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Le Swimming (Montréal)

Salle de billard, bar et nightclub emblématique du boulevard Saint-Laurent, Le Swimming a modernisé l’image du billard à Montréal au tournant des années 1990, devenant un lieu branché où se côtoyaient tables de billard design, clientèle hyper-branchée et, à partir du milieu des années 1990, une programmation de spectacles éclectiques.

1. Présentation

Le Swimming était une salle de billard et un nightclub situé au 3643 boulevard Saint-Laurent à Montréal. Exploité de 1990 à 2005 par les frères Holder, le lieu s’est rapidement imposé comme un bar « hyper-branché » où le billard, entièrement réinventé dans un décor contemporain, devient l’activité centrale. L’endroit est connu autant pour sa clientèle jeune et stylée que, plus tard, pour sa scène musicale éclectique. [1], [6], [7]

2. Histoire et contexte

Le Swimming a été en opération de 1990 à 2005 et était la propriété de Richard Holder et de ses deux frères Paul et Maurice [1][2].

Le flair, c’est ce qu’ils avaient, les trois frères Holder et leur associé Serge Breton. C’est à eux — Maurice et Richard, des jumeaux de 30 ans, Paul Holder et Breton, dans la quarantaine — que l’on devait le bar Braque et le Business, des lieux qui ont encadré avec un art très contemporain la joie de vivre entre deux vins. Des lieux qui ont marqué les théâtrales années 80. On leur doit aussi L’Oeuf et Le Swimming, situés quasiment l’un en face de l’autre, au nord de la rue Prince-Arthur, sur le boulevard Saint-Laurent. Ils ont du flair, les frères Holder et associé, mais ils ont aussi de l’audace. La preuve: ils choisissent toujours le même architecte-aventurier, Jacques Rousseau, qui aimerait bien qu’on arrête de le qualifier de flyé [3].

Dès le début des années 1990, le Swimming connaît un succès immédiat. La salle attire une clientèle variée mais fortement typée « branchée » : mannequins, jeunes professionnels, étudiants et habitués qui peuvent y passer la soirée entière, voire y revenir presque tous les soirs. La présence importante de joueuses de billard contribue aussi à rompre avec l’image masculine et un peu « voyous » traditionnellement associée au billard. [6], [7]

3. Le lieu & l’architecture

Ouvert depuis la mi-décembre 1990, Le Swimming, situé à l’étage et voisin de la boutique Scandale, est rapidement devenu un des lieux les plus hot en ville. Le Swimming, ce n’était pas qu’un bar. C’était même d’abord et avant tout une salle de billard. Et ce n’était pas seulement un pool room, c’était le billard transformé en art de vivre! Le Swimming était donc une immense salle dotée d’une douzaine de tables de billard. Le bar, lui, se présentait sous la forme d’un rectangle planté à peu près au centre de la salle autour duquel étaient disposées des tables rondes en aluminium et d’autres petites tables hautes sur pattes. Aménagé avec une remarquable économie de moyens, Le Swimming avait quelque chose d’aérien. L’espace du vieil entrepôt avait été complètement dégagé. Il ne restait plus que des colonnes soutenant les poutres au plafond, plafond qui avait conservé sa vieille tapisserie métallique aux motifs gaufrés. L’élément le plus spectaculaire de la décoration et qui assurait l’unité du lieu, était un grillage métallique dont les panneaux couvraient tous les murs et mêmes les fenêtres, adoucissant la lumière du jour [3].

Au tournant de 1991, la priorité ne va ni à la musique ni au bar, mais au billard : l’établissement dispose d’un système de réservation par ordinateur, détail qui souligne le caractère moderne et organisé du lieu. L’éclairage tamisé, les larges dégagements entre les tables et l’absence d’obstacles renforcent l’idée d’un espace « chic » et confortable où l’on peut rester des heures. [6]

Les articles contemporains présentent le Swimming comme un modèle de salle où se marient tables de bar et billard dans un environnement « nettement design », à mille lieues des salles de billard défraîchies associées aux repaires de fumeurs ou de joueurs invétérés. Le lieu est décrit comme un point de convergence pour les branchés et les puristes du billard. [7]

On reconnaissait l’endroit à son joueur de guitare géant, debout sur sa marquise, faisant face au boulevard Saint-Laurent. Le Swimming a ouvert ses portes en décembre 1990. L’endroit est devenu rapidement le bar à la mode à Montréal. « Les gens ont tout de suite aimé le concept de tables de billard. Moi et mon frère Maurice, on n’en croyait pas nos yeux. On regardait notre clientèle, des gens hyper-branchés, des mannequins, on n’en revenait tout simplement pas! » [4]

4. Spectacles & programmation

Au départ, la vocation principale du Swimming reste le billard : la musique y est présente, mais comme trame sonore plutôt que comme attraction principale. L’accent est mis sur l’expérience de jeu, la convivialité et le fait de regarder les autres jouer, ce qui en fait un lieu de socialisation autant qu’un espace de compétition amicale. [6], [7]

Puis en 1995 les frères décidèrent d’organiser des spectacles. Des milliers d’artistes ont fait leurs premiers pas sur les planches du Swimming. Chaque année, environ 1000 groupes se produisaient au Swimming. « Certains soirs, on avait sept bands qui jouaient. Des gros noms tels que Jon Spencer, Colin James ou Coral Egan sont passés par ici. » [4]

Au fil de ses quinze ans d’existence, Le Swimming aura ainsi offert aux Montréalais un mélange éclectique de spectacles live – du rock et de la country au funk, en passant par la soul, le reggae, le hip-hop, le spoken-word, la comédie et plus encore [1].

5. Déclin & fermeture (2005)

Durant les dernières années, la formule des bars avec salle de billard a perdu son lustre. Des concurrents ont aussi ouvert leur salle tout près, proposant un concept semblable dans un secteur de la Main où la compétition est féroce. « Tu ne peux pas garder ton edge éternellement. Si quelqu’un me dit que le coin est saturé, disons que je ne le contredirais pas. On a vendu! Notre plaisir, comme entrepreneurs, c’est de trouver des idées, de démarrer des projets. Quinze ans d’existence, on s’est dit que c’était assez. On a connu des beaux jours. Les nouveaux acheteurs sont les anciens propriétaires du bar Mhotel. Je crois qu’ils vont en faire un concept lounge. » [4]

Après 15 ans à offrir aux Montréalais un mélange éclectique de spectacles Live – du rock et de la country au funk, en passant par la soul, le reggae, le hip-hop, le spoken-word, la comédie et plus encore – Le Swimming ferme ses portes le 23 octobre 2005 [1].

6. Héritage des frères Holder

Les frères Holder continuent à ce jour à être impliqué dans le monde des affaires et de la restauration (Café du Nouveau Monde, Brasserie Holder, Delmo, le Majestique, le Darling, le Waverly, Brasserie Bernard, etc. [5].

7. Notes & sources

  1. Staff, fans sing blues as club is sold, The Gazette, 23 octobre 2005, Michelle Lalonde.
  2. 1,000-plus to celebrate Saputo wedding, The Gazette, 3 août 1990, Tommy Schnurmacher.
  3. L’art de faire des bars pas comme les autres, La Presse, 9 février 1991, Jocelyne Lepage.
  4. Le Swimming ferme ses portes, La Presse, 27 octobre 2005, Nicolas Bérubé.
  5. Expect more terrasses as rules relaxed in the Plateau, The Gazette, 19 janvier 2021, T’Cha Dunlevy.
  6. « Montréal en ville – Un p’tit goût de Provence… », chronique de Johanne Mercier, La Presse, 13 janvier 1991 (mention du Swimming).
  7. « Pour branchés ou puristes – Le vénérable billard », chronique de Marie-Christine Blais, La Presse, 8 octobre 1992.
2004
PLASTER ARTIST OF THE YEAR
PLASTER ARTIST OF THE YEAR

Collection: Alexandre St-Jean

PANURGE
PANURGE

Collection: Alexandre St-Jean

ALASKA
ALASKA

Source: Matt Komart

EVAPORATORS THE SMUGGLERS L’ATTACK
EVAPORATORS THE SMUGGLERS L’ATTACK

Source: Etienne Desormeaux

Design: Johnny Crap

2003
LES SEQUELLES LES VAUTOURS
LES SEQUELLES LES VAUTOURS

Illustration: David Leclerc

Collection: Sébastien Lemieux

LES SÉQUELLES LES VAUTOURS
LES SÉQUELLES LES VAUTOURS

Illustration: David Leclerc

Collection: Sébastien Lemieux

2000
THE DATSONS FUAD AND THE FEZZTONES
THE DATSONS FUAD AND THE FEZZTONES

Source: Greenland

SKUNK
SKUNK

Source: Matt Komart

1999
THE VENDETTAS
THE VENDETTAS

Collection: Paul Cargnello

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