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Lime Light (Montréal)

De 1973 à 2001, le Lime Light s’impose comme l’une des discothèques les plus influentes de Montréal et un véritable épicentre canadien du disco. Installé au 1254, rue Stanley, au centre-ville, le club devient une référence nord-américaine en matière de sonorisation, d’éclairage, de programmation DJ et de mise en scène de la nuit. Comparé au Studio 54 new-yorkais, il attire une clientèle mixte, gai/hétéro, francophone/anglophone, et accueille sur son plancher de danse une impressionnante liste d’artistes internationaux.

1. Présentation

Ouvert le 7 septembre 1973, le Lime Light s’inscrit dans un moment où Montréal se transforme en véritable « seconde capitale du disco », derrière New York, aux yeux de la presse nord-américaine et européenne. Installée sur la rue Stanley, au cœur d’un centre-ville encore marqué par les cabarets et les salles de spectacle, la discothèque devient rapidement un pôle d’attraction pour une clientèle locale et internationale.47

La réputation du Lime Light repose sur un ensemble de paramètres rarement réunis dans un même lieu : un système de son sans distorsion, une scénographie lumineuse sophistiquée, une programmation musicale en avance sur ce qui se joue à la radio et une culture du DJ vedette qui place la cabine au centre de l’expérience nocturne.12 À partir du milieu des années 1970, la discothèque est régulièrement comparée au Studio 54 new-yorkais et présentée comme l’un des clubs emblématiques de la scène disco nord-américaine.47

« Aller à la discothèque dans les années 70, c'était comme aller à l'église pour la génération précédente. On ne pouvait pas manquer cela. »

Robert Ouimet, DJ du Limelight, entretien avec Mario Girard, La Presse, 27 octobre 2006, « 30 ans de disco – Au temps des “Love” ». 52

Au fil du temps, le Lime Light devient aussi un repère mémoriel : de nombreux récits d’anciens clients, de DJ, de musiciens et de chroniqueurs situent l’« âge d’or » du disco montréalais dans les nuits passées sur son plancher de danse.31017 L’établissement joue ainsi un rôle de laboratoire, où se cristallisent des manières d’écouter, de danser et de vivre la nuit qui influenceront durablement d’autres clubs au Québec et ailleurs.

2. Le site — Stanley, l’immeuble et la file d’attente

Le Lime Light est solidement ancré dans la géographie de la rue Stanley, artère du centre-ville montréalais située à proximité des grands hôtels, des restaurants et des boutiques. La discothèque occupe un étage supérieur d’un immeuble commercial de trois niveaux, déjà associé à la vie nocturne avant 1973 et appelé à accueillir, à d’autres époques, d’autres établissements connus du milieu du divertissement.5

Les témoignages insistent sur la file d’attente qui se forme régulièrement sur le trottoir, dès la fin de soirée, notamment les vendredis et samedis. La façade, avec son enseigne lumineuse et son escalier menant au club, devient une image emblématique du Montréal disco des années 1970 : un flux continu de clients endimanchés, de groupes d’amis, de couples et de noctambules curieux, tous attirés par la promesse d’une expérience sonore et visuelle exceptionnelle.312

Un long entretien accordé en 1980 à la revue Québec Rock rappelle que les locaux du Lime Light étaient à l’origine des espaces « désaffectés » ayant déjà logé les clubs Stanley Grill, Lido, Tic Toc, Chez Paré puis le Hawaïen Lounge. Yvon Lafrance et son associé François Mireault entrent en contact avec les propriétaires de l’immeuble pour louer un étage et y installer un simple « dance floor » où l’on ne sert d’abord que des boissons gazeuses, avant d’ouvrir progressivement, dans le même complexe, d’autres salles – le Jardin, Hollywood et Bud’s – identifiées comme des lieux très fréquentés par la communauté gaie de Montréal.47

L’intérieur du Lime Light reprend certains codes des grandes discothèques internationales de l’époque : vaste piste de danse centrale, jeux de lumière mobiles, miroirs, mezzanines et espaces de circulation permettant d’observer la foule. Ce dispositif spatial contribue lui aussi à faire du club un lieu où l’on vient autant pour être vu que pour danser, dans une logique de spectacle mutuel.

3. L’expérience — son, lumière et clientèle mixte

Dès l’origine, le Lime Light est pensé comme un club centré sur l’émotion suscitée par la musique, le son et la lumière. Son fondateur, Yvon Lafrance, affirme avoir rêvé d’un endroit où la qualité du système de son et des éclairages permettrait de créer quelque chose que l’on ne retrouve pas ailleurs : un espace immersif où le corps et l’écoute seraient constamment sollicités, au-delà de la simple consommation de « hits » commerciaux.1

« L’idée était de créer un club à l’avant-garde, avec un son sans distorsion, des éclairages soignés et une musique que l’on n’entendait pas dans les lieux plus commerciaux : du disco proche de ce qui deviendra la house, pensé pour provoquer une réaction émotionnelle face au son, aux jeux de lumières et à la piste. »

— Témoignage attribué à Yvon Lafrance, à propos de la fondation du Lime Light (récits rétrospectifs).1

L’un des aspects souvent soulignés dans les souvenirs et les reportages concerne la mixité sociale et identitaire de la clientèle. Le club accueille à la fois des vedettes, des artistes, des designers internationaux et des gens ordinaires. Les hétéros et les gais se côtoient sur le plancher de danse, sans que la salle ne soit présentée comme un lieu réservé à un seul groupe.1312 Cette cohabitation renforce l’image du Lime Light comme espace de liberté et de transgression mesurée, où l’« émotion » agit comme fil conducteur.

La circulation entre les tables, le bar, la piste et la cabine de DJ contribue à structurer un véritable rituel nocturne : arrivée en début de soirée pour « prendre le pouls » de la salle, montée en intensité au fil des enchaînements, puis ralentissement progressif vers la fermeture, souvent tardive. Pour plusieurs habitués, la discothèque devient ainsi un deuxième domicile nocturne, où se construisent réseaux d’amitié, relations amoureuses et collaborations artistiques. Les chroniques mondaines du Montreal Star décrivent d’ailleurs des nuits où mannequins, vedettes de la télévision, musiciens et « beautiful people » terminent leurs soirées au Lime Light après des tournages, des défilés ou des premières de spectacles.2223242526

4. Programmation, DJ et artistes invités

La signature sonore du Lime Light est indissociable du travail de ses DJ résidents, en particulier Robert Ouimet, actif pendant l’essentiel de la période disco du club. Aux côtés de DJ Fernand Gagné, Michel Simard, puis de Gil Riberdy et d’autres, il développe une approche du mix basée sur la construction de longues séquences, la recherche de versions 12 pouces et l’attention portée à la réaction de la foule.23 Certains classements et articles spécialisés lui attribuent, durant cette période, des titres de meilleur DJ nord-américain, soulignant l’influence du Lime Light au-delà de Montréal.341

La discothèque se distingue aussi par la venue de nombreux artistes internationaux venus performer en direct, souvent en complément de la programmation DJ. Parmi les noms les plus fréquemment cités figurent : JAMES BROWN, GLORIA GAYNOR, THE TRAMMPS, GRACE JONES, BOULE NOIRE, DAVID BOWIE, RICK JAMES, VAN McCOY, ainsi que des formations comme B.T. EXPRESS et le MANHATTAN TRANSFER, auxquels s’ajoutent de nombreuses autres figures du disco, de la soul, du funk et de la pop internationale.121011313536

« Les week-ends, il devait y venir de 3000 à 4000 personnes. Grace Jones venait faire son tour régulièrement. Un soir où Gloria Gaynor donnait un spectacle, je suis arrivé à la discothèque avec, d'un côté, David Bowie, et de l'autre, Iggy Pop, en revenant du Forum. J'ai même vu Robert Bourassa débarquer avec ses gardes du corps. »

Robert Ouimet, DJ du Limelight, entretien avec Mario Girard, La Presse, 27 octobre 2006, « 30 ans de disco – Au temps des “Love” ». 52

Les activités de la société de production associée à la discothèque s’étendent d’ailleurs au-delà des murs du club. Au printemps 1977, le quotidien Montréal-matin annonce ainsi que les Productions Lime Light « agrandissent leur champ d’activités » en présentant au Centre Paul-Sauvé un spectacle réunissant le SALS0UL ORCHESTRA et BOULE NOIRE. L’article rappelle que l’orchestre de Philadelphie, dirigé par Vincent Montana Jr., a vendu quelque 65 000 microsillons dans la région de Montréal au cours de l’hiver précédent et que le mixage ainsi que la sonorisation du concert sont confiés au Centre Audio Acoustique de Longueuil, tandis que Georges Thurston y présente Boule Noire avec une nouvelle formation.46

Le passage de Gloria Gaynor, couronnée « reine du disco », au Lime Light en mars 1977, fait l’objet d’un long reportage de Nathalie Petrowski dans Le Devoir, où elle décrit le spectacle présenté « sous les lumières névrotiques » de la discothèque et la manière dont le disco s’inscrit dans une nouvelle culture de masse.1330 Quelques semaines plus tard, un autre article du même quotidien inscrit le show de James Brown dans cette même géographie nocturne, confirmant le rôle du Lime Light comme scène privilégiée pour les grandes vedettes afro-américaines.1110

En décembre 1981, Grace Jones présente un « one-man show » au Lime Light, décrit par Nathalie Petrowski comme une performance mêlant sadisme stylisé, froideur robotique et théâtralité flamboyante, dans un décor saturé de lumières et de fumée, devant une foule compacte.20 Cet article témoigne du tournant plus expérimental et performatif de certaines soirées du club au début des années 1980.

Dans un article de 1979, toujours dans Le Devoir, la journaliste Nathalie Petrowski souligne que le producteur montréalais Gino Soccio teste ses nouveaux titres et mesure leur potentiel directement sur la piste du Lime Light, au milieu des danseurs, avant de les lancer sur le marché international.1536 La discothèque apparaît ainsi comme un véritable laboratoire d’écoute pour la scène disco locale.

Au début des années 1980, la programmation s’ouvre davantage au new wave et aux sonorités plus froides. En février 1982, la critique du concert du groupe britannique Fingerprintz, au Lime Light, décrit la salle transformée en « prison d’acier inoxydable et de miroirs », peuplée de « mutants » vêtus de noir, illustrant la transition du lieu vers une autre esthétique de la nuit, moins euphorique, plus mécanique.143133

5. Rayonnement et héritages — de la « capitale disco » à Funkytown

Dans un long reportage de 1977 intitulé « Want to boogie? You’re in the right place », le chroniqueur musical Juan Rodriguez présente le Lime Light comme l’un des principaux temples du disco montréalais, insistant sur la qualité du son, la richesse du système d’éclairage et le caractère éclectique de la clientèle. Un encadré recense les discothèques de la ville et confirme l’adresse du club au 1254 Stanley St., au cœur d’un quartier en pleine effervescence nocturne.122829

La présence médiatique du Lime Light dépasse la presse écrite. En janvier 1979, une chronique de The Gazette souligne le succès d’une émission de radio produite en direct du Lime Light : la station CJFM y diffuse chaque samedi soir de la musique disco en provenance du club. Le succès est tel qu’une station concurrente, CKGM, lance à son tour un programme disco au même moment, illustrant l’influence du Lime Light sur le paysage radiophonique montréalais.1027

« Ce que les gens ne savent pas, c'est qu'il est très difficile de mixer le disco. C'est une musique qui est jouée par de vrais musiciens. La techno d'aujourd'hui est faite avec des machines, c'est autre chose. »

Robert Ouimet, DJ du Limelight, entretien avec Mario Girard, La Presse, 27 octobre 2006, « 30 ans de disco – Au temps des “Love” ». 52

Sur un mode plus sociologique, plusieurs articles du Devoir à la fin des années 1970 (notamment la série « Disco Music: la fin des enragés! ») décrivent les nuits passées au Lime Light comme l’une des expressions les plus visibles de la nouvelle culture disco : un univers de lumières, de costumes et de danse continue où la jeunesse montréalaise vient chercher à la fois l’oubli et une forme de participation collective.161819 Dans un rapport adressé au Conseil de la communauté urbaine de Montréal en 1979, le Negro Community Centre mentionne également le « Limelight Disco » parmi les lieux fréquentés par de jeunes Noirs où se sont déroulés des incidents avec la police, rappelant que ces espaces de divertissement se trouvent aussi au cœur de tensions sociales et politiques plus larges.21

Dans un texte rétrospectif publié en 2003, l’animatrice et comédienne Danielle Ouimet revient sur les années disco et place le Lime Light au centre de ses souvenirs, décrivant l’atmosphère électrique des soirées, la frénésie du plancher de danse et la manière dont le club cristallise une époque faite de musique, de paillettes et de fêtes sans fin.17 Au tournant des années 2000, d’autres chroniques nostalgiques du Montreal Gazette réactivent cette mémoire, qu’il s’agisse de chroniques mode retraçant l’esthétique disco ou de textes sur la renaissance de cet univers dans les spectacles-hommages et le cinéma.3738 En 2013, un autre article de The Gazette rappelle également le passage de James Brown au Lime Light, vu cette fois par les yeux du journaliste Juan Rodriguez, qui évoque un tête-à-tête mémorable avec le chanteur « dans un club de Montréal », à la fin des années 1970.10

L’héritage du Lime Light dépasse l’histoire de l’établissement lui-même. La discothèque est explicitement évoquée dans le film Funkytown (2011), dont l’intrigue se déroule dans un club fictif, le Starlight, directement inspiré du Lime Light et tourné en partie autour de l’immeuble qui l’avait abrité.937 Des spectacles-hommages, comme Disco Fever Expérience, des documentaires, des articles et des sites commémoratifs continuent de faire vivre la mémoire du club et de la génération qui y a dansé.845

Sur le plan musical, les pratiques de mix et de programmation développées au Lime Light influencent durablement la culture DJ montréalaise. Plusieurs clubs et événements ultérieurs revendiquent une filiation directe avec cette discothèque, que ce soit par le choix du répertoire, par le soin accordé au son et à la lumière ou par la centralité accordée au DJ comme figure d’auteur.

6. Chapitre — Yvon Lafrance, François Mireault, Robert Ouimet et l’équipe

6.1. Un fondateur à la recherche d’un club « émotionnel »

Les récits consacrés à Yvon Lafrance décrivent un entrepreneur marqué par ses expériences de voyage et par l’observation de clubs étrangers, particulièrement aux États-Unis et en Europe. La découverte de discothèques où la musique enregistrée, le son amplifié et la lumière forment un tout cohérent aurait joué un rôle déclencheur dans la décision de créer, à Montréal, un club entièrement pensé autour de ces paramètres.1

Dans ses souvenirs, Lafrance insiste sur le refus d’une simple reproduction des modèles existants : l’ambition est de proposer un lieu à l’avant-garde, où la sélection musicale se distingue de celle des radios commerciales, où le système de son permet d’entendre les détails des productions disco naissantes et où la scénographie lumineuse vient amplifier, plutôt que masquer, le travail du DJ.

Dans un entretien accordé à la revue Québec Rock en septembre 1980, Lafrance résume l’ampleur prise par son projet : un investissement initial d’environ 6 000 $, réalisé avec son associé François Mireault, aurait généré un chiffre d’affaires d’environ 350 000 $ dès la première année, pour atteindre près de 3 millions de dollars sept ans plus tard, dont environ 1,5 million $ pour le seul Lime Light.47 Le même entretien insiste sur l’importance de maintenir une politique de « bien tenir maison » (absence de vente de drogue, collaboration étroite mais indépendante avec la police) et sur le fait que Lafrance est alors propriétaire ou copropriétaire de plusieurs établissements de la rue Stanley.

6.2. François Mireault et la structuration de l’entreprise

Le nom de François Mireault apparaît comme celui d’un associé copropriétaire, impliqué dans la structuration de l’entreprise, la gestion et le développement de la discothèque.2 Ensemble, Lafrance et Mireault établissent un modèle où la discothèque est pensée à la fois comme un lieu de divertissement et comme une marque, dont l’image doit être maintenue à travers le temps par la qualité de l’expérience proposée.

Le profil d’homme d’affaires de Lafrance se précise dans ce même reportage : au tournant des années 1980, il affirme employer une centaine de personnes dans ses cinq boîtes, prendre très peu de vacances et réinvestir une grande partie de ses profits dans l’immobilier, notamment dans des immeubles à logements multiples et dans une île de 5 millions de pieds carrés à Laval où il envisage la construction de bungalows pour des familles à revenus moyens.47

6.3. Claude Chalifoux, la technique et le son

À partir de 1977, Claude Chalifoux devient associé à la direction du Lime Light, avec un rôle central dans tout ce qui touche à la technique et au son. Dans les récits, son nom est intimement lié au perfectionnement constant de l’installation : consoles, amplificateurs, haut-parleurs et jeux de lumière sont ajustés et modernisés afin de maintenir le club au niveau des meilleures discothèques internationales.8 Ce travail contribue à faire du Lime Light une référence, souvent citée, en matière de qualité sonore.

L’article de Québec Rock décrit en détail l’une des grandes transformations du Lime Light au tournant des années 1980 : un réaménagement évalué à environ 250 000 $ du troisième étage, transformé en véritable « dancing », avec plancher dénivelé, nouvelle décoration et remplacement complet du système de son. Celui-ci totalise alors quelque 12 000 watts RMS sur les basses et autant sur les hautes fréquences, alimentant environ 120 haut-parleurs GAUSS et 20 amplificateurs BGW, pour une aire de danse d’environ 6 000 pieds carrés. Lafrance affirme être convaincu que le Lime Light dispose ainsi, au Canada, d’un des systèmes de son les plus performants pour une discothèque.47

6.4. Robert Ouimet — DJ résident et bâtisseur sonore

Figure centrale de l’histoire du Lime Light, le DJ Robert Ouimet est fréquemment présenté comme l’un des principaux artisans de la scène disco montréalaise. Les sources biographiques rappellent qu’il est sacré meilleur DJ en Amérique du Nord par le magazine Rolling Stone au milieu des années 1970, puis DJ de l’année par Billboard, consacrant son travail de sélectionneur et de remixeur à une époque où la culture du DJ devient un enjeu majeur de l’industrie du disque.41

Originaire de Montréal, Ouimet commence sa carrière au club Love, avant de s’imposer au Lime Light, où il officie aux platines pendant une grande partie de la période 1970–1980. Sa capacité à marier les nouveautés disco, le soul américain, les imports européens et les premiers titres préfigurant la house est souvent citée comme un élément déterminant de la réputation du club : il permet au public montréalais de découvrir, en temps quasi réel, les mutations de la musique de danse internationale.2341

Dans une série d’entrevues publiées en 1980 dans la revue Pop Rock, Ouimet explique comment il rapporte de Londres et de New York les disques new wave et punk qu’il juge compatibles avec l’énergie du dancefloor. Le Lime Light devient ainsi, sous sa direction musicale, un lieu où la new wave et certains courants post-punk se mêlent progressivement au disco, annonçant les basculements stylistiques du début des années 1980.4243

« Je ne répétais pas mes mix. J'étais instinctif. Je crois que ma grande qualité était de savoir sentir une foule. Je savais qu'à 22 h, c'étaient les commerciaux, qu'à 1 h arrivaient les cool et qu'à 3 h débarquaient les tripeux. »

Robert Ouimet, DJ du Limelight, entretien avec Mario Girard, La Presse, 27 octobre 2006, « 30 ans de disco – Au temps des “Love” ». 52

La presse des années 1990 et 2000 continue de l’identifier comme un pionnier du DJing au Québec. Un article de La Presse signale ainsi, en 1997, la réouverture ponctuelle du Lime Light « revêtu » de ses habits disco d’antan, avec Robert Ouimet de retour aux platines : dix ans après la fermeture du club, son nom seul suffit à invoquer un âge d’or et à susciter l’intérêt de nouveaux publics.44 Plus récemment, la série documentaire D.I.S.C.O. et des articles rétrospectifs reviennent sur son rôle en le décrivant comme « un des plus influents DJ de la planète », dont l’empreinte est intimement liée au Lime Light et au développement de la culture de la danse à Montréal.4145

Au-delà de la discothèque, Ouimet reste actif comme remixeur, programmateur musical et animateur radio, transportant avec lui la mémoire du Lime Light et de ses nuits disco. Son décès en 2022 donne lieu à plusieurs hommages qui insistent sur ce double héritage : celui d’un innovateur du mix et celui d’un bâtisseur de la vie nocturne montréalaise, dont la carrière se confond pour une large part avec l’histoire du club de la rue Stanley.41

6.5. DJ, staff et communauté de travail

Autour des propriétaires et des associés gravite une équipe élargie : DJ, personnel de bar, responsables de la porte, techniciens, employés de sécurité. Les noms de Robert Ouimet, Fernand Gagné, Michel Simard et Gil Riberdy reviennent fréquemment lorsqu’il est question de la cabine de DJ,23 tout comme ceux d’animateurs et d’animatrices de la nuit qui participent à la mise en scène du lieu. Cette communauté de travail contribue à transformer la discothèque en écosystème culturel, plutôt qu’en simple entreprise de divertissement.

7. Fermeture du Lime Light (1990)

La dernière phase de l’histoire du Lime Light est marquée par un climat social tendu sur la rue Stanley, où se côtoient plusieurs bars et discothèques. Dans la nuit du 9 avril 1990, un jeune homme noir de 25 ans, identifié comme Presley Leslie, est abattu par des policiers de la CUM à la porte du Thunderdome, autre discothèque de la rue Stanley, à l’heure de la fermeture de l’établissement.4647 La mort de ce client, survenue dans le cadre d’une intervention policière liée à une altercation à l’intérieur du bar, provoque une vive émotion à Montréal et attire l’attention des médias sur les conditions de sécurité autour des discothèques du centre-ville.

L’événement entraîne la tenue d’une enquête publique, au cours de laquelle sont examinées non seulement les circonstances de la fusillade, mais aussi l’environnement général des bars de la rue Stanley : présence de la criminalité, trafic de drogues, port d’armes et tensions récurrentes entre une partie de la clientèle et les forces de l’ordre. Selon un article du Devoir daté du 30 juin 1990, des organismes représentant la jeune clientèle noire qui fréquentait le Thunderdome et le Lime Light plaident pour la fermeture des établissements, soutenant que le climat qui y régnait faisait en sorte que cette clientèle « n’osait plus s’y rendre » en raison du haut niveau de violence et de criminalité.48

À la suite de cette enquête et des pressions communautaires, la Régie des permis d’alcool du Québec met fin aux permis d’exploitation des deux établissements. Le même article du Devoir précise que les bars Thunderdome et Lime Light, « situés sur la rue Stanley à Montréal », ferment définitivement leurs portes le 17 juin 1990, soit un peu plus de deux mois après les événements du 9 avril.48 Le texte rappelle également que le Lime Light était en activité sur la rue Stanley depuis 1973, tandis que le Thunderdome avait ouvert en 1986.

Cette fermeture administrative marque la fin d’un cycle : après près de 17 ans d’exploitation, la discothèque qui avait symbolisé l’essor du disco à Montréal disparaît sans soirée d’adieu officielle, emportée par un contexte politique et social où la sécurité publique et les tensions raciales prennent le pas sur la mémoire festive des lieux. Le nom « Lime Light » continue toutefois de circuler, tant dans les récits nostalgiques que dans certaines structures corporatives postérieures, mais la discothèque historique de la rue Stanley cesse définitivement ses activités en juin 1990, refermant une page majeure de la vie nocturne montréalaise.33940

8. « Le Limelight revit » — Réouverture en 1997

Après sept années où son nom n’apparaît presque plus que dans les souvenirs de ses habitués, le Lime Light revient dans l’actualité montréalaise au printemps 1997. Bien que la fermeture administrative de 1990 ait mis fin à l’exploitation de la discothèque historique, l’adresse de la rue Stanley conserve une valeur culturelle et marketing telle que le nom est réactivé par un nouveau groupe de propriétaires.

Le journal La Presse publie le 13 avril 1997 un court article dans sa section « Livres » intitulé « Le Limelight revit », annonçant que la célèbre discothèque vient « de subir un lifting qui a coûté près d’un million de dollars aux nouveaux directeurs », et que l’ouverture officielle se tiendra le 24 avril 1997.49

Cette renaissance vise à repositionner le nom Lime Light comme une boîte branchée et haut de gamme, alignée sur les codes des mégaclubs nord-américains des années 1990 : capacité annoncée « jusqu’à 2000 danseurs », réaménagement complet de la salle, nouveau système sonore, et ajout d’un espace premium : le Cigar Room, présenté comme un lieu de détente feutrée « devant un feu de cheminée », signe de la mutation des nightclubs montréalais vers une culture VIP d’après-1995.

L’animation musicale de la soirée d’ouverture est annoncée avec enthousiasme : le Boogie Wonder Band, formation disco-funk rétro emblématique de la scène montréalaise, se voit confier la tâche de réactiver dans le lieu la mémoire festive des décennies précédentes.

Cette réouverture ne constitue toutefois pas un retour au Lime Light d’origine : l’entité exploitée en 1997 relève d’une nouvelle direction, d’un nouveau capital d’investissement et d’un projet conceptuel distinct. Si le nom demeure, c’est désormais la nostalgie et la valeur patrimoniale du branding qui en assurent la continuité.

Une société par actions intitulée LES INVESTISSEMENTS LIME LIGHT INC. est constituée sous la Loi canadienne sur les sociétés par actions et immatriculée au Québec (NEQ 1146589750), avec domicile déclaré au 1254, rue Stanley. Présidée par Roger Desautels III et comptant notamment Marc-André Desautels et Dany Koury parmi ses actionnaires et administrateurs, la compagnie est décrite comme une société d’investissement n’exerçant aucune activité au moment des dernières déclarations, avant d’être radiée d’office en 2006 pour défaut de production de mises à jour annuelles.39 Cette entité juridique témoigne de la persistance du nom « Lime Light » comme marque et actif commercial bien après la période d’activité de la discothèque.

Au début des années 2000, une autre société par actions, le GROUPE D’INVESTISSEMENT BAR B.I.G. INC. (version anglaise : B.I.G. BAR INVESTMENT GROUP INC.), est également constituée sous la Loi canadienne sur les sociétés par actions et immatriculée au Québec (NEQ 1160122553), avec domicile déclaré au 1254, rue Stanley. Décrite comme « holding & management company », sans salariés déclarés, cette société de portefeuille a pour actionnaire majoritaire et administrateur Fabrizio Lonardo. Entre 2001 et 2019, elle enregistre plusieurs noms d’utilisation commerciale liés à la vie nocturne, dont BAR LIME LIGHT, BAR LIME LITE, LE CLUB LIME LIGHT, LE CLUB LIME LITE et « LA BOOM-MONTRÉAL », avant d’être à son tour radiée d’office en 2019 pour défaut de production de déclarations de mise à jour annuelles.40 Cette seconde structure corporative prolonge l’usage juridique du toponyme « Lime Light » et illustre la façon dont le patrimoine symbolique de l’ancienne discothèque continue d’être mobilisé dans le secteur des bars et clubs du centre-ville, bien après la fermeture de l’établissement d’origine.

9. Notes & sources

  1. LIMELIGHTMONTREAL.COM — site hommage « Le Limelight de Montréal ».
    Usage MCPA : informations de base sur la discothèque (fondation le 7 septembre 1973 par Yvon Lafrance, mise en avant du caractère emblématique du club, mention d’une clientèle diversifiée et d’un concept ayant servi de référence internationale en matière de décor, de style musical et d’éclairage).
  2. WIKIPÉDIA, article « Lime Light » (consulté).
    Usage MCPA : confirmation de l’adresse (1254, rue Stanley), du rôle du club dans la scène disco nord-américaine, des fondateurs (Yvon Lafrance, François Mireault), du nom de plusieurs DJ associés (Robert Ouimet, Gil Riberdy) et de la liste d’artistes internationaux ayant performé au Lime Light.
  3. MONTRÉAL CONCERT POSTER ARCHIVE, fiche « Lime Light (Montréal) ».
    Usage MCPA : datation de la période d’activité principale (1973–1990), précision sur le rôle du Lime Light comme épicentre de la culture disco canadienne, informations complémentaires sur la capacité, la clientèle mixte, la « Friendship Card » et le statut de Robert Ouimet comme DJ phare (1973–1981).
  4. RICHARD BURNETT, « Montréal, disco’s Second City », mtl.org (consulté).
    Usage MCPA : contextualisation du Lime Light dans l’idée de « deuxième capitale du disco », description du rôle de la discothèque dans l’animation du centre-ville et mention du déclin progressif à partir du début des années 1980, notamment après le départ de Yvon Lafrance.
  5. CANUCKISTAN MUSIC, notice sur le 12" Montreal Sound (consultée).
    Usage MCPA : description du Lime Light comme point de départ (« ground zero ») de la scène disco montréalaise, mention du début d’activité en septembre 1973, précision sur la localisation (étage supérieur au 1254, rue Stanley) et sur la diversité de la clientèle (gai/hétéro, francophone/anglophone), ainsi que sur le rôle des DJ (Robert Ouimet, George Cucuzzella).
  6. R.N. WILKINS, texte de blogue « Montreal’s Stanley Street, down through the years » (consulté).
    Usage MCPA : éléments de contexte sur l’immeuble de la rue Stanley ayant abrité le Lime Light, mention du club comme discothèque « célébrée » des années 1970, liste d’artistes internationaux associés à la salle (dont David Bowie, Gloria Gaynor, Grace Jones, Boule Noire, Van McCoy).
  7. BLOGUES ET CHRONIQUES DISCO (textes divers, notamment sur la « capitale disco », et l’expression « Studio 54 de Montréal »).
    Usage MCPA : qualification récurrente du Lime Light comme club emblématique de la scène disco montréalaise, souvent comparé au Studio 54 de New York, et présenté comme une référence en matière de culture DJ.
  8. ESPACE ST-DENIS, présentation du spectacle « Disco Fever Expérience » (hommage au Lime Light).
    Usage MCPA : mention de l’ouverture du Lime Light par Yvon Lafrance le 7 septembre 1973, rappel du statut de « discothèque la plus populaire à Montréal et au Québec » et référence à Claude Chalifoux comme associé responsable de la technique et du son à partir de 1977.
  9. FUNKYTOWN (film de Daniel Roby, 2011) — articles et dossiers critiques.
    Usage MCPA : identification du club fictif Starlight comme transposition du Lime Light, mention de tournages effectués autour de l’immeuble de la rue Stanley, utilisation du film comme source secondaire pour la mémoire de la discothèque et l’imaginaire du disco montréalais.
  10. THE GAZETTE, 16 janvier 1979, p. 58 — brève sur l’émission disco de CJFM.
    Signalement : mentionne qu’une émission disco du samedi soir, diffusée en direct du Limelight, connaît un tel succès qu’une station concurrente (CKGM) lance au même moment un programme similaire intitulé Studio 98 ; illustre l’importance du club comme lieu de diffusion radiophonique.
  11. LE DEVOIR, 4 mai 1977, p. 12 — article « James Brown: un des derniers grands ».
    Signalement : reportage sur James Brown à Montréal ; associe sa présence à la vague disco et à l’effervescence des clubs, en situant notamment sa performance dans le circuit des grandes discothèques de la ville, dont le Lime Light.
  12. THE GAZETTE, 21 mai 1977, p. 39 — reportage de Juan Rodriguez « Want to boogie? You’re in the right place ».
    Signalement : enquête sur les clubs disco montréalais ; décrit le Lime Light comme un des principaux temples de la danse, insiste sur la qualité du son et de l’éclairage, et publie un encadré « Where they are and what they’re like » qui recense les discothèques, en donnant l’adresse et les caractéristiques du Lime Light.
  13. LE DEVOIR, 17 mars 1977, p. 15 — Nathalie Petrowski, « Quand le monde se transforme en disco ».
    Signalement : critique du spectacle de Gloria Gaynor, « reine du disco », présenté au Lime Light sous des « lumières névrotiques » ; réflexion sur la nature du disco, sa diffusion mondiale et le rôle des grandes discothèques comme temples du genre.
  14. LE DEVOIR, 11 février 1982, p. 8 — Nathalie Petrowski, « Fingerprintz: vagues froides sur beat noir ».
    Signalement : compte rendu d’un concert du groupe britannique Fingerprintz au Lime Light dans un décor décrit comme une « prison d’acier inoxydable, de miroirs et de murs capitonnés » ; illustre la mutation du club vers des sonorités new wave et une esthétique plus froide au début des années 1980.
  15. LE DEVOIR, 16 mai 1979, p. 16 — Nathalie Petrowski, « Gino Soccio, pour quelques “disco-dollars” de plus… ».
    Signalement : portrait du producteur montréalais Gino Soccio ; souligne que certains titres sont testés sur la piste du Lime Light avant leur diffusion, le club servant de laboratoire pour jauger la réaction du public disco.
  16. LE DEVOIR, 25 juin 1977, p. 25 — Asala Boyomo, « Disco Music: la fin des enragés! ».
    Signalement : article de fond sur la culture disco à Montréal ; évoque la fréquentation des discothèques, notamment le Lime Light, présenté comme un lieu où la jeunesse vient chercher un univers de couleurs, de lumière et de danse continue, en contraste avec l’esthétique rock antérieure.
  17. LE DEVOIR, 22 août 2003, p. 18 — Danielle Ouimet, « Le Montréal disco ».
    Signalement : texte mémoriel où l’auteure revient sur les années disco et sur ses souvenirs personnels du Lime Light (ambiance, clientèle, musique, excès) ; contribue à la construction d’un récit rétrospectif dans lequel le club apparaît comme un symbole durable du Montréal nocturne des années 1970.
  18. LE DEVOIR, 8 mars 1975, p. 23 — René Picard, « Du CDP au Lime Light: soirée et nuit “dansantes” ».
    Usage MCPA : décrit une soirée s’étirant d’un événement organisé par le Centre des danseurs populaires (CDP) jusqu’aux pistes du Lime Light ; première évocation détaillée du club dans la presse francophone, soulignant la continuité entre danses de salon et nouvelle culture disco.
  19. LE DEVOIR, 12 juillet 1980, p. 18 — Angèle Dagenais, « La sixième vie du Limelight ».
    Usage MCPA : portrait du Lime Light dans le contexte du Festival Barbeau ; insiste sur les multiples métamorphoses du club, son rôle dans la mode et la vie nocturne et la place centrale du DJ dans l’animation des soirées.
  20. LE DEVOIR, 11 décembre 1981, p. 21 — Nathalie Petrowski, « Grace Jones du côté du sadisme et de la frigidité ».
    Usage MCPA : critique du « one-man show » de Grace Jones au Lime Light ; décrit la performance comme un mélange de théâtre, de provocation sexuelle stylisée et de froideur robotique dans un environnement de disco-spectacle.
  21. LE DEVOIR, 9 juillet 1979, p. 5 — Yvan Jackson, « La communauté noire de Montréal et la police ».
    Usage MCPA : mémoire du Negro Community Centre sur les relations entre jeunes Noirs et forces policières ; mentionne le « Limelight Disco » parmi les lieux où se sont déroulés certains incidents, replaçant la discothèque dans un contexte de tensions sociales et politiques.
  22. THE MONTREAL STAR, 16 septembre 1974, p. 22 — « In Concert and Limelight — two places for unwinding ».
    Usage MCPA : reportage photographique sur la clientèle du Lime Light et d’In Concert, illustrant la sociabilité nocturne de jeunes adultes au milieu des années 1970.
  23. THE MONTREAL STAR, 18 juillet 1975, p. 24 — « Models let it all hang out ».
    Usage MCPA : chronique relatant une fête de mannequins dont la nuit se termine au Lime Light ; montre le rôle du club comme prolongement des événements de mode et des soirées mondaines.
  24. THE MONTREAL STAR, 25 avril 1975, p. 26 — rubrique « etcetera, etcetera… by J.J. » (Ferland kept lingering with bevy of curtain calls).
    Usage MCPA : signale le Lime Light comme lieu fréquenté par les artistes et le milieu du spectacle après les représentations théâtrales et les concerts.
  25. THE MONTREAL STAR, 23 avril 1977, p. 29 — Thomas Schnurmacher, « Just entre-nous ».
    Usage MCPA : mention des propriétaires du « Limelight disco » dans une chronique de potins culturels, confirmant la notoriété du club dans la presse anglophone.
  26. THE MONTREAL STAR, 4 mars 1978, p. 54 — Thomas Schnurmacher, chronique mondaine.
    Usage MCPA : allusion à une nouvelle discothèque et à la fréquentation du « Limelight disco » par des vedettes et gens de l’industrie culturelle.
  27. THE MONTREAL STAR, 1er avril 1978, p. 58 — grille horaire radio.
    Signalement : annonce l’émission « 9:00 pm CJFM, Live from the Limelight, disco music » ; confirme l’existence de diffusions radiophoniques en direct depuis la discothèque à la fin des années 1970.
  28. THE GAZETTE, 22 mars 1974, p. 21 — Bonnie Buxton, « Of Discos and Clubs ».
    Usage MCPA : panorama des principales discothèques montréalaises ; situe le Lime Light parmi les nouveaux lieux à la mode dès le milieu des années 1970.
  29. THE GAZETTE, 13 novembre 1979, p. 46 — Iona Monahan, « Sane to spacey: Fashion fever continues ».
    Usage MCPA : article mode mentionnant le Lime Light comme décor de défilés et de happenings vestimentaires, renforçant l’association du club au milieu de la mode.
  30. THE GAZETTE, 15 mars 1977, p. 44 — « Disco stylist in town ».
    Usage MCPA : annonce la venue de Gloria Gaynor, « disco stylist », au Limelight Club ; complète les informations de Le Devoir sur ce spectacle.
  31. THE GAZETTE, 12 avril 1980, p. 44 — Juan Rodriguez, « Punk rock debut draws fans out in their finest ».
    Usage MCPA : critique d’un concert des groupes 999 et The Dickies au downtown Limelight disco ; illustre l’ouverture du club au punk et au new wave.
  32. THE GAZETTE, 17 avril 1979, p. 58 — « Lots of biggest stars head for Montreal ».
    Usage MCPA : mentionne le Lime Light parmi les lieux où se produisent certaines vedettes internationales, aux côtés de grandes salles de concert.
  33. THE GAZETTE, 12 juin 1980, p. 77 — chronique nocturne.
    Usage MCPA : note que le « Limelight disco on Stanley St. » joue désormais environ 5 % de new wave, le reste demeurant disco ; documente l’évolution du répertoire musical.
  34. THE GAZETTE, 19 septembre 1980, p. 29 — Thomas Schnurmacher, chronique « Fabric sculpture to blanket Loyola campus » (section nightlife).
    Usage MCPA : évoque de nouveaux numéros présentés au « Limelight disco on Stanley Street », confirmant l’activité soutenue du club au tournant des années 1980.
  35. THE GAZETTE, 25 mars 1981, p. 13 — rubrique « Clubscene ».
    Usage MCPA : annonce un engagement de cinq soirs du groupe B.T. Express au Lime Light, ainsi que la venue de Manhattan Transfer et de James Brown ; précise la programmation du club au début des années 1980.
  36. THE GAZETTE, 2 mai 1981, p. 64 — Thomas Schnurmacher, « Dead fish scene has Brigitte Bardot steaming ».
    Usage MCPA : brève indiquant que le producteur Gino Soccio assiste au spectacle de Geraldine Hunt au « Limelight disco on Stanley St. », confirmant le rôle du club dans la promotion des artistes disco montréalais.
  37. THE GAZETTE, 15 juin 2009, p. 22 — Brendan Kelly, « Disco’s stayin’ alive ».
    Usage MCPA : chronique sur le tournage du film Funkytown et la recréation de l’univers du Lime Light ; rappelle que Montréal fut, selon l’auteur, « l’épicentre du disco » au Canada.
  38. THE GAZETTE, 28 avril 2009, p. 35 — Eva Friede, « Disco File – Fashion flashback ».
    Usage MCPA : article mode revenant sur l’esthétique disco ; évoque le Lime Light parmi les clubs emblématiques associés à cette période à Montréal.
  39. REGISTRE DES ENTREPRISES DU QUÉBEC, fiche NEQ 1146589750 — « LES INVESTISSEMENTS LIME LIGHT INC. » (renseignements en date du 25 décembre 2025).
    Usage MCPA : documente la constitution, le 19 février 1997, d’une société par actions fédérale immatriculée au Québec et domiciliée au 1254, rue Stanley ; précise le statut de « société d’investissement n’exerçant aucune activité », les actionnaires (Roger Desautels III, Marc-André Desautels, Dany Koury) et les fonctions des administrateurs, ainsi que la radiation d’office en 2006 pour défaut de production de déclarations annuelles.
  40. REGISTRE DES ENTREPRISES DU QUÉBEC, fiche NEQ 1160122553 — « GROUPE D’INVESTISSEMENT BAR B.I.G. INC. » / « B.I.G. BAR INVESTMENT GROUP INC. » (renseignements en date du 25 décembre 2025).
    Usage MCPA : atteste la constitution, le 14 mars 2001, d’une société de portefeuille (« holding & management company ») domiciliée au 1254, rue Stanley, sans salariés déclarés, à actionnaire majoritaire Fabrizio Lonardo ; dresse la liste des noms utilisés au Québec entre 2001 et 2019, dont BAR LIME LIGHT, BAR LIME LITE, LE CLUB LIME LIGHT, LE CLUB LIME LITE et « LA BOOM-MONTRÉAL », avant la radiation d’office de l’entreprise en 2019 pour non-production de déclarations de mise à jour annuelles.
  41. LE DEVOIR, 23 avril 2022, p. 10 — Philippe Renaud, « Robert Ouimet, roi de la vie nocturne montréalaise, est décédé ».
    Usage MCPA : portrait nécrologique de Robert Ouimet ; rappelle ses résidences au Love et au Lime Light, sa reconnaissance par Rolling Stone et Billboard, son rôle dans la diffusion des nouvelles musiques de danse et son influence durable sur la vie nocturne montréalaise.
  42. POP ROCK, 5 avril 1980, p. 15 — François St-Pierre (Yogi), « New Wave 80? ».
    Usage MCPA : entrevue avec Robert Ouimet et Richard Joly sur l’introduction du new wave à Montréal ; Ouimet y décrit ses voyages à Londres et l’intégration des nouveaux courants dans la programmation du Lime Light.
  43. POP ROCK, 19 avril 1980, p. 15 — François St-Pierre (Yogi), « New Wave 80 ».
    Usage MCPA : suite de l’entrevue avec Robert Ouimet ; précise le rôle du Lime Light dans la diffusion du new wave et discute de la réaction du public montréalais à ces nouvelles sonorités.
  44. LA PRESSE, 24 avril 1997, cahier « Sortir », p. 4 — Nora Ben Saadoun, « Nouveau-nés ».
    Usage MCPA : annonce la réouverture ponctuelle du Lime Light au 1254, rue Stanley, dix ans après sa fermeture, lors d’une soirée où la « boule disco se remet à tourner » avec le DJ Robert Ouimet et le Boogie Wonder Band ; insiste sur son statut de DJ instigateur du disco.
  45. LE NOUVELLISTE, 7 mai 2022, cahier 2, p. 10 — Richard Therrien, « D.I.S.C.O., comme une brassée à spin ».
    Usage MCPA : chronique télévisuelle sur la série documentaire D.I.S.C.O. ; présente le Lime Light comme une discothèque mythique et souligne le rôle de Robert Ouimet et de producteurs québécois dans la construction de la scène disco, tout en mentionnant l’abondance d’archives et de témoignages utilisés dans la série.
  46. MONTRÉAL-MATIN, 25 avril 1977, p. 21 — article « “Salsoul” et Boule Noire à Paul-Sauvé ».
    Usage MCPA : annonce un spectacle produit par les Productions Lime Light au Centre Paul-Sauvé, présentant le Salsoul Orchestra et le groupe québécois Boule Noire (Georges Thurston) ; mentionne Yvon Lafrance comme promoteur, rappelle que le Salsoul Orchestra a vendu environ 65 000 microsillons dans la région de Montréal durant l’hiver précédent, précise que l’orchestre de Philadelphie est dirigé par Vincent Montana Jr. et que le mixage et la sonorisation du concert sont confiés au Centre Audio Acoustique de Longueuil.
  47. QUÉBEC ROCK, septembre 1980, p. 34 — Paul Haince, « L’homme derrière le Lime Light: comment faire 3 millions avec 6 000 $ en poche ».
    Usage MCPA : long entretien avec Yvon Lafrance sur l’histoire et la gestion du complexe Lime Light ; précise que l’investissement initial d’environ 6 000 $, réalisé avec François Mireault, a généré un chiffre d’affaires d’environ 350 000 $ la première année puis près de 3 millions de dollars sept ans plus tard (dont 1,5 million $ pour le seul Lime Light) ; décrit l’immeuble de la rue Stanley comme un ancien club (Chez Paré, puis Hawaïen Lounge) alors désaffecté au moment de l’arrivée de Lafrance et Mireault ; détaille l’ouverture progressive des autres salles du complexe (le Jardin, Hollywood, Bud’s) fréquentées par la communauté gaie, l’emploi d’une centaine de personnes, les investissements immobiliers (immeubles à logements, île de 5 millions de pieds carrés à Laval), la volonté affichée de maintenir une « bonne tenue » morale (absence de vente de drogue, collaboration avec la police), les projets de franchises Lime Light (dont une première à Québec, dans l’ancien cinéma le Bijou, louant le nom et un cahier de normes pour environ 20 000 $ par an) et les travaux de transformation du troisième étage du club (investissement d’environ 250 000 $, création d’un « dancing » de 6 000 pieds carrés, installation d’un système de son d’environ 12 000 watts RMS sur les basses et autant sur les hautes, avec 120 haut-parleurs GAUSS et 20 amplificateurs BGW, complété par un nouveau système d’éclairage évalué à environ 120 000 $).
  48. LA PRESSE, 10 avril 1990, Cahier A, p. 1 — Gilles St-Jean, « Un Noir tué par la police au cours d’une fusillade au “Thunderdome” ».
    Usage MCPA : première page relatant la mort de Presley Leslie, 25 ans, à la porte du Thunderdome, rue Stanley, à la suite d’une intervention de la police de la CUM ; précise le lieu (discothèque du centre-ville), l’heure de l’événement et le contexte d’une altercation survenue à l’intérieur de l’établissement.
  49. LA PRESSE, 10 avril 1990, Cahier A, p. 2 — Bruno Bisson, « Les policiers n’avaient pas le choix, dit le propriétaire ».
    Usage MCPA : suite de la couverture de la fusillade du Thunderdome ; témoignage du propriétaire Raynald Fradette, description des lieux et de la capacité de la discothèque, rappel des problèmes antérieurs de violence et de fréquentation, éléments utilisés pour documenter le climat entourant les bars de la rue Stanley au début des années 1990.
  50. LE DEVOIR, 30 juin 1990, p. 2 — article « Le Thunderdome et le Limelight ferment ».
    Usage MCPA : source principale pour la fermeture définitive des bars Thunderdome et Lime Light, situés sur la rue Stanley ; indique que les établissements ferment le 17 juin 1990 à la suite de l’enquête publique sur la mort de Presley Leslie. Le texte rapporte les propos de Jerri Bresier, porte-parole d’AKAX, sur la jeune clientèle noire qui n’osait plus fréquenter ces bars en raison du haut taux de criminalité (drogue, armes) et du climat de violence, et rappelle que le Lime Light était en activité depuis 1973, alors que le Thunderdome fonctionnait depuis 1986.
  51. LA PRESSE, 13 avril 1997, Cahier « B. Livres », p. 7 — brève « Le Limelight revit ».
    Usage MCPA : annonce officielle de la réouverture du Lime Light le 24 avril 1997, mention d’un investissement de près d’un million de dollars, capacité annoncée de 2000 danseurs, ajout d’un Cigar Room, direction nouvelle, animation assurée par le Boogie Wonder Band. Source utilisée pour établir la chronologie post-1990 et distinguer l’exploitation historique (1973-1990) des relances nominales ultérieures.
  52. LA PRESSE, 27 octobre 2006, Cahier « B. Actuel : Sortir », p. A2–A8 — article « 30 ans de disco — Au temps des “Love” » par Mario Girard.
    Usage MCPA : témoignage direct de Robert Ouimet (DJ du Lime Light), incluant données chiffrées d’achalandage (3000–4000 personnes les week-ends), mentions VIP (Grace Jones, David Bowie, Iggy Pop, Robert Bourassa), description du fonctionnement opérationnel du club (voyages hebdomadaires à New York pour l’achat de disques, mix instinctif, catégories horaires de clientèle). Source utilisée pour établir le contexte socio-culturel du Lime Light dans l’âge d’or disco montréalais, ainsi que pour documenter l’impact emblématique de la salle (1973-1990) sur l’identité nocturne de Montréal.
2000
WYCLEF JEAN
WYCLEF JEAN

Source: CKUT, Rickey D

1982
FINGERPRINTZ
FINGERPRINTZ
1980
999 THE DICKIES
999 THE DICKIES

Source: Pop Rock, 19 avril 1980, BAnQ

Lieu: Lime Light

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