Club 1234 (Montréal)
Ouvert le 8 août 1978 au 1234, rue de la Montagne, le Club 12-34 (souvent appelé « douze-trente-quatre » ou twelve thirty-four) s’impose comme l’une des discothèques les plus spectaculaires du centre-ville à l’apogée de l’ère disco. Installé dans une ancienne chapelle funéraire, l’établissement est transformé en mégaclub à plusieurs niveaux, doté d’un système de son et d’éclairage ultramoderne, conçu pour accueillir jusqu’à 1 500 personnes. La presse décrit le 12-34 comme un symbole du « high chic » et des profits élevés générés par la fièvre disco montréalaise. 1, 6, 17
1. Le Club 12-34 dans l’histoire nocturne montréalaise
À la fin des années 1970, Montréal traverse une période de transformation majeure de sa vie nocturne. La disco n’est plus seulement un genre musical : elle devient une culture urbaine totale, combinant musique, mode, lumière, architecture et performance sociale. Les discothèques se transforment en espaces-spectacles où l’expérience vécue compte autant que les sons diffusés.
Dans ce contexte, le Club 12-34 s’impose comme l’un des établissements les plus ambitieux du centre-ville. Son nom, directement tiré de son adresse, fonctionne comme une signature mémorielle facile à retenir, contribuant à sa notoriété rapide auprès des habitués, des touristes et des chroniqueurs culturels.
La presse anglophone, notamment The Gazette, décrit les discothèques montréalaises comme des lieux où le chic et la rentabilité se renforcent mutuellement. Le 12-34 est cité dans ce paysage comme un exemple de club capable de générer à la fois un fort achalandage et une image de prestige nocturne. 1
La disco comme phénomène urbain
À la fin des années 1970, la disco façonne la géographie nocturne de Montréal. Les secteurs Crescent, Peel et de la Montagne concentrent bars, hôtels, restaurants et discothèques. Ces artères deviennent des corridors festifs, où la circulation des publics — touristes, congrès, jeunes professionnels — alimente une économie du divertissement en pleine expansion.
Le Club 12-34 participe à cette reconfiguration urbaine en offrant un espace de grande capacité, visuellement spectaculaire, capable d’accueillir des foules importantes. Il s’inscrit dans la continuité des grands projets disco qui cherchent à impressionner autant par leur architecture que par leur ambiance.
2. Du funéraire au festif : transformation architecturale du bâtiment
Avant de devenir l’une des discothèques les plus spectaculaires du centre-ville, l’immeuble situé au 1234, rue de la Montagne abritait une chapelle funéraire exploitée par la maison Wray-Walton-Wray. Ce type d’établissement, conçu pour accueillir des rassemblements cérémoniels, possédait une architecture particulière : volumes élevés, plafonds dégagés, espaces centraux ouverts et circulation fluide du public. 2
La reconversion de ce lieu de recueillement en discothèque s’inscrit dans une tendance plus large de la fin des années 1970, où plusieurs bâtiments institutionnels ou commerciaux sont réaffectés à des usages culturels et festifs. Dans le cas du Club 12-34, cette transformation prend une dimension spectaculaire : près de 1 million de dollars sont investis afin d’adapter l’architecture existante aux exigences de la culture disco. 4
Les travaux visent à créer un mégaclub à plusieurs niveaux, capable d’accueillir jusqu’à 1 500 personnes. Les anciens espaces cérémoniels sont restructurés pour intégrer :
- une piste de danse centrale de grande capacité,
- des mezzanines et balcons d’observation,
- plusieurs bars répartis dans l’espace,
- un système de sonorisation puissant,
- un éclairage conçu pour créer une ambiance immersive.
L’ancienne chapelle funéraire devient ainsi un lieu de célébration collective, où la musique, la danse et la mise en scène remplacent les rituels de recueillement. Cette inversion symbolique — passer du silence cérémoniel à la frénésie disco — renforce l’aura spectaculaire du Club 12-34.
Du sacré au profane
La transformation d’une chapelle funéraire en discothèque illustre un glissement culturel majeur de la fin du XXe siècle. Les lieux autrefois associés au sacré, à la mort et au recueillement sont réinvestis par des pratiques festives, corporelles et nocturnes. Le Club 12-34 devient ainsi un symbole du passage d’une culture du rituel à une culture du spectacle.
Cette reconfiguration architecturale ne vise pas seulement la fonctionnalité. Elle participe à la création d’une image de marque forte : celle d’un club monumental, impressionnant par ses dimensions, son décor et son atmosphère. Le bâtiment lui-même devient un acteur de l’expérience, contribuant à l’identité visuelle et mémorielle du 12-34.
Avant le salon funéraire : une résidence bourgeoise (1859)
Une notice patrimoniale publiée dans La Presse en 1985 rappelle que l’immeuble du 1234, rue de la Montagne fut construit en 1859 pour David Wood, avant d’être habité par Sir Alexander Galt à partir de 1865.
Le bâtiment est converti en salon funéraire dès 1902, ce qui entraîne une modification de la façade, incluant la construction d’une nouvelle entrée avec fenestration en baie. La notice souligne également la présence d’une balustrade et d’un toit mansardé en tuile rouge.
Cette transformation ancienne confirme que l’usage funéraire du bâtiment s’inscrit dans une longue histoire de reconversions, bien avant son passage au statut de discothèque disco à la fin des années 1970. 31
3. De l’annonce à l’ouverture : naissance du Club 12-34 (juin–août 1978)
Avant même son ouverture officielle, le Club 12-34 est présenté dans la presse comme un projet d’envergure. Une notice publiée dans Montréal-matin en juin 1978 précise que la nouvelle discothèque « portera le nom de son adresse : 12-34 ». 17
Le décor annoncé repose sur un contraste assumé entre l’ancien et le moderne : certains éléments architecturaux de la chapelle, notamment les vitraux, sont conservés et intégrés à un aménagement contemporain. Cette esthétique « sacré / disco » est pensée comme un décor-spectacle, destiné à impressionner la clientèle dès l’entrée. 17
Un 12-34 « première phase »
Montréal-matin décrit également le 12-34 comme le point de départ d’un vaste complexe à venir si la discothèque rencontre le succès : une terrasse, un restaurant, une brasserie et même des boutiques pourraient s’ajouter au projet. Le 12-34 est donc conçu dès l’origine comme un pôle commercial du nightlife au centre-ville. 17
Le lancement du projet est associé à Gary Chown, alors âgé de 26 ans, né à Ottawa et installé à Montréal depuis l’enfance. Diplômé en histoire de Bishop’s University (Lennoxville) et ancien choix des Alouettes en 1974, Chown incarne la figure du jeune promoteur impliqué dans la scène disco émergente. 17
Le projet repose aussi sur une équipe de partenaires : Michael Bookalam, François Cobetto, Sol Zucherman et Sharon Weis sont identifiés comme co-propriétaires, tandis que Brian Weiss agit comme gérant de l’établissement. Cette structure reflète le modèle d’investissement collectif typique des grands clubs disco de la fin des années 1970. 17, 23
Contexte personnel des promoteurs (été 1978)
À la fin de juin 1978, soit quelques semaines avant l’ouverture du Club 12-34, la famille Bookalam est touchée par un deuil. Sharon Bookalam (née Weiss), sœur de Michael Bookalam, décède accidentellement à l’âge de 25 ans.
Cette information, rapportée dans les avis de décès de La Presse, rappelle que le lancement du 12-34 s’inscrit aussi dans un contexte humain marqué par des événements personnels, parallèlement aux ambitions commerciales et culturelles du projet. 37
L’ouverture officielle du Club 12-34 a lieu le 8 août 1978, une date confirmée par les annonces promotionnelles et les articles de presse de l’époque. L’événement est présenté comme l’arrivée d’une nouvelle méga-discothèque dans le centre-ville, conçue pour rivaliser avec les établissements les plus prestigieux de la scène disco montréalaise. 3
Dès ses premières semaines d’activité, le 12-34 attire une clientèle nombreuse et variée : jeunes professionnels, touristes, amateurs de danse et habitués des sorties nocturnes. Le caractère spectaculaire du lieu — architecture monumentale, éclairage immersif, puissance sonore — contribue à créer un effet de nouveauté qui alimente le bouche-à-oreille.
Les premières soirées sont décrites comme des expériences fortement scénographiées : la musique disco, omniprésente, structure la soirée, tandis que les jeux de lumière, les reflets sur les surfaces et la circulation du public transforment la piste de danse en véritable théâtre social.
« La disco n’est pas seulement une musique, c’est une mise en scène complète du corps, de la lumière et du regard. »
Le Club 12-34 mise également sur la dimension événementielle de ses soirées. Les ouvertures de week-end, les soirées thématiques et les horaires prolongés participent à la construction d’une image de lieu incontournable pour qui souhaite vivre la « vraie » expérience disco montréalaise.
L’effet de nouveauté
Dans la culture disco, l’ouverture d’un nouveau club constitue un événement en soi. Les premières semaines servent à établir la réputation du lieu : qualité du son, ambiance, clientèle, fluidité du service et prestige perçu. Le Club 12-34 bénéficie pleinement de cet effet de nouveauté, renforcé par l’ampleur des investissements et l’originalité du bâtiment.
L’ouverture du 12-34 s’inscrit dans un moment où Montréal est décrite comme une ville électrisée par la disco. Les chroniques parlent d’une vie nocturne intense, où les discothèques deviennent des lieux de performance identitaire, autant que des espaces de danse et de socialisation.
Avant le 12-34 : les fondateurs dans la scène montréalaise (1977)
Avant la création du Club 12-34, plusieurs de ses futurs co-propriétaires étaient déjà actifs dans la vie nocturne montréalaise. Un article du Montreal Star de juin 1977 présente Michael Bookalam, François Cobetto et Andres Villarruel comme les responsables du club Bogart’s, situé au 1215 de Maisonneuve Ouest.
Les trois hommes, alors âgés de 25 à 31 ans, avaient auparavant travaillé au Don Juan et participaient activement à la gestion, à la programmation et à l’ambiance de Bogart’s, un club inspiré de l’esthétique des films de Humphrey Bogart.
Cette expérience démontre que les promoteurs du 12-34 possédaient déjà une connaissance du milieu des discothèques avant de lancer leur projet plus ambitieux au 1234, rue de la Montagne en 1978. 36
3.1 Un choc précoce : violence et fermeture temporaire (septembre 1978)
Quelques semaines seulement après son ouverture, le Club 12-34 est frappé par un événement violent qui marque brutalement la jeune histoire du lieu. Le 14 septembre 1978, Montréal-matin rapporte qu’une tentative de meurtre est survenue dans la discothèque située au 1234, rue de la Montagne, entraînant sa fermeture immédiate. 18
La victime, Bob Weiss, 25 ans, barman et gérant de l’établissement, est atteinte d’une balle au foie et transportée d’urgence au Montreal General Hospital, où elle repose aux soins intensifs. L’incident se produit peu après 3 heures du matin, alors qu’une cinquantaine de clients se trouvent encore à l’intérieur du club. 18
Selon des informations non confirmées rapportées par le journal, la fusillade aurait été provoquée par un refus de service d’alcool après l’heure de fermeture, ce qui aurait poussé un client à sortir une arme à feu et à tirer en direction du barman. 18
L’intervention policière est massive : une vingtaine de voitures de police sont dépêchées sur les lieux, plusieurs clients sont conduits au poste no 10 pour interrogatoire, et certaines accusations doivent être portées dans des dossiers connexes. 18
L’article souligne également l’impact psychologique de l’événement : trois ou quatre jeunes clientes sont hospitalisées pour chocs nerveux, ayant crié pendant plusieurs minutes après la détonation. 18
4. Taille, capacité et économie du mégaclub
Le Club 12-34 est pensé dès le départ comme une discothèque « grand format », capable d’absorber des foules et de rentabiliser une expérience disco fondée sur la mise en scène, l’effet de masse et la consommation. Les chiffres cités dans la presse décrivent un établissement hors norme pour le centre-ville : une superficie pouvant osciller entre 15 000 et 20 000 pi², une capacité atteignant 1 500 personnes et des aménagements conçus pour soutenir un très fort achalandage. 6, 7
Cette logique est typique de la fin des années 1970 : l’industrie disco mise sur des espaces où la danse devient une attraction centrale, et où l’architecture sert à multiplier les points de vue (mezzanines, balcons) et à organiser les flux (files d’entrée, bars, zones de circulation).
« High chic » : prestige, médias et rendement
À la fin des années 1970, le discours médiatique associe souvent la disco à une économie paradoxale : une culture du glamour (tenues, lumière, apparat, célébrités) pensée pour générer des profits élevés. Dans cette logique, un mégaclub comme le 12-34 ne vend pas seulement de la musique, mais une expérience et une scène sociale. 1
En 1979, le Club 12-34 apparaît régulièrement dans les pages mondaines, « style » et culture de la presse montréalaise. Séances photo, chroniques de mode, soirées VIP et événements promotionnels y sont organisés, confirmant son statut d’espace de prestige social, au-delà de la simple fonction de discothèque. 19
Des personnalités internationales, dont Omar Sharif, la princesse Caroline de Monaco et la vedette du Canadien de Montréal Guy Lafleur, sont associées à des soirées tenues au 12-34. Ces présences contribuent à renforcer l’image du lieu comme haut lieu du nightlife chic montréalais à la fin des années 1970. 21
Les chroniques de The Gazette décrivent également le 12-34 comme une scène mondaine où se croisent mannequins, promoteurs, artistes, figures sportives et célébrités internationales. Le club devient ainsi un décor médiatique, où la nuit se raconte autant dans la presse que sur la piste de danse. 52
D’autres articles soulignent le rôle des chroniqueurs « gossip » et des animateurs médiatiques dans la fabrication de cette aura mondaine. Certains collaborent directement avec des établissements, en animant des événements ou en assurant leur visibilité publique. Le 12-34 apparaît alors comme un exemple concret de l’écosystème promotion – presse – nightlife qui structure le centre-ville montréalais à l’époque. 53
À travers ces représentations, le Club 12-34 dépasse la simple fonction de discothèque : il devient une vitrine culturelle, un théâtre social et un outil de prestige, mobilisé par la presse pour illustrer la culture disco, la mode et le spectacle urbain du Montréal de la fin des années 1970. 20
Montréal, « Disco City » (1979)
À la fin des années 1970, Montréal est largement décrite dans la presse anglophone comme une capitale internationale du disco. Un article publié dans The Gazette en juillet 1979 présente la vie nocturne montréalaise comme intense, bondée et hautement commercialisée, avec de longues files d’attente sur la rue Guy et la rue Crescent, une musique assourdissante, une consommation d’alcool importante et une économie du divertissement en plein essor.
Le chroniqueur souligne comment la climatisation, les systèmes de son puissants et les jeux de lumière spectaculaires transforment le centre-ville en une zone de fête quasi permanente, où des centaines de personnes font la queue chaque soir pour accéder aux discothèques les plus en vue.
Montréal est aussi présentée comme un pôle disco reconnu à l’international, exportant artistes, styles et tendances au-delà du Canada. Le producteur et interprète Gino Soccio est cité comme exemple de ce succès, avec des disques à succès, des ventes internationales et une forte visibilité médiatique.
Ce discours médiatique permet de situer des lieux comme le Club 12-34 dans une culture urbaine plus large, où la vie nocturne, la célébrité, la consommation et le spectacle redéfinissent l’identité du centre-ville montréalais au sommet de l’ère disco. 50
5. Son, lumière et immersion : la discothèque comme machine
Au tournant de 1978, la discothèque moderne est fréquemment décrite comme une machine audiovisuelle : puissance sonore, éclairage « spectaculaire », effets de reflets, fumée, surfaces brillantes, et orchestration de la piste. Le 12-34 appartient à cette génération d’établissements où la technologie devient une composante du prestige — et un argument de différenciation. 1, 6
Les sources de 1978–1979 insistent sur la transformation du lieu par ses « speakers and lights » et sur l’ampleur des investissements nécessaires pour atteindre ce niveau d’immersion. 4, 6, 22
« …il serait aujourd’hui impossible de reconnaître l’endroit, tant les haut-parleurs et les jeux de lumière ont transformé l’ancien salon funéraire. »
Dans l’écosystème disco, ce type de dispositifs sert à créer un double effet : (1) la danse comme spectacle (piste visible, regards croisés, mise en scène du corps), et (2) la foule comme attraction (l’intensité du lieu prouve sa valeur).
En 1980, le Club 12-34 se distingue aussi par le coût de son admission. The Gazette rapporte qu’un droit d’entrée de 9 $ est exigé le samedi soir — le plus élevé au Canada à l’époque. Le propriétaire Sol Zuckerman explique que ce tarif sert à amortir les coûts d’un système laser quatre couleurs, présenté comme unique au pays. 24
En 1980, le Club 12-34 entame une transformation esthétique marquée par l’influence punk et new wave. The Gazette rapporte qu’un budget de plus de 100 000 $ est consacré à l’ajout d’un décor punk, sous la supervision de Gilles Gagné, décrit comme « la réponse canadienne à Salvador Dalí ». Cette hybridation entre punk et disco témoigne de l’adaptation du club aux nouvelles tendances culturelles de l’époque. 26
6. Radio, promotion et « événement » : le club dans les médias
Au-delà de l’architecture et de la technologie, la disco s’appuie sur un autre moteur : la promotion. Dès la fin des années 1970, les clubs cherchent à maintenir un statut de « place où il faut être » par des mentions, des rubriques nightlife, des chroniques et, parfois, des collaborations médiatiques.
Une annonce de février 1979 signale un show en direct (diffusion radiophonique) depuis la discothèque, ce qui illustre la stratégie de transformer la soirée en événement médiatique : la piste devient un décor de diffusion autant qu’un lieu de danse. 8
La discothèque comme « studio »
Les diffusions en direct depuis un club participent d’une logique typique de la disco : rendre visible l’énergie de la foule, donner l’impression que l’endroit « bat » au rythme de la ville, et prolonger la soirée au-delà de ses murs.
En 1979, le Club 12-34 sert aussi de vitrine « événementielle » pour des activités caritatives et mondaines. Une annonce de presse signale notamment un gala-bénéfice au profit de la Montreal Organization of Vietnamese-Cambodian Boat People, organisé en collaboration avec le Third World Film Festival, combinant défilés de mode (incluant des collections associées à Yves Saint Laurent, Kenzo, Thierry Mugler et Geoffrey Beene), buffet, encan et segment disco. 20
Vers une image « Studio 54 » (1979)
Au début de 1979, le Disco 12-34 connaît un succès suffisant pour envisager une montée en gamme de son offre. La direction annonce l’ouverture prochaine d’un salon privé baptisé « Inner Sanctum », réservé aux membres et accessible uniquement avec une carte coûtant 300 $ par personne.
Cette initiative vise clairement la jet set montréalaise, tout en maintenant un système distinct de cartes VIP permettant simplement de couper la file à l’entrée.
Le club affirme également vouloir adopter une image inspirée du légendaire Studio 54 de New York, avec l’introduction d’effets animés, d’une machine à bulles et d’une entrée spéciale pour les invités privilégiés.
« Le Disco 12-34 cherche activement à adopter l’image du Studio 54. » 38
À la fin de 1980, le Club 12-34 élargit son offre de divertissement avec des attractions spectaculaires, dont un taureau mécanique. The Gazette publie une photo montrant Mike Bookalam en train de le chevaucher à l’intérieur de la discothèque, illustrant l’intégration d’éléments inspirés de la culture « Urban Cowboy » dans l’expérience disco. 25
7. Entrée, sélection, portiers : la « frontière » du club
À l’époque disco, l’entrée d’une discothèque n’est pas un simple passage : elle constitue une frontière sociale. Les portiers filtrent selon des critères de tenue, d’attitude et de « vibe » perçue. Un article de 1981 consacré aux portiers de clubs montre comment l’admission peut devenir une scène en soi : file, négociation implicite, codes vestimentaires, et pouvoir de l’arbitraire. 9
Les discours d’époque signalent aussi des pratiques d’exclusion et de discrimination rapportées dans la presse (notamment envers certains groupes). Ces éléments sont importants à documenter, non pour les normaliser, mais pour comprendre la politique d’accès comme partie intégrante de la culture nightlife. 9
L’entrée comme théâtre
Dans l’imaginaire disco, « entrer » signifie parfois accéder à un monde parallèle : lumière, musique, foule, prestige. La sélection à l’entrée renforce cette impression de seuil et contribue à fabriquer une aura d’exclusivité (même lorsque le club est très grand).
Contrôle à l’entrée et politique d’identification
En 1986, un lecteur du The Gazette rapporte qu’un portier a refusé l’entrée à une cliente malgré la présentation de plusieurs pièces d’identité, dont une carte d’assurance sociale et une carte d’étudiante.
La direction du club justifie cette politique stricte par la nécessité de protéger son permis d’alcool et de prévenir les accidents liés à la consommation d’alcool chez les mineurs. 34
8. Publicité, chroniqueurs et conflits d’intérêts
La vie nocturne du centre-ville est alimentée par un écosystème de publicité, de rubriques culturelles et de chroniques. Un article d’août 1979 traite explicitement des liens entre certains chroniqueurs/showbiz gossips et des clients (discothèques) pour lesquels ils font du travail de promotion. Le texte cite le 12-34 parmi les établissements concernés, ce qui constitue une source précieuse pour comprendre la fabrication médiatique de la réputation des clubs. 10
Michael Bookalam : du nightlife montréalais aux réseaux criminels
Derrière l’image festive et cosmopolite de la discothèque 12-34 se profile aussi une réalité plus trouble, incarnée par l’un de ses anciens propriétaires : Michael Bookalam. Figure bien connue des pages judiciaires des années 1980, Bookalam apparaît à la croisée du nightlife montréalais, du milieu des affaires et du crime organisé transfrontalier. 46
Les archives de presse canadiennes et américaines dressent le portrait d’un homme impliqué dans des réseaux de trafic de drogues, notamment d’amphétamines et d’héroïne, opérant entre le New Jersey, le Québec et Montréal au début des années 1980. 43, 44, 45
Un acteur du nightlife montréalais
À Montréal, Michael Bookalam est notamment connu comme ancien propriétaire de la discothèque 12-34, un établissement associé à la culture club des années 1980 et à l’esthétique inspirée des grandes boîtes new-yorkaises comme le Studio 54. 38
Michael Bookalam : un promoteur issu de l’élite montréalaise
Né en 1952 dans une famille libano-canadienne aisée, Michael Bookalam grandit dans un environnement privilégié. Son père est associé à la compagnie montréalaise Kiddie Togs, et son cousin est le futur animateur et homme d’affaires Kevin O’Leary.
Étudiant à Bishop’s College, Bookalam se distingue comme athlète (football et hockey) et bénéficie d’une forte visibilité dans la presse régionale à la fin des années 1960 et au début des années 1970.
Ce profil de jeune entrepreneur charismatique contribue à sa crédibilité lorsqu’il cofonde la discothèque 12-34 en 1978. 36
En parallèle de ses activités nocturnes, Bookalam est aussi actif dans le milieu de la confection de vêtements, avec des liens d’affaires sur la rue Port-Royal, un secteur alors associé à l’industrie textile montréalaise. 46
Liens avec les réseaux de trafic internationaux
Les autorités canadiennes et américaines relient Michael Bookalam à un réseau de trafic de drogues impliquant plusieurs acteurs, dont Bob Anka, un Montréalais accusé d’avoir participé à des opérations de contrebande entre le Québec et les États-Unis. 43
Selon les témoignages présentés en cour, des transactions auraient eu lieu entre Montréal, Philipsburg, Burlington et Newark, impliquant l’importation et la distribution d’amphétamines. Bookalam est décrit comme un intermédiaire clé dans ces échanges. 43, 44
L’ombre de l’affaire Barber
Le nom de Michael Bookalam apparaît également dans le contexte plus large de l’enquête sur le meurtre d’Albert “Al” Howard Barber, un trafiquant de drogue américain retrouvé assassiné et enterré près de Sainte-Adèle en 1983. 39, 40, 42
Bien que Bookalam ne soit pas désigné comme l’auteur du meurtre, il est présenté dans la presse comme un acteur gravitant autour du même univers criminel que Frank Christopher Crump, figure majeure du crime organisé américain, soupçonné d’avoir joué un rôle dans l’assassinat. 39, 40, 41
Un portrait plus nuancé : l’homme derrière les manchettes
Dans une entrevue accordée à The Gazette en 1987, Michael Bookalam tente de se dissocier de son passé criminel. Il évoque ses erreurs, ses ambitions et sa volonté de se reconstruire après des années marquées par la prison, les excès et les affaires douteuses. 46
Il s’y présente comme un homme d’affaires ayant payé sa dette, parlant de sa famille, de ses échecs personnels et de ses projets futurs. Ce discours contraste fortement avec l’image du trafiquant décrite dans les dossiers judiciaires et les articles de presse. 46
« Peut-être que je garde ces souvenirs pour me rappeler de ne jamais revenir en arrière. »
Une figure emblématique de la zone grise des années 1980
Le parcours de Michael Bookalam illustre une réalité bien documentée dans le Montréal des années 1970–1980 : celle d’une zone grise entre le monde de la nuit, les affaires légitimes et les réseaux criminels.
À l’image de certaines discothèques mythiques de l’époque, la 12-34 s’inscrit dans un écosystème où cohabitent culture populaire, glamour, excès, mais aussi argent facile, influences interlopes et surveillance policière accrue.
L’histoire de Bookalam rappelle que derrière les lumières, les DJ et la piste de danse, se cachait parfois un univers beaucoup plus sombre.
9. Déclin de la disco, rénovations et repositionnement (1980–1981)
Au début des années 1980, la culture disco traverse une période de recul rapide à Montréal, et le Club 12-34 n’y échappe pas. En mai 1981, The Gazette publie un article au ton révélateur : « Music turns sour for Disco 1234 ». Le texte évoque la fermeture temporaire de l’établissement, accompagnée de rumeurs financières, de problèmes de permis d’alcool et d’un important chantier de rénovation. 27
Le propriétaire Sol Zuckerman y explique que la fermeture est « délibérée » : le club est en pleine transformation. Les célèbres colonnes lumineuses sont retirées, deux bars sont fermés, une nouvelle mezzanine est aménagée et une végétation décorative est ajoutée pour modifier l’ambiance. L’objectif est clair : faire évoluer le 12-34 vers un bar chic destiné à une clientèle de 25 à 40 ans, plus proche des établissements branchés que des grandes discothèques disco traditionnelles. 27
La fin de l’ère disco
Le discours de 1981 illustre un changement culturel majeur : la disco, autrefois synonyme de modernité et de succès commercial, est désormais perçue comme une mode en perte de vitesse. Le 12-34 tente de survivre en se repositionnant comme bar à cocktails plus que comme piste de danse spectaculaire.
Malgré cette volonté de renouveau, la transformation est aussi un aveu : l’économie disco des années 1978–1979 n’est plus viable dans sa forme initiale. Les dépenses d’exploitation, autrefois justifiées par des foules massives, deviennent plus difficiles à soutenir. Zuckerman admet que certaines rumeurs financières n’étaient pas entièrement infondées, évoquant notamment des chèques sans provision et l’absence de ligne de crédit bancaire. 27
La réouverture officielle du 12-34 est annoncée pour le 9 juin 1981, dans une version « nouvelle formule » : plus intime, plus élégante, moins axée sur la disco pure. 27
Quelques mois plus tard, en décembre 1981, The Gazette décrit le Twelve 34 comme une discothèque désormais orientée vers une programmation rock’n’roll et Motown, avec entrée gratuite et ambiance plus décontractée. La transformation du bâtiment — autrefois salon funéraire — est rappelée, mais l’identité disco, elle, s’estompe clairement. 28
Du temple disco au bar de quartier chic
En moins de quatre ans, le 12-34 passe du statut de mégaclub disco à celui de bar musical rénové, illustrant la fragilité des modèles économiques basés sur les modes culturelles.
Paradoxalement, alors même que la disco décline, la marque « 1234 » continue d’être utilisée comme référence commerciale. Une publicité de mai 1981 pour le « Super Disco Train to New York » présente encore le 12-34 comme « Canada’s #1 Disco », exploitant la notoriété du nom pour vendre une expérience festive liée à l’imaginaire disco international. 29
Le 12-34 devient ainsi un cas emblématique de la transition post-disco : un lieu qui tente de survivre en modifiant son identité, tout en capitalisant sur la mémoire d’une époque révolue.
10. Après le disco : transformations, nouvelles enseignes et « traces » (années 1980–1990)
Comme plusieurs mégaclubs disco, le 12-34 appartient à une conjoncture : au début des années 1980, l’esthétique et l’économie de la disco se transforment. Le bâtiment du 1234 continue toutefois d’exister comme adresse de nightlife, susceptible d’accueillir de nouvelles formules et de nouvelles enseignes.
10.1 1982 : mondanités et divertissements — « Disco 1234 » / Twelve 34
Au début des années 1980, l’adresse du 1234, Mountain St. continue d’apparaître dans la presse comme un lieu actif du nightlife, parfois sous l’appellation Disco 1234 ou Twelve 34. En août 1982, une brève mondaine situe Paul Anka en sortie nocturne « jusqu’à 2 h » au Disco 1234 sur Mountain, et mentionne un lien avec le propriétaire du club, Mike Bookalam. 30
1982 : Village People à la discothèque 1234 — la disco comme événement médiatique
Malgré le déclin progressif du disco au début des années 1980, la discothèque 1234 continue d’accueillir des événements d’envergure. Un reportage publié dans Télé-Radiomonde le 19 septembre 1982 révèle que des membres du groupe Village People, dont Glenn Hughes, ont effectué le trajet New York–Montréal en moto afin de lancer leur album Fox on the Box à la discothèque 1234.
Le lancement a rassemblé plus de 600 personnes et a été diffusé en direct dans le cadre de l’émission radiophonique « 5 à 10 live » de CKMF, animée par Guy Aubry. L’événement a également mis en vedette plusieurs artistes de la scène disco et new wave, dont The Flirts, Thierry Pastor, Freddie James, Chantal (duo Vogue) et Chris Mills.
Cette couverture confirme que, même après l’apogée du disco, le 1234 demeure un lieu de promotion internationale, un studio radiophonique événementiel et un espace de visibilité médiatique pour la culture pop. La discothèque conserve ainsi son rôle de vitrine culturelle bien au-delà de l’ère disco stricte.
La présence de journalistes, de représentants de la radio et de figures du milieu musical souligne la persistance du 1234 comme plateforme de diffusion entre musique, médias et nightlife au début des années 1980. 51
Quelques mois plus tard, en novembre 1982, une annonce publicitaire pour un numéro de scène (« Knights of Illusion » — mime / magie) mentionne Club Twelve 34 au 1234 Mountain St., ce qui confirme la poursuite d’une programmation de divertissements et d’animations au-delà du seul format « méga-disco » des débuts. 30
10.2 1984 : Twelve 34 reconfiguré — « Lips » (lounge piano-bar) et « Shooter’s »
En 1984, des mentions dans The Gazette décrivent une reconfiguration interne du lieu : une zone lounge (piano-bar) est annoncée sous le nom « Lips », tandis qu’un second bar — un “bar dans le bar” — est identifié comme « Shooter’s ». Les textes évoquent aussi une section semi-privée où des clients peuvent faire étiqueter des bouteilles à leur nom, signe d’un repositionnement vers des usages plus « bar chic » et segmentés. 30
10.3 1986 : L’Esprit — glamour, médias et renaissance nocturne
En août 1986, l’adresse du 1234, rue de la Montagne retrouve une forte visibilité médiatique avec la réouverture de la discothèque sous le nom L’Esprit. Toute la presse montréalaise se donne rendez-vous pour l’événement, organisé comme une opération de relations publiques à grande échelle. 32
La soirée est marquée par la présence de Grace Jones, habillée par Issey Miyake, ainsi que de la chanteuse Eartha Kitt. Les photographes immortalisent une mise en scène glamour, soulignant la volonté de repositionner le lieu comme espace de prestige et de visibilité médiatique. 32
En 1986, la presse anglophone mentionne que L’Esprit est aménagé sur le site de l’ancien Disco 1234 et fait l’objet d’importants travaux de rénovation. Le projet est porté par les frères Maurice et Marc Gatien, qui souhaitent créer un club inspiré de l’esprit des grandes discothèques d’Atlanta. 33
L’Esprit : héritier du 12-34
L’article rappelle que L’Esprit occupe le site de l’ancienne discothèque Disco 12-34, confirmant la continuité de l’usage nocturne du bâtiment malgré les changements d’enseigne et de concept.
En mars 1992, un fait divers situe une altercation « à l’intérieur de l’Esprit discothèque » au 12-34 Mountain St., montrant que l’adresse demeure associée à des activités nocturnes bien après l’apogée disco. 11
La force d’une adresse
Même lorsque les enseignes changent, une adresse peut conserver une identité nocturne. Les mentions dans les faits divers, les annonces ou les guides servent alors de « preuves » de continuité : l’espace reste un lieu de sorties, même si le style, la musique et les clientèles évoluent.
11. Héritage : le 12-34 comme symbole de la disco montréalaise
Le Club 12-34 demeure un repère dans la mémoire nocturne du centre-ville. Sa trajectoire — ouverture spectaculaire en 1978, puissance du mégaclub disco, transformations post-disco, persistance de l’adresse, puis relance en 2004 — condense plusieurs thèmes centraux de l’histoire de la nightlife montréalaise : architecture réaffectée, technologie comme prestige, économie de foule et récits médiatiques.
Dans une lecture « musée », l’intérêt du 12-34 est double : (1) un cas exemplaire de discothèque-machine (son, lumière, espace), et (2) une étude de la mémoire commerciale (comment le passé disco devient un actif réutilisable). 1, 12, 13
12. 2004 : relance, capital et nostalgie — Club 12-34 « reloaded »
En 2004, l’adresse renaît sous le nom Club 12-34 dans une opération de relance explicitement fondée sur la brand equity du lieu : l’idée de réactiver une réputation des années 1970 et de la convertir en valeur commerciale. La presse évoque un investissement de 1,5 million $ pour rouvrir le club dans un bâtiment au passé chargé. 12, 13, 14
Les partenaires associés au projet sont nommés : Tony Loddo, Johnny Setaro, MC Mario Tremblay et Marco Iannone (Montage Management). La stratégie annoncée inclut l’usage d’une personnalité DJ/animateur pour soutenir l’identité sonore et la visibilité médiatique du club. 12, 15
« It’s time to boogie again »
La relance de 2004 repose sur un langage de mémoire : le lieu est présenté comme « fabled space », et la notoriété disco (stars, légendes, récits de piste) sert à promettre un retour d’expérience — une manière de vendre le passé comme une promesse de présent. 16
2005–2011 : violence, gangs et perte de contrôle
Au milieu des années 2000, le Club 1234, alors propriété de Giovanni Setaro, Jean Faille et de l’ancien DJ du Canadien de Montréal Mario Tremblay, demeure une destination prisée des noctambules montréalais, notamment grâce à la popularité du DJ MC Mario.
Toutefois, selon un rapport du SPVM, l’établissement devient progressivement un problème de sécurité publique. Entre 2005 et 2010, plus de 40 incidents violents sont recensés : bagarres impliquant jusqu’à 50 personnes, coups de couteau, agressions contre les portiers, tirs d’arme à feu, arrestations de personnes armées et chutes du deuxième étage.
Des policiers intervenant sur place rapportent avoir été encerclés, agressés, mordus et visés par des projectiles. La présence répétée de gangs de rue est également signalée, tout comme les liens d’un ex-gérant avec le crime organisé.
La question des mineurs inquiète particulièrement les autorités. En 2006, des agents découvrent entre 100 et 150 adolescents âgés de 16 ou 17 ans à l’intérieur du club. En 2009, un mineur aurait été violemment agressé par un portier.
Un stratagème aurait même été mis en place pour permettre l’entrée illégale des adolescents, moyennant un surplus payé à un promoteur, selon un rapport transmis à la Régie des alcools, des courses et des jeux.
En 2011, la Régie convoque officiellement les propriétaires du Club 1234 à une audience, à la demande de la police, afin d’évaluer la perte de contrôle de l’établissement. 47
Du nightclub au « supper club » : Yoko Luna, Geisha et l’imaginaire hanté du 1234 (2013–2022)
Au printemps 2013, le Club 1234, situé au 1234, rue de la Montagne, ferme officiellement ses portes, marquant la fin d’un cycle pour cette discothèque bien connue du centre-ville. À la suite de cette fermeture, le DJ et copropriétaire MC Mario annonce un nouveau projet baptisé « 5 », dont le nom renvoie à la fois à la suite logique de « 1234 » et à la structure même du concept, articulé autour de cinq pôles : restaurant, lounge, bistro, bar et terrasse. L’ouverture est alors annoncée pour le début de l’été 2013. 55
Après plusieurs reconfigurations, l’adresse amorce une nouvelle transformation au début des années 2020. En octobre 2021, il est annoncé que l’ancien Club Le CINQ, dernier avatar en date du site, sera reconverti en restaurant japonais et supper club sous le nom de Geisha. Le projet est porté par le Jegantic Hospitality Group, fondé par John E. Gumbley, et s’inscrit dans une volonté assumée de repositionnement gastronomique et expérientiel du lieu. 56
Le projet se concrétise en 2022 avec l’ouverture de Yoko Luna, un établissement japonais haut de gamme de type supper club occupant environ 20 000 pi². La communication officielle met alors de l’avant un décor qualifié d’« onirique », comprenant notamment un salon à whisky, un bar à cocktails, une vaste salle à manger et des terrasses extérieures, prolongeant la tradition du site comme lieu de divertissement nocturne, désormais inscrit dans une logique gastronomique contemporaine. 57
Parallèlement à ce discours promotionnel, l’histoire antérieure du bâtiment — ancien salon funéraire au début du XXe siècle, puis site de plusieurs établissements nocturnes — nourrit un imaginaire médiatique associé aux lieux dits « hantés ». Une enquête publiée par Haunted Montreal relaie ainsi des témoignages d’employés évoquant des phénomènes inexpliqués (courants d’air froid, musique ancienne, sifflements, odeurs d’encens) et affirme que des rituels d’exorcisme auraient été réalisés avant l’ouverture officielle du restaurant. 57
Le même article avance que l’ancienne morgue du bâtiment se serait trouvée au sous-sol, à l’emplacement des actuelles toilettes, et rapporte des expériences présentées comme des tentatives de communication avec des esprits. Ces éléments, invérifiables sur le plan historique, relèvent toutefois davantage du registre narratif et folklorique que de la documentation patrimoniale au sens strict. 57
Dans une perspective historique, ces récits participent avant tout à la construction d’une mémoire symbolique du lieu. Ils illustrent la manière dont le passé funéraire puis nocturne du bâtiment continue d’influencer son image publique, même après sa transformation en établissement gastronomique contemporain. L’adresse du 1234, rue de la Montagne demeure ainsi marquée par une superposition de strates — salon funéraire, discothèque, supper club — qui contribue à sa persistance dans l’imaginaire montréalais.
Notes & sources
- The Gazette, 2 décembre 1978 — « High chic and high profits energize Montreal’s discos », Julia Maskoulis. Analyse de la rentabilité et de l’esthétique des discothèques montréalaises à l’ère disco.
- Archives municipales et annuaires commerciaux — Ancienne Wray-Walton-Wray Funeral Chapel, 1234 rue de la Montagne.
- Publicités et annonces (été 1978) — mentions de l’ouverture et de la mise en marché du Club 1234 (adresse, concept, imagerie, invitations).
- Articles de presse et documents promotionnels (1978–1979) mentionnant l’investissement d’environ 1 million de dollars pour la transformation du Club 1234 et sa capacité d’environ 1 500 personnes.
- Chroniques culturelles et rubriques nightlife (été–automne 1978) décrivant l’ambiance des premières soirées disco à Montréal, la mise en scène des clubs et l’importance de l’effet de nouveauté.
- The Gazette (Montréal), 5 août 1978, p. 23 — chronique annonçant l’ouverture imminente d’une nouvelle discothèque au 1234 Mountain Street, mentionnant l’ancien usage funéraire (Wray-Walton-Wray) et la transformation par « speakers and lights ». Source-clé pour la date d’ouverture (8 août 1978) et le récit de conversion du bâtiment.
- The Montreal Star (Montréal), 28 septembre 1977, p. 51 — annonce immobilière mentionnant 1234 Mountain St. comme adresse « prime downtown location », disponible (vente/location) autour du 1er décembre 1977. Document utile pour situer l’adresse dans la phase pré-discothèque (transition d’usage).
- The Gazette (Montréal), 17 février 1979, p. 75 — annonce mentionnant un show radiophonique (FM-96) « broadcast live » depuis une discothèque du centre-ville associée au 1234. Indicateur de la stratégie événementielle et médiatique des clubs à l’ère disco.
- The Gazette (Montréal), 10 janvier 1981, p. 41 — « Club doormen reveal secret of getting in » (Joan Danard). Source de contexte sur les politiques d’entrée, les portiers et les critères d’admission, incluant des descriptions de pratiques d’exclusion rapportées dans la presse.
- The Gazette (Montréal), 15 août 1979, p. 3 — « Psssst! These men are gossip kings », mentionnant du travail de publicité lié à des clients incluant le 1234. Source structurante pour comprendre le rôle des chroniqueurs, de la promotion et des conflits d’intérêts dans la fabrication de la réputation des discothèques.
- The Gazette (Montréal), 9 mars 1992, p. 3 — bref fait divers situant une altercation antérieure à l’intérieur de « l’Esprit discothèque » au 1234 Mountain St.. Preuve de continuité nightlife de l’adresse au début des années 1990.
- The Gazette (Montréal), 20 septembre 2004, p. 26 — article « Managing » (suite de B1) détaillant la relance de Club 1234 par Montage Management (Tony Loddo, Johnny Setaro, MC Mario Tremblay, Marco Iannone), avec éléments de stratégie (clientèle cible, politique d’admission, etc.). Source majeure : données d’exploitation, partenaires, modèle d’affaires.
- The Gazette (Montréal), 20 septembre 2004, p. 23 — « As easy as 1-2-3-4 » (Peter Diekmeyer), présentant l’investissement de 1,5 million $ et l’objectif de relancer le lieu. Source « récit » : retour de la marque 1234 et cadrage nostalgique.
- The Gazette (Montréal), 2 octobre 2004, p. 63 — « A brand-new Club 1234 comes back to fabled space » (John Griffin), décrivant l’adresse, la relance et le passé disco du lieu. Source d’interprétation : le bâtiment comme espace « légendaire ».
- The Gazette (Montréal), 20 septembre 2004, p. 26 — encadrés de type « Vital statistics » et éléments factuels (site web, téléphone, employés, projections), associés à la relance. Source factuelle : paramètres opérationnels et identité corporative.
- The Gazette (Montréal), 20 septembre 2004, p. 2 — manchette / tease « It’s time to boogie again » renvoyant aux détails (B1), cadrant la relance dans un registre de mémoire disco. Source de cadrage éditorial : nostalgie comme moteur promotionnel.
- MONTRÉAL-MATIN (Montréal), 21 juin 1978, p. 8 (rubrique Les Gens) — notice annonçant une « nouvelle discothèque » au 1234, rue de la Montagne : nom tiré de l’adresse, mention de l’ancien usage comme salon funéraire, description d’éléments de décor (chapelle / vitraux) et projection d’un « vaste complexe » (terrasse, restaurant, brasserie, boutiques). Notice incluant un repère biographique sur Gary Chown.
- MONTRÉAL-MATIN (Montréal), 14 septembre 1978 — article rapportant un incident ayant mené à une fermeture du 12-34 (Club 1234), situé au 1234, rue de la Montagne, avec rappel de l’ancien usage du bâtiment comme salon funéraire.
- The Montreal Star (Montréal), 12 février 1979, p. 29 — page « style » intitulée « The lady in red », avec photos de George Bird, situant une séance photo de mode au 1234 Mountain Street. L’article met en scène des mannequins et des tenues « disco chic » dans l’espace du club, illustrant l’usage du 1234 comme décor médiatique et vitrine stylistique de la culture disco montréalaise.
- The Montreal Star (Montréal), 31 août 1979, p. 11 — publicité / annonce : « Douze / Twelve / 3-4 presents a gala in aid of the Boat People », événement au 1234 Mountain Street (mardi 4 septembre 1979), en collaboration avec le Third World Film Festival, au profit de la Montreal Organization of Vietnamese-Cambodian Boat People. Programme annoncé : défilés de mode (collections associées à Yves Saint Laurent, Kenzo, Thierry Mugler, Geoffrey Beene), buffet champagne, encan d’art, segment « disco tableaux » (incluant A.T. & Co., Pur Hasard, Wayne Clark).
- The Gazette (Montréal), 13 octobre 1979, p. 58 — chronique mondaine (Thomas Schnurmacher) mentionnant une soirée / « bash » associée au 1234 Mountain St. (référence au club dans l’écosystème nightlife).
- The Gazette (Montréal), 27 mars 1979, p. 56 — chronique / rubrique mentionnant un dispositif / démonstration de laser light lié au 1234 Mountain St., indicateur de la place des effets lumineux et de la technologie dans l’expérience disco.
- The Montreal Star (Montréal), 14 mai 1979, p. 26 — article « Toys and discos » (Brian Dunn), portrait de Sol Zuckerman associant le 1234 à l’adresse 1234 Mountain St. et au récit entrepreneurial / mondain de la scène disco.
- The Gazette (Montréal), 25 mars 1980, p. 53 — article mentionnant que le Disco 1234 exige un droit d’entrée de 9 $ le samedi soir (le plus élevé au Canada), justifié par l’installation d’un système laser quatre couleurs, unique au pays.
- The Gazette (Montréal), 20 décembre 1980, p. 29 — photographie et légende montrant Mike Bookalam de Disco 1234 en train de chevaucher un taureau mécanique à l’intérieur du club, illustrant l’intégration d’attractions de type « Urban Cowboy ».
- The Gazette (Montréal), 16 janvier 1980, p. 57 — chronique de Thomas Schnurmacher intitulée « Punk, it seems is marrying disco », mentionnant un budget de plus de 100 000 $ pour ajouter un décor punk au Disco 1234, sous la supervision de Gilles Gagné.
- The Gazette (Montréal), 12 mai 1981, p. 3 — « Music turns sour for Disco 1234 ». Article relatant la fermeture temporaire du Club 12-34, les rumeurs financières, les problèmes de permis d’alcool et les rénovations majeures (retrait des colonnes lumineuses, fermeture de bars, ajout d’une mezzanine, repositionnement vers un bar chic pour une clientèle de 25–40 ans). Inclut des déclarations de Sol Zuckerman sur les difficultés économiques, les chèques sans provision et la stratégie de relance prévue pour le 9 juin 1981.
- The Gazette (Montréal), 19 décembre 1981, p. 82 — Brève annonçant la réouverture de Twelve 34 avec une programmation davantage orientée vers le rock’n’roll et la Motown, entrée gratuite et ambiance plus décontractée. Rappelle que le bâtiment était un ancien salon funéraire rénové plus tôt dans l’année.
- The Gazette (Montréal), 2 mai 1981, p. 70 — Publicité pour le « Super Disco Train to New York » (Liberty Tours), présentant le Club 1234 comme « Canada’s #1 Disco », avec départs du 1234 Mountain St.. Exemple de l’utilisation commerciale persistante de la marque « 1234 » malgré le déclin de la disco.
-
The Gazette (Montréal), 20 août 1982, p. 21 —
brève mondaine mentionnant Paul Anka ayant fait la fête au
Disco 1234 (1234 Mountain St.) et citant Mike Bookalam.
The Gazette (Montréal), 27 novembre 1982, p. 38 — annonce « Knights of Illusion » (mime / magie) mentionnant Club Twelve 34 (1234 Mountain St.).
The Gazette (Montréal), 21 juin 1984, p. 48 et 13 juillet 1984, p. 40 — mentions décrivant la formule « Lips » (lounge / piano-bar) et « Shooter’s » (bar) au Twelve 34, incluant une section semi-privée et la pratique de bouteilles étiquetées au nom des clients. - La Presse (Montréal), 23 août 1985, Cahier A — Notice patrimoniale sur la rue de la Montagne indiquant que l’immeuble du 1234, rue de la Montagne a été construit en 1859 pour David Wood, puis habité par Sir Alexander Galt à partir de 1865. Le bâtiment est converti en salon funéraire dès 1902, entraînant une modification de la façade, incluant une nouvelle entrée avec fenestration en baie. La notice mentionne également la balustrade et le toit mansardé en tuile rouge.
- La Presse, 8 août 1986, Informations nationales — Article relatant la réouverture de la discothèque L’Esprit au 1234, rue de la Montagne, avec une soirée médiatique mettant en vedette Grace Jones et Eartha Kitt.
- The Gazette, 1er mai 1986, p. 45 — Article mentionnant les travaux en cours sur le site de l’ancien Disco 1234 pour la réouverture sous le nom L’Esprit, avec un concept inspiré de clubs d’Atlanta.
- The Gazette, 15 octobre 1986, p. 52 — Lettre décrivant une politique d’identification stricte à L’Esprit, 1234 Mountain St., justifiée par la direction au nom de la sécurité et du respect du permis d’alcool.
-
Haunted Montreal,
« Update on the Haunted Nightclub at 1234 de la Montagne »,
mai 2022.
Article consacré à la réouverture de l’ancien salon funéraire et discothèque
du 1234, rue de la Montagne sous le nom de
Yoko Luna, restaurant japonais haut de gamme de
20 000 pi².
Le texte rapporte des témoignages de phénomènes paranormaux persistants
(courants d’air froid, musique inexpliquée, sifflements, odeurs d’encens),
ainsi que la tenue de rituels d’exorcisme avant l’ouverture
officielle.
Une enquête menée par Dominique Desormeaux et Holly Rhiannon évoque
des expériences dans l’ancien sous-sol (ancienne morgue), incluant
des communications présumées avec des esprits et la capture de
« brume paranormale ».
Source : hauntedmontreal.com - The Montreal Star, 11 juin 1977, p. 140 — Article « Bogie boogieing » décrivant le club Bogart’s (1215 de Maisonneuve Ouest) et présentant Michael Bookalam, François Cobetto et Andres Villarruel comme responsables de l’établissement.
- La Presse, 27 juin 1978 — Avis de décès de Sharon Bookalam (née Weiss), sœur de Michael Bookalam, décédée accidentellement le 25 juin 1978 à l’âge de 25 ans.
- The Gazette, 13 février 1979, p. 44 — « Private place » : le Disco 1234 annonce la création d’un salon privé « Inner Sanctum » réservé aux membres (300 $), ainsi qu’une stratégie inspirée du Studio 54, incluant effets animés, machine à bulles et entrée VIP.
- La Tribune (Sherbrooke), 10 mai 1991, Cahier 3 — « La police éclaircit un meurtre commis il y a huit ans à Sainte-Adèle ». Article de presse (PC) liant l’enquête de la SQ à des arrestations aux États-Unis et citant Michael Bookalam et John Coley dans le dossier.
- La Presse (Montréal), 10 mai 1991, Cahier A — « Le meurtre d’Albert Howard Barber finalement éclairci après 8 ans », André Cédilot. Texte présentant les éléments d’enquête et nommant Frank Christopher Crump, Michael Bookalam et John Coley.
- La Presse (Montréal), 16 août 1991, Cahier A — « La SQ veut faire extrader le caïd Frank Crump », André Cédilot. Article sur les démarches d’extradition et rappel des condamnations visant des personnes liées au dossier.
- The Gazette (Montréal), 5 août 1983, p. 4 — « Man’s body identified as U.S. fugitive ». Brève annonçant l’identification de la victime (contexte Sainte-Adèle) et l’absence de pistes à ce moment.
- The Record (Sherbrooke), 4 juillet 1984 — « Judge to rule if Anka guilty in Canada ». Article de procédure mentionnant Michael Bookalam dans un dossier de trafic et la chronologie des audiences.
- The Record (Sherbrooke), 24 juillet 1984 — « Man cleared on international ‘speed’ rap ». Article rapportant l’issue d’une cause liée à trafic/accusations transfrontalières, citant Michael Bookalam.
- The Record (Sherbrooke), 21 mars 1985. Brève judiciaire mentionnant la gestion/fermeture d’un dossier en l’absence de l’accusé et des éléments de procédure, citant Michael Bookalam.
- The Gazette (Montréal), 19 mars 1987, p. 3 — « Ex-drug dealer shirks the issue ». Portrait médiatique mentionnant Michael Bookalam (contexte : chemises “Drug Free” et récit public).
- La Presse, 14 septembre 2011 — Vincent Larouche, « Un bar de la rue de la Montagne sous la loupe ». Article rapportant plus de 40 incidents violents au Club 1234 entre 2005 et 2010, la présence de gangs de rue, des agressions armées, l’entrée illégale de mineurs et la convocation des propriétaires par la Régie des alcools, des courses et des jeux.
- Wm. Notman & Son Ltd., 1932 — « Salon funéraire de Joseph C. Wray, rue de la Montagne, Montréal ». Négatif sur film à gélatine argentique (sels d’argent sur film), 19,9 × 25 cm. Archives photographiques Notman, Musée McCord (No d’objet : VIEW-25239). Photographie montrant le salon funéraire de Joseph C. Wray sur la rue de la Montagne au début des années 1930, documentant l’usage funéraire du bâtiment plusieurs décennies avant sa transformation en discothèque. Crédit : Achat rendu possible grâce à des fonds de Maclean’s, de la Maxwell Cummings Family Foundation et de Empire-Universal Films Ltd. Collection du Musée McCord — Non exposé.
-
Armand Trottier, 8 avril 1979 —
Dossier photographique :
« Congrès libéral fédéral dans le comté de Saint-Jean » /
« Discothèque le “1234”, rue de la Montagne ».
Le dossier comprend une série de photographies illustrant deux reportages distincts :
un congrès du Parti libéral fédéral dans le comté de Saint-Jean, ainsi qu’un reportage
consacré à la discothèque le 1234, située sur la rue de la Montagne à Montréal.
Les images montrent notamment Paul-André Massé et Jacques Rancourt
dans le contexte du reportage lié au Club 1234.
Référence archivistique : P833, S5, D1979-0142
Fonds : La Presse
Lieu de conservation : Archives nationales à Montréal (BAnQ) Le dossier comprend 17 fichiers photographiques. - The Gazette, 9 juillet 1979 — « Ted Blackman: He made Montreal into a disco city ». Article décrivant l’essor de la vie nocturne montréalaise, la culture disco, la dynamique des foules et la réputation internationale de la ville à la fin des années 1970.
- Télé-Radiomonde, 19 septembre 1982 — « Membre de Village People : il fait le trajet New York–Montréal en moto pour un disque ». Reportage sur la venue de Glenn Hughes (Village People) à la discothèque 1234 pour le lancement de l’album Fox on the Box. L’événement, diffusé en direct dans l’émission « 5 à 10 live » de CKMF (animée par Guy Aubry), a rassemblé plus de 600 personnes. Plusieurs artistes étaient présents, dont The Flirts, Thierry Pastor, Freddie James, Chantal (duo Vogue) et Chris Mills. L’article confirme le rôle du 1234 comme plateforme médiatique et lieu de promotion internationale au début des années 1980.
- The Gazette, Montreal, July 9, 1979 — Ted Blackman, “He made Montreal into a disco city”. Chronique décrivant la fréquentation du Club 1234 par des célébrités, dont Guy Lafleur (« chic » avec un sac en crocodile), Omar Sharif, ainsi que des mannequins, producteurs et figures du milieu mondain. Le texte présente le 1234 comme une scène sociale de prestige, où se croisent sport, cinéma, mode et nightlife.
- The Gazette, August 15, 1979, p. 3 — Ted Blackman, “Psssst! These men are gossip kings”. Article sur les chroniqueurs et animateurs de la scène mondaine montréalaise (Tommy Schnurmacher, Michel Girouard, Douglas Leopold, John Burgess). Le texte souligne les conflits d’intérêts entre journalisme, relations publiques et animation d’événements, notamment au Club 1234, pour lequel certains travaillent comme animateurs ou publicistes.
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Crédit photo — Hugo Trottier, photographie prise au Club 1234 (Montréal).
Signalement : image d’archive associée au lieu, utile pour documenter l’ambiance, le décor et/ou la clientèle du 1234. -
MONTREAL.TV, 25 mai 2013 —
« Fermeture du Club 1234 : bienvenue au 5 ».
Signalement : annonce de la fermeture du Club 1234 situé au 1234, rue de la Montagne; mention de MC Mario comme DJ et copropriétaire; présentation du nouveau projet “5”, conçu autour de cinq pôles (restaurant, lounge, bistro, bar, terrasse); ouverture prévue au début de l’été 2013. -
MTL BLOG, 15 octobre 2021 — Ilana Belfer,
« Club Le CINQ Will Become A Japanese Steakhouse & Supper Club ».
Signalement : annonce de la reconversion du Club Le CINQ, dernier avatar en date de l’ancien Club 1234, en restaurant japonais et supper club nommé Geisha; projet porté par le Jegantic Hospitality Group (fondateur : John E. Gumbley); ouverture annoncée comme « coming soon » à l’hiver suivant; rappel explicite de l’adresse 1234, rue de la Montagne. -
HAUNTED MONTREAL, 2022 —
article consacré au restaurant Yoko Luna et à l’histoire antérieure du bâtiment
du 1234, rue de la Montagne.
Signalement : texte évoquant le passé funéraire du site (ancien salon funéraire), la succession d’établissements nocturnes et un imaginaire associé aux « lieux hantés »; témoignages rapportés d’employés mentionnant des phénomènes inexpliqués (courants d’air froid, musique ancienne, odeurs, sifflements) et affirmation de rituels d’exorcisme réalisés avant l’ouverture de Yoko Luna. Ces éléments relèvent du registre narratif et folklorique et ne constituent pas des faits historiquement vérifiables.






