Dominique Michel, née Aimée Sylvestre le 24 septembre 1932 à Sorel-Tracy, est une figure emblématique de la scène artistique québécoise. Chanteuse, humoriste et comédienne, elle débute sa carrière dans les cabarets montréalais, notamment au Café Montmartre, avant de se faire connaître du grand public grâce à l’émission de variétés Au p’tit café en 1956. Elle connaît un immense succès avec la série télévisée Moi et l’autre (1966-1972), aux côtés de Denise Filiatrault, et devient une personnalité incontournable du paysage télévisuel québécois. Au cinéma, elle joue dans des films marquants tels que Le Déclin de l’empire américain et Les Invasions barbares, réalisés par Denys Arcand. Au cours de sa carrière, elle reçoit de nombreuses distinctions, dont l’Ordre du Canada (1994) et l’Ordre national du Québec (2002), et demeure une figure respectée et aimée du public québécois.
André Ménard, né le 8 décembre 1953 à Tétreaultville (Montréal), est un producteur de spectacles et directeur artistique canadien reconnu pour sa contribution majeure à la scène musicale montréalaise. Il est le cofondateur du Festival International de Jazz de Montréal, qu’il a dirigé en tant que directeur artistique, et de L’Équipe Spectra, une entreprise qui a joué un rôle central dans la production de spectacles et la gestion de salles emblématiques telles que le Spectrum et le Métropolis (MTELUS). Sous sa direction, le Festival est devenu l’un des plus importants événements de jazz au monde, attirant des artistes internationaux et contribuant au rayonnement culturel de Montréal. Ménard a également été impliqué dans la création du Quartier des spectacles, le cœur culturel de la ville, et a siégé à de nombreux conseils d’administration, dont celui de l’ADISQ et de la Cinémathèque québécoise.
Durant les années 1940 à 1970, Montréal était un centre majeur du crime organisé, dominé par la mafia italienne, notamment la famille Cotroni, qui contrôlait des activités illégales comme le jeu, la prostitution, le trafic d’alcool et le racket. Ces organisations criminelles entretenaient des liens étroits avec des figures influentes de la politique, de la police et du monde des affaires, permettant une impunité relative et une coexistence entre le crime et la vie nocturne montréalaise, notamment dans les cabarets et les bars.
Durant l’ère des cabarets à Montréal, notamment dans les années 1940 et 1950, la police n’était pas toujours perçue comme totalement intègre. Il y avait des liens étroits entre certains policiers et le crime organisé, particulièrement avec les mafias locales qui contrôlaient des établissements comme les cabarets et les bars. La corruption était un problème notable, avec des policiers parfois acceptant des pots-de-vin pour fermer les yeux sur les activités illégales, comme le jeu clandestin, la prostitution ou les rackets. Cela a contribué à une atmosphère de tolérance envers certaines activités criminelles, tant qu’elles ne perturbaient pas trop l’ordre public. Cependant, au fil des années, des efforts ont été faits pour réformer et moderniser les pratiques policières.
Pacifique Plante, surnommé « Pax », était un avocat et policier montréalais reconnu pour sa lutte contre la corruption et le crime organisé dans les années 1940 et 1950. En 1946, il a été nommé chef de l’escouade de la moralité de la police de Montréal, où il a mené des descentes spectaculaires dans des établissements clandestins, exposant publiquement les activités criminelles et les liens avec certains policiers. Ses actions ont conduit à la publication de la série d’articles « Montréal, ville ouverte » dans Le Devoir, dénonçant la corruption policière et les complicités avec le milieu du crime. En 1954, il a joué un rôle clé dans la Commission d’enquête Caron, qui a révélé des liens entre la police, la mafia et des activités illégales à Montréal. Malgré ses efforts pour assainir la ville, il a été suspendu puis congédié en 1948, avant de retourner au Mexique, où il est décédé en 1976.
L’Enquête Caron, menée en 1950, était une commission d’enquête sur la corruption au sein de la police de Montréal, notamment en lien avec des activités criminelles telles que le racket et la collusion entre policiers et membres du crime organisé. L’enquête a révélé des liens inquiétants entre certains policiers, le monde du crime, et des pratiques de corruption qui ont profondément ébranlé la confiance du public envers les forces de l’ordre.
Montréal était perçue comme une ville scandaleuse à l’ère des cabarets, en raison de la vie nocturne animée, des cabarets où se produisaient des artistes célèbres et des activités souvent associées au crime organisé. La ville était un carrefour de vices, avec des pratiques comme le jeu illégal, la prostitution et l’alcoolisme, tout en étant également un centre de liberté culturelle et de résistance sociale pour de nombreuses communautés marginalisées.
Les nuits de Montréal à l’ère des cabarets, entre les années 1940 et 1960, étaient animées par une vie nocturne effervescente, où les cabarets et clubs de jazz regorgeaient de musiciens légendaires, de chanteurs et de danseurs. Ces lieux étaient aussi des espaces de rencontre pour des artistes et des personnages influents, souvent liés à l’industrie du crime organisé, créant une atmosphère unique mêlant glamour, divertissement et parfois clandestinité.
Armand Larrivée Monroe, surnommé « La Monroe », était une figure emblématique de la scène nocturne et drag de Montréal, pionnier de la communauté LGBTQ+ montréalaise. Né en 1935 à Saint-Henri, il a débuté sa carrière en 1958 au Tropical Room, un lounge du Downbeat Club, où il a révolutionné les bars gais en proposant des spectacles conçus spécifiquement pour une clientèle homosexuelle, à une époque où l’homosexualité était encore criminalisée au Canada. En 1959, lors de son 24e anniversaire, il a obtenu la permission pour que les hommes puissent danser ensemble au Tropical Room, une première à Montréal. Au fil des ans, il a animé divers établissements tels que le Hawaiian Lounge, le Quartier latin et le Café Beaver, et a participé à la première marche de la fierté à Montréal en 1979. Il est décédé en 2023 à l’âge de 88 ans, laissant un héritage durable dans la culture queer montréalaise.