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Sexe Machine (Montréal)

Ouverte à l’automne 1971, la discothèque Sexe Machine s’impose rapidement comme l’une des adresses les plus commentées de la vie nocturne montréalaise. Installée au 1469, rue Crescent, au cœur du centre-ville, elle est conçue par Gilles Archambault comme une « formule » poussant à l’extrême les logiques de décor, de mise en scène et de jeu avec les codes de la respectabilité. La presse anglophone la décrit tour à tour comme une « blague » assumée, un tourist trap et un laboratoire d’ambiances où le décor, le personnel et la dramaturgie de la soirée sont pensés comme un spectacle à part entière, tandis que la presse francophone insiste sur son caractère de sex-bar expérimental, destiné à « dédramatiser » le corps et à secouer les tabous locaux. 1,2,3,7

1. Présentation

Lorsque Sexe Machine apparaît dans les pages des journaux à l’été 1971, le ton est immédiatement donné. Bien avant son ouverture effective, les articles annoncent une discothèque « comme on n’en a jamais vu au Canada », conçue autour d’un décor érotique assumé, d’un sex-bar intégré et d’une vocation déclarée de « dédramatiser » la nudité. Un texte du Photo-Journal parle d’un « gadget pornographique complet » imaginé par l’alliance d’un entrepreneur aguerri, Gilles Archambault, et d’un artiste reconnu, le caricaturiste Robert Lapalme. 1,3,8

Dès le départ, la communication publique insiste aussi sur le caractère structurellement expérimental du projet. La Sexe Machine n’est pas décrite comme une simple nouvelle boîte, mais comme la première unité d’une chaîne à venir, appelée à se déployer dans plusieurs villes du Québec et du Canada, à l’image d’un réseau commercial. Un portrait très commenté titré « Les Sexe-Machine… comme les Dairy Queen » insiste sur ce parallèle avec la culture des franchises : le sexe est ici envisagé comme un produit conceptuel, décliné dans une série d’« unités » identifiables. 2

La chronologie exacte de l’ouverture illustre la tension entre projet et réalisation. Annoncée pour le 15 juillet 1971, la discothèque est finalement inaugurée à la fin d’octobre — la presse parlant d’une « décoration à l’origine du retard ». Un article de Télé-Radiomonde fixe l’ouverture au 25 octobre 1971, tandis que plusieurs textes rétrospectifs évoquent une ouverture « en novembre ». 4,5,10

1.1. Repères chronologiques essentiels

  • 15 juillet 1971 — date d’ouverture annoncée dans la presse, présentée comme la première boîte qui « exploitera le sexe ».1
  • 25 octobre 1971 — ouverture effective selon Télé-Radiomonde (retard attribué au décor).4
  • Novembre 1971 — ouverture « en novembre » rappelée dans plusieurs textes rétrospectifs.510
  • Mi-janvier 1972 — réouverture après modifications du décor et de la formule; volonté d’en faire le rendez-vous des « noctambules de classe ».5,6
  • 1974 — grands reportages anglophones (Montreal Star, Vancouver Sun, Globe and Mail) qui fixent l’image de Sexe Machine comme « plus grande blague de la ville » et première topless bar du pays.12,16,18
  • 31 décembre 1976 — bilan des quinze ans de discothèques de Gilles Archambault, avec rappel de l’ouverture de la Sex-Machine et de l’évolution de sa formule.10
  • 4 novembre 1978 — incendie nocturne jugé suspect; fin de l’établissement, alors en rénovation.20

La presse anglophone, pour sa part, s’intéresse tôt au phénomène. Dans un article intitulé « Discotheques dead? Somebody forgot to bury them », The Gazette cite Sexe Machine comme preuve que le modèle discothèque est loin d’être dépassé : un lieu souterrain de Crescent où le décor est si spectaculaire qu’il justifie, à lui seul, le déplacement. 13 Quelques années plus tard, un long reportage du Montreal Star décrira la salle comme « the biggest dirty joke in town » — la « plus grande blague de la ville », non pas au sens péjoratif, mais pour souligner que tout, ici, est conçu comme un jeu. 16

2. Le site, le local et le décor — Crescent comme scène

Sexe Machine est située au 1469, rue Crescent, artère devenue, dans les années 1960–1970, un symbole du centre-ville nocturne. Un article de Montréal-matin rappelle que le local a abrité auparavant la première Mousse-Spacthèque, puis l’Eve-Club, inscrivant la nouvelle discothèque dans une continuité de lieux expérimentaux qui ont déjà contribué à redéfinir la nuit montréalaise. 6

Encart — Crescent, couloir nocturne et touristique

Dans les années 1970, la rue Crescent concentre une partie des énergies nocturnes de Montréal : bars d’hôtels, discothèques, restaurants, clubs à la clientèle internationale s’y succèdent sur quelques pâtés de maisons. Les guides touristiques et les chroniques nightlife la présentent comme un corridor de divertissement, parallèle à la rue Peel et à la montée de nouveaux commerces orientés vers les visiteurs et les congrès.

Dans ce paysage, la Sex-Machine se distingue à la fois par le caractère radical de son décor et par sa positionnement assumé comme curiosité. Les articles des années 1970–1980 la citent souvent aux côtés d’autres « landmarks » disparus de Crescent, signe que l’établissement participe pleinement à la construction d’un imaginaire de la rue comme vitrine nocturne de Montréal.

Le décor, conçu par Robert Lapalme, retient l’attention bien avant l’ouverture des portes. Dans les textes de l’été 1971, on parle d’un plafond « phallique », de formes organiques en mousse, de coussins et de volumes rembourrés. Le Photo-Journal insiste sur le fait que la Sex-Machine n’est pas simplement une salle décorée de tableaux, mais un environnement tactile où les murs, les banquettes, les colonnes deviennent autant d’objets de contact, de jeu et de mise en scène. 1,3

Un article de La Presse, en février 1972, décrit l’endroit comme un exemple d’« érotisme artistique, discret, commercial ». L’auteur y voit une forme de compromis : le sexe y est présent comme thème et décor, sans basculer encore dans l’exhibitionnisme extrême, et la mise en scène du corps est pensée comme un spectacle lent, étiré sur la durée de la soirée, plutôt que comme une succession de « numéros ». Les coussins et volumes en mousse, la lumière tamisée et la musique participent à cette dramaturgie graduelle. 7,8

Les chroniques anglophones et francophones convergent sur un point : la Salle de Crescent est d’abord un choc visuel. Les fresques inspirées de l’iconographie religieuse, détournées dans un registre plus ludique, cohabitent avec des motifs jugés ouvertement « sexuels ». Certains articles parlent de « paysage animé » pour décrire le plafond au-dessus du bar, où des formes rembourrées semblent se mouvoir au rythme de la lumière; d’autres insistent sur le fait que cette surcharge visuelle est, en soi, une manière de déjouer le sérieux pour basculer dans un registre de blague. 7,16

« La Sexe-Machine sur Crescent Street, la plus récente des “créations” d’Archambault, est citée comme un exemple de discothèque où le décor, la lumière et la mise en scène sont entièrement consacrés à la provocation ludique, en parfaite continuité avec la révolution tranquille de la nuit montréalaise. »

— synthèse d’après Montreal Star, 19 janvier 1972, « City marks anniversary — of sorts ». 15

3. Formule, rituels et sociabilités — « la plus grande blague » de la ville

Dans un long reportage du Montreal Star en décembre 1974, Sexe Machine est décrite comme « the biggest dirty joke in town ». L’expression est trompeuse : loin de désigner un lieu « minable », elle sert à qualifier une expérience entièrement construite sur un registre de jeu. L’article suit un visiteur tout au long de la soirée, de la porte d’entrée aux dernières heures au bar, et montre comment chaque élément — décor, personnel, musique, rituels — contribue à fabriquer un récit. 16

Le même dossier insiste sur la participation du personnel à cette dramaturgie. Les serveuses, souvent désignées par leur prénom — Mimi devient la figure la plus célèbre —, sont décrites comme des personnages. Certaines sources, notamment un article d’envergure nationale, parlent de la Sex-Machine comme de la « première topless bar du Canada » et évoquent la notoriété de Mimi, devenue plus connue que la plupart des employés de bar du pays. 18 Le service n’est donc pas seulement un intermédiaire entre client et boisson : il est intégré au dispositif, comme un élément du spectacle.

Les descriptions convergent pour présenter la salle non comme un lieu de danse frénétique, mais comme une forme de théâtre nocturne. La musique, initialement ancrée dans la tradition discothèque, se déplace progressivement vers un registre disco / pop dansante au milieu des années 1970, mais reste souvent décrite comme un arrière-plan par rapport à la force visuelle du lieu. La piste existe, mais les articles insistent davantage sur les conversations, les jeux de regards, la circulation entre tables et bar. 7,16

« Je ne vends pas seulement des consommations. Je vends une ambiance. La Sexe Machine, c’est fait pour que les gens s’amusent, qu’ils rient et qu’ils se souviennent de leur soirée. »

— propos attribués à Gilles Archambault dans le reportage « The Biggest Dirty Joke in Town — A man walks into a bar… », The Montreal Star, 14 décembre 1974. 16

La formule est d’autant plus marquante que l’âge médian de la clientèle décrite dans la presse est relativement élevé. Un texte de Photo-Journal de 1976 situe la majorité des habitués entre 35 et 40 ans, et souligne que le lieu attire des « gens qui ont déjà beaucoup vu » et recherchent autant l’anecdote à raconter que l’excitation immédiate. 10,18

4. Archambault, Lapalme et la logique de chaîne

4.1. De La Licorne à la Sex-Machine

Dans plusieurs articles, Gilles Archambault est décrit comme l’« inventeur » montréalais des discothèques. La Licorne, ouverte en 1962 dans une chaufferie de la rue Mackay, est présentée comme la première discothèque commerciale en Amérique du Nord et comme le point de départ d’un réseau d’enseignes : Baroque, Crash, Empereur, Mousse-Spacthèques, Eve-Club, etc. 9,15 Un portrait paru en 1970 le qualifie même d’« Onassis des discothèques ».

La Sex-Machine s’inscrit au bout de cette chaîne comme une forme d’aboutissement. Un texte rétrospectif de Photo-Journal, publié le 31 décembre 1976, souligne que « en novembre 1971, Gilles Archambault a ouvert sa fameuse Sex-Machine aux décors très érotiques », après une quinzaine d’années d’expérimentations. 10

4.2. L’alliance avec Robert Lapalme

La rencontre entre Archambault et l’artiste Robert Lapalme constitue l’une des clés du projet. Dans un article du Petit journal de février 1972, le décor est décrit comme le résultat de cette « union du financier Archambault à l’artiste Lapalme », qui donne naissance à une salle entièrement conçue en mousse-coussins, surface « poreuse » permettant autant l’appui du corps que la provocation visuelle. 8

« La Sex-Machine, rue Crescent, est la première d’une série. Comme les Dairy Queen, il y en aura bientôt à Québec, Trois-Rivières et Ottawa. C’est la formule Lapalme-Archambault : mousse, coussins, érotisme qui fait rire et, surtout, qui ne se prend pas au sérieux. »

Le Petit journal, 4 juillet 1971, « Les Sex-Machine… comme les Dairy Queen ». 2

4.3. Exportation en Europe

Quelques mois après l’ouverture, la Salle est déjà envisagée comme un modèle exportable. En février 1972, Le Petit journal rapporte qu’Archambault et Lapalme partent pour l’Europe afin de présenter la formule à des partenaires potentiels sur la Côte d’Azur, à Bruxelles, Londres, Genève ou Rome. L’article souligne que « l’Europe s’est emballée pour le projet avant la province québécoise », accentuant l’idée que la Sex-Machine est perçue comme un concept transnational plus que local. 8

4.4. Philosophie de la nuit

Dans un long portrait publié dans un quotidien de Vancouver en 1974, Archambault expose sa vision de la nuit et de la mémoire. Il y affirme que « la vie est faite de souvenirs » et que son métier consiste à « créer des souvenirs tous les jours ». Le journaliste rapporte qu’il répète souvent « The night is young », formule fétiche résumant l’idée que le vrai temps du sujet commence quand les masques tombent. 12

« La Sexe Machine est faite pour qu’on s’amuse. Les gens viennent ici et ils rient. Ils ont du plaisir. Ils sont heureux quand ils viennent. (…) Votre vie est faite de vos souvenirs. Moi, je crée des souvenirs chaque jour. »

— propos attribués à Gilles Archambault dans un portrait paru dans The Vancouver Sun, 14 décembre 1974. 12

4.5. La Sex-Machine dans le parcours de Robert Lapalme

Pour Robert Lapalme, la Sex-Machine représente un déplacement remarquable de son travail. Connu pour ses caricatures politiques et ses interventions dans l’espace public (murales, affiches, décor métropolitain), il investit ici le champ de la discothèque comme espace total. Les articles de 1971–1972 insistent sur la singularité de ce geste : plutôt que de livrer une série d’images accrochées aux murs, Lapalme conçoit un décor immersif où volumes, plafonds, colonnes et banquettes forment une sorte de « caricature habitable ».

Le vocabulaire utilisé par la presse — mousse, coussins, plafond « phallique », gadget pornographique — rappelle les codes de la satire visuelle qui caractérisent son œuvre. Mais transposés dans un environnement nocturne, ces éléments deviennent des outils de sociabilité : ils structurent la circulation des clients, orientent les regards, modulent la distance entre les corps. La Sex-Machine apparaît ainsi comme un moment où la pratique de Lapalme touche directement à l’histoire des cultures de la nuit, en exportant l’esthétique de la caricature dans le langage du décor discothèque.

5. Perceptions, controverses et discours moraux

Dès son annonce, la Sex-Machine suscite inquiétudes et curiosités. Un article du Photo-Journal de juin 1971 évoque déjà la possibilité d’une intervention de l’autorité religieuse, laissant planer l’idée qu’un « Monseigneur » pourrait dénoncer publiquement le projet. Le même texte insiste sur le caractère programmatique de la salle : il ne s’agirait pas seulement d’un lieu de consommation, mais d’un dispositif visant à « détruire la honte sexuelle des Québécois » en les confrontant à un décor qu’aucune autre boîte n’oserait afficher. 1

Quelques années plus tard, la tonalité change dans certains journaux. En 1977, une chronique publiée dans Le Devoir propose une lecture plus critique, estimant que la Sex-Machine a contribué à mercantiliser le sexe et à transformer la nudité en produit d’appel destiné à une clientèle aisée. Le texte note que l’introduction de serveuses complètement dénudées, deux ans après l’ouverture, marque un tournant : la salle franchit un seuil qui la rapproche davantage du club érotique que de la discothèque expérimentale. 11

Cette interprétation est toutefois nuancée par d’autres sources, qui insistent sur le caractère fondamentalement ludique du dispositif. Dans plusieurs entrevues, Archambault affirme que son objectif n’est pas de choquer, mais de faire rire, de déstabiliser sans agresser. Les articles anglophones, en particulier, mettent en relief la coexistence d’un décor très chargé et d’une atmosphère décrite comme relativement « bon enfant », en dépit des fantasmes projetés sur l’enseigne par ceux qui n’y ont jamais mis les pieds. 12,16,18

6. Fin de cycle, incendie et mémoire

À la fin des années 1970, la Sex-Machine semble avoir perdu une partie de son aura de nouveauté. La presse mentionne moins fréquemment l’établissement, tandis que d’autres formes de divertissement nocturne — bars-spectacles, discothèques plus classiques, salles de concerts rock — occupent l’avant-scène. Un article de Montréal-matin de novembre 1978 signale que la discothèque est alors en rénovation, avec une réouverture prévue dans les mois suivants. 20

Dans la nuit du 3 au 4 novembre 1978, un incendie ravage le local de Crescent. Selon les premières constatations, il s’agit d’un feu possiblement d’origine criminelle. Le journal décrit l’événement comme la destruction d’« une des plus vieilles discothèques de la région métropolitaine ». La salle, déjà fermée au moment des faits, ne rouvrira pas ses portes. 20

Dans les années 1980, la Sex-Machine réapparaît principalement dans les chroniques nostalgiques. Un article de The Gazette, en 1988, consacré aux « landmarks perdus » du centre-ville, la mentionne aux côtés d’autres lieux emblématiques comme le Rainbow ou certains grands cabarets disparus. Le texte rappelle que des guides touristiques du milieu des années 1970 recommandaient déjà la discothèque comme curiosité incontournable, tout en la décrivant, avec le recul, comme un exemple typique de concept spectaculaire orienté vers la clientèle touristique. 19

Au-delà des jugements, Sexe Machine occupe aujourd’hui une place singulière dans l’histoire des cultures de la nuit à Montréal. En prolongeant les logiques inaugurées par La Licorne et en les combinant à un décor fortement scénographié, une philosophie de la participation et un imaginaire de chaîne franchisable, elle témoigne de la manière dont le centre-ville a intégré, au début des années 1970, une génération de lieux où se redéfinissent les frontières entre divertissement, provocation et tourisme, entre rire, gêne et spectacle.

Dans l’itinéraire de Gilles Archambault, la Sex-Machine forme ainsi, avec La Licorne, Le Crash, les Mousse-Spacthèques et d’autres enseignes, un ensemble cohérent de « formules » qui ont profondément marqué la nuit montréalaise du tournant des années 1960–1970.

7. Notes & sources

  1. PHOTO-JOURNAL, 27 juin 1971 — brève illustrée annonçant la future ouverture de la Sex-Machine, prévue pour le 15 juillet 1971.
    Signalement : présente l’établissement comme la première boîte « qui exploitera le sexe » à Montréal; décrit l’association entre Gilles Archambault et Robert Lapalme; insiste sur un décor à dominante érotique (plafond « phallique », gadget pornographique complet) et évoque la possibilité d’une réaction de l’autorité religieuse.
  2. LE PETIT JOURNAL, 4 juillet 1971 — « Les Sexe-Machine… comme les Dairy Queen ».
    Signalement : article sur le projet de chaîne Sexe-Machine (Québec, Trois-Rivières, Ottawa); compare explicitement le modèle à celui de Dairy Queen; souligne la conception du décor par Robert Lapalme, à base de mousse et coussins; insiste sur la dimension ludique et la volonté de faire rire.
  3. TÉLÉ-RADIOMONDE, 14 août 1971 — chronique sur la « première sex-bar-discothèque » de Montréal.
    Signalement : présente Sexe-Machine comme première boîte à incorporer un sex-bar; insiste sur la collaboration Lapalme–Archambault; mentionne le décor en mousse et la dimension participative du concept.
  4. TÉLÉ-RADIOMONDE, 23 octobre 1971 — brève annonçant l’ouverture prochaine de la Sex-Machine.
    Signalement : fixe l’ouverture au 25 octobre 1971; explique le retard par la complexité de la décoration; confirme la localisation sur Crescent.
  5. MONTRÉAL-MATIN, 26 décembre 1971 — article sur les transformations de la Sex-Machine.
    Signalement : précise que la sex-machine a subi « passablement de transformations » depuis son ouverture « en novembre »; annonce une réouverture fixée à la mi-janvier 1972; évoque l’ambition d’en faire le « rendez-vous de tous les noctambules de classe ».
  6. MONTRÉAL-MATIN, 15 janvier 1972 — chronique nightlife sur la réouverture.
    Signalement : précise que la Sex-Machine occupe le local « autrefois occupé par la première Mousspathèque et le Eve-Club »; décrit les ajustements du décor et de la formule en prévision de la réouverture.
  7. LA PRESSE, 24 février 1972 — article sur « Érotisme artistique, discret, commercial ».
    Signalement : mentionne la Sex-Machine en la présentant comme un exemple d’« érotisme artistique, discret, commercial »; insiste sur le caractère graduel du spectacle et sur l’importance du décor comme environnement.
  8. LE PETIT JOURNAL, 24 février 1972 — article sur l’exportation du concept.
    Signalement : raconte le projet d’exportation de la Sex-Machine en Europe (Nice, Bruxelles, Genève, Rome, Londres); souligne que « l’Europe s’est emballée pour le projet avant la province québécoise »; précise le rôle central de Robert Lapalme dans la conception du décor en mousse-coussins.
  9. LA PATRIE, 27 janvier 1972 — reportage « De la Licorne à la Sex-Machine : les discothèques tiennent le coup après 10 années ».
    Signalement : revient sur dix ans de discothèques au Québec; présente La Licorne comme première discothèque au Québec; dresse un portrait de Gilles Archambault comme « Monsieur Discothèque »; mentionne la Sex-Machine comme dernière formule en date.
  10. PHOTO-JOURNAL, 31 décembre 1976 — « Gilles Archambault fête ses quinze ans de discothèque ».
    Signalement : brève rétrospective soulignant les 15 ans d’activité d’Archambault; rappelle l’ouverture de La Licorne et l’essaimage d’enseignes; mentionne l’ouverture de la Sex-Machine « en novembre 1971 »; évoque la clientèle d’« environ 35–40 ans » et l’évolution vers une formule plus érotique avec serveuses nues.
  11. LE DEVOIR, 16 février 1977 — article sur « Les discothèques : quinze ans plus tard ».
    Signalement : analyse critique de la transformation des discothèques; évoque la Sex-Machine comme exemple de mercantilisation du sexe; souligne le passage à une formule topless intégrale; interroge les enjeux moraux et commerciaux de cette évolution.
  12. THE VANCOUVER SUN, 14 décembre 1974 — portrait de Gilles Archambault (Robert Stall).
    Signalement : long portrait où Archambault parle de la nuit comme « état de l’âme »; déclare que « la vie est faite de souvenirs » et qu’il « crée des souvenirs chaque jour »; insiste sur le caractère ludique de la Sex-Machine; évoque le projet, jamais réalisé, d’un établissement entièrement nu; cite son expression favorite « The night is young ».
  13. THE GAZETTE (Montréal), 6 novembre 1971, p. 45 — « Discotheques dead? Somebody forgot to bury them » (Jay Newquist).
    Signalement : article sur le prétendu déclin des discothèques; cite la Sex-Machine comme nouvelle discothèque de la rue Crescent, au décor spectaculaire; souligne que le modèle discothèque est loin d’être mort.
  14. THE GAZETTE (Montréal), 2 décembre 1972, p. 13 — « Erotica: Exotic or clinical — Take your pick » (Betty Shapiro).
    Signalement : chronique comparant deux établissements; oppose une ambiance plus « clinique » à celle de la Sex-Machine, décrite comme night-club aux lumières tamisées, au décor foisonnant et à l’animation centrée sur le jeu entre public et décor.
  15. THE MONTREAL STAR, 19 janvier 1972, p. 33 — « City marks anniversary — of sorts » (John Richmond).
    Signalement : article consacré au dixième anniversaire de La Licorne; portrait de Gilles Archambault; mentionne la Sex-Machine comme l’une de ses « créations » récentes; souligne le décor conçu par Robert Lapalme.
  16. THE MONTREAL STAR, 14 décembre 1974, p. 116–120 — dossier « The Biggest Dirty Joke in Town — A man walks into a bar… » (Robert Stall, photos Paul Gélinas).
    Signalement : long reportage entièrement consacré à la Sex-Machine; suit le déroulement d’une soirée; décrit l’accueil, le bar, le décor, le personnel, la clientèle; cite Archambault sur l’« ambiance »; présente la boîte comme « la plus grande blague de la ville » au sens d’un jeu assumé.
  17. THE MONTREAL STAR, 4 janvier 1975, p. 128 — rubrique guide des discothèques.
    Signalement : notice mentionnant « Sexe Machine, 1469 Crescent St. »; décrit le mélange de touristes de congrès, de Montréalais curieux et d’habitués; insiste sur le caractère très construit du décor et l’importance du service de bar.
  18. THE GLOBE AND MAIL, 14 décembre 1974 — article sur la nightlife montréalaise.
    Signalement : présente la Sex-Machine comme la « first topless bar in Canada »; insiste sur la notoriété de la serveuse Mimi; souligne la clientèle plus âgée (35–40 ans) et la spécificité du concept dans le paysage canadien.
  19. THE GAZETTE (Montréal), 11 septembre 1988, p. 3 — « Here’s to the Rainbow and other lost landmarks » (Wayne Grigsby).
    Signalement : chronique rétrospective sur plusieurs établissements disparus; cite la Sex-Machine parmi les night-clubs des années 1970 mentionnés dans un guide de 1976; la décrit comme un exemple de « landmark » spectaculaire orienté vers les touristes; s’inscrit dans un récit nostalgique sur les mutations du centre-ville.
  20. MONTRÉAL-MATIN, 4 novembre 1978 — article sur l’incendie de la Sex-Machine.
    Signalement : rapporte l’incendie survenu vers quatre heures du matin; mentionne une possible origine criminelle; précise que la discothèque, en rénovation, devait rouvrir dans les mois suivants; évoque la destruction d’une des plus vieilles discothèques de la région.
  21. FONDS LA PRESSE — Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ Montréal), 16 février 1972 — reportage photographique de Pierre McCann, cote P833,S5,D1972-0014 (Id 657113).
    Description : dossier comprenant 54 photographies (négatifs n&b, 35 mm) réalisées pour plusieurs reportages, dont un sur la discothèque « La sexe machine », rue Crescent, la couverture de l’élection au Conseil de la Communauté urbaine de Montréal (CUM), ainsi qu’une partie de hockey opposant les Canadiens de Montréal aux Golden Seals de la Californie au Forum de Montréal. Les documents montrent notamment Lawrence Hanigan, Henri Richard, Peter Mahovlich, Frank Mahovlich, Ken Dryden et Gilles Meloche, ainsi que des vues liées à la discothèque La Sexe Machine.

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