Théâtre St-Denis / Espace St-Denis
Grande dame du Quartier latin inaugurée le 4 mars 1916, le Théâtre St-Denis s’impose tour à tour comme cinéma d’élite francophone, scène de concerts et d’opéra de passage, temple de la chanson et de l’humour — jusqu’à sa requalification récente en Espace St-Denis (Studio-Cabaret, multi-salles, hospitalité). [1], [2]
1. Débuts (1916) : cinéma d’élite francophone
Ouvert le 4 mars 1916, le St-Denis connaît un succès immédiat : il comble la lacune d’un grand beau théâtre dans l’Est offrant des vues cinématographiques de premier ordre. Innovation majeure à Montréal : programmes et titres des films en français — personnel francophone inclus. [1]
2. Années 1920 : grands concerts (Toscanini, Ravel)
Dès 1920, le St-Denis accueille de grands orchestres internationaux. Point d’orgue : Arturo Toscanini et l’orchestre de la Scala (22 & 24 mars 1921) — 60 concerts d’Amérique du Nord, tous dirigés de mémoire. [2], [3], [4]
Le 19 avril 1928, Maurice Ravel offre un récital de ses propres œuvres : salle clairsemée (mauvais temps), mais l’une des plus belles fêtes musicales de l’histoire de Montréal. [2], [5], [6], [7], [8]
3. Années 1930 : avènement du film parlant (FR)
Après un passage théâtral (troupe Barry-Duquesne), le St-Denis devient dès 1930 la maison des films parlants d’expression française à Montréal — pivot de sa vocation cinématographique. [2]
4. Années 1940 : retour aux spectacles (Met, Bolchoï, Stravinsky)
En 1942, raréfaction des nouveautés cinéma : la salle se diversifie et accueille Metropolitan Opera (jusqu’en 1945), Bolchoï, Comédie-Française, Théâtre national de Paris, ainsi que des orchestres sous Wilfrid Pelletier et Igor Stravinsky. Le 5 mars 1945, Stravinsky est ovationné — reconnaissance vibrante de la jeunesse montréalaise. [2], [9]
Défilent également Maurice Chevalier, Fernandel, Tino Rossi, Luis Mariano, Yves Montand, Gilbert Bécaud, etc., tandis que la salle rejoue des films des années 1930. [2]
5. Reconstruction 1950 & âge du “grand théâtre”
En 1950, reconstruction complète (≈ 500 000 $) pour devenir la salle la plus somptueuse et moderne de Montréal : capacité d’env. 2 500, conservation partielle de la façade de 1916. Premières et grands spectacles (cinéma, lyrique, danse) jusqu’à l’ouverture de la Place des Arts (1963). [2], [10]
6. 1971–1990 : Centre St-Denis → retour scène & moments-phares
1971 : Compagnie France-Film inaugure le Centre St-Denis (St-Denis + cinémas Chevalier & Pierrot, futurs St-Denis 2 et 3). 1977 : retour à la grande salle de spectacle (>2 000 places). [2]
- Beau Dommage (8–14 déc. 1977) : belle série mais public en baisse — “érosion d’un mythe”. [11]
- Diane Dufresne (1978) : happening total, robe de mariée mauve, ovations répétées. [12]
- Paul Piché (1978) : “miroir de la jeunesse de la rue Saint-Denis”. [13]
- The Clash + Undertones + B-Girls (25 sept. 1979) : triple rendez-vous punk, style & musique. [14]
- Tom Waits (31 oct. 1979) : soirée cinématographique, jazz usé, geste minimal, atmosphère Bogart. [15]
- Roy Orbison (1980) : légende intacte, voix à trois octaves. [16]
- Miles Davis (clôture FIJM, 1982) : événement attendu, réception critique mitigée. [17]
- Chet Baker (1986) : célèbre anecdote d’André Ménard — no-show, remboursement, Paul Bley en solo. [18]
- James Brown (1986) : retour triomphal post-Living in America. [19]
- Leonard Cohen (1988) : deux soirs complets, modernisation du son (synthés, boîtes rythmes). [20], [21]
- Céline Dion (1990) : triomphe, show bilingue hyper-pro ; contexte ADISQ/Unison. [22], [23]
7. Refonte 1990 : salles 1 & 2
En 1990, grande refonte : fusion des deux cinémas en salle 2 (933 sièges, inaugurée 26 janvier avec Jean Lapointe) et rénovation de la salle 1 (2 218 sièges, réouverture 4 avril avec André-Philippe Gagnon). [2]
8. Studio-Cabaret (2022) & rénovations (2026)
Entre 2020–2022, transformation de la salle 2 en Studio-Cabaret immersif (façade & lobby reconfigurés), et ouverture du bar-terrasse Marie-Louise (sept. 2022). [2]
Des rénovations majeures de la grande salle sont annoncées pour 2026 (confort, acoustique, loges, ascenseurs), dans le respect des éléments patrimoniaux. [2]
9. Chronologie rapide
- 1916 — Ouverture (cinéma d’élite, français partout : programmes, titres, personnel). [1]
- 1921 — Toscanini (Scala) — 2 concerts montréalais, tournée américaine de mémoire. [3], [4]
- 1928 — Maurice Ravel (récital d’auteur). [5]–[8]
- 1930 — Ancrage du film parlant d’expression française. [2]
- 1942–45 — Met Opera, Bolchoï, Comédie-Française ; Stravinsky ovationné (1945). [2], [9]
- 1950 — Reconstruction (≈500 000 $), grande salle 2 500 ; conserve l’arrière-façade 1916. [2], [10]
- 1971 — Centre St-Denis (cinémas) ; 1977 retour grande salle de spectacles. [2]
- 1990 — Refonte des salles (2 218 & 933) ; réouvertures avril/janvier. [2]
- 2022 — Studio-Cabaret + terrasse Marie-Louise ; 2026 : rénovations prévues. [2]
10. Notes & sources
- Ouverture et positionnement francophone (programmes/titres/personnel), 4 mars 1916 — extrait de presse historique fourni.
- Historique continu (années, mutations, capacités, Studio-Cabaret 2022, rénos 2026) — dossier fourni (Espace St-Denis / France-Film).
- Toscanini à Montréal (22 & 24 mars 1921), tournée nord-américaine de 60 concerts dirigés de mémoire — sources fournies.
- Bio/notice Arturo Toscanini — rappel de sa méthode et de sa mémoire eidétique — sources fournies.
- Ravel au St-Denis (19 avr. 1928) — récital d’auteur, salle clairsemée (mauvais temps) — coupures de presse fournies.
- Compte rendu critique du récital de Ravel — “belle fête musicale” — sources fournies.
- Réception du public montréalais à Ravel — sources fournies.
- Contexte nord-américain de la tournée Ravel — sources fournies.
- Stravinsky (5 mars 1945) — longue ovation, ferveur de la jeunesse — coupure fournie.
- Reconstruction 1950 (500 000 $), conservation arrière-façade (1916) — notice fournie.
- Beau Dommage (8–14 déc. 1977) — “érosion d’un mythe” — critique fournie.
- Diane Dufresne (1978) — happening, robe mauve, ovations — critique fournie.
- Paul Piché (1978) — “miroir de la jeunesse de la rue Saint-Denis” — critique fournie.
- The Clash + Undertones + B-Girls (25 sept. 1979) — triple soirée punk — reportage fourni.
- Tom Waits (31 oct. 1979) — atmosphère ciné-noir — critique fournie.
- Roy Orbison (1980) — légende intacte — critique fournie.
- Miles Davis (1982, FIJM) — réception mitigée — compte rendu fourni.
- Chet Baker (1986) — anecdote André Ménard / Paul Bley — témoignage fourni.
- James Brown (1986) — retour triomphal post-Living in America — critique fournie.
- Leonard Cohen (1988) — deux soirs complets, modernisation sonore — critique fournie.
- Leonard Cohen (1988) — style scénique et réception — seconde source fournie.
- Céline Dion (1990) — triomphe, show bilingue — critique fournie.
- ADISQ (1990) — contexte Unison & refus de catégorie — rappel fourni.




















































































