Jean Delpé (1647–1690)
Jean Delpé, également connu sous les noms de Dalpé, Delpué ou Delpé dit Parisot, est un soldat du Régiment de Carignan-Salières devenu colon de la Nouvelle-France. Arrivé en Amérique en 1665, il choisit de s'établir dans la région de Montréal après son service militaire. Il meurt le 2 juillet 1690 lors de la bataille de la Coulée-Grou.
Origines et arrivée en Nouvelle-France
Né en 1647 à Rodez, en Rouergue, Jean Delpé – parfois désigné sous les noms de Dalpé, Delpué ou Delpé dit Parisot – est le fils de Jean Delpué et de Marguerite Delmat. Il arrive en Nouvelle-France comme soldat de la compagnie de La Frédière du Régiment de Carignan-Salières, déployé en 1665 afin de renforcer la défense de la colonie française. Selon plusieurs sources généalogiques, il débarque à Québec le 17 août 1665, à l'âge d'environ 17 ans, dans un contexte marqué par les tensions entre la colonie française et plusieurs nations autochtones, notamment les Haudenosaunee (Iroquois), qui défendent leur territoire et leurs modes de vie face à l'expansion coloniale française.
Établissement dans la région de Montréal
Lorsque le Régiment de Carignan-Salières est dissous en 1668, Jean Delpé choisit de demeurer en Nouvelle-France, à l'instar d'environ 400 de ses compagnons d'armes. Il s'installe dans la région de Montréal et épouse Renée Lorion le 19 novembre 1674.
Le couple vit d'abord à Repentigny, puis à Pointe-aux-Trembles, où Jean Delpé devient cultivateur. Ensemble, ils fondent une famille de huit enfants et participent au développement des premières communautés agricoles de l'est de Montréal. Le patronyme Dalpé ou Delpé s'enracine dès lors dans l'histoire canadienne-française.
La bataille de la Coulée-Grou
Le 2 juillet 1690, Jean Delpé trouve la mort lors de la bataille de la Coulée-Grou, un affrontement survenu à l'est de Montréal.
Ce jour-là, environ vingt-cinq colons de Pointe-aux-Trembles, alertés de la présence d'une centaine de guerriers haudenosaunee près de la rivière des Prairies, décident de lancer une expédition armée. L'affrontement qui s'ensuit fait plusieurs victimes, dont Jean Delpé. Cette bataille survient dans le contexte des guerres franco-haudenosaunee, moins d'un an après le massacre de Lachine de 1689, alors que les attaques contre les établissements français se multiplient dans la région de Montréal.
Descendance
Jean Delpé et Renée Lorion sont à l'origine d'une importante descendance en Nouvelle-France. Au fil des générations, certaines branches de la famille adoptent le patronyme Dalpé dit Parizeau, puis simplement Parizeau. Parmi leurs descendants figure notamment l'économiste et homme politique Jacques Parizeau (1930-2015), premier ministre du Québec de 1994 à 1996.
Héritage
Jean Delpé fait partie des anciens soldats du Régiment de Carignan-Salières qui ont choisi de s'établir durablement en Nouvelle-France après leur service militaire. Comme plusieurs de ses compagnons, il contribue au peuplement de la vallée du Saint-Laurent et à l'essor des premières communautés rurales de la région montréalaise.
Aujourd'hui, le patronyme Dalpé demeure bien implanté au Québec et au Canada, témoignant de l'héritage laissé par ces premiers colons venus de France au XVIIe siècle. L'histoire de Jean Delpé illustre le parcours de nombreux soldats du Régiment de Carignan-Salières qui, après leur service militaire, ont choisi de s'établir définitivement en Nouvelle-France et de participer au peuplement durable de la vallée du Saint-Laurent.
Cette histoire s'inscrit également dans celle des peuples autochtones qui occupaient et administraient déjà ces territoires bien avant l'arrivée des colons européens. Aujourd'hui, les recherches historiques invitent à considérer conjointement le parcours des premiers colons, comme Jean Delpé, et celui des Premières Nations, dont la présence, les alliances, les résistances et les savoirs ont profondément marqué le développement de la vallée du Saint-Laurent.