développement du cabaret moderne à Montréal.
  22. THE MONTREAL STAR, 24 mars 1944, p. 15.
    Annonce du Chez Maurice Danceland présentant une série de spectacles mettant en vedette des orchestres de renom, dont Johnny Long (7 avril 1944) et Jimmie Lunceford (11 avril 1944), deux figures importantes du swing américain. L’annonce souligne également la tenue d’un concours de jive avec prix en argent, accompagné de la participation de Roland David et de son orchestre de 14 musiciens. Cette publicité témoigne du rôle du Danceland comme espace dédié à la danse et aux grandes formations de swing, combinant concerts, compétitions et programmation régulière dans une formule de divertissement populaire au cœur du Montréal des années 1940 [22].
  23. THE MONTREAL STAR, 10 avril 1944, p. 6.
    Annonce signalant une apparition publique du chef d’orchestre Jimmie Lunceford au magasin Lindsay’s, situé sur la rue Sainte-Catherine Ouest, le 11 avril 1944, où il rencontre le public et signe des autographes. Cette activité est présentée en lien direct avec son engagement au Chez Maurice le même soir. L’annonce met en évidence l’importance des stratégies promotionnelles associées aux tournées des grandes formations américaines, combinant présence médiatique, commerce de disques et spectacles en salle dans le Montréal des années 1940 [23].
  24. THE GAZETTE, 22 octobre 1946, p. 3.
    Un article rapporte que le chef d’orchestre Johnny Holmes et son orchestre établissent un record d’assistance au Chez Maurice Danceland, attirant une foule exceptionnelle. La séance de l’après-midi, amorcée à 14 h 30, connaît une forte affluence qui ne cesse de croître jusqu’à la soirée, où l’achalandage dépasse la barre des 2 000 personnes, un sommet pour cette salle de danse. La presse souligne que cette performance surpasse même les résultats obtenus par plusieurs orchestres américains de renom, confirmant la popularité de Holmes auprès du public montréalais et le rôle du Danceland comme lieu majeur de rassemblement pour les amateurs de musique et de danse dans l’après-guerre.
  25. LA PATRIE, 28 janvier 1928.
    Annonce intitulée « Ouverture officielle du Café “Old Heidelberg” », signalant l’inauguration de l’établissement situé au coin des rues Mayor et Saint-Alexandre. Le texte présente le restaurant comme un nouvel espace au centre-ville de Montréal, mettant de l’avant une salle à manger principale décrite comme « unique en son genre », ornée de poutres massives et décorée dans un style ancien. L’annonce précise les modalités de service, incluant le lunch servi de 12 h à 14 h 30 et le dîner en soirée, accompagné par un orchestre de cinq musiciens. Elle insiste également sur la qualité de la cuisine, la présence d’un chef européen, de pâtisseries préparées sur place, ainsi que sur la modernité des installations. Une photographie intégrée à la publication montre une vaste salle à manger élégante, témoignant de l’envergure de l’établissement. L’ensemble positionne le Old Heidelberg comme un lieu destiné à une clientèle urbaine, notamment comme rendez-vous après le théâtre et pour le milieu des affaires.
  26. LA PATRIE, 30 janvier 1928.
    Article intitulé « Brillante ouverture du Restaurant Old Heidelberg », rendant compte de l’inauguration officielle de l’établissement situé au coin des rues Mayor et Saint-Alexandre. Le texte décrit une ouverture marquée par une forte affluence et un accueil favorable, soulignant l’enthousiasme du public dès la première soirée. L’article met en évidence le rôle du gérant J. Tinhof, dont la gestion est présentée comme efficace et prometteuse pour l’avenir du restaurant. Il insiste également sur la qualité de l’offre musicale, assurée par un orchestre de cinq musiciens qualifié de « premier ordre », ainsi que sur la présence annoncée de concerts réguliers comprenant à la fois des pièces classiques et un répertoire plus varié. Ce compte rendu confirme le positionnement du Old Heidelberg comme un établissement ambitieux, combinant restauration et programmation musicale, et destiné à s’inscrire durablement dans la vie nocturne montréalaise de la fin des années 1920.
  27. GAZETTE OFFICIELLE DU QUÉBEC, 17 décembre 1927, no 50, p. 3856.
    Publication des lettres patentes constituant la compagnie “Old Heidelberg Cafe, Limited”, incorporée le 23 novembre 1927 en vertu de la Loi des compagnies de Québec. Le document identifie les principaux membres fondateurs, tous domiciliés à Montréal, dont John Tinhof (gérant de restaurant), Frederick Everett Partridge (manufacturier), Hugo Wellein et Lorne Muir Coughtry (comptables), ainsi que Elsie Chappell, secrétaire. Le capital-actions de la société est fixé à 250 actions privilégiées cumulatives à 7 %, d’une valeur nominale de 100 dollars chacune, et à 2 500 actions ordinaires sans valeur au pair. Les actions privilégiées bénéficient de droits prioritaires en cas de liquidation, sont rachetables à leur valeur nominale et comportent des dispositions spécifiques concernant le versement des dividendes et les droits de vote. Les lettres patentes définissent un champ d’activité étendu, autorisant la compagnie à exploiter des tavernes, restaurants, hôtels, boulangeries, commerces de delicatessen, épiceries et magasins de provisions, ainsi qu’à investir, acquérir et administrer des valeurs mobilières. Le siège social de la compagnie est établi à Montréal. Ce document constitue une source fondamentale pour comprendre la structure juridique et financière du projet à l’origine du Old Heidelberg, confirmant qu’il s’agit dès sa création d’une entreprise organisée et capitalisée, inscrite dans une logique commerciale élargie.
  28. THE GAZETTE, 18 août 1943.
    Article nécrologique intitulé “J. G. Tinhof, 62, Dies”, consacré à John George Tinhof, restaurateur montréalais bien connu. Le texte indique qu’il décède au Montreal General Hospital après une maladie de deux semaines, à l’âge de 62 ans. Né à Vienne en 1881, Tinhof émigre au Canada vers 1912 et travaille presque continuellement dans le domaine de la restauration dès son arrivée. Il se fait notamment connaître comme gestionnaire de Frank De Rice Inc., entreprise associée à des établissements de type curb-service sur le boulevard Décarie. L’article évoque également un épisode marquant de sa vie personnelle : quelques années auparavant, il échappe de justesse à la noyade dans le fleuve Saint-Laurent à Caughnawaga, alors que deux de ses compagnons périssent après le chavirement de leur embarcation. Sur le plan familial, il laisse dans le deuil son épouse, née Ella Thomson, ainsi que leurs trois enfants : Hubert, Jack et Nora. Les funérailles doivent avoir lieu à la chapelle de Wm. Wray Inc., sur la rue University, suivies de l’inhumation au cimetière Mont-Royal. Ce document constitue une source essentielle pour retracer le parcours de J. G. Tinhof, identifié comme gérant du Old Heidelberg lors de son ouverture en 1928, et permet de mieux situer son rôle dans le milieu de la restauration montréalaise au cours de la première moitié du XXe siècle.
  29. THE GAZETTE, 1er juillet 1940.
    Article intitulé “Two Men Drowned, One Rescued As Boat Tips Off Caughnawaga”, relatant un accident survenu sur le fleuve Saint-Laurent, près de Caughnawaga (Kahnawake). Le texte rapporte qu’une embarcation transportant trois hommes chavire à la suite d’une manœuvre liée à l’ancre, sous l’effet du courant. Deux des occupants, identifiés comme Bertram Strong, 45 ans, et Barney Segal, 35 ans, sont emportés par le courant et se noient, malgré leurs tentatives de rejoindre la rive. Le troisième homme, John G. Tinhof, alors âgé de 53 ans et décrit comme directeur du Norgate Club, survit en s’accrochant à l’embarcation renversée. Selon le témoignage rapporté, l’accident survient peu après 13 h 30, lorsque l’un des occupants se lève pour remonter l’ancre, provoquant le basculement du bateau sous la pression combinée du courant et de la tension exercée sur la corde. Les trois hommes sont projetés à l’eau ; Tinhof tente d’abord de nager vers la rive avec ses compagnons, puis choisit de revenir vers l’embarcation, à laquelle il s’agrippe jusqu’à l’arrivée des secours. Le sauvetage est effectué par deux hommes présents sur la rive, décrits comme des Autochtones, qui rejoignent l’épave en barque et ramènent Tinhof en sécurité. Les corps des deux victimes ne sont pas immédiatement retrouvés en raison de la force du courant, et les recherches sont suspendues jusqu’au lendemain. Ce document constitue une source contemporaine détaillée de l’accident évoqué ultérieurement dans la nécrologie de Tinhof [28], et permet de préciser les circonstances exactes de cet événement marquant de sa vie.
  30. THE MONTREAL DAILY STAR, 17 août 1943.
    Avis nécrologique intitulé “J. G. Tinhof, Dies; De Rice Manager”, concernant John George Tinhof, restaurateur montréalais décédé à l’âge de 62 ans à la suite d’une courte maladie. L’article précise qu’il résidait au 4456, avenue Beaconsfield et qu’il occupait le poste de gestionnaire au sein de la Frank De Rice Company. Le texte indique que Tinhof avait auparavant été associé à plusieurs établissements du milieu des cabarets montréalais, ayant notamment été gestionnaire du Chez Maurice, du Norgate et du Villa Maurice. Ces informations confirment son implication directe dans l’exploitation de lieux liés à la vie nocturne et au divertissement à Montréal au cours de la première moitié du XXe siècle. L’avis mentionne également les détails des funérailles, prévues à la chapelle William Wray, sur la rue University. Sur le plan familial, Tinhof laisse dans le deuil son épouse, née Ella Thompson, leur fille Nora, ainsi que leurs deux fils, Jack et Hubert, tous deux membres de la Royal Canadian Air Force. Il est précisé que Jack est en service outre-mer depuis plus d’un an, tandis que Hubert complète sa formation de pilote à Saint-Hubert. Ce document complète les informations biographiques disponibles sur J. G. Tinhof en précisant son parcours dans le milieu des cabarets montréalais et en confirmant ses fonctions au sein de plusieurs établissements associés à la vie nocturne de la ville.
  31. THE MONTREAL DAILY STAR, 2 novembre 1928.
    Annonce intitulée “Grand Opening” annonçant l’ouverture pour la saison d’hiver du “Patio” du Old Heidelberg Cafe, situé au coin des rues Alexandre et Mayor. L’annonce met en vedette Mr. Millway and his orchestra, présentés comme bien connus du public montréalais, interprétant les latest hits in dance music. La programmation musicale est annoncée de 22 h jusqu’à la fermeture, dans un cadre décrit comme chaleureux, combinant musique, restauration et atmosphère conviviale. Le texte précise également l’absence de frais d’entrée (no cover charge) et invite les clients à réserver à l’avance. La mention de J. G. Tinhof à titre de gérant confirme son rôle dans l’exploitation de l’établissement à cette période et témoigne du développement d’une offre structurée mêlant restauration et divertissement musical au Old Heidelberg.
  32. THE GAZETTE, 18 septembre 1928.
    Annonce promotionnelle intitulée “Old Heidelberg Cafe”, présentant l’établissement situé au coin des rues St. Alexander et Mayor, décrit comme un « oasis for epicureans ». Le texte détaille une offre de restauration et de divertissement structurée, incluant un Business Men’s Lunch à 75 cents et un plate lunch in tavern à 50 cents, ainsi qu’un service à la carte offert toute la journée. Les dîners, servis de 18 h à 21 h, sont accompagnés d’un orchestre pour un prix de 1,25 $, tandis que les soirées proposent des “Supper Dance De Luxe” dans le Patio. L’annonce met de l’avant le caractère élégant de l’établissement, présenté comme un lieu de rendez-vous pour une clientèle recherchant mode et raffinement. La programmation musicale est assurée par un orchestre dirigé par Mr. Katz, décrit comme jouissant d’une renommée internationale. L’absence de frais d’entrée (no cover charge) est également soulignée, de même que la mention de J. G. Tinhof à titre de gérant. Ce document illustre le positionnement du Old Heidelberg comme un établissement combinant restauration, musique et danse, pleinement intégré aux pratiques de sociabilité et de divertissement du centre-ville montréalais à la fin des années 1920.
  33. THE GAZETTE, 14 février 1928.
    Annonce promotionnelle intitulée “Old Heidelberg Cafe — Montreal’s Largest Restaurant”, présentant l’établissement situé au coin des rues St. Alexander et Mayor. Le texte met de l’avant la capacité et l’importance du lieu, décrit comme le plus grand restaurant de Montréal. L’annonce détaille l’offre alimentaire, incluant un Businessmen’s Lunch à 75 cents et un plate dinner à 50 cents, ainsi qu’un service à la carte. Elle souligne également la disponibilité de bières claire et brune en fût, ainsi que de produits importés, notamment des pilseners et bières de Munich. Un Special Sunday Dinner est offert au prix de 1,25 $, tandis qu’un orchestre complet se produit quotidiennement de 18 h à 21 h, confirmant l’intégration de la musique live à l’expérience proposée. La mention de J. G. Tinhof à titre de gérant confirme son rôle dans l’exploitation de l’établissement dès les premières semaines suivant son ouverture. Cette annonce illustre le positionnement du Old Heidelberg comme un établissement de grande capacité, combinant restauration, boissons et divertissement musical dans le centre-ville montréalais.
  34. THE MONTREAL DAILY STAR, 9 juin 1930.
    Avis juridique intitulé “Old Heidelberg Cafe Limited”, annonçant que la compagnie Old Heidelberg Cafe, Limited a entrepris des démarches en vertu de la Loi des compagnies de Québec afin d’obtenir l’autorisation de remettre sa charte (surrender of its charter). Le document précise que la demande est adressée au lieutenant-gouverneur de la province, conformément aux dispositions légales en vigueur. L’avis est daté du 30 mai 1930 à Montréal et est signé par Ernest C. Cole, secrétaire de la compagnie. Il indique que la dissolution de la société prendra effet à une date ultérieure fixée par les autorités. Ce document constitue une preuve de la cessation des activités de la compagnie Old Heidelberg Cafe, Limited, moins de trois ans après sa constitution en 1927, et marque une étape importante dans l’évolution du site occupé par l’établissement.
  35. THE MONTREAL STAR, 27 décembre 1929, p. 2.
    Annonce illustrée intitulée “Gala New Year’s Eve Celebration at The Patio”, présentant un événement spécial de la veille du Nouvel An au Patio du Old Heidelberg Cafe, sous la direction de Phil Maurice. L’annonce décrit une soirée de gala comprenant une programmation élaborée incluant une revue complète dirigée par Petite Randall, ainsi qu’un accompagnement musical assuré par l’orchestre de Al Wagner. Le programme met de l’avant une expérience continue combinant danse, divertissement et animation, avec une invitation à arriver tôt et à prolonger la soirée jusqu’aux premières heures du matin. Le texte précise que des souvenirs seront offerts aux participants et qu’un club breakfast sera servi à 5 h 30, soulignant la durée exceptionnelle de l’événement. Le prix d’entrée est fixé à 7,50 $ par personne, et les clients sont invités à réserver à l’avance en raison de la forte demande anticipée. La mention de Phil Maurice comme gestionnaire confirme son rôle dans l’exploitation du lieu à cette période et témoigne du positionnement du Patio comme espace de spectacle structuré de type cabaret, intégré aux grandes célébrations mondaines de Montréal à la fin des années 1920.
  36. THE MONTREAL STAR, 13 décembre 1929, p. 52.
    Annonce promotionnelle intitulée “Ask Old Man Experience — He Will Tell You — the Patio”, présentant le Patio du Old Heidelberg Cafe comme « Montreal’s Smartest Cabaret ». Le texte met de l’avant une offre de divertissement structurée comprenant une revue dirigée par Petite Randall, accompagnée de l’orchestre de Al Gagnon. L’annonce souligne une formule de table d’hôte dinner servie de 18 h à 21 h, sans frais d’entrée (no cover charge), suivie d’un programme comprenant danse et revue complète. Le lieu est présenté comme « The Only Dinner Show in Town », affirmant ainsi son caractère distinctif dans le paysage du divertissement montréalais. La mention de Phil Maurice à titre de gestionnaire confirme son rôle dans l’exploitation du lieu à cette période. L’annonce invite les clients à réserver à l’avance pour les célébrations du Nouvel An, témoignant d’une forte demande anticipée. Ce document illustre le positionnement du Patio comme cabaret de premier plan à Montréal à la fin des années 1920, combinant restauration, spectacle et danse dans une formule intégrée inspirée des grandes scènes nord-américaines.
  37. THE GAZETTE, 5 octobre 1929, p. 25.
    Annonce liée à une course cycliste de six jours (“Continuous 6-Day Bicycle Race”) présentée au Forum de Montréal, mentionnant en complément un spectacle intitulé “The Patio Midnight Revue”, présenté par Phil Maurice. Le programme annonce une représentation nocturne à 2 h du matin, mettant en vedette un divertissement de style Broadway accompagné de l’orchestre de Al Gagnon. L’événement est présenté comme une extension du Patio du Old Heidelberg Cafe, transposant son modèle de cabaret dans un contexte de grande salle publique. Les tarifs sont indiqués selon les sections, incluant une admission générale à 50 cents, ainsi que des places en amphithéâtre et en loges, témoignant d’une organisation structurée à grande échelle. Ce document illustre l’expansion des activités du Patio au-delà de son emplacement d’origine, confirmant son intégration aux circuits majeurs du divertissement montréalais et sa capacité à produire des spectacles dans des lieux d’envergure tels que le Forum à la fin des années 1920.
  38. THE GAZETTE, 20 novembre 1929, p. 10.
    Article intitulé “Aero Club Formed”, annonçant la création de l’Aero Club of Canada à Montréal, destiné à regrouper des passionnés d’aviation et à développer une institution urbaine dédiée à ce domaine. Le texte précise que le club est formé à la suite du Hangar Club et vise à offrir des installations plus importantes aux amateurs et professionnels de l’aviation. Parmi les membres fondateurs et dirigeants mentionnés figure Phil Maurice, identifié comme secrétaire-trésorier, aux côtés de plusieurs officiers, dont d’anciens membres de l’aviation militaire. L’article souligne également que le club prévoit tenir une première assemblée générale en décembre et entreprendre des démarches pour obtenir des installations permanentes, ainsi qu’une affiliation avec le Royal Aero Club of Great Britain. Ce document témoigne de l’implication de Phil Maurice dans des réseaux sociaux et institutionnels au-delà du milieu du divertissement, et illustre son insertion dans des cercles associés à l’innovation, à la modernité et aux élites urbaines à Montréal à la fin des années 1920.
  39. THE GAZETTE, 21 avril 1930, p. 4.
    Article annonçant la tenue d’un organisé par le Ramblers Aero Club, en collaboration avec les Curtiss-Reid Flying Services, devant se dérouler au Chez Maurice. Le texte précise que l’événement aura lieu en soirée et qu’un programme de divertissement de cabaret sera offert grâce à la contribution de Phil Maurice. Cette mention souligne le rôle de Maurice comme fournisseur ou organisateur de spectacles, au-delà de ses propres établissements. Ce document illustre les liens entre les milieux du divertissement et de l’aviation à Montréal au tournant des années 1930, ainsi que l’implication de Phil Maurice dans des événements sociaux réunissant des réseaux élitistes. Il confirme également la circulation des artistes et des programmes de cabaret entre différents lieux, notamment entre le Old Heidelberg et le Chez Maurice.
  40. THE MONTREAL STAR, 3 octobre 1930, p. 21.
    Annonce pour le Chez Maurice, présenté comme cabaret-restaurant situé sur la rue St. Alexander, au-dessus de Ste-Catherine. Le texte met de l’avant une formule de table d’hôte dinner au prix de 1,50 $, sans frais de couvert (no cover charge), indiquant un modèle où le spectacle est intégré au repas plutôt que facturé séparément. La programmation comprend la Harry Hart Revue, accompagnée par l’orchestre de Alec Lajoie, confirmant une offre de divertissement combinant musique et numéros de scène dans la tradition des cabarets nord-américains. L’annonce insiste également sur l’attrait de l’établissement pour une clientèle de passage (“those out of town friends”), suggérant un positionnement visant autant les visiteurs que la clientèle locale. Ce document illustre la consolidation du modèle de dîner-spectacle au Chez Maurice au début des années 1930, ainsi que son rôle dans le paysage du divertissement montréalais.
  41. PALMER, Al, Montreal Confidential, Montréal, Véhicule Press, édition moderne d’un ouvrage initialement publié en 1950. Passage consacré à l’émergence des premiers nightclubs montréalais, retraçant le développement de lieux tels que le Parisian, le St. Regis Cabaret, le Blue Bird (plus tard Claridge) et le Motorists’ Inn. L’ouvrage indique que le Motorists’ Inn est exploité par un trio composé de Phil Maurice, Billy Cohen et Sam Vineberg, avant leur séparation. Il précise que Phil Maurice poursuit ensuite une carrière indépendante dans l’exploitation de cabarets et ouvre son premier établissement, le Old Heidelberg, situé à l’angle des rues St. Alexander et Mayor. Le texte mentionne également que Maurice est à l’origine du nom Chez Maurice, soulignant son influence dans le développement du paysage nocturne montréalais.
  42. CHAS. E. GOAD CO. / UNDERWRITERS’ SURVEY BUREAU, Insurance Plan of City of Montreal, Quebec, Canada, volume II, Montréal, Chas. E. Goad Co., 1915, atlas, échelle 1:600.
    Plan d’assurance-incendie conservé dans les Plans de villes et villages du Québec à Bibliothèque et Archives nationales du Québec (notice 0000179182). La carte montre l’angle des rues St. Alexandre et Mayor, soit l’emplacement où sera exploité plus tard le Old Heidelberg Cafe. Ce document cartographique permet de situer précisément le site dans le tissu urbain du centre-ville montréalais au début du XXe siècle, avant l’ouverture de l’établissement, et constitue une source utile pour documenter l’occupation du lot et son environnement bâti antérieur.
  43. NOVELTY MFG. & ART CO., The Patio, Old Heidelberg Café, Montreal, corner Alexander & Mayor Sts, facing St. James United Church, Montréal, [1928–1930], carte postale couleur (9 × 14 cm). Exemplaire provenant de la collection Pierre Monette, conservé à la Bibliothèque nationale du Québec (site Rosemont), notice 0004357995. Cette carte postale représente le Patio du Old Heidelberg Cafe, confirmant visuellement l’implantation de l’établissement à l’angle des rues St. Alexandre et Mayor, en face de la St. James United Church, et témoigne de l’image publique du lieu à la fin des années 1920.
  44. DESMARAIS, Gabriel (Gaby), Phil Maurice, janvier 1961, photographie.
    Fonds Gabriel Desmarais (Gaby), Archives nationales à Montréal, référence P795,S1,D10773. Portrait photographique de Phil Maurice réalisé au début des années 1960, offrant un témoignage visuel tardif de cette figure importante du milieu du divertissement montréalais.
  45. THE GAZETTE, 17 octobre 1931, p. 5.
    Article intitulé “Charles Taschereau Feted on Eve of Marriage” rapportant la tenue d’un banquet au Chez Maurice en l’honneur de Charles Taschereau, ingénieur et fils du premier ministre du Québec L. A. Taschereau. Organisé à la veille de son mariage avec Camille Leduc, l’événement réunit plus de 200 invités issus des milieux politiques, professionnels et mondains montréalais. Le texte souligne qu’un spectacle de cabaret de grande qualité est présenté par la direction de l’établissement, tandis que plusieurs invités participent également à l’animation de la soirée, contribuant à une atmosphère festive et distinguée. La liste des personnes présentes inclut notamment des figures politiques et publiques, confirmant le statut du lieu comme espace de rencontre pour les élites urbaines. Par son ampleur, la nature de ses invités et la présence d’un programme de divertissement intégré, cet événement illustre le rôle du Chez Maurice comme lieu de réception prestigieux, capable d’accueillir des fonctions sociales importantes au-delà de sa programmation régulière de cabaret.
  46. THE MONTREAL STAR, 2 juin 1931, p. 6.
    Publicité pour le Chez Maurice, situé au coin des rues St. Alexander et St. Catherine, présentant l’établissement comme offrant « The Only Dinner Show in Town ». L’annonce met de l’avant un souper populaire à 1,00 $, accompagné d’une dinner revue débutant à 19 h 45, dans une formule combinant repas et spectacle, sans frais d’entrée (no cover charge). Le programme comprend trois revues par soirée, confirmant un rythme soutenu et une offre de divertissement structurée, caractéristique des cabarets montréalais de l’époque. Cette organisation en plusieurs spectacles successifs témoigne d’une volonté d’optimiser la fréquentation et de proposer une expérience continue aux clients. L’annonce précise également qu’à l’occasion du 3 juin 1931, l’établissement sera entièrement réservé pour accueillir environ 150 membres du Schenectady Chamber of Commerce Goodfellowship Cruise, en présence du maire de Montréal Camillien Houde et d’autres autorités civiques. Cette mention illustre le rôle du Chez Maurice comme lieu de réception officiel et espace de représentation pour des événements d’envergure, au-delà de sa programmation régulière.
  47. THE GAZETTE, 14 novembre 1931, p. 14.
    Article portant sur les activités des clubs d’aviation à Montréal, dans lequel il est mentionné qu’un cabaret est présenté grâce aux efforts de Phil Maurice, décrit comme membre enthousiaste du club et propriétaire du Chez Maurice. L’événement, organisé dans le cadre d’une rencontre sociale liée au Montreal Light Aeroplane Club, comprend également un programme varié incluant des projections de films et des présentations liées à l’aviation. Cette mention confirme le rôle de Phil Maurice comme acteur impliqué à la fois dans le milieu du divertissement et dans des réseaux sociaux plus larges, notamment ceux associés à l’aviation, et souligne la contribution de ses productions de cabaret à des événements institutionnels et mondains.
  48. THE MONTREAL STAR, 4 juin 1931, p. 3.
    Article portant sur la visite à Montréal d’environ 100 membres du Schenectady Chamber of Commerce Goodfellowship Cruise, décrivant leur séjour dans la ville dans le cadre d’un programme de visites et d’activités organisé par les autorités locales. Le texte précise que, en soirée, le groupe se réunit au Chez Maurice pour un dîner de cabaret et divertissement, confirmant le rôle de l’établissement comme lieu d’accueil pour des délégations étrangères et des événements à caractère officiel. Parmi les participants figurent plusieurs personnalités, dont Henry C. Fagal, maire de Schenectady, ainsi que des représentants du commerce et des autorités publiques, illustrant le positionnement du Chez Maurice comme espace de sociabilité fréquenté par des milieux d’affaires et diplomatiques.
  49. THE MONTREAL STAR, 28 décembre 1931, p. 6.
    Article portant sur un spectacle-bénéfice organisé au His Majesty’s Theatre au profit des fonds de secours pour les chômeurs, réunissant des artistes issus de plusieurs cabarets et salles de spectacle de Montréal. Le texte mentionne la participation de Maurice, du Chez Maurice, qui agit comme assistant maître de cérémonie, contribuant à l’animation de la soirée aux côtés de Larry Vincent. L’événement rassemble des interprètes provenant de divers établissements, illustrant l’existence d’un réseau interconnecté de la scène nocturne montréalaise. Cette mention confirme la reconnaissance de Phil Maurice comme figure active du milieu du divertissement, impliquée dans des événements publics et caritatifs d’envergure.
  50. THE MONTREAL STAR, 17 février 1932, p. 4.
    Publicité pour le Chez Maurice Cabaret annonçant un “Dollar Dinner” sans frais d’entrée (no cover), accompagnée d’un avis indiquant que l’établissement prévoit déménager au plus tard le 1er mai 1932 vers un nouvel emplacement, soit le site anciennement connu sous le nom de Venetian Gardens, situé sur la rue Sainte-Catherine Ouest. Cet avis constitue une preuve contemporaine du transfert du Chez Maurice depuis son emplacement de la rue St. Alexander vers le secteur de Sainte-Catherine, marquant une étape importante dans l’évolution du cabaret.
  51. LA PRESSE, 29 avril 1932, p. 16.
    Article relatant l’ouverture du nouveau cabaret Chez Maurice à son nouvel emplacement, qui attire plus de 800 personnes dès la première soirée. Le texte insiste sur l’affluence exceptionnelle et sur le caractère mondain de l’événement, où « tous les habitués de la maison » sont au rendez-vous. La salle est décrite comme nouvellement aménagée, avec une décoration aux teintes de bleu, orange, gris doux et doré, créant une atmosphère élégante et harmonieuse. La soirée débute vers 22 heures et, dès 23 h 30, aucune place n’est disponible, signe d’un succès immédiat. Les invités dansent au son de l’orchestre d’Al White, tandis que les différentes attractions sont chaleureusement accueillies par le public. L’article souligne notamment la prestation de la pianiste Helen Morgan, installée au centre de la salle, dont l’interprétation est vivement applaudie. L’ensemble est présenté comme une ouverture réussie, confirmant la popularité et le prestige du Chez Maurice dans le paysage nocturne montréalais.
  52. THE GAZETTE, 30 avril 1932, p. 16.
    Article consacré à Helen Morgan, vedette du spectacle d’ouverture du nouveau Chez Maurice, retraçant son parcours depuis ses débuts modestes à Montréal jusqu’à sa reconnaissance internationale. Le texte évoque notamment son ascension rapide après son installation à New York, sa participation à la comédie musicale Show Boat ainsi que son succès au théâtre et au cinéma, qui lui valent une réputation de premier plan. L’article souligne le caractère symbolique de son retour à Montréal, ville associée à ses débuts difficiles, et décrit sa prestation au Chez Maurice comme un moment marquant de cette trajectoire. La soirée d’ouverture y est présentée comme une production ambitieuse, réunissant un chœur d’environ 20 danseuses, des numéros élaborés et une mise en scène soignée. Plusieurs artistes sont mentionnés, dont Olive Fay, Marion Young, ainsi que le duo Pepita et Rhoda, tandis que la musique est assurée par Hal White et son orchestre, avec Billy Dawson comme assistant directeur. Le texte insiste également sur la qualité de l’aménagement du nouveau cabaret, décrit comme spacieux mais intime, ainsi que sur l’originalité de l’éclairage et du décor. Dans son ensemble, l’article témoigne du niveau élevé de production atteint dès l’ouverture du nouveau Chez Maurice sur la rue Sainte-Catherine, confirmant son positionnement immédiat parmi les établissements majeurs de la vie nocturne montréalaise.
  53. THE GAZETTE, 28 avril 1932.
    Annonce de l’ouverture du Chez Maurice au 1244, rue Sainte-Catherine Ouest, présentée comme « The Event of the Season ». Le document annonce une revue spectaculaire réunissant 25 artistes, mettant en vedette Helen Morgan, star des Ziegfeld Follies, avec Sam Walsh comme maître de cérémonie et Hal White à la direction musicale. L’annonce précise également les modalités tarifaires, incluant un prix d’entrée de 2,25 $ (taxe incluse), ainsi que différentes formules de dîner et de spectacle durant l’engagement de Morgan, illustrant le modèle structuré du dîner-spectacle adopté par l’établissement dès son ouverture.
  54. THE MONTREAL STAR, 24 janvier 1933, p. 3.
    Article relatant une série de procédures judiciaires impliquant plusieurs exploitants de cabarets montréalais dans un conflit avec les autorités concernant la légalité des spectacles et de la danse après minuit. Le texte mentionne notamment Phil Maurice, propriétaire du Chez Maurice, visé par plusieurs accusations liées à des infractions aux règlements municipaux, dont des cas de danse après minuit et de non-respect de la loi du dimanche. Ces poursuites s’inscrivent dans un contexte plus large de tensions entre l’industrie du divertissement nocturne et la réglementation policière au début des années 1930.
  55. THE MONTREAL STAR, 7 février 1933, p. 3.
    Article intitulé « Recorders Dismiss Cabaret Summonses » rapportant l’abandon de plusieurs poursuites intentées contre des exploitants de cabarets montréalais dans le cadre de l’application du couvre-feu de minuit. Le texte précise que plusieurs causes visant Phillip Maurice, gérant du Chez Maurice, sont rejetées après qu’il a été démontré que l’établissement opérait sous une licence de cabaret plutôt que de salle de danse, et que les accusés n’en étaient pas les propriétaires directs, mais des gestionnaires. Cette décision met en lumière les limites de l’application des règlements municipaux à l’égard des cabarets au début des années 1930.
  56. THE GAZETTE, 8 février 1933, p. 4.
    Article intitulé « Night Clubs Score Over Police Again » rapportant le rejet par la Recorder’s Court de nombreuses poursuites intentées contre des cabarets montréalais dans le cadre de l’application du couvre-feu. Le texte souligne que les accusations visant notamment le Chez Maurice et le Grand Garden reposaient sur des erreurs procédurales, les établissements étant des entités incorporées alors que les accusations avaient été portées contre des individus. Le tribunal conclut que les actions étaient mal dirigées et confirme l’abandon des poursuites, mettant en évidence les difficultés des autorités à appliquer la réglementation aux cabarets au début des années 1930.
  57. THE GAZETTE, 25 février 1933, p. 11.
    Article intitulé « Offering New Show — 7th Edition of Chez Maurice Revue Opens Monday » annonçant le lancement d’une nouvelle revue au Chez Maurice. Le texte précise qu’un spectacle de type floor show, inspiré des grands cabarets new-yorkais, est préparé par une troupe d’environ 25 artistes sous la direction de Jack Pomeroy. Il mentionne également plusieurs membres de la distribution, dont Archie Robbins, Crawford and Cashey, Lynn Dore, Betty Martin et Phil Stone, ainsi que la présence d’un groupe de chorus girls. L’article souligne enfin que cette production marque une nouvelle phase dans l’évolution du cabaret, présenté comme renouvelé sous une nouvelle direction.
  58. THE GAZETTE, 28 février 1933, p. 3.
    Article intitulé « Chez Maurice Has Attractive Revue » rendant compte de la première de la septième édition de la revue du Chez Maurice, présentée devant une salle comble. Le texte souligne la qualité de la mise en scène, décrite comme élaborée, ainsi que la richesse de la programmation, incluant plusieurs numéros chorégraphiques conçus par Josephine Earle. Il met également en avant la performance du maître de cérémonie Archie Robbins, saluée par le public, et insiste sur le rôle de cette nouvelle production dans le cadre d’une nouvelle direction du cabaret, marquant une phase de renouvellement dans son évolution.
  59. THE MONTREAL STAR, 3 mars 1933, p. 24.
    Annonce indiquant que le Chez Maurice invite des artistes amateurs — chanteurs, danseurs et musiciens — à se produire chaque semaine au cabaret. Les candidats sont invités à se présenter entre 14 h et 15 h au 1244, rue Sainte-Catherine Ouest. Cette annonce témoigne de l’ouverture de l’établissement à de nouveaux talents et de son rôle comme espace d’expérimentation et de recrutement dans le milieu du divertissement montréalais.
  60. THE GAZETTE, 21 mars 1933, p. 18.
    Mention de l’incorporation de Chez Maurice, Inc. parmi une liste de nouvelles compagnies enregistrées au Québec au cours de la semaine. L’article précise que ces entreprises, dont le siège social est situé à Montréal, font partie d’un ensemble totalisant un capital combiné de 1 253 000 $. Cette inscription atteste la formalisation juridique du Chez Maurice sous forme de compagnie incorporée, confirmant son statut d’entreprise structurée au sein du secteur du divertissement montréalais.
  61. THE GAZETTE, 25 mars 1933, p. 7.
    Un article annonce que la seventh edition de la Chez Maurice Revue, présentée comme l’un des spectacles musicaux les plus spectaculaires alors offerts à Montréal, entame sa cinquième semaine de représentations au cabaret de la rue Sainte-Catherine. Initialement prévue pour une durée de deux semaines, la production — mise en scène par Jack Pomeroy et décrite comme une revue d’inspiration Broadway — connaît un succès tel que la direction est contrainte de prolonger l’engagement de semaine en semaine. L’article met en évidence la popularité du spectacle, notamment grâce aux performances du duo de danseurs Crawford et Caskey, ainsi qu’à celles de Betty Martin, Phil Stone et d’un chœur de danseuses. La présence continue de Archie Robbins comme maître de cérémonie, alors engagé depuis plusieurs semaines, confirme la stabilité et le succès durable de la programmation du Chez Maurice au début de l’année 1933.
  62. THE GAZETTE, 15 avril 1933, p. 4.
    Un article annonce la présentation de la huitième édition de la Chez Maurice Revue, qui met en vedette Joe Herbert, chanteur et maître de cérémonie, décrit comme l’une des principales attractions du spectacle. L’article souligne que la production, ouverte quelques jours plus tôt devant une salle importante, connaît un accueil favorable du public. Parmi les autres artistes en vedette figure Selma King, chanteuse de blues associée aux scènes de Broadway. La distribution comprend également un ensemble varié d’interprètes, dont Pasquale et Ledore comme duo de danse, Frankie Maye à la tête du chœur, ainsi que Charles Dane dans les numéros chantés. La revue est produite par l’organisation de Jack Pomeroy, reconnue pour ses spectacles inspirés du modèle new-yorkais, et met en scène un chœur de danseuses issues de Broadway. L’article mentionne enfin l’organisation d’une soirée de gala destinée à relancer l’assistance après une fréquentation légèrement réduite lors de l’ouverture, en raison de la période du Carême.
  63. THE GAZETTE, 22 avril 1933, p. 11.
    Un article souligne le succès rapide de Joe Herbert au Chez Maurice, où il se produit dans le cadre de la huitième édition de la Chez Maurice Revue. Présenté comme un artiste encore peu connu du public montréalais à son arrivée, Herbert connaît un succès immédiat dès ses premières représentations, attirant l’attention tant des spectateurs que des milieux radiophoniques et théâtraux. Le texte compare son style vocal à celui de Harry Richman et rappelle son expérience dans des productions new-yorkaises, notamment sous la direction de Lew Leslie. Il est accompagné sur scène par la chanteuse Selma King, ainsi que par plusieurs artistes déjà associés à la revue, dont le duo de danseurs Pasquale et Ledore et Frankie Maye. L’ensemble est complété par un chœur polyvalent et une production signée par l’organisation de Jack Pomeroy, tandis que la musique est assurée par Everett Stevens and his Canadians. L’article met en évidence la capacité du Chez Maurice à révéler et consacrer rapidement de nouveaux talents dans le cadre de ses revues.
  64. THE GAZETTE, 13 mai 1933, p. 7.
    Un article annonce l’ouverture de la neuvième édition de la Chez Maurice Revue, présentée comme l’un des spectacles de type floor show les plus ambitieux importés de Broadway à Montréal. La première a lieu un lundi soir à 19 h 30 au cabaret de la rue Sainte-Catherine, dans le cadre d’une soirée de gala. L’événement est accompagné de l’entrée en scène de Billy Munro et de son orchestre, l’un des ensembles de danse les plus populaires au Canada, dont l’engagement coïncide avec le lancement de la revue. La production réunit une distribution importante composée d’artistes et de danseuses provenant de clubs new-yorkais réputés, notamment le Paradise et le Hollywood, et préparée au cours de plusieurs semaines de répétitions. Parmi les interprètes figurent Bobby Gillette, maître de cérémonie, Ramon et Ruth comme duo de danse, Patricia Preece, chanteuse de blues, ainsi que Shirley Richards, Jean Mona et Marion Mitchell. L’article insiste sur l’ampleur de la production et sur la combinaison d’une revue de style Broadway et d’un orchestre de premier plan, marquant une nouvelle étape dans le développement du Chez Maurice.
  65. THE GAZETTE, 15 mai 1933, p. 5.
    Un article annonce l’ouverture officielle de la neuvième édition de la Chez Maurice Revue, présentée lors d’une soirée inaugurale au cabaret de la rue Sainte-Catherine. Le spectacle est associé au lancement de l’engagement de Billy Munro et de son orchestre, alors considéré comme l’un des ensembles de danse les plus populaires au Canada. La revue, produite par l’organisation de Jack Pomeroy et conçue dans ses studios de Broadway, met en scène une distribution comprenant notamment Bobby Gillette, Shirley Richards, Patricia Pryce, Jean Mona, Ramon et Ruth ainsi que Betty Bayne, accompagnés d’un chœur de danseuses issues de productions new-yorkaises. L’article insiste sur le caractère spectaculaire de la production et sur l’ampleur du dispositif artistique mobilisé pour cette nouvelle revue.
  66. THE GAZETTE, 20 mai 1933, p. 10.
    Un article confirme la poursuite du succès de la neuvième édition de la Chez Maurice Revue, toujours à l’affiche quelques jours après sa première. La production est décrite comme un spectacle pouvant rivaliser avec les grandes attractions new-yorkaises, réunissant environ 25 artistes de Broadway, dont un important chœur de danseuses, accompagnés par l’orchestre de Billy Munro. La distribution est menée par Bobby Gillette, maître de cérémonie, et Shirley Richards, tandis que des artistes comme Jean Mona, Ramon et Ruth et Patricia Pryce occupent des rôles importants dans les numéros. L’ensemble de la production est conçu et mis en scène à New York par l’organisation de Jack Pomeroy, confirmant l’alignement du Chez Maurice sur les standards des grandes revues nord-américaines.
  67. THE GAZETTE, 9 mai 1933, p. 12.
    Une publicité annonce l’ouverture officielle du Villa Maurice, présentée comme un “Gala Opening” sous la direction personnelle de Phil Maurice. L’établissement est décrit comme la plus récente attraction nocturne de Montréal (“Montreal’s Newest Night-time Sensation”), mettant en avant un spectacle qualifié de « startling show », un orchestre de premier plan et une atmosphère élégante. L’ouverture est fixée au jeudi 11 mai 1933. La publicité mentionne également la direction culinaire assurée par John Tinhof, confirmant la continuité avec l’entourage professionnel associé aux établissements précédents de Maurice. L’ensemble insiste sur le positionnement du Villa Maurice comme un lieu de divertissement moderne, combinant gastronomie, musique et cabaret dans un cadre raffiné.
  68. THE MONTREAL STAR, 10 mai 1933, p. 6.
    Un article annonce l’ouverture imminente du Villa Maurice, présenté comme un “intimate cabaret” sous la direction personnelle de Phil Maurice. Situé sur la rue Stanley, en face du Windsor Hotel, l’établissement doit ouvrir ses portes le 11 mai 1933. Le texte souligne la volonté d’offrir un programme de cabaret d’envergure accompagné d’un orchestre de danse élargi, tout en mettant l’accent sur le confort moderne du lieu, notamment grâce à l’installation d’un système de ventilation et de climatisation. Une attention particulière est également portée à l’aménagement de la salle, pensé pour optimiser la disposition de la piste de danse et des tables, confirmant le positionnement du Villa Maurice comme un cabaret moderne, intime et soigneusement conçu.
  69. THE MONTREAL STAR, 12 mai 1933, p. 14.
    Un compte rendu publié au lendemain de l’ouverture du Villa Maurice décrit l’établissement comme « tastefully decorated », soulignant la qualité de son aménagement intérieur et l’attention portée aux détails. L’article insiste sur un décor moderne aux panneaux de couleurs pastel, un éclairage indirect soigné, ainsi qu’un système de ventilation efficace et une disposition des tables pensée pour faciliter la circulation vers la piste de danse. Celle-ci est décrite comme légèrement surélevée, lisse et éclairée par des jeux de couleurs. Sur le plan artistique, la revue d’ouverture est présentée comme raffinée et bien exécutée, avec notamment la chanteuse Lois Revelle, le maître de cérémonie Jackie Beckman, ainsi que plusieurs numéros de danse, dont DeAndra et Donaldson et le danseur de claquettes Joe Altee. L’ensemble est salué pour maintenir un niveau de bon goût conforme à la réputation de Phil Maurice.
  70. THE GAZETTE, 15 mai 1933, p. 10.
    Un article souligne le succès immédiat du Villa Maurice, où une foule nombreuse se presse dès les premiers jours d’exploitation, confirmant l’attrait du public pour les établissements associés à Phil Maurice. Le texte met en avant la qualité de l’offre, décrivant une cuisine « de premier ordre », une floor revue jugée remarquable et un orchestre de danse particulièrement apprécié pour son équilibre et sa fluidité. Parmi les éléments distinctifs du lieu figure un souper à un dollar servi entre 18 h et 21 h, incluant la présentation complète du spectacle, sans frais de couvert, illustrant une formule combinant accessibilité et divertissement de haut niveau.
  71. THE GAZETTE, 7 novembre 1933, p. 6.
    Un article rapporte un vol à main armée survenu au Villa Maurice, situé au 1224, rue Stanley, où deux individus ont dérobé environ 1 500 $ des recettes de la soirée. Le hold-up a lieu en matinée, au moment où le veilleur de nuit et la secrétaire ouvrent le coffre du cabaret. Sous la menace d’un revolver, les assaillants forcent les employés à leur remettre l’argent avant de prendre la fuite. L’article précise qu’un troisième complice attendait à l’extérieur dans une automobile, facilitant leur évasion. Malgré une intervention rapide de la police et la mobilisation de détectives, aucun suspect n’est arrêté. Le texte mentionne également que les deux hommes parlaient anglais avec un accent italien.
  72. THE GAZETTE, 8 août 1933, p. 8.
    Un article souligne le succès remporté par Nan Blakstone lors de son retour à Montréal au Chez Maurice, où elle se produit devant une foule exceptionnelle, décrite comme la plus importante jamais réunie dans cet établissement de la rue Sainte-Catherine. Sa prestation, marquée par une forte présence scénique et une interprétation émotionnelle de chansons populaires, suscite un enthousiasme immédiat du public, ponctué d’applaudissements nourris. La revue qui l’accompagne comprend un ensemble important de danseuses et d’artistes, avec des numéros élaborés et des costumes soignés, confirmant le haut niveau de production du cabaret. L’article insiste également sur la capacité de Blakstone à alterner entre moments comiques et passages plus dramatiques, consolidant sa réputation d’artiste complète et contribuant au succès durable de son engagement.
  73. THE GAZETTE, 19 août 1933, p. 6.
    Un article souligne le succès exceptionnel de Nan Blakstone au Chez Maurice, dont l’engagement est prolongé pour une troisième semaine en raison d’une affluence record. Le texte indique qu’elle attire davantage de spectateurs que toute autre vedette récente du cabaret, surpassant notamment des artistes comme Helen Morgan, Harry Richman et Hannah Williams. Présentée comme l’artiste la plus populaire de la scène montréalaise récente, Blakstone est accompagnée d’une revue comprenant plusieurs interprètes et danseuses, avec une musique assurée notamment par Billy Munro et son orchestre. Son répertoire, incluant des numéros très demandés tels que “Isabella the Queen”, “Good Girl”, “Lazy Gal” et “You Are Too Beautiful”, suscite un enthousiasme constant du public et contribue à prolonger son engagement.
  74. THE GAZETTE, 9 septembre 1933, p. 6.
    Un article annonce la fin prochaine de l’engagement de Nan Blakstone au Chez Maurice, prévue pour le 16 septembre 1933, après une série de représentations ayant connu un succès exceptionnel. La direction du cabaret indique avoir tenté de prolonger sa présence pour une septième semaine, sans succès en raison d’engagements déjà contractés par l’artiste à New York. Le texte souligne que sa revue a établi des records d’affluence et contribué à faire d’elle une figure particulièrement appréciée du public montréalais. L’article mentionne également la composition de la troupe, incluant notamment Jimmy et Nora Bell, les Sunshine Sisters, ainsi qu’un groupe de danseuses de Broadway, avec une musique assurée par Billy Munro et son orchestre.
  75. THE GAZETTE, 7 octobre 1933, p. 11.
    Un article annonce la fin de l’engagement de Nan Blakstone au Chez Maurice, après une série de représentations exceptionnelle s’étendant sur environ dix semaines. Présentée comme un record en termes de durée et de popularité, sa présence au cabaret a attiré un nombre considérable de spectateurs. Son départ, prévu pour le 14 octobre 1933, est motivé par de nouveaux engagements à New York et doit être marqué par une soirée d’adieu. L’article souligne également la poursuite de la programmation avec la Riviera Revue, incluant plusieurs artistes et un important ensemble de danseuses de Broadway, accompagnés notamment par Billy Munro et son orchestre.
  76. THE GAZETTE, 28 octobre 1933, p. 11.
    Un article annonce l’ouverture de la saison hivernale au Chez Maurice avec une nouvelle revue d’envergure présentée comme l’une des productions les plus ambitieuses de l’établissement. Préparée durant plusieurs semaines avec la collaboration des bureaux new-yorkais du cabaret, la production réunit environ 25 artistes, incluant des danseurs, musiciens et spécialistes des effets scéniques. Parmi les principaux interprètes figurent le duo comique Sis and Bud Roberts, le tandem de danse Mauritz and Diaz, ainsi que la chanteuse anglaise Nora Kingsley. L’artiste Gene Vee, vedette de la Riviera Revue, est également maintenue à l’affiche. L’article souligne l’ampleur des moyens déployés — costumes, éclairages et mise en scène — afin d’exploiter pleinement la vaste salle du cabaret. La musique est assurée par Billy Munro et son orchestre, tandis qu’un événement spécial d’Halloween est prévu pour marquer le lancement de cette nouvelle saison.
  77. THE GAZETTE, 9 décembre 1933, p. 11.
    Un article annonce la poursuite de la revue Eskimo Revels au Chez Maurice, entrée dans sa deuxième semaine, et met en lumière une nouvelle orientation dans la programmation du cabaret. À cette occasion, la direction introduit des concert dinners dominicaux, réunissant des artistes vocaux et instrumentaux accompagnés d’un orchestre, qui viennent s’ajouter aux luncheons avec matinées du samedi déjà en place. La revue, présentée trois fois par soir en semaine, est dirigée par Yvonne Cyr, tandis que Sid Tomack agit comme maître de cérémonie. Le spectacle comprend également le duo de danse Zanette and Manon ainsi qu’un ensemble de choristes dirigé par Rosalie Roy. La production est associée aux conceptions scéniques de Boots McKenna, et la musique est assurée par Billy Munro et son British Consols Orchestra, confirmant la sophistication croissante des revues présentées au cabaret.
  78. BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES NATIONALES DU QUÉBEC, Chez Maurice, Canada’s finest and largest cabaret-restaurant, St. Catherine St. West, Montreal, carte postale en noir et blanc, [Montréal?], [éditeur non identifié], [entre 1930 et 1932?], 9 x 14 cm, Collection Pierre Monette, notice 0004388032, Bibliothèque nationale (site Rosemont). Cette carte postale promotionnelle présente le Chez Maurice comme le « plus grand et le plus élégant cabaret-restaurant du Canada », confirmant le positionnement prestigieux adopté par l’établissement au début des années 1930 et son inscription dans une culture visuelle de promotion du divertissement montréalais [en ligne].
  79. THE MONTREAL STAR, 8 janvier 1977, p. 87.
    Lettre de Joe Frackel évoquant ses souvenirs du Club Lido et des débuts de Phil Maurice sur la rue Stanley dans les années 1930. Le texte décrit notamment l’ambiance des cabarets de l’époque, incluant la présence d’un chorus line de 12 danseusesline of 12 lovelies »), un orchestre dirigé par Charlie Kramer et la vente de champagne (Mumm’s) à 12 $ la bouteille. Ce témoignage rétrospectif, bien que publié plusieurs décennies plus tard, offre un aperçu vivant de la culture des revues et du modèle de divertissement associé aux établissements dirigés ou fréquentés par Phil Maurice au début des années 1930.
  80. Office national du film du Canada, Montreal by Night, film documentaire, c. années 1930–1940.
    Vidéo accessible en ligne : Montreal by Night (extrait).
    Le Chez Maurice apparaît brièvement dans la séquence (0:53 à 0:59), offrant un rare témoignage visuel de l’établissement sur la rue Sainte-Catherine Ouest. On y distingue notamment son enseigne ainsi que son intégration au tissu commercial du centre-ville, confirmant sa présence au cœur de la principale artère du divertissement montréalais durant l’âge d’or des cabarets.
  81. THE MONTREAL STAR, 26 février 1940, p. 8.
    Annonce invitant le public à fréquenter le Chez Maurice, mettant en valeur un cocktail lounge récemment rénové à l’atmosphère hawaïenne, tout en annonçant un changement complet de direction, de propriété et de politique sous la responsabilité de Leslie F. Hall, avec l’objectif de rehausser le prestige de l’établissement et d’en assurer le rayonnement au Canada et aux États-Unis; l’annonce est signée par John St. John, président.
  82. THE MONTREAL STAR, 22 février 1941, p. 22.
    Annonce intitulée “A Declaration and a Pledge” publiée par le Chez Maurice Inc., présentant l’établissement comme l’un des clubs les plus modernes et efficaces au Canada et affirmant l’ambition de devenir le « Best Club in North America ». Le texte insiste surtout sur l’engagement patriotique de son personnel dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale, notamment par l’achat de War Savings Certificates, chaque employé (à l’exception des busboys) consacrant une part de son salaire à cet effort. L’annonce souligne également le principe selon lequel « le client a toujours raison » et remercie le public pour son appui. Elle est signée par John St. Jean, président.
  83. THE MONTREAL STAR, 29 septembre 1943, p. 15.
    Article annonçant l’ouverture d’une nouvelle salle de danse au Chez Maurice, désormais désignée sous le nom de Chez Maurice Danceland, située sur la rue Sainte-Catherine Ouest. L’établissement engage l’orchestre de Roland David, accompagné d’un ensemble de 14 musiciens, incluant notamment Donat Gariepy à la batterie, Rita Gail comme chanteuse, Al Kane à la trompette et Joe Burton au piano. L’annonce précise que le Danceland sera ouvert tous les soirs ainsi que les dimanches après-midi, marquant une nouvelle phase dans l’évolution du cabaret.
  84. THE MONTREAL STAR, 1er octobre 1943, p. 19.
    Article consacré à Roland David, saxophoniste et chef d’orchestre, présenté comme l’un des leaders des grandes formations de danse au Canada. Le texte souligne sa popularité auprès du public montréalais ainsi que le succès de son orchestre, récemment en résidence au Verdun Pavilion. Il annonce également son engagement au Chez Maurice Danceland, où son ensemble de 14 musiciens doit se produire chaque soir et les dimanches après-midi, avec des artistes tels que Donat Gariepy, Joe Burton, Al Kane et Rita Gail.
  85. THE MONTREAL STAR, 30 septembre 1943, p. 18.
    Article annonçant l’ouverture du Chez Maurice Danceland, présenté comme une nouvelle étape dans la carrière du chef d’orchestre Roland David. Fort du succès de sa saison estivale au Verdun Pavilion, David y dirige un orchestre élargi à 14 musiciens pour la saison hivernale. Le texte souligne sa polyvalence musicale ainsi que la qualité de ses interprètes, notamment Donat Gariepy, salué comme l’un des meilleurs batteurs au Canada, et la chanteuse Rita Gail, confirmée comme vocaliste de l’ensemble. L’orchestre doit se produire tous les soirs ainsi que les dimanches après-midi.
  86. THE GAZETTE, 9 octobre 1943, p. 11.
    Annonce du Chez Maurice Danceland mettant en vedette Roland David et son orchestre de 14 musiciens, avec une programmation de danse offerte toute la semaine. L’annonce détaille la structure tarifaire de l’établissement, avec des prix variant selon les jours et les séances (après-midi et soirée), généralement compris entre 35 cents et 75 cents, taxes incluses, avec une tarification distincte pour les dames et les hommes. L’adresse est précisée au 1244, rue Sainte-Catherine Ouest, confirmant l’exploitation du site sous sa nouvelle appellation de Danceland.
  87. GAZETTE OFFICIELLE DU QUÉBEC, 4 décembre 1943, p. [numéro à préciser].
    Avis de constitution de la compagnie “Chez Maurice Danceland Corporation”, daté du 9 novembre 1943, confirmant l’incorporation de Roland David, musicien, ainsi que des restaurateurs Harry Feldman et Louis E. Dettner, tous de Montréal. Le document précise les activités prévues de la compagnie, incluant l’exploitation d’un hôtel, salle de danse, restaurant, café et autres services de divertissement, ainsi que le commerce de boissons et produits connexes. Le capital-actions est fixé à 20 000 dollars, divisé en 400 actions de 50 dollars, et le siège social est établi à Montréal.
  88. THE MONTREAL STAR, 24 février 1940, p. 22.
    Article annonçant la nomination de Leslie F. Hall comme directeur général du Chez Maurice, à compter du 26 février 1940, sous la présidence de John St. John. Ancien directeur et secrétaire-trésorier de la compagnie depuis 1937, Hall est chargé de mettre en œuvre une nouvelle politique de gestion, marquant un changement important dans l’administration de l’établissement. Le texte souligne son implication de longue date au sein du cabaret et sa capacité à en assurer la direction.
  89. THE GAZETTE, 20 janvier 1939, p. 3.
    Article mentionnant Phil Maurice dans le cadre de l’organisation d’un spectacle-bénéfice au Loew’s Theatre, tenu en collaboration avec le Chez Maurice et le Tic Toc. L’événement, présenté à minuit sous forme de revue, s’inscrit dans une campagne du Canadian Progress Club Milk Fund visant à soutenir les enfants défavorisés de Montréal. Le texte souligne le rôle de Maurice dans la coordination de l’événement et met en évidence les liens entre les milieux du cabaret, du théâtre et des œuvres caritatives.
  90. THE MONTREAL STAR, 18 décembre 1976, p. 43.
    Article de Charles Lazarus portant sur la transformation du Loew’s Theatre en complexe de cinémas multiples, tout en évoquant son histoire comme grande salle de spectacle. Le texte rappelle le rôle de Phil Maurice, qui en fut le gérant entre 1939 et 1949, période durant laquelle le Loew’s présentait notamment des spectacles de vaudeville et des orchestres d’envergure. L’article souligne également la préservation partielle du décor original malgré les rénovations et met en perspective l’évolution du lieu dans le contexte des mutations de l’industrie du divertissement à Montréal.
  91. THE MONTREAL STAR, 10 juin 1933, p. 33.
    Annonce du Villa Maurice, sous la direction de Phil Maurice, présenté comme une nouvelle attraction à Montréal. L’établissement met de l’avant une formule combinant dîner à un dollar (servi de six à neuf heures) et spectacles complets, sans frais de couvert pendant le repas. Situé sur la rue Stanley, en face du Windsor Hotel.
  92. THE GAZETTE, 9 mars 1937, p. 10.
    Article annonçant la réouverture du Chez Maurice après des travaux de rénovation, attirant une foule nombreuse lors de la soirée d’ouverture. Le texte souligne la transformation du lounge en Club Deauville ainsi que l’ajout de nouveaux éléments décoratifs. La production, signée Boots McKenna et mise en scène par Sydney Tapley, met en vedette notamment les danseurs Don Loper et Beth Hayes, le maître de cérémonie Billy Steele et le jongleur Lou Hoffman. L’animation musicale est assurée par Alex Lajoie et Charles Kramer, confirmant le positionnement du cabaret comme lieu majeur du divertissement montréalais.
  93. THE MONTREAL STAR, 23 avril 1942, p. 8.
    Article annonçant la réouverture du Chez Maurice sous une nouvelle direction, après des travaux de rénovation incluant la redécoration intérieure, l’ajout d’un nouveau plancher de danse surélevé et de nouveaux effets d’éclairage. La soirée d’ouverture est marquée par une revue mettant en vedette Dixie Dunbar, accompagnée d’artistes tels que Lester Cole, les Knight Sisters et Robert Neller, avec une mise en scène signée Gene Snyder.
  94. LE CANADA, 1er juillet 1942, p.5.
    Avis légal publié sous la Loi de faillite concernant Chez Maurice Inc., cabaret situé au 1244, rue Sainte-Catherine Ouest, annonçant une cession autorisée en date du 29 juin 1942. Le document convoque les créanciers à une première assemblée prévue le 9 juillet 1942 au Palais de justice de Montréal et précise les modalités de dépôt des réclamations. L’avis est signé par Georges Duclos, gardien.
  95. THE GAZETTE, 28 mai 1963, p. 21.
    Article annonçant la fermeture du Her Majesty’s Theatre, présentée comme la fin d’une époque pour le divertissement montréalais. Le texte souligne le rôle de Phil Maurice dans l’histoire du théâtre, notamment à titre d’impresario et de promoteur actif dans la présentation de spectacles et d’événements majeurs, tout en évoquant l’évolution du paysage culturel vers de nouveaux formats de diffusion.
  96. L’ILLUSTRATION, 4 mai 1934, p. [numéro à préciser].
    Article rapportant la condamnation de Phil Maurice, propriétaire du Villa Maurice, à une amende de 159 $ pour infractions aux règlements municipaux, notamment pour avoir permis la danse après minuit et l’exploitation le dimanche. Le texte s’inscrit dans le contexte d’une campagne de la police municipale visant à resserrer l’application des lois encadrant les cabarets montréalais.
  97. THE WESTMOUNT EXAMINER, 25 juillet 1958, p. 6.
    Article évoquant le rôle de Phil Maurice dans le développement du divertissement à Montréal, soulignant qu’il a introduit dès la fin des années 1920 et au début des années 1930 une formule combinant restauration et spectacle (café entertainment) dans ses établissements. Le texte mentionne également sa contribution à la venue d’artistes internationaux tels que Helen Morgan et Harry Richman, et le présente comme une figure ayant contribué à structurer cette tendance dans la ville.
  98. THE GAZETTE, 22 décembre 1932, p. 11.
    Article intitulé “Phil Maurice’s Views Will Have to Shut Up Show If Orders Carried Through”. Consulté par le journal, Phil Maurice, alors gérant du Chez Maurice, réagit aux restrictions envisagées par les autorités municipales concernant les heures de fermeture des cabarets. Il affirme qu’une fermeture à minuit rendrait l’exploitation de l’établissement impossible, les spectateurs quittant les théâtres vers 23 h, ce qui ne laisserait pas de temps suffisant pour l’activité nocturne. Maurice souligne également que l’application stricte de ces mesures entraînerait la fermeture complète du cabaret et la perte d’environ 100 emplois. Dans une déclaration critique, il compare la situation à celle de Toronto et s’interroge sur la volonté des autorités de restreindre la vitalité culturelle de Montréal, tout en rappelant que les établissements sont déjà licenciés et soumis à supervision.
  99. THE MONTREAL STAR, 18 avril 1935, p. 16.
    Grande annonce illustrée annonçant la réouverture du Chez Maurice le 22 avril 1935 (lundi de Pâques), présenté comme le « Showplace of the Empire ». L’établissement, situé au 1244, rue Sainte-Catherine Ouest, est décrit comme ayant fait l’objet de trois semaines de rénovations intensives visant à en moderniser le décor, l’éclairage et l’ambiance générale. La programmation d’ouverture est confiée à Paul Florenz, associé aux studios Warner Bros. et Universal, avec une revue annoncée comme l’une des plus spectaculaires jamais présentées dans un café. L’annonce met également en valeur une formule combinant dîner et spectacle, incluant un « Dinner Deluxe » sans frais de couvert entre 18 h et 22 h, illustrant le positionnement du cabaret comme établissement haut de gamme destiné à une clientèle large et sophistiquée.
  100. THE MONTREAL STAR, 31 mars 1971, p. 94.
    Article de Charles Lazarus intitulé “Ourtowners pay last respects to Al Palmer”. Le texte évoque les funérailles du journaliste Al Palmer et rassemble de nombreuses figures marquantes de la vie nocturne et médiatique montréalaise du milieu du XXe siècle. Parmi les personnalités associées à cet univers figurent notamment des agents, propriétaires de clubs et acteurs du divertissement, dont Phil Maurice, mentionné aux côtés de Roy Cooper comme l’un des représentants des milieux théâtraux et du spectacle. L’article témoigne de l’importance des réseaux sociaux et professionnels gravitant autour des cabarets et des clubs de nuit, ainsi que de la mémoire persistante de cette culture dans le Montréal d’après-guerre.
  101. THE MONTREAL STAR, 29 mars 1971, p. 5.
    Article intitulé “Ourtown loses her most ardent fan — Al Palmer” signé Charles Lazarus, publié à la suite du décès du journaliste Al Palmer. Le texte dresse un portrait détaillé de cette figure emblématique de la scène montréalaise, décrite comme profondément liée aux quartiers du centre-ville, notamment autour des rues Peel et Sainte-Catherine. Il souligne son rôle de chroniqueur et de reporter, notamment au Montreal Herald (chronique “Man About Town”) et au The Gazette, où il se distingue comme journaliste affecté au crime (« police beat »), reconnu pour la qualité de ses contacts et sa capacité à évoluer dans différents milieux sans trahir la confiance de ses sources. L’article met également en lumière son importance dans la mémoire culturelle de Montréal, en tant qu’observateur privilégié de la vie nocturne, du milieu des cabarets et du divertissement, ainsi que l’émotion suscitée par sa disparition au sein de ces réseaux.
  102. THE GAZETTE, 30 mars 1971, p. 8.
    Article hommage intitulé “Al Palmer (A tribute)” retraçant la carrière et la personnalité du journaliste Al Palmer. Le texte insiste sur son profond attachement aux gens, qu’il considérait au cœur du métier de reporter, ainsi que sur sa réputation de journaliste respecté et apprécié, notamment dans le milieu du journalisme policier montréalais (« police beat »). Il souligne également son rôle de mentor auprès de collègues plus jeunes et sa méthode fondée sur la collecte rigoureuse des faits. L’article mentionne sa chronique “Ourtown” publiée dans The Gazette, décrite comme une vision personnelle et sensible de Montréal, en particulier des quartiers de l’est et du « Old Montreal ». Enfin, il évoque certaines initiatives marquantes, dont une campagne ayant permis de trouver des foyers pour des chevaux mis aux enchères par la police de Montréal, ainsi que l’estime durable que lui portaient ses pairs, qui le décrivent comme un homme généreux, respectueux et profondément humain.
  103. LA PRESSE, 29 mars 1971, section B (Sports).
    Brève nécrologique annonçant le décès du journaliste montréalais Al Palmer, décrit comme l’un des journalistes anglophones les plus connus de la ville. L’article indique qu’il meurt des suites d’une hémorragie cérébrale survenue quelques jours plus tôt. Il rappelle également les grandes étapes de sa carrière : débuts dans les années 1920 au Montreal Herald, service comme correspondant pour le journal militaire La Feuille d’érable durant la guerre, puis passage à The Gazette à la suite de la disparition du Herald, avant de terminer sa carrière au Sunday Express.
  104. LE DEVOIR, 30 mars 1971, p. 14.
    Article nécrologique consacré au journaliste Al Palmer, le présentant comme un ancien journaliste sportif devenu une figure marquante du journalisme montréalais. Le texte rappelle ses débuts dans les années 1930 à The Monitor de Notre-Dame-de-Grâce, ainsi que son rôle de correspondant pour La Presse Canadienne dans les années 1920, où il côtoie plusieurs journalistes au début de leur carrière. Il souligne ensuite son passage au Montreal Herald, puis à The Gazette, où il se distingue par ses reportages, notamment dans le domaine criminel, ainsi que par ses chroniques “Man About Town” et “Ourtown”, très populaires auprès du public. L’article met également en avant sa personnalité attachante et son importance dans le paysage journalistique montréalais, tout en mentionnant les circonstances de son décès à l’âge de 57 ans.
  105. THE MONTREAL STAR, 25 novembre 1943, p. 14.
    Article annonçant la venue du chef d’orchestre et chanteur américain Cab Calloway au Chez Maurice Danceland, prévue pour le 29 novembre 1943, accompagné de son orchestre du Cotton Club. Le texte retrace brièvement sa carrière, depuis ses débuts comme maître de cérémonie dans les clubs de Chicago jusqu’à la formation de son propre orchestre, Cab Calloway and his Alabamians, et son ascension rapide vers la notoriété grâce à ses performances à New York et à la radio. L’article souligne également son association avec le manager Irving Mills, qui contribue à propulser sa carrière à l’échelle nationale. Cette annonce témoigne de la capacité du Chez Maurice à attirer des vedettes majeures du circuit américain et à s’inscrire dans les réseaux internationaux du divertissement durant les années 1940.
  106. THE GAZETTE, 29 novembre 1943, p. 3.
    Annonce publicitaire signalant la présence du chef d’orchestre et chanteur américain Cab Calloway à Montréal le jour même, pour une séance d’autographes au magasin Lindsay’s, situé sur la rue Sainte-Catherine près de Peel. L’annonce précise que Calloway vient de paraître dans le film Stormy Weather, soulignant sa popularité à la fois sur scène et à l’écran. Cette publicité témoigne de l’importance de sa visite à Montréal dans le cadre de ses engagements artistiques, notamment au Chez Maurice Danceland, et de l’attention médiatique entourant sa venue.
  107. THE GAZETTE, 13 juin 1949, p. 12.
    Annonce intitulée “A New Gay Spot! ‘Chez Maurice’ Danceland Café” annonçant l’ouverture du Chez Maurice le 17 juin 1949 au 1244, rue Sainte-Catherine Ouest. L’établissement y est présenté comme un nouveau lieu de divertissement animé, offrant « America’s Top Entertainment », avec en tête d’affiche Mel Tormé, chanteur de Capitol Records venu du Latin Quarter de New York. L’annonce précise une programmation intensive avec un spectacle toutes les deux heures à partir de 21 h 30, et souligne que le cabaret est pleinement licencié par la Quebec Liquor Commission (Q.L.C.), mettant en évidence à la fois son positionnement haut de gamme et sa conformité aux règlements en vigueur.
  108. THE MONTREAL STAR, 15 mars 1946, p. 16.
    Article annonçant la présence du chanteur Russ Vanelli au Danceland sur la rue Sainte-Catherine Ouest, où il est présenté comme une nouvelle sensation montréalaise attirant une foule importante de danseurs autour de l’orchestre. Il s’y produit chaque soir aux côtés de Roland David et de son orchestre de 16 musiciens. Russ Vanelli est également connu comme le père du chanteur Gino Vanelli, figure majeure de la musique pop canadienne.
  109. THE MONTREAL STAR, 28 janvier 1948, p. 27.
    Article relatant la prestation de l’orchestre de Stan Kenton au Chez Maurice Danceland, qui attire une foule nombreuse et enthousiaste. Le texte souligne la puissance et l’originalité de l’ensemble, composé d’environ 20 musiciens, dont une importante section de cuivres, ainsi que la qualité de son interprétation. Sont également mentionnés la chanteuse June Christy et les musiciens Eddie Safranski et Shelly Manne, figures marquantes de cette formation emblématique du jazz moderne.
  110. THE MONTREAL STAR, 11 septembre 1948, p. 8.
    Publicité annonçant une “Coke Party” et une apparition personnelle de Stan Kenton au magasin Lindsay (Record Auditorium), situé à l’angle des rues Sainte-Catherine et Peel. L’événement, tenu le 13 septembre à 17 h, permet au public de rencontrer l’artiste, d’obtenir des autographes et de recevoir une boisson gratuite, dans le cadre de la promotion de ses disques chez Capitol Records. L’annonce souligne également la mise en vente de billets pour un concert et une soirée dansante de Stan Kenton au Forum de Montréal, illustrant l’importance de sa présence dans la ville à la fin des années 1940.
  111. THE MONTREAL STAR, 14 février 1947, p. 17.
    Publicité annonçant la présence du trompettiste Maynard Ferguson et de son orchestre de 18 musiciens au Chez Maurice Danceland, où il se produit chaque soir, incluant des représentations le dimanche en après-midi et en soirée. L’annonce met également en vedette le chanteur Henry Scott, soulignant la place importante accordée aux grandes formations jazz et aux vocalistes dans la programmation du cabaret à la fin des années 1940.
  112. THE MONTREAL DAILY STAR, 4 mars 1937.
    Article annonçant la réouverture du Chez Maurice avec un gala marquant une nouvelle phase dans l’histoire de l’établissement. Le texte souligne l’ampleur de l’événement, auquel assistent notamment des personnalités politiques et culturelles, dont le premier ministre Maurice Duplessis et le maire Adhémar Raynault. Parmi les transformations apportées figurent la conversion du lounge en Club Deauville, l’installation d’un système de climatisation moderne et l’introduction d’un bandstand mobile, permettant une meilleure visibilité de l’orchestre. La revue d’ouverture met en vedette Bill Steele et Deone Parish, accompagnés des orchestres d’Alex Lajoie et de Charlie Kramer, illustrant la volonté de renouveler l’offre artistique du cabaret et de renforcer son prestige dans le paysage nocturne montréalais.
  113. THE MONTREAL DAILY STAR, 19 juillet 1934.
    Article soulignant le succès des spectacles de minuit au Chez Maurice, dont la popularité pousse la direction à expérimenter l’ajout d’une troisième représentation chaque soir. Le texte met en vedette la chanteuse et comédienne Nan Blakstone, dont le numéro humoristique et musical est particulièrement bien accueilli par le public. Sont également mentionnés plusieurs artistes et numéros variés, dont Adair et Stewart, The Three Redheads, The Stewart Sisters ainsi que Arthur Ball et le Beauty Parade, illustrant la diversité et la richesse de la programmation du cabaret au milieu des années 1930.
  114. THE GAZETTE, 23 avril 1935.
    Article décrivant la réouverture du Chez Maurice dans un décor entièrement renouvelé, présenté comme moderne et à la fine pointe des tendances. Le texte souligne l’ampleur des transformations, incluant une nouvelle piste de danse surélevée, un éclairage élaboré, une salle aménagée en demi-cercle et un orchestre installé dans une alcôve éclairée. L’établissement, désormais considéré comme l’un des cabarets les plus élégants au Canada, ouvre devant une salle comble avec une revue produite par Paul Florenz, mettant en vedette des artistes tels que Woods and Bray, The Eight Ambassadors, Mary Lee, Frances Stevens et le maître de cérémonie Harry Spears, accompagnés de l’orchestre dirigé par Alex Lajoie.
  115. THE GAZETTE, 3 octobre 1950.
    Annonce du grand opening du restaurant Leone’s, situé au 1244, rue Sainte-Catherine Ouest, mettant en valeur un nouvel établissement italien offrant une cuisine italienne et française, incluant steaks, côtelettes et fruits de mer, ainsi qu’un luxueux cocktail lounge. La programmation musicale est assurée sous la direction de Harry Sloane, et l’annonce précise la possibilité de réserver auprès du maître d’hôtel Victor. Cette publicité témoigne d’une phase de transformation du site anciennement occupé par le Chez Maurice, désormais réorienté vers une formule de restaurant haut de gamme.
  116. THE GAZETTE, 6 octobre 1950.
    Article annonçant l’ouverture du restaurant Leone’s dans l’ancien local du Chez Maurice au 1244, rue Sainte-Catherine Ouest. Le texte souligne une transformation complète de l’établissement, désormais orienté vers une formule de restauration raffinée inspirée de l’Italie, avec une ambiance plus feutrée et une programmation musicale discrète. L’article met en valeur le décor élaboré à thème italien, la présence de violonistes ambulants, ainsi que la direction musicale de Harry Sloane. Il insiste également sur le rôle du maître d’hôtel Victor et sur la volonté de repositionner le lieu comme une destination gastronomique de premier plan dans la vie nocturne montréalaise.
  117. THE GAZETTE, 16 avril 1932.
    Article annonçant l’ouverture du cabaret “Maxime”, prévue le 2 mai 1932 dans l’édifice du Mayor Building, alors occupé par le Chez Maurice. L’établissement sera dirigé par Joe Lightstone, gestionnaire théâtral, et John Tinhof, figure déjà bien implantée dans les circuits des clubs nord-américains. L’article souligne l’ambition de présenter à Montréal l’un des plus grands floor shows vus depuis plusieurs années, avec une programmation inspirée des grandes scènes new-yorkaises et l’importation d’orchestres et d’artistes en provenance des États-Unis. Cette annonce témoigne d’une volonté de renouvellement du lieu par une offre spectaculaire accrue et une intégration encore plus poussée aux circuits internationaux du divertissement.
  118. GAZETTE OFFICIELLE DU QUÉBEC, 19 août 1950.
    Avis légal annonçant le changement de nom de la compagnie “Chez Maurice Danceland Corporation”, constituée le 9 novembre 1943, en celui de “Leone’s Restaurant Inc.”, en vertu de lettres patentes supplémentaires émises le 23 juin 1950. Ce document confirme officiellement la restructuration corporative associée à la transformation du site du Chez Maurice en établissement de restauration.
  119. GAZETTE OFFICIELLE DU QUÉBEC, 26 avril 1952.
    Avis légal annonçant le changement de nom de la compagnie “Leone’s Restaurant Inc.” en celui de “Wonderbar Ltd.”, en vertu de lettres patentes supplémentaires datées du 28 mars 1952. Le document rappelle que la compagnie, initialement constituée le 9 novembre 1943 sous le nom de “Chez Maurice Danceland Corporation”, a ainsi connu une nouvelle transformation corporative, marquant une étape supplémentaire dans l’évolution du site du 1244, rue Sainte-Catherine Ouest.
  120. GAZETTE OFFICIELLE DU QUÉBEC, 14 mars 1953.
    Avis légal annonçant le changement de nom de la compagnie “Wonderbar Ltd.” en celui de “Sans Souci Café Inc.”, en vertu de lettres patentes supplémentaires datées du 17 janvier 1953. Le document retrace également l’évolution corporative de l’entreprise, initialement constituée le 9 novembre 1943 sous le nom de “Chez Maurice Danceland Corporation”, devenue Leone’s Restaurant Inc. en 1950, puis Wonderbar Ltd. en 1952. Cette annonce confirme une nouvelle transformation du site du 1244, rue Sainte-Catherine Ouest.
  121. GAZETTE OFFICIELLE DU QUÉBEC, 22 février 1930, no 8, p. 762–763.
    Avis d’incorporation de la société “Maurice Enterprises, Limited”, constituée le 28 janvier 1930 par Philip Maurice et John-George Tinhof, restaurateurs montréalais, avec la participation du comptable Abraham Arbess. Dotée d’un capital initial de 10 000 $, la compagnie est autorisée à exploiter des restaurants, cafés, salles à manger et hôtels, mais aussi à organiser des spectacles, représentations théâtrales et divertissements, ainsi qu’à acquérir, gérer et financer diverses entreprises liées à ces activités. Par l’ampleur de ses pouvoirs — incluant la gestion immobilière, l’émission de titres et l’exploitation de lieux publics — cette société constitue la première structure corporative connue associée aux activités de Phil Maurice à Montréal, annonçant la mise en place d’un réseau intégré de cabarets et d’établissements de divertissement au début des années 1930.
  122. BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES NATIONALES DU QUÉBEC (BAnQ).
    Venetian Gardens, 602 St. Catherine St. West, Montreal : cabaret and dance auditorium, carte postale en couleur, éditée par Novelty Mfg. & Art Co., Ltd., [1920 ou 1921]. Document iconographique illustrant les Venetian Gardens, cabaret et salle de danse situés au 602, rue Sainte-Catherine Ouest, témoignant de l’existence et du prestige de cet établissement au début des années 1920, avant son intégration dans l’histoire du site occupé plus tard par le Chez Maurice. Exemplaire conservé dans la collection Pierre Monette, BAnQ (site Rosemont), notice no 0005850788.
  123. GOOGLE EARTH, vue satellite, 2026.
    Image géoréférencée montrant l’immeuble du 1246, rue Sainte-Catherine Ouest à Montréal, actuellement occupé par le magasin Urban Outfitters, situé à l’emplacement de l’ancien Chez Maurice, dont le cabaret occupait le deuxième étage. Cette visualisation contemporaine permet de localiser précisément le site historique dans le paysage urbain actuel [123].
  124. PAGEAU, Pierre, Les Salles de cinéma au Québec, Montréal, Éditions GID, 2009, p. 47.
    Photographie montrant la façade du Théâtre Loews, illustrant le rôle des salles de cinéma à écran unique dans le paysage urbain québécois avant l’arrivée de la télévision.
  125. POIRIER, Conrad, « Social. At the Chez Maurice », 6 juillet 1940, photographie, Fonds Conrad Poirier, Archives nationales à Montréal (BAnQ), réf. P48,S1,P5874.
    Photographie montrant un couple prenant un verre au restaurant Chez Maurice (1244, rue Sainte-Catherine Ouest), assis sur un canapé, dans une scène illustrant l’ambiance intime et mondaine du cabaret, où se mêlent sociabilité, consommation de boissons et interactions entre clients dans un décor confortable typique des établissements nocturnes montréalais de l’époque [125].
  126. LE CANADA, 15 novembre 1943.
    Annonce publicitaire annonçant la prestation de Duke Ellington et de son orchestre au Chez Maurice (Danceland), illustrant la présence de grandes figures du jazz international dans les cabarets montréalais durant les années 1940.
  127. LE CANADA, 8 mars 1948.
    Annonce publicitaire annonçant la prestation de Cab Calloway et de son célèbre orchestre au Danceland du Chez Maurice, présenté comme un engagement exceptionnel « en personne » pour deux soirs seulement; l’annonce précise les modalités d’admission, incluant des billets réservés et en vente dans les magasins Lindsay, et met en valeur le caractère prestigieux de l’événement, témoignant de l’attrait des grandes vedettes internationales du jazz dans les cabarets montréalais de l’après-guerre.
  128. THE MONTREAL DAILY STAR, 24 décembre 1943.
    Annonce publicitaire promouvant un gala de danse du Nouvel An au Danceland du Chez Maurice, invitant le public à réserver pour une soirée festive comprenant divertissements, souvenirs et danse continue; la programmation met en vedette l’orchestre de Roland David, tout en annonçant la venue prochaine de Count Basie (3 janvier), illustrant le rôle du cabaret comme lieu majeur de célébration et de diffusion du jazz à Montréal durant les années 1940.
  129. THE GAZETTE, 12 avril 1948.
    Annonce publicitaire annonçant la prestation de Dizzy Gillespie et de son orchestre au Danceland du Chez Maurice les 20 et 21 avril, mettant en valeur l’émergence du be-bop et la présence de figures majeures du jazz moderne à Montréal.
  130. Google Earth, vue satellite du secteur de l’Université Concordia (consulté en ligne).
    Localisation du site correspondant à l’ancien Her Majesty’s Theatre, important lieu de spectacles montréalais actif de 1898 à 1963, aujourd’hui intégré au campus de l’Université Concordia [130].
  131. LE DEVOIR, décembre 1949 (série d’articles de Pax Plante).
    Enquête journalistique exposant les réseaux de jeu et de clubs de nuit à Montréal, identifiant Sam Cleaver comme tenancier réel associé au 1212 Peel (Esquire Club) et à des activités de bookmakers, et décrivant l’usage de prête-noms et de structures d’exploitation opaques.
  132. PALMER, Al, Montreal Confidential, Montréal, années 1950, p.147 Ouvrage de chronique relatant les coulisses des cabarets montréalais, dans lequel l’auteur affirme que Sam Cleaver détenait des intérêts dans plusieurs établissements, dont le Chez Maurice, témoignant des réseaux interconnectés du milieu.
CHEZ MAURICE
CHEZ MAURICE

Fondé en 1930 par Phil Maurice, le cabaret Chez Maurice était un lieu incontournable de la vie nocturne montréalaise. D’abord installé rue Saint-Alexandre, il déménagea en 1932 sur la rue Sainte-Catherine Ouest, où il offrait des soirées luxueuses mêlant dîner, danse et spectacles. Il accueillit de grands artistes et orchestres de swing, comme Count Basie, Duke Ellington et Ella Fitzgerald, avant d’être rebaptisé Chez Maurice Danceland en 1943. Après sa fermeture, l’espace a été occupé par divers commerces et fait aujourd’hui partie du magasin Urban Outfitters.

 

Image: The Montreal Daily Star, 19 septembre 1930

JACK POMEROY’S SEVENTH EDITION REVUE
JACK POMEROY’S SEVENTH EDITION REVUE

Source: The Gazette, 2 février 1933

ARCHIE ROBBINS BETTY MARTIN LYNN DORE PHIL STONE CRAWFORD AND CASKEY JOHN TIPALDI
ARCHIE ROBBINS BETTY MARTIN LYNN DORE PHIL STONE CRAWFORD AND CASKEY JOHN TIPALDI

Source: The Gazette, 11 mars 1933

NAN BLAKSTONE
NAN BLAKSTONE

Nan Blakstone, née Naomi Ewald en 1901 à San Antonio, était une chanteuse et pianiste américaine qui s’est produite à Montréal dans les années 1930 et 1940. Elle a notamment fait une apparition marquante au club Ruby Foo’s en 1947, et a également joué au Astor Bar et au Gayety Theatre en 1948. Un critique montréalais a souligné qu’elle aurait pu attirer un public même dans une “grange non chauffée” en raison de son talent exceptionnel. Blakstone, reconnue pour ses interprétations sophistiquées, a connu une carrière interrompue par un accident de voiture en 1936, mais elle a continué à se produire jusqu’à sa mort prématurée en 1951. Sa musique et sa présence scénique ont laissé une empreinte durable dans le milieu artistique de Montréal.

 

Image: The Montreal Star, 6 juillet 1934

MERRILY WE SWING
MERRILY WE SWING

Source: The Gazette, 4 août 1939

EMMET OLDFIELD
EMMET OLDFIELD

Source: The Daily Star, 22 février 1941

CHEZ MAURICE
CHEZ MAURICE

Source: The Gazette, 21 novembre 1941, division Postmedia Network Inc.

HARRY GELFAND’S MEN OF MELODY HARRY MOSCO’S RHYTHMERS
HARRY GELFAND’S MEN OF MELODY HARRY MOSCO’S RHYTHMERS

Source: The Gazette, 24 novembre 1941, division Postmedia Network Inc.

ROLAND DAVID
ROLAND DAVID

Source: The Gazette, 30 septembre 1943, Postmedia Network Inc.

DUKE ELLINGTON
DUKE ELLINGTON

Source: The Montreal Daily Star, 12 novembre 1943

CAB CALLOWAY
CAB CALLOWAY

Source: The Montreal Star, 29 novembre 1943

COUNT BASIE
COUNT BASIE

Source: The Gazette, 3 janvier 1944, Postmedia Network Inc.

MAYNARD FERGUSON
MAYNARD FERGUSON

Source: The Montreal Daily Star, 14 mars 1947

GENE KRUPA MAYNARD FERGUSON PETER BARRY
GENE KRUPA MAYNARD FERGUSON PETER BARRY

Source: The Gazette, 1 décembre 1947, Postmedia Network Inc.

MAYNARD FERGUSON
MAYNARD FERGUSON

Source: The Montreal Daily Star, 19 décembre 1947

STAN KENTON JUNE CHRISTY
STAN KENTON JUNE CHRISTY

Source: The Gazette, 26 janvier 1948, Postmedia Network Inc.

CAB CALLOWAY
CAB CALLOWAY

Source: The Gazette, 8 mars 1948, Postmedia Network Inc.

DIZZY GILLESPIE
DIZZY GILLESPIE

Source: The Gazette, 12 avril 1948, Postmedia Network Inc.

JIMMY DORSEY
JIMMY DORSEY

Source: The Gazette, 11 mai 1949, Postmedia Network Inc.

OUVERTURE DE CHEZ MAURICE DANCELAND CAFÉ
OUVERTURE DE CHEZ MAURICE DANCELAND CAFÉ

Source: The Gazette, 13 juin 1949, Postmedia Network Inc.

MEL TORME
MEL TORME

Source: The Gazette, 15 juin 1949, Postmedia Network Inc.

JUNE CHRISTY
JUNE CHRISTY

Source: Montréal-Matin, 24 juin 1949, BAnQ

SARAH VAUGHAN
SARAH VAUGHAN

Source: The Gazette, 14 novembre 1949, Postmedia Network Inc.

ARTIE DANN
ARTIE DANN

Source: The Gazette, 21 novembre 1949, Postmedia Network Inc.

ELLA FITZGERALD
ELLA FITZGERALD

Source: The Gazette, 5 décembre 1949, Postmedia Network Inc.

Loading