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Maples Inn (Pointe-Claire, Montréal)

Hôtel de villégiature puis bar-spectacles mythique du West Island (1897-1985), le Maples Inn – souvent surnommé le « Mapes » – passe de club de gentlemen à repère hippie, puis grand club rock avant d’être détruit par un incendie criminel.

1. Présentation

Le Maples Inn Hotel, fondé en 1897 au 121 Lakeshore à Pointe-Claire, est d’abord un hôtel de villégiature au bord du lac Saint-Louis. Longtemps presque inaccessible en hiver, il accueille surtout des Montréalais qui y passent la belle saison, quittant le centre-ville en mai pour ne revenir qu’en septembre, maisons barricadées jusqu’au printemps suivant. [1]

Au fil des décennies, le Maples passe du Gentlemen’s Club chic à l’hôtel avec salle de danse, puis au bar-spectacles rock associé à la contre-culture. Il devient un véritable mythe du West Island avant de disparaître dans les flammes en 1985. [1]

2. Origines & club de gentlemen (1897-1914)

À la fin du XIXe siècle, un certain M. Alland fait construire le Maples sur la rive du lac. L’établissement devient rapidement une destination populaire de villégiature pour la bourgeoisie montréalaise. [1]

En 1902, le Maples prend la forme d’un Gentlemen’s Club chic, réservé à une clientèle masculine sélectionnée. Entre 1910 et 1920, la population de Montréal double et de nombreux citadins cherchent un endroit pour se détendre loin du centre-ville – le Maples profite de cet engouement. [1]

3. Âge d’or balnéaire & mini-golf (1914-1930)

En 1914, l’hôtelier professionnel A. J. Verity achète le Maples et le transforme en véritable hôtel. Une salle de danse est ajoutée : un orchestre y joue tous les samedis soirs, faisant du site un rendez-vous incontournable des soirées au bord du lac. [1]

En 1925, le Maples est décrit comme « la destination la plus populaire au bord du lac Saint-Louis ». Puis, en 1930, l’établissement construit ce qui est présenté comme le tout premier terrain de mini-golf au Canada. Mais la Grande Dépression frappe : les années 1930 sont difficiles et l’avenir paraît incertain. [1]

4. Après-guerre & deuxième âge d’or (1945-1963)

Après la fin de la Deuxième Guerre mondiale, une nouvelle ère de prospérité s’ouvre. De nombreux baby-boomers deviennent les futurs clients du Maples, qui retrouve sa fréquentation. [1]

En 1948, Willie Constant achète l’hôtel. Le Maples offre à nouveau de bons repas et des soirées dansantes. L’orchestre de Charlie Legault, un big band, y joue de 1945 à 1963. C’est le deuxième âge d’or de l’établissement, même si la mode musicale est en plein bouleversement avec l’arrivée du rock & roll. [1]

5. Rock, hippies & années 1960-1970

Au début des années 1960, le Maples est à nouveau en déclin. L’explosion des Beatles en 1964 redéfinit les goûts d’une jeunesse qui devient la nouvelle force économique. Les bars adaptent leur offre ; le Maples ne fait pas exception. Perçu comme un vieux club délabré, il se transforme en point focal du mouvement hippie du West Island. [1]

Plusieurs groupes locaux influents s’y produisent, dont The Power Of Beckett, The Rabble et The Haunted. La période 1967-1977 est considérée par beaucoup comme la période classique du « Mapes ». Le voisinage et les autorités, en revanche, y voient un bas-fond : descentes policières routinières, suspensions de permis, rumeurs d’activités illicites dans le stationnement. [1]

Pour les clients, le Maples est au contraire un lieu de liberté et de camaraderie. Dans les années 1970, c’est pour plusieurs l’endroit de choix pour voir un spectacle, jouer au billard et boire une pinte. Le Big City Band, groupe blues-rock, est alors considérée comme le groupe maison, réputé pour faire vendre plus de bière que quiconque. [1]

6. Dernières années, fermeture & incendie (1977-1985)

En 1977, Willie Constant vend le Maples à Karstin Stahmer, qui embauche Arthur Dalfen avec le mandat de le hisser au rang de grand club rock. Environ 350 000 $ sont investis : les revendeurs de drogues sont officiellement interdits, et fumer des substances illégales n’est plus toléré. [1]

Dalfen invite des groupes de renom, dont Offenbach. À la fin des années 1970, on peut y voir un spectacle six soirs sur sept. Cette effervescence ne passe pas inaperçue : même « nettoyé », le Maples fait de plus en plus de bruit pour le quartier. [1]

Vers 1980, le Maples est vendu à Roxboro Holdings (également propriétaire du club Le Pretzel Enchaîné) et géré par Brian Newman. Des groupes de qualité continuent de s’y produire et, en surface, tout semble bien aller. Mais à partir de 1984, Brian doit se battre pour conserver la licence d’alcool, alors qu’une pétition circule pour obtenir la fermeture du lieu. [1]

Le dernier jour d’opération du Maples est le mardi 5 février 1985. Deux jours plus tard, l’édifice est détruit par un incendie allumé par un incendiaire professionnel. C’est la fin d’une époque pour le rivage de Pointe-Claire et pour toute une génération qui y a passé ses week-ends. [1]

7. Chronologie rapide

  • 1897 — Construction du Maples Inn Hotel par M. Alland, au 121 Lakeshore (Pointe-Claire).
  • 1902 — Le Maples devient un chic Gentlemen’s Club.
  • 1914 — Achat par l’hôtelier A. J. Verity ; ajout d’une salle de danse.
  • 1925 — Le Maples est présenté comme la destination la plus populaire au bord du lac Saint-Louis.
  • 1930 — Construction du tout premier terrain de mini-golf au Canada.
  • 1945-1963 — Big band de Charlie Legault ; deuxième âge d’or de l’hôtel.
  • 1948 — Achat par Willie Constant ; retour des bons repas et des soirées dansantes.
  • 1960s — Déclin puis mutation en repère hippie ; passages de The Power Of Beckett, The Rabble, The Haunted.
  • 1967-1977 — Période considérée comme l’ère classique du « Mapes » (Big City Band, ambiance « pharmacie »).
  • 1977 — Vente à Karstin Stahmer ; Arthur Dalfen investit 350 000 $ pour en faire un grand club rock.
  • ~1980 — Vente à Roxboro Holdings ; gestion par Brian Newman.
  • 1984 — Conflits grandissants autour de la licence d’alcool ; pétition locale pour la fermeture.
  • 5 février 1985 — Dernier jour d’opération du Maples Inn.
  • 7 février 1985 — Incendie criminel ; destruction complète du bâtiment.

8. Notes & sources

  1. Traduction et synthèse en français par Montreal Concert Poster Archive, à partir notamment de : alanrhodes.com/journals/mapes.html .
1980
DUTCH MASON
DUTCH MASON
1979
PRIVATE EYE STEPHEN BARRY BAND RAVEN HEAD THE GOOD BROTHERS TEDDY BOYS
PRIVATE EYE STEPHEN BARRY BAND RAVEN HEAD THE GOOD BROTHERS TEDDY BOYS

Source: The Gazette, 8 décembre 1979, Postmedia Network Inc.

BLUE MAXX FREEBIRD GODDO MINGLEWOOD LISA PRICE COOPER BROTHERS STE-AGATHE FLYERS DOWNCHILD BLUES BAND ERIC ANDERSON CRAWFORD MICHEL PAGLIARO
BLUE MAXX FREEBIRD GODDO MINGLEWOOD LISA PRICE COOPER BROTHERS STE-AGATHE FLYERS DOWNCHILD BLUES BAND ERIC ANDERSON CRAWFORD MICHEL PAGLIARO

Source: The Gazette, 3 novembre 1979, Postmedia Network Inc.

NIGHTWINDS MICHEL PAGLIARO
NIGHTWINDS MICHEL PAGLIARO

Source: The Gazette, 20 octobre 1979, Postmedia Network Inc.

CRAWFORD FREEBIRD BIG CITY BAND
CRAWFORD FREEBIRD BIG CITY BAND

Source: The Gazette, 11 août 1979, Postmedia Network Inc.

CALENDRIER AOÛT 1979 MAPLES INN
CALENDRIER AOÛT 1979 MAPLES INN

Lieu: Maples Inn

1967
KENNY HAMILTON TERRY MALONE OLIVER JONES NORMAN MARSHALL VILLENEUVE
KENNY HAMILTON TERRY MALONE OLIVER JONES NORMAN MARSHALL VILLENEUVE

Source: The Gazette, 14 avril 1967, division Postmedi Network Inc.

Lieu: Maples Inn

1964
KEN HAMILTON
KEN HAMILTON

Source: The Gazette 1 octobre 1964

1961
CHARLEY LEGAULT EARL DRISCOL
CHARLEY LEGAULT EARL DRISCOL

Source: The Gazette, 6 octobre 1961, Postmedia Network Inc.

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