Thérèse Vallée–Fiorilli était une figure emblématique de la scène nocturne montréalaise des années 1940 et 1950, notamment connue pour son rôle de « cigarette girl » au cabaret Le Faisan Doré. Dans le cadre de l’exposition Scandale! Vice, crime et moralité à Montréal, 1940–1960, elle a partagé ses souvenirs de cette époque, offrant un aperçu précieux de la vie nocturne et des coulisses de ces établissements emblématiques.
Durant l’ère des cabarets à Montréal, des sorties clandestines étaient fréquentes, notamment dans les bars, clubs et cabarets où se déroulaient des activités illégales comme le jeu de hasard, la prostitution et la consommation d’alcool dans des lieux privés. Ces établissements, souvent protégés par des liens avec le crime organisé et parfois avec la complicité de certains policiers, offraient une atmosphère de liberté et de défi face à la répression morale et légale de l’époque.
Ethel Bruneau, née Mae Waterman à Harlem en 1936, était une danseuse, chanteuse et enseignante de danse installée à Montréal. Spécialisée dans l’art de la claquette, elle se produit dans les cabarets montréalais des années 1950 et 1960, notamment au Rockhead’s Paradise, et est surnommée « Miss Swing » ou « Reine du Tap Dancing ». Elle fonde sa première école de danse dans les années 1960 et, dans les années 1980, ouvre une deuxième école dans le quartier de la Petite–Bourgogne, offrant des cours gratuits aux enfants de familles défavorisées. En 2009, elle reçoit le prix Martin Luther King Jr. pour sa contribution exceptionnelle à la culture afro–canadienne, et en 2020, le prix Ethel Bruneau est créé en son honneur par les Prix de la Danse de Montréal.
À l’ère des cabarets, le trafic d’alcool à Montréal, bien qu’atténué après la fin de la prohibition, persistait sous forme de ventes clandestines dans les bars non licenciés et les clubs privés, souvent tolérés grâce à la corruption policière. Parallèlement, le trafic de drogues, notamment d’héroïne et de cocaïne, s’intensifiait dans les années 1950 et 1960, alimenté par le crime organisé qui utilisait les cabarets comme points de distribution discrets au cœur de la vie nocturne.
Oliver Jones est un pianiste, organiste, compositeur et arrangeur de jazz canadien d’origine barbadienne, né le 11 septembre 1934 à Montréal. Enfant prodige, il commence à jouer du piano à l’âge de cinq ans et se produit dès ses neuf ans dans des cabarets montréalais tels que le Café St-Michel et Rockhead’s Paradise. Au cours de sa carrière, il a enregistré plus de 25 albums et a été reconnu par de nombreux prix, dont deux prix Juno, le prix Oscar-Peterson en 1990 et le prix Martin Luther King Jr. en 1992. Il a également été nommé chevalier de l’Ordre national du Québec en 1993 et officier de l’Ordre du Canada en 1994.
À l’ère des cabarets de Montréal, la prostitution faisait partie intégrante de la vie nocturne, souvent dissimulée derrière les façades glamour des clubs et tolérée par les autorités dans certains quartiers comme le Red Light. Des liens étroits existaient entre les réseaux de prostitution, les propriétaires de cabarets et le crime organisé, qui en tiraient profit tout en bénéficiant de la complicité de membres corrompus de la police.
Dans l’ère des cabarets à Montréal, le jeu était omniprésent et souvent associé à des activités clandestines, notamment dans des lieux comme les bars et les cabarets où les paris illégaux se faisaient sous la protection tacite des autorités locales. Bien que le gouvernement du Québec ait tenté de lutter contre ces pratiques, elles prospéraient en raison de la complicité de certaines figures policières et politiques, et étaient considérées comme une partie intégrante du paysage social et nocturne de la ville.
Anne Rockhead est la fille de Rufus Rockhead, un immigrant jamaïcain et vétéran de la Première Guerre mondiale qui a fondé le Rockhead’s Paradise en 1928, le premier cabaret de Montréal appartenant à un homme noir. Ce club emblématique, situé dans le quartier de la Petite-Bourgogne, a joué un rôle central dans la scène jazz de l’époque, accueillant des légendes telles que Louis Armstrong, Billie Holiday et Ella Fitzgerald, tout en offrant une scène aux talents locaux comme Oscar Peterson et Oliver Jones.
Durant les années 1940 à 1970, Montréal était un centre majeur du crime organisé, dominé par la mafia italienne, notamment la famille Cotroni, qui contrôlait des activités illégales comme le jeu, la prostitution, le trafic d’alcool et le racket. Ces organisations criminelles entretenaient des liens étroits avec des figures influentes de la politique, de la police et du monde des affaires, permettant une impunité relative et une coexistence entre le crime et la vie nocturne montréalaise, notamment dans les cabarets et les bars.
Les porteurs de wagons-lits du CN à Montréal, principalement des hommes noirs, travaillaient dans des conditions difficiles, mais ont fondé en 1917 le premier syndicat noir des chemins de fer en Amérique du Nord, l’Order of Sleeping Car Porters, pour lutter pour de meilleures conditions de travail. Leur action a conduit à des améliorations significatives, notamment des conventions collectives en 1945, et a ouvert la voie à la promotion de travailleurs noirs à des postes supérieurs, leur contribution étant reconnue en 1994 comme un événement historique national par Parcs Canada. Les porteurs de wagons-lits du CN à Montréal ont également été des précurseurs dans le soutien à la scène musicale noire, car plusieurs d’entre eux étaient musiciens de jazz talentueux qui ont contribué à l’essor du jazz à Montréal, créant des liens entre la communauté des cheminots et celle des musiciens.