Hôtel Nelson (Montréal)
Héritier de l’ancien Hôtel Jacques-Cartier du XIXᵉ siècle, l’Hôtel Nelson est relancé au début des années 1970 comme un lieu de rencontre culturel au cœur d’un Vieux-Montréal en pleine transformation. Avec L’Évêché, aménagé dès 1971 dans la Salle Bonsecours, il devient de 1972 à 1982 un pôle majeur de la chanson, du folk, du rock progressif et du punk.
1. Du Jacques-Cartier au Nelson
Situé au 417–425, place Jacques-Cartier, dans le Vieux-Montréal, l’Hôtel Nelson s’inscrit dans une continuité urbaine où l’hôtellerie, le commerce et les lieux de sociabilité se superposent depuis le milieu du XIXe siècle. Dès cette période, l’adresse est associée à un établissement hôtelier d’envergure — l’Hôtel Jacques-Cartier — régulièrement présenté dans la presse comme l’un des plus beaux hôtels canadiens-français de Montréal, idéalement situé au cœur de la place Jacques-Cartier, alors décrite comme le véritable centre des affaires de la ville. 1
Un article détaillé publié dans L’Union nationale en juillet 1866 dresse un portrait particulièrement éloquent de l’établissement. Propriété de M. Béliveau et construit par Amable Cyprien Prévost, l’hôtel est décrit comme une vaste bâtisse de quatre étages et demi déployée sur une longue façade du côté est de la place. Son architecture est qualifiée de « simple et imposante », offrant un magnifique coup d’œil depuis l’espace public, tandis que l’intérieur, jugé à la hauteur de l’extérieur, se distingue par la qualité de l’ameublement, la distribution des appartements et le confort général. 94
Le même article insiste sur les attributs d’un hôtel de première classe : salons de réception, salle à dîner située au second étage et environ 50 chambres meublées de façon « commode, propre et parfaitement convenable ». La table et les vins sont explicitement salués, et le maître d’hôtel, M. Béliveau, est présenté comme l’un des hôteliers les plus accomplis du Canada, renforçant l’image d’un établissement destiné à une clientèle exigeante, nationale comme internationale. 94
Cette position stratégique — à deux pas des débarcadères des bateaux à vapeur de la compagnie du Richelieu — rattache directement l’Hôtel Jacques-Cartier aux circuits commerciaux du port et aux flux de voyageurs, de marchands et d’hommes d’affaires qui structurent le Vieux-Montréal du XIXe siècle. La place Jacques-Cartier est alors décrite comme un espace ouvert et animé, en contraste avec les rues étroites avoisinantes, contribuant pleinement au prestige et à l’attractivité de l’hôtel. 94
Les données issues de l’Inventaire du patrimoine bâti de la Ville de Montréal permettent de préciser l’évolution architecturale de l’édifice. Construit en 1865 par le marchand Amable Cyprien Prévost, sur des terrains acquis dès 1856, l’immeuble adopte dès l’origine une volumétrie imposante de quatre étages et demi, coiffée d’un toit brisé, et construite en pierre grise de Montréal (calcaire). Il est vraisemblablement relié à la même période à une annexe arrière plus ancienne, érigée vers 1857, formant un ensemble hôtelier et commercial cohérent au cœur de la place Jacques-Cartier. 96
Occupé dès l’origine par des commerces au rez-de-chaussée (épicerie et pharmacie) et par l’Hôtel Jacques-Cartier aux étages, l’édifice conserve majoritairement cette vocation mixte jusqu’à la fin du XXe siècle, à l’exception de la période 1875–1880, durant laquelle il accueille les bureaux de la Grand Tronc Railway Company. L’immeuble demeure aux mains de la famille Prévost jusqu’en 1927, avant de passer sous le contrôle de la famille Benoît, qui en assure l’exploitation hôtelière pendant plusieurs décennies. 96
La chronologie des appellations, telle qu’elle apparaît dans la Collection d’annuaires Lovell de Montréal, reflète ces transitions. L’établissement porte le nom d’ Hôtel Jacques-Cartier de 1866 à 1917, devient Hôtel Roy, propriété de Joseph Roy, de 1918 à 1927, reprend ensuite l’enseigne Hôtel Jacques-Cartier de 1928 à 1941, avant d’adopter définitivement l’appellation Hôtel Nelson à partir de 1941. 3
Contrairement à une interprétation longtemps associée à la statue de la place Jacques-Cartier, le nom Hôtel Nelson ne renvoie pas à l’amiral britannique, mais bien à Wolfred Nelson, médecin, patriote et maire de Montréal en 1854. Cette appellation ancre symboliquement l’établissement dans l’histoire politique et civique montréalaise, tout en inscrivant le bâtiment dans une continuité mémorielle propre au Vieux-Montréal. 96
Un siècle plus tard, ce passé prestigieux sert de toile de fond à la relance du lieu. En novembre 1971, La Patrie publie un reportage et rappelle qu’à l’origine, l’établissement accueille des marchands étrangers, notamment européens, arrivant par bateau avec leurs malles et s’installant pour des séjours prolongés, inscrivant l’hôtel dans une continuité directe avec les usages commerciaux du XIXe siècle. 3
Dans ce récit, l’hôtel apparaît comme un « vieux » lieu réinvesti par une nouvelle génération. La Patrie insiste sur la volonté affirmée de transformer l’hôtel de la place Jacques-Cartier en lieu de rendez-vous pour les jeunes, tout en soulignant qu’il ne sera pas « vendu aux Américains ». Cette bascule — de l’hôtel traditionnel vers un espace de fréquentation, de sorties et bientôt de programmation culturelle — annonce directement l’essor du Nelson comme acteur central de la vie nocturne et musicale du Vieux-Montréal au cours des années 1970. 3
« Une vie nouvelle anime le vieil hôtel Nelson. »
2. 1971–1972 : relance culturelle, Salle Bonsecours → L’Évêché
À l’automne 1971, plusieurs articles de presse annoncent explicitement que l’Hôtel Nelson est engagé dans une phase de transformation active, tant sur le plan de l’aménagement intérieur que de la programmation artistique. Avant même l’ouverture officielle de la nouvelle boîte à chanson, l’établissement est décrit comme un lieu « en mouvement », où rénovations, changements de gestion et nouvelles ambitions culturelles convergent.4
Le reportage de La Patrie (18 novembre 1971) précise le profil et la logique de cette relance. Pierre Benoît (présenté comme 29 ans) est décrit comme l’artisan du redémarrage, après une expérience au sein du réseau Hilton : le texte mentionne qu’il a travaillé dans les hôtels Hilton du Canada, à Montréal, à Dorval et à Vancouver, après des études en administration. Le retour à Montréal est raconté comme un choix d’enracinement (« être chez soi, avec les siens ») et comme une prise de relève assumée, annoncée au père par une lettre « au printemps dernier ».3
Dans la même veine, La Patrie insiste sur l’aspect générationnel et entrepreneurial du projet : « trois jeunes gens » quittent des « situations brillantes » pour relancer l’hôtel dans le Vieux-Montréal, « parce qu’ils croient au quartier » et parce qu’ils veulent « être leurs propres patrons ». Déjà, selon le reportage, ils ont transformé les 72 chambres en leur donnant « du cachet »; l’article note aussi un détail révélateur de la nouvelle clientèle : ces chambres sont occupées par plusieurs étudiants, « des jeunes musiciens en majorité », dans un climat décrit comme « bien sympathique ». 3
Le reportage dresse enfin la liste des chantiers envisagés et des usages projetés, ce qui situe la relance au-delà d’une simple salle de spectacles : « les projets ne manquent pas ». Dans cette perspective, l’ouverture d’« une boîte pour Raymond Lévesque » apparaît comme un premier jalon, immédiatement accompagné d’autres ambitions : l’idée d’une patinoire « cet hiver » dans la cour intérieure, ainsi que des projets de restaurant, de terrasse et de cave. Ce programme d’aménagements décrit un hôtel appelé à devenir un milieu de vie et un pôle de fréquentation durable, où l’offre culturelle se combine à des fonctions de rencontre et de sociabilité.3
Dès le 9 octobre 1971, la presse spécialisée évoque l’arrivée d’un nouveau responsable de salle et annonce des rénovations touchant la décoration, l’ambiance et le personnel, avec l’objectif affirmé de faire entendre de la « vraie musique » dans le Vieux-Montréal. Les spectacles sont alors proposés sans frais d’entrée, les vendredis et samedis soirs, signalant une volonté claire de repositionner l’hôtel comme un lieu de fréquentation culturelle accessible.5
À la fin d’octobre, Raymond Lévesque, auteur-compositeur-interprète montréalais figure centrale de la chanson québécoise, est déjà associé publiquement à l’Hôtel Nelson. Un article du Petit Journal annonce son dernier spectacle avant une nouvelle étape de sa carrière, présenté à l’hôtel le 30 octobre 1971. Le texte précise que cette transition s’effectue en collaboration avec Pierre Benoit et Bill Prickett, administrateurs du Nelson, confirmant que l’implantation de Lévesque dans le Vieux-Montréal est alors pleinement assumée.6
Les jours qui précèdent l’ouverture de la nouvelle boîte à chanson sont marqués par une intense activité médiatique. Une conférence de presse tenue à l’Hôtel Nelson est relayée tant par la presse francophone que par la presse anglophone, laquelle annonce l’ouverture d’une nouvelle boîte à chanson au cœur du Vieux-Montréal. Parmi les personnes interviewées figurent Raymond Lévesque ainsi que des acteurs associés à l’établissement, attestant du caractère structuré et concerté du projet.7
Les notices publiées au début de novembre 1971 précisent un point crucial, afin d’éviter toute confusion : Lévesque « déménage » au Nelson dans la Salle Bonsecours, espace interne de l’hôtel appelé à devenir une salle de spectacles. Dans la même séquence, le projet est annoncé comme une nouvelle boîte à chanson devant ouvrir le 12 novembre 1971, et dont la première revue, intitulée « Law and Order », doit « prendre l’affiche » à compter du 18 novembre. Autrement dit, Salle Bonsecours désigne d’abord le lieu (la salle de l’hôtel), alors que L’Évêché désigne la boîte à chanson qui y est aménagée et nommée publiquement (liée, dès l’origine, aux revues et à l’identité scénique de Raymond Lévesque). 13,14
Dans plusieurs portraits publiés entre novembre 1971 et janvier 1972, Raymond Lévesque présente explicitement le Vieux-Montréal — et l’Hôtel Nelson en particulier — comme un lieu propice à une parole libre, satirique et engagée. Il évoque le désir de faire du quartier un espace rappelant l’atmosphère de Montmartre, où chansons, monologues et écrits peuvent circuler dans un cadre intime, à l’écart des grandes salles institutionnelles. 8
Cette vision culturelle, portée par Lévesque mais rendue possible par la transformation du Nelson, s’inscrit dans un contexte plus large de réappropriation du Vieux-Montréal par une clientèle jeune et artistique. À l’image d’autres établissements émergents autour de la place Jacques-Cartier, l’Hôtel Nelson devient l’un des points d’ancrage d’une nouvelle vie nocturne et culturelle au début des années 1970.9
À la fin de l’année 1971, la presse populaire souligne l’ampleur du succès rencontré par les spectacles présentés à l’Hôtel Nelson. Un reportage du Photo-Journal évoque une salle « à craquer », au point où un relationniste doit refuser du public faute de places disponibles. Le texte compare explicitement ce triomphe à celui que Raymond Lévesque avait connu auparavant à La Butte à Mathieu, suggérant que le repositionnement place Jacques-Cartier s’avère non seulement audacieux, mais pleinement efficace.12
Parallèlement à la chanson et aux revues satiriques, l’Hôtel Nelson élargit sa vocation culturelle. À l’hiver 1971–1972, la presse note la tenue de soirées consacrées au jazz libre, notamment avec la présentation hebdomadaire du Quatuor de Jazz libre du Québec. Cette programmation contribue à installer le Nelson comme lieu de rencontre et de circulation artistique au cœur du quartier.16
Au début de 1972, la programmation se précise : Télé-radiomonde indique que Raymond Lévesque, « depuis peu installé à L’Évêché », une boîte située dans les locaux de l’Hôtel Nelson, y présente sa seconde revue le 10 janvier 1972. Intitulée « Québec sait fausser », elle met notamment en vedette, aux côtés de Lévesque, l’imitateur Denis Gobeil et se veut une satire du monde politique et artistique; l’article précise qu’elle doit tenir l’affiche pendant deux mois.10
En octobre 1972, la chronique « B. Spec » de La Presse illustre la manière dont L’Évêché est pensé comme un moteur de saison froide : l’article évoque l’ouverture « des portes de l’Évêché », et décrit une formule où, les jeudis, vendredis, samedis et dimanches, des chansonniers débutants se produisent à 21 h, suivis, vers 22 h, de Raymond Lévesque lui-même. Le même texte mentionne même l’idée d’un concours et d’un éventuel « Prix Raymond Lévesque », signe de l’association forte entre la salle et l’identité artistique de Lévesque.18
Les sources de 1972 montrent enfin que les espaces internes de l’hôtel peuvent aussi servir de cadre à des événements spéciaux associés à la présence de Lévesque. Une brève annonce un souper-spectacle prévu le 3 août, où une bourse de 500 $ doit être remise à Raymond Lévesque par le Groupe des peintres kébécois. Fait important pour la terminologie : cette notice emploie encore l’expression Salle Bonsecours, alors même que le nom public L’Évêché circule déjà; ce glissement souligne la coexistence, dans la presse, de la désignation architecturale (Salle Bonsecours) et de la désignation culturelle (L’Évêché). 15
Dans la même séquence estivale, Télé-radiomonde publie un reportage illustré sur une célébration tenue à L’Évêché, décrite comme se déroulant à l’Hôtel Nelson, et présentée comme un moment marquant de la vie publique entourant Lévesque. Cette couverture contribue à documenter le Nelson non seulement comme lieu de diffusion, mais aussi comme site de sociabilité et de reconnaissance autour de la chanson et du monologue québécois au début des années 1970.17
Dans cette perspective, la Salle Bonsecours apparaît comme un espace pivot : attestée dès la fin des années 1950 comme salle de repas et de banquets, elle offre un précédent fonctionnel qui aide à comprendre comment l’hôtel peut, au début des années 1970, soutenir à la fois des spectacles, des lancements et des événements de type réception. À partir de 1971–1972, c’est toutefois le nom L’Évêché qui sert à désigner publiquement la salle en tant que boîte à chanson — et ce nom demeure fortement arrimé à la présence de Raymond Lévesque dans l’imaginaire médiatique de l’établissement. 11,13,14,18
L’appellation L’Évêché est généralement comprise comme un clin d’œil à Raymond Lévesque (qui structure alors l’identité, le ton et la notoriété de la boîte). 19
3. 1974 : Harmonium annoncé, Beau Dommage appelé d’urgence
Une partie de la mémoire du Nelson (et de L’Évêché) se cristallise autour d’un épisode devenu quasi fondateur, raconté rétrospectivement dans la presse : en 1974, le groupe Harmonium est attendu à L’Évêché, mais un spectacle est annulé pour cause de maladie. Pour éviter un « trou » au programme, l’équipe appelle à la dernière minute un autre groupe, alors encore peu connu : Beau Dommage. 20
« Quatre mois après la parution de son premier microsillon, Harmonium bénéficie déjà d’un noyau de fans particulièrement solide, réuni à L’Évêché de l’Hôtel Nelson pour une série de spectacles. Toutefois, à la dernière minute, la représentation du 26 juin 1974 doit être annulée en raison de problèmes de santé touchant l’un des membres du groupe. Le public ignore alors qu’un jeune groupe encore sans contrat de disque s’apprête à monter sur scène en remplacement. Tandis que les instruments sont installés, Michel Rivard prend la parole, à la fois pour s’excuser au nom d’Harmonium et pour présenter Beau Dommage. »
Le récit insiste sur l’effet d’entraînement : le remplacement se fait « à pied levé », puis une nouvelle annulation force un second remplacement; entre-temps, l’attroupement à la porte grossit, jusqu’à donner l’image d’un groupe « lancé » par la situation — un moment où la rumeur, la foule et le lieu travaillent ensemble. Dans cette lecture, L’Évêché apparaît comme un dispositif de lancement : une salle à l’échelle humaine, une clientèle attentive, un bouche-à-oreille immédiat, et la capacité d’un événement imprévu à devenir un basculement. 20
Dans la trame mémorielle, l’épisode fait plus que relier deux groupes : il ancre le Nelson dans une histoire de passages (un groupe « attendu », un autre « appelé »), et dans une histoire du risque (l’annulation, l’urgence, l’imprévu), où une salle devient l’outil concret qui transforme un contretemps en accélérateur. 20
4. Autour de L’Évêché : résidences, soirées, artistes (1972–1974)
Au-delà des revues de Raymond Lévesque, la presse et les rappels rétrospectifs permettent de documenter L’Évêché (Hôtel Nelson) comme un lieu de résidences, de lancements et de séjours prolongés : des artistes s’y installent, des formules se rodent, et le Nelson sert de point d’ancrage au cœur du Vieux-Montréal.
4.1. Offenbach : un lancement d’album au Nelson (20 juillet 1972)
Parmi les jalons les plus explicites, des sources rappellent que le lancement de l’album Offenbach Soap Opera a lieu le 20 juillet 1972 à l’Hôtel Nelson. 25
Une source rétrospective dans La Presse (1993) revient sur la période et renforce l’idée que le Nelson s’inscrit alors dans un écosystème de scène : un lieu de passage, de fréquentation et de médiatisation, où certains événements (dont le lancement) prennent valeur de marqueur. 26
4.2. Caramel Mou : une résidence de longue durée (492 spectacles)
Un article souligne la trajectoire du groupe Caramel Mou et évoque une période où, après une expérience à L’Imprévu, le groupe décroche huit mois à L’Évêché (Hôtel Nelson), pour un cumul de 492 spectacles au même endroit — une donnée rare qui illustre la cadence et l’endurance des formules « boîte à chanson » à cette époque. 21
4.3. Une soirée d’adieu annoncée pour Raymond Lévesque (début 1974)
À la fin de 1973, un entrefilet annonce que Daniel Rousseau, présenté comme imprésario de Raymond Lévesque, prépare à l’Hôtel Nelson une soirée d’adieu (prévue « au début janvier »), en amont d’un départ pour Paris. Le texte mentionne aussi la participation d’artistes invités (dont Pauline Julien et Claude Michaud) et situe le projet parisien dans le registre des boîtes à chansons. 22
4.4. Alan Gerber à L’Évêché : retours et « show » au Nelson (octobre 1974)
À l’automne 1974, la presse annonce la présence de Alan Gerber « à L’Évêché » : une semaine de spectacles au Nelson, et un rappel de sa relation antérieure au lieu (séjour à Montréal, retours, enregistrements et circulation bilingue). 23
4.5. Lewis Furey : une série de spectacles à L’Évêché (1972–1973)
Dans un article consacré au film Fantastica (1980), un rappel biographique indique que c’est notamment grâce à une série de spectacles donnée à L’Évêché (Hôtel Nelson), en 1972–1973, que Lewis Furey se fait reconnaître comme auteur-compositeur-interprète « du jour au lendemain ». Ce type de mention tardive documente la manière dont le Nelson demeure, des années plus tard, un repère explicatif dans des trajectoires artistiques. 24
4.6. Harmonium à l’Hôtel Nelson — résidence et reconnaissance critique (juin 1974)
À la fin de juin 1974, le groupe Harmonium s’installe à L’Évêché de l’Hôtel Nelson pour une série soutenue de représentations, marquant l’une de ses premières résidences montréalaises dans un cadre intimiste du Vieux-Montréal. Les registres de concerts attestent de plusieurs soirs consécutifs, parfois à raison de deux représentations par soirée, du 24 au 28 juin 1974.
Cette présence prolongée s’inscrit dans une période charnière pour le trio, alors en pleine ascension après le succès inattendu de son premier microsillon. Alors que plusieurs maisons de disques montréalaises avaient initialement décliné le projet, Harmonium bénéficie d’un bouche-à-oreille favorable et d’un intérêt croissant du public, attiré par une proposition musicale fondée sur l’atmosphère, la douceur et la cohésion sonore.
Dans Le Devoir, le critique Yves Taschereau décrit Harmonium comme un groupe « à suivre », soulignant le caractère singulier de son approche scénique : un spectacle peu démonstratif, axé sur la création d’un climat plutôt que sur la virtuosité ou l’adresse directe au public. Le chant de Serge Fiori, souvent posé, contribue à cette esthétique contemplative, où les paroles servent avant tout à soutenir une ambiance musicale.
La presse anglophone se montre plus réservée. Dans The Gazette, Bill Mann reconnaît que le groupe attire une salle comble, mais reproche à Harmonium une certaine uniformité sonore et une tendance à l’introspection, évoquant une musique qui « ne choque ni n’exalte ». Cette réception contrastée témoigne néanmoins de l’impact réel du groupe sur le public montréalais, bien au-delà du seul cercle critique.
À L’Évêché, le dispositif scénique demeure minimal : Harmonium se produit assis, dans une posture volontairement décontractée, favorisant l’écoute attentive et la proximité. L’ajout ponctuel d’éléments visuels et d’interventions scéniques en première partie — notamment des performances de type mime — s’inscrit dans la logique expérimentale du lieu, sans détourner l’attention du cœur musical du spectacle.
Rétrospectivement, cette résidence de juin 1974 à l’Hôtel Nelson apparaît comme un moment structurant : elle confirme la capacité de L’Évêché à accueillir des projets émergents sur la durée et à offrir un espace propice à l’écoute, tandis qu’elle contribue à asseoir Harmonium comme l’un des nouveaux pôles de la chanson québécoise des années 1970.
5. Beau Dommage à l’Hôtel Nelson : la scène comme révélateur (1974–1975)
À la fin de 1974, l’Hôtel Nelson, par l’entremise de sa salle de spectacles L’Évêché, joue un rôle central dans l’émergence publique de Beau Dommage. Les archives de presse contemporaines montrent que le Nelson ne constitue pas un simple lieu de passage, mais un espace de révélation, où un groupe encore peu connu accède à une reconnaissance médiatique, professionnelle et symbolique.
Un article de L’Œil régional (18 décembre 1974) décrit l’effet immédiat produit par le groupe : « une chanson, deux chansons, et puis une troisième, ça y est on est pris ». Le texte insiste sur la dimension collective de Beau Dommage — « quatre gars et une fille » — et sur la justesse de leur écriture, présentée comme profondément ancrée dans le quotidien montréalais. Cette réception enthousiaste s’inscrit dans un contexte précis : Beau Dommage est alors annoncé à L’Évêché de l’Hôtel Nelson du 17 au 29 décembre 1974, confirmant que la salle sert de point de contact direct entre le groupe et un public élargi.
La même chronique souligne que l’industrie est déjà en mouvement : les postes de radio diffusent abondamment les chansons du groupe, et le microsillon vient tout juste de paraître sous étiquette Capitol. Dans ce dispositif, L’Évêché apparaît comme un espace-charnière, reliant diffusion scénique, exposition médiatique et mise en circulation discographique.
Cette fonction est explicitement confirmée par Pop Jeunesse (11 janvier 1975), qui décrit le lancement du premier album de Beau Dommage comme un événement médiatique structuré : « un cocktail de presse », « un lancement de disque », « la révélation d’un groupe ». L’article précise que Beau Dommage « présentait aux gens de la presse quelques compositions » sur la scène de l’Hôtel Nelson, attestant que la salle est utilisée comme vitrine professionnelle, pensée pour les journalistes, les programmateurs et les acteurs de l’industrie.
Pop Jeunesse insiste également sur la nature même du groupe : cinq troubadours de la ville, chantant Montréal, ses rues, ses quartiers et sa vie quotidienne. Le texte souligne que « l’album et les chansons ne forment qu’un tout », et que la force du groupe réside dans cette cohérence, perçue et validée publiquement lors de ses apparitions au Nelson.
Une photographie datée du 9 décembre 1974 documente précisément ce moment fondateur : on y voit Pierre Bertrand, Robert Léger, Pierre Huet, Marie-Michèle Desrosiers, Réal Desrosiers et Michel Rivard réunis à l’occasion du lancement du premier album, tenu explicitement à l’Hôtel Nelson. L’image confirme que le lieu ne sert pas seulement de scène, mais aussi de cadre symbolique à l’entrée officielle du groupe dans l’espace public.
À travers ces sources contemporaines, l’Hôtel Nelson apparaît ainsi comme un dispositif de légitimation : un lieu où un groupe passe du statut de découverte locale à celui d’acteur reconnu du paysage musical québécois. La salle de L’Évêché permet la rencontre entre artistes, médias et industrie, transformant la performance scénique en événement fondateur.
Dans le cas de Beau Dommage, le Nelson n’est ni un décor neutre ni un simple arrêt de tournée. Il est le lieu où « l’ange est passé », pour reprendre les mots de la chronique, et où « une musique est née » — au croisement de la scène, du disque et de la reconnaissance publique. 43,44,45
5.1 Octobre à l’Hôtel Nelson — poésie électrique et conscience urbaine (1975)
Au milieu des années 1970, le groupe Octobre s’impose comme l’une des formations les plus singulières de la scène montréalaise, et l’Hôtel Nelson devient l’un de ses lieux d’ancrage. Entre chanson, rock, jazz et spoken word, Octobre y développe une esthétique profondément urbaine, poétique et politique, en phase directe avec l’atmosphère intellectuelle et nocturne du Vieux-Montréal de l’époque.
Mené par Pierre Flynn, entouré notamment de Jean Dorais, Mario Légaré et Pierre Hébert, Octobre refuse les formats faciles. Le groupe explore des structures ouvertes, mêle guitares acoustiques, rythmes empruntés au blues et au jazz, et privilégie des textes denses, souvent sombres, marqués par l’angoisse existentielle, la critique sociale et une sensibilité littéraire assumée. Dans ce contexte, l’Hôtel Nelson apparaît comme un espace idéal : un lieu d’écoute, de proximité et de résonance intellectuelle.
En octobre 1975, Octobre procède au lancement de son troisième microsillon, Survivance, lors d’une conférence de presse tenue dans l’atmosphère enfumée de l’Hôtel Nelson. L’album, entièrement composé par Pierre Flynn, confirme l’orientation grave et introspective du groupe. Plusieurs personnalités du milieu culturel, dont Robert Charlebois, assistent à l’événement, soulignant la reconnaissance acquise par Octobre au sein du paysage musical québécois. 98
La presse rappelle alors que, quelques jours auparavant, Octobre a battu des records d’assistance lors de sa série de spectacles à l’Hôtel Nelson, témoignant d’un lien fort entre le groupe et ce lieu. Les prestations y sont décrites comme intenses, parfois inconfortables, mais toujours habitées, Octobre y refusant toute complaisance, tant musicale que textuelle. 98
Rétrospectivement, Pierre Flynn décrira Octobre comme un groupe incapable de « revenir en arrière », refusant la nostalgie et les redites. Cette posture explique en partie pourquoi l’expérience Octobre au Nelson s’inscrit moins dans la continuité du Beau Dommage des débuts que dans une tension permanente entre création, lucidité et désenchantement. 99
À l’Hôtel Nelson, Octobre incarne ainsi une autre facette de la scène québécoise des années 1970 : celle d’une musique littéraire, nerveuse et inquiète, qui observe la ville, ses marges et ses contradictions. Le Nelson, en accueillant le groupe, confirme son rôle de lieu capable d’absorber non seulement la chanson populaire, mais aussi ses formes les plus exigeantes et les plus radicales.
6. Francine Loyer — une architecte discrète de L’Évêché (1973–1977)
Parmi les figures clés associées à l’Hôtel Nelson au milieu des années 1970, Francine Loyer occupe une place déterminante, longtemps sous-estimée dans les récits institutionnels. Présentée tour à tour comme responsable des spectacles, directrice artistique ou bookeuse, elle est pourtant décrite par la presse comme la personne qui structure, anime et professionnalise la programmation de L’Évêché après la période fondatrice associée à Raymond Lévesque. 27,28,29
Dès 1973, Francine Loyer est identifiée comme une présence quotidienne au Nelson, en contact direct avec les artistes, les gérants, les journalistes et les représentants de maisons de disques. Plusieurs sources soulignent qu’elle assure les bookings de la salle, gère les horaires, négocie les cachets et accompagne les artistes dans une logique de développement de carrière plutôt que de simple diffusion ponctuelle. 30,31
Un portrait publié dans The Montreal Star en septembre 1976 qualifie explicitement L’Évêché de « showcase club » comparable au Troubadour de Los Angeles ou au Bottom Line de New York, et précise que Francine Loyer y « handles bookings ». Le texte insiste sur le rôle stratégique du Nelson comme station de lancement nord-américaine pour des artistes cherchant à dépasser le circuit local, et note que le public y inclut régulièrement des gens de l’industrie, des médias et des représentants de labels. 32
« L’Évêché fonctionne comme une véritable salle-vitrine pour les nouveaux talents, comparable au Troubadour de Los Angeles ou au Bottom Line de New York — et Francine Loyer y assure les engagements (bookings). »
Au printemps 1976, une chronique de The Gazette permet d’élargir le champ : Francine Loyer y apparaît aussi comme manageuse / agente (au sens de représentation) auprès de groupes associés à la scène rock québécoise du moment, dans un contexte où les managers tentent de faire franchir aux formations locales le cap du circuit provincial. 33
« Si une formation ne peut jouer qu’en français, que peut-elle faire après quelques tournées de la province ? Beaucoup de groupes finissent par se séparer parce qu’ils n’ont simplement nulle part où aller. »
Cette perspective — faire circuler les artistes au-delà du seul « circuit local » — éclaire la fonction de plaque tournante que les sources attribuent à L’Évêché. Dans un article rétrospectif consacré à Offenbach, la chronique Avant de m’en aller évoque l’environnement du Nelson comme espace de médiation, où se croisent musiciens, réseaux, et acteurs de l’industrie. 26
Son influence dépasse toutefois le seul cadre de L’Évêché. Un article de La Presse (1983), consacré à Nanette Workman, indique explicitement que Francine Loyer s’occupe de sa carrière, et situe ce travail dans une logique d’accompagnement — « à son propre rythme » — au-delà des artifices promotionnels. 34
Après L’Évêché, Francine Loyer est également associée à la mise en place et à la programmation du O’National, nouvelle salle de spectacles montréalaise annoncée à la fin de 1976. Ce passage contribue à documenter une continuité : d’une salle « incubateur » au Nelson vers une autre salle structurante, au moment où le réseau des lieux de diffusion se reconfigure. 35
Son influence dépasse largement le cadre d’un seul genre. La programmation de L’Évêché sous Francine Loyer alterne rock, folk, chanson, jazz et même musique classique, comme en témoignent les « lundis classiques » mentionnés dans Le Devoir à l’automne 1977. Cette ouverture contribue à transformer la salle en laboratoire de formes, plutôt qu’en boîte spécialisée. 31
Plusieurs critiques soulignent également que l’arrivée de Francine Loyer marque une mutation identitaire de L’Évêché : d’une « scène de parole » associée aux revues satiriques, la salle devient progressivement une scène rock et pop, fréquentée par une clientèle plus jeune, sans pour autant rompre avec son héritage chansonniers. Un article de La Presse note ainsi que « depuis son arrivée, la salle a changé de visage ». 29
En novembre 1975, la presse jeunesse souligne déjà l’intensité d’une saison « bien chargée » autour de l’Hôtel Nelson, confirmant son rôle de point de rencontre des musiciens québécois à l’approche de l’hiver — dans une perspective où le lieu est perçu comme actif, visible et branché sur les réseaux de promotion montréalais. 36
Après son passage au Nelson, Francine Loyer poursuivra un parcours marquant dans l’écosystème musical québécois — notamment comme parolière et gestionnaire artistique — mais les sources concordent pour situer à L’Évêché de l’Hôtel Nelson l’un de ses rôles fondateurs : celui d’une médiatrice entre artistes émergents, lieux de diffusion et industrie, à un moment charnière de l’histoire musicale montréalaise.
Dans cette perspective, Francine Loyer apparaît comme l’une des chevilles ouvrières invisibles du Nelson : moins associée à une image ou à un nom de scène, mais essentielle à la transformation de l’hôtel en véritable incubateur culturel au milieu des années 1970.
7. 1974 : « place la plus cool »… puis lieu surveillé — fêtes, police et contre-culture
En 1974, l’Hôtel Nelson apparaît dans la presse comme un point de friction révélateur du Vieux-Montréal : d’un côté, un quartier où l’on cherche à encadrer des rassemblements publics; de l’autre, un territoire de sorties où l’animation se déplace parfois à l’intérieur des établissements plutôt que sur la place. Dans un reportage de La Presse consacré aux « incidents du Vieux-Montréal », le journaliste note qu’alors que le secteur n’a « rien organisé » (sinon des barricades), un écho de musique se fait tout de même entendre : celui du Ville-Emard Blues Band, décrit comme jouant « dans l’enceinte intérieure » de l’Hôtel Nelson. Le contraste est appuyé : sur la place Jacques-Cartier, « pas de musique », sinon « la rumeur » et le bruit des fêtards. 37
Au même moment, la revue Mainmise (octobre 1974) donne à lire une perception issue de la sphère underground : l’Hôtel Nelson y est évoqué comme un lieu auparavant associé à une forte attractivité (« l’une des places les plus cool de Montréal »), mais désormais ciblé par une attention policière accrue. Le texte relie explicitement la question des drogues à des mesures de contrôle : il indique que, « depuis le début de septembre », il ne serait « plus » possible d’y consommer, et situe cette évolution dans un contexte où une unité de la police de Montréal est affectée à ce « problème de la drogue ». 38
« Depuis le début de septembre on ne peut plus consommer à l’hôtel Nelson (… c’était l’une des places les plus cool de Montréal). »
Ces deux regards — la presse généraliste d’un côté, la presse contre-culturelle de l’autre — ne racontent pas la même chose, mais convergent sur un point : en 1974, le Nelson se lit à la fois comme refuge sonore (musique « à l’intérieur » quand l’espace public se tend) et comme lieu scruté, où l’atmosphère des sorties du Vieux-Montréal rencontre les enjeux de surveillance et de répression liés aux substances. 37,38
Un article de presse en 1975 souligne que L’Évêché, à l’Hôtel Nelson, fait peau neuve en misant d’abord sur la qualité sonore, avec une sonorisation professionnelle pensée pour la musique et le confort d’écoute plutôt que pour le simple décor. Conçu comme un lieu intime, ouvert et techniquement soigné, L’Évêché affirme ainsi sa volonté de devenir un espace essentiel pour la nouvelle génération de musiciens et d’auditeurs québécois. 82
8. Wilma Ghezzi — directrice, bookeuse et co-productrice (1977–1978)
À partir de 1977, plusieurs sources convergent pour identifier Wilma Ghezzi comme l’une des figures déterminantes de L’Évêché (Hôtel Nelson) dans sa phase « showcase / show-biz » : elle y est décrite tantôt comme directrice, tantôt comme booking agent / responsable des engagements, et apparaît rapidement au cœur d’un dispositif de production plus large qui relie L’Évêché et El Casino. 48,49,50
8.1. « Wilma dirige » : prise en main visible de L’Évêché (automne 1977)
À l’automne 1977, Pop jeunesse rock présente explicitement Wilma Ghezzi comme la personne qui « dirige » alors L’Évêché, dans un reportage comparant la rentrée de trois salles (L’Évêché, L’Outremont, L’Imprévu). La légende d’une photographie l’identifie même comme « actuelle directrice de l’Évêché », signalant une fonction assumée publiquement au moment où la salle élargit son rayonnement et sa programmation. 48
8.2. Une « contrepartie » au Nelson : coopération avec l’équipe de L’Imprévu (octobre 1977)
Un texte de la chronique Cityscape (The Montreal Star) offre un éclairage précieux sur la mécanique des bookings dans le Vieux-Montréal : André Tremblay, directeur artistique de l’Hôtel Iroquois (L’Imprévu), y raconte avoir pris contact avec Wilma Ghezzi, décrite comme sa « newly arrived counterpart at the Nelson ». L’échange mène à une entente pragmatique : partager la sélection des artistes (prometteurs vs valeurs sûres) et même collaborer en publicité — indice d’un marché local où la concurrence se double d’alliances ponctuelles. 49
« …he introduced himself to Wilma Ghezzi… “we even collaborate on advertising.” »
8.3. « Booking agent » (au moins depuis 1975–1977) : ancrage dans le réseau show-biz
Une autre mention anglophone (The Montreal Star, décembre 1977) situe Wilma Ghezzi dans une temporalité plus longue : le texte la décrit comme booking agent du club de l’Hôtel Nelson « depuis deux ans ». Cette indication suggère que son implication dans les engagements du Nelson pourrait remonter vers 1975, ou qu’elle est, à tout le moins, perçue en 1977 comme une professionnelle déjà installée dans ce rôle. 50
8.4. Luna Arts Inc., El Casino + L’Évêché : une machine à spectacles (hiver 1978)
Au début de 1978, The Montreal Star indique que Wilma Ghezzi et Claude Lusignan deviennent partenaires au sein de Luna Arts Inc., la structure associée à une importante capacité de production : l’entreprise aurait contracté la présentation de 240 shows « between now and June » à El Casino, et de 624 more shows au « Nelson’s eveche club ». 51
Du côté de Pop jeunesse rock (janvier 1978), Wilma Ghezzi est également décrite comme co-responsable (avec Claude Lusignan) de la production de spectacles à L’Évêché et à El Casino, dans un contexte où le « groupe du 407 » (bureau/équipe) sert de pivot organisationnel. La page brosse aussi un profil de Wilma Ghezzi (parcours, expériences médiatiques, réseaux), tout en l’inscrivant dans une stratégie de programmation structurée. 52,53
8.5. « La femme derrière L’Évêché » : image publique et programmation (printemps 1978)
Le portrait « La femme derrière l’Évêché » (mai 1978) formalise cette visibilité : Wilma Ghezzi y apparaît comme l’interlocutrice principale de la salle, associée à une programmation mêlant scène québécoise, humour et têtes d’affiche de passage. La page documente aussi, noir sur blanc, l’orientation « show-biz » de L’Évêché à la fin des années 1970, au moment où l’établissement fonctionne comme plateforme de diffusion et outil de mise en marché (presse, événements, série de dates). 54
Ensemble, ces sources permettent d’ajouter au récit du Nelson une couche essentielle : après la phase fondatrice associée à Raymond Lévesque, L’Évêché s’inscrit, sous Wilma Ghezzi (et ses partenaires), dans un modèle d’exploitation intensif — bookings, ententes inter-salles, production en volume — où la salle du Vieux-Montréal agit comme nœud entre les artistes, les médias, les équipes de gérance et les circuits de spectacles. 49,51,54
9. Tout chaud, tout show — revues musicales, François Guy et l’émergence de Marjo (1975–1977)
À la fin de l’année 1975, la salle de L’Évêché, logée à l’intérieur de l’Hôtel Nelson, s’impose comme un véritable laboratoire de formes hybrides, à la frontière du spectacle musical, du théâtre et de la revue. C’est dans ce contexte que le créateur et metteur en scène François Guy y lance la série de revues Tout chaud, tout show, appelées à marquer durablement la scène montréalaise. 49
Présentée à partir du 30 décembre 1975, la revue inaugure la saison hivernale 1976 avec une formule ambitieuse : numéros chantés, sketches, humour visuel, poésie scénique et musiciens en direct s’y succèdent dans une esthétique volontairement éclatée. La presse souligne l’audace du projet et la vitalité retrouvée de la salle, qualifiant la programmation de « chaude », inventive et résolument contemporaine. 49
François Guy s’entoure d’une équipe élargie de musiciens, d’interprètes et de chanteuses, transformant L’Évêché en un espace de formation, d’expérimentation et de révélation. L’Hôtel Nelson devient ainsi un point de passage stratégique pour une nouvelle génération d’artistes.
9.1 Marjo à L’Évêché — une entrée fondatrice
Parmi les interprètes engagées dans Tout chaud, tout show figure Marjolène Morin, alors encore inconnue du grand public. En 1975, elle est recrutée par François Guy comme choriste et interprète dans deux revues montées à L’Évêché, Tout chaud, tout show puis L’Île en ville. Cette expérience constitue sa première exposition professionnelle majeure sur une scène montréalaise reconnue. 52
Les témoignages rétrospectifs soulignent que c’est précisément à l’Hôtel Nelson, au contact de François Guy et de cette scène effervescente, que Marjo effectue un basculement artistique décisif. D’abord choriste, elle est encouragée à chanter davantage, amorçant une trajectoire qui la mènera, quelques années plus tard, à devenir la voix emblématique du groupe Corbeau. 53
Les revues de François Guy jouent ainsi un rôle structurant : elles servent de pépinière artistique, offrant à de jeunes interprètes — notamment des femmes — un espace de visibilité, d’apprentissage et d’affirmation scénique.
9.2 Aut’Chose à L’Évêché — la poésie en état de choc
À L’Évêché de l’Hôtel Nelson, Aut’Chose, mené par Lucien Francoeur, s’impose comme un phénomène de spectacle. L’agressivité poétique du frontman électrise un public venu « au droit » de cette parole brute et incarnée. 92
Francoeur « ne chante pas » au sens traditionnel : il crie, hurle, martèle le rythme et théâtralise ses textes, soutenu par des musiciens solides, dont un pianiste particulièrement remarqué, renforçant l’impact scénique et sonore de la prestation. 92
9.3 L’Hôtel Nelson comme incubateur culturel
À travers Tout chaud, tout show et les spectacles d’Aut’Chose, l’Hôtel Nelson confirme une fonction déjà amorcée au début des années 1970 : celle d’un carrefour culturel où se croisent chansonniers, créateurs de revues et figures émergentes du rock québécois. L’Évêché s’inscrit pleinement dans la dynamique de renouvellement du spectacle vivant montréalais de l’après-Expo.
9.4 1977 — L’Hôtel Nelson au cœur des tensions du milieu musical
En 1977, l’Hôtel Nelson apparaît dans la presse comme un lieu où se cristallisent les tensions traversant le milieu professionnel des musiciens à Montréal.
Un article du 17 décembre 1977 dans The Montreal Star, intitulé « Rebellion in the ranks of the Guild », décrit un climat de contestation opposant artistes, salles indépendantes et organisation syndicale.
Le reportage mentionne directement Nelson’s Èvêché Club, au cœur d’un conflit lié à la tentative d’annulation d’un concert du groupe britannique The Vibrators, exigée par la Montreal Federation of Musicians.
« On ne peut pas me dire que je ne fais pas ma part pour les musiciens du Québec. L’Évêché a respecté toutes les règles. The Vibrators ont joué à Toronto et à Ottawa sans problème. Puis, vendredi, on reçoit un télégramme de la Guilde disant : “Arrêtez le spectacle.” Je n’allais pas arrêter le spectacle. Je soutiens les musiciens du Québec — tout le monde le sait —, mais je ne peux pas faire jouer Offenbach pendant deux mois. Pas parce qu’ils ne sont pas bons, mais parce qu’il faut présenter quelque chose de différent de temps en temps. »
Cet épisode confirme le rôle de L’Évêché comme lieu clé de diffusion, mais aussi comme espace de confrontation entre création indépendante, logiques syndicales et ouverture internationale à la fin des années 1970. 55
10. Lou Reed à L’Évêché — une escale mythique au cœur du Vieux-Montréal (mai 1978)
En mai 1978, L’Évêché de l’Hôtel Nelson accueille l’un des épisodes les plus marquants de son histoire : deux soirées consécutives de Lou Reed, figure centrale du rock new-yorkais et ancien leader du Velvet Underground. À contre-courant des tournées d’arénas et des grandes salles, Reed choisit volontairement l’intimité de L’Évêché pour sa première escale montréalaise à la suite de la sortie de Street Hassle. 56
La presse souligne immédiatement le caractère exceptionnel et inattendu de cette décision. Dans Le Devoir, Nathalie Petrowski décrit une salle surchauffée, bondée, où se presse une foule hétéroclite — habitués du jet underground, curieux, fidèles de Reed — attirée par ce qui apparaît déjà comme un événement en marge du circuit commercial. Reed ne vient pas « faire la promotion » au sens classique, mais tester le rapport direct entre sa musique et un public rassemblé à très courte distance de la scène. 57
Le magazine Pop jeunesse rock parle de « deux soirs à L’Évêché » et insiste sur la tension palpable qui règne dans la salle : retards, attentes fébriles, public compacté dès l’ouverture des portes, puis une entrée en scène sans emphase. Reed apparaît fermé, concentré, presque hostile, mais impose rapidement un climat hypnotique, alternant morceaux abrasifs et silences lourds. 58
« Lou Reed est un gars fondamentalement impoli. Il monte sur scène comme s’il allait prendre un bain, évite de saluer la foule tout en la lorgnant de son œil torve comme quelqu’un à qui il ne fait pas le moindrement confiance… Malgré le côté résolument méchant et pervers de la démarche, Reed réussit par je-ne-sais-quel subterfuge à nous faire saisir l’authenticité de la blessure ouverte qu’il chante… »
Dans Québec rock, Marc Desjardins inscrit ces concerts dans une lecture plus large du passage de Lou Reed à Montréal, décrivant L’Évêché comme un lieu parfaitement adapté à son univers : un espace brut, sombre, urbain, en résonance directe avec le Bowery new-yorkais et les clubs du Lower East Side. L’article évoque une prestation oscillant entre violence contenue, ironie sèche et moments de grâce, divisant volontairement le public. 59
The Montreal Star insiste pour sa part sur l’intensité physique de l’expérience, rappelant que Reed joue à L’Évêché comme il ne pourrait le faire dans une grande salle : proximité extrême, volume écrasant, regards directs, absence totale de concessions. Le journaliste note que Reed affirme explicitement préférer ce type de lieu à des salles « trop propres », confirmant le statut de L’Évêché comme club de légende pour artistes internationaux exigeants. 60
Ces deux soirées consacrent définitivement L’Évêché / Hôtel Nelson comme point d’ancrage montréalais du rock international à la fin des années 1970. Le passage de Lou Reed — imprévisible, clivant, intransigeant — incarne l’ADN du lieu : une salle prête à accueillir des artistes majeurs hors des formats dominants, et à assumer pleinement le risque artistique.
Rétrospectivement, les concerts de Lou Reed à L’Évêché figurent parmi les moments les plus souvent cités lorsqu’il est question de la capacité du Nelson à faire dialoguer Montréal avec les grandes capitales culturelles du rock, sans jamais renoncer à son échelle humaine.
RAYMOND LÉVESQUE, OFFENBACH, HARMONIUM, BEAU DOMMAGE, ALAN GERBER, LEWIS FUREY, QUINCHAMALI, LES MOANSTONE, RANDY BISHOP, JESSE WINCHESTER, DIONNE-BRÉGENT, BACK DOOR BLUES BAND, OCTOBRE, VILLE-ÉMARD BLUES BAND, JIM & BERTRAND, CONTRACTION, ELLEN MCILWAINE, BRUCE MILLER, MANEIGE, RAOUL DUGUAY, MACK, RENÉE CLAUDE, IAN TYSON, RAY MATERICK, TOUBABOU, LE MATCH, CARAMEL MOU, PLUME LATRAVERSE, TONY ROMAN, POLLEN, AUT'CHOSE, MORSE CODE, ZACHARY RICHARD, SLOCHE,CAPITAINE NÔ, MICHEL PAGLIARO, CANO, PAUL ET PAUL, CONVENTUM, DIONYSOS, ET CETERA, ROBERT PAQUETTE, LE TEMPS, BARDE, RED MITCHELL, LUCIEN FRANCOEUR, WALTER ROSSI, GILBERT MONTAGNE, NANETTE WORKMAN, TOM JACQUES RIVEST, DIANE TELL, LOU REED, MAMA BÉA, JACQUES BLAIS, FRANCIS CABREL, GILLES VALLIQUETTE, DAVID BLUE, CORBEAU, GASTON MANDEVILLE, GENEVIÈVE PARIS, JIM CORCORAN, ROGER WALLS, JIM ZELLER, KAREN YOUNG, BOULE NOIRE.
11. Punk, Vieux-Montréal et le Nelson Grill — une scène en marge (1977–1980)
À la fin des années 1970, l’Hôtel Nelson ne se limite plus à L’Évêché comme salle de diffusion. Son espace de restauration, le Nelson Grill, et plus précisément la petite scène du lounge, devient un lieu névralgique de sociabilité musicale dans le Vieux-Montréal. À la différence des salles structurées, le Grill fonctionne comme un espace ouvert, bruyant et perméable à la rue, propice à l’émergence de pratiques associées au punk, au rock brut et aux musiques alternatives, à la marge des circuits institutionnels. 61
Dans un long dossier publié dans Québec Rock à l’été 1979, le Vieux-Montréal est décrit comme une véritable « omanie musicale », où se côtoient punk, rock, folk, disco, blues, jazz et musique classique. Le Nelson Grill y est explicitement mentionné comme un lieu où l’on peut entendre du rock et du punk, parfois sept jours sur sept, dans une atmosphère décontractée, imprévisible et directement branchée sur la place Jacques-Cartier. 62
Le même article souligne que le Grill devient un point de ralliement informel pour les jeunes musiciens, les punks, les artistes de passage et les noctambules, à une époque où la scène montréalaise cherche des espaces hors normes et hors reconnaissance officielle. Le Nelson Grill y est décrit comme une porte d’entrée de la « nouvelle vague », plus rude, plus spontanée, et affranchie des codes du spectacle traditionnel. 63
Plusieurs témoignages recueillis dans Québec Rock vont jusqu’à qualifier explicitement le lieu de « Grill Nelson comme boîte punk ». Sans programmation rigide, la salle fonctionne comme un espace d’échange : on y rencontre de nouveaux visages, on y partage des idées, on y improvise. Le Grill prolonge ainsi la logique de L’Évêché, mais dans une version plus quotidienne, plus abrasive et profondément ancrée dans la rue. 64
La cristallisation de cette scène est indissociable d’un personnage clé : John von Aichinger, surnommé « Spike », figure charismatique et véritable ambassadeur du cool. Issu d’une famille d’origine autrichienne dont la lignée remonte au IXe siècle et apparentée à Ludwig III de Bavière, Spike est décrit par ses contemporains comme un « prince du punk ». Le surnom lui est donné par Dave Rosenberg, du groupe punk montréalais The Chromosomes. 65
C’est Spike qui ouvre et anime la petite scène punk du Nelson Grill. Selon son propre témoignage, la transformation du lieu n’est pas immédiate : il lui faut d’abord évacuer l’ancienne clientèle, principalement composée de motards, avant de pouvoir organiser un premier concert. Une fois l’espace conquis, il y présente trois spectacles par semaine, chaque semaine, jusqu’en juin 1978. 66
« Ce n’était pas une salle “officielle”, ni un projet de carrière : c’était un refuge. Le Nelson Grill a donné au punk montréalais un lieu pour exister avant même de savoir ce qu’il allait devenir. »
Bien que Spike n’ait géré la scène du Nelson Grill que pendant environ trois mois, ces quelques semaines s’avèrent fondatrices pour la scène punk montréalaise. Le Grill devient un lieu où l’on peut aller, sortir, rencontrer, expérimenter et grandir comme artiste punk. Plusieurs acteurs de la première vague s’accordent à dire que, sans cet espace, le punk montréalais aurait pu être étouffé à sa naissance. 67
Cette effervescence s’inscrit dans un mouvement plus large, documenté rétrospectivement, où dès 1977, des lieux improvisés du Vieux-Montréal accueillent des foules punks et des groupes locaux comme The Chromosomes, dans une atmosphère de bière, de musique agressive et de rejet des normes dominantes. Ce terreau informel prépare directement l’émergence de lieux comme le Nelson Grill. 68
DANGER, THE VIBRATORS, ARSON, SCREAMERS, THE UNKNOWNS, THE NORMALS, THE CHROMOSOMES, THE EIGHTY'S, ULTERIOR MOTIVE, THE BLANKS, ANTI-NOWHERE LEAGUE, UK SUBS, THE 222's, THE VILETONES, ELECTRIC VOMIT, HEAVEN 17, THE MODS, ALAN LORD & THE BLUE GENES, LORNE RANGER, MEN WITHOUT HATS .
Ainsi, le Nelson Grill ne constitue pas une simple annexe de l’hôtel, mais un chaînon essentiel entre la scène chansonnière, le rock expérimental et la première vague punk montréalaise. Il incarne la capacité du Nelson à évoluer avec son époque, en accueillant des pratiques culturelles que peu d’institutions acceptent alors pleinement — contribuant durablement à transformer la scène musicale et sociale de Montréal.
12. Crise, réajustements et mutations — le Nelson à l’épreuve (1978–1980)
À partir de 1978, l’Hôtel Nelson entre dans une période d’instabilité économique aiguë qui affecte directement ses principaux pôles d’activité culturelle, notamment L’Évêché et le Nelson Grill. La presse fait état de difficultés financières persistantes, liées à l’exploitation coûteuse d’une programmation artistique soutenue dans un contexte de fréquentation irrégulière, particulièrement en semaine. 69
Dans un article publié par Montréal-Matin le 19 mai 1978, les copropriétaires de l’hôtel reconnaissent ouvertement que la formule de L’Évêché, fondée sur des spectacles à cachets élevés, n’est plus viable sans subventions publiques. Faute de réponse du ministère des Affaires culturelles, la fermeture est alors envisagée. 70
Afin d’éviter une cessation d’activités, la direction annonce un changement de formule à compter de la mi-juin 1978 : L’Évêché doit devenir un lieu dansant, ouvert jusqu’aux petites heures, avec une programmation musicale élargie et un droit d’entrée symbolique. Ce repositionnement vise à capter les soirs de fort achalandage, notamment les vendredis et samedis, et à maintenir l’hôtel comme pôle nocturne sur la place Jacques-Cartier. 71
Dans ce contexte de transition, le Nelson Grill acquiert une importance accrue. Déjà identifié par la presse comme un lieu informel de diffusion, il est réaménagé à la fin des années 1970 pour accueillir concerts, animations musicales et captations radiophoniques. En 1980, Radio-Canada FM y enregistre plusieurs spectacles, confirmant son rôle comme espace culturel polyvalent au sein de l’hôtel. 72
Parallèlement, la presse souligne que les difficultés du Nelson s’inscrivent dans un contexte plus large de crise immobilière et de réticence des institutions financières à investir dans l’arrondissement historique du Vieux-Montréal. Malgré la fréquentation et la notoriété du lieu, l’exploitation combinée de l’hôtel, des salles de spectacles et des services de restauration ne suffit plus à prévenir l’accumulation d’une dette évaluée à environ 800 000 $. 73
1979 — Le virage « auberge » et l’intervention des institutions
Dans ce contexte critique, l’année 1979 marque un tournant stratégique. L’établissement se repositionne explicitement comme une auberge — parfois désignée comme Auberge de l’Amiral ou Hostel Nelson — offrant des chambres à prix modiques et se présentant comme un lieu de passage et de rencontre, notamment pour les jeunes voyageurs, musiciens et acteurs de la scène culturelle. 7576
Cette nouvelle orientation s’accompagne d’une restructuration financière majeure. Les propriétaires cèdent à la fondation Héritage Canada la maison voisine de l’hôtel, située sur la place Jacques-Cartier, pour la somme de 200 000 $, afin d’en permettre la restauration patrimoniale. Dans un second temps, ils obtiennent de la Banque fédérale de développement un prêt de 200 000 $, remboursable sur seize ans — une intervention alors présentée comme une percée significative pour le financement du patrimoine bâti dans le Vieux-Montréal. 77
Pour assurer la continuité des opérations, l’exploitation des chambres est confiée à une société privée sans but lucratif, administrée selon les méthodes des auberges de jeunesse internationales. Les revenus générés par cette activité sont destinés à soutenir la restauration de l’immeuble et à améliorer les services offerts aux voyageurs, tout en maintenant une activité culturelle minimale au cœur de l’hôtel.
Ces années de crise et de réajustement marquent un moment charnière dans l’histoire du Nelson. Sans effacer l’héritage culturel des décennies précédentes, elles annoncent la fin d’une période d’expérimentation intense, où chanson, folk, jazz, rock et punk cohabitaient dans un fragile équilibre entre création artistique et survie économique.
13. Le Transit — tenter la relève du Nelson (1980–début des années 1980)
À l’automne 1980, dans la continuité des réajustements économiques amorcés à la fin de la décennie précédente, l’Hôtel Nelson inaugure une nouvelle formule culturelle sous le nom de Le Transit. Présenté dans la presse comme le lieu appelé à prendre la relève du Nelson des années 1970, le Transit ne correspond pas à un changement de propriété, mais à une reconfiguration symbolique et fonctionnelle de l’offre existante. 74
Comme l’écrit Nathalie Petrowski, le Nelson — « celui qui immortalisa les nuits montréalaises au milieu des années 1970 dans les derniers retranchements de la place Jacques-Cartier » — renaît sous une nouvelle appellation, destinée à rassurer ceux qui redoutent la disparition d’un lieu devenu mythique. D’importants travaux, évalués à près de 50 000 $, transforment l’ancien Nelson Grill, désormais privé de son bar, en une salle intermédiaire d’environ 300 places, dotée d’une scène et d’un système complet de son et d’éclairage. 74
La programmation du Transit est confiée à André-Bernard Tremblay, ancien responsable de L’Imprévu, qu’il quitte afin de se consacrer entièrement à l’implantation du nouveau projet. Figure reconnue du milieu du spectacle, Tremblay s’est imposé au cours des années 1970 comme un acteur central de la diffusion des artistes émergents, cumulant des fonctions en relations publiques, gestion d’artistes et direction artistique. À L’Imprévu, qu’il dirige artistiquement à partir de février 1976, il contribue à faire de la salle un véritable tremplin pour la relève, rôle pour lequel il reçoit une mention spéciale du jury lors des « Annuelles » de l’émission L’heure de pointe. 100
Contrairement aux années fastes du Nelson, le Transit ne mise plus sur les grandes vedettes, mais sur les artistes de la relève, québécois et internationaux, dans une approche volontairement plus souple et économiquement réaliste. Le modèle retenu repose sur des prix d’entrée modestes — généralement entre 3 $ et 5 $ —, des cachets réduits et un choix laissé aux artistes entre un montant fixe ou un partage des recettes de la porte. Cette formule vise explicitement à éviter les dérives financières ayant mené à la fermeture de plusieurs salles montréalaises, notamment le El Casino et le Pretzel Enchaîné. 74
La direction reconnaît toutefois la fragilité de l’entreprise : sans les « gros noms » capables de remplir une salle à eux seuls, la survie du Transit demeure incertaine. Les mois suivant l’ouverture sont décrits comme décisifs, le lieu pouvant devenir soit « le passage éphémère et transitoire d’une salle inutile », soit la réponse à un véritable besoin culturel dans le Vieux-Montréal. 74
En ce sens, le nom même de Transit agit comme un programme : lieu de passage, d’essai et de recomposition, il assume pleinement le risque de l’échec autant que celui de devenir « la salle que tout le monde attend depuis longtemps ». Plus qu’une rupture, le Transit apparaît ainsi comme une tentative de stabilisation, prolongeant l’histoire du Nelson non par la nostalgie, mais par une réinvention lucide face aux réalités économiques et culturelles du début des années 1980.
Au-delà de sa programmation, l’Hôtel Nelson s’inscrit dans un moment précis de réappropriation informelle du Vieux-Montréal par une jeunesse en quête d’espaces alternatifs. Dans un quartier encore peu institutionnalisé, marqué par des bâtiments vacants, des rues peu animées en soirée et une forte marge de tolérance, le Nelson participe à une vie nocturne spontanée, expérimentale et non planifiée.
Fréquenter le Nelson dans les années 1970, c’est aussi aller “ailleurs” : sortir du centre-ville commercial, traverser un Vieux-Montréal encore en transition, et investir des lieux où musique, sociabilité et improvisation coexistent sans cadre institutionnel strict. Cette dynamique place le Nelson non pas comme une exception, mais comme l’un des nœuds actifs d’un écosystème culturel alors en formation.
La disparition progressive de cet esprit à la fin des années 1970 — sous l’effet combiné des contraintes économiques, des politiques patrimoniales et de la requalification touristique — explique en partie le caractère hautement mémoriel associé aujourd’hui au Nelson. Plus qu’un simple lieu de spectacles, il incarne pour toute une génération un moment de liberté culturelle désormais révolu.
13.1 Francis Cabrel à l’Hôtel Nelson : L’Évêché ou le Transit ?
Les 14 et 15 décembre 1981, Francis Cabrel est de passage à Montréal pour une série de représentations à l’Hôtel Nelson, dans le cadre du spectacle Pour quelques chansons, présenté comme une rencontre « du Québec et de France » réunissant Cabrel avec Pierre Bertrand (ex-Beau Dommage) et Gilles Valiquette, avec la participation de Luc Gilbert 83,84,85.
Les sources contemporaines ne sont toutefois pas unanimes quant à la salle exacte ayant accueilli ces représentations. Plusieurs articles et annonces situent explicitement le spectacle à L’Évêché, décrit comme un lieu rouvert spécialement pour l’occasion, à la veille de sa fermeture annoncée à la fin décembre 8386,87. D’autres textes, publiés a posteriori, évoquent plutôt un passage de Cabrel au Transit, salle voisine du même complexe hôtelier 88,90.
Cette ambiguïté s’explique par le contexte particulier de l’Hôtel Nelson à la fin de 1981. L’Évêché et le Transit coexistent alors comme espaces distincts mais complémentaires, parfois utilisés de façon souple ou interchangeable dans le discours médiatique. Il est également possible que certaines parties du projet — répétitions, rencontres informelles ou prolongements du spectacle — aient eu lieu au Transit, contribuant à la confusion dans les sources ultérieures.
Quoi qu’il en soit, l’ensemble des textes converge sur un point essentiel : le passage de Francis Cabrel à l’Hôtel Nelson constitue un moment déclencheur pour la formule collective Bertrand–Valiquette. Plusieurs articles de 1982 rappellent que les réactions très positives suscitées par cette rencontre ont mené directement à la mise en place de leur spectacle commun au Transit, au printemps suivant 88,89,90.
Épilogue — Le dernier concert connu de l’Hôtel Nelson
À la lumière des sources actuellement recensées, le concert des UK Subs, accompagnés d’Anti-Nowhere League, présenté le 9 mars 1982 à l’Hôtel Nelson, apparaît comme le dernier concert documenté tenu dans l’établissement avant l’arrêt définitif de sa programmation musicale. Cette date tardive, postérieure aux dernières activités connues de L’Évêché, du Nelson Grill et du Transit, marque symboliquement la fin d’un cycle pour le Nelson, passé en quelques années de lieu phare de la chanson et des rencontres franco-québécoises à escale ponctuelle pour des tournées punk britanniques 91.
14. Du Nelson au Jardin Nelson — patrimonialisation et continuité (années 1980 à aujourd’hui)
À partir du début des années 1980, l’Hôtel Nelson cesse progressivement d’être un moteur actif de création musicale pour s’inscrire dans une dynamique de stabilisation commerciale et de mise en valeur patrimoniale du Vieux-Montréal. Cette transition s’inscrit dans un mouvement plus large de requalification urbaine de la place Jacques-Cartier, où les usages culturels nocturnes laissent graduellement place aux fonctions touristiques, résidentielles et de restauration. 78
Les espaces autrefois consacrés à la diffusion musicale — L’Évêché, le Nelson Grill, puis Le Transit — ne disparaissent pas brutalement, mais sont réaffectés selon une logique de pérennité économique. La musique, centrale dans les années 1970, devient progressivement un élément d’ambiance, subordonné à l’expérience gastronomique, à l’animation diurne de la place et à l’attractivité touristique du secteur. 78
Cette mutation s’accompagne d’un processus de patrimonialisation active du bâti. À la fin des années 1970, des acteurs spécialisés, dont Héritage Canada, interviennent directement dans la restauration et la mise en valeur d’immeubles adjacents à l’Hôtel Nelson, contribuant à transformer un ancien secteur de diffusion culturelle en un ensemble patrimonial cohérent. 97
Un jalon essentiel de cette transformation est l’intégration de la Maison Parthenais-Perrault II, aussi connue sous le nom de Maison-Cartier (407–413, place Jacques-Cartier), édifice construit en 1812 et occupé très tôt par des fonctions d’auberge et de taverne. Acquise en 1979 par Héritage Canada, restaurée en 1980 puis revendue en 1981 à des intérêts liés à l’Hôtel Nelson, la maison devient un restaurant patrimonial avant d’être intégrée, au tournant du XXIe siècle, à l’ensemble du Jardin Nelson. 97
Cette maison-magasin, désignée en 1982 comme Lieu historique national de la Maison-Cartier, constitue l’un des piliers architecturaux et symboliques du Jardin Nelson contemporain. Elle témoigne d’une continuité d’usage remarquable : depuis plus de deux siècles, le site demeure un lieu d’accueil, de sociabilité et de consommation publique, malgré des mutations profondes de ses fonctions culturelles. 97
Dans ce contexte, l’enseigne Jardin Nelson s’impose durablement comme restaurant-terrasse emblématique du Vieux-Montréal. Si le lieu conserve une ambiance animée et conviviale, il ne propose plus de programmation musicale structurée comparable à celle qui faisait, dans les années 1970, la réputation du Nelson comme incubateur culturel. 79
Cette évolution marque une rupture fonctionnelle, mais non une disparition symbolique. Le Jardin Nelson occupe un site composite, issu de l’agrégation de bâtiments anciens — hôtel, maison-magasin, taverne — dont les usages se sont succédé sans effacer entièrement la mémoire du lieu.
Dans une perspective historique, le Nelson illustre un phénomène récurrent dans le Vieux-Montréal : celui d’anciens lieux de création, devenus avec le temps des espaces patrimonialisés, où l’histoire culturelle survit davantage par l’archive, le bâti et le récit que par la pratique artistique elle-même. 78
Ainsi, le passage du Nelson au Jardin Nelson ne doit pas être interprété comme une fin, mais comme une mutation d’usage. Après avoir été hôtel de première classe, boîte à chanson, salle rock, lieu punk, espace jazz et laboratoire de formes, le site devient un lieu de sociabilité patrimoniale, inscrit dans l’économie touristique contemporaine, tout en demeurant porteur d’un héritage culturel majeur pour l’histoire musicale de Montréal.
Notes & sources
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LA MINERVE, 9 février 1866 — avis « A louer » (Hôtel Jacques Cartier).
Signalement : annonce un « grand et splendide hôtel » situé du côté nord de la place Jacques-Cartier; mentionne 50 chambres, deux salons de réception, caves à vin, garde-manger, glacier; indique une localisation « près des débarcadères des bateaux-à-vapeur » et « dans la place des affaires »; hôtel chauffé à la vapeur; contact : Amable Prévost (268–270, rue St-Paul). -
L’UNION NATIONALE, 26 juillet 1866 — article « L’Hôtel Jacques-Cartier ».
Signalement : décrit l’hôtel de M. Béliveau sur la place Jacques-Cartier comme une vaste bâtisse à quatre étages, attribue la construction à Amable Prévost; mentionne salons, distribution des appartements, salle à dîner (au second) et environ 50 chambres; insiste sur le statut d’établissement de « première classe ». -
LA PATRIE, 18 novembre 1971 — Claude-Lyse Gagnon, « Une vie nouvelle anime le vieil hôtel Nelson » (reportage illustré).
Signalement : présente le Nelson comme un hôtel « après 130 ans d’histoire »; insiste sur la relance par Pierre Benoit (3e génération) et sur la volonté de faire du lieu un rendez-vous pour les jeunes; légende photo : « ne sera pas vendu aux Américains ». -
LE POLYSCOPE, 30 novembre 1971 — « Nouveauté à l’Hôtel Nelson : L’Évêché ».
Signalement : article détaillant l’ouverture récente de la nouvelle salle, les projets de programmation, les transformations de l’espace et les ambitions culturelles associées à l’établissement. -
TÉLÉ-RADIOMONDE, 9 octobre 1971 — « Ça va barder à l’Hôtel Nelson ».
Signalement : annonce l’arrivée d’un nouveau gérant de salle, des rénovations touchant la décoration et l’ambiance, ainsi qu’une programmation musicale régulière sans frais d’entrée. -
LE PETIT JOURNAL, 28 octobre 1971, section Spectacle.
Signalement : annonce le dernier spectacle de Raymond Lévesque avant son installation durable au Vieux-Montréal; mention explicite de l’Hôtel Nelson et de la collaboration avec Pierre Benoit et Bill Prickett. -
THE MONTREAL STAR, 30 novembre 1971, p. 20.
Signalement : annonce une conférence de presse tenue à l’Hôtel Nelson à l’occasion de l’ouverture d’une nouvelle boîte à chanson, L’Évêché; mentionne des intervenants interviewés. -
LA TRIBUNE, 22 janvier 1972, cahier Variétés.
Signalement : portrait de Raymond Lévesque évoquant explicitement son désir de faire du Vieux-Montréal un quartier à l’ambiance de Montmartre et son ancrage à l’Hôtel Nelson. -
MONTRÉAL-MATIN, 14–21 novembre 1971 ; PHOTO-JOURNAL, 21 novembre 1971.
Signalement : reportages et photographies attestant de l’activité culturelle intense à l’Hôtel Nelson au moment de l’ouverture de L’Évêché, et de sa fréquentation par de nombreux artistes. -
TÉLÉ-RADIOMONDE, 22 janvier 1972 — « “Québec sait fausser” avec Raymond Lévesque ».
Signalement : précise que Lévesque est « depuis peu installé » à L’Évêché, boîte située dans les locaux de l’Hôtel Nelson; annonce la seconde revue (présentée le 10 janvier 1972), intitulée « Québec sait fausser », avec l’imitateur Denis Gobeil; indique une tenue de l’affiche d’environ deux mois et décrit la revue comme une satire du monde politique et artistique. -
MONTRÉAL-MATIN, 1er août 1958 — publicité « À la salle Bonsecours ».
Signalement : annonce commerciale présentant la Salle Bonsecours comme lieu de repas et de banquets à l’intérieur de l’Hôtel Nelson (425, place Jacques-Cartier); atteste l’existence et l’usage de la salle bien avant la reconversion culturelle des années 1970. -
PHOTO-JOURNAL, 26 décembre 1971 — « Un triomphe pour Raymond Lévesque à l’hôtel Nelson ».
Signalement : article soulignant le succès exceptionnel des spectacles présentés à l’Hôtel Nelson; mention d’une salle « à craquer », de refus d’entrée faute de places disponibles et comparaison explicite avec les succès antérieurs de Lévesque à La Butte à Mathieu. -
PHOTO-JOURNAL, 7 novembre 1971 — « Raymond Lévesque à l’hôtel Nelson » (notice/annonce).
Signalement : indique que Lévesque se fixe au Nelson et « déménage donc ses pénates » dans la Salle Bonsecours de l’hôtel; mentionne l’ouverture annoncée au 12 novembre 1971 et cite Pierre Benoit et Bill Prickett comme administrateurs de l’hôtel. -
QUÉBEC-PRESSE, 7 novembre 1971 — notice annonçant l’ouverture d’une nouvelle boîte à l’Hôtel Nelson.
Signalement : annonce la création d’une nouvelle boîte à chanson au Vieux-Montréal, située à l’Hôtel Nelson; précise que la première revue s’intitule « Law and Order » et doit « prendre l’affiche » à compter du 18 novembre 1971. -
QUÉBEC-PRESSE, 30 juillet 1972 — brève annonçant un événement à l’Hôtel Nelson.
Signalement : annonce qu’au cours d’un souper-spectacle prévu le 3 août, une bourse de 500 $ doit être remise à Raymond Lévesque; précise que l’événement doit avoir lieu à la Salle Bonsecours de l’Hôtel Nelson. -
PHOTO-JOURNAL, 12 décembre 1971 — chronique culturelle (brève).
Signalement : mention d’une programmation élargie à l’Hôtel Nelson; référence à la présentation du Quatuor de Jazz libre du Québec (soirées annoncées comme régulières). -
TÉLÉ-RADIOMONDE, 19 août 1972 — reportage illustré consacré à Raymond Lévesque.
Signalement : couverture d’un événement tenu à L’Évêché à l’Hôtel Nelson au cours de l’été 1972, documentant la dimension de réception/célébration associée à la présence de Lévesque dans le Vieux-Montréal. -
LA PRESSE, 19 octobre 1972, chronique « Variétés / La semaine » (B. Spec) — article comportant un encadré « Au Nelson; moitié jeunes, moitié Lévesque ».
Signalement : mentionne que l’Hôtel Nelson « a ouvert les portes de L’Évêché » pour la saison froide; décrit un horaire (jeudis, vendredis, samedis et dimanches) avec des chansonniers débutants à 21 h et Raymond Lévesque vers 22 h; évoque l’idée d’un concours et d’un possible « Prix Raymond Lévesque ». - Note de travail interne (interprétation / étymologie) — l’attribution « L’Évêché = clin d’œil à Raymond Lévesque » est conservée ici comme interprétation cohérente avec l’association étroite entre la salle et Lévesque (presse, programmation, projet de « Prix Raymond Lévesque »), mais gagnerait à être consolidée par une source explicitant l’origine du nom.
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LA PRESSE, 17 mai 2005, cahier Arts et spectacles — Marie-Christine Blais, « Un beau “Beau D’Hommage” » (article + photo).
Signalement : article rétrospectif (2005) situant le lancement du disque-hommage à Beau Dommage à l’hôtel Nelson (alors connu comme Les Jardins du Nelson); rappelle l’épisode « Harmonium annoncé puis annulation pour maladie », et le remplacement « à pied levé » par un groupe alors méconnu, Beau Dommage, contribuant à son lancement; la légende photo identifie plusieurs membres/associés (dont Michel Hinton, Pierre Bertrand, Réal Desrosiers, Robert Léger, Marie-Michèle Desrosiers, Michel Rivard, Pierre Huet). -
POP JEUNESSE, 15 décembre 1973 — article (Caramel Mou).
Signalement : mentionne qu’après une étape à L’Imprévu, Caramel Mou obtient une résidence à L’Évêché (Hôtel Nelson) pendant huit mois; donne un cumul de 492 spectacles au même endroit. -
MONTRÉAL-MATIN, 26 décembre 1973 — entrefilet (soirée annoncée au Nelson).
Signalement : annonce qu’une soirée d’adieu à Raymond Lévesque est préparée à l’hôtel Nelson (« au début janvier »), sous l’impulsion de Daniel Rousseau (imprésario); mentionne des artistes invités (dont Pauline Julien et Claude Michaud) et un départ pour Paris. -
LE DEVOIR, 16 octobre 1974 — article (Alan Gerber à L’Évêché).
Signalement : annonce la présence de Alan Gerber « à L’Évêché » (Hôtel Nelson) pour une semaine (jusqu’au 20 octobre); rappelle ses passages antérieurs à Montréal et mentionne des activités d’enregistrement et de diffusion bilingue. -
LE SOLEIL, 22 novembre 1980 — Louis-Guy Lemieux, article sur Fantastica (Carole Laure / Lewis Furey).
Signalement : rappel biographique indiquant qu’en 1972–1973, une série de spectacles de Lewis Furey à L’Évêché (Hôtel Nelson) contribue à l’installer comme auteur-compositeur-interprète. -
LA GAZETTE DE LA MAURICIE, septembre 2023, chronique musique — Michelle Dunn,
« Denis Boulet, l’étincelle du groupe Offenbach ».
Signalement : mention (source moderne / 2023) du lancement d’Offenbach Soap Opera le 20 juillet 1972 à l’Hôtel Nelson (Montréal). -
LA PRESSE, 6 avril 1993, cahier B, « Informations nationales » — Mario Roy,
« Avant de m’en aller » (chronique / récit rétrospectif autour de Gerry Boulet et de la période Offenbach).
Signalement : source rétrospective (1993) revenant sur la période et sur le rôle du Nelson comme lieu de scène et de circulation, incluant le contexte entourant le lancement d’Offenbach Soap Opera. -
MONTRÉAL-MATIN, 6 août 1976, Madeleine Fournier,
« Le Pancho sera plus jeune ».
Signalement : annonce l’arrivée de Francine Loyer comme nouvelle directrice de la boîte à chansons Le Pancho; précise qu’elle a auparavant rendu « plus que populaire » L’Évêché de l’Hôtel Nelson, confirmant son rôle central dans la programmation et la gestion artistique de la salle. -
LE DEVOIR, 31 mai 1975, p. 15,
« Clubs de nuit, clubs d’ennui… ».
Signalement : chronique mentionnant Francine Loyer parmi les figures clés associées aux boîtes du Vieux-Montréal; situe son activité à L’Évêché dans un contexte de renouvellement des lieux de diffusion et de professionnalisation du milieu. -
LA PRESSE, 13 décembre 1976, Pierre Beaulieu,
critique « Jeanne d’Arc Charlebois c’est plus que La Bolduc ».
Signalement : observe que L’Évêché de l’Hôtel Nelson a « changé depuis sa fondation »; mentionne Francine Loyer comme responsable des spectacles, associée au passage de la salle d’une scène de parole à une scène musicale rock et pop. -
LE DEVOIR, 1er septembre 1977, p. 8–9,
Nathalie Petrowski,
« À l’Évêché — Le party commence… ».
Signalement : article indiquant explicitement que Francine Loyer est responsable de la relance de la salle; décrit son rôle dans la programmation, la stratégie artistique et le repositionnement de L’Évêché comme scène musicale majeure. -
LE DEVOIR, 1er septembre 1977, p. 9,
rubrique Variétés — encadré « Évêché ».
Signalement : annonce la programmation automnale de L’Évêché, incluant rock, folk et « Les lundis classiques de l’Évêché »; témoigne de l’ouverture stylistique de la salle sous la direction de Francine Loyer. -
THE MONTREAL STAR, 18 septembre 1976, Brian Moore,
chronique Cityscape.
Signalement : décrit L’Évêché comme un « showcase club for new talent »; précise que Francine Loyer « handles bookings » pour la salle de l’Hôtel Nelson; insiste sur son rôle stratégique (repérage, circulation, fréquentation par industrie/médias). -
THE GAZETTE, 22 mai 1976, p. 39 — Juan Rodriguez, chronique « Rock & Pop »,
« Truce in Quebec rock rivalry should help everyone ».
Signalement : mentionne Francine Loyer dans un contexte de gestion / représentation de groupes; rapporte des propos sur les limites d’un circuit strictement provincial et les obstacles à la circulation au-delà du Québec. -
LA PRESSE, 16 février 1983, Jean Beaunoyer,
« Nanette Workman libre! » (Arts et spectacles / Variétés).
Signalement : indique qu’une autre femme, Francine Loyer, s’occupe de la carrière de Nanette Workman; situe cet accompagnement dans une logique de trajectoire « à son propre rythme ». -
LA PRESSE, 2 décembre 1976 — article annonçant l’ouverture / la mise en place du
O’National (nouvelle salle de spectacles).
Signalement : associe Francine Loyer à la programmation / à l’équipe de mise en route de la salle, dans la continuité d’un savoir-faire acquis à L’Évêché (Hôtel Nelson). -
POP JEUNESSE ROCK, 22 novembre 1975, Marie Lefebvre,
rubrique « Un automne bien chargé » — encadré/entrée « HOTEL NELSON ».
Signalement : présente l’Hôtel Nelson comme lieu de rencontre des musiciens québécois (saison très active), et souligne l’intensité de la programmation / de la circulation des artistes; mention d’un hiver annoncé comme « chargé ». -
LA PRESSE, 24 juin 1974, cahier A — Richard Chartier, « Seule ombre aux Fêtes, les incidents du Vieux-Montréal ».
Signalement : passage mentionnant le Ville-Emard Blues Band « dans l’enceinte intérieure de l’hôtel Nelson ». -
MAINMISE, octobre 1974, p. 41 (affichage BAnQ : p. 43/68) — Romain Rolland Vallée, « La dope : une nouvelle loi ! ».
Signalement : passage indiquant que, « depuis le début de septembre », on ne peut « plus consommer » à l’hôtel Nelson, qualifié d’« une des places les plus cool de Montréal »; met en relation ambiance, usages et contrôle policier. -
L’ŒIL RÉGIONAL, 18 décembre 1974, section Loisirs / Spectacles — Thérèse David,
« “Beau Dommage” en chansons c’est le coup de foudre ».
Signalement : chronique enthousiaste consacrée à Beau Dommage; décrit l’effet immédiat du groupe sur le public; mentionne explicitement que Beau Dommage sera à L’Évêché de l’Hôtel Nelson du 17 au 29 décembre; insiste sur la cohérence du groupe, la diffusion radiophonique en cours et la sortie récente du microsillon sous étiquette Capitol. -
POP JEUNESSE, 11 janvier 1975, p. 23,
« Beau Dommage ».
Signalement : article illustré présentant Beau Dommage à l’occasion d’un cocktail de presse et lancement de disque; précise que le groupe présente ses compositions sur la scène de l’Hôtel Nelson; décrit le groupe comme une révélation montréalaise et souligne la fonction médiatique et professionnelle de l’événement. -
Photographie de presse, 9 décembre 1974.
Signalement : photographie montrant Pierre Bertrand, Robert Léger, Pierre Huet, Marie-Michèle Desrosiers, Réal Desrosiers et Michel Rivard, identifiée comme le lancement du premier album de Beau Dommage à l’Hôtel Nelson (Montréal); document iconographique confirmant le rôle du Nelson comme lieu de lancement officiel et de légitimation publique. -
POP JEUNESSE ROCK, 29 octobre 1977 — Marc Desjardins, « Un automne en or — L’Évêché / L’Outremont / L’Imprévu » (photos : Cécile Lemire).
Signalement : présente L’Évêché (Hôtel Nelson) et indique : « C’est Wilma Ghezzi qui dirige à présent les destinées de l’Évêché »; légende photo : « Wilma Ghezzi, actuelle directrice de l’Évêché ». -
THE MONTREAL STAR, 22 octobre 1977, chronique Cityscape (page 145) — article mentionnant la coopération entre L’Imprévu (Hôtel Iroquois) et L’Évêché (Hôtel Nelson).
Signalement : André Tremblay (Hôtel Iroquois) évoque avoir rencontré Wilma Ghezzi, sa « counterpart » au Nelson; mention d’une collaboration sur la publicité et d’une logique de partage des bookings. -
THE MONTREAL STAR, 17 décembre 1977 — Matt Radz, article (conflit/organisation des musiciens; mention de L’Évêché).
Signalement : qualifie Wilma Ghezzi de booking agent pour le club de l’Hôtel Nelson « for the past two years » (indication de durée). -
THE MONTREAL STAR, 10 janvier 1978 (page 19) — brève annonçant des partenariats et volumes de spectacles.
Signalement : « Wilma Ghezzi and Claude Lusignan » deviennent partenaires dans Luna Arts Inc.; mention d’un contrat pour 240 shows (El Casino) et 624 autres à « Nelson’s eveche club ». -
POP JEUNESSE ROCK, 28 janvier 1978 — Jacques Landry, « Bonne chance au groupe du 407! » (reportage).
Signalement : associe Claude Lusignan et Wilma Ghezzi à la compagnie Luna Arts Inc. et à la production des spectacles à L’Évêché et El Casino; éléments biographiques et contexte show-biz. -
POP JEUNESSE ROCK, 28 janvier 1978 — Jacques Landry, « Super-Jam Session ’78 » (page 18).
Signalement : photographie/caption « Le groupe du 407 » (Wilma Ghezzi, Claude Lusignan, Diane St-Amand) et mention de la présentation de centaines de spectacles à L’Évêché / El Casino (formulation à citer précisément au besoin). -
POP JEUNESSE ROCK, 6 mai 1978 — Jacques Landry, « La femme derrière l’Évêché » (portrait + programmation).
Signalement : entretien/présentation de Wilma Ghezzi comme figure centrale de L’Évêché; documente l’image publique, la ligne artistique et une programmation datée (printemps 1978). -
VIE ET CULTURE, 29 décembre 1975, p. 19 —
« Un Évêché “tout chaud” commence l’hiver 1976 » (article illustré).
Signalement : annonce le lancement de la revue Tout chaud, tout show à L’Évêché (Hôtel Nelson) à compter du 30 décembre 1975; présente François Guy comme concepteur de la revue; décrit la formule (revue musicale, humour, chansons, musiciens en scène); identifie les interprètes principaux et situe la production comme ouverture de la saison hivernale 1976. -
MONTRÉAL-MATIN, 8 août 1976, cahier 2 —
notice « Circociel ».
Signalement : mentionne la présence prolongée de François Guy à L’Évêché de l’Hôtel Nelson « jusqu’à la fin août »; décrit la revue comme une production collective associant chant, poésie, humour et numéros visuels; confirme la continuité de la collaboration entre Guy et la salle. -
QUÉBEC ROCK, juin 1980, p. 34 — portrait de Marjolène Morin (Marjo).
Signalement : biographie illustrée indiquant qu’en 1976, Marjo habite chez François Guy et participe à Tout chaud, tout show à L’Évêché; précise que Guy l’encourage à chanter publiquement; situe cette expérience comme son entrée officielle dans le milieu rock montréalais. Crédit photo : Pierre Dury. -
LA TRIBUNE, 19 novembre 2005, cahier 9 —
« Le parcours d’une rockeuse » (chronologie Marjo).
Signalement : rappelle qu’en 1975, Marjo est engagée comme choriste dans deux revues montées par François Guy, dont Tout chaud, tout show; situe cette participation comme une étape fondatrice précédant son intégration au groupe Corbeau. -
Source croisée presse + rétrospective (1975–2005).
Signalement : l’ensemble des articles contemporains (1975–1976) et des récits rétrospectifs (1980, 2005) converge pour identifier L’Évêché de l’Hôtel Nelson comme lieu d’émergence scénique pour Marjo, et François Guy comme figure de transition entre la revue musicale et le rock montréalais de la fin des années 1970. -
LA PRESSE, Montréal, 16 février 1983, section
Arts et spectacles, p. G-2 —
Jean Beaunoyer, « Nanette Workman libre! ».
L’article mentionne explicitement que Francine Loyer s’est occupée de la carrière de Nanette Workman, alors que celle-ci évolue « à son propre rythme », confirmant son rôle de gestionnaire artistique et de conseillère stratégique au-delà du simple travail de diffusion ou de booking. -
The Montreal Star, Montréal, 17 décembre 1977, p. 38 —
Matt Radz, « Rebellion in the ranks of the Guild ».
Article évoquant les tensions internes au sein de la Guilde des musiciens de Montréal, mentionnant notamment l’implication de Beau Dommage et d’autres acteurs de la scène musicale montréalaise de la fin des années 1970, dans un contexte où plusieurs musiciens, producteurs et gestionnaires liés aux salles du Vieux-Montréal — dont l’écosystème de L’Évêché de l’Hôtel Nelson — remettent en question les structures syndicales existantes. - The Montreal Star, 9 mai 1978, p. 26 — Matt Radz, « Lou Reed never surpassed ». Compte rendu détaillé du concert de Lou Reed à L’Évêché, insistant sur l’intensité physique de la performance, la proximité avec le public et l’adéquation du lieu avec l’esthétique underground de l’artiste.
- Le Devoir, 9 mai 1978, p. 17 — Nathalie Petrowski, « Affreux, Sale et Méchant ». Analyse critique du passage de Lou Reed à L’Évêché, décrivant une salle surchauffée, un public dense et une prestation volontairement abrasive, à rebours des codes promotionnels traditionnels.
- Pop jeunesse rock, 3 juin 1978, p. 4 — « Deux soirs à l’Évêché : Lou Reed ? ». Reportage sur les deux concerts consécutifs de Lou Reed à l’Hôtel Nelson, soulignant l’attente fébrile, la foule compacte et le caractère exceptionnel de l’événement dans le Vieux-Montréal.
- Québec rock, juin 1978, p. 17–18 — Marc Desjardins, « Lou Reed — plutôt les mets chinois que l’héroïne ». Lecture contextualisée du séjour montréalais de Lou Reed, situant L’Évêché comme un espace en résonance directe avec les clubs new-yorkais du Lower East Side et l’esthétique urbaine de l’artiste.
- The Montreal Star, 9 mai 1978 — article complémentaire consacré à la réception critique des concerts de Lou Reed à L’Évêché, mentionnant la préférence déclarée de l’artiste pour les petites salles et son rejet des formats de grande diffusion.
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Contexte de presse et témoignages croisés, fin des années 1970 — mentions récurrentes du Nelson Grill comme espace informel de sociabilité musicale dans le Vieux-Montréal.
Signalement : décrit un lieu non institutionnel, ouvert sur la rue, favorisant les rencontres, performances spontanées et pratiques musicales alternatives, notamment associées au punk et au rock brut. -
QUÉBEC ROCK, juin 1979 — dossier « La punk-rock-folk-disco-blues-jazz-classique-omanie du Vieux Montréal ».
Signalement : décrit le Vieux-Montréal comme un espace musical polymorphe; mentionne explicitement le Nelson Grill comme lieu où l’on peut entendre du rock et du punk, parfois sept jours sur sept, dans une atmosphère décontractée et directement branchée sur la place Jacques-Cartier. -
QUÉBEC ROCK, juin 1979 — même dossier.
Signalement : présente le Nelson Grill comme point de ralliement informel pour jeunes musiciens, punks et noctambules; décrit le lieu comme une porte d’entrée de la « nouvelle vague », plus spontanée et affranchie des circuits officiels. -
QUÉBEC ROCK, juin 1979 — témoignages et descriptions internes.
Signalement : évoque explicitement le « Grill Nelson comme boîte punk »; souligne l’absence de programmation formelle et le rôle du lieu comme espace d’échange, de rencontres et de performances improvisées, prolongeant la logique de L’Évêché dans une forme plus quotidienne et brute. -
Alan Lord, High Friends in Low Places, p. 22.
Signalement : portrait de John von Aichinger, surnommé « Spike »; précise son origine familiale autrichienne, sa filiation aristocratique remontant au IXe siècle et son apparentement à Ludwig III de Bavière; indique que le surnom « Spike » lui est donné par Dave Rosenberg (The Chromosomes). -
Alan Lord, High Friends in Low Places, p. 22.
Signalement : témoignage direct de Spike sur la reprise du Nelson Grill; relate l’éviction progressive de l’ancienne clientèle (principalement des motards) et l’organisation de trois spectacles par semaine, chaque semaine, jusqu’en juin 1978. -
Alan Lord, High Friends in Low Places, p. 22.
Signalement : analyse de l’impact déterminant du Nelson Grill sur la première vague punk montréalaise; décrit le lieu comme un espace crucial de rencontre, d’échange et de croissance artistique; suggère que, sans le Nelson Grill, la scène punk montréalaise aurait pu être étouffée à sa naissance. -
MAISONNEUVE, 24 janvier 2012 — Sam Sutherland, « Anarchy in the QC ».
Signalement : retour rétrospectif sur la scène punk montréalaise dès 1977; décrit des lieux improvisés du Vieux-Montréal, des concerts dans des bars et espaces non conventionnels; mentionne des groupes comme The Chromosomes et un climat culturel préparant l’émergence de lieux comme le Nelson Grill. -
Montréal-Matin, 19 mai 1978 — Monique Mathieu,
« L’Évêché changera de formule ».
Signalement : article rapportant les difficultés financières de L’Évêché; évoque la non-rentabilité de la formule axée sur les spectacles, l’absence de subventions du ministère des Affaires culturelles et la possibilité d’une fermeture. -
Montréal-Matin, 19 mai 1978 — citations de
Pierre Benoît, copropriétaire de l’Hôtel Nelson.
Signalement : reconnaît que « les artistes coûtent trop cher »; confirme les démarches infructueuses auprès du ministère des Affaires culturelles et l’impasse financière de la formule initiale de L’Évêché. -
Montréal-Matin, 19 mai 1978 — déclarations de
Jean Pilote, directeur de l’Hôtel Nelson.
Signalement : annonce un changement de formule à compter de la mi-juin 1978; transformation de L’Évêché en lieu dansant, droit d’entrée fixé à 1 $, ouverture prolongée du restaurant et animation nocturne accrue sur la place Jacques-Cartier. -
La Presse, 30 octobre 1980,
section Arts et spectacles.
Signalement : mentionne l’enregistrement par Radio-Canada FM de spectacles de jazz dans une nouvelle salle aménagée dans l’ancien Nelson Grill, confirmant son rôle comme espace de diffusion musicale. -
The Montreal Star, 13 mai 1978 — Patricia Lowe,
« Hotel Nelson in trouble: Debt clouds future of landmark hotel ».
Signalement : analyse de la situation financière du Nelson; évoque dettes, hypothèques, projets de développement urbain et incertitudes quant à l’avenir de cet hôtel historique du Vieux-Montréal. -
Le Devoir, 23 septembre 1980 — Nathalie Petrowski,
« Le Transit prend la relève du Nelson ».
Signalement : annonce l’ouverture du Transit à l’Hôtel Nelson; décrit les rénovations majeures de l’ancien Nelson Grill, la création d’une salle de 300 places, la nomination d’André Bernard Tremblay à la direction artistique, l’orientation vers les artistes de la relève et les stratégies économiques mises en place pour assurer la survie de la salle. -
Pop Rock, 16 juin 1979 — publicité institutionnelle,
« Une auberge est née » (Auberge Le Nelson).
Signalement : présente l’Hôtel Nelson comme auberge et lieu de rencontre pour musiciens; mentionne L’Évêché aménagé en salle de danse, la Maison Cartier, l’hébergement à prix modiques et l’ancrage culturel du lieu dans le Vieux-Montréal. -
The Montreal Star, 9 mai 1979 — Patricia Lowe,
« Cartier square inn now Hostel Nelson ».
Signalement : décrit la conversion du Nelson en auberge de jeunesse comme solution à une crise financière prolongée; évoque dettes, restructuration immobilière, soutien de Heritage Canada et maintien des espaces culturels dans un modèle hybride. - LE SOLEIL, 26 mai 1979, Cahier E — « L’hôtel Nelson, auberge de jeunesse ». Article portant sur la situation financière de l’Hôtel Nelson à la fin des années 1970 et sur son repositionnement comme auberge dans le Vieux-Montréal. Le texte documente l’accumulation d’une dette évaluée à environ 800 000 $, la cession d’un immeuble voisin à la fondation Héritage Canada pour 200 000 $, ainsi que l’octroi par la Banque fédérale de développement d’un prêt de 200 000 $, remboursable sur seize ans. L’article précise que l’exploitation des chambres est confiée à une société privée sans but lucratif, administrée selon les méthodes des auberges de jeunesse internationales, et que les revenus générés doivent servir à la restauration de l’immeuble et à l’amélioration des services aux voyageurs.
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VILLE DE MONTRÉAL, années 1980–1990 — documents de planification et de mise en valeur du Vieux-Montréal.
Signalement : décrit la transition du secteur de la place Jacques-Cartier vers des fonctions touristiques, résidentielles et commerciales; souligne la diminution progressive des usages culturels nocturnes au profit de la restauration, des terrasses et de l’animation diurne; contexte général de patrimonialisation des bâtiments historiques. -
JARDIN NELSON — site officiel et documentation promotionnelle (consultations diverses).
Signalement : présente l’établissement comme restaurant et terrasse emblématique du Vieux-Montréal; met de l’avant l’architecture, le jardin intérieur et l’ambiance, sans référence à une programmation musicale structurée; confirme la mutation d’usage du site après les années 1980. -
ARCHIVES DE LA VILLE DE MONTRÉAL — dossiers photographiques et descriptifs,
place Jacques-Cartier, années 1980–2000.
Signalement : documentation visuelle de la transformation des façades, terrasses et usages commerciaux autour de la place; montre l’intégration progressive du Nelson/Jardin Nelson dans un paysage urbain orienté vers le tourisme culturel. -
BAnQ — coupures de presse, années 1980–1990,
dossiers « Vieux-Montréal » et « Place Jacques-Cartier ».
Signalement : articles évoquant la fin des salles de spectacles dans le secteur, la montée des restaurants et bars à vocation touristique, et la transformation des lieux autrefois associés à la création musicale en espaces de consommation culturelle. -
Le Devoir, 4 juillet 1992 — section Vie et culture,
« Le son d’abord à l’Évêché ».
Signalement : article consacré à la rénovation du club L’Évêché à l’Hôtel Nelson, soulignant l’attention portée à la sonorisation et à la technique acoustique (haut-parleurs JBL, console Yamaha, égalisation, compresseur), ainsi que la volonté de faire du lieu un espace simple et confortable pour la nouvelle génération de musiciens et de la chanson québécoise. L’article décrit également des spectacles programmés jusqu’en automne et les installations prévues pour améliorer l’expérience musicale. -
Le Devoir, 14 décembre 1981 — Nathalie Petrowski,
« Rencontre de deux chansons ».
Signalement : article annonçant et contextualisant le spectacle Pour quelques chansons, réunissant Francis Cabrel, Pierre Bertrand et Gilles Valiquette sur la scène de L’Évêché à l’Hôtel Nelson. Le texte insiste sur l’esprit de rencontre franco-québécoise, la réouverture temporaire du lieu avant sa fermeture annoncée, et la volonté de privilégier l’échange artistique plutôt qu’une logique promotionnelle. -
La Presse (Montréal), 12 décembre 1981 — section Cinéma, théâtres, restaurants.
Signalement : brève annonçant la venue de Francis Cabrel « en spectacle les 14 et 15 décembre » à L’Évêché de l’Hôtel Nelson, le présentant comme une figure montante de la « nouvelle chanson française » et signalant le partage de la scène avec des artistes québécois. -
La Presse (Montréal), 15 décembre 1981 — Cahier A.
Signalement : encadré promotionnel « Beaubec présente — Du Québec et de France » annonçant le spectacle Pour quelques chansons… à L’Évêché de l’Hôtel Nelson, réunissant Pierre Bertrand et Francis Cabrel, avec la participation de Luc Gilbert et Gilles Valiquette. -
La Presse (Montréal), 16 décembre 1981 — section Arts et spectacles,
Pierre Beaulieu, « Un show collectif plaisant, chaleureux et sans prétention ».
Signalement : critique du spectacle présenté à L’Évêché de l’Hôtel Nelson, décrivant une formule collective axée sur la chanson, où Francis Cabrel est identifié comme la vedette du programme, entouré de Pierre Bertrand et Gilles Valiquette, avec Luc Gilbert à l’accompagnement. -
La Presse (Montréal), 19 décembre 1981 — section Arts et spectacles,
Denis Lavoie, « Une belle voix et de bons textes ».
Signalement : portrait critique de Francis Cabrel rappelant son passage récent à L’Évêché de l’Hôtel Nelson (lundi et mardi), la réception positive du public montréalais et le partage de la scène avec Gilles Valiquette et Pierre Bertrand. -
La Presse (Montréal), 3 avril 1982 — section Spectacles, p. C10,
Denis Lavoie, « Un show à deux — Pierre Bertrand et Gilles Valiquette ».
Signalement : article annonçant la présentation du duo Bertrand–Valiquette au Transit de l’Hôtel Nelson, rappelant que leur première collaboration publique a eu lieu lors du passage de Francis Cabrel à L’Évêché, avec des réactions jugées très positives. -
Québec Rock, mai 1982 — rubrique Gazette rock,
« HAPPY HOUR : Un cinq à sept avec Bertrand-Valiquette ».
Signalement : article revenant sur la genèse du projet Bertrand–Valiquette, évoquant explicitement la présence de Francis Cabrel « en nos murs » et la réouverture ponctuelle de L’Évêché de l’Hôtel Nelson comme moment déclencheur de cette collaboration. -
La Presse (Montréal), 16 avril 1982 — Cahier A,
« Au Transit de l’Hôtel Nelson — Bertrand et Valiquette font du piano-bar ? ».
Signalement : commentaire critique sur la formule Bertrand–Valiquette présentée au Transit de l’Hôtel Nelson, faisant référence au spectacle collectif donné précédemment à L’Évêché lors du passage de Francis Cabrel. -
The Gazette (Montréal), samedi 20 février 1982 — encadré publicitaire,
« Live from Britain — U.K. Subs ».
Signalement : annonce du concert des U.K. Subs accompagnés d’ Anti-Nowhere League, présenté le 9 mars 1982 à l’ Hôtel Nelson (475, place Jacques-Cartier). En l’absence de sources postérieures attestant d’activités musicales après cette date, cet événement constitue à ce jour le dernier concert documenté tenu à l’Hôtel Nelson avant l’arrêt définitif de sa programmation de spectacles. -
LE DEVOIR, 26 février 1976, rubrique Variétés — Christine L’Heureux,
« Malade d’Aut’Chose ! ».
Usage MCPA : compte rendu/chronique décrivant la prestation de Lucien Francoeur et d’Aut’Chose à L’Évêché de l’Hôtel Nelson, insistant sur la dimension « spectacle », l’agressivité poétique, la voix utilisée de manière expressive (plus parlée/criée que chantée) et la qualité du groupe (notamment le pianiste). -
Jean-François Brassard, C’est ben gravé dans ma mémoire,
Montréal, Éditions Les Malins, p. 92.
Signalement : récit rétrospectif évoquant la série de spectacles d’Harmonium à L’Évêché de l’Hôtel Nelson en juin 1974, l’annulation du spectacle du 26 juin pour des raisons de santé, et l’intervention improvisée de Michel Rivard pour présenter Beau Dommage, alors groupe sans contrat de disque, appelé à remplacer Harmonium à la dernière minute. -
L’UNION NATIONALE, 26 juillet 1866 — article « L’Hôtel Jacques-Cartier ».
Signalement : article de fond présentant l’Hôtel Jacques-Cartier, propriété de M. Béliveau et construit par Amable Prévost, comme l’un des plus beaux établissements canadiens-français de Montréal. Le texte décrit une vaste bâtisse de quatre étages située du côté est de la place Jacques-Cartier, à l’architecture « simple et imposante », offrant un « magnifique coup d’œil ». L’intérieur est jugé à la hauteur de l’extérieur, avec salons de réception, salle à dîner au second étage, environ 50 chambres confortablement meublées, ainsi qu’une table et des vins ne « laissant rien à désirer ». L’article insiste sur la localisation stratégique de l’hôtel, à proximité des débarcadères des bateaux à vapeur de la compagnie du Richelieu, et sur son rôle au cœur de la place Jacques-Cartier, alors décrite comme le centre des affaires canadiennes. -
LE SPECTATEUR, 10 mai 1895 —
« Réouverture de l’hôtel Jacques-Cartier ».
Usage MCPA : article annonçant la réouverture de l’Hôtel Jacques-Cartier, situé sur la place Jacques-Cartier, après environ un an de fermeture consacré à d’importants travaux de rénovation. Le texte insiste sur la modernisation complète de l’établissement, désormais classé parmi les hôtels de première classe, la richesse de son ameublement, l’ampleur de sa salle à dîner et une capacité annoncée d’environ 250 pensionnaires. Il mentionne également son propriétaire, Thomas E. Shallow, hôtelier expérimenté ayant auparavant dirigé le Victoria et le St-Louis à Québec, et présente l’hôtel comme l’un des plus fashionables et fréquentés de la métropole à la fin du XIXe siècle. -
VILLE DE MONTRÉAL — Inventaire du patrimoine bâti,
fiche « Hôtel Nelson », bâtiment no 0040-66-4289-00,
place Jacques-Cartier.
Usage MCPA : données architecturales, chronologie des propriétaires, fonctions du bâtiment, transformations majeures (1865–1986) et précision toponymique indiquant que l’appellation Hôtel Nelson fait référence à Wolfred Nelson, patriote et maire de Montréal en 1854, et non à l’amiral Horatio Nelson. -
VILLE DE MONTRÉAL — Inventaire du patrimoine bâti,
fiche « Maison Parthenais-Perrault II »
(aussi désignée Maison-Cartier),
407–413, place Jacques-Cartier.
Usage MCPA : données historiques, architecturales et fonctionnelles documentant un édifice construit en 1812, occupé très tôt comme auberge et taverne, puis connu notamment sous l’appellation Hôtel Saint-Louis (1890–1915). Le bâtiment est acquis en 1953 par Berthold Benoît, propriétaire de l’Hôtel Nelson, revendu en 1974 à Hôtel Nelson Inc., puis cédé en 1979 à Héritage Canada, qui en complète la restauration en 1980. Désigné en 1982 comme Lieu historique national de la Maison-Cartier, l’immeuble est racheté en 1981 par Pierre Benoît et accueille successivement des usages de restauration, avant d’être intégré, au tournant du XXIe siècle, à l’ensemble du Jardin Nelson. La fiche confirme la continuité d’usage du site comme lieu d’accueil, de sociabilité et de consommation publique depuis le début du XIXe siècle et éclaire le processus de patrimonialisation ayant accompagné la transformation du secteur de la place Jacques-Cartier.




















