Le Café New Orleans ouvre en 1955 à Montréal, offrant des salles de réception et accueillant la station de radio CJMS-AM. Dès son ouverture, il devient un lieu de spectacles controversés, notamment avec des performances jugées indécentes, provoquant des interventions des autorités. En 1957, après une violente attaque contre des policiers, l’établissement est fermé et perquisitionné. En 1967, l’ancien Café New Orleans devient la discothèque Snoopy’s, l’une des premières pour adolescents à Montréal.
L’American Spaghetti House, ouvert en 1941 par les frères Angelo et Dandy Bisante au 64 rue Sainte-Catherine Est, est rapidement devenu un incontournable de Montréal, attirant une clientèle avide de spaghettis à prix bas, et ce, 24 heures sur 24. Les Bisante ont été pionniers de la livraison à domicile et ont popularisé les spaghettis auprès des Montréalais tout en offrant une piste de danse pour les amateurs de jitterbug. Le restaurant a prospéré jusqu’à un tragique incendie en 1959 qui a causé la mort de deux pompiers, entraînant sa fermeture définitive. En parallèle, la famille Bisante était liée à des activités interlopes, Angelo étant associé à la pègre, tandis que sa femme, Lucie, était une figure bien connue du milieu.
Le Casino de Paris, qui était auparavant le Café Beaver, a été opérationnel à Montréal du 1er juin 1963 au 31 octobre 1967. Transformé par Michèle Sandry et son mari Roger Mollet, le Casino de Paris a présenté divers spectacles musicaux et d’humour, se distinguant par ses représentations transexuelles et sa promotion de la culture du Music-Hall. Le 31 octobre 1967, le club a été perquisitionné par la police de la moralité, entraînant l’arrestation du gérant et de deux danseuses pour performances indécentes.
L’Alberta Lounge, situé au coin de la rue Windsor et Osborne à Montréal, a été fondé par Maurice Gauthier en 1947 et était célèbre pour son ambiance raffinée et sa décoration élégante. Le pianiste de renommée mondiale Oscar Peterson y a joué régulièrement, attirant un large public, et ses prestations ont été diffusées à la radio, marquant un tournant dans sa carrière internationale. En 1959, le bar a été le théâtre d’un meurtre-suicide tragique, entraînant la perte de son permis d’alcool et sa fermeture définitive. La rue Osborne, remplie d’histoire, a ensuite été abandonnée par les autorités locales après un projet d’expropriation et de réaménagement avorté.
Le Sona, situé à Montréal de 1996 à 2004, était un club emblématique fondé par Tiga, connu pour sa musique techno et sa capacité de 700 personnes, offrant une atmosphère unique pour les “ravers”. Le club a joué un rôle crucial dans la scène des after hours en Amérique du Nord, permettant aux soirées de se prolonger jusqu’au matin et influençant la musique dans les clubs grâce à ses systèmes sonores puissants. Après presque dix ans d’activité et le lancement de la carrière de nombreux artistes, le Sona a fermé ses portes en 2004 en raison d’une réflexion sur le marché et de la décision des propriétaires de mettre fin à son exploitation.
Le Kilimandjaro était un bar montréalais situé au 3699B boulevard Saint-Laurent, ouvert en 1987 par Ignace Lumumba, un entrepreneur d’origine congolaise. Le bar offrait un mélange de musique reggae et africaine, avec quelques concerts hardcore-punk. Malgré son succès initial, il se place sous la protection de la loi sur la faillite en 1988 et ferme en 1989 pour insalubrité. Ignace Lumumba et sa femme Lorraine Klaasen ouvrent ensuite le club Zénith au Théâtre Plaza en juin 1989.
La Tête de l’Art, située au 1451 rue Metcalfe à Montréal, a été l’une des premières boîtes de nuit à se consacrer entièrement au jazz de 1961 à 1963. Gérée par Hans Kunst et Guy Lachapelle, elle a attiré des musiciens de jazz américains de renom, tels que le John Coltrane Quartet, et a marqué une étape importante pour la scène jazz montréalaise. Malgré l’enthousiasme du public, les coûts élevés liés à la programmation de ces artistes ont entraîné la fermeture définitive du club en 1963.
Le Café Continental, ouvert en 1950 à Montréal par Jack Horn, était un cabaret réputé pour accueillir des artistes de renom comme Félix Leclerc et Henri Salvador. Il proposait une ambiance confortable et raffinée, avec des spectacles variés, dont des performances de jazz et des humoristes. Le cabaret devint un lieu emblématique, notamment avec l’ajout du cabaret Saint-Germain-des-Prés en 1951, qui accentua son prestige. Malgré son succès initial, des conflits avec l’Union des Musiciens poussèrent Horn à cesser les spectacles dans les années 1950, avant de réinventer l’espace en Opéra Lounge en 1961. Le Café Continental continua d’opérer jusqu’en 1970, avant d’être démoli pour faire place au Complexe Desjardins.