Jupiter Room (Montréal)
Salle de spectacle et club nocturne intimiste situé au 3874, boulevard Saint-Laurent, le Jupiter Room a marqué le début des années 2000 à Montréal par ses soirées house, techno et indie-rock, héritier direct de l’énergie du Jailhouse Rock Café mais dans une atmosphère plus respirable, décontractée et abordable.
1. Présentation
Le Jupiter Room ouvre en 2001 au cœur du « Main », sur le boulevard Saint-Laurent, dans un secteur déjà chargé d’histoire musicale et nocturne. Avec une capacité officielle de 167 personnes, la salle se positionne d’emblée comme un club à taille humaine, misant sur la proximité entre DJs, public et piste de danse plutôt que sur le faste décoratif.
L’établissement se démarque rapidement par une combinaison de trois éléments clés : une programmation axée sur les musiques électroniques et l’indie-rock, une ambiance sans prétention et des prix accessibles qui en font un point de chute privilégié pour la jeunesse montréalaise et les noctambules de passage.
2. Origines & filiation avec le Jailhouse Rock Café
Le Jupiter Room naît directement des cendres du Jailhouse Rock Café, bar-spectacles culte qui occupait alors un autre local sur le boulevard Saint-Laurent. Après plusieurs années à faire du Jailhouse une référence pour la musique underground – hardcore, punk et rock intense – les frères Dave et Domenic (Dom) Castelli décident de passer à un nouveau chapitre.
En 2001, ils récupèrent l’ancien Bar Saint-Laurent au 3874, pour le transformer en un club plus intimiste : le Jupiter Room. Une coupure de presse de The Gazette, datée du 3 novembre 2001 et titrée « Jailhouse rock blasts off to Jupiter Room », documente cette transition. On y voit les frères Castelli poser dans leur nouveau local, expliquant qu’il ne s’agit pas d’un « Jailhouse II », mais bien d’un lieu ayant sa propre identité, plus sélective et moins axée sur le hardcore.
3. Ambiance, clientèle & identité sonore
À la différence du Jailhouse, souvent décrit comme intense et parfois éprouvant, le Jupiter Room se présente comme un espace plus « breathable », plus chaleureux, sans pour autant renoncer à la musique forte et à la danse. Dans un article de The Gazette publié le 29 avril 2006, Dom Castelli résume ainsi l’esprit du lieu :
« This is the only place on the Main the kids can go. It’s laid back, without pretensions and affordable. Two can make a night for less than 60$. Jailhouse was very hardcore; this place has a more breathable, welcoming atmosphere. »
La clientèle du Jupiter Room est majoritairement composée de jeunes adultes, d’étudiants, de DJs, de musiciens et d’habitués de la Main. Les soirées mettent l’accent sur les musiques électroniques – house, techno, électro – et sur une sélection d’indie-rock, reflétant l’effervescence de la scène montréalaise du début des années 2000.
L’endroit conserve un aspect brut, hérité de son passé de bar de quartier : murs relativement dépouillés, éclairage sans artifice et configuration simple (bar, piste de danse, cabine de DJ). L’intérêt du lieu ne réside pas dans un décor spectaculaire, mais dans l’intimité de la salle et la régularité de sa programmation, qui permet aux fidèles de « savoir où aller » chaque semaine.
4. Période d’instabilité & relance de 2008
Après plusieurs années d’activité continue (2001-2005/2006), le Jupiter Room connaît une période de flottement marquée par des fermetures temporaires et une activité plus sporadique. Le contexte de la Main évolue : concurrence accrue, transformation du voisinage, rotation rapide des concepts de bars.
En janvier 2008, le club connaît une seconde vie grâce au collectif Soulmeka, qui relance le lieu avec une programmation clairement orientée vers la musique électronique. Le Jupiter Room est alors rénové, doté d’un nouveau système sonore, et se spécialise dans des soirées dance structurées :
- Vendredis : soirées “Nova”, avec résidents tournants et invités;
- Samedis : soirées house animées par des DJs tels que Philgood, Fancy Phreek, Uzi et B’Ugo.
Cette relance renforce la réputation du Jupiter Room comme club électronique de niche, fréquenté par un public de connaisseurs à la recherche d’un son de qualité dans un espace à dimension humaine. La durée exacte de cette seconde phase demeure à préciser, mais elle inscrit durablement le nom Jupiter Room dans la mémoire de la scène club montréalaise.
5. Contexte urbain & environnement immédiat
Le 3874, boulevard Saint-Laurent se trouve dans un tronçon particulièrement chargé de symboles pour la culture montréalaise. Juste à côté, les noctambules peuvent casser la croûte au Main Deli, ou, pour les plus patients, faire la file devant l’inexplicablement célèbre Schwartz’s, dont la renommée dépasse largement les frontières de la ville.
Pour les habitués du Jupiter Room, toutefois, ces repères gastronomiques ne sont qu’un décor périphérique : ce qui compte, c’est la salle elle-même, la qualité des sélections musicales et l’assurance de retrouver un espace de danse abordable au cœur de la Main. Le club participe ainsi à une longue tradition de lieux nocturnes du boulevard, tout en marquant une étape spécifique dans la transition entre l’ère rock/hardcore du Jailhouse et l’essor des clubs électroniques de la fin des années 2000.
6. Chronologie rapide
- Années 1990 – Le local du 3874, boul. Saint-Laurent fonctionne comme Bar Saint-Laurent.
- 2001 – Ouverture du Jupiter Room par les frères Castelli, dans la foulée de la fermeture du Jailhouse Rock Café. Article fondateur : « Jailhouse rock blasts off to Jupiter Room » (The Gazette, 3 novembre 2001).
- 2001–2005/2006 – Période d’activité principale : club intimiste house/techno/indie, réputé pour son ambiance détendue et ses prix abordables.
- 2006 – Le Jupiter Room est décrit comme un des rares endroits « où les kids peuvent encore aller sur la Main », mais la salle commence à connaître fermetures et instabilités (article « It’s about the music, with an indie emphasis », The Gazette, 29 avril 2006).
- Janvier 2008 – Relance du Jupiter Room par le collectif Soulmeka, rénovation du système sonore, soirées « Nova » et programmations house hebdomadaires.
- Après 2010 – La salle cesse progressivement ses activités régulières ; le nom Jupiter Room disparaît des programmations majeures. Le local connaît d’autres réaffectations dans la vie nocturne de la Main.
7. Notes & sources
- “Jailhouse rock blasts off to Jupiter Room”, chronique Nightlife par T’Cha Dunlevy, The Gazette, 3 novembre 2001. Article annonçant la transformation de l’ancien Bar Saint-Laurent en Jupiter Room par Dave et Domenic Castelli. Confirme l’adresse (3874, boul. Saint-Laurent), le lien direct avec le Jailhouse Rock Café et la volonté de proposer un lieu plus sélectif, moins hardcore.
- “It’s about the music, with an indie emphasis”, Matt Radz, The Gazette, 29 avril 2006. Portrait du Jupiter Room au milieu des années 2000, citation de Dom Castelli sur le caractère abordable et accueillant du lieu (« laid back, without pretensions and affordable ») et sur la différence avec le Jailhouse.
- Dossiers promotionnels Soulmeka & listings de 2008. Annoncent la réouverture du Jupiter Room en janvier 2008, détaillant la nouvelle programmation (vendredis « Nova », samedis house avec Philgood, Fancy Phreek, Uzi, B’Ugo), ainsi que la mise à niveau du système sonore et l’orientation électronique assumée.
- Montréal Concert Poster Archive (MCPA) – collection Jupiter Room. Photographies de la façade (dont la photo de 2024), affiches de soirées, documents de promotion et témoignages oraux d’habitués. Ces sources permettent de confirmer la capacité (167 personnes), le rôle des frères Castelli et la place du Jupiter Room dans la cartographie des salles de la Main au début des années 2000.
- Guides nightlife & répertoires de clubs montréalais (années 2000). Données complémentaires sur la localisation, la capacité, la nature de la clientèle et la spécialisation du lieu dans les musiques électroniques et l’indie-rock.






