Jazzons (Montréal)
Petit club de jazz du Quartier latin, situé au 300, rue Ontario Est, le Jazzons a animé la scène montréalaise du milieu des années 1990 au début des années 2000 par ses concerts intimistes, ses jam sessions et sa participation au Festival international de jazz de Montréal.
1. Présentation
Le Jazzons est un club de jazz aujourd’hui disparu, niché au rez-de-chaussée d’un immeuble du 300, rue Ontario Est, à deux pas de la rue Saint-Denis. Dans la cartographie nocturne des années 1990, il se situe à mi-chemin entre le bar de quartier et la petite salle spécialisée : on vient y boire un verre, mais aussi pour entendre des trios et quartettes de haut niveau dans un cadre très intime.
Lieu à l’échelle humaine, Jazzons attire autant les habitués du quartier que les musiciens et festivalier·ère·s de passage. La salle devient, en quelques saisons, un point de ralliement pour une génération de jazzmen montréalais, tout en participant au réseau de bars associés au Festival international de jazz de Montréal.
2. Histoire & contexte urbain
Les premières mentions repérées du Jazzons dans les agendas de journaux remontent au milieu des années 1990. La presse le présente alors comme un « nouveau bar de jazz de la rue Ontario », intégré à une « tournée jazée » qui mène les amateurs de l’Air du temps ou du Biddle’s vers une série de plus petites adresses du centre-ville. L’expression reflète bien sa vocation : compléter les grandes institutions par un club de proximité où l’on peut finir sa soirée en musique.
Le contexte urbain est celui d’un Quartier latin encore dense en cinémas, cafés étudiants, clubs et salles de spectacle. À l’échelle du pâté de maisons, Jazzons voisine des bars de nuit, des restaurants et, un peu plus loin, des salles comme le Medley ou le Cabaret. Son faible gabarit (bar étroit, plafond bas, scène proche des tables) participe de cette atmosphère de « boîte à jazz » à l’ancienne, transposée dans le Montréal des années 1990.
Au tournant des années 2000, la trace de Jazzons disparaît progressivement des chroniques de sorties. À la même adresse s’installe, en 2005, le bar à cocktails La Distillerie No 1, qui reprend le 300, Ontario Est comme point d’ancrage dans le Quartier latin. Le passage du club de jazz à un bar spécialisé témoigne d’une mutation plus large de la vie nocturne, marquée par la diminution des petites salles de musique en direct au profit de concepts centrés sur la mixologie et la restauration.
3. Programmation & jam sessions
Les petites annonces de La Presse, du Devoir et du Montreal Gazette dessinent un portrait précis de la programmation. On y voit revenir des noms comme le contrebassiste Kaspar « Skip » Bey et le pianiste Tim Jackson, souvent en duo ou trio, véritables piliers des soirées du Jazzons. D’autres formations complètent cette offre : trios de piano, quartettes de saxophonistes, groupes comme le Jazz Libre du Plateau, projets d’Éloi Amesse ou encore duos sous le nom de « Félix & Alex ».
Au-delà des concerts programmés, Jazzons se distingue par ses jam sessions. Dans ses souvenirs, le contrebassiste Alex Bellegarde décrit sa première jam au Jazzons, en 1997, sous la direction bienveillante de Skip Bey. Le lieu devient un véritable « laboratoire » pour la relève : les jeunes musiciens y côtoient des artistes plus expérimentés, testent des répertoires standards ou originaux et s’aguerrissent à l’art de l’improvisation en club.
Cette dimension pédagogique et communautaire est renforcée par le caractère très intime de la salle : la proximité physique entre public et musiciens, le contact direct au bar ou à la sortie des concerts, et l’accessibilité des prix en font un bar-école au cœur du Quartier latin.
4. Jazzons et le Festival international de jazz de Montréal
Lors des éditions de la fin des années 1990 du Festival international de jazz de Montréal, Jazzons figure dans les pages spéciales consacrées aux bars « vibrant au rythme du Festival ». Les guides publiés dans La Presse et d’autres quotidiens listent explicitement « Jazzons, 300, Ontario E. (843-9818) » parmi les lieux partenaires, aux côtés de l’Air du temps, de l’Upstairs, du Biddle’s ou du Bistro à Jojo.
Pour les festivalier·ère·s, Jazzons représente alors une station de fin de soirée : on s’y rend après les grands concerts extérieurs ou en salle pour poursuivre la nuit autour d’un trio de fin de set, d’une jam ou d’une carte blanche à un musicien local. Cette insertion dans le maillage du FIJM en fait, malgré sa petite taille, un acteur à part entière de la saison estivale du jazz montréalais.
5. Chronologie rapide
- c. 1995–1996 — Apparition des premières mentions du Jazzons dans les agendas culturels montréalais (bar de jazz récemment ouvert sur la rue Ontario Est).
- 1996–1999 — Période d’activité la mieux documentée : concerts réguliers, résidences de Skip Bey et Tim Jackson, nombreuses mentions dans les chroniques « Sortir » et « Arts et spectacles ».
- 1997 — Jazzons est officiellement intégré aux listes de bars partenaires du Festival international de jazz de Montréal ; la salle participe à la « tournée jazée » du Quartier latin.
- 1998–2001 — Poursuite des programmations et des jam sessions ; le lieu sert de tremplin à une nouvelle génération de musiciens montréalais.
- Début des années 2000 — Disparition progressive du nom dans la presse ; fermeture du club et transformation de l’adresse.
- 2005 — Ouverture du bar à cocktails La Distillerie No 1 au 300, rue Ontario Est, qui occupe toujours aujourd’hui ce local.
6. Notes & sources
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Agendas de spectacles – quotidiens montréalais (années 1990–2000).
Multiples mentions de « Jazzons, 300, Ontario E. (843-9818) » dans les sections Arts et spectacles, Sortir ou équivalents, avec détails de programmation (Skip Bey & Tim Jackson, trios et quartettes locaux, jam sessions, etc.). Sources : La Presse, Le Devoir, Montreal Gazette. -
Articles thématiques sur la « tournée jazée » et les bars du FIJM.
Chroniques décrivant le Jazzons comme un « nouveau bar de jazz de la rue Ontario » et l’incluant dans des parcours de bars de jazz du centre-ville, aux côtés de l’Air du temps, du Biddle’s et d’autres lieux emblématiques. Dossiers spéciaux du Festival international de jazz de Montréal listant Jazzons comme bar participant. -
Témoignages de musiciens (Alex Bellegarde, Len Dobbin sur Skip Bey).
Récits de jam sessions au Jazzons dans le Quartier latin à partir de 1997, où Skip Bey dirige les rencontres et initie de jeunes contrebassistes, dont Alex Bellegarde. Hommages et notices biographiques rappelant les résidences de Skip Bey et Tim Jackson au Jazzons. -
Documentation récente sur l’adresse.
Site officiel et documents promotionnels de La Distillerie No 1, précisant l’ouverture en 2005 au 300, rue Ontario Est, confirmant la continuité de l’adresse et la transformation de l’usage du local.